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Publié le 13 Octobre 2026

Roman - Editions du Seuil - 336 pages - 22 €

Parution le 21 août 2026, Rentrée littéraire

Mon pitch : Dans les Highlands écossaise, c'est un couple d'agriculteurs en difficulté qui élève un ado qui, sous peu deviendra aveugle. 

En Baie de Somme, c'est un chasseur qui ne vit que pour la hutte, qui tout l'été attend la date d'ouverture de la chasse, mais que son fils de 8 ans traite de barbare.

Au Maroc, près d'une lagune où se regroupent chaque année des centaines de milliers d'oiseaux migrateurs, c'est un jeune homme qui fait visiter la lagune en barque, à des touristes venus pour les oiseaux. Il le fait pour son père qui le pense bon à rien... Et pendant tout ce temps, il ne rêve que de migrer vers le Nord, vers l'Espagne.

Le point commun de ses personnages... Ils verront l'oiseau... Celui différent, si beau, si majestueux, avec son bec un peu plus court que celui de ses congénères. Un Courlis qui va bouleverser leur vie d'une façon ou d'une autre. Et si ce spécimen remarquable était un Courlis à bec grêle, que personne au monde n'a observé depuis 1995. S'il restait un survivant de cette espèce aviaire aujourd'hui éteinte ?

Tentation : Le sujet + Colin Niel valeur sûre

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Pour tout ornithophile (que je suis) ou ornithologue qui se respecte, pas besoin de chercher loin ce qui a pu sûrement être l'élément déclencheur de l'écriture de ce roman. Il y a un an, en octobre 2025, le Courlis à bec grêle a été officiellement espèce déclarée éteinte dans le monde entier, 30 ans après qu'il ait été observé une dernière fois au Maroc. C'est la première espèce aviaire (parmi les nombreuses, voire toutes en déclin) à disparaître complètement de la surface du globe...

Ce Courlis qui peut-être pourrait être un survivant Courlis à bec grêle est donc le fil rouge, et le personnage principal de ce roman qui se déroule sur trois points de la planète : Le lieu de reproduction (L'Ecosse), le lieu de pause migratoire (la Baie de Somme) et le lieu d'hivernage de l'oiseau : la côte marocaine.

Certes, il est beaucoup questions d'oiseaux, de multiples espèces dans ces pages, ce qui pourrait rebuter les non-initiés. De mon côté, je les connais toutes ses espèces, donc je n'ai pas eu besoin d'ouvrir un guide ornitho ou d'aller sur Google pour voir toutes ses frimousses à plumes. Si vous n'y connaissez rien en piaf, allez justement vers ce livre et prenez le temps d'aller voir à quoi ressemblent les espèces citées, toutes ces merveilles que vous ne connaissez pas mais qui ne vivent pas si loin de vous, et donc l'avenir dépend de chacun de nous.

Avec justesse, délicatesse, documentation et sans jugement, Colin Niel évoque les raisons du déclin, voire de la disparition de certaines espèces de notre biodiversité. Sans jugement car dans bien des coins, des gens font ce qu'ils peuvent déjà pour eux même survivre. Et d'autres, ne sont que la somme de ce qu'on leur a appris et de ce que l'on attend d'eux, tout en restant perclus dans leur aveuglement et la certitude de leur légitimité...

Alors, parmi les sources de déclin aviaire, il y a la disparition de zones de nidification à cause de l'agriculture intensive, d'assèchement de zone humide, de pesticide etc... Cet aspect-là est traité en Ecosse, à travers les personnages de Fiona, et de son époux. Il y a la chasse, située ici en Baie de Somme, sur le trajet migratoire, avec Willy et sa bande... En France, nombre d'oiseaux en voie de disparition sont chassables, et là il n'est absolument pas question de régulation, mais juste de plaisir de tuer une proie qui n'a pas grande chance du bout de son fusil. Enfin, il y a les pollutions soudaines d'une lagune par exemple, quand une usine chimique a proximité connait des problèmes de fuites... Nous voilà au Maroc avec Hamza... Enfin, même si c'est moins significatif, il pourrait y avoir le risque de " dérangement animal" commis par certains photo ornitho-cocheurs prêts à tout pour LA PHOTO !!! C'est illustré ici par la prudence qu'à Hamza de ne montrer ce magnifique Courlis peut-être à bec grêle qu'à quelque happy few... Une telle nouvelle dévoilée, et ce serait des centaines de photographes qui débarqueraient en pleine nature pour "cocher" la merveille.

Mais dans ce roman Colin Niel dit aussi et surtout que si tout le monde fait un petit effort, peut-être que la tendance pourrait s'inverser... Par exemple, sur une exploitation agricole en Ecosse, aménager une parcelle idéale à la reproduction aviaire plutôt que de la faucher dès que possible... En Baie de Somme, chasser un peu plus tard, un peu moins, et respecter les moratoires qui interdisent la chasse de certaines espèces.... Et comprendre que c'est épuiser l'activité à sa source. Enfin, éviter la pollution par déversement dans des zones naturelles etc...

Si vous n'êtes pas ornithophile mais tout de même concerné par l'avenir de notre écosystème, ce livre à d'autres arguments pour vous plaire... Car il y a l'évolution des personnages dans leur façon de penser, qui vont accepter de voir différemment leurs habitudes et leur environnement. Il y a aussi, sur les trois lieux où Colin Niel nous emmène, les relations parentales plus ou moins conflictuelles avec l'enfant, quel que soit son âge, qui ne devient pas, ou ne deviendra pas, ce que les parents avaient espéré pour eux à travers lui.

Même si ce roman est un peu moins percutant ou prenant à lire que les précédents ouvrages de Colin Niel (ce n'est pas un roman à suspense), il est tout aussi nécessaire, puisqu'il invite à l'observation, à la réflexion, aux quelques concessions que chacun peut faire pour que survivent les espèces qui nous entourent et qui font de la nature une source d'émerveillement intarissable. A condition que l'Homme apprenne à vivre en bonne intelligence en mêlant ses propres besoins avec ceux de la nature, et qu'il réapprenne à l'observer juste pour le plaisir, sans chercher à l'exploiter à tout prix. Ce septième siffleur est une incitation à (re)découvrir se qui ce passe discrètement près de chez soi... Car les espèces qui partagent notre planète sont bien plus discrète que nous autres hommes bruyants et toujours pressés.

Pourquoi ce titre ?

"- Tu connais la légende des sept siffleurs ? demanda- t-elle alors.
Fiona secoua la tête.
- C'est plus une légende irlandaise, je crois. On dit que c'est un groupe de sept oiseaux mystérieux, qui volerajent ensemble, surtout la nuit, et dont les cris annonceraient un désastre imminent. Au XIXème, il ya eu une catastrophe dans une mine de charbon qui a fait plus de deux cents morts : on raconte que la veille les Sept siffleurs avaient crié au-dessus du village et qu'après ce drame les mineurs refusaient d d'aller travailler les fois où ils les entendaient. II y une autre version, qui parle de six oiseaux volant sans cesse à la poursuite du septième. Qui dit que lorsqu'ils I'auront rejoint, lorsque les sept siffleurs seront réunis, ce sera la fin du monde. On ne sait pas exactement de quels oiseaux il s'agit, pour certains ce sont des pluviers dorés, pour d'autres des corlieux, mais moi je suis persuadée que ces siffleurs, ce sont des whaups Des courlis cendrés"

Courlis à bec grêle

Photo d'un Courlis à bec grêle prise sur le site "Rustica"

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 7 Octobre 2026

Roman - Editions Albin Michel - 167 pages -17.90 €

Parution le 15 octobre 2025

Mon pitch : Il s'appelle Emile, il est négociateur au GIGN... Il vient d'être appelé, car un forcené s'est retranché dans une classe de maternelle à Verney sur Seine. Il détient 19 enfants et la maîtresse. Mais le preneur d'otages n'est pas n'importe qui : il dit être Elon Musk. C'est parti pour des heures de négociations, ou plutôt de confrontation verbale, à qui sera le plus rusé...et déterminé.

 

 

 

Tentation : La 4ème de couv'

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Gros coup de coeur pour ce roman, lu en deux sessions alors que ces derniers temps, je me suis lancée dans pas mal d'ouvrages pénibles, exigeants et/ou décevants. Mais avec "La confrontation" j'ai retrouvé le plein plaisir de la lecture et une addiction qui m'a gardée otage volontaire de ces pages.

Aux personnes qui se crisperaient à l'idée que des enfants soient victimes d'un fou furieux... Dès le début, même si ce n'est pas dit, on devine que l'issue ne tournera pas au drame... Tout simplement, me semble-t-il, parce qu'il serait "politiquement" incorrecte d'achever un roman sur la mort de 19 enfants. Donc la tension qui règne pourtant non stop dans ces pages n'a rien à voir avec un possible dénouement. Non, ce qui nous préoccupe, c'est quand, comment, à quel instant le GIGN trouvera une faille de quelques secondes pour intervenir. Cela rend ce livre addictif et passionnant, car nous sommes au plus proche d'Emile, le négociateur narrateur, et donc d'une cellule de crise du GIGN, avec le Coach, les quelques agents qui fouillent le moindre indice dans le CV du forcené... Et derrière, il y a les "encravatés".... Préfet, ministres etc, qui aboient des ordres sans rien connaître à se type de situation. Puis, bien sûr, les médias s'en mêlent et l'affaire est suivie en direct dans le monde entier. Clara Dupont-Monod nous offre ici une immersion au coeur du cerveau et de l'âme d'un négociateur du GIGN, et nul doute que pour cela, elle s'est bien documentée (même si ce livre est une totale fiction, les chiffres qui y sont disséminés sont bel et bien réels)

Ensuite, il y a le pourquoi... Pourquoi Elon Musk, l'homme le plus riche du monde, prendrait-il en otage des enfants d'une banlieue huppée de Paris. Musk n'a pas choisi l'école pilote Aurore par hasard. Celle-ci a en effet aboli le numérique et tout outillage technologique de la scolarité jusqu'au 10 ans des enfants... Ce qui, à priori, ne fait pas les affaires de Musk. Sauf que, Musk est désabusé, il veut sauver l'espèce humaine des mains de son bourreau : l'IA... Pour cela, attention Spoiler : retrouver l'animalité instinctive de l'homme, terrain sur laquelle l'IA ne gagnera jamais... Donc pour cela, abrutir l'humain, le diminuer... Tout en conservant et protégeant d'un autre côté les quelques happy few qui sortent du troupeau de moutons et dont les compétences cérébrales et la capacité de réflexion sont de nature à lutter... Bref, l'eugénisme version Musk.

C'est à une véritable joute verbale que nous assistons, menée par deux cerveaux hors norme. Chaque mot compte, chaque expiration retenue est un signe à remarquer etc. Bref, c'est fascinant de participer à cette confrontation sur l'état et l'avenir de notre civilisation, d'y mêler nos propres avis sur la question, sans oublier que le sort de 19 gamins et une maîtresse dépend de ce qui ce joue entre les deux hommes. Au passage, on ne peut qu'être admiratif devant le pragmatisme et le calme  que parviennent à garder ces négociateurs dans un environnement sous tension maximale.

Évidemment, le lecteur, comme l’équipe du GIGN, se pose la même question : Est-ce le vrai Elon Musk qui détient et menace une classe entière ? Vous voulez la réponse ? Eh bien, il vous faudra lire ce roman, qui est une très légère dystopie… Livre paru en octobre 2025, intrigue qui se déroule en mai 2026.

Dans la confrontation, il est bien sûr question d'Elon Musk et de Trump... Ce qui m'a poussée à une certaine réflexion... Il me semble qu'il n'y a pas si longtemps, lorsqu'un roman évoquait un Président de la République par exemple, il n'était jamais nommé car personnage imaginé. Mais les époques changent et les personnages publics qui dirigent notre monde dépassent en connerie, en vulgarité, en ego (etc.) tout ce qu'un auteur à l'imagination débridée ne pourrait pourtant imaginer. Ou alors, les auteurs n'ont pas besoin de créer ces personnages ubuesques tant l'actualité réelle leur fournit des personnages romanesques à foison...

Bref, merci Clara Dupont-Monod pour ce roman captivant et prétexte à d'intéressantes réflexions, qui m'a régalée... Décidément, entre le roman historique ("La révolte") , le sujet du handicap ("S'adapter") ou celui de la révolution du numérique et l'IA Clara Dupont- Monod semble maîtriser tous les genres et tous les sujets qu'elle aborde.

Une sacrée romancière ! A lire !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 3 Octobre 2026

Roman - Editions Buchet Chastel - 208 pages - 20 €

Parution  le 20 août 2026 :  Rentrée littéraire

Mon pitch : En 2005, les technologies dites "nouvelles" s'imposent et la popularité des blogs explose. Celui de Lady W compte de plus en plus de followers. Qui est Lady W, qui se dit romancière à succès mais qui, sous le couvert de l'anonymat de la blogosphère, raconte chaque jour certains de ses plus sulfureux souvenirs, la moindre de ses balades quotidiennes, ou chaque afflux de spleen.

Dans les personnes qui la suivent, ils sont 4 à recouper leurs informations pour percer à jour l'identité secrète. Ils en sont désormais certains, c'est sur San Sebastian qu'il faut chercher. Les voilà tous les 4 dans une voiture, direction sur Sud Ouest, pour un voyage où la quête d'une identité secrète deviendra plus une quête de vérité personnelle.

Tentation : Le pitch, avec l'évocation de la grande époque de la blogosphère

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j'ai été déçue par ce roman dont j'attendais tant... Tout ça parce que la 4ème de couv évoquait l'essor des blogs dans les années 2 000 et que ce dernier fait aussi partie de mon histoire personnelle et relationnelle.

Mais de blogs littéraires, il est en fait très peu question... Jean-Philippe Blondel aborde un peu ces auteurs qui sont devenus les chouchou des blogueuses (il en fait partie), les blogs qui ont participé au succès de certains romans... Il cite notamment le blog de Clarabel. Puis on quitte vite la blogo littéraire pour se concentrer sur celui de Lady W... Le genre de blog que je déteste, autocentré, type journaux intimes pour se sentir moins seul ou soit disant pour que d'autres se sentent moins seuls. Bref, je n'ai jamais suivi aucun blog où d'une langue sirupeuse, on me raconte les sensations de la promenade du matin sur une plage couverte de brume... Si je veux cela, je vais vers des romans que j'espère moins sirupeux.

Ils sont donc 4 followers à s'unir, 4 personnes qui n'ont comme seul point commun de suivre sur internet cette fameuse Lady W... Fabrice Cami est un prof d'Anglais et romancier une heure par jour avec 4 romans publiés (tiens, tiens... A qui pense -t-on ?) Hélène est une bibliothécaire fraichement divorcée, Chloé une journaliste/animatrice radio qui vient d'apprendre qu'elle va être mise sur le carreau, et Kevin, à peine majeur mais passionné de littérature. Ils habitent éparpillés en France mais se retrouvent dans ma même voiture, direction Hendaye, San Sebastian etc... Déjà, ce postulat de départ, je n'y ai pas cru, mais après tout, pourquoi, le romanesque permet tout ou presque.

L'un traîne son mal être identitaire, l'une son prochain licenciement, l'autre sa page blanche et la dernière... un besoin de bol d'air.

On sent la nostalgie et la mélancolie de cette époque où sur les réseaux, on restait anonyme et donc on pouvait "imaginer" l'autre à travers ses écrits ou ses lectures. Alors que maintenant, sur Tik Tok ou FB, l'anonymat est banni. Pire, plus les tronches et lèvres pulpeuses s'étalent sur l'écran, mieux c'est !

On imagine très bien qu'il y a un peu de Jean-Philippe Blondel dans chacun des personnages. Et si ce n'est pas dans le statut, c'est dans les propos des uns ou des autres, le passé, la nostalgie, le passage à l'âge adulte etc...

En chemin et à destination, nos 4 personnages vont faire connaissance, se livrer de plus en plus, et même se découvrir eux-mêmes sur certains points. Hélas, dans leurs échanges, on n'évite pas les lieux communs. Je ne me suis pas attachée aux personnages. Il y a sans doute des références à d'autres romans de Blondel, hélas, je ne les ai pas tous lus. L'histoire s'achève d'un bond de vingt ans dans le temps et d'un léger twist, mais que je n'ai pas trouvé si original ni surprenant que cela.

Mais mais... il reste la belle écriture de Blondel et l'hommage à l'écriture et la lecture, dans tout ce qu'elles rendent de possible, jusqu'aux rencontres humaines.

 

Eimelle a beaucoup aimé

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Septembre 2026

Roman - Editions Grasset - 288 pages - 21.50 €

Parution en Mars 2026

Mon pitch : Irène est médecin généraliste à Fontainebleau. Un samedi matin, la police vient lui annoncer la mort de sa soeur Natacha, suite à une chute mortelle dans l'atelier 4 de la multinationale fabriquant du papier écocertifié, où elle était chimiste. Tout le monde conclut vite au regrettable accident ou à un suicide mais Irène, comme la police, s'interroge tout de même... Que faisait Natacha dans cet atelier dont elle n'avait pas l'accès, une nuit où elle n'était pas sensée  travailler....

 

 

Tentation : La 4ème de couv

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : C'est par Atelier 4 que je pénètre dans l'univers de la romancière Hélène Gestern. Entrée pas bien gaie mais qui percute et donne envie de poursuivre la découverte.

On ne lâche pas Atelier 4, même si l'atmosphère, qui devient tension y est pesante. La plume d'Hélène Gestern, agréable et fluide à lire illustre une narration sobre toute en retenue. Comme Irène, vous voulez savoir... Pourquoi, comment...

L'autrice nous emmène dans les arcanes de ces grandes multinationales qui battent "pavillon éco responsable" pour correspondre à l'époque et remporter des marchés... ici, celui de toute la papeterie liée aux J.O. Dans cette entreprise, Natacha est une brillante chimiste, à priori sans histoire de l'avis de tous, même si un certain surmenage se manifestait ces derniers temps. Accident ou suicide, peu importe pour la direction qui, étrangement s'empresse d'indemniser l'époux de Natacha, en échange d'un certain silence, et d'une page tournée... La vie doit reprendre, l'entreprise doit tourner.

En cherchant, en rencontrant discrètement d'anciens collèguesde sa soeur, en discutant avec la déléguée syndicale du site industriel, puis en fouillant dans ses affaires, c'est tout autre chose que découvre peu à peu Irène qui s'obstine, quitte à s'isoler des siens à chercher, à démontrer que sa soeur n'était pas suicidaire.

Dans ce roman utile, Hélène Gestern dénonce habillement le management toxique de certaines entreprises, et ses conséquences diverses (comme le burn out) et cachées. Harcèlement moral, psychologique, injonctions contradictoires, rentabilité à tous prix, omerta, licenciements abusifs.... Tout est bon pour faire tourner bourrique ou se débarrasser d'un employé devenu envahissant, d'un employé qui a fait partie  à son insu d'un plan de sabotage, d'un employé qui sait ce que se cache derrière le mensonge public et certaines pratiques illicites de ces fameuses certification éco-responsables...

Une réflexion sans concession sur le monde du travail à une époque où les RH ont tout de la ressource inépuisable et exploitable mais plus rien d'humain. Dans les dialogues, seules les réponses apparaissent, aux lecteurs d'imaginer les questions et de remplir les non-dits.

Le combat d'Irène ne sera pas vain. Si la victoire morale est bien là, la victoire judiciaire est bien loin quand on s'attaque a des pouvoirs financiers illimités et qui ne reculent devant rien.

Nécessaire, Atelier 4 est un roman social d'une grande humanité sur une part inhumaine de notre société, prête à n'importe quel sacrifice pour maintenir l'illusion de la performance et de la perfection, dans une violence invisible aux yeux du monde, des médias etc.... Et un bel hommage à ces lanceurs d'alerte qui se battent dans l'ombre pour qu'éclate des vérités insoupçonnées.

 

Philisine a aimé

Luocine n'a pas aimé

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Septembre 2026

Roman - Editions Albin Michel - 278 pages -21.90 €

Parution en avril 2026

Mon pitch : L'Elysée est confrontée à plusieurs crises, difficilement maîtrisables, dont certaines touchent à la vie intime de son locataire. La démocratie est en danger et pour la sauver le président est prêt à tout, même à se mettre en ballottage.  Peut-être aussi y a t-il du découragement à tenir cette fonction, entre la réélection de l'ingérable Trump, un Poutine qui ne renonce à rien et le toute puissance médiatique et/ou financière de certains patrons du CAC 40.

Nous revoici dans les coulisses du pouvoir...

 

 

Tentation  : j'ai lu le tome 1

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Il y a trois, c'est sans hésiter que j'avais décoré Tsunami de Marc Dugain d'un coup de coeur. En début d'été 2026, j'ai découvert cette parution, la suite... On le sait dès la couv et le titre qui ressemblent beaucoup au tome 1.

En début de lecture, j'ai un peu rechigné, trouvant des redites et me demandant si un tome 2 était vraiment justifié, utile et pas que l'exploitation d'un bon filon. Et puis non, peu de temps après, j'ai été embarquée et passionnée par ma lecture. Quand le divertissement rejoint l'esprit critique sur notre époque, quand on rit jaune, quand on se dit "c'est hier ou demain", quand on se demande si c'est la fiction qui dépasse la réalité ou l'inverse, quand il y a matière à réflexion et indignation, c'est que l'ensemble fonctionne sacrément bien pour moi.

Dans le livre, on est potentiellement demain, puisque références sont faites à Macron au passé. A sa place au palais de l'Elysée et aux manettes du pays, un homme qui parait bien plus humain, dans le doute etc... Peut-être que cette impression est accentuée par une narration à la première personne du singulier, qui nous fait participer à toutes les réflexions, stratégies, déceptions, découragements, stress, cynismes, trahisons... Le tout en temps réel. Le pouvoir, son vertige et son poids, est entre les mains du lecteur.

Dugain nous offre une nouvelle fois une fine analyse de notre société, de son système, de ses dirigeants, de la fracture sociale à travers une toute petite dystopie d'une ou deux années. Les pages sont sacrément documentées. Le tout, servi d'une écriture vive et fluide, dans un rythme trépident, comme celui de l'actualité. Car la submersion est générale devant l'afflux des catastrophes, des crises et des guerres. Si les politiques m'insupportent (leur égos, leurs verbiages, leurs guéguerres internes et stériles qui les maintiennent si loin des préoccupations des électeurs) je n'envie guerre leur place non plus.

Car rien qu'en allumant la télé à 20h, je suis déjà submergée... D'ailleurs, de tout l'été, je ne l'ai allumé que 2 fois à cette heure là, pour l'éteindre aussitôt, et me ruer vers mes livres qui peuvent, eux, me laisser la douce impression que tout n'est que roman captivant !  Quand c'est dans un roman, on s'en repaît. Quand c'est dans la réalité on vomit tout cela !

Bref, j'ai aimé être submergée par Dugain... Et me demande si dans 3 ans, avec la matière que lui fournira le futur président, Dugain écrira un 3ème tome, dont on peut se prendre à rêver qu'il ne s'y passe que des bonnes nouvelles, tout en restant dans la veine "page turner"

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Septembre 2026

Roman - Editions Albin Michel - 155 pages - 18.90 €

Parution le 19 août 2026 : Rentrée littéraire

Mon pitch : Quadragénaire, Alban se retrouve subitement parent adoptif d'un tout jeune perroquet, un Gris du Gabon, que son voisin lui a mis dans les mains sans beaucoup plus d'explication... Apprivoisement, attachement réciproques semblent s'installer jusqu'à ce que Jo le Perroquet entre en crise d'adolescence et fasse de la vie d'Alban un enfer...

Tentation : Mon RDV annuel

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : Lu en un après-midi sur la plage, à l'ombre de mon parasol.

Récemment, une amie m'a dit : "Amélie, c'est comme Woody Allen, il ne faut pas tout voit ou tout lire". Je pense que je devrais l'écouter... Car même si je suis toujours excitée devant l'idée "où Amélie va m'emmener cette année" (d'autant plus quand elle quitte le sujet familial/nippon )mon enthousiasme total s'espace de plus en plus.

L'an dernier, "Tant mieux" m'avait ravie... Cette année, l'adolescence du perroquet me laisse perplexe... Et pourtant, le roman commence fort, avec l'agacement manifeste de l'autrice devant les absurdités de notre époque, ici, concernant les visites au Louvre. Un début comme je les aime, qui dénoncent des aberrations de plus en plus courantes, tellement courantes, qu'elle devienne habitude et qu'on ne pense plus à s'en rebeller.

Puis arrive Jo, le Perroquet... Et là, j'ai envie de dire qu'il y a deux lectures possibles...

Le Perroquet pourrait représenter n'importe quel animal de compagnie, donc pourquoi pas... un chat ?! C'est ainsi que j'ai transposé les confidences du narrateur dans mon esprit et donc ma propre vie... La découverte, l'apprivoisement, l'apprentissage des besoins de l'animal et l'adaptation à ceux-ci, l'attachement...  L'animal qui comble la solitude, qui remplace potentiellement un enfant, qui vit parfois mieux qu'un enfant. Les dégâts matériels qu'il occasionne dans l'intérieur, la complicité, mais aussi parfois l'impossible communication faute de langage commun, et surtout, la forte propension de l'humain à sombrer dans l'anthropomorphisme envers les bêtes qu'il estime "de compagnie". On peut peut-être voir dans Alban un portrait de toutes ces personnes qui adoptent/achètent un animal en toute méconnaissance des besoins de son espèce, qui s'emballent quand c'est petit et mignon, puis qui déchantent bien vite quand les couacs arrivent.... Sauf qu'Alban est un être conscient de sa responsabilité envers son Jo, et qu'il assume son "choix".

Autre lecture possible... Le perroquet pourrait être la métaphore d'un enfant humain.... Tout aussi mignon tout drôle à qui ont pardonne tout jusqu'à un certain âge, l'adolescence. Cet âge ingrats où la communication parent/enfant devient difficile, où l'ado veut de l'air, ou l'ado se forge sa propre identité, teste sans les limites de ses géniteurs, où l'ado est dans l'imitation de l'autre (d'où le choix du perroquet ?!) où l'ado commence à détester les parents qu'il vénérait quelque temps plus tôt... Et cette détestation, impossible de dire combien de temps elle durera... Sera-t-elle qu'un maudit passage, ou deviendra elle intrinsèque à l'être et à la relation... Car la plupart du temps, les parents aiment inconditionnellement leurs enfants pour la durée de leur vie, il n'en n'est pas forcément de même en sens inverse. Rien ne peut garantir qu'un enfant aimera ses parents, car l'amour n'est pas un dû... Et ce, quelque soit le dévouement, les sacrifices l'affection reçu, le retour sur investissement n'est jamais garanti. C'est ainsi avec les enfants, entre adultes consentants... Et étrangement, c'est plus rare avec les animaux de compagnie.

Dernière lecture possible : Un conte, une histoire d'homme, de perroquet et de vie qui part en vrille, avec quelques métaphores et messages disséminés deci-delà...

Encore que, il y a peut-être une d'autres lectures possibles et peut-être parmi elle celle voulu par l'autrice mais je ne les ai pas trouvées.

Reste que la lecture est agréable, aérée, divertissante, qui frôle et évidemment originale. Avec quelques passages savoureux et un humour décalé.

Malgré tout cela, le cru Nothomb 2026 ne restera pas mémorable pour moi. Et si, depuis un moment, j'étais en crise d'ado envers mon autrice favorite et historique ?!!

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 26 Août 2026

Roman - Editions Lizzie - 4H51 d'écoute - 11 €

Parution Julliard & Lizzie en janvier 2026

Mon pitch : Dans les années soixante lors de vacances familiales dans une pension en Toscane... Paul et Gaby se séparent brutalement... Gaby ramène leurs deux filles à Nice... Cet été là sera suivi de cinquante année de silence...  Jusqu'à ce que le narrateur interroge sa mère, qui n'était à l'époque qu'une petite fille... Philippe Besson, héritier de cette histoire, part en quête de vérité.

 

Tentation : Besson fait désormais partie de mes valeurs sûres

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : Si de Besson, je préfère les romans qui traitent de faits divers plus éloignés de sa vie personnelle, j'avoue qu'il m'a encore une fois cueillie avec cette histoire qui laisse comme une impression de stupeur évidente, et d'évidence stupéfiante. Encore une fois, sans artifice, mais des vocables bien choisis, des sentiments dépeints à merveille. La délicatesse des émotions contenues, qui affleurent à peine tant elles sont sous le joug du secret et ne s'offrent qu'un regard ou un mot, nous pénètre subtilement jusqu'à devenir nôtre. Si vous ne comprenez pas ce que je veux dire, lisez Besson, car je suis amoureuse de sa plume, et ce ne sont pas les amoureuses qui parlent le mieux.

Besson part donc en quête de vérité... Qui était son grand-père, cet homme qu'il n'a jamais connu ? Il interroge sa mère et ses pas vont le mener en Italie, là où tout a commencé. Le roman ne m'a pas percutée dès son début, qui présente l'époque, les personnages et le contexte géographique. Mais lorsque les deux principaux protagonistes se rapprochent, l'intensité a pris sa place et ne la cédera plus... Et pourtant, pas de grande surprise dans les sujets abordés ni dans leurs issues quand on connaît un tant soit peu Philippe Besson. Et pourtant, il y a dans ces pages énormément de tendresse, de justesse et de pudique émotion lorsque Besson frappe à la bonne porte en Toscane, après plus de cinquante ans de secret de famille.

Une pension en Italie est l'histoire d'une parenthèse suspendue de 3 jours qui bouleverse toute une vie, et bien d'autres aussi. Une parenthèse qui révèle l'être à lui-même, et qui offre ou pas, comme dans "La route de Madison" (cité dans le livre), de saisir l'occasion de descendre ou non du véhicule, d'être enfin soi pour toujours ou dans le déni et le mensonge à jamais. Un choix qui, aux yeux des autres, sera courageux ou lâche. Et ce choix, que l'on peut parfois payer toute sa vie, dont Besson fait habilement un roman, ne se rencontre pas qu'en Amour... Avoir le courage d'être soi, contre vents et marées, c'est souvent prendre le risque de s'isoler pour se retrouver soi-même et une autre forme de bonheur. Et puis c'est aussi "juste" parfois accepter le sang qui coule dans nos veines depuis des générations.

Un très beau roman finalement très lumineux. Et un Grand-Père réhabilité après plus d'un demi-siècle de silence... 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 9 Juillet 2026

Roman - Editions Iconoclaste - 354 pages - 20.90 €

Parution le 21 août 2025

Mon pitch : Dans la famille, il y a le père "le Napolitain", la mère Véro, qui est une véritable cagole, le chien prénommé Pastis et enfin la fille Clara, tout l'opposé de sa mère. Cette dernière a quitté Marseille et le giron familial il y a quelques années pour Paris, les grandes études, et la thèse qu'elle prépare, tout en assurant des cours en tant que doctorante en sociologie. 

Et puis Clara rencontre Raphaël, fils de politique, de famille catho traditionnaliste et très bourgeoise... Clara fait tout pour s'intégrer à ce milieu qui n'est pas le sien... Et quand enfin elle présente Raphaël à sa famille Marseillaise, c'est Véro, la mère qui fait tout pour supporter celui qu'elle surnomme "Le girafon"...  De loin et avec ces méthodes, Véro garde un oeil sur sa fille, et elle fait bien...

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis  : Le billet de Keisha est le 1er que j'ai lu à propos de ce roman coloré et bien vivant, qui est sorti du lot des autres drames sombres sortis lors de la Rentrée Littéraire de l'été dernier. D'autres billets ont suivi, je dois être l'un des derniers blogs à la chroniquer. Pas bien grave, parce que La Bonne mère est en partie une lecture tout indiquée pour la période estivale.

Attention, sous des abords légers et drôle (qu'il est bien au début), ce roman est en fait bien plus profond qu'il n'y parait et franchement, il est bien foutu et très agréable à lire... Aussi parce que l'évolution de l'histoire vers le drame, on ne la voit pas venir. 

Chacun leur tour, les chapitres donnent la parole à Clara (la fille brillante)... qui s'exprime dans un langage châtier et sobre, se pose les questions de son âge, tente de s'intégrer dans un milieu qui n'est pas le sien, et fait tout pour gommer les traces de ses origines sociales. Puis c'est Véro, la mère cagole qui prend le relais, qui nous donne sa version des faits, sans prendre de gants. Véro est cash et pétulante mais a le coeur en or. C'est une femme sacrément forte alors que sa fille est ultra fragile-sensible...  Avec un tel grand écart entre Paris/Science Po et Marseille cagole, évidemment, bons mots et expressions délicieuses, situations décalées et descriptions vestimentaires/ comportementales sont rafraichissantes, amusantes et portent à rire ou sourire...

Et puis le roman glisse peu à peu vers son véritable sujet - en dehors des différences de classe - et ce sujet, c'est la violence masculine... Et sa vision bien différente en fonction des générations. Pour la mère, la violence c'est quand on finit à l'hôpital, pour la fille, ça commence bien avant.... Et il va falloir du temps à la mère pour accepter de mettre le bon mot sur ce que subit sa fille. 

Au milieu de tout cela, l'hypocrisie du milieu catho tradi PAM (pas avant le mariage) est bien démontrée.

Et quoique certains puissent penser de l'apparence et du comportement de Véro, et bien Véro se révèle, sans mode d'emploi, être une bonne mère, sous les yeux de La Bonne mère, qu'elle entrevoit depuis la fenêtre de sa cuisine. Même si Clara aurait aimé avoir un autre genre de mère... Et bien cette mère, elle l'aime même si elle oscille envers elle entre amour et honte.

Un premier roman qui sonne vrai, qui divertit autant qu'il émeut et pose les bonnes questions, très bien construit. Et surtout, qui dénote d'une véritable originalité dans le paysage littéraire français de ces derniers temps.

 

Le billet de Violette

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 7 Juillet 2026

Roman - Editions Audiolib- 7h09 d'écoute - 16.99 €

Parution Calman Levy 2023 - Audiolib 2024

Mon pitch: A 6 ans, Anna rêvait d'être astronaute. A 46 ans, elle est bien loin des étoiles... Médecin généraliste, mère de jumeaux bientôt adulte et d'un enfant parti trop vite, d'une maladie grave. Mais personne dans son entourage à oublier ce rêve de gosse. Aussi le soir de son anniversaire, une grande surprise l'attend : une inscription au concours de l'ASE (Agence Spatiale Européenne) qui recrute dans cette session ouverte à tous candidats du grand public, ses futurs astronautes.

Sans trop y croire, Anna s'y prépare, se prend au jeu et passe les premières sélections... Mais surtout, elle rencontre d'autres candidats qui ont tous un rêve peut être plus grand qu'eux, pour compenser une faille ou une blessure personnelle. C'est donc une aventure aussi humaine que physique et exigeante qui attend Anna.

Tentation : Un livre cool pour l'été

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : Depuis La chambre des merveilles, je lis de temps en temps les romans de Julien Sandrel, parce que je devine le moment de lecture agréable et sans prise de tête, même si je sais que la littérature n'y sera pas révolutionnée. Un auteur, comme d'autres qu'on voit peu sur la blogo, parce que plutôt estampillé "feel good". Et pourtant, les trois personnages principaux de cette histoire sont loin d'être épargnés par la vie. Mais ils se battent, contournent, affrontent, assument, provoquent, ou s'inclinent honorablement devant l'inéluctable, mais sans gâcher un instant de leur vie.

Nous avons donc l'héroïne, Anna... Qui a grandi sans sa mère, qui s'est suicidée alors qu'Anna n'avait que deux ans...Anna a toujours été persuadé que sa mère ne l'aimait pas assez pour vivre... Puis, bien plus tard, un de ces enfants, atteint de la mucoviscidose, n'a pas survécu. C'est donc une femme qui assume sa vie mais qui n'en profite pas. 

Dans les autres candidats, nous suivons de près Nabila, qui semble être une bimbo proche de l'original (l'influenceuse) que "nous connaissons" tous... Ici, Nabila, à l'accent marseillais à couper au couteau, est d'une énergie de dingue et à un coeur immense... Elle porte un secret, qui sera révélé plus tard. Ensuite, nous avons Diego, un espagnol beau comme un dieu et qui parait insupportable.... Evidemment, il ne l'est pas et nous découvrirons aussi pourquoi il s'est lancé dans un tel défi.

Bien sûr, peu des candidats parviendront à la sélection finale, mais ce n'est pas cela qui importe... Un peu comme la destination qui compte moins que le chemin parcouru pour y arriver... ou pas. Ces trois personnages sont franchement attachants, entre leurs péripéties, leurs échanges intimes et leurs moments de décompression, on ne s'ennuie pas... Il y a aussi un ancien astronaute qui gravite dans l'histoire, et qui libèrera Anna du poids qu'elle porte depuis sa jeunesse, même si cela n'est pas sans danger.

Le roman est bien documenté et mené tambour battant. Sans être un chef d'oeuvre mémorable, il est une lecture idéale de détente et de plage en cette période estivale pour les lecteurs friands de ce type de littérature. Ceux qui ne jurent que par les bouquins "Goncourables", les classiques de 700 pages et des auteurs germanopratins passeront leur chemin plutôt que de critiquer ensuite.

De mon côté, ce bouquin est tombé au bon moment à la suite d'une lecture très pesante d'un prix Nobel ! Par moments, les bons sentiments font franchement du bien. Et la lecture, ça sert aussi à ça !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 29 Juin 2026

Roman - Editions Audilolib -12h45 d'écoute -19.99 €

Parution Audiolib et Stock en janvier 2024

Mon pitch: 1720 à Paris. A la Salpêtrière, la Supérieure est chargée de sélectionner une centaine de femmes qui seront envoyées en Louisiane pour (re)peupler la colonie française. Là-bas, des maris les attendent, et les enfants viendront.

Nous suivons le destin de trois d'entre elles, depuis la Salpêtrière, jusqu'à la Louisiane sur une dizaine d'année, en passant évidemment par la longue traversée infernale à bord de La Baleine pour ces femmes déportées qui ignoraient tout du monde.

 

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : Ce livre audio m'a occupé lors mes trajets voiture lors de mes récentes vacances.

Charlotte, orpheline de douze ans, Pétronille jeune aristocrate désargentée et Geneviève, faiseuse d'anges, n'avaient rien qui les prédestinées à devenir amies et à vivre ensemble cette folle aventure vers l'Amérique. Elles sont toutes trois différentes, mais resteront liées pour la vie.

C'est une sacrée saga que nous propose là l'autrice, Julia Malye, que je ne connaissais pas. On ne peut être qu'admiratifs de l'énorme travail de recherche et d'effet de rédaction pour restituer avec autant de précision une époque, et des faits qui datent . Ce roman a d'abord été rédigé en américain (et relu par des spécialistes de cette époque et même par le chef actuel des indiens Natchez) pour être ensuite réécrit en Français.

En Louisiane, nos trois jeunes femmes, pionnières malgré elles, découvriront un climat différent et pesant, une nature hostile, l'éloignement de la capitale et de la royauté. Mais surtout, elles devront frayer avec la violence des hommes, l'esclavage, et les guerres sanglantes avec les indigènes Natchez...

Ce roman évoque donc la colonisation est ses conséquences sur les indiens (maladies, spoliation de terres etc). Parfois, la cohabitation se passait bien, parfois c'était tout l'inverse.

L'écriture est élégante, soignée et agréable. 

Si j'ai aimé découvrir cette époque, ces personnages et ces faits auxquels je ne pensais pas du tout au point de ne m'être jamais penchée sur ces sujets, j'ai trouvé ce roman trop long, parsemé d'anecdotes et détails inutiles. Les personnages secondaires se multiplient tellement que je me suis perdue. Le pire étant avec les protagonistes masculins (oui les maris décèdent beaucoup).  Donc mon intérêt s'est bien atténué au fil des heures et c'est dommage, car la même histoire narrée plus chronologiquement et avec 200 pages de moins auraient été plus dense donc bien plus captivante. Et pourtant le sujet de départ était des plus prometteurs.

Mais peut-être que mes bémols ne dérangeront pas les amateurs de pavés et de grandes sagas.

Et ce pavé me permet de participé, pour la première fois alors qu'il court depuis plusieurs années, au Challenge Pavés de l'été de Sybilline

 

 

576 pages en Livre de poche

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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