LA VIE D'UNE FEMME, de Charline BOUGEOIS-TACQUET
Publié le 15 Septembre 2026
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Film de Charline Bourgeois-Tacquet
Avec Léa Drucker, Mélanie Thierry, Charles Berling, Marie-Christine Barrault
Synopsis : Gabrielle se consacre corps et âme à son métier. Chirurgienne et cheffe de service dans un hôpital public, elle court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Il lui reste peu de temps pour sa vie privée — un mari qui l’aime et une mère dont elle doit s’occuper. Lorsqu'une romancière vient passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre, son équilibre vacille. Dans le quotidien que Gabrielle s’est construit, y a-t-il de la place pour l’inattendu ?
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Mon humble avis : Un beau film, portée par deux actrices extraordinaires... Léa Drucker, dans l'action et l'efficacité, et Mélanie Thierry dans la retenue et le mystère...
La vie d'une femme, c'est le portrait de Gabrielle, quinquagénaire indépendante, chirurgienne maxillo-facial, qui gère un service, des patients, sa vie, son couple, une ONG ukrainienne, l'hôpital public en faillite... Le tout, d'une main de maître et avec un sacré caractère. Elle va bien, est équilibrée et heureuse, malgré la charge mentale qu'elle porte. Elle a choisi et montre qu'elle ne manque de rien. Même si elle a fait le choix de ne pas enfanter, cela ne l'empêche pas d'être épanouie... Elle gère aussi sa mère (bouleversante Marie Christine Barrault) Alzheimer en fin de vie. La vie de Gabrielle semble tracée en ligne droite, jusqu'à sa rencontre avec Frida, une écrivaine qui souhaite s'immerger dans son service hospitalier pour ensuite écrire un roman. La vie et les certitudes de Gabrielle se trouvent bouleversées, elle sort de sa zone de confort... Pour toujours ou pour un temps ? Une escapade sans lendemain, un nouveau chemin, ou un segment vécu qui laissera à jamais des traces, voire des regrets qu'il se soit arrêter ainsi... ?
Ce qui m'a le plus bouleversée dans ce film, c'est l'immersion dans ce service hospitalier, où des sur-femmes et des sur-hommes font tout ce qu'ils peuvent scientifiquement et humainement pour sauver des vies, avec des moyens de plus en plus restreints. La passion qui les animent, même si parfois, guette le découragement. Le film montre bien à quel point l'Etat est loin de la réalité hospitalière... Et puis la spécialité de Gabrielle apporte des réflexions vraiment intéressantes sur la réparation et la reconstruction faciale qui sont rarement à l'identique. Il est donc question de l'identité etc.
J'ai aimé l'apparition d'Erri de Luca, qui ne dure que quelques minutes. Mais je l'ai reconnu sitôt qu'il a cité une phrase de son roman "Les règles du mikado" (un de mes coups de coeur).
J'ai vivement apprécié que la réalisatrice montre qu'une femme peut se réaliser, être heureuse, bien dans sa tête et sans regret même si elle n'a pas répondu au diktat de la société : enfanter.
Et puis il y a l'inattendu, qui trouve toujours une place même dans une vie bien remplie.
Tout est filmé avec justesse, délicatesse et pudeur. Un bel hommage à toutes ces femmes extraordinaires et à la fois ordinaires, comme il y en a beaucoup, loin de la lumière.
J'ai été un peu dérangée par le découpage du film en chapitres et les nombreuses ellipses.
Mais on est touchée par la vie de cette femme... Et fascinée par le talent de Léa Drucker qui, c'est dernières années, devient une figure incontournable du cinéma français et gage de qualité. Et chapeau aussi au cinéma Français qui ne met pas au placard les femmes de plus de 40 ans. On contraire je trouve qu'il offre de plus en plus de rôle puissant à ces actrices et femmes auxquelles une bonne partie de la population peut s'identifier.
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