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Publié le 7 Novembre 2019

Roman, livre audio, La révolte, Aliénor d'Aquitaine, Histoire

Roman - Editions Audiolib- 5h43 d'écoute - 19.90 €

Parution d'origine chez Stock en août 2018

 

L'histoire : Celle d'Aliénor d'Aquitaine, de ses 30 à 82 ans, qui fut reine de France puis d'Angleterre narrée par son fils, Richard Coeur de Lion, par sa voix et ses échanges épistolaires avec elle.

 

Tentation : La culture ne nuit jamais

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Avec ce roman, je suis très loin de mes terres et de mes époques de prédilection en lecture. Me voici dans un roman historique et en plein Moyen-Age ! Mais c'est ce genre de petit miracle que permet la littérature.

Et oui, quand un roman peut vous apprendre (ou réapprendre) l'Histoire, autant sauter sur l'occasion de joindre l'utile à l'agréable. D'autant que le style soigné de Clara Dupont-Monod, adapté au sujet et à l'époque reste fluide, doux ou cruel en fonction des événements, mais toujours facile à suivre.

D'Aliénor d'Aquitaine, je ne savais que le nom et une situation géographique évidemment, je connais mon pays. J'ignorais qu'elle avait été reine de France en épousant Louis VII qu'elle quitta, pour se marier à Henri II, roi d'Angleterre, surnommé le Plantagenet. De lui, elle aura 10 enfants qu'elle enterrera tous sauf le dernier, Jean Sans Terre. Une grande partie de cette fratrie se haïra, se fera la guerre. Mais à une époque, elle s'unira contre son père le Plantagenet, et ce sera La Révolte.

Ici, c'est Richard Coeur de Lion qui raconte la vie mouvementée de sa mère Aliénor, femme implacable autant que remarquable. C'est tantôt la voix de Richard qui parle, puis elle laisse à place à celle d'Aliénor ou du Plantagenet, via certains échanges épistolaires.

Ce roman est très dense. Dans la première partie, ce sont surtout des "affaires familiales et territoriales" dont il est question. En effet, à l'époque dans la vie d'Aliénor et de son entourage, il est très souvent question de stratèges géopolitiques et guerriers divers, notamment pour protéger et préserver l'indépendance de l'Aquitaine (entre autre). La deuxième partie fut plus complexe et perdit mon attention par moment. Nous sommes avec Richard dans les croisades, alors qu'il rencontre Saladin qui évoque déjà le jihad. Etonnamment, l'on apprend que ce terme existait déjà à l'époque, alors que celui des croisades n'était pas usité. Là, notre Richard au coeur de lion m'a un peu lassée avec ses tactiques purement militaires sur le terrain, avec quelques détails pas toujours délicats (les têtes coupées ou autres réjouissances de la barbarie et de la guerre).

Dans ce roman, Clara Dupont-Monod admet avoir pris quelques libertés avec l'Histoire, du genre, en plaçant un donjon là où il n'y en avait pas. Mais les faits et gestes des protagonistes et le déroulement de l'histoire est bien réel.

Une lecture enrichissante, qui m'a permis de (re) découvrir le décor et les us du Moyen-Age, et de resituer quelques personnages historiques dans leur généalogie et leur époque... En espérant que cette culture acquise ne me quitte pas trop vite ! Ah mémoire, quand tu nous fais défaut !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 30 Octobre 2019

Roman - Editions de l'Olivier - 256 pages - 19 €

 

Parution le 14 août 2019, Rentrée Littéraire !

L'histoire : Près de Montréal, Paul Hansen, ancien super-intendant d'une résidence de luxe du centre ville, purge une peine de deux ans de prison. Il partage sa cellule avec le costaud Patrick Horton, un Hells Angel accusé de meurtre. Tout sépare ces deux hommes et pourtant, entre eux naît comme une amitié. Horton s'évade grâce aux magazines de moto qu'il décortique avec passion. Paul lui, n'a rien pour s'évader... Ce sont ses morts qui lui rendent visite (feu son père, sa femme, son chien)... Et l'histoire de sa vie, qui l'a mené entre ses quatre murs.

Tentation : La brouhaha autour de ce roman

Fournisseur : La bib'

 

Mon humble avis : Les médias disent que c'est là le meilleur roman de l'auteur. Les listes de certains prix confirment cet enthousiasme et sur billet sur la blogo suivent le même ton le plus souvent. Je ne peux me prononcé, ayant si peu lu de Jean-Paul Dubois.

Paul Hansen est dans sa cellule, partagée avec un gros dur qui n'a pas inventé la poudre mais plus sensible qu'en apparence... Après, tout est dans la forme.

Paul alterne le récit de quelques moments de journées partagés avec Horton, pour le pire (le manque d'intimité dans les moments les plus intimes), comme pour le meilleur (des échanges bien plus profonds, touchants et révélateurs qu'il n'y parait). Horton est un personnage haut en couleur, truculent, pour qui le lecteur se surprend d'affection. Entre ces moments du quotidien immuables, il y a la vie de Paul, toute sa vie, depuis sa naissance en France d'un pasteur Danois et d'une propriétaire de cinéma (indépendant) française, en passant par son départ pour le Canada, pour y retrouver son père, puis les trente ans qu'il passe en qualité de super intendant d'une résidence de luxe montréalaise...  Les dernières années vont mener au drame qui s'annonce, mais qui ne se dévoilera que dans les dernières pages du roman. On craint le pire. Et pourtant...

Sans élever ce livre au rang de mes coups de coeur, j'avoue avoir apprécié vivement ma lecture, même si, de temps en temps, quelques longueurs me sont apparues. Le style de l'auteur est magnifique tout en étant fluide, et dans la façon qu'il a eu de construire tant son oeuvre que les personnages qui l'habitent, il y a comme quelque chose de littérature américaine. L'histoire n'est pas dense en événements (elle l'est cependant en sujets développés), mais les pages se tournent toutes seules.

Les portraits d'hommes et de femmes sont délicieusement et pudiquement brodés au fil des pages, dans leur antagonisme, leur secret, leur hypocrisie, leur force, leur idéalisme, leur révolte ou leur soumission, leur faiblesse. Dans leur passion aussi et s'il n'y a pas de passion, le plaisir, le bonheur d'une vie tranquille et sereine au service des autres, le plaisir du job bien fait et plus s'il le faut, parce que l'homme a besoin d'humanité, et Paul le sais très bien.

Et puis, un nouveau personnage débarque dans la galerie et l'on sent que l'orage arrive.

Ce roman montre comment une vie de bonté et d'effort peut être ruinée en très peu de temps, et à cause d'une seule personne qui, par un discours bien huilée et une présentation bien pompeuse, parvient à manipuler le reste de la troupe. Et c'est ce diable qui va provoquer l'orage, et faire sortir de l'homme sage la bête qu'il y a en chacun de nous.... Et oui, aussi bons que nous puissions être toute une vie durant, nous ne sommes jamais à l'abri de croiser un être maléfique qui nous fera sortir de nos gongs, un être qui nous fera devenir un autre.

Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon a donc été une lecture très agréable et prenante pour moi, qui me suis régalée de la plume de l'auteur. Par contre, dire qu'elle m'a transportée d'émotion serait mentir. J'admire l'oeuvre d'art qu'est ce roman, mais je m'attendais à être complètement remuée de l'intérieur. Et non.

D'ailleurs, en relisant mon billet, je me dis qu'il n'est pas très inspirant. Il en sera ainsi !

 

5/6

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Octobre 2019

Roman - Editions Audiolib - 4h42 d'écoute - 19 €

Parution d'origine aux éditions Le Seuil en 2014

L'histoire : C'est celle d'Eddy Bellegueule, un enfant né dans un milieu très populaire en Picardie. Eddy n'aura de cesse de quitter ses parents, la pauvreté, sa classe sociale faite de racisme et de violence. Il s'insurge contre tout cela, mais surtout contre le monde qui s'est insurgé contre lui depuis toujours, le voyant comme une source de honte. Car Eddy est différent d'eux et pour eux, différent tout court.

 

 

Tentation : La blogo en son temps (et oui déjà 5 ans, je suis parfois longue à la détente !)

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Edouard Louis raconte son enfance. Il aurait pu, pour cela, choisir la forme d'un essai, d'une enquête ou d'un témoignage. Il a préféré donné un espace littéraire à la violence qu'il a subi, la littérature étant un travail de langage. Et il a ainsi eu plus de liberté pour montrer dans ce livre comment la violence est située dans un langage, et qu'elle s'exprime par des mots. La forme du roman lui a donc permis de restituer la violence d'un langage et des mots qui aurait eu un moins d'impact via un autre support d'écriture. Edouard Louis superpose donc deux langages qui s'entrechoquent : celui d'Eddy enfant et de son milieu, et le sien devenu adulte et romancier. C'est comme cela qu'il peut rendre cet aspect si réel et compréhensible.

Le travail de l'auteur est donc admirable et terriblement abouti. Ce livre, on ne le lâche pas. Alors pourquoi seulement trois pattes de chats ? Parce que ce roman n'en n'est pas un, mais une histoire vraie. Et ce genre d'histoire vraie me met très mal à l'aise, tant la violence réelle m'est insoutenable. Ce type de lecture n'est pas du tout confortable pour mon âme sensible et révoltée face aux injustices, face à l'acharnement envers les plus faibles (en apparence) et sans défense, surtout dans un milieu où plaidoyer restera toujours vain. Eddy est différent, efféminé, délicat, curieux de culture dans un monde de brutes enfermé dans des codes, qui n'a pas été ouvert à la culture et aux différences. Un monde où un garçon doit devenir un homme, un vrai, un dur. D'où un racisme très présent dans les propos de la famille d'Eddy... Bien que ce racisme primaire se trouve aussi couramment dans des CSP +++ hélas.

Edouard Louis décrit la violence verbale, les moqueries, l'humiliation, l'incompréhension subit par Eddy, que ce soit par les siens ou par l'extérieur (l'école ou autre), cette violence insidieuse qui est souvent invisible de l'extérieur du foyer familial et qui évolue dans l'indifférence générale.  Celle-ci m'a trop chamboulée pour que je puisse sauter d'enthousiasme envers cet ouvrage sur les dominés qui a pourtant tout de remarquable dans sa finesse, sa construction, son écriture, les émotions qu'il dégage et qui appelle à devenir autre chose que ce que notre condition a fait de nous.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 16 Octobre 2019

Roman - Editions Aux forges de Vulcain - 251 pages - 19 €

Parution le 23 août 2019, Rentrée Littéraire !

L'histoire : Tchernobyl, 1986. Léna et Yvan sont amis depuis toujours, et leur adolescence tend à transformer cette amitié en amour. Soudain, c'est le drame à la centrale. Très vite, la père de Léna emmène toute sa famille pour un périple jusqu'à la Normandie. Yvan et ses proches restent "sur place", mais déplacés.

Pour Léna, c'est donc le début d'une vie d'exil, un exil qu'elle n'acceptera jamais au plus profond d'elle-même. Pour Yvan, c'est l'attente fidèle puis désespérée. Est-ce qu'un jour ?

 

Tentation : Le nom de l'auteure

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : C'est le nom d'Alexandra Koszelyk qui m'a incitée à acheter ce livre. Pour l'instant, ce nom ne vous évoque peut-être personne... Puisque c'est un premier roman... Mais de pas n'importe qui dans le monde de la blogosphère... Dans notre univers, Alexandra est très connue en tant que blogueuse, celle du blog Bricabook. C'est donc curiosité et solidarité qui ont motivé mon achat.... et provoqué une certaine appréhension de lecture.... Bien vite levée !

Car quelques pages m'ont suffi pour deviner que j'entrais dans la coquille d'une huitre où se trouvait une perle d'une rare beauté, très fine, naturelle.

L'écrin de cette perle, c'est l'écriture, le style, les mots choisis, qui témoigne d'un sens et du talent et de l'amour d'Alexandra pour l'esthétisme de la langue française. (Dans la vie, Alexandra est prof de Français et de latin/grec). Il y a ce don mais aussi une culture littéraire et générale accomplie, placée en douceur et à propos, comme une source d'inspiration potentielle pour le lecteur. Sans faire de mauvais jeu de mot étant donné le sujet, la plume d'Alexandra irradie, pénètre par tous les pores de la peau, mais avec la douceur du calcium lacté.

Quant à l'histoire, qu'elle est belle, qu'elle est forte et puissante. Elle prend racine dans l'accident nucléaire de Tchernobyl, accident qui a déraciné toute une population. C'est donc un roman sur l'exil... L'exil peut être lointain, transfrontalier, transculturel, translinguistique comme pour Léna. Mais l'exil peut être que de quelques kilomètres, comme ce fut le cas pour Yvan et de centaines de  familles... Les habitants de la zone de Tchernobyl ayant été déplacés de force par l'Etat. Dans une belle palette d'émotions, de constatations, d'interrogations, Alexandra évoque avec justesse et délicatesse les conséquences individuelles et collectives de l'exil, et la façon très personnelle qu'a chacun de le vivre.... Même si l'on découvre vers la fin que parfois, ces réactions d'exilés sont presque inscrites dans les gènes.

A crier dans les ruines rend aussi un formidable hommage aux oubliés. Ces hommes, femmes et enfants qui quelque temps après l'émoi international provoqué par la catastrophe de Tchernobyl, sont entrés dans l'amnésie collective quand ils n'étaient pas considérés comme des pestiférés. 

Enfin, ce magnifique roman est une ode à la nature, et à ceux dont elle est les poumons et ne peuvent pas se passer d'elle. Cette nature qui reprend ses droits, qui survit, qui se transforme et qui revit.

Alors si vous ne connaissiez pas le nom d'Alexandra Koszelyk, maintenant, c'est chose faite. Et si vous lisez cette pépite littéraire, vous n'êtes pas prêts de l'oublier.... Et de toute façon, c'est un nom que l'on reverra certainement dans les vitrines et sur les étals des libraires. Tout ne fait que commencer !

 

4/6

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 12 Octobre 2019

Récit - Editions Pocket - 416 pages - 8.30 €

 

Parution d'origine aux Editions Robert Laffont en 2008

Le sujet : L'Histoire de l'Afrique du Sud, depuis l'arrivée des premiers néerlandais, jusqu'à l'élection de Nelson Mandela à la présidence de la république d'une nation enfin arc en ciel. 

 

Tentation : Toujours dans ma découverte de l'Afrique du Sud via les livres

Fournisseur : Les étagères de Môman !

 

 

 

Mon humble avis : Ce livre est un pur récit historique, aucunement un roman, voilà pourquoi ma lecture fut assez longue et fastidieuse. Car j'étais tout à fait en dehors de ma zone de confort... Je ne lis presque que des romans et de ce fait, je fus bien incapable de lire 50 pages d'affilé. Et pourtant, ce récit de l'Histoire de l'Afrique du Sud est fascinant, captivant et, hélas et évidemment, bien souvent glaçant. Il est écrit de façon fort agréable à lire, comme une saga, avec des "petites" histoires qui se mêlent à la grande. Mais ces "petites histoires" sont aussi réelles que l'autre.

C'est avec cet ouvrage que j'achève mes lectures "sud-africaines" et je réalise ma bêtise. En effet, c'est l'aspect "récit" qui m'a fait le mettre au bas de ma petite pile de livres sur le sujet, alors que j'aurais dû commencer par celui-ci... Car ce récit de Dominique Lapierre aide à comprendre la nation sud-africaine, qu'elle soit passée ou présente, et donc à mieux saisir les sujets de sa littérature, et le fonctionnement de ses personnages. Donc, si jamais vous prenait comme moi la lubie de vous plonger dans la littérature de cette Afrique, je vous conseille de commencer par ce livre de Dominique Lapierre.

Evidemment, je ne vais pas vous détailler l'oeuvre, qui raconte plus de 350 années d'événements historiques mouvementés et parfois complexes... 

Mais saviez-vous par exemple que la colonisation de l'Afrique du Sud par les Européens est prend encore une fois racine dans la religion... En l'occurrence, ici, le Calvinisme. A l'origine, la colonisation n'était pas prévue.... La pointe du Cap devait juste servir de lieu de culture et donc de ravitaillement pour les navires néerlandais qui se rendaient vers les Indes. En fait, tout commence avec des salades... Puis arrivent les huguenots et d'autres européens et surtout, les Anglais avec des envies de pouvoir et d'annexions et les guerres qui suivront. Viendra alors l'époque du grand voyage en chariots, le grand trek, ces boers qui s'enfoncent dans le pays pour créer leur nation indépendante entre autre. Evidemment, il faut compter avec la présence d'ethnies diverses, dont les guerriers zoulous qui ne se laissent pas faire. Les années passent et les noirs ne sont plus que des fakirs sans aucun droit ni identité pour la plupart... Or et diamants sont découvert et donc une ruée s'en suit.  En 1912, se crée l'ANC (African National Congress) qui luttera pendant plus de 40 ans, pacifiquement, pour le droit des noirs.... avant de prendre les armes dans les années 60 avec Nelson Mandela à sa tête.... Mandela qui sera emprisonné à vie dans le bagne de Robben Island en 1964... D'où il ne ressortira libre que 27 ans plus tard en 1990, pour ensuite accéder au pouvoir 4 ans plus tard.

L'apartheid tient évidemment une large place dans ce récit, et mon dieu, comme c'est glaçant. Dans ma vie de cette époque, collégienne puis lycéenne que j'étais, pour moi, l'Apartheid, c'était "juste" (mais déjà inconcevable pour moi), des bancs, des restos, des hôpitaux, des bus pour les blancs et d'autres pour les noirs. C'était pour moi "la séparation" (Apartheid en Afrikaans) . C'est avec ce récit que j'ai pris conscience de l'horreur, de l'ignominie de cette période qui s'est étendue sur des décennies, dont les pratiques étaient largement inspirées du nazisme hitlérien (avec au centre la suprématie et la préservation de la race blanche.) Le gouvernement de Pretoria imposait une véritable dictature, laissant pour compte (au minima, je ne m'étendrai pas sur les tortures, les exécutions, les arrestations sommaires, les carnages et la déportation de millions de noirs etc...) les noirs et ce, malgré les pressions internationales. Après tout, la Bible, si chère aux calvinistes et aux afrikaners, qu'ils soient Boers ou non, ne leur a-t-elle pas dictée qu'ils étaient "le peuple élu pour élever cette terre". A savoir qu'à l'époque de l'Apartheid, les blancs étaient 4 millions et les noirs... 25 millions... bien souvent entassés dans les Township et vivant dans une extrême pauvreté.

Bref, cette lecture est vraiment enrichissante, fascinante. Mais surtout terrifiante de bêtise et de cruauté "humaines" édifiantes. . Même si un peu fastidieuse pour moi par sa densité, par son aspect historique (ben oui, on essaie de tout retenir, ce qui est impossible), et par certains événements qui se superposent plus ou moins dans le temps, et qui amènent parfois l'auteur à remonter dans le passé avec des bonds parfois difficiles à suivre. Mais bon, c'est assez anecdotique comme bémol.

Que vous vous prépariez ou non à un voyage en nation arc en ciel, je ne peux que vous conseiller cet excellent récit (non exhaustif, il est tout de même bon de le préciser) Vous ne pourrez qu'en sortir enrichis.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 4 Octobre 2019

Roman - Editions Pocket - 184 pages - 6.40 €

Parution d'origine aux éditions First en mai 2018

L'histoire : Chloé est une journaliste de terrain et de fronts de guerre, qui ne vit que par et pour l'adrénaline du danger.... Au point d'en oublier d'être sympathique, accessible et quelque part, humaine... Ce qui conduit à une terrible altercation avec Alexandre, son boss. Celui-ci décide d'envoyer Chloé en mission reportage aux antipodes de ce qui semble être fait pour elle : au Danemark, dans le petit village de Gilleleje, qui vient d'être élu "village le plus heureux du monde". Elle va devoir donc faire un papier sur le Hygge, cet art de vivre Danois qui mène au bonheur. Va-t-elle droit vers le clash ?

 

 

Tentation : Pitch et couv

Fournisseur : Ma CB cet été.

 

Mon humble avis : Je boude souvent la littérature dite "feel good", sous prétexte qu'elle ne m'enrichit pas culturellement. Et je réalise avec ce roman que j'ai vraiment tort... Puisque ce genre littéraire existe pour faire du bien.... Et c'est mission accomplie par cette mission Hygge ! Certes, je ne me mettrai pas à lire que ce style de livres mais je me pencherais peut-être sur eux avec moins d'à priori ou de "sévérité".

Car oui, je me suis sentie bien dans ces pages à l'écriture fluide, ces pages qui se laissent lire si facilement, ces pages qui m'ont emmenée dans un trou paumé du Danemark où la particularité des habitants est d'être heureux, de savoir l'être. Ainsi, l'on découvre la façon de vivre de ces Danois qui évoluent dans une certaine félicité, malgré les épreuves de la vie qui ne les épargnent pas pour autant.

Mission Hygge m'a offert comme une pause dans mes propres "courses" (je ne parle pas de celles à l'hypermarché), les courses, challenges ou défis personnels que je m'impose envers et contre tout. Quelques bonnes leçons à retenir au fil de cette histoire pour vivre autrement (on va essayer). Et notamment :" Ce n'est pas parce que tu es malheureux que tu dois être triste" (l'inverse fonctionne aussi).... et "Vivre comme s'il n'y avait plus de café demain".... Ces danois de ce coin du monde n'hésitent pas à célébrer le moindre événement qui paraît dérisoire (comme l'achat d'un nouveau vélo), et n'oublie pas le confort bien cosy. Mais surtout, ils vivent en petite communauté qui n'hésite pas à s'entraider. Je me suis sentie bien dans cette petite bourgade où nous partageons la vie d'une poignée de personnages.

Et bien sûr, notre Chloé en acier (certes un peu caricaturale et vraiment détestable et cynique au début) va rendre les armes et fendre l'armure, suivre une belle évolution, et réaliser que le bonheur, ou du moins le bien être n'est pas forcément là où l'on se persuade qu'il est.

Bref, une lecture bien agréable et dont les effets resteront en moi le plus longtemps possible, je l'espère.

 

Sur le même sujet (l'art du bonheur Danois) mais version essai (agréable et pas prise de tête), vous pouvez lire "Heureux comme un Danois", de Malène Rydhal

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 28 Septembre 2019

Roman - Editions de L'aube - 176 pages - 20 €

Parution le 5 septembre 2019, Rentrée Littéraire

 

L'histoire : Elle vit avec lui et Petit Chose, le bébé... Et le 14 juillet, alors que claque le feu d'artifice, le couple éclate... Elle se retrouve seule avec Petit Chose, toute une vie à réorganiser, une parentalité à assumer seule. Elle va se réveiller, s'éveiller à elle-même, et réaliser qu'elle peut se réaliser.

 

Tentation : La 4ème de couv

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi.

 

 

Mon humble avis : Etant donné le bandeau qui l'accompagne, je pensais me plonger dans un roman presque léger, facile à lire. Ce qui n'est pas tout à fait le cas. Il n'est ni plombant, ni drôle à mon sens, même si quelques réflexions bien lancées prêtes à sourire, "Les femmes sont débordées" dégage une puissante rare. Dans les propos bien sûr, dans l'analyse des situations.

Ce roman autant féminin que féministe, s'adresse à toutes et à tous, solo, couples, parents, célibataires, parents solo, dont il est particulièrement question ici.

Samira El Ayachi démontre admirablement bien que le combat des femmes ne s'est pas terminé avec le droit de vote, l'accession à la contraception et la possibilité d'avorter. Le monde évolue et la femme doit, en plus de ses "devoirs" séculaires, assumer la vie active, sociale, professionnelle, et ceci, de plus en plus seule, puisque le nombre de divorces n'est un secret pour personne. La femme d'aujourd'hui est donc occupée, assiégée par tout ce que la société, la famille et l'entourage attendent d'elle : Etre une performeuse sur tous les plans tout en restant dans le moule de la bonne mère.

Oui mais, lorsque le mâle qui partageait vie et tâches disparaît, lorsque l'épaule et l'équilibre s'évaporent, il faut tout reconstruire.... Couler d'abord, terrifiée devant l'immensité des responsabilités parentales solitaires (qui freinent la construction de l'être en tant qu'individu), la pitié inspirée, la désertion masculine, l'agenda quotidien tant professionnel que parental, et la société qui n'est pas du tout conçue pour les mères célibataires... Puis peu à peu, reprendre pied, et faire un pied de nez à la vie, au regard des autres. Osciller entre obstacles et petites victoires. Oui, on peut réussir seule, oui, on peut être heureux sans être deux, sans être sous la coupe d'un /des hommes. La femme peut être libre sans entrer dans le moule sociétal. Mais assez du prix de cette liberté, qui semble gratuite chez les hommes !

Dans ce roman, l'héroïne est elle, tu, donc chacune d'entre nous. Nous ne connaissons pas son prénom, ainsi, libre à chacun de se glisser dans le "tu" , ou de se sentir interpellé par la "voix" de la romancière. Samira El Ayachi dresse un portrait sociologique de la femme d'aujourd'hui, le roman étant bien ancré dans notre époque, puisqu'il y est question des mouvements "mee too" et "gilets jaunes".

La séparation sera en fait le début de la propre découverte de soi-même, de son évolution, de sa révolution et de son émancipation réussie. Vous l'aurez compris, ce roman est courageux, audacieux et puissant. Force est de constater que même si ce n'est pas reconnu, le poids et la rotation du monde repose sur les femmes. Un monde fait par les hommes et pour les hommes. Devenir une mère monoparentale semble encore être considéré comme une maladie. Mais la révolution se poursuit et les choses changent, petit à petit. Mon petit bémol personnel irait à au style, qui n'est pas de ceux que j'apprécie, un peu trop haché, phrases très courtes etc. Un peu trop "urgent". Mais ce n'est qu'une question de goût qui n'enlève rien à la grandeur de l'oeuvre.

 

« Le monde est fait pour deux catégories de personnes. Les hommes. Les femmes riches. Les autres se retirent sur la pointe des pieds en riant doucement, et en s'excusant. »

"L'absent sera glorifié, sera le Héros. Les absents ne font jamais d'erreur".

 

3/6

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Septembre 2019

Roman - Editions Audiolib - 6h44 d'écoute - 21.50 €

Parution d'origine aux Editions Robert Laffont en août 2016

L'histoire : Juan Del Monte Jonova, plus connu sous le nom de Don Fuego, mais le feu sur la scène du Buena Vista Cafe depuis des années. Il ne vit que pour chanter. Mais le castrisme évolue vers une autre économie plus libérale et du jour au lendemain, Don Juan se retrouve licencié. A soixante ans, le voilà misérable à courir le cachet dans les rues de la Havane. Sa vie n'a plus de saveur, jusqu'à ce qu'il rencontre Mayensi, mystérieuse jeune femme de quarante ans sa cadette.

Tentation : Envie d'un petit tour à La Havane !

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Je n'ai pas vraiment adhéré à ce roman, même si j'ai apprécié de me retrouver dans les rues de La Havane et d'en apprendre un peu plus sur la vie cubaine sous le régime Castriste.

La plume, très soignée, trop sans doute, m'a parue mielleuse, limite "violons" parfois. Peut-être un peu éculée par rapport au sujet. Ceci se prolongeant jusque dans les dialogues souvent caricaturaux et presque dignes d'un théâtre antique où l'acteur déclame son texte.

Mon coeur fut incapable d'éprouver la moindre empathie envers le personnage de Don Fuego, que j'ai trouvé pédant, autocentré, prétentieux et assez naïf en même temps. Le premier tiers du livre déploie ses apitoiements sur son sort, aussi injuste soit-il.

Puis vient sa rencontre avec la mystérieuse Mayensi, âgée d'à peine vingt ans. Et c'est surtout là que le bât blesse dans ma mentalité. Des histoires de "vieux" qui s'émeuvent devant la jeunesse, ça me déplaît. C'est si facile de tomber en amour et dévotion devant la beauté que le temps n'a pas encore abîmée. Et le sujet de "l'amour rend aveugle", j'ai la sensation d'avoir tout lu sur lui, ou presque. Certes, Mayensi semble détruite de l'intérieur. Mais je n'ai pas vraiment cru à cette romance débordante de bons sentiments et de pseudo leçons de vie. Certes, dans le dernier tiers, des explications éclairent le personnage de Mayensi et relancent un peu le rythme et/ou l'intérêt, mais qui, chez moi, sont vite retombés.

Bref, les quelques qualités ne cet ouvrage n'ont pas suffi à me convaincre. Comme ils me semblent loin les uppercuts de "L'attentat" ou de "L'équation Africaine" de Yasmina Khadra.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 5 Septembre 2019

Roman - Editions Audiolib - 14h10 d'écoute - 24 €

 

Parution d'origine chez Albin Michel en janvier 2018

L'histoire : Février 2017, le tout Paris assiste aux obsèques de feu Marcel Péricourt, qui laisse ainsi sa fille Madeleine à la tête de son empire financier. Et le même jour, Paul, jeune fils de Madeleine, fait une tentative de suicide qui le laissera lourdement handicapé à vie.

Cupide et pensant être bien entourée et conseillée, Madeleine consacre donc beaucoup plus de temps à son fils qu'aux affaires... Quelque temps plus tard, Madeleine est ruinée. Mais Madeleine n'a pas dit son dernier mot. Au fil des années, elle va bâtir une revanche implacable contre ceux qui l'ont trahie.

Tentation : Ma lecture d'Au revoir là-haut

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Ce roman est comme une suite d'Au revoir là-haut. "Comme" car pas vraiment. Au cinéma, on dirait que c'est un spin off. Un personnage est repris et développé. Aussi, nul besoin, je vous assure, d'avoir lu le premier roman pour apprécier celui-ci à sa juste valeur.

Sa juste valeur d'ailleurs, qu'elle est-elle ? Génialissime ! Quel régal de lecture ! Quelle succulence ! J'ai adoré vraiment, et même, j'ai préféré ce tome-ci au précédent. Couleurs d'incendie est moins grave et dur, il est même souvent drôle. En effet, ce livre ne commence pas en pleine guerre des tranchées et n'évoque pas le douloureux sujet des gueules cassées.

Nous sommes à Paris, entre les années 1927 et le début des années 40. Pierre Lemaitre déroule pour nous plus d'une décennie de vie parisienne très documentée, dans différents milieux : bourgeois, populaire, financier, politique, industriel. Il est d'ailleurs assez étonnant de constater que presque un siècle plus tard, les préoccupations, les revendications, les mécontentements, les fonctionnements et dysfonctionnement politiques sont toujours les mêmes. A croire que personne n'apprend rien du passé. C'est donc un réel kaléidoscope de toute une époque, et l'époque joue autant son rôle dans l'histoire que les personnages réels. Vous vous demandez sans doute la signification du titre : couleurs d'incendie ? C'est qu'au fil des années, les gens et le Monde changent de couleurs, des couleurs qui s'intensifient et qui deviendront l'énorme incendie que fut la deuxième Guerre Mondiale.

Certes, le livre est épais (contraire à mes principes et mes goûts), mais vraiment, je n'ai pas vu le temps passer. J'adore la façon subtile, fine mais limpide qu'a Pierre Lemaitre de  se moquer de ses personnages et de leurs travers, voire de leurs vices. C'est souvent drôle et toujours délectable !

Quant à Madeleine, elle offre un magnifique portrait d'une femme des années 30, car la condition des femmes de cette époque est bien entendu un des sujets en toile de fond de ce roman. Elle est très attachante et devient réellement admirable d'intelligence, de finesse, de détermination, d'esprit et d'imagination pour mener à bien sa terrible vengeance. Quatre personnes, qui l'ont plus ou moins directement menée à la ruine, pour des raisons que vous découvrirez avec plaisir lors de votre lecture, en feront les frais, et quels frais ! Dans l'épreuve, Madeleine est devenue une femme implacable.

Bonus de la formule audio, comme pour "Au revoir là-haut", le texte est lu par Pierre Lemaitre lui-même, avec brio et une vivacité telle que le livre semble vivre réellement ! Captivant !

Vous l'aurez compris, ce roman est INCONTOURNABLE !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 28 Août 2019

Amélie Nothomb 2019, soif, roman, blog, avis, chronique

Roman - Editions Albin Michel - 152 pages - 17.90 €

 

Parution le 21 août 2019 : Rentrée Littéraire !

Le pitch : Pour éprouver la soif, il faut être vivant !

 

Tentation : l'attente de 364 jours comme d'hab'

Fournisseur : Ma CB, comme d'hab aussi !

 

 

 

 

Mon humble avis : Eh bien, quelle surprise ! Quel changement de cap ! Quel renouvellement ! Enfin, c'est que qui m'a semblé lors de ma lecture, même si l'écriture d'Amélie Nothomb reste reconnaissable entre mille !

Pour la première fois, Amélie Nothomb s'exprime en "Je" mais sans être "Elle". En fait, elle s'exprime pour ou à travers Jésus, depuis son procès, jusqu'à la résurrection, en passant par le chemin de croix, la crucifixion et la mort. J'avoue que je suis restée baba devant une telle audace, une telle idée (non mais où mon écrivaine bien-aimée trouve-t-elle toutes ses idées ?!).

Au début, je me suis tout à fait amusée, comme d'habitude, de cette parodie de procès où, en présence de Pilate, les témoins à charge défilent à la barre... Lazare, l'ancien aveugle, les mariés de Cana. Bref, les 37 miraculés officiels de Jésus viennent tous se plaindre de quelque chose lié au miracle dont ils ont bénéficié... Ben oui, quand on fait, il y a toujours des gens pour se plaindre de ce que l'on n'a pas fait, ou de ce que l'on aurait pu faire. Même si nous sommes en l'an 33, on se croirait vraiment en 2019, sur les réseaux sociaux ou autre, où chacun déverse sa haine, son idiotie, et surtout son ingratitude envers et contre tout et tous ! Très contemporain tout cela.

Puis vient la nuit que Jésus passe au cachot, le chemin de croix, la crucifixion, l'agonie interminable, la mort et la résurrection. Tout au long de ces étapes, nous sommes dans la tête de Jésus, dans ses pensées, dans celles que suggère Amélie Nothomb. A travers toutes ces pensées, c'est l'être humain qui est vu et revu sur toutes les coutures, pour le pire comme pour le meilleur, des pires vices aux plus grandes bontés, de ses besoins vitaux à ceux on ne peut plus superflus. Et parmi ses besoins, il y a la soif ! Et la soif, ce peut être un grand verre d'eau, le nectar d'un vin... mais aussi, l'envie de... l'envie, le projet, le besoin, l'énergie.

Ce nouvel opus d'Amélie Nothomb est vraiment rondement mené et maîtrisé dans une logique nothombienne parfaite. J'en loue vraiment l'originalité Oui mais... Cette année, je n'ai pas trouvé dans le roman que j'attends le plus, le divertissement intelligent, cynique, drôle malgré le tragique des situations. Et puis aussi, évidemment, on connait la fin de l'histoire. J'en profite pour préciser que les très très cathos risquent de crier au blasphème ! En fait, l'agonie de Jésus m'a paru interminable, tout comme son monologue qui m'a perdue durant quelques pages. J'ignore si la parution du roman "Ainsi philosophait Amélie Nothomb" a influencé ma romancière favorite, mais j'ai souvent eu l'impression que nombre de phrases par page auraient pu, à elles seules, être un sujet pour le bac de philo... Aussi, point de repos pour l'esprit, si l'on veut apprécier pleinement tout ce qui y est dit, il faut être concentré. Mais comme les paroles importantes qui méritent réflexion, voire dissertations, sont très denses et se suivent avec certaine cadence, ben, je n'ai pas pu prendre le temps de méditer vraiment sur ces sujets.

Conclusion : Je pense que Soif est le roman d'Amélie Nothomb le plus original de ces dernières années, mais que, pour le coup, il ne m'a pas offert ce que j'attendais : cette lecture succulente, divertissante dans laquelle je me retrouve à chaque fois. Mais cela ne m'empêche pas de dire : vivement l'année prochaine !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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