Lectures, BD, cinéma, voyages, photos, chats, oiseaux, nature bref mon petit monde ! .................. " C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante" (Le petit prince)
L'histoire : Du lundi au vendredi, dans le R.E.R de 6h27 qui le mène à son travail, Guylain lit des textes à voix haute. Il tire ces textes d'une pochette où ils sont glissé entre deux buvards... Ces textes ne font qu'une page ou deux et n'ont aucun lien les uns avec les autres... Sauf, leur provenance... Ces lectures publiques ravissent les passagers et vont amener Guylain à de belles rencontres.
Tentation : La blogo
Fournisseur : Ma PAL
Mon humble avis : Lors de sa sortie, ce roman a vraiment fait un tabac jusqu'à envahir la blogosphère. Ensuite, on m'en a donné un exemplaire qui a attendu quelque temps dans ma PAL... Et je pense que j'aurais peut-être dû l'y laisser.
J'attendais beaucoup plus de cette histoire, que j'ai finalement lu un peu comme un poisson rouge dans un bocal, en tournant en rond, même si, au début, je tournais les pages aussi vite que le R.E.R changeait de stations. A mes yeux, le sujet, génial à la base, n'est pas assez exploité (nous ne rencontrerons en fait que deux auditrices du liseur), l'amour des livres de Guylain est à peine évoqué, on passe en fait assez peu de temps dans ce R.E.R de 6h27. J'ai eu l'impression que l'auteur se refuser à approfondir les sujets abordés et via des phrases où les adjectifs se multiplient et ou sonne une certaine redondance, il m'a semblé que Jean-Paul Didierlaurent voulait étirer l'instant au maximum.
Certes, la fin est sympa (mignonette), certes, j'ai beaucoup aimé le personnage d'Yvon, ce gardien qui dans sa guérite, ne s'exprime qu'en alexandrins, certes, le roman est distrayant mais me reste une sensation de vacuité et de longueurs... Notamment, lorsque "la chose", cette machine sur laquelle travaille Guylain est décrite, puis lorsque Guylain lit les écrits de Julie, qui ne nous épargnent aucun détail de ce qui se passent dans des toilettes publiques... Cela m'a semblé longuet et pas de très bon goût.
Bref, une idée et des trouvailles, aussi bonnes soient elles et c'est ici le cas, ne suffit pas à faire un bon roman, ou en tout cas un roman qui me plaise et me séduise.
L'histoire : Pour Noël, Rose est en croisière méditerranéenne avec ses deux enfants. Une nuit, le paquebot croise un bateau de migrants en difficultés. Tous ses passagers montent à bord... Rose croise le regard de Younès, un adolescent perdu parmi les autres. Elle lui donne des vêtements de son fils, ainsi que le portable et le chargeur de celui-ci, avant que les migrants soient embarqués par une navette de la P.A.F. Désormais, les destins de Rose et de Younès sont liés, même séparés.
Tentation : Un billet sur la blogo
Fournisseur : Bib N°3
Mon humble avis : La mer à l'envers est un roman qui prend aux tripes, car il nous propose un face à face avec ce que nous sommes, ce que nous pourrions être, ce que nous aimerions être ou ce que nous ne sommes pas... L'immigration, les migrants pour la plupart d'entre nous, c'est un sujet que l'on ne suit que par reportage télé aux informations... Cela peut-être aussi des silhouettes aperçues sur l'autoroute près de Calais...
Ici, via Rose, nous croisons le regard d'un adolescent migrant... Et ce regard vous accroche à jamais, devient obsession. Rose et Younès ne se rencontrent que quelques minutes... Si près et si éloignés... Lui démuni de tout, venant d'échapper de peu au naufrage d'une embarcation de fortune, elle sur un énorme paquebot de croisière luxueux...
Entre les lois, les possibilités pratiques et pragmatiques, le confort de nos vies, la cellule familiale que l'on implique, mais aussi les difficultés et mauvais moments personnels... Que sommes nous prêts réellement à faire lorsque l'on est confronté de près à ce qui nous révolte dans notre canapé. Notre vie d'occidentaux nous rend elle apte à devenir l'héroïne qu'on pense pouvoir être dans ces conditions, à n'importe quel moment ?
Et finalement, lorsque le pas est franchi, Marie Darrieussecq nous montre que l'action de tendre la main devient presque banale, qu'elle s'inscrit parfaitement dans un quotidien. Cette histoire n'a rien de naïf et pose les bonnes questions sans être moralisatrice. C'est plus un constat sur nos sociétés démunies et bien mal préparées à venir en aide aux flots de migrants Marie Darrieussecq la mène subtilement dans un style adéquat et agréable, où quelques soupçons d'humour allègent l'atmosphère qui pourrait être pesante vu le sujet, mais qui ne l'est pas. Je recommande !
L'histoire : Esther est une enfant de droite née dans une famille de gauche, dans les années 70. Chez elle, tout le monde vit nu, sa mère est profondément anticapitaliste et son père pied-noir passe son temps à conjurer ses angoisses. Quel n'est pas l'étonnement d'Esther lorsque ses parents décident de la scolariser chez l'ennemi : l'école catholique du quartier le plus bourgeois de Marseille. C'est Esther qui raconte tout cela.
Tentation : Pitch et sujet
Fournisseur : Bib N°3
Mon humble avis : Une enfant de droite dans une famille de gauche... Cela promettait et m'intéressait, puisque chez moi, c'est plutôt le contraire que je vis depuis toujours. Donc j'espérais me retrouver un peu dans ce roman, comme dans un miroir inverser... Puisque des causes opposées peuvent mener aux mêmes conséquences et comportement.
Dommage, je n'ai pas accroché plus que cela à cette audio-lecture. J'attendais un texte plus piquant, plus corrosif, plus caustique. Certes, l'écriture est aussi allègre que rythmée mais cela ne m'a pas suffi. Je l'ai écouté sans qu'aucune émotion particulière ne me traverse.
Sans doute parce que la narration sort de la bouche d'une enfant, aux portes de l'adolescence... Je l'ai trouvée très factuelle, avec des faits très peu analysés en profondeur. Comme une suite d'anecdotes qui décrit cette famille à priori mal assortie, mais anecdotes assez répétitives, même si parfois, leurs incongruités les rendent évidemment romanesques.
La fin tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, même si les fameuses incongruités l'annonçaient peut-être filigrane. Comme pour le reste du roman, elle n'est pas explorée et achève très sèchement cette histoire, là où j'avais l'impression qu'elle commençait enfin, qu'elle prenait corps. Bref, à mes yeux, "La petite conformiste" n'est pas aboutie. D'autant qu'en janvier, j'ai lu "Les évasions particulières" de Véronique Olmi, qui dissèque la même période politique, mais d'une façon bien plus approfondie, mature et intéressante.
L'histoire : Joseph est incarcéré, pour complicité lors d'un braquage où son frère a été tué par la police. Trois ans plus tard, il y a la Catastrophe... Une explosion nucléaire ? Une bonne partie du pays est irradié, les prisonniers sont transférés mais parviennent à s'échapper... Quelques jours plus tard, là où il erre, il semble que Joseph soit le seul survivant, comme s'il était immunisé contre les radiations. Il s'arrêtera dans le Lot y prendra racine. Il apprendra à vivre alors seul, de et avec la nature.
Tentation : Le pitch
Fournisseur : Ma CB juste avant le reconfinement.
Mon humble avis : Voici une lecture dystopique qui s'est révélée être une très agréable au fil des pages, plus j'avançais dans le coeur du roman. En effet, durant la première (les 62 premières pages), je n'étais pas très à l'aise devant la violence inhérente au milieu carcéral. Ce n'était pas ce que j'attendais, ce dont j'avais besoin. Mais je comprends aussi, avec du recul, la nécessité pour Sophie Divry de bien poser son personnage, d'expliquer par quoi il est passé, ce qu'il a subi avant de retrouver la liberté... Cela explique bien la haine, la peur et la méfiance que voue Joseph envers ses congénères.
Puis nous arrivons dans un Causse du Lot avec Joseph, c'est là qu'il pose les valises qu'il n'a pas. L'endroit est déserté, se trouvant dans la zone interdite sans doute. Joseph va d'abord de reposer puis se révéler à lui-même, au fur et à mesure que la nature se découvre à lui. Joseph va tout reprendre à zéro, retour aux origines, au primaire... Au début, il cueille par exemple... mais il va ensuite devoir cultiver, s'organiser pour vivre et survivre. Sa solitude n'est que tranquillité. Les mois passent et les saisons. Les bienfaits de la nature, comme ses cruautés ou ses difficultés, sont merveilleusement bien écrits, et décrits. Tous nos sens sont en éveil. On observe à travers le regard de Joseph et l'on savoure. On travaille aussi, on bêche, on désherbe, on porte, on plante, on cueille, on réfléchit, on s'établit un plan de "bataille"...
Puis la tranquillité de Joseph devient solitude, solitude pesante. Il se lie d'amitié avec un mouton et une chatte survivants, après les avoir amadoués avec patience. Ces deux êtres sont pour lui une nouvelle révélation... Des obligations car le voilà responsable de ces deux compagnons. A lui de les nourrir, de les soigner, de leur assurer une vie agréable. Un bon boost pour Joseph qui redécouvre les sentiments, l'amour. J'ai adoré la relation que Joseph explore avec ses deux animaux, la richesse et l'apaisement qu'il y trouve.
Envers l'humain, Joseph hésite régulièrement entre manque et méfiance. En fait, ce roman nous parle de l'Homme et de la Nature, séparément et ensemble, comme un tout. L'Homme est un être grégaire par besoin relationnel, mais aussi parce qu'être seul responsable de tous ses besoins est lourd, tant cela requiert de compétence rarement acquise par un seul homme. Tant il a besoin de savoir qu'il peut être secouru par l'autre. La nature est généreuse, mais pour qu'elle puisse suffire, il faut la travailler avec intelligence et respect. Et surtout, en prendre soin, être attentif, tout comme de notre propre existence, de notre vie. Car un seul moment de négligence n'est jamais sans conséquence.
Trois fois la fin du monde pour Joseph... La prison, la Catastrophe (dont on ne saura jamais grand-chose) et la presque toute fin du roman (non, je ne dirai rien !). Un personnage attachant, un beau roman, comme une parabole. A lire, s'en s'effrayer de la première partie. Après, on trouve ce que l'on est venu chercher dans ces pages.
L'histoire : Le docteur Felix Kersten est spécialisé dans les massages thérapeutiques. Parmi sa patientèle, de grands d'Europe. Il accepte la requête d'un de ses amis : examiner Himmler, en grande souffrance et qu'aucun médecin de parvient à soulager. Miracle, les soins de Kersten sont très efficaces sur l'exécutant d'Hitler et le chef des SS. Kersten devient donc, forcé par l'Histoire, le médecin attitré d'Himmler... Il profitera de sa situation pour sauver des griffes du nazisme des centaines de milliers de personnes...
Tentation : Pourquoi pas ?!
Fournisseur : Bib N°3
Mon humble avis : Quelle lecture ! Mais quelle lecture ! Cela fait longtemps que je n'ai pas été aussi captivée et surtout, surprise autant en bien ! Le sujet m'intéressait, mais je craignais un potentiel ennui, des longueurs etc. Que nenni ! Ce roman, qui est en fait comme une biographie romancée du Docteur Kersten, est fascinant, se dévore avec effroi, ahurissement, espoir, désespoir, surprise, inquiétude, découverte, instruction. C'est vraiment une lecture haletante, qu'on ne lâche pas.
J'ai découvert dans cette lecture tout ce que les manuels de scolarité générale ne disent pas à propos de la seconde Guerre Mondiale... Puisque l'on est dans du "détail"... Et pourtant du détail d'importance majeure. Tout au long de ces pages, nous sommes avec Kersten, au côté d'Himmler, au plus près donc de la gouvernance Nazie, de la folie, du délire, de la paranoïa, de la cruauté. Le docteur Kersten est balte de naissance, finois d'adoption officielle et résidant des Pays Bas. Il soignera Himmler pendant 5 années et deviendra le seul ami d'Himmler, son confident, son seul homme de confiance... C'est ce que lui serine ce dernier.
Kersten passera cinq années à manipuler Himmler, à manoeuvrer, à ruser, à le flatter dans son égo, à argumenter tantôt via la logique, tantôt via les sentiments pour obtenir des grâces d'Himmler. Ce sont tout d'abord des individus isolés dont Kersten obtiendra la libération ou la non arrestation, puis des poignées d'êtres, puis des centaines, des milliers, et même des centaines de milliers d'hommes et de femmes que Kersten parviendra à soustraire du funeste destin nazi. Kersten parviendra même à faire renoncer Himmler à déporter la population entière des pays bas, à renoncer à faire exploser les camps de concentration en cas d'approche des bombardiers alliés... (Et bien d'autres choses encore, la liste des exploits de Kersten est longue) A travers ce livre, on découvre une multitudes d'effroyables projets du 3ème Reich qui ont été avortés grâce à la finesse d'esprit, au courage, à la persévérance, à la diplomatie du Docteur Kersten... Et surtout, au miracle de ses mains... Les seules qui soulagent Himmler de ses insupportables douleurs... Et c'est durant ces moments de soulagement que Kersten manoeuvrera pour obtenir des libérations, des renoncements à de "grands projets".... Et pendant ces années, Kersten sera agent de liaison, d'information, ambassadeur, messager pour les pays scandinaves... Et il consignera tout cela scrupuleusement dans ces notes.
Nous passons donc une grande partie de ce livre dans les QG d'Himmler, en tête à tête entre Himmler et Kersten. Les dialogues sont parfois ubuesques, tant la bêtise d'Himmler, sa dévotion à Hitler, son fanatisme, son aveuglement pourraient prêter à rire s'ils n'étaient réels, historiques, et au plus premier degré. C'est vraiment atterrant...
Autre intérêt de cette lecture pour la Française que je suis... Décaler un peu plus vers l'Est et le Nord mes connaissances sur le déroulement de la deuxième Guerre Mondiale. Effectivement, jusqu'à maintenant, j'ignorais ce qu'il en avait été de la Suède, de la Finlande, de la Norvège, du Danemark, des Pays Bas lors de cette guerre. Des pays dont les populations n'ont pas été épargnée et qui ce sont, elles aussi retrouvées dans les camps de concentration.
Je suis heureuse désormais de connaître ce grand homme que fut Félix Kersten, qui dans son combat humanitaire, à tout perdu sauf sa conscience et les siens... Tous ces faits historiques sont vraiment retracés avec passion par Joseph Kessel, dans un rythme qui ne laisse aucun repos ni répit au lecteur, et d'une écriture d'une fluidité agréable et efficace... qui mène droit au but.
Un énorme coup de coeur... Qui me donne envie de découvrir d'autres ouvrages de Kessel !
L'histoire : Les Affamés sont tous ceux que je fus ou m’imaginais devenir autrefois –gosses rêveurs, menteurs, casse-cou, voyeurs, adolescents violents, trouillards, généreux–, trop seuls pour avoir quelque chose à donner ou trop avides pour être attirants. Héros enfantins, ils ne seront jamais tout à fait grands ni satisfaits. Avec Les Affamés je revis bien des erreurs que j’ai faites pour ne plus être un insatiable paumé. (Y.Q)
Tentation : Ma PAL
Fournisseur : Ma PAL
Mon humble avis : J'ai acheté ce recueil de nouvelles il y a 10 ans, au salon du livre de Rennes, lors des premières retrouvailles avec les blogueuses bretonnes... Ca date ! Lors de la dédicace, je me souviens que Yann Queffelec regrettait l'ordre de présentation des nouvelles, et me conseillait de lire la première en dernier...C 'est ce que j'ai fait, et je pense que cela n'a pas changer grand-chose à ma non appréciation de cette lecture.
Je suis peut-être un peu fautive aussi, car à la base, je ne suis pas très friande du format recueil de nouvelles. Il n'empêche... Je n'ai trouver aucune branche à laquelle, deux ou trois nouvelles m'ont peut-être plus parlé que les autres, mais dans ce cas, c'est le sens de leur chute qui m'a échappé. Aucun des personnages ne me restera en mémoire, il m'a semblé que Yann Queffelec était vraiment trop implicite pour que je saisisse où il voulait en venir. Le seul lien entre chaque histoire : c'est l'Amour, dans tous type de relation où il émerge et la jeunesse... Trop, pas assez, mal exprimé, maladroit. Souvent glauque, parfois barré, pas une once d'optimisme, des récits parfois très nébuleux, où je n'ai pas trouvé mes marques malgré ma concentration.
Bref, une première rencontre manquée avec la plume pourtant agréable de cet auteur breton, que j'aurais aimé adorer ! Bon, il me reste "les noces barbares" dans ma PAL... On verra alors !
Roman - Edition Livre de Poche - 356 pages - 7.10 €
Parution poche 2015, Flammarion 2013
L'histoire : Marianne a 26 ans et est professeur de Français à l'université de Nanterre. Nous sommes en 1967. Elle accepte la proposition qui lui est faite : un remplacement de 9 mois à l'UTC du Cap, en Afrique du Sud. Elle débarque ainsi, avec très peu d'informations en tête, dans un Etat en plein apartheid. Au fil de ses rencontres, Marianne ira de surprises en horreurs et sera amenée à se dépasser.
Tentation : Pitch et couv
Fournisseur : Ma CB le jour du 2ème confinement
Mon humble avis : Coup de coeur sans hésiter pour ce roman que j'ai lu, hélas pas d'une traite, mais très vite, car vraiment embarquée par son sujet. Non seulement l'histoire est rondement menée, mais aussi et surtout, ce roman est très intéressant et instructif sur l'Histoire de l'Afrique du Sud. Comme j'ai eu la chance d'aller visiter ce grand pays il y a un an et demi, j'avais vraiment bien potassé le sujet avant... On n'arrive pas les mains dans les poches en Afrique du Sud, si l'on veut comprendre et appréhender au mieux cette nation. Aussi, cette lecture fut pour moi non pas forcément un apprentissage, mais une bonne piqûre de rappel.
Ancien reporter en Afrique du Sud sous Mandela, Frédéric Couder vit encore la moitié de l'année là-bas. Autant dire qu'il maîtrise parfaitement son sujet et le rend très accessible.
La narration est menée par Marianne elle-même. Mais, à intervalles réguliers, le romancier prend sa place pour conter ce dont elle n'est pas témoin.
En 1967, Mandela est prisonnier sur Robben Island depuis 4 ans... Quatre millions de blancs dominent vingt millions de noirs, et le démantèlement du fameux District 6, à Cap Town, commence et échauffe tout le monde. District 6 est un quartier mixte, joyeux où le vivre ensemble est parfait... mais cela dérange l'Etat.
Au fil des jours et de ses rencontres, Marianne se prend de plein fouet la réalité de la vie sous l'apartheid, sous les lois aussi abjectes qu'ubuesques, et la férocité de la police secrète qui traque le moindre comportement contre le gouvernement, que vous soyez noir... ou Boer... ou blanche et française. Les différents points de vues distillés dans cette histoire permettent aux lecteurs de comprendre l'ampleur du désastre, et la complexité du pays "L'Etat policier où l'on vit le plus heureux sur terre"... Si l'on est de la bonne couleur, et si l'on est d'accord avec le gouvernement. Donc bref, si l'on tient à ses petits privilèges et que l'on classe sans honte la population noire au rang animal. Marianne rencontrera, entre autres, Denise une avocate qui défend les droits de l'homme, Victor, un chirurgien blanc à priori sans histoire et bien favorisé... Mais là-bas, Marianne apprendra à se méfier des apparences. Ses amis ont aussi leurs secrets, et ceux-ci vont mener Marianne dans de folles aventures, qui pourraient être historiques.
Je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler... D'ailleurs évitez de lire la 4ème de couv, un peu trop bavarde à mon goût. Mais sachez que Frédéric Couderc ne fait que glisser des personnages fictifs dans des faits historiques. Et même cette fameuse aventure, même si elle n'a pas été réalisée, a été envisagée à l'époque.
J'ai acheté ce roman dans le rayon thriller... Une erreur d'aiguillage sans doute influencée par le bandeau signé Caryl Férey... Certes, les trente dernières pages montent terriblement en tension et en suspense, certes, on sent tout au long du roman qu'il va se passer quelque chose d'immense, de grandiose et de bouleversant, mais pour autant, je considère qu'Un été noir et Blanc n'est pas un thriller, mais un roman sur une année historique en Afrique du Sud. A lire !
Roman - Editions livre de poche - 152 pages - 6.70 €
Parution Poche 2007, Stock 2005
L'histoire : Un président préside à une remise de prix dans un lycée. Au cinquième très bon élève récompensé, il baille et se dit : qu'ils sont ennuyeux ces bons élèves, pourquoi ne couronner d'autres enfants, des talents cachés, des passionnés qui explore sans relâche, qui ne supportent que la liberté, que les devoirs qu'ils se donnent à eux mêmes ?
Tentation : Ma PAL
Fournisseur : Ma PAL
Mon humble avis : Suite à cette remise de prix peu conventionnelle, le président invite 7 enfants passionnés sur une île très isolée... A eux de tirer profit de cette situation et de leurs centres d'intérêt pour créer, se réaliser, grandir et vivre l'exception. Parmi ces enfants, l'un est passionné par les escaliers, l'autre par les roues, l'un par les nuages, l'une par les moteurs etc...
Ce cours roman illustré d'Erik Orsenna (de l'Académie Française) est comme une parabole. Une parabole qui pointe du doigt le système éducatif français qui enferme certains enfants dans un environnement qui ne leur convient pas, qui ne prend pas en compte leur spécificité, leur passion, leur façon d'être, leur génie tout simplement, au nom de l'apprentissage général à tout prix. Et c'est ainsi qu'un bel avenir, que des idées de génie dorment faute d'écoute, faute de vision, faute d'ouverture d'esprit et de curiosité de notre société qui préfère formater, mettre tout de monde dans le même moule. Or il est bien des êtres qui sont hors normes, qui étouffent dans ce moule, qui dépasse de partout.
Erik Orsenna met donc en scène 7 de ces enfants, sur une île, avec pour encadrement, une animatrice excentrique qui use de son piano à tous vents et d'un ancien entraineur de foot à la retraite. Une énorme tempête va s'abattre sur l'île. Les enfants refuseront les secours et décideront de s'en sortir par eux-mêmes. Réunissant leurs savoirs faire et leurs passions, ils décident de construire un avion avec les moyens du bord...
Ce roman est un hymne à la liberté, à la différence, aux passions, aux rêves. Les passions et les rêves rendent souvent solitaires... Mais si tôt qu'une cause commune pointe le bout de son nez, c'est une formidable synergie créatrice qui se met en route. Faire confiance aux jeunes, utiliser le savoir-faire des plus anciens (via l'ancien entraineur de foot). Que des messages bien clairs pour s'assurer un avenir prometteur.
J'ai bien apprécié cette lecture (malgré mes 3 pattes), mais en tant qu'adulte, je l'ai trouvée un peu trop légère dans son format. Je pense que ce texte est peut-être plus dirigé vers un public collège lycée, même si les adultes y dénicheront tout de même de belles philosophies et leçons de vie.
"Pourquoi j'aime les cercles ? Ils n'ont ni début ni fin".
"La honte est un microbe tenace. Aucun médicament n'est efficace contre lui. Il faut de grands projets pour s'en débarrasser."
"La passion est une armure".
"Les idées sont comme les lapins : elles ne restent pas longtemps seules."
"Chaque histoire a son rythme, chaque chemin sa ramification qu'il faut respecter sous peine de manquer l'essentiel, des péripéties capitales et des personnages qui paraissent secondaires et qui pourtant sont clés."
L'histoire : Les Farel forment un couple de pouvoir, et d'apparence parfaite. Jean est un journaliste politique très renommée. Claire est une essayiste reconnue pour ses engagements féministes. Leur fils, Alexandre étudie dans une prestigieuse université américaine. Mais un jour, tout dérape et l'équilibre social s'écroule. Alexandre est accusé de viol...
Tentation : La blogo
Fournisseur : Bib N°3
Mon humble avis : J'hésitais à me lancer dans cette lecture, pensant y trouver un énième rebondissement sur le mouvement et hashtag #meetoo, dont je sature au niveau des informations et de la presse. Mais en fait, pas du tout !
Karine Tuil (que je n'avais jusqu'ici jamais lue) déborde ici de talent pour nous livrer un roman complètement addictif, que l'on écoute (ou lit) dans l'urgence... D'ailleurs cette dernière est très bien rendue par l'interprétation de Constance Dollé.
Il faut un certain temps pour parvenir au sujet en lui-même. Karine Tuil installe bien ses personnages dans ce qu'ils sont pour en mêmes, et ce qu'ils sont et représentent socialement. Et pourtant, point de longueur dans cette première partie. Puis arrive la nuit du drame et tout ce qui en découle, garde à vue, avocat, déchainement de la presse et deux ans plus tard, le procès, qui occupe toute la suite de cette histoire. Nous sommes presque en huit clos dans le palais de justice. Et là, le lecteur est assez malmené dans ses convictions... Car oui, je dirais que le sujet central de ce roman sont les convictions. L'intime conviction... Qu'il est parfois difficile de ressentir sereinement quand le doute peut s'avérer raisonnable et que des vies sont en jeu. Les convictions qui dictent nos vies et nos conduites, mais qui s'effondrent sitôt que le sujet de celles-ci nous concerne d'un peu trop près... et qu'alors tout vacille. La conviction d'avoir fait comprendre qu'on ne voulait pas, la conviction de n'avoir pas perçu le moindre signe de refus... Ce roman n'est pas sur le consentement, mais sur la perception ou pas de celui-ci, en fonction de la manière dont celui-ci est manifesté ou pas.
Karine Tuil montre ici que dans certain cas de crime sexuel, tout n'est pas forcément noir ou blanc dans l'esprit du coupable présumé comme dans celui de la victime. Et qu'il en est de même pour la justice. On découvre de l'intérieur ce procès, tout ce qui est pris en compte dans la vie des uns et des autres pour aboutir à un jugement, notamment, le milieu social et le niveau d'éducation. Et le risque, pour la justice, d'accuser à tort et de gâcher une vie... Ou encore, de ne pas entendre la victime comme il se doit, et de l'empêcher ainsi de se reconstruire en ne reconnaissant pas sa douleur et son statut de victime.
Bref, plutôt que de donner des certitudes sur le sujet délicat qu'est le viol, l'abus sexuel, ce roman les ébranles plutôt, démontrant que dans certains cas, les deux parties peuvent sincèrement penser avoir raison et avoir été clair dans l'expression de leurs envies ou non envies. La subtilité des perceptions de chacun, en fonction parfois, de ce que la vie à fait d'eux.
C'est cette réflexion que nous propose Karine Tuil dans les choses humaines, en tout cas, c'est ainsi que je l'ai saisi. Tout en développant d'autres sujets (comme le milieu des médias, le jeunisme, ou encore l'impossibilité égotique pour certains de se retirer de la scène à l'âge où les autres sont en retraite), Karine Tuil maitrise parfaitement son sujet, l'analyse du comportement de ses personnages, et le rythme qu'il convient à ce roman. Captivant vraiment, à lire !
PS : Ce roman a obtenu le prix Goncourt des Lycéens 2019
L'histoire : Un matin, alors qu'il quitte son appartement pour se rendre au bureau, l'homme ne se dirige pas vers la droite pour prendre le métro comme il le fait tous les jours. Non, il part vers la gauche, et découvre une portion de son avenue qu'il ne connaissait pas. C'est le début d'un sacré périple, d'une aventure extraordinaire dans l'inconnu.
Tentation : Le pitch
Fournisseur : Masse critique de Babelio, merci pour l'envoi !
Mon humble avis : Jean-Marie Gourio nous offre ici un roman radicalement anti routine, anti morosité ! Ca fait du bien... Mais il faut aimer la "complètement barré" !
Notre homme prend donc à gauche au lieu de la droite habituelle... Il va vivre une aventure dingue faite de péripéties toutes plus ubuesques les unes que les autres. Le tout, en se laissant aller, en saisissant les opportunités quand elles se présentes, et surtout, en prenant soin de ne contrarier jamais contrarier aucune de la multitude de personnes fantasques qu'il rencontrera, dans des situations toutes aussi saugrenues que ces personnages. L'extravagance de tout cela m'a franchement amusé, les dialogues sont souvent hilarants de non-sens (parfois faux non-sens !), même si certaines scènes sont plus drôles que d'autres. Mais derrière cette gigantesque farce, pointent de l'émotion, des critiques de notre société actuelle et de nos comportements individuels. Ave l'homme, nous découvrons toutes les expériences de vie et rencontres ce que nous manquons à rester dans notre train-train quotidien.
En fait, ce roman est une ode à la fantaisie, à l'ouverture aux autres, à l'inattendu, à l'étrange, à l'inhabituel... Sortir du rang, sortir de sa ligne toute tracé, prendre un chemin de traverse, voilà à quoi nous invite Jean-Marie Gourio. Découvrir l'inconnu qui commence sur le pas de notre porte. Mais attention à ne pas tomber dans l'extrême. Et oui, l'excès de fantaisie fait d'elle une habitude, et comme toutes les habitudes, elle peut finir par lasser et fatiguer. Ne pas faire de la fantaisie une nouvelle prison, mais un espace de liberté !
Quant à moi, je sors de cette lecture vraiment admirative de l'imagination sans borne de l'auteur !