CES LIGNES QUI TRACENT MON CORPS, BD de Mansoureh KAMARI
Publié le 5 Septembre 2026
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BD - Editions Casterman - 200 pages - 24 €
Parution en septembre 2025
Mon pitch : Alors qu'elle pose nue dans son école de dessin en France, Mansoureh se rappelle son enfance en Iran.... La peur, les brimades, les coups, les agressions sexuelles, la violence tant du régime que du père...
Selon la loi Islamique, un père de famille est propriétaire du sang de ses enfants... A ce titre, s'il tue une de ses filles pour "restaurer son honneur", il ne sera pas poursuivi pénalement...
Aujourd'hui exilée en France, c'est tout cela que l'autrice nous raconte, ainsi que les conséquences sur sa façon d'être dans la vie, où qu'elle soit... Poursuivie par la peur...
Tentation : Le billet de Violette
Fournisseur : La bib de St Lunaire
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Mon humble avis : C'est avec une sobriété maîtrisée et élégante que l'autrice nous livre ici une autobiographie partielle, des flashs souvenirs de son enfance ou de sa jeunesse en Iran. Cet album est peu bavard mais les dessins en disent tant que rien ne manque. J'aurais juste aimé en savoir plus sur les suites de cette visite chez la gynécologue, où également, connaître les conditions de son exil en France... Mais peut-être que cela sera révélé dans un autre album, une suite qui serait bien méritée et qui aurait toute sa raison d'être.
L'Iran revient souvent dans mes lectures comme dans l'actualité géopolitique, même si depuis quelques mois, elle ne la quitte plus. Ce que je trouve terrible, c'est qu'on pense savoir ce qui se passe là-bas au fils des livres ou des BD témoignages lus... Et pourtant, à chaque nouvel ouvrage, on reste toujours atterré par ce que l'on lit, par les exemples donnés sur la vie quotidienne dans une dictature islamique... Ici, c'est le fameux voile qu'enfant Mansoureh rêvait d'avoir... Et quand le jour de ses 9 ans arrive et qu'elle revêt ce voile, elle réalise que c'est la fin de son enfance, qu'elle peut être mariée, et qu'elle peut être jugée comme un adulte devant une cours d'assise.... En subissant les mêmes peines... Et puis ce vélo dont elle rêvait, mais qui reste réservé aux garçons... Dès l'enfance, une vie empêchée... et traquée.
Depuis sa jeunesse, l'autrice se rêve artiste. Nul doute qu'elle en est bel et bien une, tant son ouvrage au graphisme sublime, presque monochrome est percutant. Ce récit d'une émancipation, d'un régime, d'une religion est aussi celui des lignes d'un corps... Qu'il fallait cachet et qui était source de toute concupiscence, est qu'elle offre la vue de tous.... Mais toujours avec, même des années plus tard, cette peur chevillée à l'être, cette peur traumatique dont il lui paraît si difficile de se défaire.
Une lecture terrible (de plus) mais incontournable sur l'oppression féminine par une société entière et la tentative de s'en libérer. Sublimement réussi, même si le sujet est douloureux et fait froid dans le dos. D'autant qu'il est plus que jamais d'actualité...
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