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Publié le 13 Octobre 2012

Roman - Editions J'ai Lu - 222 pages - 5.70 €

 

 

Parution en format poche en mars 2012

 

 

 

L'histoire : Dix huit chapitres, dix huit séances sur un divan de psy.... La vie de John Lennon, racontée par John himself mais sous la plume et l'appréciation de l'auteur, David Foekinos.

 

 

 

 

 

Tentation : 3 livres m'ont suffit pour adorer l'auteur

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 étoile3etdemi

 

Mon humble avis : Je ne connaissais pas les Beatles, ni John Lennon

Mais si !  Je vous ai bien eus ! Je chante par coeur Help, et phonétiquement Let it be, Imagine, Lucy in the Sky, All you need is love....

Mais tout de même, j'avais une image quelque peu erronée et limitée du groupe mythique : 4 garçons dans le vent et plutôt peace and love.

Et bien c'est avec un talent extraordinaire que David Foekinos revient sur la carrière inouïe du groupe le plus célèbre de l'univers et de toutes les années lumières, et surtout sur chacun de ses membres.

David Foekinos prend la voix de John Lennon qui s'allonge sur le divan de son psy à intervalle régulier pendant 5 ans. Tout y est, où l'essentiel et pas mal de détails, depuis la naissance et l'enfance particulière de Lennon, en passant par ses rencontres progressives avec Paul Mc Cartney, George Harrisson et Ringo Star, par l'explosion délirante du groupe, jusqu'à son implosion et les balles tirées sur Lennon par un dégénéré en 1980. Les évènements relatés sont vrais, l'auteur s'est forcément documenté sur Lennon (magazines, livres, enregistrement TV, concerts, interviews). Donc bien des propos sont ceux de Lennon, d'autres sont l'interprétation, les réflexions et les réactions de l'homme écrivain.

L'ensemble est passionnant, même si ce livre ne changera pas ma vie, c'est pour cela qui je ne lui ai pas octroyé 4 étoiles complètes. Et puis John a parfois tendance à se répéter... Normal me direz vous, la vie des Beatles était finalement répétitive (disque - tournée - disque - tournée- disque...) et sur le divan d'un psy, on revient sur les sujets jusqu'à ce qu'ils soient digérés !

Mais tout de même, je suis effarée de la différence entre ma vision du groupe, et l'image que celui ci donnait à l'époque, et l'envers du décors...

Foekinos nous plonge dans l'Angleterre modeste de Liverpool des années 50... Lennon est jeune, rejetté par ses parents, déjà différent, persuadé qu'un grand avenir l'attend. L'égo de Lennon deborde très vite, même si après, cela s'explique... Forcément, ensuite, à force d'être attendu et reçu comme Dieu partout où vous allez, vous pouvez avoir la tête qui enfle. L'égo s'explique aussi car personne ne niera le génie musical des Beatles, qui ont révolutionné la musique et bousculé une époque. Dans le groupe, une amitié à la vie à la mort, mais aussi des conflits de euh... coqs ! Nous assistons à la montée en puissance de la Beatlesmania, et c'est vrai que c'est du délire ! Foekinos explique parfaitement comment ce phénomène s'installe, et quelles sont les conséquences sur les sujets idôlatrés et leurs familles, comme sur les fans, les gouvernements, la politique ! Quand on a 40 ans et que la seule "Mania" que l'on ait vécue en live fut la Bruelmania, et bien la Beatlesmania laisse pantoise. Je dirais presque que c'est l'intérêt principal du livre, un intérêt quasi sociologique pour le coup.

On y apprend aussi la genèse de quelques chansons, les chansons préférées de John et celles honnies (comme Let it be première version). Mais on y découvre surtout le malheur de John, son incapacité à apprécier et à sauvegarder le bon, son indifférence face à son premier fils. Et pour tous les Beatles et Yoko, la drogue, toutes les drogues, l'héro, le LSD, le shit, l'alcool, et les filles, des milliers de filles. J'avoue que cela fout un coup tout de même. Et l'on constate que le côté "Imagine" est venu assez tard dans la vie de Jonh Lennon, et qu'il s'est passé bien des choses avant...

Un livre passionnant, éclairant, servi par la délectable plume de Foenkinos, dans lequel j'ai coché plein de croix...
Allez, un petit Let It Be pour faire plaisir à John et  rendre hommage au plus grand groupe de tous les temps !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 25 Septembre 2012

Roman - Editions Gallimard - 160 pages - 16.90 €

 

 

Parution le 30 août 2012

 

Rentrée littéraire septembre 2012

 

 

L'histoire : Pauline et Nicolas ont la trentaine. Ils s'aiment dans une époque où l'individualisme règne en maitre. Chacun s'interroge donc sur cet amour, qu'il concoit différement. Et puis, lorsque l'enfant parait, l'amour disparait. Pourquoi ?

En comparant le couple à l'Europe, Florian Zeller constate et souligne ce qui fait mal. Sous le prétexte de la sacro sainte liberté, c'est toute une génération qui ne construit plus : finit les sacrifices, vive la jouissance. Et où va-t-on... Plutôt droit dans le mur, et loin du bonheur...

 

 

Tentation : Envie de relire l'auteur + le pitch

Fournisseur  : Ma CB lors de la Forêt des livres à Loches

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : En commençant la rédaction de mon humble avis, j'ignore encore si j'ai aimé ce livre, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie. Non, à la folie, je le saurais je pense. Ce billet va donc m'aider à y voir clair sur un roman qui me laisse perplexe.

Tout d'abord, je salue l'audace de ce livre, qui ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire jusqu'ici. Malgré une histoire d'amour on ne peut plus banale, en la comparant à l'Europe et en argumentant par des faits et anecdotes historiques, l'auteur a donné une véritable identité  à son oeuvre. Par contre, de là à qualifier La jouissance de roman Européen, ce que répètent tous les grands critiques, je suis sceptique. Surtout que ce sous titre, annoncé par tout le monde, je ne le constate nulle part...

Alors, comme je n'y vois pas très clair, rédigeons simplement ce billet en 3 actes :

 

- Ce qui m'a dérangée... ou perturbée...

Le style narratif. Original certes, mais qui résonnait étrangement en moi... L'auteur alterne présent et passé, avec des flash back dans l'histoire du couple. L'auteur est spectateur de ses personnages, et je dirais presque leur metteur en scène (Florian Zeller a, ces dernières années, beaucoup écrit pour le théâtre). Cela se ressent dans le style qui m'a fait penser à une description de pièce de théâtre (Il se lèvre, il fait trois pas, il traverse la pièce).... Une écriture presque factuelle, qui constate, qui décrit, le tout à la 3ème personne du singulier ou du pluriel. Et puis, d'un seul coup, un "Je" apparait, l'auteur intervient dans le récit, se mettant en scène, prenant la place de l'observateur pour disparaitre aussitôt. Bref, tout cela m'a paru étrange et n'a pas provoqué en moi une profonde empathie envers les personnages, mais plutôt une distance.

Enfin, je me serais bien passée de descriptions approfondies de quelques pratiques et paysages sodomiques. Comme si un livre écrit par un jeune au 21ème siècle, pour être tendance, ne pouvait se passer de ce genre de scène...

 

- Ce que j'ai aimé... ou ce qui m'a intéressée...

Tout le reste !!! Non franchement, je trouve que le portrait que Florian Zeller dresse de notre génération et de notre époque sonne très juste. Même si cette génération n'est plus vraiment la mienne, puisque Zeller évoque les trentenaires que je viens de quitter... Ce portrait est non seulement juste, il est intéressant car mis en scène d'une façon novatrice.... La construction de notre génération et du couple est comparée à celle de l'Europe, et les anecdoctes ou faits historiques relatés ici par un auteur érudit sont plus que plaisants : amusants et passionnants aussi. C'est un livre où j'ai coché pas mal de phrases dans la marge et surtout, la Jouissance amène chacun à s'interroger, à réfléchir sur les thèses de l'auteur.

Il est clair que notre génération pronne aveuglement l'égoisme, craint que n'importe quel engagement sentimental deviennent une prison... On s'engage bien plus facilement auprès d'un opérateur téléphonique qu'auprès d'un homme ou du femme que l'on pourrait aimer... Nos soucis sont personnels et professionnels, et non plus historiques. L'Histoire, on la vit à travers un écran de télévision. Comme nous avons la chance de vivre dans un pays plutôt stable, cette Histoire n'impacte que très peu notre vie de tous les jours. A la limite, personnelement, j'ai presque l'impression que le seul impacte réel de l'Histoire actuelle dans mon quotidien est.... le prix du carburant à la pompe.

Mais revenons en au couple, sujet principal de ce livre que j'ai senti plus proche de l'essai que du roman, car Pauline et Nicolas ne sont pour moi qu'un prétexte de l'auteur pour évoquer ses interrogations, constations et inquiétudes sur notre époque. Par le passé, la naissance d'un enfant était une évidence, un ciment pour le couple, la garantie de la suite d'une lignée, la nécessité d'un héritié mais aussi, la promesse d'un bonheur immense. Il semble que maintenant, la venue d'un enfant soit plutôt synonyme de sacrifice incommensurable, de désaccord, d'éloignement, d'intrus dans le couple et surtout, d'intrus dans l'espace personnel... Un enfant empêche de jouir de l'entière liberté d'adolescent éternel que nous permet et nous offre notre époque de jouisseur et de zappeur. Zeller dit : "Nous sommes la première génération a avoir désappris à faire des enfants". Le constat est pessimiste, mais plutôt réaliste, au vu du nombre de divorces qui ne cesse de croitre.

 

Au final : Il semble que j'ai bien apprécié le contenu, et moins le contenant, le fond et moins la forme. Donc un livre pertinent qui mérite d'atterrir sur votre table de chevet !

 

 

 

Livre lu dans le cadre du challenge 1% rentrée littéraire organisé par Hérisson et Mimipinson 

                                                                                          4/7

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 6 Septembre 2012

Roman - Editions Points - 75 pages - 4.60 €

 

 

Parution chez Points en août 2010

                 aux Editions de l'Olivier en avril 2009

 

 

L'histoire : L'auteur évoque Bousia, son grand père, qui n'est en fait pas son grand père, mais le remplaçant. Le remplacement du grand père biologique qui n'est pas revenu des camps de concentrations. Ce grand père de remplacement, c'est le seul qu'elle ait connu. C'était aussi un conteur d'histoire...

 

 

 

Tentation : Curiosité

Fournisseur : la bib

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

étoile3etdemi

 

Mon humble avis :A l'heure où je rédige ce billet, j'ignore encore quand je le publierai. Mais ce livre est pour moi une façon de préparer "ma" rentrée littéraire. Un nouveau roman de l'auteure est attendue lors de cette rentrée, une conférence est déjà annoncée à Rennes et je ne connais rien d'Agnès Désarthe. Lacune réparée !

J'ai adoré ce livre que j'ai dévoré ! Vous me direz "facile", il ne dépasse pas les 75 pages. Certes, mais tout de même... Et cependant, je ne parviens pas à en faire un coup de coeur car deux petites choses m'ont dérangée, alors autant les évoquer immédiatement pour susciter ensuite votre envie en citant les qualités indéniables de cet écrit...

Agnès Désarthe parle de ce grand père de remplacement comme d'un conteur... Dommage que c'est aspect là ne soit pas plus développé, il aurait permis alors un texte plus long et sans doute moins frustrant, plus envoûtant.

L'auteure avoue qu'à l'origine, le personnage central de ce livre ne devait pas être ce grand père remplaçant mais   "Janusz Korczak(1878-1942), écrivain, médecin et grand éducateur polonais" et aussi père remplaçant auprès des orphelins du ghetto juif de Varsovie pendant la 2ème Guerre Mondiale. Quelque part, l'auteure semble presque avouer un échec de plume en proposant finalement deux portraits d'hommes (au parallèle évident) mais qui me semblent du coup incomplets. Pourquoi un texte si court avec de tels hommes comme héros ? Et la "pirouette" qui introduit alors Janusz Korczak m'a paru comme... Comment dire... Comme si l'auteure n'avait pas assez de matière sur chacun des deux hommes pourtant exceptionnels et romanesques pour compléter son oeuvre. Je précise qu'il s'agit ici vraiment d'un ressenti personnel qui plus est pas très clair. Quoique, ça y'est, j'ai trouvé. J'ai eu l'impression que ce livre ne suivait aucune construction et ne choisissait pas vraiment son genre.

A part cela... L'écriture d'Agnès Désarthe se déguste. Le remplaçant est un hommage à Bouz, ou Boris, le 2ème mari de sa grand mère que certains trouvent médiocre mais que la jeune Agnès, puis l'adulte, adule. Car il se révèle un excellent papi, drôle et conteur entre autre. J'ai aimé le regard et les questions d'enfant de l'auteure sur l'histoire familiale, intimement liée à la religion juive, à l'émigration, à l'exil, à la persécution, aux disparitions, aux silences, aux secrets. Je me suis retrouvée notamment dans ces questionnements géographiques qui m'ont bien amusée lorsqu'il est question, dans la famille, des origines russes, roumaines, polonaise, moldave, de bessarabie... que l'enfant à du mal à différencier et à situer sur une carte (idem pour moi quand je suis confrontée à ces régions lors de mes lectures !) La bessarabie.... Des russes qui seraient devenu arabes et juifs ! Agnès Désarthe distille beaucoup d'humour dans son texte qui n'est pas juste amour, tendresse pour un homme qui a fait sienne une famille qui ne l'était pas. Le sujet des  filiations biologiques, affectives ou administratives est abordé de façon passionnante et touchante. Je l'ai en tout cas vu d'une manière qui ne m'avait jamais effleurée. Agnès Desarthe parle aussi de la douleur (que je connais) de ne pas être mère, d'être une mère sans enfant. Les souvenirs d'enfance de l'auteur, les visites chez les grands parents, l'attention portée sur certains objets et habitudes m'ont touchée et remémoré les miens. Surtout qu'à quelques années près, nos souvenirs remontent à la même époque. Enfin, le rapport de l'auteure à l'écriture et avec ses personnages fait bien sûr son apparition. Le tout, je le redis, avec une écriture élégante et sensible qui sait se partager entre émotion et malice. Une très très belle lecture si l'on attend pas un vrai roman... dont voici quelques extraits

 

" C'était cela la vraie douleur : être une mère sans enfants, un écrivain sans livres, un chanteur sans voix, un conteur sans histoire. Avoir le désir et l'envergure, l'ambition et les dispositions nécessaires, mais échouer malgré tout, par manque d'initiative, de chance, ou encore par hasard".

 

"Certains objets sont voués à nous échapper, à nous manquer, d'autres les remplacent. On veut écrire un livre et c'est un autre qui vient. On croit inventer un héros et il a la tête de notre voisin de palier. J'écris toujours l'histoire d'à côté, jamais celle que j'avais prévue"

 

"Bousia a fait office de grand-père pour des petits enfants qui n'étaient pas les siens, Janusz Korckzak a servi de substitut parental a des milliers d'orphelins. Ils furent tout deux des remplaçants. Je ne parviens toujours pas à cerner ce qui me touche dans ce statut. Le dévouement. La gratuité."

 

"Mais quand on ne les a pas mis au monde, qu'on est soit même un père ou une mère sans enfants et qu'on choisit néanmoins de les cotoyer, que se passe-t-il ?

On les regarde, délivré de l'obsession de se reconnaître ou pas en eux. On les observe, et on apprend."

 

 

L'avis de Noukette, de Sylire, de Gambadou

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 2 Septembre 2012

Roman - Edidions Gallimard - 361 pages - 21.50 €

 

 

Parution en avril 2012

 

 

 

L'histoire : A 15 ans, Al Kenner approche les 2.20 mètres et son QI frôle celui d'Einstein. Sans lien de cause à effet, le jour de l'assassinat de Kennedy en 1963, il tue ses deux grands parents d'une balle dans la nuque.

Cinq ans plus tard, il sort de l'hopital psychiatrique, considéré comme guéri. Combien de temps cet homme d'intelligence supérieure saura faire illusion auprès des autres et surtout, auprès de lui même. C'est l'un des nombreux sujets de ce roman qui nous emmène dans les tréfond de l'âme de ce criminel.

 

  

Tentation : L'auteur à la Grande Librairie + la blogo

Fournisseur : la bib

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Avertissement !!!! Marc Dugain s'étant inspiré d'un personnage réel pour écrire ce roman, inutile de d'en lire trop à son sujet avant d'entamer votre lecture, ou votre plaisir risque d'être entamé à mesure que votre surprise diminuera. Certains billets livrent d'entrée le nom du tueur de référence, et même si celui ci est livré par l'auteur en dernière page, je vous jure, moins vous au saurez et plus se livre vous captivera.

Malgré un début de lecture au ralenti, pour cause d'environnement "plage", Avenue des géants a par la suite vite fait de me captiver, au point d'opérer sur moi une attraction terrible, dont la seule issue fut d'en découdre au plus vite avec ce livre.

Les neuf dizièmes de la narration se font à la première personne du singulier. C'est Al qui raconte, commente, explique, détaille, raisonne, démontre, expie, avoue, s'amuse, critique, provoque, se vante, souffre, réfléchit, lutte contre son mal, se livre du plus profond de lui même. De ce qu'il a de pire en lui, comme le meilleur qu'il tente réellement d'atteindre. Le dizième restant est à la 3ème personne du singulier, c'est donc Marc Dugain qui reprend sa place. Nous sommes alors dans le parloir d'une prison, où Al est enfermé depuis des decennies et commence à écrire sa bio qui serait ce roman.... Alors, comme on sait rapidement qu'Al sort de HP cinq ans après le meurtre de ses grands parents, on se demande tout au long du livre quel autre crime ou carnage le mènera derrière les barreaux pour la vie entière. La tension monte alors petit à petit pour le lecteur, on s'attend à tout moment à ce qu'Al perde son sang froid.... le roman devient un page turner et pourtant, nous ne sommes pas dans un thriller. Nous sommes néamoins dans un désert de sentiment, comme l'est la vie du personnage... De ce fait, il y règne quelque part toujours comme une distance.

Nous sommes plutôt dans une étude psychologique, voire psychiatrique romancée d'un serial killer, le tout sous fond d'une Amérique qui fait le grand écart entre la guerre du Vietnam et la jeunesse qui prend la route et crée le mouvement libertaire hippy...

Cette histoire aurait pu aboutir à un roman classique, sauf que, pas du tout, en tout cas, pour ma part. Ce récit vous balotte, vous remue, vous met à mal dans les pensées qui se diffusent en vous. Le manichéisme est complètement absent de ce livre. Moi, pauvre lectrice, j'en suis venue à douter de ma définition du bien et du mal. En effet, Al, très intelligent et forcément manipulateur (comme le sont souvent les tueurs de son espèce), parvient à vous faire penser qu'il n'a pas tord, que son raisonnement tient plus que la route, même si celui ci est condamnable par les lois. Il faut dire qu'Al a un paquet d'excuse dans son histoire familiale... mais néanmoins, moi lectrice, je suis presque parvenue à le comprendre, à avoir de l'empathie pour lui qui n'en a jamais ressenti pour personne, à l'admirer pour la justesse de certaines réflexions, à apprécier son cynisme sur certaines situations sociales, à être ahurie face à sa lucidité mêlée de distance froide et pragmatique devant ses crimes.... Bref, je suis tombée dans le piège que tend souvent ce genre d'individu à ses victimes et à la société.

Si je devais rédiger une dissertation sur tous les sujets évoqués dans ce roman (le mal est il en nous dès la naissance, la rédemption est elle possible, qui est responsable (celui qui tient le fusil, ou celui qui a donné le fusil), le bienfondé ou non du mouvement hippy et ses multiples contradictions, un meurtre individuel dans un certain contexte est il plus condamnable qu'un meutre collectif dirigé par un gouvernement donc légalisé, peut on être réellement responsable de tels actes sans être dérangé du cerveau... etc...), bref, si je devais rendre une copie de philo là dessus, je serais bien incapble de distinguer la thèse de l'antithèse. Une synthèse serait encore plus impensable, tant les idées du personnage s'insinuait en moi au point que je ne parvenais plus à différencier les siennes des miennes. bref, j'ai vraiment été remuée par ce livre magistralement écrit (malgré quelques longueurs) par Marc Dugain (qui s'amuse d'ailleurs à affubler un personnage majeur d'un nom annagramme du sien). Si l'objectif de Marc Dugain d'éprouver son lecteur et de le faire osciller entre empathie, dégoût et une certaine fascination pour Al au point de se sentir mal à l'aise avec ses sentiments émergeants, je dois dire que l'objectif est grandement atteint.

Heureusement, le final glaçant de ce livre nous remet dans le droit chemin de nos idées et valeurs et nous permet de remettre une dimension manichéenne dans le monde, cette dimension qui sans doute, lui assure un relatif équilibre. Et de conclure : quel livre ! Chapeau Monsieur Marc Dugain.

 

 

" Mets toi dans la tête que la société te reconsidérara le jour  où tu sentiras coupable  de ce que tu as fait, que tu auras de l'empathie pour tes grands-parents. Sans culpabilité, pas de civilisation, Al, on redevient des animaux... et toi, un cas pathologique"

 

 

L'avis de Clara

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 29 Août 2012

Roman - Editions J'ai lu - 89 pages -4.50 €

 

 

 

Parution en poche chez  J'ai lu en Mars 2012

 

 

 

 

L'histoire : Magdalena est la femme que l'on voit, de dos. Elle se confie a son  journal intime qui nous plonge dans le 17ème siècle en Hollande. Son enfance, son adolescence, son travail auprès de son père pour La compagnie des Indes Orientales, puis sa vie d'épouse et de mère. Ses joies, ses peines, ses angoisses, ses traumatismes.

Et surtout, on apprendra pourquoi elle a choisi de se faire peindre... de dos...

 

 

 

 

Tentation : Silvana des Editions J'ai lu

Fournisseur : Les editions J'ai lu, merci !

 

 

 

 

 

 

 

  

   

  étoile3etdemi 

 

 

Mon humble avis : Je vais très rarement vers les romans historiques, et j'avoue que le petit nombre de pages de celui est la raison qui a facilité l'entorse à mon orientation naturelle. Bien m'en a pris.

Orginalité de ce roman : L'auteur, Gaelle Josse, s'inspire du célèbre tableaux d'Emmanuel de Witte, "Intérieur avec une dame au virginal" pour créer son roman. Elle donne une vie à cette femme, qu'elle baptise Magdalena, une contemporaine du peintre.

C'est donc un journal intime que nous lisons, écrit jour après jour, en novembre 1667.

Au tout début, j'ai cru que le livre ma plairait énormément +++, Magdalena avouant pour la première fois un traumatisme lui venant de l'enfance : elle a été témoin d'un crime, s'est toujours tu et de ce fait, c'est une innocente qui est passé au bûcher. Ce début d'histoire me semblait très prometteur. Hélas, de cet aveux, il n'est plus question dans les pages suivantes... Et finalement, peu importe, car je me suis laissée emportée par les mots gracieux, doux, lucides, blessés, fiers, courageux, déçus de cette femme cultivée, attachante, qui malgré une intelligence et une position rare pour son époque, reste à sa place d'épouse. L'écriture de Gaëlle Josse est on ne peut plus fluide et délicate en même temps, et elle nous emmène dans un voyage dans le temps, un temps où à 36 ans une femme cachait déjà les veines saillantes de ses mains qui trahissaient sa vieillesse. Magdalena semble aussi une femme en avance sur son temps... Fille et épouse d'administrateurs de Compagnies des Indes Orientales (marine marchande)., elle se refuse à remplacer le commerce des épices périclitant par celui des esclaves.... Elle préférera miser sur le thé... Nul doute que son choix fut judicieux !

Ce roman a juste les petits défauts de m'avoir fait entrevoir une énigme policière et de s'achever un peu abruptement. Pour une fois, je reproche à ce livre d'être un peu court, car Magdalena est une femme très intéressante dans ces propos et ses questionnements.

Petit regret aussi... que la couverture poche ne montre pas le tableau dans sa totalité, comme l'a fait la version originale du livre... qui nous permet de mieux comprendre que l'on se trouve dans une chambre... un peu plus lumineuse...

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Les avis de Sylire, de Clara, de Chaplum, de Mango, de Livresse

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Août 2012

Roman - Editions Albin Michel - 170 pages - 16.50 €

 

 Parution le 22 septembre 2012, RENTREE LITTERAIRE

 

 

L'histoire : Suite à une annonce dans la presse, Saturnine se présente pour devenir la colocataire d'un riche ermite Grand d'Espagne dans un hôtel particulier du beau Paris. Dans la salle d'attente, parmi une quinzaine de curieuses, Saturnine semble être la seule à ignorer que le 8 colocataires précédentes ont mystérieusement disparues. C'est elle que Don Elmirio Nibal y Milcar choisit pour partager son toit et ses dîners...

Où comment Amélie Nothomb revisite, à sa façon, le célèbre conte de Barbe Bleue.

 

 

  

Tentatrice : Moi même !!!!

Fournisseur : Abeline Majorel et  "les chroniques de la rentrée littéraire". Merci !

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : La la la la belle saison le Nothomb est là ! Un an d'attente joliment récompensé !

Vingt ans après son premier succès, "L'hygiènede l'assassin", Amélie Nothomb s'offre le plaisir d'écrire un nouveau roman ressemblant assez à son premier opus. Pour son plaisir et celui de ses fans, à n'en point douter !

Les détracteurs habituels de l'auteure retrouveront leur tracteur pour labourer ce roman. Les admirarateurs, où en tout cas les friands de notre belge préférée seront ravis de retrouver toute la verve, la folie, le décalé, l'humour, l'autodérison, la plume propre à l'auteur. Je fais indéniablement partie de cette deuxième catégorie mais jamais aveuglément. Je ne me suis pas gênée pour tacler ici même "La fait d'un prince" ou "Journal d'Hirondelle". Tout Amélie Nothomb se retrouve dans ce roman, le 21ème publié. Lors d'interviews, Amélie Nothomb ne cache pas qu'il lui est finalement plus aisé de parler d'elle dans les romans fictifs que dans ses oeuvres plus autobiographiques. Barbe Bleue est totalement fictif, même si inspiré d'un célèbre conte. Aussi, on a le plaisir de découvrir diverses facettes de la personnalité de l'auteure dans la peau du diable, de son avocat, et de son innocente et éventuelle prochaine victime. Innocente, Saturnine ne l'est pas tant que cela. Le personnage étrange de Don Almério et l'inquiétante rumeur qui l'entoure ne l'inquiète pas, bien au contraire. Tout cela  l'intrigue et emmène avec elle le lecteur, surpris de trouver autant de suspens dans un roman rédigé par une auteure qui ne s'estampille pas "ni polar, ni thriller". Ainsi, nous assistons avec autant de crainte que de jouissance à un nouveau huit clos entre Saturnine et Don Almirio. Chaque personnage semble aussi brillant l'un que l'autre, même si les idées de l'un sont largement contestables, détestables et pédantes. Mais quel bonheur de participer à cette joute verbale que se livrent les deux personnages de ce roman ! Car oui, le lecteur participe à ces échanges de hautes volées sur les sujets qui hantentnotre chère Amélie : l'amour, la mort, l'autre, la passion, le mystère, le droit qu'à chacun à sa zone de secret et les risques qui prend quiconque à s'y aventurera. Qui est coupable  ; celui qui délimite un secret ou celui qui dépasse ses limites ?  Serait-ce un avertissement de la part d'une romancière présente dans la presse à chaque rentrée littéraire, mais que les médias n'évoquent qu'à propos de son oeuvre ou de ses légendaires chapeaux, et rarement un millimètre de sa vie privée qu'elle n'aurait choisi de livrer en pature.

En tout cas, je suis ravie de constater que la planète Amélie Nothomb, si éloignée de notre système solaire, brille toujours autant d'originalité, de distinction, d'unicité, de flamboyance et d'intelligence. A l'aveugle, je pourrais reconnaître la galaxie d'Amélie Nothomb dès les 3 premières pages et ça, j'adore ! Je n'en  dirais pas plus sur ce roman, car lorsque l'on observe une voûte étoilée, un oeil averti et volontaire ne perçoit pas la même chose qu'un regard qui vise le lampadaire. A chacun le plaisir et l'envie de voir, de découvrir et de ressentir ce qu'il veut, ce qu'il est près à accueillir.

En tout cas, Amélie Nothomb, souvent raillée sur le faible nombre de pages de ses romans dit " Les bons romans sont toujours trop courts, les mauvais toujours trop longs". Pour moi, Amélie Nothomb reste la reine du bon et court roman, avec un style de plus en plus épuré qui va droit à l'essentiel, tout en laissant à chacun le choix (ou pas) de s'interroger sur les questions ouvertes dans ses pages, ou d'y voir une simple distraction.

Mon seul regret, ce n'est pas au champagne élevé au rang d'élixir dans ce roman que j'écris ce billet, mais au Gamay de Touraine. Mais ce n'est déjà pas mal, bien fruité, comme Barbe Bleue restera un bon millésime dans la bibliogaphie de la romancière.

A l'année prochaine, pour des nouvelles de la Galaxie Nothombienne littéraire.

 

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                                                                                   2/7

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 21 Août 2012

Roman - Editions Léo Scheer - 254 pages -19 €

 

 

Parution 22 août 2012 - RENTREE LITTERAIRE

 

 

L'histoire : La narratrice a perdu sa mère il y a dix ans.... Mais le lien était déjà brisé depuis plus d'une décennie. Elle était encore adolescente lorsque sa mère l'abandonna pour un jeune Artiste à qui elle sacrifiera tout. De cette blessure, nait un livre et ainsi, les cendres pourront enfin s'envoler.

 

 

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Gilles Paris et les Editions Léo Scheer, merci pour l'envoi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 étoile3etdemi

 

 

Mon humble avis : Ainsi commence ce roman : "J'ai perdu ma mère. Elle a disparu il y a plus de dix ans. Ma mère est morte, je le sais. Mais lorsque j'y pense, je ne ressens aucun chagrin, pas la moindre émotion".

Le livre n'est pas épais, les marges importantes et la police de caractère assez grande. Je pensais ne faire qu'une bouchée de ce roman... Et bien non, car je me le suis pris de plein fouet, alors il m'a fallut autant déguster que digérer. Laisser les cendres s'envoler est un roman qui camouffle à peine une histoire pleinement autobiographique. Certes, les personnages ne sont jamais nommés autrement que par leur titre (mon père, ma mère, mon grand père, l'Artiste). Certes, les lieux sont modifiés (j'ai tapé sur Google Chateau de Gombière... pour aboutir sur une photo représentant une chambre de maison de retraite...) Bien sûr, on s'interroge sur les frontières romanesques et autobiographiques de l'oeuvre, ce qui est ajouté, édulcoré, romancé.... Mais en même temps, je n'ai cessé de me dire : cela sonne si vrai.

Nathalie Rheims appartient à une dynastie de richissime et reconnus banquiers instaurée depuis des générations et dotée d'une particule. Une famille où la bienséance, l'apparence et la réputation priment sur les sentiments, l'émotionnel et la vérité. Une famille carcan qui met le coeur en cage, et qui, comme les célèbres 3 singes, se cache les yeux, se bouche les oreilles et ferme la bouche... Une famille où le silence est roi !

C'est au sein de cette famille, dont elle se sent étrangère, que grandit la narratrice qui dit " A 9 ans, j'aimais encore ma mère. Quand ai-je perdu sa trace ?"Dans cette quête du "pourquoi un lien se rompt" , l'auteure se retourne sur sa vie, depuis sa tendre enfance familiale jusqu'à son âge adulte où, pour apparaitre et renaitre aux yeux des autres, elle décide de disparaitre dans l'anorexie. Ainsi, elle effacerait le trait posé sur elle en rétraicissant. Par tous les moyens, la narratrice cherche à retrouver sa mère. Parce que depuis des années, celle ci ne fait plus aucun cas d'elle et que l'Artiste, le nouveau mari de cette dernière, occupe toute la place. Il n'est pas ici question de jalousie, puisque cet Artiste évince complètement la jeune femme de leur existence. Au point qu'à la mort de sa mère, l'auteure ne récupèrera pas un objet et encore moins une fortune dilapidée. Il ne lui restera que de lointains souvenirs et des "pourquoi" ?

Il y a dans ce livre toute la souffrance de l'auteure, son désarroi, son incompréhension, son besoin d'amour maternel absent et les conséquences présentes de cette privation. Mais pas de pathos ou de larmoiement. Une écriture très travaillée et succulente, parfois jusqu'à l'extase. Comme j'ai aimé l'humour dont fait preuve l'auteur, et l'ironie, le cynisme élégant avec lequel elle dresse le portrait vritiolé de cette famille. Certes, je me suis parfois égarée dans certain lien familiaux, j'ai remarqué certaines redondances dans les propos, mais en même temps, certains m'ont parfois poussé jusqu'à l'effroi... Comment ont-ils pu aller jusque là ??? Ca, c'est pour la forme.

 Dans le fond, c'est un roman très intimiste, qui a reçu un nombre si incroyable de petites croix dans les marges que je ne lâchais plus mon crayon. C'est un roman sur le deuil.... Sur une page qui se tourne... Sur l'oubli ou plutôt la distance nécessaire pour renaître, ou naitre, même si c'est à 30 ans passés. Des sujets qui semblent cher à Nathalie Rheims, puisque je les avais relevés dans "Le chemin des sortilèges", autre roman de Nathalie Rheims.

Comme tout ce qui traite de l'intime, au delà de la qualité littéraire indéniable de ce roman, celui ci plaira à tout à chacun en fonction de son propre vécu. De mon côté, si cette lecture m'a pris autant de temps, c'est qu'au fil des pages, j'avais l'impression de me regarder dans un miroir, un miroir déformant et déformé certes car différent, mais un miroir. J'y ai trouvé les mots de mon silence. Car oui, l'essentiel de chacun est trop souvent dans le silence.

 

 

Exemple d'ironie : J'étais bien décidé à prendre le temps nécessaire pour commettre un meutre littéraire, un assassinat de papier. Mais les années passaient, et je devais me rendre à l'évidence : je n'étais pas la mieux armée pour ce genre d'homicide"

 

"Je découvre aujourd'hui que ce que je prenais à l'époque pour un carcan moral pesant sur cette famille était, en réalité, le véritable secret de la réussite. L'art de prévoir le pire, tel était le savoir faire à transmettre pour fabriquer ces princes de la finance..."

 

"Pouvoir faire des choix. Etre libre, même si ce n'était qu'une apparence. Je ne désobéissais jamais, de peur que l'on m'abandonne."

 

 

Une rentrée littéraire qui commence fort bien pour moi. En effet, livre lu dans le cadre du

                                          Chez Hérisson et Mimipinson

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 17 Août 2012

Roman- Editions Albin Michel - 344 pages - 20 €

 

 

 Parution en aout 2011, rentrée litt sept 2011

 

 

  

L'histoire : Benjamin, un écrivain sans inspiration, Héloise, une faiseuse de miracles, un violon qui apparait, un hamster qui mange des pommes, une étrange concierge qui disparait, des péroquets poêtes, des artistes plastiques qui ressemblent à des clowns et sortent dont ne sait quelle époque, un philosophe qui est peut-être mort.... C'est tout ce petit monde que nous suivons à travers l'Europe, l'Histoire et ces pages.

 

 

 

tentatrice : L'auteure au salon du livre de Rennes

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Voici un roman qui me laisse perplexe, dubitative et sans avis réellement tranché. Entre réalisme et fantaisie, entre onirisme et vérité historique, le roman vogue et la lectrice que j'étais ignorait si le livre voguait, tanguait volontairement, avec un but précis, où s'il errait un peu au hasard, là où les personnages plus incongrus les uns que les autres voulaient bien mener tout le monde. A la toute fin, j'ai cru apercevoir, l'espace d'un instant, l'endroit où l'auteur a voulu nous conduire et depuis ma lecture (4 jours), j'ai oublié... Je n'ai gardé que le classique toute vérité n'est pas bonne à savoir, la vérité libère quelqu'elle soit, et il ne faut négliger personne. Rien de bien nouveau en soit. ERRATUM... Après la réaction de ce billet, j'a reparcourru mes petites croix... Et j'ai retrouvé un message fort dans ce livre, un message qui me touche personnellement... La nuit n'éclaire pas tout parle aussi de ces familles, ou des ces gents qui pensent que le silence est "leur seul royaume" et n'y voient pas "leur prison".

Et pourtant, ce livre est très original en soit, par sa forme narrative entrecoupée de poèmes, par sa légèreté apparente qui contredit les vérités historiques qu'il décrit (celle qui se déroule entre la Russie et l'Europe dans le première moitié du 20ème siècle. L'écriture est très agréable et ponctuée de belles phrases comme on les aimes et d'aphorismes que l'on coche dans la marge. 

 Mais dès le début, pour moi, une sauce n'a pas prise... la rencontre entre Benjamin et Héloise, rencontre qui semble comme arriver par magie ou du ciel.... Pourquoi ces deux personnages se rencontrent -ils ? Parce qu'ils sont seuls et on un compte à régler avec leur passer pour que leur avenir s'ouvre. Certes, mais cela n'explique pas comment Héloise se retrouve à côté de Benjamin dans un bar, lui parle, et que sans question ni "rebellion" celui ci la suive dans toute l'Europe. Pour moi, cet aspect là a sonné creux, surtout que les dialogues entre les deux personnages principaux ne remplissent pas grand chose. On est dans une quête identitaire d'où ne sort que fantaisie et légèreté (excepté les événements historiques cités) et cela ne donne lieu à aucun dialogues intéressants entre les deux héros, même si ces mêmes dialogues ne sont pas dénués d'humour. Comme si nous restions toujours à distance, parce que même les personnages qui livres les clés de son passé à Héloise, semblent tous sortir d'un monde improbable... En fait, il règne dans ce livre une atmosphère qui mélangerait Alice au Pays des merveilles et Minuit à Paris de Woody Allen. Car moult écrivains, musiciens, artistes américains, anglais, russes des années entre les deux guerres sont cités. Malheureusement, une fois de plus, ma pauvre culture sur ces époques m'ont fait survoler cet aspect sans doute très recherché et approfondit du roman.

Et puis il y a aussi ce Markus, genre de philosophe et meilleur ami de Benjamin, qui disparait, meurt, ne meurt pas, finalement, on ne sait pas ni vraiment ni pourquoi...

Ce livre est vraiment déconcertant, je l'ai lu rapidement et avec plus d'agrément que de désagrement malgré quelques longueurs et répétitions. Il  en émane un hommage à la littérature et à ses pouvoirs (ou ses prétendus pouvoir), ça c'est sûr. Je pense que ce livre a beaucoup pour plaire aux lecteurs qui aiment le décalé, ce qui frôle l'absurde, le fantaisiste, le contenu à l'opposé du contenant. Faites vous partie de ces lecteurs ? (en tout cas, je pense à quelqu'un en particulier !!!)

 

"La vérité ! La vérité ! Qui veut la savoir bon Dieu ?! Pas moi, certainement. La littérature, c'est beaucoup mieux. Un petit monde docile, chatoyant et contrôlé. Des personnages riches, bancals, touchants. Des poètes, des équilibristes, des belles dames au grand coeur. Des villes pleines de lumières, des Babels pleines de langues ou chacun cherche son chemin et le trouve, même, peut-être...Pourquoi vouloir la vraie vie, la vérité vraie ? La vraie vie ne marche jamais."

 

" J'ai soupiré en pensant aux vérités qu'il fallait apprendre à fréquenter, sans peur et sans colère".

 

"La vie est envisageable que si on lui prête ce qu'elle n'a pas"

 

" Avec tout ce que je n'avais pas su accomplir, il y avait justement de quoi écrire tout un livre".

 

" Ma mère, la seule gardienne d'une mémoire familiale qui n'était pas la sienne et dont elle ne possédait que des bribes formant un puzzle à jamais impossible à reconstituer".

 

"Je pensais que le silence était notre seul royaume. Et notre prison. Je ne savais pas qu'au dehors, il y avait es êtres humains qui échangeait des considérations sur ces choses. Je croyais qu'il n'y avait que la poésie ou l'écriture pour contourner tout ce monstrueux et dégoutant foutoir, ce scandale assourdissant ! La disparition des nôtres !"

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 13 Août 2012

Roman - Editions Sabine Wespieser - 182 pages - 18 €

 

 

Parution le 12 janvier 2012

 

 

L'histoire : Alice et Cécile sont des amies d'enfance. Presque quincagénaires, elles ont tout vécu ensemble, fidèles l'une à l'autre, inséparables, fusionnelles...

Mais depuis quelques années, la vie les a éloigné. La vie ou autre chose ? Et puis, c'est l'accident...

Cécile, dans le coma, se souvient et s'adresse en silence à son amie Alice. Alice se souvient aussi, mais à la terrasse d'un café, sans rien connaître de l'état de son ancien ami.... Jusqu'à ce que les deux récits se rejoignent....

  

Tentation : La blogo + passage de l'auteur à la Grande Librairie

Fournisseur : La bib'

 

 

 

 

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Mon humble avis : J'attendais beaucoup de ce livre dont j'ai lu nombre d'éloges. Au final, il me laisse un goût peut-être amer, car très réaliste. Si l'âme de livre m'a totalement séduite, il n'en est pas de même pour la forme narrative qui a mis du temps à m'accrocher et qui a lutté pour ne pas m'égarer trop souvent.

Commençons par ce point là... 2 voix, voire 3....Je n'ai jamais réellement su, en plus de Cécile allitée dans son coma et d'Alice attablée dans un café, si  l'auteur n'intervenait pas directement lors de certains chapitres. D'ailleurs, ceux ci sont plutôt courts et permette un rythme de lecture soutenu. Mais j'ai parfois eu du mal à deviner qui parlait, à vraiment séparer les deux voix, d'autant plus que de nombreux personnages apparaissent, nommés différemment selon que ce soit Cécile ou Alice qui les évoque. J'ai donc mis un temps certains à superposer le personnage de "mon père" et de "Laurent" par exemple...Je n'ai jamais saisi non plus avec certitude la situation matrimoniale actuelle d'Alice. Autre point qui m'a souvent déroutée... Les deux amies se remémorent toute leur vie, depuis leur première rencontre dans la petite enfance à la dernière, à la dernière il y a quelques années où un mur de glace les séparait. C'est très sympa de traverser à nouveau les années 80, 90, les années Mitterrand etc... Mais aucune des deux narratrices ne suit une chronologie précise, de ce fait, elles évoquent des mêmes faits à des moments et parfois avec des points de vue différents. Difficile alors de départager la répétition et le regard différent, et surtout, pas évident pour moi de placer certains événements à leur bonne place dans l'histoire... Cet aspect "désordonné" m'a fatiguée et supprime donc une étoile dans ma "notation".

Parlons du contenu du livre maintenant.  De ce côté là, je n'ai aucun reproche à lui faire. Ce roman est magnifique et décrit à merveille le sentiment de l'amitié et tous les stades qui jalonnent cette longue aventure, souvent bien plus longue que l'amour. Je lève mon chapeau à l'auteur qui a sur décrire l'infime, ce qui ne se dit pas dans l'amitié, ce qui ne se soupçonne même pas. Car ici, Kéthévane Davrichewy se penche sur l'amitié totale, fusionnelle, celle où tout se partage : les secrets, les joies, les peines, l'avenir, les rêves, les passions, les illusions. TOUT. On essaye de devenir ce que l'autre attend de nous. Et malgré cet absolu, l'auteur lève le voile sur des secrets plus ou moins importants cachés par l'une ou l'autre des protagonistes. Il y a celle qui admire l'autre et celle qui envie l'autre. Il y a les jalousies qui s'installent, même si elles sont tues, voire étouffées pour ne pas blesser l'autre et maintenir le lien, la relation sans laquel le monde s'écroulerait. Car dans cette relation, il y a notre histoire, notre passé, nos repères et nos promesses d'avenir.

Et puis il y la vie. Chacun prend sa route, quitte à décevoir l'autre ou à se tromper soit même. Il y a les mots qui blessent, la jalousie encore plus forte devant ce qui ressemble au succès dans la vie de l'autre. L'envie de ce que l'on a pas, plus ou jamais eu et avec quoi "tout aurait été différent". Comme le décrit l'auteur, il y a le passage à l'âge adulte. Il y a la perte des illusions, la fin du pacte. Mais pourtant, le lien est toujours là. L'amitié sous toutes ces coutures,admirablement décortiquée par Kéthévane Davricheny. Alors malgré mes réserves sur la forme narrative, je vous recommande tout de même chaleureusement ces "Séparées". Si vous vivez ou avez vécu cette amitié absolue, ce livre ne pourra que vous interpeller. Un livre imparfait qui évoque parfaitement cette relation forte, exigeante, parfois envahissante mais incontournable.

 

 

L'avis de Gambadou, Clara, Audouchoc

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Août 2012

Roman - Livre de Poche - 217 pages - 6.00 €

 

 

 

Parution en poche en août 2009.

 

  

L'histoire : Fin des années 70. C'est l'histoire d'un luthier parisien qui rencontre l'Histoire en Irlande. Il y pénètre avec son ignorance. Celle ci deviendra révolte, partage, passion, admiration, question, opinion, amitiés, adoption. Le combat de l'IRA devient le sien, lui qui sera toujours le petit français. Et puis, il y aura la trahison.

 

 

 

Tentation : Le choc reçu avec Retour à Killibegs

Fournisseur : Ma PAL, achat au salon de Rennes, exemplaire dédicacé !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Mon traître précède Retour à Killybegs. Avec ces deux romans, il ne s'agit pas de début et de suite, aussi, ils peuvent être lus dans l'ordre qui se présentera à vous. Il s'agit en fait de deux voix, de deux versions différentes de la même histoire... Retour à Killibegs donne la parole au traître, grand homme de l'IRA, Thyron Meehan. Mon traître, et bien c'est le narrateur qui s'exprime, ce narrateur qui est le trahi, et aussi, sous couverture d'un personnage romanesque, l'auteur. Sorj Chalondon a vécu cette histoire qui ne cicatrise pas. A la différence près qu'il n'était pas luthier, mais journaliste.

Nous avons donc ici le regard de l'étranger, Antoine : étonné, curieux, maladroit, attentif, l'enthousiaste, naïf, volontaire, fier "d'assister à" puis de "faire partie de". Un regard auquel le lecteur éloigné de la cause irlandaise peut facilement s'identifier. Que l'on soit dans un pays en guerre ou paradisiaque, juste loin de chez soi et de notre quotidien, vient cette question de savoir si l'on en fait vraiment partie, si l'on est intégré, question légitime qui ne trouve pas forcément de réponse ferme et définitive.

Dans "Mon traître", Antoine tombe amoureux d'un pays en guerre intérieure, contre l'occupant anglais principalement. Malgré l'horreur générée par le conflit, Antoine découvre une chaleur humaine sans borne, l'accueil, les bières qui coulent dans les pubs, les chants en l'honneur des hommes tombés au combat. C'est une immersion totale dans l'Irlande du Nord que nous décrit Sorj Chalandon. Très vite, Antoine rencontre Thyron, monument de l'IRA, qui le prend sous son aile et l'appelle "fils". Avec Sheila sa femme et quelques autres irlandais, il deviendra la famille de coeur d'Antoine, l'AMI comme la vie vous en apporte peu. Ce n'est un secret pour personne, puisque le titre le crie déjà haut et fort, cet ami se révélera être un grand traître de l'IRA. Pour quelle raison ? Les deux livres donnent des soupçons de réponses, mais aucun n'est forcément dans l'âme de Thyron. Aucun ne le juge vraiment.

Alors que Retour à Killybegs pose surtout la question de la trahison face à la patrie, aux frères d'armes, aux idéaux, "Mon traître" évoque en plus cette question au sujet de l'amitié. Car ce roman est surtout le récit d'une amitié presque filiale, où l'un admire et l'autre protège et initie. Dès les premières pages, dès la première rencontre d'Antoine avec Thyron, l'auteur nomme l'irlandais par ces mots glaçants et durs, même si justifiés : Mon traître. Ils sont douloureux, en tant que lecteur, on les trouve violents, peut-être même trop forts et injustes. Et pourtant, la vérité ne les démentit pas.

Une amitié peut elle tolérer le mensonge, peut-elle survivre à la trahison, peut-elle même avoir exister dans ces conditions ou n'était elle qu'hypocrisie et manipulation ? Je n’ai pas la réponse non plus. Parfois, il me semble la tenir dans mes mains et l’instant d’après, je me dis.... “Oui, mais tout de même”....

Quant à l'intégration de l'étranger en terre inconnue, je n'ai pas forcément de réponse, mais celle qu'apporte ce roman me met du baume au coeur tout de même. Malgré la tragédie, Mon traitre  donne une note optimiste et prouve que rien n’est simple, rien ne se résume en un mot ou une personne. Tout est l’ensemble composés de uns.

 

 

 

L'avis de Clara, Constance, Midola, AGFE

 

 

PS ; Depuis ma lecture, je suis passée, par hasard, devant un luthier à Rennes. Je suis entrée dans la boutique pour discuter avec le luthier et lui dire qu'il existait un livre dont le personnage était un luthier.... Bien entendu  mon luthier aux yeux bleus avait lu Mon traitre. Nous voici à discuter de Sorj Chalandon... Et d'après mon luthier, les descriptions que l'auteur fait de ce métier sont parfaites, très réalistes, tant dans la description que le ressenti... 

 

 

Ce livre peut entrer dans mon challenge ILE-DESERTE2

                                                                   Pour l'Irlande

 

Les falaises de Killybegs

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Rédigé par Géraldine

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