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Publié le 10 Janvier 2018

Roman - Editions Audiolib - 12h53 d'écoute - 23.90 €

 

Parution en audio en mai 2015, et parution d'origine en janvier 2012.

 

L'histoire : En 1940, Winston Churchill crée le SOE, une branche particulière et obscure des services secrets britanniques. Le Special Operation Executive est recrute des français, des canadiens, des anglais qui parlent impérativement un français parfait, sans accent. Car, ces futurs agents de la couronne seront bientôt envoyés en France, pour commettre des attentats contre le Reich. Mais avant cela, c'est une longue et éprouvante formation à l'art de la guerre que ces aspirants subiront. Paul Emile et l'un deux, qui a quitté son vieux père sans rien lui dire de sa destination, qui devra rester secrète à jamais. Et c'est durant toute la guerre que nous le suivront, lui est ses compagnons d'armes, compagnons qui deviennent une famille.

 

Lu par Hugues Boucher

 

Tentation : Le nom de l'auteur

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Ca y'est, c'est officiel ! Joël Dicker, malgré l'aspect "pavesque" de ses publications, devient un de mes auteurs fétiches... juste en 3 romans : La vérité sur l'affaire Harry Quebert, Le livre des Baltimore, et celui-ci, Les derniers jours de nos pères.

Et l'on pourrait presque dire que Les derniers jours de nos pères est son roman le plus bluffant : tellement érudit et documenté déjà, et écrit avant les autres, à seulement 24 ans ! Chapeau bas Monsieur Dicker ! Admirative, jalouse aussi devant tant de talent je suis et je resterai toujours !

Alors, ce roman, que l'on peut classer parmi les romans historiques ?! Les qualificatifs ne manquent pas pour le décrire ! Instructif, captivant, passionnant, terrifiant, et bouleversant. Dur aussi, parce que c'est la guerre.

Certes, comme dans les autres livres de Joël Dicker, on peut y trouver quelques longueurs, encore que...  Celui-ci est si foisonnant tant en détails historiques qu'en personnages tous aussi bien construits et approfondis que les autres. Des héros, des vrais, des anti héros (parce que dans l'autre camp - mais qui résistent, d'une certaine façon),  que l'on apprend à aimer et ou à détester... ou que l'on essaie d'haïr, malgré l'humanité qu'ils dégagent, humanité à l'opposé de leur comportement quand ils sont sous les ordres de...

Bref, ce roman montre bien la cruauté de la guerre, ce qu'elle oblige à faire, en fonction des situations, et quelle que soit notre nature profonde.

Mais ce roman rend avant tout un formidable hommage aux héros de l'ombre de la guerre 39-45, héros méconnus, et peut-être même méconnus de la plus part.

Ces jeunes français sont recrutés par l'armée anglaise pour devenir espions britanniques sur le sol français. La formation qu'ils suivent dans différents lieux secrets d'Angleterre est on ne peut plus sélectives. A chaque stade du stage, des postulants sont éliminés ou abandonnent d'épuisement, voire décèdent, malgré l'entraide, l'affection et l'amitié qui les lient chaque jour un peu plus et qui devient l'un des fils conducteurs de ce livre. Cette partie représente environ un tiers du roman et permet de bien poser la richesse des multiples personnages, de les rendre très attachants.

Puis, ceux qui restent sont envoyés en France dans des missions secrètes. Attentats, sabotages, informations, espionnage, formation et appui logistique des résistants. Le tout, sans se faire prendre évidemment, même si chacun a sur lui la petite pilule, au cas où... Entre chaque mission, cette équipe aussi liée que les doigts d'une main se retrouve dans un appartement secret à Londres... où ils tentent d'oublier la guerre et ses dégâts.

Pour ne pas spoiler, je m'arrêterai là dans la description de ce roman si intense, poignant et émérite. Je peux juste ajouter que comme bien d'autres oeuvres traitant de cette époque, il y a une question qui se pose... du genre... "Et si j'étais né en 17 à Leidenstadt"... Qui fait que "Les derniers jours de nos pères" est vraiment un roman qui prend aux tripes du début à la fin. La dimension psychologique de cette histoire est énorme et dépasse l'action qui reste secondaire. Il ne faut point passer à côté car elle montre bien ce que la guerre fait de l'homme et à l'homme.

Les personnages, que cette époque à changés et traumatisés à jamais, me resteront longtemps en mémoire, et grâce à Joël Dicker, je peux ici les remercier, car c'est en partie grâce à eux qu'aujourd'hui, je parle ma belle langue qu'est le français.

Alors Pal, Laura, Cucu, Gros, Stan, Doff, Faron et les autres... Quelque fut vôtre véritable nom ou pseudo de guerre de l'époque, merci, et chapeau pour votre courage, votre persévérance, votre idéal !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 29 Décembre 2017

Roman - Editions Audiolib - 6h10 d'écoute - 18.80 €

 

Parution en audio en 2009

 

L'histoire :  Parce que le derrière des femmes n'a pas de secrets pour lui, ses copains le surnomment le " fessologue ". Au Jip's, le bar où il a ses habitudes, plus rien n'amuse ce dandy congolais, déprimé par un chagrin d'amour. Un jour, déambulant dans Paris, sa curiosité est attisée par une librairie bondée. Il y croisera Jean-Philippe, un écrivain haïtien venu signer ses livres, et qui va bouleverser sa vie...

 

Tentation : "Approfondir" l'auteur

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Mon humble avis : Au printemps dernier, j'avais "audiolu" "Demain j'aurais vingt ans" et beaucoup apprécié la lecture de Alain Mabanckou lui -même. Son accent africain renforçait encore les propos et l'immersion du lecteur. Dans ce Black Bazar audio, même si l'interprétation est tout à fait honnête et enjouée, il manque cet accent... C'est mon premier bémol. Le deuxième bémol porte sur des faits et expressions parfois trop répétées, même si c'est dans le style de l'auteur, et certainement dans le but d'appuyer sur le côté un peu crédule et naïf des personnages. Crédules et naïfs certes, mais loin d'être idiots. Disons qu'à travers eux, Alain Mabanckou explique simplement ce que bon nombre de personnes se régaleraient à alambiquer pour faire "genre" ! Il nous offre le regard des africains parisiens sur leur mère Afrique, un regard affectueux mais pas indulgent pour autant. Ce regard se porte aussi sur la société actuelle, qu'elle soit africaine ou française. Autre bémols, les personnages, qui possèdent tous un patronyme et un pseudonyme sont trop nombreux à mes yeux et participent au récit de façon trop épisodique pour les différencier, les reconnaître, les approfondir, les personnaliser en fait !

Plus qu'un roman, ce livre s'approche à mes yeux de l'essai, par les sujets traités par les voix des multiples personnages, leurs conversations à bâtons rompus et les avis qui s'échangent ainsi aux rythmes des accords et des désaccords.

Mais ce sont surtout des chroniques de quartiers et de communautés que nous lisons. Les quartiers sont ceux de Château-Rouge et de Château d'Eau à Paris, habités par les congolais, les Sénégalais, les Ivoiriens etc... Et puis, bien sûr, il y a l'arabe du coin. Toutes les anecdotes, souvent désopilantes et ne manquant pas de quiproquos, vont tourner autour de ce petit monde. Mais le grand monde n'est pas absent, au contraire, puisqu'il est souvent évoqué, tant dans son présent que dans son passé. La colonisation, la décolonisation, les rapports et échanges Nord/Sud actuels. Mais c'est aussi de l'immigration dont il est question, de l'intégration en France, de la débrouille, de l'entraide, des marchands de sommeil, des boulots sous rémunérés et non déclarés dont il est question. Tout comme des us et coutumes de ces expatriés, avec l'importance de la "sape" et le décalage dans la "drague" notamment. Sans doute avec un peu trop de clichés noirs/blancs. Mais le tout avec de l'humour et le verbe propre, simple et bien truculent de Mabanckou, qui n'a pas son pareil pour rendre poétique un langage courant, des métaphores pourtant très terre à terre mais tout de même décalées. Bref, certaines expressions de l'auteur valent leur pesant d'or ! Il est évidemment aussi question de poésie, de littérature et d'amour.

Bref, les propos majeurs sont intéressants mais un peu trop mélangés dans ce Black Bazar qui part un peu dans tous les sens, au point de paraître même désordonné et un peu "fourre-tout", d'où le titre sans doute.

Ce Black Bazar ne me fut pas désagréable, et même par moments bien amusant et distrayant, sans me passionner pour autant. Je préfère les histoires qui ont vraiment un fil conducteur pour me capter et me garder. Trop "bazar" pour moi !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 21 Décembre 2017

Roman - Editions Livre de Poche - 234 pages - 6.60 €

 

Parution en poche en 2012

 

L'histoire : Sybille a quelques problèmes dans la vie, que l'on pourrait appeler névroses. Elle est maniaque du ménage, a besoin de tout gérer dans sa vie, sans jamais se poser. Sauf qu'elle vie avec son contraire, et qu'il y a parfois des concessions à faire, comme accepter de prendre une femme de ménage.

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL !

 

 

Mon humble avis : Je suis entrée dans ce livre en mode TGV, m'exaltant à l'avance des fous rires qui m'attendaient face aux situations légères et incongrues promettait la 4ème de couv'. Et j'ai fini ce roman en mode train inter-cités qui tombe en panne en pleine campagne ou qui s'arrête dans gares offrant bien peu d'intérêt !

Bref, malgré l'"affection" que je porte à l'actrice et la femme Sylvie Testud, force est de constater que ses écrits me déçoivent.

La 4ème de couv était alléchante, je pensais me retrouver face à une maniaque du ménage qui tente une thérapie, ce qui pouvait mener à des moments bien cocasses et drôles. Certes, quelques passages (notamment, le défilé de prétendantes au poste de femme de ménage) et répliques suscitent certains sourires, d'autant plus que l'auteure pointe parfaitement du doigt les différents travers et antinomies de notre société basée sur l'extrême réussite professionnelle et la représentation.

Mais de ce fait, l'aspect "maniaque de l'ordre" passe au second plan, perdu dans les méandres d'autres sujets désordonnés, qui passent du coq à l'âne, et défendus dans une proportion inadéquate par rapport à leur intérêt.

Je me suis aussi très vite lassée de l'incoordination manifeste du couple "Sybille / Adrien" et des dialogues, ressemblant plus à des monologues de Sybille, qui la prouvent.

De même, le style ne m'a pas plu, comme c'est souvent le cas pour moi face à des phrases "montées à l'envers" genre "le ciel est gris, il va pleuvoir, on va prendre un parapluie.... il m'a dit".

Après, ce roman pose tout de même de bonnes questions sur nos rapports au quotidien et aux autres, apporte aussi une petite dose de divertissement, mais sans profondeur, et ce n'est pas suffisant pour moi pour faire de "Chevalier de l'ordre et du mérite" une lecture incontournable et mémorable ! J'espérais plus d'humour et de causticité. Dommage car les premières pages m'avaient quelque part saisie d'effroi, lorsque je réalisai, à travers le regard de Sylvie Testud, l'immense brutalité psychologique du jeu nommé "les chaises musicales"...

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 14 Novembre 2017

Roman - Editions Audiolib - 9h04 d'écoute - 19.70 €

 

Parution d'origine en mai 2016 (Existe en format poche) 

L'histoire : Durs ces derniers mois pour Julia... Elle perd sa grand-mère, son père, son emploi et quitte son amoureux. C'est à reculons qu'elle postule en qualité de psychlogue dans une maison de retraite du Sud-Ouest. Elle espère y être justement en "retraite" pour se retrouver. 

Julia découvre très vite que les pensionnaires des Tamaris ont moult choses à lui apprendre, et elle ne sera jamais au bout de ses surprises.

 

 

Tentation : Pitch + blogo

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Voici un roman plaisant à écouter (ou lire), distrayant, assez profond, rythmé, avec de bonnes doses d'humour et évidemment d'émotions, voire de bons sentiments ! C'est clair, c'est une histoire tout de même bien "girly" pour un public je pense plutôt féminin.

L'interprétation qu'en fait Astrid Ross est parfaite pour ce genre de roman.... romance idéale pour la période estivale ou les dimanches glacials sous la couette en hiver.

La première partie de cette histoire m'a vraiment réjouie ! Style agréable et joyeux, même si notre héroïne n'a pas grand moral, et entrée dans un univers que j'ai quitté il y a plus 20 ans, avec le décès de mes grand-mères. Univers qui, je l'avoue, m'a à l'époque traumatisée.

Et finalement, j'ai vraiment aimé rencontrer et partager le quotidien de ce petite troupe d'octo-nonagénaires, ainsi que le lien que crée Julia avec la plupart d'entre-eux. Cet aspect du roman est intéressant, et traité avec tact et sans pathos exagéré. Au contraire ! Ces papys et mamies  ont plus d'un tour dans leur sac, de l'humour, et surtout beaucoup d'amour... Bien entendu, d'autres aspects de la vieillesse sont abordés, toujours avec délicatesse : l'affaiblissement du corps, la solitude, la maladie, le décès, le deuil, les souvenirs qui s'envolent, les regrets, la fidélité, les joies passées ou bien présentes. Franchement, les dialogues qui naissent entre Julia et ses patients sont émouvants, touchants et profonds. D'autant que de certains de ces dialogues, c'est ce qui reste tu, mais que l'on devine, qui est le plus important.

Arrivés là, vous vous demanderez sans doute pourquoi je n'attribue que 3 pattes à ce roman best-seller. Parce qu'une romance s'installe entre Julia et le petit-fils d'une pensionnaire. Pourquoi pas, puisque c'est aussi un signe de la "résurrection" de Julia. Sauf que celle-ci m'a agacée avec ses hésitations et interrogations interminables qui, pour moi, coupaient trop le sujet principal et son rythme.

Autre point qui m'a vraiment lassée : l'humour, qui pourtant est bienvenu pour rendre le sujet de la vieillesse attractif. Cet humour qui m'a tant plu au début est devenu too much pour moi. Comme dans les grosses comédies américaines où il faut un gag par minute, j'ai trouvé, au fil des chapitres que cet humour était trop présent, voire envahissant. Comment expliquer ? Nombreuses sont les métaphores drôles utilisées par l'auteure pour éclairer un passage, une action, un sentiment etc... Et bien une métaphore par "action", d'accord, mais quand c'est toute une liste de métaphores à chaque fois, et bien ce n'est plus surprenant, même si celles-ci sont bien trouvées. Voilà, l'humour doit être surprenant et non constant, au point de paraître forcé. Enfin, ce n'est que mon humble avis.

Cependant, n'hésitez pas à lire ou écouter ce livre, qui est tout de même bien frais, malgré l'âge moyen des protagonistes. Du feel good bien approfondi ! Un beau regard sur nos aînés !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 8 Novembre 2017

Roman - Editions Belfond - 240 pages - 18 €

 

Parution le 17 août 2017 : Rentrée littéraire

 

L'histoire : Il rencontre Lou dans le métro parisien. Lou est de suite hors norme, puisqu'elle l'embrasse directement avant de quitter la rame. Il l'a recroise par hasard quelques heures plus tard pour ne plus la quitté. Il est entraîner dans le tourbillon qu'est Lou la violoncelliste peintre, qui croque la vie à pleines dents et vit l'art jusqu'au plus profond de ses entrailles. Elle l'emmène dans ses fulgurances et ses délires sans borne, proches de la folie joyeuses.

Tout parait merveilleux jusqu'au soir où Lou, prise de convulsions et de démangeaison, tombe dans le coma. Il va alors découvrir ce qu'est vraiment "le feu sacré".

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Les Editions Belfond et Gilles Paris, merci pour l'envoi !

 

 

Mon humble avis : Quelle belle et surprenante qualité que la curiosité littéraire ! Comme j'ai bien fait d'être tentée par ce roman. Mais quel roman ! Fascinant, voilà le mot qui convient.

Le narrateur, prof de lettres au collège est dans le métro, ses écouteurs sur ses oreilles. Et dans son monologue intérieur, on sent bien qu'il mène une petite vie assez étriquée et qu'il est obsédé par les statistiques, le terre à terre quelque part. Dans la rame, surgit Lou, qui sans gêne aucune, saisit l'un de ses écouteurs et partage avec lui un moment musical. Quelques stations plus tard, sans un mot, elle l'embrasse et bondit hors de la rame.

Quelques heures plus tard, il la retrouve par hasard, à faire un spectacle d'équilibriste sur un pont de Paris, devant des badauds médusés. Et c'est parti pour un tourbillon rythmé par la musique de Tchaïkovsky... Même si, quand j'y repense, c'est plutôt "La foule" de Piaf qui me viendrait à l'esprit pour habiller et imager cette histoire. Même s'il n'est pas emporté par la foule mais par Lou, son énergie, son imagination débordante, sa passion pour l'art, sa folie douce au début... Merveilleuse puis inquiétante.

En fait, ce roman commence comme une comédie romantique, ce genre de coup de foudre que l'on ne voit qu'au cinéma, qu'on lit dans les livres mais qu'on ne vit jamais. Cette première partie du livre est donc agréable à lire, surtout qu'elle est servie par une plume aussi magnifique, que maîtrisée, que poétique... Même onirique parfois et souvent teintée de sensualité. Le narrateur saisit que Lou l'invite à voir, à sentir et à comprendre l'art de façon différente.

Puis viennent les convulsions, les hallucinations, les démangeaisons de Lou et sa plongée dans le coma. A l'hôpital, les médecins se trouvent d'abord désarmés devant cet étrange cas, puis le diagnostic tombe : "Le Mal des ardents", alias "Le feu sacré", alias "la peste de feu" alias la maladie de l'Ergot de Seigle. La coupable : La boulangerie de Lou, qui use sans doute, à son insu de farine contaminée.

Le narrateur se plonge alors dans une recherche insensée sur ce Mal des ardents et ce qu'il découvre est inouï ! C'est cette recherche, très aboutie, documentée et instructive, qui donne, à mes yeux, cet aspect fascinant du roman. Ce roman qui remet à jour un fléau pourtant pas vraiment éradiqué de par le monde, mais qui épargne globalement les pays industrialisés depuis les années cinquante. Où l'on découvre (en tout cas pour moi qui n'avait jamais entendu parler de cette maladie), que cet Ergot de Seigle a fait des ravages, des centaines de milliers de morts à travers les siècles et le monde, avant qu'il soit identifié et même ensuit, l'auteur explique parfaitement le pourquoi du comment !  Cet Ergot de seigle, aux effets terrifiants et dévastateurs sur l'homme, a été "racheté" par l'Eglise qui voyait en lui la vengeance du diable face aux moeurs "allégées" par exemple. Cet Ergot de seigle qui aurait expliqué bien des cas de sorcellerie s'il avait été connu. Cette maladie, appelée aussi l'ergotisme est aussi connu comme "le feu Saint Antoine"   car nombre des victimes s'améliorent en se rendant en pèlerinage auprès des reliques de saint Antoine. Etc, Etc... Je ne vais pas tout dévoiler ici, je vous laisse découvrir tout d'abord l'histoire de Lou et du narrateur, puis l'Histoire du Mal des Ardents. Passionnant je vous dis, et excellemment écrit. Bref, de la littérature de qualité, captivante et instructive !

 

7/6

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 6 Novembre 2017

Roman - Editions Aux forges de Vulcain - 354 pages - 19.50 €

Parution le 24 août 2017 : Rentrée littéraire !

 

L'histoire :  C'est l'histoire de Stradi qui naît avec un violon dans le crâne. A l'école, il va souffrir à cause de la maladresse ou de l'ignorance des adultes et des enfants. A ces souffrances, il va opposer son optimisme invincible, héritage de ses parents. Et son violon s'avère être un atout qui lui permet de rêver et d'espérer. Roman de l'éducation, révérant la différence et le pouvoir de l'imagination.

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Price Minister, merci pour l'envoi

 

 

 

NB : Comme chaque année, je participe au MRL (Match de la Rentrée Littéraire) proposé par Price Minister en collaboration avec quelques blogueuses, qui proposent leurs sélections de romans. J'y ai choisi celui-ci. Contre réception, il est demandé d'en rédiger la chronique la plus originale possible. Voici pourquoi cette chronique ne ressemble pas à celles que j'écris habituellement ! Et étant donné la présentation que j'ai imaginée, il vous faudra, cette fois, utiliser le zoom écran pour lire correctement ! (125% semble zoom idéal)

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 25 Octobre 2017

Roman - Editions Mazarine- 286 pages - 17 €

 

Parution le 6 septembre 2017 : Rentrée Littéraire !

 

L'histoire : Dans un collège parisien, c'est la rentrée scolaire. La sixième, pour une tripotée de préadolescents, apporte une flopée de nouveautés : nouveaux profs, nouvelles matières, nouveaux copains... ou pas. Car difficile de faire partie du groupe, de la bande, si l'on est trop gros, trop petit, trop bizarre, trop bigleux etc. C'est encore plus difficile quand on s'appelle Thierry et que l'on est le fils du dirlo, ou lorsqu'on est Arthur et que le paternel n'est autre que le ministre de l'Education Nationale. Entre vacheries, amours naissants, bonnes blagues d'enfants et stratégies presque militaires pour se faire accepter, c'est Arthur qui nous raconte cette année scolaire qui marquera sans doute tous les protagonistes.

 

Fournisseur : Reçu dans ma BAL, envoi de l'éditeur.

 

Mon humble avis : Quelle lecture.... Laborieuse pour moi ! A la fin de mon humble avis de lectrice déçue, vous trouverez "le droit de réponse" de l'auteur, suite à nos échanges de mails. 

J'ai reçu ce livre sans l'avoir demandé. Cependant, le titre m'a parlé et je me suis dit : "pourquoi pas". En effet, en classe de troisième, j'ai moi-même été le souffre-douleur, la tête de turc, le bouc émissaire de ma classe et même de mes "supposées amies" de l'époque. Ce fut à tel point que mes parents ont dû me retirer de la cantine, histoire de limiter mon temps passé au collège et dans la cours de récré, lieu de tous les supplices. Pourquoi je fus ainsi la cible des autres ? Toujours aucune idée franche. Etais-je trop quelque chose ou pas assez autre chose ? D'apparence en tous cas, j'étais à priori normale... Mais je n'avais pas encore embrassé un garçon avec la langue, là devait être mon crime, ma tare !

Bref, revenons au roman. L'intention est bonne et sincère. Ca se ressent au fil des pages et surtout à la fin ! Ce roman montre très bien l'importance pour un enfant de faire partie d'une tribu, DU groupe qui possède son chef charismatique, qui bien souvent, n'est pas le premier de la classe. Les difficultés d'intégration, l'énergie dépensée pour faire oublier sa "différence, la tristesse de ne point y parvenir sont bien développées. Tout comme les stratégies cruelles qui sont de désigner un autre souffre-douleur pour éviter de le devenir soit même. Voilà le point positif de cette histoire. Et hélas, le seul !

Quand je me plonge dans un roman, deux solutions : soit je ne prête quasiment pas attention au style parce que je suis prise par l'histoire, le suspens etc. C'est le cas en général avec les thrillers, qui sont le plus souvent bien écrits, mais sans plus. Disons que le style, bien qu'efficace est plutôt secondaire.

Deuxième solution, j'entame un livre considéré comme "plus littéraire" et j'aime me délecter de la plume, l'admirer, la décortiquer pour qu'elle me pénètre dans l'espoir (vain évidemment) d'en être un jour l'auteure !

Avec ce roman... Ce fut la catastrophe... Dès le début. Que d'erreurs de syntaxe, de grammaire, de conjugaison ! Quelle lourdeur de style ! Que de répétitions d'adverbes, de mots ou de vocabulaires de même racine dans le même paragraphe, où l'on passe au petit bonheur la chance du présent, à l'imparfait, au passé simple, antérieur, puis composé... Quand soudain surgit un subjonctif imparfait ! (Dans la bouche d'un gamin...). Car oui, l'un des problèmes narratif de cette histoire, c'est qu'elle est censée être contée par le narrateur, Arthur, 12 ans. Sauf que quelques phrases laissent parfois penser que c'est Arthur 40 ans qui a pris la plume et qui se souvient. On sent beaucoup trop le recul de l'auteur adulte dans les analyses des situations. De même, les réflexions d'Arthur font parfois preuve d'une grande maturité, tant dans la matière que dans le vocabulaire utilisé. On a l'impression d'être dans la tête d'un adulte qui se souvient de son enfance pour une page plus loin, se retrouver franchement dans l'âme d'un gamin.

Ce n'est pas compliqué, j'ai passé mon temps de lecture à reconstruire les phrases pour qu'elles mènent à un style fluide et agréable. Il y a quelques années, j'avais interviewé un grand auteur britannique : R.J Ellory. Pour lui, écrire un roman, c'est dire un maximum de choses avec un minimum de mots. Et bien l'auteur de ce roman n'est pas parti sur cette ligne de conduite. Que de mots inutiles, qui ne font qu'alourdir encore le style. La langue française est si belle et si riche de verbes, alors pourquoi un usage autant d'auxiliaires, de "il fallait que".

Allez, au point où j'en suis, j'en rajoute une couche. Je trouve le comportement des adultes de ce roman très peu probable. Pourtant, ceux que nous fréquentons sont plutôt d'une catégorie sociale ++ avec "éducation" (proviseur, ministre)  Alors pourquoi aussi peu de réactivité de leur part quand leur fils leur narre les cauchemars que sa bande et lui font subir à certains de leurs "camarades" ?

Bref, un roman qui n'est pas inutile pour continuer à alerter sur le harcèlement scolaire, mais une lecture qui n'a rien d'agréable. Même "Le ticket retour pour l'enfance" promis par la quatrième de couv' est douloureux, tant ces gamins sont tous plus cruels les uns envers les autres. Ca donne plutôt mal au coeur de lire cela. La "mignonitude" est en fait presque absente dans ce roman.

Et tout au long de ma lecture, je me suis demandé s'il y avait des relecteurs et des correcteurs aux éditions Mazarine...

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5/6

 

Suite à la publication de ce billet, j'ai eu plusieurs échanges mails très courtois avec l'auteur. Suite à ceux-ci, celui-ci me demande de publier sa réaction et ses justifications sur ses choix de style. Ce que je fais avec plaisir et non sous la contrainte. Car, quand suite à un avis de lecture déçue les échanges avec l'auteur restent aussi cordiaux et constructifs, c'est un plaisir.

 

« Il n’y a pas dans ce livre (à moins d’une ou deux coquilles, ce qui est toujours possible) de fautes de grammaire et de conjugaison qui soient d’ordre morphologique. Quant au choix des temps, il ne repose sur aucun arbitraire, mais sur des critères précis.

Arthur, le narrateur, commence par prendre la parole alors que la rentrée a eu lieu quelques mois plus tôt. Il parle des événements de cette rentrée à l’aide du plus-que-parfait pour faire avancer l’action dans le passé, de l’imparfait sinon. Lorsqu’il revient sur les événements se déroulant au moment où il parle, il utilise le présent. Les alternances des temps sont donc liées à ses propres alternances entre ses souvenirs et l’instant présent.

Je m’accorde, par ailleurs, des libertés afin de restituer la fraîcheur et l’authenticité de la voix de cet enfant. Tout est pesé pour aller dans ce sens. Le passé composé est par exemple utilisé une fois, alors qu’il ne devrait pas l’être à cet endroit, pour marquer une rupture et rendre compte de la sidération d’Arthur : « Un court instant, j’ai vu madame Pinson ne plus savoir quoi dire au proviseur. » L’effet ne serait pas le même avec un autre temps. Or je préfère restituer cet effet plutôt que respecter les règles à tout prix.

Mon texte n’est pas le Bescherelle, mais la copie imparfaite d’un enfant de cet âge. J’assume donc quelques écarts avec les règles canoniques de la syntaxe (comme des omissions de la particule « ne » pour la négation ou bien des tics de langage et autres répétitions) lorsqu’il s’agit de restituer la voix singulière d’un pré-ado, ce qui est le cas dans nombre d’autres romans dont le narrateur a cet âge. Faire « le propre » dans sa narration, ce serait tuer sa voix. Il ne s’agit donc pas d’une faute, mais d’une réelle intention de l’auteur.

Quant à l’excès de mots que vous signalez, il est lié au tempérament du narrateur, un personnage qui ne peut s’arrêter de penser, ce contre quoi il se bat d’ailleurs tout au long du roman.

Il me semble que ce livre n’était pas celui qu’il vous fallait lire au moment où vous cherchiez tout autre chose, comme vous l’écrivez vous-même. J’admets, par ailleurs, que vous ne soyez pas sensible à ce type d’écriture : c’est votre liberté.

Cordialement. 

SF

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 21 Octobre 2017

Roman - Editions Livre de Poche - 216 pages - 6.60 €

 

Parution d'origine en mai 2014

 

L'histoire : Dans Paris, un immeuble est occupée par 5 femmes. Leur point commun, elles ont toutes renoncé à l'Amour, aux hommes. De toute façon, ce renoncement est exigée par la propriétaire, qui habite au 5ème étage et aucun homme ne peut pénétrer dans l'antre. Carla, l'une d'entre elle, s'envole pour quelques mois en Inde et prête son appartement à Juliette. Celle-ci, en rêvant du grand amour, va bousculer cette petite communauté...

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

 

Mon humble avis : Voici un roman agréable, qui se lit bien vite, idéal pour un après-midi plage ou couette, entre deux lectures plus "littéraires" va-t-on dire. Il fait partie de ce que l'on appelle les "feel good books". C'est drôle, c'est émouvant aussi, c'est rythmé mais cela surfe surtout sur la surface plutôt que de plonger vraiment sur le sujet. Aussi, je pense que ce roman est plus là pour poser des questions que d'en donner les réponses.

Bien sûr, cette histoire de femmes ayant renoncé aux hommes m'a parlé et émue, parce que je me suis retrouvée dans certaines d'entre-elles. Les raisons et les histoires de vie qui ont poussé quelques-unes à renoncer aux hommes m'ont même bouleversée. Après, ce livre n'est pas un pamphlet contre le masculin. Mais il semble démontrer une fois de plus que les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus. Que les attentes en amour sont différentes, et le comportement aussi... Les unes s'enflamment au premier regard et les autres prennent peur dès que le mot "demain" ou "la semaine prochaine" ou encore "bébé" sont prononcés et prennent la poudre d'escampette.

Le personnage de Juliette, qui n'a jamais connu l'affection et l'amour de ses parents, est particulièrement touchant.

Maintenant, j'ai trouvé le caractère de la Reine (ancienne danseuse étoile) un peu trop radical et son comportement trop despotique. Puisque dans cet immeuble tout homme y est interdit de présence, qu'il soit plombier ou fils d'une des locataires.

L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes est donc finalement un roman sur l'Amour. L'Amour bonheur et souffrance. L'Amour nécessaire ou optionnel. Séduire et le crainte de ne plus séduire, à cause de quelques kilos en trop ou de rides bien profondes. De la jeunesse qui s'est évanouie. 

Je pense que l'objectif de ce roman est aussi de dé stigmatiser les célibataires, et qu'il n'y a pas de recette pour le bonheur. Celui-ci peut se vivre en couple, comme seule, avec la mise en place de substituts. L'on peut être très heureux seul ou en couple, comme on peut être aussi malheureux dans ces deux situations. Rien ne garantit le bonheur qui ne dépend pas forcément d'une autre personne. Le bonheur n'a pas n'a pas d'archétype

Bref, c'est divertissant, c'est frais, c'est léger, ça ne prend pas la tête, mais le sujet et les personnages ne sont ni approfondis ni développés. Ca survole ! C'est du feel good quoi !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 13 Octobre 2017

Roman - French Edition - 12h24 d'écoute- 17 €

 

Parution d'origine en 1890

 

L'histoire :  Le sang exécrable des Rougon-Macquart court dans les veines de Jacques Lantier, fils de Gervaise et héritier d'une lignée maudite. Lantier a assisté au meurtre d'un notable par le chef de gare du Havre. Pour se protéger, la femme de ce dernier, Séverine, le séduit et devient sa maîtresse. Auprès d'elle, et dans les vapeurs de sa chère Lison, sa locomotive, Jacques pense pouvoir conjurer ses pulsions meurtrières, résister à " la bête enragée qu'il sent en lui " à la seule vue de la nudité d'une femme.
Un voyage tragique commence, où la démence, la jalousie et le crime sont portés à l'incandescence dans le plus russe des romans français.

 

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Oh, un pur et grand classique sur mon blog !?! Inattendu non ? Oui, j'avoue. Et me voilà bien maintenant, car lire un grand classique n'a en soit rien d'héroïque, mais le chroniquer, c'est une toute autre affaire ! Parce que tout a déjà été dit sur ce roman qui a, depuis plus d'un siècle, était décortiqué et expliqué par les plus grands spécialistes et par un prof de français sur deux en France ! Aussi, mon avis n'en sera pas un (ceux qui recherchent une explication de texte ici seront bien déçus !) mais un ressenti !

Je pense que c'est le temps qui définit surtout la grandeur de l'oeuvre et pour "La bête humaine", le temps a déjà fait son oeuvre. Que ce soit en 1890 ou en 2017, il est clair que ce roman est un chef d'oeuvre.

Cela fait exactement 30 ans que j'ai lu mon premier et mon unique Zola : Germinal. Lu plus ou moins sous la contrainte. A cette époque, j'avais presque cessé de lire, dégoûtée par les lectures imposées au collège. Mon père m'a pris par la peau du cou, m'a déposée devant la bibliothèque familiale et m'a dit : "Tu choisi le livre que tu veux, mais dans 2 semaines, je veux une fiche de lecture". J'avais pris et adoré Germinal, qui contait entre autre l'Histoire de ma région natale. Et pourtant, ensuite, plus ou peu de classiques. Pour moi, ils ont quelque chose de terrifiant dans leur forme de pavé, écrit tout petit avec des couvertures soit moches, soit déprimantes, soit effrayantes, soit les 3 en même temps.

Et puis voilà que je tombe sur la version audio de La bête humaine. Et là, c'est la révélation ! C'est clair, je n'avais qu'une hâte, me retrouver dans ma voiture ou à marcher le long de mon canal pour en poursuivre l'écoute ! Et oui, Emile Zola m'a happée !

Je pense que s'il paraissait aujourd'hui, ce roman serait classé dans les étagères "thriller" des librairies. Quel suspens à couper le souffle ! Les victimes deviennent des bourreaux, tout le monde se manipule d'une façon ou d'une autre, on ne sait plus toujours qui est la proie, qui est le chasseur, tout semble pouvoir basculer à tout moment, le doute nous habite tout au long du roman. Les personnages sont autant ambivalents que passionnants, inquiétants qu'attachants et croqués et approfondis à merveille !

La bête humaine est le 17ème titre de la série des Rougon-Marcquart sur 20. Je ne pense pas m'arrêter là, tant j'ai été séduite par la beauté de la langue et du style, tant la construction du roman est grandiose, tant le rythme m'a plu. En livre audio, les quelques longueurs subis par certains ne m'ont pas dérangée, tant elles étaient encore l'occasion de me délecter de cette magnifique écriture. Zola nous plonge dans la folie meurtrière de l'âme humaine qui n'est jamais loin de son animalité. De ce fait, l'intensité dramatique ne quitte pratiquement pas son paroxysme du début à la fin de l'histoire, donc on se demande vraiment quel en sera le dénouement !. Le tout, dans une société de la fin du XIXème siècle, qui se croit bien-pensante mais déjà bien gangrenée par la corruption et le qu'en dira-t-on.

C'est donc à 45 ans que je découvre et réalise vraiment l'immense talent d'Emile Zola, comme quoi, il n'est jamais trop tard pour bien faire !... Et bien faire, c'est surtout le faire par envie et curiosité personnelle. Du coup, je ne compte pas m'arrêter là et je songe, dans les mois et années à venir, à me transformer en spécialiste des Rougon-Macquart, et à m'y plonger en toute connaissance de cause !

Si comme moi, vous êtes récalcitrants devant les "classiques", tentez avec La bête humaine, vous ne devriez ni sombrer dans l'ennui, ni être déçus !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 3 Octobre 2017

Roman - Editions Belfond - 290 pages - 18 €

 

Parution le 7 septembre 2017 : Rentrée Littéraire !

 

L'histoire : Leur père vient de décéder. Leur mère est morte assassinée plus de 30 ans auparavant. Et  son meurtrier, ayant purgé sa peine, va bientôt sortir de prison.

Marisa et Paul , le frangin et la frangine, se retrouvent donc dans la maison familiale sur la côte méditerranéenne. L'une est fatiguée de porter, l'autre ne s'est pas construit. Une autre vie s'offre à eux, qu'il faut saisir pour être. L'un choisit l'action, l'autre le refuge dans une autre réalité...

 

 

Tentation : Pitch et curiosité

Fournisseur : Gilles Paris et Belfond, merci pour l'envoi !

 

 

Mon humble avis : Outre la 4ème de couverture bien tentante, c'est surtout la curiosité qui m'a menée vers ce livre. Pour moi, Agnès Michaux était juste un bon souvenir de la grande époque formidable de Canal + ! Et là, le choc ! Je découvre une plume magnifique, et à n'en point douter une auteure de grand talent ! Oui c'est cette écriture, ciselée, profonde et légère, poétique, douce dans les mots mais parfois rude dans le sens, voluptueuse, mystérieuse, effleurrente et frappante, métaphorique et aussi très psychologique. Je pense que c'est ce qui m'a le plus plu dans ce roman, ce qui m'a bercé tout au long de ma lecture. Oui, j'étais bercée mais gardait des yeux ébahis devant une telle beauté du verbe.

Agnès Michaux plonge corps et âme dans l'esprit et le coeur de ses personnages sans forcément citer les maux avec précision. Mais on les ressent ces maux, et je pense que c'est au lecteur d'y mettre ses propres mots. Système laisse une grande place aux sens. Tout y est ressenti... La chaleur écrasante, la nonchalance, le temps qui traîne, la brise qui caresse, la mélancolie palpable...

La lecture est assez vertigineuse, parfois étouffante car l'on est vraiment dans un univers particulier, ambivalent, complexe, énigmatique. On poursuit le chemin intérieur et la construction extérieure des personnages. Même si pour se reconstruire, ou simplement vivre, mais pour de vrai, réellement, l'un choisit la destruction et l'autre, l'autodestruction, le lâcher prise et se laisse envahir dans sa folie salvatrice.  On n'ignore où Agnès Michaux va nous mener et l'on est surpris de autant de la rencontre d'Arthur Rimbaud que de celle de l'actualité du monde : Les corps échoués des migrants à Porquerolles, la guerre civile en Ethiopie.

Système est aussi prétexte à nombre de réflexions... Sur le système judiciaire (suffit-il à être vengé) sur le système du monde où le cours du café décide presque de l'éclatement d'une guerre civile. Sur le système nerveux quand il lâche. Sur le système qui fait de vous une victime ou un bourreau. Sur le système historique du dominant (l'homme blanc) et du dominé (l'homme noir). Sur le système de la colonisation, du commerce international et des blancs qui arrivent comme des rois en terres "exotiques". Nombreuses réflexions et descriptions de l'exotisme. Oui, qu'est-ce que l'exotisme, sinon les bizarreries de l'autre ?

Système est un roman sur la reconstruction après un drame, même si cette reconstruction intervient seulement 30 ans après celui-ci. Roman initiatique quelque part, sombre et lumineux à la fois. La première partie m'a plus touchée que la 2ème mais il n'empêche, je n'ai pas compté les phrases fabuleuses de vérité et d'émotion que j'ai relu par deux fois pour bien m'en imprégner. Mais je ne peux pas tout dire sur ce livre, si dense, si intense, même si c'est plus de l'écriture que de l'histoire dont je suis "tombée en amour" !

Un univers, une plume à découvrir de toute urgence !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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