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Publié le 4 Février 2013

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 Roman - Editions Babel (Actes Sud) - 247 pages - 7.50 €

                                                          

 

 

Parution en 2008

 

 

 

L'histoire : Catane, un jour de marché... Une femme suit un homme... qui finit par la reconnaître et l'invite chez elle. Cette femme, il l'a rencontrée il y a deux ans, sur le pont d'un bateau d'immigrants clandestins. Lui, le commandant Piracci, navigue jour et nuit pour intercepter, ou sauver ces malheureux depuis 20 ans... La femme lui demande une arme, pour se venger....

Parallèlement, au Soudan, deux frères s'apprêtent à quitter leur pays, à entamer ce grand voyage vers l'Europe, voyage qui pour certains, dure des années... Des années pour rejoindre l'Edorado. 

 

 

Tentation :curiosité, envie de découvrir l'auteur.

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : Quel livre ! Il m'a prise aux tripes, noué la gorge, ouvert les yeux, révulsée et révoltée devant la vérité qu'il dévoile, et fascinée devant ces portraits de gens qui ont un courage hors du commun... Devant lesquels je suis si petite, si insignifiante.

Eldorado est un peu une immersion totale dans le monde des immigrés clandestins et ceux chargés de les traqués. Ces immigrés qui paient une fortune des passeurs pour monter par centaines dans des bateaux insalubres.... Entassés, puis abandonnés par l'équipage, donc promis à des morts certaines. Ces personnes qui fuient la pauvreté se fient à des gens, souvent de leurs concitoyens, qui n'ont aucune pitié à les saigner aux 4 veines tout en leur réservant un sort funeste. Des criminels impunis, de la pire espèce. D'autres passeurs emmènent leurs clients crédules dans des lieux isolés, et là, les tabasses à mort et leur volent leur dernière richesse.... Première constatation : La pourriture humaine est partout, que ce soit dans les pays pauvres ou les pays riches.

Enfin, il y a ce témoignage poignant du commandant Salvatore Piracci, qui de sa frégate, est gardien de la citadelle. Il parcourt la Méditerrannée à la recherche de ces bateaux emplis de clandestins, pour que cesse ce trafic et ce flux migratoire toujours plus important. C'est là que jaillit toute l'ambiguïté du métier de cet homme, c'est là que nous, lecteurs, nous sentons le plus concernés par cette état de fait... Lorsque la frégate de Piracci approche d'une embarcation, il ne sait jamais s'il va trouver des cadavres ou des êtres vivants, ou des survivants, hagards, après des jours d'errance sans eau, sans ombre... Tantôt, lors de l'abordage, c'est la crainte qu'il lit dans les yeux des immigrants qui constatent leur échec, tantôt, c'est la joie d'être sauvés, tantôt il n'y a plus rien dans le regard, ni joie ni peur.... Piracci passe autant de temps à sauver des hommes qui, par la suite, seront arrêtés, mis dans un camp, puis renvoyés dans leur pays.... Avant de revenir dans un an ou dans 10. Un jour où un clandestin demande à Piracci de le sauver tout à fait en le cachant, celui ci refuse... Piracci réalise que sa vie, son métier n'ont plus de sens.... Commence alors pour lui une vie d'errance... qui me convaincra un peu moins sur la fin, mais ce bémol est si minime qu'il n'ôte en rien la qualité de ce roman.

Eldorado est un roman qui amène moult réflexions personnelles devant ces gens qui doivent déployer tant de hargne et de courage, perdre tant aussi pour entrer chez nous en Europe, leur Elodorado. Certains en paient de leur vie, d'autres de celles de leurs enfants... Et paient leurs passeurs 5 fois plus cher qu'un billet d'avion...

Leur Elorado est chez nous. Le nôtre est parfois chez eux, mais juste pour quelques jours de vacances ensoleillés.

Quand je constate que grâce à mon passeport français, je bondis de frontières en frontières, en bateau, en avion, au gré de mes envies (bon de mes moyens aussi) mais toujours pour mon plaisir, en TOUTE LIBERTE. Mon passeport Français me permet d'aller là où bon me semble, parfois juste pour le prix modeste d'un visa qui  ne m'est jamais refusé. Et quand j'en vois qui crachent sur cette liberté là, cela me donne envie de vomir.

Mais heureusement, il y a des personnages qui, comme celui de Soleiman, donnent encore envie de croire en l'homme et font dire que celui ci mérite bien plus sa place en Europe que certains Européens de souche... Encore une fois, tout n'est qu'une question de valeur, et la solution n'est pas née, ni nette ! 

Lisez ce livre, il est poignant et enrichissant de la force, de la ténacité de ceux qui n'ont rien que l'espoir. Et l'écriture est juste sublime. Elle semble douce, et pourtant l'ensemble est un véritable hupper cut

 

"Elle lui avait offert cela, peut-être, la giffle des pauvres, l'impérieux besoin de désirer"

 

lectures_communes    Lecture commune avec Enna

 

 

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En lançant mon challenge Des Livres et des îles, je voyais plutôt cocotiers et eaux turquoises... Et bien non... C'est aussi Lampedusa, en sicile...là où sont parqués les immigrants arrêtés.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 30 Janvier 2013

 SAM_1668.JPGRoman - Livre de Poche - 235 pages - 6.60 €

 

 

Parution en livre de poche le 29 août 2012

 

 

 

L'histoire : A sept ans, Edouard écrit un court poême de 4 rimes qui le propulse au rang d'écrivain de la famille, cette famille qui n'a de cesse de le voir devenir écrivain, même si la vie en décide autrement. Mais la famille s'éparpille et les mots ne finissent pas toujours dans un roman ! Quoique ?!

 

 

 

Tentation : Mon adoration pour La liste de mes envies, du même auteur

Fournisseur : Ma PAL, acheté à Orléans, en compagnie de l'Irrégulière !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Une fois n'est pas coutume, je décore ce billet d'une photo de ce roman que j'ai prise lors de mes vacances à La Réunion en novembre. J'y avais amené ce livre.... que je n'ai pas eu du tout le temps de lire dans l'hémisphère Sud. La vie au Nord est plus calme, et voici ce livre lu !

Estampillé roman, l'écrivain de famille est très proche de l'autobiographie, sans doute légèrement romancée, mais guerre plus je pense. Je me suis régalée ! Partons donc du postulat que cette histoire est vraie. Elle est donc simple, proche de nous et profondément sincère. Même si l'auteur l'écrit par moment avec humour, que l'on sourit avec plaisir des facéties linguistiques de l'auteur, il n'en reste pas moins des passages beaucoup plus graves dans le sens et les sentiments qu'ils développent. Que le bonheur semble être l'inaccessible étoile ! Que le chemin est long, tortueux et parfois sans issue lorsqu'on suit celui que l'on vous montre (ou conseille fortement) pour ne pas décevoir l'entourage. Que ce soit l'épanouissement professionnel ou le bonheur conjugal, voire parental. Je disais que c'est la sincérité que je retiendrais le plus de cette lecture. Car elle est permanente. Beaucoup de choses sont avouées, parfois avec plus ou moins de grâce. Depuis la mise sous antidépresseurs d'un enfant de 8 ans juste parce qu'il est différent, à un homme qui, 30 ou 40 ans plus tard, sait à peine qui il est... Dans cette démarche de sincérité, l'auteur ne se montre pas toujours sous son meilleur angle et l'on pourrait presque lui en vouloir sur son comportement parental par exemple... sauf que l'on se dit "et si j'étais né en 17 à... Bref, et si j'avais été lui ?

Si j'avais été lui, je ne sais pas si j'aurais osé évoquer ma vie sexuelle, et surtout dans ces termes crus, qui m'ont gênée, tant ils tranchaient avec la délicatesse, le soin, et le rythme portés au style. Oui, pourtant pas prude, j'ai parfois été choquée. En même temps, l'auteur restait fidèle à sa démarche de sincérité. Aucune délicatesse dans ces moments là, alors pourquoi en mettre dans les mots ?

Grégoire Delacourt déroule donc le ruban de ces 40 premières années de vie, ainsi que celle de sa famille... Et rien n'est un long fleuve tranquille. Il y a les épreuves, les séparations, les maladies, la vieillesse, les traditions familiales qui s'éteignent, la mort, la maladie mentale. Mais jamais de pathos, ce livre se lit facilement, reste divertissant, parfois drôle, et très instructif aussi. Car ensuite, commence la carrière de publicitaire de l'auteur, qui, pas à pas (heu, plutôt grands les pas !), va atteindre des sommets. Vous n'imaginez pas le nombre de pubs ou de slogans qui circulent dans votre tête et qui sortent de la sienne. Intéressant et passionnant de voir l'évolution d'une telle carrière, de connaître un peu l'envers du décors et surtout, le processus de création, le déclic qui donne un slogan qui entrera dans l'Histoire ! Il est aussi très amusant de se remémorer les petits et les grands événements de ces 40 dernières années, que ce soit l'avènement du TGV ou la mort de Jim Morrisson etc... Bref, de retrouver des points de repères dans le temps et nos propres vies.

Enfin et surtout, mise à part la sincérité qui décrit cet ouvrage, on peut dire que ce roman est un magnifique témoignage sur l'Amour, la tendresse et la dévotion. D'un fils pour ses parents, pour son frère, sa soeur, d'une femme pour son mari, d'un mari pour sa femme, malgré tout.

Une lecture et une écriture délicieuse et émouvante, et un livre désormais parsemé de petites croix dans la marge ! Des mots peuvent détruire, mais d'autres peuvent sauver en étant bien moins nombreux... Vraiment superbe, je ne sais comment le dire autrement. Aucun slogan ne me vient en tête.... Si je vais tourner ma phrase autrement, pour une campagne pour l'amour  et contre la solitude :

 

Ce ne sont pas les mots les plus longs, ni les plus nombreux, qui sauvent. Pensez y en regardant autour de vous ! (GB)

 

  Et dans deux jours, ici même, une interview exclusive de l'auteur !

 

 

L'avis de Sylire 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 18 Janvier 2013

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Roman - Editions Léo Scheer - 125 pages - 18 €

 

 

 

Parution le 16 janvier 2013

 

 

 

L'histoire : La narratrice évoque sa mère, avec la tendresse que celle ci n'a jamais eu vraiment à son égard, avec des mots plus doux que ceux qu'elle a reçu. Mouche', c'est le surnom de cette vieille femme, n'a pas été épargnée par la vie, mais l'auteur manie un humour qui repousse le pathos. 

 

 

 

 

 

 

Tentation : Gilles Paris

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : Il est des livres qui n'ont pas de chance, qui n'arrivent pas chez nous au bon moment sans doute. Mouche' a débarqué chez moi peu avant les fêtes, époque où l'on court partout avant de passer quelque temps en famille et de lire... en pointillé. C'est le sort qu'a subi Mouche' chez moi, malgré sa faible épaisseur, je n'ai pu le lire d'une traite. Est-ce la raison pour laquelle je n'ai jamais vraiment pénétré dans l'intime de cette famille et que les personnages ne sont restés que des personnages, et non comme des gens que j'ai l'impression de connaitre, d'aimer ou d'être à force de les lire. Les débuts m'ont pourtant semblés prometteurs, et c'est armée de mon crayon à papier que j'ai entamé et annoté de petites croix dans la marge ce roman. Hélas, les pagesne m'ont pas apporté de fil conducteur, ni d'ordre chronologique, malgré un arbre généalogique un peu trop complet qui me perdait en route... avec une impression que tout partait dans tous les sens, que trop de sujets étaient vite avortés, et les portraits inachevés. Finalement, dans mes souvenirs de ce livre que j'ai terminé il y a deux jours (chronique écrite le 26/12), le personnage principal ne m'est pas parue être Mouche' mais la narratrice, comme si celle ci, voulant rendre hommage à sa mère, s'en éloignait et s'octroyait la place que Mouche' ne semble pas lui avoir laissée en temps voulu... même si l'on peut en comprendre le "pourquoi" en partie. Mais là, je me tairai, car chaque roman garde ses soupçons de surprise et de révélation... ou d'événement déclencheur.

Par contre, je reconnais que Marie Lebey possède une sacrée plume, bien agréable à lire, et maitrise l'humour à bon escient, ce qui évite le pathos et apporte tout de même des sourires mérités et une admiration pour ce rythme et cette écriture que je trouve très enviable. Alors si vous aimez les bonnes plumes et que, dans ce genre de sujet, vous êtes prêts à oublier une certaine Delphine, cette Mouche' pourra sans doute vous séduire.

 

 

Ce roman entre dans le cadre de ce challenge, catégorie "Nom, Surnom"

 

     

 

                                                                                            

  L'irrégulière a beaucoup aimé 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 8 Janvier 2013

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Parution le 9 janvier 2013 - Nouveauté

 

 

L'histoire : Ancien chirurgien en cardiologie, Octave Lassale, 90 ans, est au crépuscule de sa vie. Dans sa grande maison bien vide, il se constitue une équipe, son équipe... 4 personnes qui veilleront sur lui, chacune avec des missions bien différentes, comme lire le journal, s'occuper du jardin... Peindre le portrait d'une absente, d'une ombre, avant qu'il ne soit trop tard.

Chacun a ses secrets, ses blessures... et l'on ne sait qui finalement prendra soin de l'autre, à moins que... oui, la vie en communauté, des liens qui se tissent, le besoin de l'autre. Une fois qu'on le découvre, cela devient une certitude, un éclaircie, une réponse...

 

 

Tentation : L'auteure

Fournisseur : L'auteure, merci Jeanne de m'avoir envoyé votre livre quelques jours avant Noël !

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Il est des livres que l'on n'ouvre pas comme les autres. Aussitôt dans nos mains, ils atteignent le sacré par la beauté de l'objet, le nom sur la couverture, et la promesse d'une lecture exceptionnelle, d'une écriture et d'un sujet uniques, rares. Les livres de Jeanne Benameur sont de ceux là pour moi, et celui ci d'autant plus que je ne m'attendais pas à le recevoir. Et puis sur la couverture, figure ma fleur préférée sous les latitudes tempérées... Le coquelicot, si rouge dans les près verts, et là sur la couverture noire. Une fleur si belle et sensible qu'elle ne souffre pas d'être coupée ou cueillie, elle meurt tout de suite. Une fleur qui doit rester à son état naturel, être juste elle même.

Profane... reprenons la définition et l'étymologie de ce mot avant de pénétrer dans ces pages... " Profane, celui qui est devant un temple", personne ignorante, non-initiée à une religion, à une activité, ce qui ne présente pas un caractère religieux ou sacré....

Profane, j'ai eu l'impression de l'être en entrant dans ce livre... Quelles étaient les intentions de l'auteure, où Octave allait il nous mener avec ses 4 recrues. Et surtout, au fond de moi, la sensation d'être devant un temple ! Un lieu ou l'on pénètre avec calme, respect, et qui nous imprègne, que l'on soit croyant ou pas... Par ce que oui, dès les premières pages, la magie de l'art nous saisit dans tout notre être, et ne nous lâchera même pas une fois l'oeuvre fermée, oui, c'est une nouvelle fois une histoire et une écriture qui nous laisse ébahis, sans souffle, méditants. Tant de sacré dans ce roman Profanes. Ce livre en lui même semble être un temple, immense, sans limite, sans toit ni murs, un temple qui mène jusqu'au ciel et à l'horizon tant les sujets qu'il aborde sont nombreux, intenses, profonds, et les chemins qui y mènent sinueux et mais silencieux. On observe, on regarde, on déduit, on ne juge pas, on pense, on apprend. On parle peu, juste pour dire le nécessaire. Il est question de vie, de mort, de perte d'un enfant, de défaillance professionnelle mêlée de peur parentale, de foi qui sauve l'un et détruit un ensemble, de reproche, de regret, de confiance, de traumatisme, de reconstruction, de renaissance, d'évidence, de doute, oui le doute est très présent dans ce livre. Les personnages s'interrogent beaucoup.

Le temple, dans le roman, est aussi représenté par la grande maison qui abritera les 5 personnes. Octave, le nonagénaire hanté, Hélène, la peintre, Marc, le mystérieux, Yolande, chargée du rangement général de la maison, et Béatrice, étudiante infirmière. Chacun de ces personnages entre ici profane dans cette maison. Ils ne connaissent ni les lieux, ni les autres habitants... Chacun fera, à sa façon, mais de manière toujours subtile et délicate, connaissance avec les autres et notamment avec Monsieur Octave Lassale, temple lui aussi par son âge, son expérience de la vie et de la mort.

Pour le lecteurs, la découverte de ces personnages est délicieuse, elle se fait pas à pas. Marc par exemple reste plus impénétrable. Jeanne Banemeur ne dit pas tout sur lui et son passé. D'ailleurs, l'auteure ne livre que le strict minimum sur les détails de la vie et du caractère des équipiers. Au lecteur de suivre son intuition et les quelques indices et de deviner qui sont réellement ces gens, qui lui ressemble le plus. Personnellement, c'est le personnage de Béatrice qui m'a le plus touché et qui m'a été le plus proche. Non que je prenne la place de quelqu'un d'autre, mais je peine à trouver ma place où que ce soit, et j'ai cette sensation que je ne changerai jamais.

Enfin, j'ai vu un autre temple et son profane devant... l'intime, le moi. Infime et immense à la fois. Car oui, nous sommes surtout profane de nous même, ignorant ce que nous sommes capable de réaliser, ou incapable de faire. Notre plus grand inconnu, notre plus grande découverte, c'est notre moi intérieur... Mais il ne se fait pas seul, il se fait avec, par, et grâce aux autres. Seul, notre moi étouffe, s'aveugle et ne vaut pas grand chose.

Voilà ce que je retiens de ce nouveau roman de Jeanne Benameur, que j'ai lu en apnée et dans un silence religieux, allumant des petites bougies auprès des phrases qui me parlaient (mes fameuses petites croix en fait ! ). Un livre d'une richesse extraordinaire et qui enrichit à chaque page.

Un billet que je redoutais de rédiger, que j'ai même "procrastiné". J'espère qu'il est digne du roman et ne le trahit pas. Mais d'un tel roman, on ne raconte pas l'histoire, on essaye de se découvrir encore soit même avec l'émotion qu'il a provoqué en nous.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 12 Décembre 2012

http://www.actualitte.com/images/actualites/les_choix_secrets_herve_bel.jpgRoman - Editions JC. Lattès - 360 pages - 18.50 €

 

 

Parution en août 2012

 

Rentrée Littéraire sept 2012

 

 

L'histoire : La vie, au présent et au passé, de Marie. Les petits détails et les grands événements qui ont jalonné la vie de cette jeune fille qui, dans les années 30, vivait en indochine avec ses parents... Mais aimait déjà en France. Le quotidien de cette octogénaire, qui vit presque seule, isolée, autant respectée que détestée.... Le portrait d'une vie, d'une femme pas comme les autres...

 

 

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Abeline Majorel et les Chroniques de la Rentrée littéraire, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

étoile3etdemi

 

 Mon humble avis : "Oh Marie, si vous saviez, tout le mal"... que vous avez fait, que je pense de vous...Vous êtes une femme monstrueuse, égoïste, jalouse, égocentrique, méchante, prétentieuse, capricieuse, odieuse et manipulatrice. Une vraie marâtre. Les gens qui ont partagé votre vie devraient être sanctifiés. Vos circonstances atténuantes ? Votre mère ? Vous étiez déjà ignoble. Vous vous plaignez toute votre vie durant de celle que vous n'avez pas eu... Et pourtant, vous l'avez choisi cette vie, j'en suis sûre, vous avez choisi l'homme qui avait le moins de caractère et qui vous laisserait exprimer le vôtre, si mauvais. Je ne vous ai jamais aimée, sauf dans votre prime jeunesse, celle où vous guettiez l'amour chaque jour au bout du chemin, avec la fraîcheur et la naïveté de la virginité de l'époque, les années 30.

Et puis Hervé Bel, votre créateur, nous conduit dans votre triste cuisine plus de 60 ans plus tard. Que vous est il arrivé pour que l'on vous retrouve ainsi si aigrie, si agacée par celui qui partage tristement votre vie, si avare, d'une avarice telle qu'elle vous coupe du monde et de vous même ? Est avare celui qui se prive de tout pour ne manquer de rien. Depuis votre jeunesse, vous ne pensez qu'à l'argent, que vous amassez et cachez au risque de vivre comme une pauvrette que le monde entier fuit... S'il n'était votre avarice, j'aurais alors eu quelque sentiment pour vous. De la pitié, le pire de tous. Celui que j'éprouve pour les personnes surpris par la vieillesse, la maladie, et qui n'en finissent pas de mourir. Cette même pitié qui m'étouffe lorsque j'écoute Les vieux de Brel et qui me fait avancer jusqu'à là chanson suivante.

Même votre père de papier se méfie de vous, à moins que vous ayez eu sur lui l'ascendant qui vous qualifie tout au long de votre histoire. Vous vous sentez supérieure. Alors est-ce l'auteur qui vous laisse la parole presque au beau milieu d'une phrase ou vous qui vous en saisissez pour être sûre d'établir votre vérité, celle qui vous fera passer pour une malheureuse, je l'ignore. Toute votre vie, vous avez rêvé d'être au milieu de la scène, la star qui brille, oh pardon, la Dame...

Vous avez de la chance, Hervé Bel vous a offert cette scène dans ce roman et vous a servi une prose magistrale.... Je vous connais, de là où vous êtes, vous devez penser qu'Hervé Bel n'a pas usé de sa plus belle plume pour vous faire plaisir, mais pour vous faire de l'ombre. Car le délice de ce roman est bien la plume de votre créateur, ajoutée à une construction romanesque judicieuse, originale et très adaptée au sujet. Désolée de vous décevoir Marie, mais je pense bien qu'Hervé Bel s'est servi de vous pour dresser le portrait d'une femme de votre époque et explorer dans les moindres détails les dégâts de la vieillesse, de l'usure du couple, d'une prédominence despotique dans une famille. Mais surtout, à travers vous, il fait de la jalousie le sujet principal de cette histoire. Une jalousie dévorante, dirigée vers tout et tout le monde, même ceux qui vous étiez sensé aimer, si ce mot a une signification pour vous.

Une chose m'étonne.... Devant une telle paranoïa pathologique, je ne comprends pas que l'on ne vous ait pas enfermée. Car votre malheur vient de là, vous l'avez construit toute seule, vous vous êtes laissée rongée par votre jalousie maladive.

Marie, vous avez peut-être gagné ce que vous cherchiez. Même si vous êtes le plus détestable personnage de roman rencontré depuis longtemps (même une certaine Tatie Danielle pourrait devenir une bonne copine à côté de vous) même si votre ignominie n'a d'égal, même si vous représentez l'idéal de l'antihéroïne,  vous êtes un spendide et formidable personnage romanesque ! Hervé Bel a réussi un tour de force. Nous scotcher à votre histoire, sans nous attacher à vous !

 

 

 Lu dans le cadre de 07_chronique_de_la_rentree_litteraire

 

 

 

 

 

                                                                                                   8/7                                                                                          

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Décembre 2012

Roman - Editions Points - 189 pages - 6.30 €

 

 

Parution aux Points en avril 2012 (Olivier en mars 2011)

 

 

 

L'histoire : Saint Lunaire, à l'approche de la saison estivale... Noé et Marianne, couple de retraités résident dans la station balnéaire, reçoivent leur famille recomposée (dans la forme), mais assez décomposée, dans le fond. Un weekend en famille, avec son lot de non dits, de paroles blessantes, de jalousie, de fantôme, d'amour mal exprimé, d'avoeux, de décisions, de renoncements, de révélations...

 

 

 

Tentation ; Envie de découvrir cette auteure malouine depuis longtemps

Fournisseur : Ma PAL (livre gagné chez Clara, merci !)

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

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Mon humble avis : J'ai lu ce roman comme on conduit un diesel sans injection. Il a mis du temps à m'absorber et finalement à me plaire. En fait, je suis demeurée un moment extérieure à qui ce passait dans cette villa bourgeoise et familiale. Je suis plutôt restée sur la plage, plage que je connais très bien il faut dire, puisque c'est dans ce village de bord de mer (en hiver) et dans cette station (en été) qu'habite ma mère. Saint Lunaire, en Ile et Vilaine, donc en Bretagne ! Aussi, je me suis plu dans les descriptions de cette plage magnifique, et encore plus quand à marée basse... Mais, là, il s'agit d'un goût personnel...

Toujours est il que Karine Reysset ne n'a pas charmée autant que je m'y attendais. Dans le premier tiers, c'est même le style qui m'a dérangée. Ce livre est très bien écrit mais, ne connaissant la romancière que de réputation, je m'imaginais son écriture plus subtile quelque part, plus sophistiquée, plus littéraire. Bref, ce n'est pas ce qui m'a séduit dans cette lecture, même si je ne remets pas en cause la qualité. C'est juste qu'elle ne correspondait pas à mon attente.

J'ai aussi trouvé les personnages un peu trop caricaturaux. Une famille recomposée, c'est certes assez courant. Mais au niveau des enfants, chacun d'entre eux correspond à un stéréotype. Achille, l'ainé, du premier mariage, est riche, a très bien réussi sa vie professionnelle aux USA, et remplit son père de satisfaction, même si...

Lena, mère au foyer en pleine dépression, en crise d'identité... Merlin, le jeune père paumé qui  à l'ouest, a toujours été porté à bout de bras par ses parents.

Et enfin, Stella, la benjamine, homosexuelle à un moment charnière de sa vie de couple.

Sur 4 enfants, aucun n'est vraiment heureux. Cela fait beaucoup, même si je ne me fais aucune illusion sur le bonheur et celui qu'affiche unanimement certaines familles. Mais bon... Il y a aussi des conjoint(e)s, des petits enfants... Alors que je commençais à me perdre dans cette tribus, l'auteure a eu l'intelligence de placer dans le texte un arbre généalogique, tant à destination d'un des personnages qu'à ses lecteurs. Bonne idée ! Je l'ai consulté à plusieurs reprises.

Karine Reysset s'intéresse, par chapitre, à l'état d'esprit de chacun de ses personnages, pour aller vers l'un et revenir vers l'autre ensuite, et couvre ainsi quatre jours de weekend familiale. Bien sûr, il ne se passe pas grand chose. Le coeur du roman est dans ce qui est dit, pensé, tu ou non écouté... par manque de temps, par peur de ne pas aimer la réponse à une question, par différence d'idées ou de points de vue.

Et puis il y a Violette, dont je ne vous ai pas encore parlé.... Violette, la petite fille/soeur, morte à 6 ans... dans un accident. Le silence est d'or autour de Violette dont l'ombre plane au dessus de chacun, dans la vie et le coeur de cette fratrie qui s'aime, se déchire, se jalouse, apprend à se connaître, ou s'éloigne.

Au fil des pages, j'ai fini par m'attacher à certains personnages. C'est Lena qui m'a le plus touchée, puis Stella et Merlin, chacun pour leur raison.

Et puis j'ai réalisé que Karine Reysset me contait l'entre les murs d'une villa sans doute située à quelques centaines de mètres à peine de "ma" maison familiale. Et que ce qui se passe dans ces deux maisons, même si les protagonistes sont en tous points différents, se ressemble assez. C'est l'histoire d'une famille... ou certains ont tout ce qu'ils voulaient (mais qui, ici, ne savent pas quoi en faire), et d'autres n'ont pas grand chose de leur rêve d'enfants, et que l'on porte à bout de bras. Ceux là, un jour, n'ont pas pris le bon train... et le retour en arrière n'est pas facile, surtout quand il se fait à coup de rames et à contre courant. Et puis il y a ses silences, ces non dit, cette façade. Je suppose mes frère et soeur heureux, ils ont en tout cas de bons arguments pour l'être, même si la vie n'est facile pour personne et qu'elle amène forcément son lot de soucis. Mais, comme dans le livre, aucun sujet grave, aucune conversation intime avec eux. Je ne connais pas leurs craintes existentielles, et ils sont loin d'imaginer les miennes. L'intimité est refusée, rejetée, ignorée, refoulée, tabou...

Sommes nous une famille comme les autres ? Y a t-il deux familles identiques ? Le mot "Normal" peut-il s'accorder avec le mot  famille ?

Les yeux au ciel est finalement un roman bien construit sur une famille fissurée. Des portraits appronfondis d'êtres blessés par la vie et par la mort, la mort d'une enfant, qu'ils l'aient, ou non, connue.

L'objectif de la romancière est justement atteint même si je ne pense pas que ce roman soit extraordinaire.

(Dans le genre, j'ai nettement préféré Cet été là, de Véronique Olmi, même s'il s'agissait, non pas d'un weekend familial, mais de retrouvailles amicales en bord de mer)

 

 

 

 

 

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Lecture commune avec Enna, Sandrine et  Apropos des Livres

 

 

 

Ce livre entre dans le cadre du challenge de Lysting

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 30 Novembre 2012

Roman - Audiolib - 4h30 d'écoute (ou 272 pages) - 19.28 €

 

 

Existe aussi en format poche

 

 

Parution à l'origine en mars 2011

 

 

L'histoire : La vie de Charles IX, depuis la veille de la St Barthélémy jusqu'à sa mort plus que suspecte... moins de deux ans plus tard

 

 

Tentation : Pourquoi pas un peu de culture ??!!

Fournisseur : La bib !

 

 

 

 

  

 

 

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Mon humble avis :  J'ignore si Jean Teulé revisite l'histoire à sa façon ou s'il la livre telle qu'elle figure dans les livres d'Histoire. Quoiqu'il en soit, c'est avec une plume, un ton, un enthousiasme bien plus fascinant que les livres précités ici que Teulé nous conte quelques mois de la vie de Charles 9. Que savais-je de ce roi ? A un micro trottoir, j'aurais répondu : rien.

Et puis, je me suis baladée le long du canal d'Ille de Rance avec  mes écouteurs et j'y ai recontré un roi : Charly 9, qui ne mérite peut-être pas tant que cela son ignoble réputation. De son talent de conteur, Teulé a su faire de l'Histoire une histoire romanesque et je suis persuadée que je retiendrais bien plus sa version que celle croisée au lycée.

Ce roman est profondément documenté, et le style varie suivant qu'il relate des dialogues de l'époque, des délires fous du roi ou de son entourage, ou qu'il soit simplement narration et description. Il peut donc voguer d'une allure Shakespearienne jusqu'aux expressions les plus crues. Mais par dessus tout, ce récit est vivant, rythmé, captivant. Nul doute que l'excellente interprêtation d'Emmanuel Deconinck ne soit étrangère à cette impression qui ne m'a pas quittée durant toute mon écoute.

On découvre Catherine de Medicis conspiratrice, autant que le duc D'anjou, frère de Charles 9, qui brigue le trône. Même si nos politiciens actuels font souvent plus preuve d'ambitions et de polémiques, ils n'ont rien à envier aux gens de cette époque. Et puis l'Histoire a mis sur le trône des hommes très jeunes, trop jeunes et influençables pour prendre de bonnes décisions. Ainsi, ce serait Catherine de Médicis, qui, sous prétexte (faux ?) d'un complot envers la famille royale et par marchandage affectif, obtient que Charles 9 donne son accord pour la St Barthélemy... Il est sidérant de constater comment les membres du conseil de ce roi lui ont présenté la chose et  comment, en quelques minutes, on est passé de quelques morts à plusieurs dizaines de milliers.... De cela Charles 9 ne se remettra jamais, et comme malchanceux, toutes les décisions qu'il prendra dans les mois suivants, qu'elles paraissent futiles ou importantes, se révéleront désastreuses pour le peuple. La folie pénètre l'homme par tous les pores de la peau, cet homme qui ne sait plus quoi faire pour faire bien, ni en qui faire confiance. Il est d'une naïveté déconcertante par rapport à sa fonction ("puisque l'on manque d'argent, on n'a qu'à en fabriquer"... A si cette solution pouvait s'avérer efficace de nos jours !!!).

Avec ce Charly 9, j'ai appris mille et une chose que je retiendrais certainement plus longtemps que les quelques connaissances aquises en cours il y a plus de 20 ans.

Des choses simples voire presque futiles, amusantes et qui feront peut-être effet lors de dîner... L'origine de la tradition du poisson d'avril, du muguet du premier mai, les conséquences d'un changement de calendrier(Charles 9 a en effet décrété avec sa logique que le début de l'année serait désormais le 1er janvier), et non au printemps....

Mais surtout, dans mon esprit simple, une partie chronologique de L'Histoire de France n'est plus un vide sidéral, mais s'est peuplé de personnages, reliés entre eux, et d'événements que l'on connaît de nom.... sans en savoir beaucoup plus.

Alors certes, sur la fin, j'ai trouvé quelques longueurs dans la folie du roi, mais ma conclusion est que si l'on nous apprenait l'Histoire de France de façon aussi romanesque, sûre que nous serions (en général); bien moins niais sur la question. La littérature au service de l'Histoire, dans un cas comme celui ci, je dis oui, et encore ! Et Charly 9, un personnage à découvrir !

 

 

L'avis de Liliba

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 28 Novembre 2012

Roman - Nils Editions - 77 pages - 7 €

 

 

 

Parution en mars 2011

 

 

L'histoire : Ma mère raconte qu'ils ont eu une autre petite fille que moi, morte de la diphéterie. Elle est morte comme une petit sainte. Elle dit de moi, elle ne sait rien, on n'a pas voulu l'attrister. Elle était plus gentille que celle là. Celle là, c'est moi. Cette confession, Annie Ernaux a 10 ans quand elle l'entend, sans que personne ne le sache. Cette révélation restera enfouie, jamais évoquée. Aujourd'hui, Annie Ernaux écrit à cette soeur qu'elle n'a jamais connue.

 

 

 

 

 

 

Quand tout a été dit sans qu'il soit possible de tourner la page, écrire à l'autre devient la seule issue. Ecrire une lettre, une seule, c'est s'offrir le point final, s'affranchir d'une veille histoire.

La collection "les affranchis"fait donc cette demande à ses auteurs :" Ecrivez la lettre que vous n'avez jamais écrite"

 

 

 

 tentation : La blogo + passage de l'auteur à La Grande Librairie

Fournisseur : La bib'

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Ce texte court mais si riche se lit d'une traite, avec une émotion qui ébranle fortement.

Annie Ernaux a 10 ans quand elle surprend une conversation d'adulte. Cette conversation lui apprend qu'elle n'est pas fille unique, qu'elle a eu une soeur, morte à 6 ans, avant sa propre naissance. C'est à cette soeur qu'Annie Ernaud s'adresse dans cette lettre aussi pudique, qu'intime et et même temps, extrêmement sincère. Une lettre servie par une plume forte, touchante, délicate et ... épistolaire. Certains passages m'ont glacée, surtout quand "L'autre" est désignée. C'est terrible.

Quelques descriptions et voyages temporels m'ont un peu perdue mais peu importe, j'étais accrochée aux sensations d'Annie Ernaux et aux questions qu'elle pose dans cette lettre. Certaines questions y trouvent leur réponse, d'autres restent en suspens, pour laisser à chacun le choix de la réponse qui lui correspond. Car il y a dans ce genre d'interrogation autant de solution qu'il y a de coeurs, d'âmes, de vies.

Mais comment qualifier un être que l'on a pas connu, qui pourtant a en commun avec soi les liens du sang. Comment se le représenter, comment éprouver des sentiments, et quels sont les sentiments adéquats. Comment vivre quand on remplace l'autre, comment vivre dans l'ombre de quelqu'un et surtout dans le silence du secret imposé, puis dans le secret que l'on a pas su, pas voulu percer. J'ai dans mon entourage des personnes qui ont perdu un premier enfant, et qui ont eu ensuite d'autres enfants (dont certains sont mes amies). Alors j'ai ouvert les yeux sur une problématique que je ne m'étais pas posée et qui je pense m'a enrichie.

Cette lettre magnifique me donnerait bien envie de prendre la plume et de m'adresser à celle ou celui qui aurait pu être avant moi... Son existence aurait rendu impossible la mienne. A moins que... Etais-je déjà, entière ou en partie, dans cet autre non éclos ?

Bon, je ne vais pas écrire un billet plus long que le livre, je vous laisse avec quelques extaits au cas où je n''aurais pas été assez convaincante sur la qualité de cette "autre fille". Et la collection "Les affranchis" est à suivre sans hésitation.

Et vous, à qui écririez vous cette lettre que vous n'avez jamais écrite ?

 

 

 

"Il a bien fallu que je me débrouille avec cette mystérieuse incohérence : toi, la bonne fille, la petite sainte, tu n'as pas été sauvée, moi, le démon, j'étais vivante. Plus que vivante, miraculée."

 

"Il me semble que le silence nous arrangeait, eux et moi. Il me protégeait. Il m'évitait le poids de la vénération qui entourait certains enfants décédés avec une cruauté inconsciente pour les vivants qui me révoltait quand j'en étais témoin."

 

"je ne leur reproche rien. les parents d'un enfant mort ne savent pas ce que leur douleur fait à celui qui est vivant."

 

"A mon enfance racontée, pleine d'anecdoctes, ne correspondent pour la tienne que le vide"

 

"Técrire, ce n'est rien d'autre que faire le tour de ton absence. Décrire l'héritage d''absence. Tu es une forme vide impossible à remplir d'écriture".

 

 

 

 

 

   L'avis d'Antigone , de Clara,

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 24 Novembre 2012

 Roman - Editions Livre de poche - 155 pages - 4.60 €

 

 

Parution en poche en février 2004

 

 

L'histoire : Paul fait un stage à l'autre bout de sa ville et découvre ainsi un nouveau quartier, dont une boutinque nommé" "Poème". Dans la vitrine, une petite robe blanche attire son attention au point de devenir une obsession et un achat compulsif.

Mais Paul n'imagine pas un instant les répercutions qu'a cette intruse dans son ménage, les souvenirs et les fantômes qu'elle déterrera aussi bien en en lui qu'en Irène son épouse. Comment, en 3 jours, une petite robe peut mener un couple serein au bord de la noyade.

 

 

Tentation : Mes autres lectures de l'auteur

Fournisseur : la bib

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : J'ai été contente de retrouver cet auteur pour une lecture simple, rapide, agréable mais qui cependant remue beaucoup, voire met mal à l'aise.

Philippe Grimbert distille discrètement son savoir de psychanalyste pour étudier ici comment un couple serein peut arriver à l'agonie en si peu de temps, juste par l'arrivée d'un objet. Certes, l'objet n'est pas banal pour un homme marié dont l'unique fille a plus de 20 ans : une petite robe taille 6 ans.  Cette robe va symboliser tous les nons dits du couple, voire de la famille et des générations précédentes, toutes ces blessures non cicatrisées, ou ces deuils faits en silence, sans partage, donc pas aboutit : que ce soit le deuil d'un parent, d'un enfant qui n'est finalement pas né, d'un enfant que l'on ne savait pas né, de la féminité procréatrice qui s'est échappée avec le temps.

Philippe Grimbert instaure avec talent un véritable suspens. Et bien sûr, on s'interroge : que penserais-je si mon mari cachait à la maison une petite robe ? Fétichisme, double vie, pédophilie ? Mille questions viennent de cette présence aussi irrationnelle dans une maison, surtout que Paul ne s'explique pas lui même cet achat. La tension s'intensifie au fil des pages. On se demande vraiment jusqu'où celle ci va nous mener. Jusqu'à l'intolérable ?

Dans une situation dramatique, le couple finit par s'expliquer. Et là, je dis dommage, car nous n'assistons pas à cet échange. De ce fait, les raisons de tous ces évènements, qui nous ont été juste suggérées jusque là ne sont pas plus expliquées, plus développées et de ce fait, m'ont laissée sur un sentiment d'incomplétude. Je suis donc un peu restée sur ma faim.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 12 Novembre 2012

Roman - Editions Cherche midi - 112 pages - 13 €

 

 

Parution le 23 août 2012

 

Rentrée littéraire sept 2012

 

 

L'histoire: Le narrateur, parisien jeune marié, part avec son épouse en Samouse, faire la connaissance de sa belle famille. Le plus gros choc sera-t-il celui de la province ou du comportement beau-parental... A moins qu'il y ait un lien de cause à effet entre les deux...

 

 

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Olivier et Price Minister, dans le cadre du match de la rentrée littéraire. Merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Ah, comme j'attendais ce livre avec impatience ! Il affichait tous les ingrédients pour me plaire : de l'humour, des règlements de comptes familiaux et une épaisseur à faire pâlir de jalousie ma chère Amélie Nothomb : moins de 120 pages !

Et pourtant, comme ce livre m'est paru long ! La 4ème de couv m'annonçait un livre désopilant (ce qui signifie très drôle, hilarant). Même si j'ai souri à 3 ou 4 reprises car quelques flèches bien taillées font mouche, j'ai tourné les pages avec une lassitude croissante, et si j'ai ri, mon rire était soit jaune, soit nerveux d'agacement.

Evidemment, on s'attend à du cynisme, du grinçant qui serait jubilatoire. Ce que j'aime dans le grinçant, c'est la finesse, le froid dans le dos qui s'écoule d'un seul coup, l'offuscation, l'attente de la situation qui finira par exploser... Cynique, grinçant... Imaginez une porte que l'on ouvre discrètement et qui peut-être va grincer. Ca c'est excitant ! Comme l'est encore plus le vieil escalier que l'on pourrait descendre pour faire le mur à l'insu des parents... Quelle marche va grincer et trahir notre petit forfait ? C'est ce cynisme et cet humour que j'aime trouver dans un livre, celui qui vous prend par surprise, qui menace, qui plane et qui n'arrive pas forcément au moment prévu. Le problème avec ce "week-end en famille", c'est que "l'humour", plutôt noir, est dans toutes les phrases, paragraphes, chapitre, pages.... A tel point que cela est devenu pour moi lourd, lourd et insupportable. Aucune finesse. Côté famille, celle-ci est assez vite ejectée pour que le narrateur s'enfonce dans un roadbook bien seul, bien délirant, pendant que l'auteur s'amuse à remplir de digressions incessantes le pourtant petit nombre de pages.

 A mes yeux, le pire est le ton méprisant utilisé tout au long du livre, et qui le rend d'autant plus improbable. Le narrateur méprise la province, les provinciaux et même sa femme qui "fait partie de ces connes qui n'hésitent pas à...".

Alors même si la fin, très surprenante explique et justifie l'aspect complètement décalé, qui se révèle même déjanté, elle ne compense pas ma désagréable impression de lecture qui fut mienne pendant le 109 premières pages.

Le sujet et l'objectif étaient pourtant louables : satire sur la société de consommation uniformisée. Mais quelques zestes de délicatesse et de finesse n'auraient point nuit à ce récit.

Vous l'aurez compris, rendez vous complètement raté entre ce livre et moi ! Mais peut-être aimez vous l'humour très noir et les livres qui partent complètement en vrille ?!

 

L'avis de Hérisson, Stéphie, Noukette 

Lu dans le cadre du challenge 1% Rentrée littéraire : 6/7

 

Lu aussi dans le cadre du Match de la Rentrée littéraire organisée par Price Minister

 

Rentrée Littérraire 2012

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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