BANQUISES, de Valentine GOBY
Publié le 24 Juin 2026
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Roman - Editions Babel - 224 pages - 7.90 €
Parution d'origine en 2013
Mon pitch : En 1982, Sarah est montée dans un avion pour Uummannaq au Groenland. De ce séjour de quelques semaines qui devait être pour elle comme une résurrection après des années difficiles, Sarah n'est jamais revenue.
Rien... même si plus tard, son sac à dos sera retrouvé. Sur elle rien, pas une trace... Pour ces parents et Lisa, sa petit soeur alors adolescente, c'est le début d'une attente d'un potentiel retour, d'un petit signe qui durera des décennies.
Vingt-six ans plus tard, Lisa devenue mère de famille, monte aussi dans un avion, sur les traces de sa soeur... Elle veut comprendre et peut-être trouver...
Tentation : Envie de poursuivre avec cette autrice
Fournisseur : Achat lors de la braderie de ma médiathèque l'été dernier.
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Mon humble avis : Plus de cinq années déjà que j'ai dévoré "Un paquebot dans les arbres" et "Kinderzimmer" de Valentine Goby. Je pensais poursuivre mon élan avec elle et puis, comme d'hab, j'ai été happée par d'autres lectures et d'autres horizons. L'année dernière, lors de mon Challenge Lisez votre chouchou, Violette avait fait de Valentine Goby sa chouchoute, ce qui m'a donné envie de remettre le pied à l'étrier, tout en prenant mon temps !!!
Même si les sujets de ce roman sont tragiques, je pense qu'un tel titre ne peut que vous rafraichir en cette période de canicule.
La disparition d'une enfant.... Parce qu'elle est majeure, la disparition de Sarah est un non-événement pour les institutions officielles, puisque celle-ci peut être volontaire.
Pour ses parents et sa soeur, c'est l'incompréhension, l'attente, l'espoir, le désespoir, le vide, le néant... Le père montre moins sa souffrance mais ne la renie pas, la mère sombre dans une espèce de léthargie mais toujours en alerte au cas où Sarah reviendrait... Lisa devient l'enfant périphérique... Celui qui est là mais dont on se préoccupe peu, qui doit se construire seule avec cette place vide qui prend toute la place à côté d'elle. C'est avec un talent et une délicatesse infinis que Valentine Goby décrit de poids de l'absence.
Le récit alterne entre des souvenirs de l'époque où Sarah était vivante parmi eux, des épreuves qu'elle a traversées (la mort de sa meilleure amie), de son retour à une certaine forme de vie et ce départ, comme un nouveau saut dans la vie. Il y a ensuite l'attente, les mots laissés sur la porte en cas d'absence, le téléphone vers lequel on court et dont on vérifie 10 fois que le répondeur fonctionne si l'on doit sortir etc... Puis Lisa, adulte et mère de famille, qui se retrouve coincée au Groenland en 2010, alors qu'elle marche sur les traces de sa soeur, par ce qu'un certain volcan islandais paralyse le trafic aérien mondial.
Si je suis entrée dans ce livre avec entrain et les yeux écarquillées devant une si jolie plume, je dois avouer que j'ai peiné à l'achever... Par ce que si la 4ème de couv évoque une enquête, il n'en n'est pas vraiment question, ou alors au sens philosophique du terme. Ce qui fait que ce roman est bien plus contemplatif que je ne l'imaginais et que ce n'était pas ce genre que je souhaitais lire pendant mes vacances.
Mais il faut reconnaitre que ce roman est beau et de qualité... Banquises avec un "S", cela ne vous aura pas échappé. L'analogie est parfaitement choisie par l'autrice.... Il y a Sarah qui disparaît sans laisser de traces, et la banquise du Groenland qui disparait aussi, qui fond de plus en plus vite, modifiant littéralement la locale d'abord. Et cette disparition comme cette fonte ont des répercussions qui peuvent autant être discrète (pour celui qui est loin et/ou peu concerné) que violente et irrémédiable pour celui qui la vit de près, de l'intérieur. Et lorsque fond la banquise, les plaques de glaces s'éloignent les unes de autres, comme ceux qui constituent une famille amputée d'un de ces membres.
Un beau roman sur l'impossible deuil quand il n'y a pas trace de ce qui est perdu.... Mais qui ne m'a pas capté dans la façon trop contemplative et digressive dont le sujet est traité. Mais lu au bon moment et par des lecteurs qui apprécient particulièrement ce genre de récit, Banquises peut plaire énormément et même sans doute bouleverser.
Le billet de Violette
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