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Publié le 26 Janvier 2021

Roman, un paquebot dans les arbres, Valentine Goby, avis, critique, chronique, littérature, tuberculose

Roman - Editions Babel - 267 pages - 7.90 €

Parution Babel en 2018 (Acte Sud 2016)

L'histoire :  Dans les années cinquante, Mathilde est une toute jeune adolescente lorsque la tuberculose pénètre dans l'antre familiale. C'est son père, Paulot qui est le plus atteint. Paulot et Odile sont très doués pour le bonheur, le partage et l'insouciance. Lorsqu'ils partent tous les deux pour un long séjour au sanatorium, ils laissent leurs deux plus jeunes enfants dans la misère et le dénuement. C'est Mathilde qui va remonter ses manches et tout faire, contre vents et marée, pour garder une famille unie. Mathilde va grandir très vite, trop vite.

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : Quelle pépite que ce roman ! Pendant quelques jours j'ai été aimantée par cette histoire, et la façon qu'a Valentine Goby de la conter. Depuis la formule narrative, en passant par la plume enchanteresse et le rythme qui ne faiblit jamais, je vois dans "Un paquebot dans les arbres" un chef d'oeuvre parfaitement maîtrisé... Ce qui n'empêche nullement émotions et sensation de naturel. Le texte coule comme un ruisseau qui devient torrent, et le sens ruisselle en nous comme le sang dans les veines... Et le coeur bat, très fort... D'admiration pour Mathilde, d'énervement contre ses parents insouciants qui ne se rendent jamais compte du poids qu'elle porte et de tout ce qu'ils lui demandent... D'effroi aussi quand on constate une fois de plus la béance de l'aide étatique auprès des plus démunis. Quant aux amis de la famille... Il n'en n'est plus... La peur du bacille... On fuit la famille Blanc. Elle peut bien crever de faim dans l'indifférence générale.

Le roman s'ouvre sur les pas d'une vieille femme qui foulent les ruines de l'ancien sanatorium que tout le monde appelait "le paquebot dans les branches". Pour sa forme et sa situation... perdu dans les arbres. Cette vieille dame, c'est Mathilde... Elle se souvient que plus de cinquante ans plus tôt, ce lieu a signifié l'éclatement de la famille, et la lutte de la jeune Mathilde pour lui garder la tête hors de l'eau, dans une misère inouïe, celle qui tiraille l'estomac, qui élime les vêtements etc. Pour Mathilde, ce sera des années de dévotions, de sacrifices, d'abnégation. Son courage, sa fermeté, son énergie, son acharnement tout en dignité tiennent pour moi de l'héroïsme. Plus d'une fois, on a envie de lui dire : "mais pars, vis ta vie". Pourquoi tout cela ? Par amour. Car Mathilde aime son père plus que tout. C'est une véritable vénération qu'elle lui voue depuis toujours. Alors que Paulot ne la regarde qu'à peine, et voit en elle uniquement le garçon manqué qu'elle s'efforce d'être, pour remplacer celui d'avant elle... le petit Pierre, mort peu de temps après sa naissance. Oui, Mathilde, cette ado qui devient adulte malgré elle, par la force des choses, reçoit bien peu en retour de l'oubli d'elle-même.

Un paquebot dans les arbres est donc un roman magnifique et puissant... Qui dresse un portrait bouleversant d'une jeune fille des années 50, qui donne une voix à tous ces oubliés des systèmes sociaux, aux indésirables tubards, à une France qui ne s'est jamais rendue compte que c'était alors les Trente Glorieuses. A lire !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Janvier 2021

roman - Didier Van Cauwelaert - la dernière nuit au XVème siècle, avis, chronique, critique

Roman - VDB Editions - 6h27 d'écoute - 16.95 €

Parution d'origine chez  Albin Michel en 2008

L'histoire : Comment vivre une histoire d'amour avec une jeune femme du XVe siècle, quand on est contrôleur des impôts à Châteauroux en 2008 ?C'est tout le problème de Jean-Luc Talbot, qui était un homme normal, rangé et rationnel... jusqu'à la nuit dernière, où tout a basculé. Est-il rattrapé par une passion vécue au Moyen Age, ou victime du complot diabolique d'un contribuable ? 

Tentation : Le nom de l'auteur que j'apprécie

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Aïe, moi qui cherchais un dernier livre audio sympa et sans prise de tête pour effectuer mes derniers trajets 2020 en voiture, et bien j'en ai été pour mes frais. Ce n'est pas compliqué, j'ai détesté ce roman. J'en ai subi l'écoute et n'ai rien saisi de l'intérêt de l'histoire qui est somme toute rocambolesque. Rocambolesque, pourquoi pas lorsque l'on est déjà dans le romanesque mais là, ça défit l'imagination... Encore une fois, pourquoi pas lorsqu'il s'agit de littérature ?!

Tout ça pour dire que ce roman a glissé sur moi sans trouver aucune accroche. Rien ne m'a pénétrée, ni la poésie de l'amour, ni les situations dantesques où se retrouve le personnage principal. D'ailleurs, je n'ai éprouvé ni empathie ni sympathique pour aucun des protagonistes de l'histoire et pour nombre d'entre eux, j'ai du mal à m'en figurer rôle précis dans le déroulement des événements.

Le roman n'est pas bien long, et pourtant, il m'a semblé interminable. J'ai entamé cette écoute un peu à l'aveugle, sans connaître le nombre de plages (chapitres). A partir de 15, je m'attendais à ce que cela se termine, et bien non, cela repartait pour un tour sans cesse.

Bref, par cette histoire de Jean-Luc Talbot, qui serait plus ou moins la réincarnation d'un certain Guillaume qui vécut au XVème siècle et dont Isabeau, son amoureuse de l'époque veut poursuivre leur amour dans le présent... j'imagine que Didier van Cauwelaert développe sans doute l'intérêt qu'il porte peut-être à l'espace-temps, aux sciences plus ou moins occultes, à la réincarnation. Sans aller aussi loin, il nous dit peut-être qu'il faut parfois se libérer de son passé pour avancer. Mais bon bref, je ne suis pas du tout convaincue, au point qu'au cours de ma lecture, je me suis dit que ce roman était peut-être l'un des tous premiers du célèbre et prolifique auteur que j'apprécie habituellement, et bien même pas.  On passe !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 18 Janvier 2021

Irène Frain, Prix Interallier 2020, un crime sans importance, littérature, avis, critique, chronique

Récit - Editions du seuil -256 pages - 18 €

Parution le 20 août 2020 : Rentrée littéraire

Le sujet : En banlieue parisienne, une femme vêtue d'un manteau bleu noir, discrète, comme si elle n'était pas à sa place, se rend aux obsèques de Denise, une septuagénaire. Denise a été sauvagement assassinée à son domicile. Une enquête de police est bien sûr ouverte mais l'aboutissement tarde... Police et justice se murent dans un silence suspect, silence qui empêche la famille de comprendre, de faire son deuil, et de punir le criminel. La femme en manteau bleu noir est de cette famille divisée. Elle est la soeur cadette de Denise. Elle est Irène Frain. Irène Frain, qui est écrivain et a donc la parole, prend la plume pour que la mort de sa soeur ne demeure pas un crime sans importance.

 

Tentation  : La blogo

Fournisseur : Bib N° 1

Mon humble avis : Il se lit comme un roman, mais narre une histoire tragique réelle. Ce récit puissant et cruel m'a littéralement happée. J'ai même été surprise de le dévorer aussi vite. Je m'attendais à une lecture difficile alors qu'en fait, l'écriture, évidemment travaillée, est d'une fluidité merveilleuse. Elle invite, elle retient, et pour l'auteure, elle démusèle. 

Par ce récit, Irène Frain libère sa colère longtemps contenue face aux silences qui suivent le meurtre de sa soeur, de sa marraine. Le silence de la famille distendue et toxique, qui mettra 7 semaines à l'avertir de la violente agression qui a mené à la mort de Denise. Le silence de la police, qui ne confie pas le dossier à la justice... Ce qui fait que la famille n'y a pas accès et reste dans le brouillard. 

La famille est divisée, Irène Frain ne semble plus en faire vraiment partie. Des passages bouleversants sur l'enfance des deux soeurs, puis sur la vie de Denise nous expliquent pourquoi celles-ci ne se sont pas vues depuis des années.  Et pourtant, un lien très fort unit Irène et Denise... Mais il y a la maladie de Denise, et les traditions taiseuses de cette famille bretonne modeste.

Irène Frain va se battre pour savoir où en est l'enquête, pour que le meurtre de sa soeur ne tombe pas dans l'oubli judiciaire. Lors de ses recherches, elle découvre que d'autres personnes âgées des alentours ont aussi subi de terribles agressions chez elles... Et pourtant, la police ne semble pas faire le lien, là où les habitants de la ville y voient clair comme de l'eau de roche. Le policier en charge de l'enquête reste injoignable, il ne transmet pas le rapport à la justice, tout reste au point mort. La colère d'Irène Frain devant cette inertie, qui cache soit de la mauvaise volonté soit un vice de procédure caché, est contagieuse... Elle monte en nous et déborde. Mais comme le dit Irène Frain, le meurtre d'une vieille dame discrète ne déplace pas les foules comme celui d'une belle adolescente, elle ne génère pas de marche blanche... C'est sans doute un crime sans importance aux yeux de la société...

J'ai vraiment du mal à rendre hommage à ce texte aussi ahurissant que bouleversant, sincère et pudique, qui porte aussi sur le deuil en lui-même. Je ne trouve pas les mots. Mais il est à lire, d'autant qu'en parallèle, Irène Frain dresse le portrait de nos villes, de nos banlieues actuelles et d'un dysfonctionnement sociétal certain.

 

L'avis d'Aifelle et d'Antigone

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 16 Janvier 2021

Jean-Louis Fournier, satané dieu, livre, avis, chronique, critique

Roman - Editions Stock - 151 pages - 5.70 €

Parution d'origine en 2005 (existe chez J'ai Lu)

L'histoire : Dieu a fini le monde. Il a ses 150 trimestres, il peut prendre sa retraite. Il choisit de loger avec Saint Pierre au dernier étage d’une tour, au-dessus des hommes. Parfois, il joue au « domino » avec Saint Pierre, mais souvent il s’ennuie. Il entend les voisins du dessous s’amuser. Il est jaloux, leur bonheur lui fait mal. Pas grave, Dieu a beaucoup d'imagination pour pourrir leur vie !

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Voici 11 ans que ce livre attendait dans ma PAL. Ce livre, je l'avais acheté au salon du livre de Paris, où à plusieurs blogueuses globalement débutantes alors, nous nous étions retrouvées.

Voici un roman/essai issue de la plus pure verve à la Fournier ! Cynique à souhait, absurde, décalé et drôle, très drôle justement parce que Jean-Louis Fournier sait faire court. Plus long, ce serait devenu répétitif. En effet, presque chaque chapitre s'ouvre sur la phrase : " Et comme chaque fois qu'il voit des gens heureux, Dieu a la nausée et il réfléchit à ce qu'il pourrait inventer. Il décide de leur gâcher la vie"... Il faut avouer que la pertinence impertinente de Jean-Louis Fournier fait mouche.

Et la liste des méfaits de Dieu qui nous pourrissent l'existence est sans fin ! Depuis les moustiques, en passant par TF1, via la jalousie, les allergies, l'injustice, l'insomnie, la fumée, la pluie, l'argent, l'orage, les embouteillages, la surpopulation, Jean-Michel Jarre, j'en passe et des pires ! Et bien sûr, ces méfaits génèrent aussi des conséquences néfastes... Par exemple, l'argent mène à la guerre...

Mais l'oeil averti du lecteur ne sera pas toujours dupe. Il remarquera certainement que nombre de ces maux qui nous empoisonnent l'existence ne sont que pure création humaine. Oui, l'homme est très doué pour créer son propre enfer et le faire prospérer !

Un bon moment de détente pour tous, même pour les croyants, à condition qu'ils aient  conservé le sens de l'humour et de la dérision !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 12 Janvier 2021

Roman, J'ai Lu, Flammarion, Alexandre Feraga, Le dernier cerveau disponible

Roman - Editions J'ai Lu - 317 pages - 7.40 €

Parution d'origine chez Flammarion en 2017

L'histoire : Agressé en pleine rue, un homme atterrit dans la vitrine d’un salon de coiffure. Sous la violence des coups, il perd la mémoire et la parole. Impossible de savoir qui il est, d’autant plus que personne n’a signalé sa disparition. Qui voudra bien s’occuper de ce grand blessé ? Harold, le propriétaire du salon, accepte de l’accueillir chez lui. Qui va réellement réapprendre à vivre ? Le grand blessé ou ceux qui vont s'occuper de lui ?

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma CB, click & Collect confinée

 

Mon humble avis : Voici un roman plutôt farfelu, avec des personnages qui le sont tout autant, entre Spontex le manchot, Strumstick le terrible professeur, Harold le coiffeur culturiste etc... Mais il faut se méfier des apparences... C'est un peu ce que nous dit Alexandre Feraga. 

Car sous couvert de cette farce qui frôle le Vaudeville, l'auteur nous parle des blessures parfois invisibles de la vie, qui sont souvent les conséquences d'une certaine soumission à nombre de dictats. Ces dictats, il les développe à travers chacun de ses protagonistes. Pèle mêle, Alexandre Feraga montre du doigt les répercussions de la soumission à la théorie du genre, à l'état dictatorial (ici avec Cuba), à l'obligation de l'intégration (quitte à effacer le passé) avec le chauffeur de taxi vietnamien, le devoir de rentabilité avec Spontex, la course au progrès scientifique avec l'ignoble professeur fou, le patriarcat qui réduit la femme à son rôle ménager... Et son contraire... L'ultra féminisme, qui devient aussi une soumission au non. Le romancier évoque même la soumission des destinations touristiques à leurs visiteurs, puisque bien souvent, celles-ci maintiennent des traditions de façade uniquement pour ne pas décevoir les touristes. Oui, il faut correspondre à la carte postale.... Une dernière docilité pour la route... La nôtre, celle de chacun dans ses achats... Et oui, nous nous soumettons à un dictat commercial bien organisé.

Le cas le plus déployé est celui d'Harold, qui souffre de la domination de son père, ce père acariâtre, sévère, boxeur raté, toujours déçu par son fils et ce, depuis qu'enfant, il s'amusait à habiller des poupées. Et le pire, c'est qu'Harold, sans s'en rendre compte, reproduit avec son fils ce comportement qui semble être la signature de la lignée familiale. A travers le personnage d'Harold, Alexandre Feraga appuie là où ça fait mal pour nombre de lecteurs : les traumatismes d'enfance et les dictats familiaux qui empêchent d'évoluer, de s'envoler, d'être ce que l'on est vraiment.

Et l'homme agressé dans tout cela ? Harold le prénomme Olaf... Et, volontairement ou non, ce sera au lecteur de se faire son opinion, il va changer la vie de chaque habitant d'un quartier. Qui est-il ? Surprise ! Il y a bien une piste... Mais peut -elle être prise au sérieux ?

Le dernier cerveau disponible est un roman divertissant, lu entre les deux fêtes. Farfelu en surface et sérieux à la fois. Mais justement, j'ai trouvé qu'il partait un peu trop dans tous les sens, sans aller jusqu'au bout de chaque direction. Sans doute pour écrire un nombre de pages correcte, pas trop et pas trop peu... d'où cette impression de liste accélérée de soumissions. Il aurait peut-être mieux valu se concentrer sur certaines d'entre elles que de vouloir toutes les intégrer dans cette histoire.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 8 Janvier 2021

roman, tropique du chat, Christine Lacroix, Guadeloupe, Faune, Flore, Les Saintes, félins, chats

Roman - Editions - Evidence Editions - 376 pages - 17.99 €

Parution le 14 avril 2020

L'histoire : Toussaint est, comme beaucoup de ses congénères, le chat de personne. Ce beau matou noir et blanc vit aux Saintes. Un jour, par mégarde, il se laisse embarquer dans une navette et le voilà à Trois Rivières, sur le continent vert. Il chemine le long de la côte sous le vent de Guadeloupe. A Malendure, il rencontre Blanchette, une chatte tout juste arrivée de métropole. Ils poursuivent ensemble leur aventure, surmontent les difficultés et profite du merveilleux jardin qu'est l'île papillon.

 

Tentation : Un mail de l'auteure

Fournisseur : Ma CB déconfinée de Mai

 

Mon humble avis : L'auteure Christine Lacroix ne s'est pas trompée en me contactant pour promouvoir son roman. Je pense qu'elle avait vraiment parcouru mon blog. Oui, son "tropique du chat" est fait pour moi... Moi qui, cela n'aura échappé à personne, suit une amoureuses des chats et une Guadeloupéenne de coeur... En effet, j'ai vécu presque 3 ans sur cette île tropicale. Et comme cette histoire se déroule sur cet archipel...

Dans le fond, cette oeuvre aurait pu être un coup de coeur. Je me suis régalée à suivre à la traces les pattes du chat Toussaint Louverture et sa douce amie Blanchette. Depuis les Saintes, Toussaint nous emmène sur la Basse Terre, tout au long de la côte caribéenne, jusqu'au Nord, puis jusqu'à la Rivière Salée, avant de revenir au point de départ via la Route de la Traversée. Que de souvenirs pour moi, d'images précises, je situais avec justesse presque tous les sites cités, et pour certains, j'avais encore des réminiscences personnelles bien vivaces, notamment aux Saintes, mon petit coin de paradis, où j'ai eu la chance d'aller moult fois.

Ces deux félins sont bien attachants et Christine Lacroix décrit leur comportement inné et singulier à la perfection. Et ils nous offrent une occasion unique... Celle de visiter une bonne partie de la Guadeloupe en profitant de leurs caractéristiques : vue, oui et odorat hors du commun ! Grâce à eux, rien ne nous échappe, de plus petits détails à la fragrance la plus délicate. Oui, à travers les yeux, les truffes et les paroles de ses personnages félins, la romancière dresse une cartographie et une photographie presque exhaustives de la Guadeloupe : faune, flore, paysages, cataclysmes, météorologie, histoire (par petites anecdotes), agriculture, us, coutumes, habitat, gastronomie. Le tout avec une grande précision... qui mène hélas à l'excès. C'est là que le bât blesse. Certes, sans doute que les naturalistes, ornithologues, herboristes et autres en herbe se régaleront de tant de descriptions de chacune des espèces vivantes et organiques mais de mon côté, j'ai frôlé l'indigestion au point d'accélérer ma lecture pour en finir, d'autant que dans cet inventaire, il y a certaines répétitions. Dommage, car en même temps, j'étais bien sur mon île.

Un petit mot sur la plume de Christine Lacroix... Très élégante, soignée, recherchée... Sans doute trop aussi (en tout cas à mon goût)... Beaucoup de vocabulaire très châtié et rare, au point que je me suis parfois aidé du dico... Alors pourquoi pas, surtout quand de tels vocables permettent d'éviter la réitération. Mais en fait non, ces termes inusités de retrouvent trop souvent, presque systématiquement dans au fil des pages. Ajoutez à cela les nombreux noms scientifiques des espèces décrites, la lecture n'est pas de tout repos pour l'esprit.

Quoiqu'il en soit, Christine Lacroix offre ici une belle histoire, et invite à regarder plus grand, plus près, plus loin, à profiter de notre belle nature et...évidemment, à la protéger. L'objectif de ce roman est aussi d'inciter les lecteurs à adopter un chat en refuge. Bon, avec déjà un trio poilu chez moi (tous de récup'), je ne peux répondre à son incitation !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Un monde de chat

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Publié le 6 Janvier 2021

Olivia rosenthal, roman, que font les rennes après Noël, conditions animale

Roman - Editions Folio - 224 pages - 7.50 €

Parution Folio 2012, Gallimard 2010

L'histoire : Vous aimez les animaux. Ce livre raconte leur histoire et la vôtre. L'histoire d'une enfant qui croit que le traîneau du père Noël apporte les cadeaux et qui sera forcée un jour de ne plus y croire. Il faut grandir, il faut s'affranchir. C'est très difficile. C'est même impossible. Au fond, vous êtes exactement comme les animaux, tous ces animaux que nous emprisonnons, que nous élevons, que nous protégeons, que nous mangeons. Vous aussi, vous êtes emprisonnée, élevée, éduquée, protégée. Et ni les animaux ni vous ne savez comment faire pour vous émanciper. Pourtant il faudra bien trouver un moyen.

 

Tentation : Ma PAL et le titre pour cette époque de l'année

Fournisseur : Ma PAL 

Mon humble avis : J'ai lu ce roman avec intérêt mais sans réel plaisir. En fait, son format rédactionnel m'a énormément désarçonnée. Plusieurs narrateurs se suivent, sans que la prise de main de suivant soit toujours très nette. Ils ont tous un rapport professionnel avec les animaux... Eleveuse et dresseuse de loups, soigneur dans un parc animalier, généticienne biologiste dans un laboratoire qui s'essaie sur le vivant, éleveur de vache, boucher, technicien d'abattoir. Tous évoquent leur rapport à l'animal, que ce soit sur le lieu de travail ou dans leur vie personnelle. Et ce, avec moult descriptions et explications quant à la législation, tantôt protectrice, tantôt inepte et absurde, relative au droit de posséder, d'exploiter et de vendre des animaux sauvages, exotiques, où destinés à la consommation.  Ces détails sont parfois trop précis et devienne litanie. Certains se lisent en diagonales, car assez répugnants pensent on hypocritement, et pourtant nécessaires à notre alimentaire si l'on n'est pas végétarien. Ce sont les trois premiers intervenants qui m'ont le plus intéressée... Les loups et le parc animalier, le labo... Car, à titre personnel, j'ai du mal à me faire une idée vraiment avisée sur le respect général de la condition animale, surtout à notre époque où les parcs animaliers deviennent de plus en plus des refuges pour des espèces menacées, où l'on peut espérer quelques reproductions... Je pense que l'objectif d'Olivia Rosenthal est de nous remuer et de nous interroger dans nos convictions, de nous aider à en trouver ou alors, d'accepter le fait que la solution ne soit pas si simple... quand il s'agit d'exploitation et de condition animale au XXIème siècle... Alors qu'on veut le progrès, celui -ci se trouverait actuellement dans un retour en arrière pour certains cas. Il est aussi question de l'imprégnation, du retour à la vie sauvage... 

Mais, mais, voilà mon gros bémol... J'espérais une lecture vraiment romanesque et ce qualificatif n'est pas franchement visible. On n'a plus l'impression d'une suite de témoignages. D'autant, qu'au fil et au coeur de ces derniers, entre chaque paragraphe, il semble que ce soit l'auteure qui interpelle le lecteur, via un autre personnage qui pourrait être vous ou elle ou n'importe qui d'autre... un être humain, une femme ici, depuis sa naissance, en passant par son imprégnation familiale jusqu'à son émancipation totale, financière, psychologique... Au début, c'est assez sympa, mais cela devient très lassant et long, d'autant que chacun de ses paragraphes s'achèvent par des phrases qui deviennent presque des mantras... Et qu'on finit par ne même plus lire.

Etrange donc... une lecture décevante, malgré un titre alléchant, mais pas dénuée d'intérêt !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 4 Janvier 2021

Roman - Editions Audiolib - 17h20 d'écoute - 23.45 €

Parution d'origine aux Editions de Fallois en mai 2020

L'histoire :  Une nuit de décembre, un meurtre a lieu au Palace de Verbier, dans les Alpes suisses. L’enquête de police n’aboutira jamais.
Des années plus tard, au début de l’été 2018, lorsqu’un écrivain se rend dans ce même hôtel pour y passer des vacances, il est loin d’imaginer qu’il va se retrouver plongé dans cette affaire.
Que s’est-il passé dans la chambre 622 du Palace de Verbier?

Tentation : J'adore Joël Dicker

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Cela fait maintenant quelque temps que lis en format audio toutes les parutions de Joël Dicker avec toujours la même impatience et le même enthousiasme. Cette année, mon empressement était encore plus intense car enfin, Joël Dicker ne situe plus son intrigue aux Etats-Unis, mais à Genève, sa ville natale.

Et là, déception ! Pire que ça même. Au fil de mon audio lecture, c'est même de l'agacement qui m'emplissait. Je n'avais pas hâte de finir, mais hâte d'en finir... Nuance de taille !

Certes, Joël Dicker a une fois de plus abattu un énorme travail pour pour développer son histoire (dans le milieu bancaire suisse) qui parait bien ficelée si ce n'est que l'on peut se demander si elle est vraiment probable. Certes, les révélations finales sont pour le moins surprenantes et inattendues. Mais quel interminable chemin pour y parvenir, que de longueurs aussi bien dans l'écriture (à quoi bon préciser moult fois que le commissariat se trouve à Genève alors qu'on le sait, à quoi bon redire à chaque fois "ils prenaient leur petit déjeuner sur la terrasse de la maison en bord de mer" etc...) et dans le déroulement de l'action. Ajoutez à cela une narration épuisante, qui sans cesse vous fait voyager dans le temps, et qui ressemble à ceci, sans trop exagéré : quinze ans plus tôt, aujourd'hui, la veille du meurtre, le lendemain du meurtre, 4 mois après le meurtre, trois jours avant le meurtre, 15 ans avant le meurtre, 14 ans avant le meurtre, six mois après le meurtre, un jour et une heure avant le meurtre, le soir du meurtre, re quinze ans avant le meurtre, une semaine avant le meurtre... Bref, et c'est ainsi durant 17h30 d'audiolecture. J'en avais vraiment ras-le bol... Surtout que ces "vas et viens" dans le temps, qui prennent du temps, oblige le romancier à renouveler des rappels au cas où le lecteur serait perdu.

Qui plus est, Joël Dicker se met lui-même en abyme dans ce roman (où ce dernier figure également en abyme), ce qui permet au romancier de revenir sur son succès fulgurant de ces dernières années et rendre un bel hommage à feu son éditeur. Ces passages sont intéressants, mais ne sont là que pour nous éloigner du sujet. 

Enfin, c'est comme au cinéma... Quand je m'ennuie, cela m'énerve, et quand je suis énervée, je deviens implacable et à l'affut du moindre défaut. Et cette fois-ci, j'ai trouvé l'écriture très convenue, très attendue, pour même lire des phrases que j'ai l'impression d'avoir déjà rencontrées dans des dizaines d'autres romans (ex : leurs pas étaient étouffés par l'épaisse moquette des couloirs du palace). A d'autres moments, le style devient flamboyant et grandiloquent pour décrire les sentiments des personnages, alors qu'en tant que lectrice, mon coeur est restée de marbre. Aucun des protagonistes n'a éveillé en moi la moindre sympathie.

Dommage, car sans les incessantes rallonges, et condensée sur 300 pages, cette histoire, bien travaillée aurait pu être captivante. Au lieu de cela, j'ai une la sensation de lire un roman trop lécher, comme si Dicker avait voulu trop bien faire. Mais de mon côté, je suis proche du divorce avec l'un de mes auteurs chouchous...

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 23 Décembre 2020

Vivre vite, Philippe Besson, James Dean, Jimmy, roman, avis, chronique, critique

Roman - Editions Audiolib - 4h10 d'écoute - 17.90 €

Parution d'origine chez Robert Laffont en 2015

L'histoire : Qui était vraiment James Dean, l'enfant terrible du cinéma américain décédé prématurément ?

Qui avait il derrière cet acteur fulgurant ?

Philippe Besson parcours la vie de James Dean, depuis son enfance heureuse, jusqu'à l'accident de voiture fatale, en passant par une jeunesse tourmentée.

 

 

Tentation : Curiosité et blogo à l'époque

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Lecture par curiosité culturelle car j'avoue ne pas connaître grand-chose à propos de James Dean... Quelques clichés célèbres oui... Sa mort prématurée oui... Le reste non. Même pas sûre d'avoir déjà vu un de ses quelques films... Certes, il n'est jamais trop tard pour bien faire.

Et puis, j'apprécie la plume de Philippe Besson que je trouve claire, vive donc jamais ennuyeuse, très agréable et fluide, même si travaillée.

Philippe Besson dresse ici un portrait très contrasté de l'étoile filante. Je ne m'attendais pas à un personnage aussi ambiguë avec autant de dissonances manifestes dans le caractère ! Mi ange mi démon, adorable et égoïste, caractériel, fougueux, passionné, ambitieux voire prétentieux etc. Pour échafauder cette presque biographie, Philippe Besson "laisse la parole" à une multitude d'intervenants qui furent ses contemporains. Des anonymes comme sa tante, son oncle, son père, ses professeurs. Mais aussi des célébrités qui lui furent contemporaines comme Nathalie Wood, Marlon Brando, des réalisateurs etc. Ses petites amies prennent aussi la parole, tout comme ses amants, James Dean étant bisexuel. Parfois, c'est même James Dean qui s'exprime. Même si les témoignages divergent et compose donc un portrait étonnant, ils s'accordent tous sur son charisme, son magnétisme, son talent et l'incroyable justesse inouïe de son jeu d'acteur... les graines de sa célébrité qui semble éternelle...  La mythe James Dean. Ce qui est clair, c'est que ce jeune homme était tout sauf lisse et sans aspérité !

Evidemment, en arrière-plan, c'est tout une époque et une mentalité qui se déroulent : celles des années 40 et 50 aux Etats-Unis, dans la middle class pour commencer, puis dans le milieu des artistes.

Une lecture intéressante, instructive, agréable, mais pas au point de me captiver et de me procurer des frissons. Peut-être mon ressenti eut été différent si j'avais été fan de Jimmy !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 19 Décembre 2020

roman, Olivia Ruiz, la commode aux tiroirs de couleurs, avis, critique, chronique, exil, transmission, mémoire

Roman - Editions JC Lattès - 200 pages - 19.90 €

Parution le 3 juin 2020

L'histoire : À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l’intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d’une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.

Tentation : Médias, interview de l'auteure et blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

Mon humble avis : Sans être fan, j'apprécie énormément Olivia Ruiz, en tant que femme, chanteuse et auteure/compositrice. Elle a son monde, son originalité. Elle a des choses intéressantes à dire. Déjà, j'admire son don de raconter des histoires dans ses chansons... Et la voilà qui passe au format du roman, avec le même talent ! Ce premier ouvrage est vraiment une pépite qui se déguste tant pour 'histoire qu'il nous conte que  pour le style si vivant, si gracieux et sincère, si éloquent et en même temps, fluide, malicieux et profondément chaleureux... Très très agréable. Il n'y a pas de doute, Olivia Ruiz est une alchimiste. Ce roman, je le chéris très fort, autant que chacun de ses personnages, qui quelque part ont certainement existé. En tout cas, Olivia Ruiz leur donne vie. Sans doute a-t-elle pioché des événements et des portraits dans son propre passé familial, puisque ces origines espagnoles sont connues de tous et l'inspiraient déjà.

Ici, Olivia Ruiz nous narre l'histoire d'une lignée de femmes sur quatre générations. Une lignée qui s'est construite sur l'exil, l'absence, la différence, le rejet, l'intégration, la vie communautaire, le souvenir, la douleur, le courage, la persévérance, le travail, les rêves, les idéaux et les racines qui coulent dans les veines depuis toujours, et qui forgent une personnalité. Mais aussi, tout au long de ces décennies et génération, il y a toujours eu un mur de silence et de secrets de famille.

Au fil des tiroirs de la commode aux tiroirs en couleurs qu'elle ouvre, la jeune femme découvre ainsi la vie et le passé de ses aïeules... C'est l'Abuela (alias Rita), sa grand-mère décédée récemment, qui lui a rédigé un long texte à ton intention, un texte accompagné de quelques objets symboliques. Alors que ses parents luttaient contre El Caudillo, Rita, 10 ans, a dû fuir l'Espagne avec ses deux soeurs, traverser à pieds les Pyrénées pour atterrir dans un camp... Avant d'être recueillie avec ses soeurs dans un immeuble communautaires peuplés d'émigrés espagnols hauts en couleurs. Aussi, malgré la rudesse de cette vie, le ton n'est jamais dans le pathos. Au contraire, on y partage la chaleur humaine, la solidarité, respect, la force et la rage de vivre, malgré les multiples terribles épreuves qui émaillent la vie de L'Abuela. Et surtout, une énorme envie de LIBERTE !

De cet écrin littéraire, Olivia Ruiz nous offre une formidable histoire sur l'exil, la transmission, la mémoire, et la fidélité à nos racines. C'est un livre bouleversant et qui pourtant fait beaucoup de bien. Et mine de rien, il revient sur une époque et des faits historiques plutôt négligés dans les manuels scolaires : celui de la guerre civile espagnole et ses horreurs qui a vu des centaines de milliers d'espagnols s'expatrier, et parfois, sans pour autant renoncer au combat pour la liberté.

A lire, à offrir sans hésiter !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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