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Publié le 11 Octobre 2018

Roman - Editions Gallimard - 7h26 d'écoute - 15.99 €

 

Parution d'origine chez Flammarion en août 2013

 

L'histoire... Inspirée d'une vraie et de la Grande Histoire. En Argentine en 1987 quelques années après la chute de la dictature... Lisandra Puig, femme d'un renommée psychanalyste est retrouvée morte, défenestrée. Vittorio, son mari est accusé et incarcéré. Il se dit innocent et Eva Maria, l'une de des patientes est décidée à le démontrer...  Vittorio et elle pensent que le coupable se cache dans la patientèle du médecin

 

Tentation : Mon coup de coeur pour "Le confident"

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Hélène Grémillon, si vous passez par ici, dites-moi, pourquoi vous n'avez rien publié depuis "La garçonnière". J'aime tant vous lire, et laisser un talent tel que le vôtre s'endormir, ce n'est juste pas possible. Et si c'est un éditeur qui ne vous permet pas de partager votre plume, c'est un scandale !

La garçonnière est un roman d'une force rare, peut-être encore plus que "Le confident". Même s'il s'inspire d'une histoire vraie, on ne peut qu'admirer la construction, le style et l'écriture ciselée mais jamais prétentieuse d'Hélène Grémillon.

Ma lecture remonte déjà à plusieurs semaines, aussi mon billet est fait de ce qui reste, à froid. Et je dirais, presque une envie de le relire... Puisque c'était ici une audiolecture, pourquoi pas, bientôt, m'y plonger par le papier.

L'histoire se lit presque comme un roman policier doté d'un suspense étouffant... Puisqu'il y a un meurtre supposé et donc un présumé coupable... Même si, aux yeux du lecteur, ce dernier change constamment au fil des découvertes d'Eva Maria et des petites clés disséminées de ci delà par l'auteure.

Parmi les assassins potentiels, se trouvent les patients du docteur Puig... Qui lui ont tous livré des secrets personnels ou d'Etats, avoué des crimes, confesser une douleur plus forte que tout, liée à une haine et une envie de vengeance. D'une façon ou d'une autre, nous assistons à certaines séances de la plupart de ces hommes et femmes. Ainsi, Hélène Grémillon nous conduit au plus profond de l'intime. Dans l'antre d'où rien ne sort jamais... Le cabinet d'un psychiatre... qui reçoit tout un éventail de personne et qui entend l'indicible.

N'oublions pas que l'intrigue de ce roman se déroule en Argentine quelques années seulement après la fin de la dictature militaire... Qui dit juntes militaires, dit Disparus, Fusillés, Torturés, Prisonniers, Exilés, Enlèvements... Et en Argentine, les bébés volés... Et le mouvement des mères de la place de Mai. Et bien de ces événements historiques, la romancière nous en propose différentes versions... Celles des bourreaux, celles des victimes... Qui tous côtoient le cabinet de Puig... 

Et au milieu de tout cela, la mort de Lissandra Puig... Et son personnage si bien façonné, si bouleversant finalement.

La garçonnière est un roman sur le pire et le meilleur de l'humain...Que ce soit par amour, par vengeance, par envie d'être aimé, par l'envie d'aimer, pour protéger, par lâcheté, par inhumanité, par jalousie, par désamour. Tous ces sentiments y sont développés avec une justesse incroyable.

C'est aussi l'histoire d'un énorme gâchis, qui rappelle que dans la Grande Histoire prend de la place, il ne faut pas pour autant oublier les "petites" histoires, celles qui sont personnelles, méconnus mais tout aussi dramatique.

Et le titre dans tout cela ? Tout au long du roman, je me suis interroger sur celui-ci, sur sa signification. Patience... Les toutes dernières phrases en livrent le secret et le sens, dans un dénouement glaçant qui noue la gorge.

Un roman si fort est à lire de toute urgence, évidemment !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 29 Septembre 2018

Roman - Editions Gallimard - 5h50 d'écoute - 17.99 €

 

Parution d'origine en août 2016

 

L'histoire : Myriam, épouse et jeune mère au foyer de deux enfants, décide de reprendre son activité professionnelle. Avec Paul, son mari, ils se lancent dans le recrutement d'une nounou, avec des critères très strictes. Leur choix est sans appel. Ce sera Louise. Louise qui se révèle très vite extraordinaire, au delà des espérances. Louise qui devient indispensable, qui prend de plus en plus de place au sein de la famille. Au point d'en faire partie, c'est du moins ce que Louise ressent...

 

Tentation : La renommée du roman

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Prix Goncourt 2016... Forcément, cela attire regards, curiosité et conduit à la lecture de dizaines d'avis sur la blogosphère... Alors, je m'attendais à du waouh...

Et ce waouh presque général se traduit chez moi par un : Ouais, pas mal mais...

L'avantage de ce Goncourt est qu'il se lit facilement, accessible et compréhensible par tous. Point de noeuds à se faire au cerveau pour suivre l'intrigue et la saisir, en tout cas dans ce qu'elle a de plus apparent... Car bien sûr, au-dessous de cette histoire somme toute assez classique, Leila Slimani a glissé une bonne donne de finesse dans le portrait de ses personnages, et surtout celui de Louise, qui restera une inconnue aux yeux de Myriam et Paul...

Comme quoi, lorsque les apparences conviennent, on ne cherche pas à creuser derrière, on ne prend même pas le temps d'imaginer qu'il peut y avoir derrière une histoire, une autre réalité, une douleur. Je pense que c'est cela le véritable sujet du roman... Quand les apparences conviennent et arrangent, on efface le doute et l'on ne s'intéresse pas à l'autre face, par manque de temps, d'intérêt, d'imagination, de sensibilité peut-être... ou simplement d'altruisme, même si l'on se vente d'en déborder... même si l'on se trouve aveugle devant une solitude béante.

Alors, certes on a froid dans le dos car le début du roman s'ouvre sur l'issue de celui-ci... Donc forcément, on sait vers quoi l'on se dirige... Et pourtant, je m'attendais néanmoins à plus de suspens, à plus d'effroi et de tension. J'espérais un "page turner".  A mes yeux, c'est comme s'il manquait des étapes alors que certaines se répètent. Quant à la fin... Et bien sans spoiler, je peux dire que... Ayant écouté la version audio empruntée à la bibliothèque et copiée sur mon disque dur... J'ai vraiment cru qu'il me manquait un chapitre, au point que sur Facebook, j'ai fait appel à mes amies pour savoir si "ma dernière phrase" était bien "la dernière phrase". Donc une toute fin qui laisse sur la faim, avec une sensation d'inachevé.... ou de commencement interrompu...

Je pense que sans le tapage littéraire et médiatique autour de Chanson douce, j'en aurais attendu moins et sans doute plus apprécié la lecture qui reste néanmoins de bonne facture et agréable !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 15 Septembre 2018

Roman - Editions Thélème - 2h36 d'écoute - 20.95 €

 

Parution d'origine chez Julliard en 1961

L'histoire : Sur une île de Key Largo en Floride, Josée, jeune française, coule des jours très- trop tranquilles auprès d'Alan, son américain de mari. Lassée de cette vie et de la jalousie de son époux, Josée s'envole pour la France où elle espère retrouver sa chère liberté.

 

 

Tentation : Mon goût pour les écrits de Françoise Sagan

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Tous les livres que j'ai lu de Françoise Sagan m'ont conduite au septième ciel. Il en est tout autre pour ce roman ci. Je n'ai même pas atteint ces merveilleux nuages. Pour tout dire, je suis restée sur le plancher des vaches. Donc déception totale, heureusement, cette audiolecture est très courte, ce qui ne laisse pas vraiment le temps de parvenir à l'agacement... mais presque.

Certes, le plaisir d'entendre la plume, voire la voix de Françoise Sagan reste agréable. On retrouve bien sûr ici son ton inimitable, fait de désinvolture et de cynisme, surtout envers ces personnages, dont elle se moque bien. Les dialogues sont, comme d'habitude, assez caustiques, ce qui n'est pas fait pour me déplaire. Donc dans la forme, ce roman n'est pas désagréable à écouter, d'autant que l'interprétation qui en est faite est juste parfaite (on pourrait même imaginer que c'est Sagan elle-même qui nous lit son oeuvre). Il ne faut pas oublié non plus que ce roman évoque une période on ne peut plus révolue.

Mais dans le fond, je n'ai adhéré à... rien. Les personnages ne sont que mondains. Ils se noient autant dans l'alcool que dans une oisiveté qui les rend très superficiels, assez inintéressants, et franchement ni aimables ni touchants. Ils sont capricieux. Ils s'ennuient donc forcement sont ennuyeux. Même la fluctuation des sentiments amoureux m'a plus semblé prendre racine dans l'inconstance que dans l'âme ou le coeur. A moins que ces affections (notamment la passion exclusive, la jalousie, la manipulation amoureuse) ne soient pas assez creusées pour captiver la lectrice que je suis.

Bref, c'est une sensation d'insignifiance que je garde de ma lecture, que j'oublierai sans doute très vite. Si vous n'avez jamais lu Françoise Sagan (ce qui est un horrible tort auquel il faut remédier au plus vite), ne commencez pas par ces soi-disant "Merveilleux nuages" !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 7 Septembre 2018

Roman - Editions Julliard - 149 pages - 16.00 €

 

Parution en août 2018, rentrée littéraire

 

L'histoire : Le narrateur décrit son année d'hypokhâgne, école où tout moyen est bon pour parvenir à l'excellence, quel l'on soit étudiant, professeur ou directeur... Puisque ces classes préparatoires formatent l'élite de demain.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

 

Mon humble avis : Mon choix s'est porté sur ce premier roman parce qu'il y a quelques années, une de mes nièces est entrée en classe préparatoire à Henri IV. Elle en partit en courant un mois plus tard, dégoûtée des "valeurs humaines" qui y étaient prônées. Alors, par ce roman, j'espérais être la petite souris dans les entrailles de ces prépas, usines à broyer de la jeunesse, à tuer l'innocence, à enterrer les rêves.

Et me voici bien embêtée avec La purge. Tout d'abord, la 4ème de couv, assez proche de mon "résumé qui la résume", est assez mensongère quant au contenu du roman. Les premières pages correspondent à peu près à l'attente, puisque l'on partage effectivement le quotidien de ces étudiants (pression, humiliation, privation de sommeil et de nourriture etc). Mais la suite se perd dans des descriptions ultra longues de personnages, de pièces. Il m'a semblé que chaque petit dialogue, aussi court soit-il, était nécessairement introduit par des pages et des pages d'inventaires détaillants le plus minutieusement possible chaque centimètre carré d'un visage, d'une paire de chaussures, d'une tenue vestimentaire, d'une allure... De ce fait, pour moi, les propos manquaient de profondeur, d'affect, d'utilité et bien sûr, d'intérêt.

La purge est un pamphlet contre ces classes préparatoires qui forment l'élite de demain... Avec des profs qui se croient Dieu et certains élèves qui s'imaginent déjà élevés au rang de ses saints... Tout est fait pour décourager ou pour formater... Le par coeur remplace la réflexion, la curiosité, la découverte. Un certain savoir camoufle l'ignorance. Le chemin et le rythme militaire sont tracés. Exit ceux qui ne suivent pas. 

Le propos recherché est donc louable... Mais la forme l'est beaucoup moins à mes yeux.

Le style tout d'abord... Il peut être considéré comme magistral... ou comme ampoulé, pédant. La maîtrise de la langue et de la culture française du jeune auteur est bien entendu époustouflante ! Oui mais... de ce fait, pas accessible à tout le monde... Pour moi, ce fut impossible de dévorer ce roman, tant sa lecture nécessitait de la concentration pour apprécier les effets de style, traduire les innombrables métaphores très très recherchées et souvent nébuleuses. Comme certains chanteurs à voix s'écoutent chanter, j'ai eu la sensation qu'Arthur Nesnidal se regardait écrire, jubilait de son utilisation de notre belle langue, sans penser forcément aux lecteurs qui liraient ses pages... Ou alors, s'il y pensait, et bien pour moi, il reproduisait le système qu'il dénonce en tombant alors dans son propre piège... Ne s'adresser qu'à une certaine élite, seule capable de le suivre, et exit les lecteurs à la culture moyenne dont je suis. Possible qu'au fil des pages souvent rébarbatives car trop empesées et maniérées, Arthur Nesnidal purge certains de ces lecteurs.

Le contenu ensuite... Arthur Nesnidal pointe du doigt le mépris qui règne dans l'univers préparatoire... Celui des prof envers les élèves, du directeur envers les étudiants, des étudiants nantis envers les étudiants boursiers, des citadins envers les paysans etc... Mais pour moi, il le fait de façon maladroite... Il dénonce ce mépris en usant juste du même mépris, de la même condescendance... et l'ensemble reste assez superficiel, puisque les personnages ne sont pas creusés, on ne les connait pas de l'intérieur. L'auteur se contente le plus souvent de trois ou quatre pages de descriptions sur la laideur physique de l'un, ou l'absence de goût vestimentaire de l'autre.

Donc bref... Certes, c'est très bien écrit... mais finalement trop bien pour toucher, passionner, captiver, émouvoir. Et surtout, par son style, ce roman s'adresse beaucoup plus à ceux qu'ils dénoncent et qui ne forment qu'une infime partie de la population française qu'à la masse... Un roman qui dit dénoncer l'élitisme tout en usant de ses manières... Et bien ça me laisse perplexe... Une certaine simplicité aurait, je pense, bien mieux servi le sujet ! Aussi brillant soit-il, Arthur Nesnidal s'est pour moi éloigné de celui-ci.

 

2/6

"La rumeur est une lèpre, qui vole d'une haleine bouffie de mesquinerie à des oreilles complices déjà contaminées." (La purge, A. Nesnidal)

"Plaindre, c'est tendre la main vers le misérable parce qu'il est misérable ; il y a dans ce geste une forme de hiérarchie qui compare les malheurs et désigne le faible" (La purge, A. Nesnidal)

"La fierté des parents a de ces prophéties qui lorsqu'elles s'écroulent, semble tuer l'enfant.......Rien n'est plus obligeant que la confiance d'un proche" (La purge, A. Nesnindal)

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 30 Août 2018

Roman - Editions Albin Michel - 162 pages - 17.50 €

 

Parution le 22 août 2018 : Rentrée Littéraire !

 

L'histoire : Les prénoms épicènes sont autant masculins que féminins. C'est pourquoi, Claude et Dominique décide de nommer celle qui restera leur fille unique et détestée de Claude...

 

Tentation : Quelle question ?!

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

 

Mon humble avis : A y'est, ma gourmandise littéraire annuelle est arrivée, aussitôt achetée dès sa sortie du four et aussitôt dévorée (la semaine dernière) ! Comme chaque année, je n'ai pas manqué mon rendez-vous avec mon péché mignon et mon auteure favorite.

Evidemment, mon petit résumé ci-dessus reste succinct... mais l'est déjà un peu moins que la phrase énigmatique qui occupe la quatrième de couv du dernier né Nothomb.

Pas un coup de coeur pour moi cette année, tout simplement parce qu'au contraire de ces prédécesseurs, Les prénoms Epicènes ne m'a pas semblé "écrit pour moi" ! A chaque fois, je me retrouve dans l'un ou l'autre de des personnages, même si ce n'est que pour une courte période de sa vie. Cette année, non.

En 2017, Amélie Nothomb s'était penchée sur la relation mère/fille, avec une mère maladivement jalouse de sa progéniture.

Le cépage 2018 prend racine dans la filiation père/fille... Et ce père déteste sa fille, qui comprend cela très jeune et le déteste donc tout autant ! Bien entendu, la 3ème partie nous apprendra la raison de cette haine tenace... Et c'est là que tout le talent et la magie de ma chère Amélie Nothomb prennent toute leur forme... Celle d'un couperet, d'une guillotine presque. Voilà ce que je me suis dit en découvrant avec stupéfaction l'essence de cette haine ! Il est question de manipulation et de vengeance obsessionnelle, machiavélique même ! Où l'on se dit vraiment qu'une telle histoire ne peut naître que de l'esprit fantasque d'Amélie Nothomb, et de celui personne d'autre. A mes yeux, Amélie Nothomb est décidément la reine du couperet, de la cruauté envers ses personnages ! Violence psychologique et affective, il n'est pas question de torture à la Maxime Chattam par exemple.  Mais oui, Amélie Nothomb est sans pitié avec les êtres de sa création. C'est peut-être pour cela qu'elle semble garder une certaine distance avec eux, distance que permet la narration sous forme de conte... Ces dernières années, les romans d'Amélie Nothomb pourraient presque tous s'ouvrir sur la fameuse phrase :"Il était une fois"

Bien évidemment, on retrouve certaines obsessions d'Amélie Nothomb... Le champagne... La survivance... L'adolescence....

Pour conclure, Les prénoms Epicènes, un bon cru mais pas un millésime, à mon humble avis évidemment. Ce qui ne m'empêche pas de dire : vivement l'année prochaine !!!

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 18 Août 2018

Récit - Editions Audiolib - 3h30 d'écoute - 15.75 €

 

Parution d'origine chez Fayart en 2015, existe aussi en poche

Le sujet : Ce récit s'ouvre sur un enterrement, celui de Lulu, le père de Marc Lavoine. Au fil de ces pages, Marc Lavoine se souvient et raconte. La vie de Lulu, forcément mêlée à la sienne ou vis et versa. Ce père qui buvait, qui aimait trop et partout, qui vivait pour l'Huma, le Parti et le syndicat, et qui mentait...

 

 

Tentation : Médias et blogo

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Qu'il chante ou qu'il parle, ça voix ne fait chavirer. Cette voix chaude, qui vient de l'intérieur, qui caresse ou bouscule, qui pénètre de partout. Celle de Marc Lavoine... Alors imaginez le bonheur d'avoir cette voix rien que pour moi pendant les quelques heures d'écoutes de ce livre. Rien que pour cela, cette audiolecture est inestimable.

Mais ce n'est pas tout ! Car le texte est aussi délicieux que la voix de Lavoine. Un texte tout en poésie, en émotions, en rudesse, en sensibilité, en douceur, en amour, en rancoeur pardonnée, en humour, le tout avec style élégant qui n'en fait pas trop non plus.

Dans "L'homme qui ment", Marc Lavoine s'adresse à son père défunt, retrace la vie de la tribu familiale au sens large, dresse un bilan de l'influence de Lulu sur la vie des autres. Par la vie de Lulu, ce sont aussi celle des autres qu'il dévoile, tout en pudeur. 

De ce Lulu qui serait tout ce que je déteste chez un homme, Marc Lavoine dresse un portrait sans concession mais néanmoins plein de tendresse, ce que permettent le recul des années et la maturité de l'auteur. Ce portait de famille nous fait sourire, nous révolte ou nous sert la gorge.

Lulu est un homme qui aime sa famille, qui vit comme dans un film italien, et qui aime beaucoup trop et trop souvent ailleurs, prenant ses enfants à témoins. 

Marc Lavoine nous offre aussi un formidable flash-back sur une autre époque décidément bien révolu... Celle des trente glorieuses, de la fin de la guerre d'Algérie et du retour des soldats, la lutte des classes, de l'espoir euphorique quant à l'avenir etc...

Un texte magnifique, autant intimiste qu'universel, autant familial que sociétal, qui sonne vrai. Un hommage à ce père si particulier, mais aussi à la mère, qui a tant subi cet amour destructeur. Mais aussi, les premiers pas vers la célébrité. C'est beau, et forcément, à lire et/ou à écouter !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 14 Août 2018

Roman - Editions Arléa - 264 pages - 10.50 €

 

Publication en septembre 2011

 

L'histoire : Quelque part dans le Finistère Sud, une femme est là, sur la plage, seule. Anne attend. Dans une semaine, son amant viendra la rejoindre. Anne espère et dans cette expectative, elle observe ce qui se déroule autour d'elle, comme au fond de son esprit.

Elle décompte les jours qui la sépare des retrouvailles, et se cramponne à son téléphone , aspire à entendre sa ridicule sonnerie, annonciatrice de la voix de son Amour, qui viendra, c'est sûr. Sauf si...

 

Tentation : Sylire + le sujet

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : Comme j'ai aimé ce livre, si bien écrit, si délicat et intimiste. Cette histoire où il ne se passe pas grand-chose, mais qui nous fait vivre au gré des marées, hautes et basses, au sens propre comme au figuré. Il y a les marées hautes qui obligent les vacanciers à s'agglutiner sur le sable sec... Et les marées basses, qui élargissent l'horizon et qui éparpillent les gens. Et dans le coeur d'Anne, c'est un peu pareil. Flux et reflux. Espoir et joie, déception, souffrance, solitude, compagnie et souvenirs qui remontent à la surface.

Pourtant, Anne fait partie des personnages littéraires à qui j'aimerais botter les fesses, les remuer, leur ouvrir les yeux. Les tirer de tant de naïveté, de tant d'aveuglement. Mais je me suis sentie bien avec elle, dans cette petite station balnéaire nommée d'un simple "S", son Hôtel de la Plage". Toute une petite galerie de personnages dont on apprendra peu par des instants volés, des conversations captées par bribes, sans le vouloir. Et d'autres qui diront beaucoup par le regard, une attention où juste quelques mots.

J'ai vraiment adoré toutes les observations et déductions potentielles que fait Marie Sizun à travers l'oeil et l'esprit d'Anne. Sur la plage... Oui, il y a les habitués, qui se placent toujours aux mêmes endroits. Les propriétaires de villa, les locataires... Ceux du camping. Le clan des familles, celui des jeunes couples, des esseulés, des jeunes adolescentes toutes longilignes et la main clouée au portable. Il y a les nouveaux, qui cherchent une place, qui n'osent pas le centre. Il y a les discrets, les bruyants qu'on aimerait fuir de plusieurs dizaine de mettre. Ceux qui se collent à vous alors que la plage est grande. Ceux qui s'ennuient ensembles. Ceux qui lisent. Ceux qui s'assoupissent, malgré le brouhaha constant de la plage (où d'autre parviendrons nous à dormir dans un tel boucan ?). Les seniors, qui s'installent toujours dans un même cercles tellement étroit que les pieds se touchent et que seuls les dos voient la mer qui n'est qu'un décor devenu aussi habituel qu'un meuble dans un salon. Pourquoi si serrés ? Pour tout de même s'entendre quand les oreilles faillissent ? Bref, je me suis régalée de toutes ces descriptions tant j'y ai retrouvé les observations estivales annuelles.

Et Anne dans tout cela ? Car ce roman aurait pu aussi s'intituler Anne. Anne attend, cramponnée à son téléphone, l'appel puis la venue de l'être aimé. Elle est à son service, à sa disposition d'une façon on ne peut plus unilatérale. Car l'Amour d'Anne est marié, à des enfants. Donc Anne est l'autre, celle qui doit rester inexistante de l'officielle et qui de ce fait, subit tant pour quelques heures de bonheur, ou d'espoir de quelques heures... Mais Anne cheminera et réalisera la nocivité de sa dépendance affective. Elle découvrira que l'absence de sentiment rend libre, supprime la souffrance, permet d'être soi. 

Pas de grand suspens dans ce roman, mais quelques rebonds et quelques surprises qui prouvent que le monde est petit. L'écriture entraînante, jamais pesante, très agréable rend ce récit addictif... Trop d'ailleurs car pour la petite histoire, j'ai entamé ma lecture chez moi, quelques jours avant d'aller à la plage. Cela faisait un moment que je réservais ce roman pour cet été dans la ferme intention de le lire sur le sable. Pas eu le temps d'arriver à la plage que je tournais déjà la dernière page !

 

 

L'avis de Sylire

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 12 Juillet 2018

Roman - Editions le livre qui parle - 5h12 d'écoute - 15€90

 

Parution d'origine chez Flammarion en 2016. Existe aussi en poche.

 

L'histoire : Durant l'hiver 1926, la reine du crime Agatha Christie a disparu durant quelques semaines. Plus tard, dans son autobiographie, la célèbre romancière dira avoir perdu le texte relatant les faits de sa disparition, qui resta donc un mystère pour tout le monde, depuis son mari, jusqu'à la presse et tout un pays qui y alla alors évidemment de toutes les suppositions : kidnapping ? assassinat ? Suicide ? Brigitte Kernel se glisse dans la peau d'Agatha et de son imagination, tente de reconstituer la vie d'Agatha lors de cette disparition.

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Un mystère autour d'Agatha Christie, elle-même reine du mystère, voilà une lecture bien tentante. Certes, je n'ai pas lu de roman de celle-ci depuis belle lurettes, mais dans ma jeunesse, presque chacune de ses enquêtes sont passées entre mes mains !

Dans ce roman, il flotte d'ailleurs une atmosphère très proche de l'écrivaine Anglaise, et le ton à la première personne du singulier employé rappelle celui d'un de ces personnages phares : Miss Marple !

Agatha Christie a alors 36 ans quand elle choisit de disparaître volontairement des "écrans radars". Elle vient de perdre sa mère adorée et de découvrir les tromperies de son époux, Archibald Christie. Personne ne saura vraiment ce qui s'est passé à ce moment-là. Toutes les hypothèses sont avancées, même celle de l'amnésie.

Brigitte Kernel nous propose sa version, et nous accompagnons donc Agatha Christie durant ces deux semaines, depuis une fugue et une tentative de suicide ratée, jusqu'à une série de déguisements pour ne pas être reconnaissable jusqu'à une station thermale pour un couler des jours tranquilles... Quoique...Agatha Christie n'ait jamais imaginé le retentissement médiatique qui entourerait sa disparition et les complications que cela engendrerait pour elle.

Le style est simple et fluide, la lecture agréable (malgré quelques longueurs) et divertissante, bien qu'un peu trop "tea time" et linéaire pour moi. Le personnage d'Agatha Christie ne parait pas toujours agréable et compréhensible et semble parfois un peu idiote. Comme je l'ai dit, même s'il y a l'atmosphère "Miss Marple" ce roman n'atteint pas le génie de Mrs Christie, donc la disparition reste et restera "son crime le plus parfait, jamais résolu"... Un livre distrayant et original, qui replonge le lecteur dans l'Angleterre des années 20. Ne pas s'attendre à de l'exceptionnel permet de ne pas être déçu.

 

L'avis de Sylire

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 22 Juin 2018

Roman - Editions du Rocher - 344 pages - 17.90 €

 

Parution le 23 mai 2018 (Nouveauté)

L'histoire : Mathilde l'aînée et Félicité la cadette. Deux soeurs que tout semble opposer, tout est notamment l'idée qu'elles se font l'une de l'autre.

Jusqu'aux révélations qui mèneront aux retrouvailles émotionnelles des soeurs et confirmeront le vieil adage : l'union fait la force pour reconstruire ce qui est détruit !

Tentation : L'auteure

Fournisseur : L'éditeur, merci pour l'envoi

 

 

 

 

Mon humble avis : Sans être "feel good" "Là où l'on s'aime il ne fait jamais nuit" est un roman qui fait du bien. Parce qu'il reste résolument positif malgré les difficultés de vie que rencontrent les deux héroïnes. Parce qu'il y règne une atmosphère familiale chaleureuse et bienveillante malgré certains non-dits et ressentiments. Parce qu'il est facile à lire, léger dans la forme et intense dans le fond.

La couverture, étonnante au premier abord, représente finalement bien l'ambiance du roman... L'amertume, voire l'acidité du citron, comme celles de la vie... Mais s'y l'on y ajoute un autre ingrédient, ici le vert, cela devient bien plus acidulé !

L'aînée des deux soeurs, c'est Mathilde ! Celle qui semble forte, décidée, qui réussit dans la vie... mais Mathilde et son mari Germain ne parviennent pas à avoir d'enfant... Cette envie de maternité tourne à l'obsession et ils s'engagent dans la P.M.A (Procréation Médicalement Assistée). Et là, en tant que lectrice, je me suis rendue compte de quel parcours du combattant il s'agissait ! Parcours incertain, contraignant médicalement, corporellement et aussi quotidiennement, ce qui est en fait très difficilement compatible avec une vie professionnelle contemporaine... Encore une inégalité homme/femme dans le monde du travail.

Félicité, la benjamine, a deux enfants de pères différents et se fait licencier de son emploi d'assistante de vie... Bref, elle galère, n'a jamais été sûre d'elle... Etc... Le portrait à priori opposé à celui de sa soeur. L'aîné de ses enfants, Corentin, fête ses dix ans... Félicité lui avait promis alors de lui révéler l'identité de son père... Père qui reste un mystère pour tout le monde... Et manifestement un traumatisme ou une honte pour Félicité...

Bref, avec l'aide de leurs proches et l'arrivée de nouvelles personnes dans leur vie, les deux soeurs vont enfin se libérer du poids qui leur brise les ailes. L'une par le lâcher-prise, l'autre par une reprise du contrôle de soi. Deux façon opposée mais qui mènent au même résultat : se reconstruire en cessant de se détruire. Faire confiance et laisser à la vie la liberté d'écrire ce qu'elle veut sur la nouvelle page.

Certes, je suis restée un peu sceptique sur "le début de la fin" que j'ai trouvé un peu hasardeux et elliptique... Mais cette belle histoire de fraternité et d'amour familial reste très agréable à lire et un hymne à la foi, quelle-que soit cette foi et sa forme !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 18 Juin 2018

Autobiographie - Editions Audiolib - 6h14 d'écoute - 21.80 €

 

Parution d'origine chez Acte Sud en août 2016, existe aussi en format poche

L'histoire : Nous sommes en 1981 dans une cité de Toulouse. Il se passe beaucoup de chose en France, notamment l'avènement proche de Mitterrand. Et dans la cité, ça parle beaucoup, ça se révolte, ça rêve, ça subit, ça se résigne... Sauf Magyd qui prépare son bac littéraire et qui deviendra le premier bachelier rebeu de la cité !

 

Tentation : Curiosité et Pitch

Fournisseur : Bib N°3

 

 

 

Mon humble avis : Le patronyme de l'auteur ne vous rappelle peut-être rien... Sauf que si je vous dis : "Tomber la chemise", un petit air joyeux et bien entêtant vous revient en mémoire. Magyd Cherfi a en effet été parolier et chanteur du célèbre groupe toulousain Zebda !

Ici, il nous raconte sa vie, depuis son enfance en primaire jusqu'à l'obtention du fameux baccalauréat, ce drôle de truc, ce sésame pour devenir soit ingénieur soit docteur. Personne n'envisage de l'obtenir dans son entourage, puisque le bac serait réservé aux français.

Alors, c'est quoi être français, quand la carte d'identité dit que nous le sommes, que les parents ne le sont pas, qu'on vacille entre deux cultures, qu'on connaît plus "nos ancêtres les gaulois" que l'histoire de l'Algérie, que les idoles qu'on admire sont tout sauf maghrébins, que l'on a les cheveux crépus et qu'une partie de la France nous montre du doigt.

Voici la question fil rouge de ce récit de Magyd Cherfi. La question de l'identité personnelle dans l'identité nationale, de l'identité de coeur, l'identité à laquelle on veut ressembler. Magyd Cherfi offre des réponses  qui viennent du fond du coeur. Les siennes, celles de ses potes de la cités etc... Et celles-ci diffèrent évidemment. Comme pour beaucoup de sujets, il peut y avoir autant de réponses que d'individus. Mais l'auteur appuie sur la complexité de la question, à force de commentaires, d'exemples et d'arguments bien développés tous plus convaincants les uns que les autres. En dehors de ce questionnement identitaire, le sujet de la femme dans les cités, et notamment de la maltraitance, est largement développé.

Mais attention Magyd fait figure d'exception dans le quartier. C'est le littéraire, l'intellectuel, le poète, l'écrivain public, le rêveur de la cité. Celui qui, en cachette, lit Victor Hugo. Et qui se prend de la part de ses copains "Et c'est qui ce bouffon de Victor Hugo".

Au début de mon audio-lecture, j'ai vraiment cru que ce livre allait être un véritable coup de coeur pour moi. Le style, autant poétique que contemporain, m'emportait, me berçait, m'amusait, me bouleversait.

Et puis, j'ai trouvé pas mal de redondance dans les situations et les propos, et surtout, les dialogues au vocabulaire très fleuri ont commencé à être trop présents, puis envahissant à mes yeux, ou plutôt, à mes oreilles. De ce fait, j'ai fini par avoir hâte d'achever ce livre.... qui, comme vous pouvez le constater, garde néanmoins de très bons arguments pour que vous vous penchiez dessus !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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