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Publié le 13 Mars 2014

imagesCAD0WXX7.jpg   Roman - Editions Grand Océan - 247 pages - 18 €

 

 

 

 

Parution en 2005 

 

 

L'histoire : Maximin est un tout jeune homme révolté et la tête plein de rêve. Il vit avec sa mère, ses frères et soeurs à Bras la Boue, un bidonville proche de St Denis, à la Réunion. Son quotidien, c'est ennui, désoeuvrement, misère, poussière, petits boulots minables et une collection de "Non" quand il se présente pour un emploi. Alors que pas très loin, vit l'autre société Réunionaise. Les riches, dans leur  villa, belle voiture, beaux vêtements, poste dans l'administration.

Mais Maximin a entendu des rumeurs.... Il existerait, sur l'île une multitude de trésors encore cachés. Des trésors datant de l'époque des pirates et de flibustiers. Maximin part, se promettant de découvrir un trésor, et ainsi, de gagner sa place au soleil.

 

 

tentation : Le pitch, l'exotisme

Fournisseur : Ma PAL (livre acheté lors de mon voyage à la Réunion)

 

 

 

 

 

 

étoile2.5

 

 

 

 Mon humble avis : C'est une bien belle histoire que nous conte là Bernadette Thomas et mes mots sont choisis... En effet, on n'est pas loin du conte, de la fable... qui s'adresserait plus, je pense, à un lectorat adolescent, même s'il n'est pas interdit encore aux adultes de rêver. Cette jolie histoire, celle d'une quête, est plutôt simple, comme le message qu'elle distille : Pour trouver un trésor, encore faut il ouvrir les yeux... le trésor c'est le bonheur et le bonheur, c'est les autres. Bref, il en faut un peu plus, à moi la quadra désabusée, pour m'extasier devant une telle évidence  Ce n'est donc pas l'histoire que je retiendrais longtemps, mais sa situation géographique ! Et, à mes yeux, c'est tout l'intérêt de ce roman, et pas des moindres.

Je veux ma place au soleil nous emmène dans la Réunion loin des cartes postales et des circuits touristiques, donc la Réunion que je n'ai pas vraiment vu lors de mes vacances là-bas il y a déjà un an et demi . Même si cette Réunion là, je peux un peu l'imaginer, ayant vécu en Guadeloupe. Des DOM, je sais qu'il y a une médaille ensoleillé et un revers plus sombre même si le soleil brille de la même façon pour tout le monde.

Comme dit dans la quatrième de couv, Bernadette Thomas nous montre une Réunion à deux vitesses et s'attache particulièrement à décrire la Réunion des oubliés, et ce de l'intérieur. Le premier tier du livre nous fait évoluer dans un microcosme on ne peut plus créole, dans un bidonville de la banlieue de ST Denis. C'est cette partie là que j'ai préférée. Très intéressante, vivante, ponctuée de quelques phrases créoles (très compréhensible). On y constate la débrouille des uns et des autres, le courage des mères malgré leur ignorance culturelle et alphabétique. L'espoir ou "l'attrappe couillon" représente l'école pour certains. La poussière, les cases qui tiennent à peine debout. Les us, les coutumes, les légendes, les croyances. La soumission des ainés à un système qui les écrase mais qu'ils n'ont pas la force de combattre, et la peur qu'ils ont de perdre le peu qu'ils possèdent. Et la révolte sous-jacente des jeunes devant ce à quoi ils n'ont pas accès. Et surtout, l'auteur se penche de très près à l'hypocrisie des visites politiques officielles. En effet, le quartier de Bras la Boue reçoit la visite de la Première Dame... Dès ce passage annoncé, alors là, la commune transforme ce bas quartier en un semblant de petite banlieue où il fait bon vivre, multipliant les caches misères.

Puis, avec Maximim, nous quittons Bras la Boue pour l'intérieur du pays, les montagnes, puis la côte Sud et Sud Est. Les gens y ont une autre mentalité, qui n'ont jamais vu la ville, voire jamais quitté leur village. Oui, là où mécaniquement un touriste peut faire le tour de l'ïle en une journée (sans rien voir, on est d'accord), certains réunionnais ne le font jamais en une vie. C'est un constat qui ne manque jamais de m'ébranler.

Ce livre est donc très instrutif à plus d'un titre : humainement, culturellement, "botaniquement".... Il est toujours intéressant de savoir comment l'on vit à l'autre bout du monde, qui plus est un bout du monde qui s'appelle aussi la France et qui lui donne aussi son visage si multiple et cosmopolite. Ce livre est à mettre dans toute les mains d'une jeunesse qui rêvent parfois d'un ailleurs avec les mauvaises cartes en main. Et puis rappelons le, l'histoire est mignonne malgré tout, même si trop mignonne pour moi en fait.

Il est temps aussi de remarquer le style et l'écriture magnifiques de Bernadette Thomas qui use à bon escient d'une très belle poésie. J'ai ressenti la chaleur étouffante, la verdure, le souffle des alizés. J'étais là-bas en fait.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 25 Février 2014

http://www.babelio.com/couv/8425_1229419.jpegRoman - Edition Livre de Poche - 246 pages - 6.50 €

 

 

 

Parution d'origine en 1969

 

 

 

L'histoire : Journaliste, flambeur, habitué des nuits parisiennes, Gilles tombe soudain en dépression, même si le mot mais quelque temps à être prononcé. Il part alors se reposer chez sa soeur dans le Limousin. Loin de la capitale, il se reconstruira et découvrira autre. Lors d'un dîner mondain, pourtant pas à son avantage, Nathalie remarque Gilles. Et sa vie s'en trouvera bouleversée.

 

 

Tentation : Sagan, gage de qualité non ?

Fournisseur : Ma PAL !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

étoile3etdemi

 

 

 Mon humble avis : Comme une telle lecture me fait du bien ! Non pas qu'elle soit particulièrement joyeuse, mais elle fut assez agréable et fluide pour que je lise ce roman en un après midi, ce qui, dans mon cas actuel, est loin d'être monnaie courante !

Voilà bien 10, 15 ans que je ne m'étais plus penchée sur un écrit de Françoise Sagan, et j'ai été ravie de retrouver ici mon plaisir intact. Car la romancière n'a pas son pareil pour décrire les choses avec autant de précision que d'impressions et le tout, sans jamais être pompeuse dans le style. Celui ci semble sans effet, 100% naturel, BIO, made in France

Dans les premiers temps, le personnage de Gilles m'est paru sympathique car mu par une espèce de remise en question personnelle. Celle ci déclenchée par une dépression, qui fait forcément voir les choses et les êtres, même soit même, différement. Les prémices, puis les symptômes de cette maladie, jugée encore plus à l'époque comme un caprice que maintenant, sont subtilement distillés par Françoise Sagan, tout comme les premiers signes de la "résurrection". J'éprouvais une profonde empathie pour cet homme mangé par la vie, et qui renait peu à peu... Grace à l'amour. Le seul, le vrai, l'unique, la PASSION. La passion dans ce qu'elle a d'aveuglante et de destructrice. C'est très judicieux de la part de Sagan de rendre salvateur du pire ce qui conduira forcément à la perte. La fulgurance des sentiments, c'est un peu la marque de fabrique de la regrettée romancière qui comme le personnage de Nathalie, était entière, et forcément sincère jusque dans le verbe. Ah, Nathalie la provinciale qui tombe en amour pour ce parisien pourtant mal en point. Au fil des pages, l'accent est bien mis justement sur cette différence entre la capitale et la province, depuis les tenues vestimentaires, jusqu'aux habitudes, en passant par le mode de vie et un certain enfermement qui n'est pas toujours là où l'on pense le trouver. Le parisien a tout à portée de main et ne fait pas grand chose de sa vie. La provinciale, qui mène une vie plutôt ennuyeuse de femme mariée à un notable, possède la culture de l'ailleurs. C'est cuireux, mais cette différence Paris/province me frappait moins il y a 15 ans que maintenant. Car en 2014, quand je débarque à Paris, je me sens vraiment.... provinciale. La différence, c'est que j'en suis dorénavant ravie !

 Et puis ce Gilles m'est devenu de plus en plus insupportable lorsqu'il revient sur son territoire pavé des trottoirs parisiens. Nathalie m'a fait plutôt pitiée. Elle a fait toutes les concessions, lui n'en fait aucune, sans jamais se préocupper du prix des concessions de sa compagne. Car la passion s'effrite lorsqu'elle est vécue au grand jour et pire encore.... au quotidien. Gilles devient celui qui veut le beurre, l'argent du beurre et la crémière, incapable de réfreiner ses reflexes de gamin, alors qu'il est trentenaire bien consommé. J'ignore comment étaient les mentalités de l'époque, mais ce roman pourrait être tout à fait actuel. On veut l'amour, sans les concessions qu'il demande. On le veut définitif mais dans son état actuel, sans tolérer la moindre habitude, le moindre train train, et surtout, sans renoncer à l'avant. Dans ce livre, les faits parlent d'eux mêmes et l'auteure ne se lance pas dans de grandes analyses. Elle décrit et constate. 

Oui, c'est ce que semble montrer brillament ce livre : certains veulent l'amour et pensent que abandonner sa vie précédente, c'est se renier, se perdre soi même.... Sans voir la richesse de l'autre, qui fait grandir... Parce qu'un jour, il est bien grand temps de grandir non ?

Trève de beaux discours, Françoise Sagan m'a encore captivée et éblouie de sa justesse. Sûr que je n'attendrai plus quinze ans avant d'ouvrir mon prochain Sagan, même si j'en ai déjà lu une palanque !!!

 

 

 

objectif pal

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 16 Février 2014

http://nsa28.casimages.com/img/2011/09/29//110929121205846834.jpgRoman - Editions Livres VDB - 7h30 - 15 € en occas

 

 

 

Parution d'origine en 2004

 

 

L'histoire : Ferdinand vit seul avec Clara, sa fille de 8 ans, autiste au plus haut degré. Cinq ans plus tôt, Lorna, la maman, ne supportant plus la maladie de sa fille et se sentant impuissante, les avait quitté subitement.

Ferdinand fait tout pour sa fille, suivie dans un centre de jour. Il espère sans plus trop y croire une toute petite amélioration, aussi infime soit elle...

Hors, un jour, sur le cahier de Clara, des phrases sont notées, et ce parfaitement. Il y est question d'Alaska. Le personnel médical mène l'enquête pour découvrir l'auteur de ces phrases. Jusqu'au jour où Ferdinand surprend sa fille Clara, pourtant incapable du moindre sourire ou de la moindre manifestation, écrire elle même quelques phrases, la suite, sous ses yeux...

 

 

Tentation : J'aime bien l'auteur + le pitch

Fournisseur : La bib'  

 

 

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 Mon humble avis : Mitigé l'avis, très mitigé. 7h50 d'écoute, honnêtement, j'ai cru qu'il en faisait une quinzaine tant cela n'en finissait pas. Qui plus est, les chapitres sont assez longs, donc pas évident d'en écouter plusieurs de suite et d'ainsi, bien rentrer dans l'histoire. L'interprétation est assez monotone et la voix pas franchement charmante et douce à l'oreille... Très académique quelque part. Vous me direz, devant tant de flèches vers le bas, pourquoi deux étoiles tout de même ? Parce que ce roman est intéressant sous deux aspects.

Clara est une enfant autiste à un degré très élevé. Pas une parole, pas une expression sur le visage, elle ne reconnait personne. Ne supportant pas son impuissance devant cela, sa mère, Lorna, a quitté le domicile familial 3 ans plus tôt. Ferdinant s'occupe donc seul de Clara, qui passe ses journées en centre spécialisé. Alors oui, ce livre éclaire beaucoup sur les conséquences de cette maladie tant sur les patients qui sur leur entourage. Questionnement, desespoire, espoire au moindre petit signe, résignation, révolte. En cela, le livre m'a plu.

Dans la vie, Ferdinant est producteur de cinéma. Cela amène un aspect plus distrayant au roman et moult informations et réflexions sur ce milieu et la production cinématographique, ce qui, comme vous pouvez vous en douter, n'est pas pour me déplaire.

Hélas, l'histoire traine en longueur et l'intrigue s'oriente vers des hypothèses et des explications paranormales, type réincarnation et autres, auxquelles je n'adhère pas et qui m'ont franchement laissée dubitative et sur ma faim. Dommage, j'ai toujours apprécié les écrits de Patrick Cauvain jusqu'à maintenant, mais je ne recommenderais pas celui ci, à moins d'être disposée à accepter de telles réponses, qui, qui plus est, ne relèvent pas d'une grande connaissance de cet environnement et n'apprennent rien là-dessus, tant cet aspect là est peu creusé.

 

 

 

 

 

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                                                                                  Chez Val

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 9 Février 2014

http://p7.storage.canalblog.com/72/10/1111954/92756601.jpgRoman - Editions J'ai Lu - 286 pages - 13€50

 

 

 

Parution chez J'ai Lu le 8 janvier 2014

 

 

 

L'histoire : Il s'appelle Bernard, il a 50 ans. Il y a 30 ans, il avait la bonne tête de l'emploi alors la BNP l'a recruté. Bernard pensait que ça durerait toujours. Mais voilà, dans le prénom de Bernard, il y a une certaine notion de précipice.... Et ce précipice se présente d'un seul coup, à moins qu'il n'y ait eu quelques signes avant coureurs... Mais d'un seul coup, Bernard n'a plus la tête de l'emploi ni auprès de sa femme, ni auprès de la BNP.... Il se retrouve alors sans rien après une vie sans histoire... la seule solution... retourner vivre chez Papa et Maman...

 

 

 

Tentation : Foenkinos, les yeux fermés je dis OUI !!!

Fournisseur : Les éditions J'ai Lu et Silvana Bergonzi, merci pour l'envoi !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

étoile3etdemi

 

 

 

 Mon humble avis : Patatras, déjà une de mes résolutions 2014 à terre. J'avais dit que je n'achetais plus de livre.... Mais celui ci me faisait forcément de l'oeil.... j'avais dit que je limitais un max les SP (Services Presse) et voilà que J'ai Lu me propose ce roman, que j'accepte, ni une ni deux . La mise à mal de cette résolution ne met pas à mal mes finances fragilisées !

Serai- je objective dans ce billet ? Certainement pas. Foenkinos, j'adore ! Tant l'homme que ses romans. Ouvrir un Foenkinos, c'est comme rentrer chez moi, être sûre de m'y sentir bien. C'est lire ce que j'aurais aimé écrire si j'avais du talent. L'homme et sa plume me font rire, pas forcément aux éclats, mais rire délicieusement... En fait, pour moi, Foenkinos c'est l'inventivité dans la simplicité ! 

David Foenkinos maitrise effectivement l'art de divertir, de détendre, de faire sourire, ou rire avec des situations pas drôles, même parfois pathétiques ou dramatiques. Il ne tourne pas ces événements, ou non événements en comédie hilarante, mais en situations faussement farfelues, avec un humour et une atmosphère faussement détachés. Foenkinos fait de l'extraodinaire avec de l'ordinaire, mais sans grandiloquence ni feux d'artifice. Son arme redoutable, cet humour particulier, presque pince sans rire, et cette imagination débordante pour les métaphores, les comparaisons incomparables, les évidences et les non sens de la vie qu'il pointe du doigt, enfin, de la plume avec des expressions aussi flegmatiques qu'efficaces, et parfois, bien cruelles sans en voir l'air.

La tête de l'emploi ne fait pas exception, on retrouve bien les ingrédients que l'on recherche en ouvrant ce livre. Ici, Foenkinos s'attaque à la Crise et à un phénomène de société plutôt récent : Le retour des quinquagénaires chez leurs parents, faute de revenus, suite à un divorce etc...

Bernard était bien dans sa petite routine qu'il jugeait confortable, que ce soit au travail ou dans son couple. Il n'imaginait pas que sa femme ne puisse s'en contenter. Ne doutant pas de son amour pour elle, comment aurait-il pu douter de son amour pour lui. La société actuelle est bien décortiquée : sa violence morale... Le monde impitoyable du travail où l'on vous vire pour les mêmes raisons qui vous ont fait embaucher 30 ans plus tôt.... Le monde à l'envers... Où les adultes retournent chez leurs parents, où les enfants devenant adultes aident leurs parents désarçonnés à remettre le pied à l'étrier... Un monde qui n'accepte pas les failures, où il faut toujours se montrer en forme. Ca parait déprimant vu comme ça ? Et bien non, sous la plume de Foenkinos, entre tendresse et cynisme, ça ne l'est pas du tout !

Une nouvelle fois, l'auteur fait de Bernard un anti-héros auquel on s'attache, un gars qui n'est pas foudre de guerre mais qui, en restant plus ou moins lui même, trouvera une solution là où il ne l'attendait pas. Le message final pourrait paraitre simpliste (il faut rebondir par soit même, ne pas attendre la solution de la société...) Mais à mes yeux, elle ne l'est pas. Je préfère une issue aux abords simplistes mais réalistes à une fin et ultra romanesque et bien improbable, à des années lumières de ma réalité. De mon côté, il me reste à trouver de quel emploi j'ai la tête !  

 

PS : Ce roman est un inédit publié chez J'ai Lu dans un format et un tarif à mi chemin entre le format brochet et le poche.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 3 Février 2014

http://www.babelio.com/couv/29333_aj_m_2530.jpegRoman - Editions Lunatique - 89 pages - 10 €

 

 

Parution le 21 mars 2013

 

L'histoire : Celle de Pénélope, reine d'Ithaque, qui attend Ulysse depuis 20 ans. 20 ans que que son époux, parti en guerre, est porté disparu.

Pénélope attend, brode, espère, désespère,se souvient. Elle se regarde aussi vieillir et se demande si Ulysse la reconnaitra à son retour, car elle en est sûre, il reviendra.

 

 

 

Tentation : Le ptich

Fournisseur : La bib'

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : Ce court roman est une petite merveille ! Comme il m'a plu ! Il m'a replongée avec délectation dans l'histoire de L'odyssée d'Homer, que j'avais déjà adorée il y a 20 ans, et dans l'approche de la fin m'avait mise en transe, tant je trouvais le suspens implacable.

Ici, le récit des 20 ans est beaucoup moins long...  89 pages... Et il nous amène aux côtés de Pénélope, qui attend, inlassablement, décidée, désespérement Ulysse.  Comment Pénélope a t-elle vécu cette attente, l'approche des retrouvailles et les retrouvailles elles mêmes. Violaine Bérot répond à ces questions par des suppositions qui comblent ainsi les lacunes de l'Odyssée d'Homer. Ces suppositions sont on ne peut plus humaines, et déroulées dans un style lyrique tout à fait adéquat à l'époque antique et à la mélancolie de Pénélope. Se faisant, l'auteure nous parle tout simpement d'Amour, du plus bel Amour : l'adoration platonique, qui se nourrit de souvenirs de plus en plus lointains. La grande crainte, que ces souvenirs s'effacent. Autre possibilité, que ces derniers subliment la réalité. Et puis, l'héroïne s'interroge : Ulysse a-t-il connu d'autres femmes alors qu'elle lui est restée fidèle au point de repousser autant les convenances que ses dizaines de prétendants impatients... Bien sûr, Pénélope craint que sa vieillesse la rende moins sésuidante aux yeux de son Amour. D'ailleurs, se reconnaitront ils ? Pénélope est partagée entre excitations et angoisses. La lectrice que je suis n'était pas encore à l'épogée du plaisir, qui se fait on ne peut plus délicieux dans le jeu et la connivence qu'installe l'auteure entre Pénélope et Ulysse et qui, loin d'une apparence physique ou d'un contact corporel, sont le moyen de reconnaissance entre les deux êtres qui s'aiment. C'est juste sublime, et servi par une écriture magnifique.

Ce roman est donc très odacieux et original, jusque dans sa narration très sensuelle... L'auteure interpelle Pénélope pour s'imaginer à sa place sans doute. C'est la deuxième personne du singulier qui nous livre que coeur de Pénélope.

 

 

 

   http://leslecturesdasphodele.files.wordpress.com/2013/03/logo-challenge-amoureux-3.jpg     Amour mythique, mythologique

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 30 Janvier 2014

http://ecx.images-amazon.com/images/I/816UEv9AncL._SL1500_.jpgRoman - Editions Pocket - 405 pages - 7.60 €

 

 

Parution en Pocket en avril 2013

 

 

L'histoire : A 28 ans, Julie est plutôt une Miss Catastrophe, qui n'a pas peur du ridicule. Enfin si, mais ça n'empêche.

Un jour, un nouveau voisin emménage dans son immeuble. Son nom : Ricardo Patatras ! Un tel patronyme ne peut qu'aiguiser la curiosité de Julie qui fera tout, mais alors tout, pour rencontrer cet inconnu et tout savoir de lui. Pour Julie, rien d'impossible !

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Prêt de ma cop Armelle !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : Ce roman a eu un succès fou cet été, tant sur la blogo que dans les librairies, et ça se comprend bien. Date de parution parfaite pour un succès estival... Ce livre étant idéal pour lire sur la plage, dans le train, dans un transat etc... Je me demande s'il aurait fait aussi bonne fortune en sortant en novembre, malgré le bonnet péruvien de la couverture.

Mais ne vous y trompez pas, j'ai passé un assez bon moment de lecture, et il en sera certainement de même pour vous à une seule condition : que vous n'y cherchiez qu'un total divertissement. Je me suis bien amusée des (mes)aventures de cette fameuse Julie qui n'en loupe pas une et qui aime aller un peu au devant des ... ennuis. On tremble pour elle plus d'une fois et nombre de passages et situations si hilarants qu'on ne peut s'empêcher de se créer un film dans sa tête pour visualiser le tout. Et bien sûr, en tête d'affiche, on a vite fait de remplacer Julie par soi même, si l'on est du sexe féminin. Car l'auteur se moque avec gentillesse, et sans doute un peu d'exagération, quoique, de nous autres, les femmes amoureuses. Les espoirs, les "taquetaquetiques" pour approcher, aperçevoir, croiser l'heureux élus qui s'ignore. Les hontes, les gaffes, les malchances, les catastrophes qui n'arrivent jamais quand vous êtes seules chez vous, mais face à votre fantasme !!! Le comportement amoureux féminin est donc ici bien décortiqué et rendu, malgré une tendance narrative qui frôle souvent l'hyperbole. Et oui, il faut bien correspondre au registre de la comédie revendiquée. Ce qui est assez épatant, c'est que l'auteur soit un homme... Et oui, derrière une telle histoire et ses rebondissements, on imagine plus une plume féminine et quelque peu autobiographique !

J'ai beaucoup aimé l'ambiance de quartier et de voisinage qui règne dans ces pages. On n'y fait connaissance de pas mal de monde, entre la boulangère, le banquier, l'épicier, "le chinois".... Cet aspect m'a réjoui, car ces personnages sont souvent hauts en couleurs et décrits avec tendresse.

Mais j'émets tout de même quelques bémols...

Malgré le mystère qui l'entoure (imagination débordante de Julie ou pas), le personnage de Ric m'a paru vraiment trop parfait... pour être un tant soit peu crédible. En fait, ce ne sont pas les pitreries les plus incroyables de Julie qui m'ont fait tiquer, mais ce côté "absolute perfection" de ce Ric. Mais sans doute suis-je désabusée ?!

Le style n'est pas très riche et aurait mérité quelques coups de pelle supplémentaires. Une histoire qui se veut drôle et légère (mais reflet d'une certaine réalité) peut tout à fait remplir son objectif avec une écriture plus soignée.

Enfin.... et bien l'ensemble finit tout de même par s'essoufler et les rires (ou sourire) par s'espacer de plus en plus au fil de la lecture, sans doute parce que les proportions des délires de Julie deviennent tels que l'on s'identifie moins à elle. Et puis les redondances dans les réflexions ou les situations se remarquent.

Mais quoiqu'il en soit, Demain j'arrête occasionne un bon moment de détente et nous présente des personnages attachants. 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 20 Janvier 2014

http://4.bp.blogspot.com/-eX2oOmqqD7o/UsirCcSFpGI/AAAAAAAAC7o/zvUewCW5BTo/s1600/l_t_des_lucioles.jpgRoman - Editions Héloïse d'Ormesson - 222 pages -17 €

 

 

Parution le 23 janvier 2014, nouveauté !

 

 

 

L'histoire : Victor à 9 ans, vit à Bourg en Bresse avec son ado de soeur Alicia et ses deux mamans.  Ces parents se sont séparés parce que son Papa n'avait jamais grandi et dur dur pour sa maman. Son Papa vit à Paris et, il y a des années, a hérité de sa soeur défunte un appartement sur la côte méditerrannéenne. Comme chaque année, tout le monde va y passer le mois d'août, sauf le Papa, qui refuse de mettre les pieds là-bas. Et bien cet été, Victor va découvrir pourquoi, avec l'aide de quelques amis.... étonnants !

 

 

 

 

 

 

 

Tentation : L'éditeur

Fournisseur : L'éditeur, merci pour l'envoi !

 

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : Gilles Paris, la voix de l'enfance. Où aussi la voie de l'enfance pour regarder le monde, s'étonner et se questionner de son disfonctionnement, ses contradictions, ses injustices, ses secrets, mais aussi, ses petits plaisirs simples !

L'été des lucioles est donc une chronique estivale, les vacances d'un enfant au Cap Martin, pas très loin de la frontière Italienne. Dans la résidence où Victor et sa famille posent leurs valises, nous rencontrons plein de personnages hauts en couleur, parfois comme sortis d'une autre époque, touchants, mignons. Chacun d'entre eux fait face à ses propres difficultés et épreuves de la vie. Certaines sont ponctuelles, liées à l'âge, d'autre remontent à un certain temps et laisse des cicatrices qui sans doute ne s'effaceront jamais vraiment. Et puis il y a l'ombre de Félicité qui plane.... Félicité, la tante de Victor, qu'il n'a jamais connue et qui est plutôt sujet tabou dans la famille.

Victor, c'est le monde des adultes qu'il ne comprend pas toujours, et puis, ça y'est, son coeur bat pour Justine !

La Maman de Victor est... libraire ET blogeuse  Elle partage sa vie avec Pilar, mais aime toujours le père de Victor, avec qui la vie est impossible, tant celui ci est un éternel enfant.

Alicia fait face à l'adolescence, l'obsession de son apparence, les amours d'été, et l'absence de son père, qu'elle ne digère pas.  

Gaspard, meilleur copain de Victor, est le petit dernier de sa fratrie, faite de très grands frères qui lui en font voir de toutes les couleurs.

Justine, fille unique, subit l'autorité de sa nounou très stricte et la rigidité artistocratique de ses parents.

Il y a aussi la gardienne, la Baronne dont les enfants sont morts il y a des années dans un accident, et les deux jumeaux, décidément mystérieux, qui partagent leur grande culture sur l'histoire des belles villas de la côte, dans lesquelles ils entrainent leurs copains.

Tout ce petit monde forme une troupe sympathique, où chacun s'attache à prendre soin de l'autre, à le découvrir, à le comprendre.

Le narrateur, c'est Victor himself ! D'ailleurs, il écrit un roman de ses vacances ! Il nous fait voir le monde à travers ses yeux d'enfant ! C'est plein de fraicheur, de tendresse, de belle poésie, et de réflexions, légères ou profondes, mais toujours sensées et souvent amusantes ! Parce que tout le monde le sait, la vérité sort de la bouche des minos !

Mon petit bémol irait à la maturité, que ce soit dans le caractère ou dans l'écriture, que j'ai trouvé par moment trop irrégulière.

L'été des Lucioles est donc une lecture très agréables, qui nous réveille en nous l'enfant que nous sommes toujours quelque part, puisque, malgré les décennies qui nous séparent de Victor, et bien les questions, on se les pose toujours. La différence, c'est que l'on a peut-être perdu quelques illusions. Victor en a encore plein, et il a raison ! Car quand on affronte certaines choses, et bien elles trouvent leur raison et donc leur solution !

Une lecture doudou, qui donne le sourire et réchauffe ! Ben oui, qui ne voudrait pas, à l'heure actuelle, être en été sur la côte et parcourir en short le chemin des douaniers avec une superbe vue sur la Grande Bleue ?

 

 

 

 L'avis d'Alex

 

 

  challenge 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Janvier 2014

http://blog.matoo.net/wp-content/uploads/2012/03/derniers_jours_stefan_zweig.jpg  Roman - Editions J'ai Lu - 192 pages - 6 €

 

 

Parution en février 2011

 

 

 

L'histoire : Celle des derniers mois de l'écrivain Stefan Zweig, exilé au Brézil dès 1941 avec sa seconde épouse.... Les tourments de l'auteur, les rencontres, l'écriture, un regard sur son oeuvre et le monde en déroute... Et la fin tragique du couple que l'Histoire a rendu paria.

 

 

Tentation : Curiosité + blogo

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : Laurent Seksik revient sur les 6 derniers mois de la vie du célèbre écrivain autrichien et... juif. Stefan Zweig, sentant la montée de l'antisémitisme à Vienne, fuit son pays en direction de Londres en 1934. Quelques années plus tard, alors nationalisé Anglais, il devient en même temps personna non grata en Angleterre. Le Royaume Unis vient d'entrer en guerre contre l'Allemagne.. Aussi, l'auteur devient danger de la nation. Nouvel exil pour quelques temps à New York, avec Lotte, sa deuxième épouse asthmatique... qui supporte mal la climat de la mégalopole.... Alors, leur dernier exil sera une ville reculée du Brésil.

Le style utilisé par Laurent Seksik est soigné et très agréable à lire, au point qu'au début, les pages se tournaient toutes seules. Le sujet m'intéressait grandement, car de Zweig, à part trois "nouvelles"/romans, je ne connais rien d'autre. Aussi, j'étais ravie de faire plus ample connaissance avec ce grand humaniste, ce sondeur du coeur des femmes, même si c'était dans le cadre d'une situation tragique. Mon intérêt s'est un peu émoussé par la suite, sans doute parce que je n'adhérais pas franchement avec le comportement, que cela soit celui de Zweig ou celui de sa femme, pour des raisons bien différentes.

Certes, Zweig a toujours été tourmenté, ne faut il pas l'être pour devenir un tel écrivain ? Mais je l'aurais aimé plus combattant, plus investit dans la "cause". Certes, il se lamente du sort des juifs avant et pendant la deuxième guerre mondiale, il est malheureux comme la pierre de constater où va le monde.... Mais voilà, il est dans l'apathie. J'aurais espéré qu'il se batte à sa façon, avec l'arme la plus subtile : sa plume. Et pourtant, il est sollicité par des journalistes pour signer des papiers, des pétitions etc. Mais non, rien. Le désolement dans toute sa non splendeur. Quelque part, l'écrivain m'a déçue.

Quand à "Lotte" (surnon de sa 2ème épouse), je n'ai pas ressenti d'empathie pour elle. Elle m'a plutôt fait pitié, limite agaçée, à être pendue au bras d'un homme qu'elle admire, qu'elle aime sans doute sans trop savoir pourquoi, un homme qui ne sait pas lui dire son amour. Je l'ai trouvée également très soumise, résignée. Certes, il faut remettre ces comportements dans une époque et un context historiques chargés, lourds, menaçants. Mais voilà, j'ai trouvé que cette femme manquait de caractère, d'affirmation.... Et dans ce texte, j'ai eu du mal à vraiment discerner cet amour légendaire dans ce couple. J'y ai vu pour l'un un "pourquoi pas" et pour l'autre, un aveuglement.

En même temps, comme dirais JJ.Goldman, "et si j'étais né en 17 à Leidenstadt.... Ce ne sont ici que mes impressions...

Elles n'enlèvent rien d'ailleurs à la qualité de ce livre. Celui ci offre un éclairage intéressant sur l'oeuvre de Zweig, le point de vu de Zweig lui même, pas toujours tendre envers lui d'ailleurs. Nombre d'amis et d'auteurs illustres, contemporains de Zweig ou précédecesseurs sont cités, Zweig se comparant à eux dans son talent, son comportement.... entre les auteurs qui cherchent l'ombre.... ou la lumière. Des réflexions intéressantes naissent ainsi des réflexions de Zweig. Et puis, il y a l'époque, la traque des juifs, leur "évacuation" de Vienne et des grandes villes Allemandes, les trains de la mort... vu de loin mais en plein coeur par Zweig, juif non pratiquant, contraint à l'exil, qui souffre de sa situation d'apatride.

Bref, Les derniers jours de Stefan Zweig représente sans aucun doute une lecture très enrichissante ! 

 

 

 

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                                                                             Chez Antigone

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 29 Décembre 2013

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51cK-TfiaIL._SY445_.jpg     

Roman - Editions Stéphane Millon - 199 pages - 16 €

 

 

 

Parution en février 2013

 

 

L'histoire : Quel événement ! Après 17 ans dans son studio parisien, à espérer un regard de la voisine d'en face.... en vain... Le narrateur se décide enfin à déménager pour un deux pièce... Dans la rue d'à côté ! Et ce déménagement, il l'effectuera seul, de trajet en trajet, à l'aide de son caddie jaune. Ce sera l'occasion de rencontres, de réflexions, de tri pas si sélectif que ça, d'aventures et de mésaventures !

 

 

Tentation : Le carré Jaune

Fournisseur : Ma CB, lors de la dernière Fôret des Livres à Loches

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : Billet spéciale dédicace à mon amie A Girl From Earth car je vais sur quelques lignes la pasticher pour le fun, usant de quelques métaphores animales  Un pur bonheur que ce roman. Lors de ma lecture, j'ai ri comme une mouette, gloussé comme une poule, condolé de plaisir comme un parquet qui prend l'eau, rugis de plaisir comme un lion, trompetté comme une grue, turluté comme une alouette, ricané comme une hyene, zinzinulé comme une mésange, henni comme un cheval, barri comme un rhinocéros (si si, j'ai vérifié, il barrit aussi), ronronné comme un chat, j'en passe et des meilleurs !

Bref, trêve de plaisanterie : je sais enfin ce que c'est de rire vraiment en lisant, moi qui ait le rire facile au ciné mais beaucoup moins en lecture. Enfin une quatrième de couv' rédigée par quelqu'un qui a vraiment lu le livre et sans aucun mensonge. Ce roman est on ne peut plus "drôle, tendre et trépidant"

Pourquoi l'ai-je acheté ? Et bien rapportez vous au titre ! Déchue cette année de mon statut agent de voyages, il va me falloir apprendre à "voyager plus près de chez moi" ! Donc cette histoire est un bon début, qui nous fait arprenter Paris de rue en rue, de jour comme de nuit, sous la pluie, sous la neige ou un soleil hivernal.

L'auteur n'en n'est point à son coup d'essai côté romanesque, et pourtant, c'est maintenant que je le découvre. Vous me direz, jamais trop tard pour bien faire ! Si vous lisez les crédits des chansons  célèbres, vous trouverez aussi le nom de Jérôme Attal, celui ci étant aussi parolier pour des têtes du hit parade, telles celles de Johnny, Pagny, Delpech, Mr Eddy, Jenifer and co. Aussi, nous entraine-t-il dans les méandres de la création et des sorties nocturnes parisiennes de ce monde des auteurs / paroliers / écrivains confirmés ou... en devenir éternel. J'ai été franchement intéressée de découvrir le fonctionnement de ce microcosme, pavé de bonnes intentions et d'incertudes...

Et puis, Jérôme Attal partage avec nous par le menue sont déménagement. Bien entendu, il passe sous silence les housses de couettes et les fourchettes. Par contre, les livres, les BD, les DVD, les CD, les Vinyls emmagazinés pendant des années dans son 30 m² sont l'accasion d'un chouette voyage culturel dans le temps, de jolis souvenirs et/ou de douces nostalgies.... Genre de nostalgie que l'on ne peut déménager qu'en caddie jaune !

Mais le clou du clou de ce roman, c'est bien l'écriture, le style, l'art bien maitrisé de la jonglerie des mots ! Jubilatoire, délicieux ! Allez, j'ose le "orgasmique"  Que de bonnes phrases bien senties, quel humour dévastateur, quelle autodérision, le tout enrubanné de belle poésie et et d'une chaleureuse tendresse ! Le voyage près de chez moi donne vraiment la pêche, la patate, Allez, je repars à la chasse de quelques passages, avant que vous ne filiez en librairie !

 

Mise en bouche avec extrait de la p3

 

"L'inconvénient, avec les amis, c'est qu'une fois que vous avez sollicité leur aide, la moindre des choses est de leur offrir l'apéro. Ainsi, en moins d'une heure, votre nouvel appartement ressemble au chantier de celui que vous venez de quitter. Vos amis se sont approprié les lieux en même temps que vous.... ont des avis sur tout et en particulier l'emplacement à attribuer à tel fauteuil, affiche ou tableau, un avis qu'il ne vaut mieux pas contrarier trop sèchement de peur qu'ils ne fassent le chemin inverse, l'objet de la discorde sous le bras.

D'autres encore remarquent des détails désobligeants propices à vous saper le moral.... Enfin, la plupart ne décollent plus, prennent leurs aises, se sentent autant chez eux que chez vous....

 

 

 

La souffrance n'est pas un sachet de bonbons, tu peux tout garder camarade ! 

 

En effet, vivre à Paris dans un appartement sans parquet, c'est comme séjourner en Amazonie sans avoir jamais vu la forêt, ce qui arrivera peut-être bien un jour, me direz-vous.

 

"Mais au final, pourquoi s'en faire ? Les gens vous bernent plus qu'ils ne vous blessent." 

 

on ne peut pas demander la lune à une personne qui, quand on la regarde, n'a pas d'étoile dans les yeux   " Jérôme Attal (Le voyage près de chez moi)

 

 

  L'avis de : La carré jaune, Keisha 

 

 

Challenge régions Aspho 2013_2

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 14 Décembre 2013

Lettre - Editions Nil - 107 pages - 8.50 € http://www.babelio.com/couv/CVT_Instinct-primaire_1660.jpeg    

 

 

 

Parution le 3 octobre 2013, rentrée littéraire

 

 

 

L'histoire : La narratrice, (l'auteure), rédige une lettre pour expliquer à l'homme qu'elle aimera toujours pourquoi, en dépit de ses sentiments, elle s'est enfuie de l'Eglise, quelques minutes avant que les voeux soient prononcés, la mariant à jamais.

 

 

 

 

Tentatrice : L'irrégulière

Fournisseur : Ma CB, achat compulsif au Furêt du Nord en présence de Liliba qui n'a rien fait pour m'arrêter !!!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Depuis maintenant quelques années, la collection "les affranchis" demande à des écrivains d'écrire la lettre qu'ils n'ont jamais écrite. La narratrice vivait une relation amoureuse avec un homme marié. Celui ci s'est séparé de sa femme pour l'épouser et lui demandait même un enfant. Ce n'est  pas ce qu'elle souhaitait, alors, elle s'est enfuie, ne regrettant que l'amour total qu'elle vouait, et voue toujours à cet homme.

J'ignore si j'ai adoré cette lecture au point de lui attribuer 4 étoiles, mais je sais que c'est un livre incontournable, nécessaire, une "utilité publique" (comme me l'a "vendu" mon amie l'Irrégulière).

Parce que Pia Petersen s'adresse à toutes et à tous. Femmes célibataires, mariées, séparées, mères ou non mères. De même pour les hommes. Elle remet les pendules à l'heure et les choses à plat. Au diable l'hypocrisie d'un modèle social archaïque qui régit toujours une société en pleine mutation, un modèle imposé à tous quelques soient les envies, besoins (....) de chacun. On peut juste avoir besoin d'amour ou aimer avec passion sans forcément signer de contrat, ce fameux contrat de mariage qui est soit disant signé pour la vie et devant Dieu et qui se réduit en cendre à la moindre occasion, parce que justement, maintenant, les mariages se font par amour et non par raison ou pour celler une quelque alliance entre deux familles, deux pays.... On peut ne pas souhaiter d'enfant, ne pas pouvoir en avoir, ne pas s'en sentir capable, trouver le monde trop dur pour l'imposer à un enfant. Oui, intérieurement, on peut. Mais socialement, on devrait pouvoir.... Car une femme qui n'a pas d'enfant passe au yeux des autres pour une égoïste, une incapable, une éternelle adolescente... qui de toutes façons ne peut pas comprendre.... puisqu'elle n'a pas d'enfant. Mais non ! Et ce sont les femmes elles mêmes qui vont porter le jugement le plus dur envers leurs semblables.

Pia Petersen rappelle que dorénavant, la femme n'est pas obligée d'enfanter pour être une femme, pour s'épanouir, pour exister, pour être heureuse, pour mériter le respect et non un regard écarquillé ou une expression de pitié.

Je n'ai pas d'enfant et n'en n'aurais pas. Des problèmes de santé et l'âge qui ne recule pas... Et puis pas d'amour partagé. L'année dernière, un de mes neveux m'a dit "tu n'es pas une femme, tu n'as pas d'enfant". Il parait que je dois mettre cette remarque sur sa jeunesse (6 ans l'an dernier), mais il n'empêche que cela traduit bien l'image qu'on lui a appris : femme = maman et rien d'autre. Des collègues m'ont aussi dit " t'as de la chance d'être célibataire car " :

-1ère collègue : je peux faire du shopping quand je veux

- 2ème collègue : je ne suis pas obligée de faire à manger tous les soirs

- 3ème collègue : j'ai une vie excitante (parce que je vais souvent au ciné !!!)

Bref, il faudrait vraiment que tout le monde s'attable, échange sur le sujet, et surtout écoute ce que l'autre dit... ou ne dit pas. Que chacun cesse d'aligner ses besoins et sa logique sur les siens propres. Ce n'est pas parce qu'une femme est sensée se marier que toutes ont envie de le faire, que le bonheur passe forcément par le mariage.

Avant d'être une femme socialement parlant, la femme est avant tout un individu et un être humain. Il ne faut pas l'oublier, ni en Europe, ni au Moyen Orient...

Pia Petersen argumente tout cela avec beaucoup d'intelligence et à force d'analyses sociétales. Même si je ne suis pas forcément d'accord avec tous ses propos, il faut reconnaitre que ce petit livre est un formidable appel à la tolérance, au respect des différences. Regardons et observons l'autre pour le comprendre, pas pour le juger.

En traitant des sujets comme l'adultère, le mariage, le désir ou le non désir de maternité, l'épanouissement par d'autres biais que ceux dictés par la société, Pia Petersen revendique sa liberté de femme, sa liberté d'Etre loin de toute idée "bien-pensante". 

 

 

Les avis d'Asphodèle, de Cynthia et de L'Irrégulière

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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