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Publié le 13 Février 2020

Roman La parthénogenese, Anne-Laure Julien, littérature, avis, blog, chronique

Roman - La P'tite Hélène Editions -274 pages - 22 €

Parution en juin 2019

L'histoire :  Parthénogenèse (nom féminin, du grec parthenos, vierge) : reproduction sans intervention d’un mâle dans une espèce (Larousse). Par exemple, les phasmes.... Ou encore la famille de Sophie. De mère en filles, les pères sont "inconnus" au bataillon, plus ou moins éjectés du programme !

Sophie est donc de ces mères célibataires qui jonglent entre son travail, ses filles, sa grand-mère, ses amants, sa meilleure amie en soit-disant "post partum", sa belle soeur qui ne supporte pas sa belle mère qui ne la supporte pas plus etc... Sophie est forte et gère tout ceci à bout de bras. Oui, mais... qui s'intéresse vraiment à elle, même si elle crie haut et fort qu'elle est très bien toute seule ?

Tentation : Un mail de l'auteure

Fournisseur : l'auteure, merci pour l'envoi !

 

Mon humble avis : Cela fait des années qu'en tant que blogueuse, je refuse toute demande d'auteurs méconnus lorsqu'ils me proposent de m'envoyer leur roman. Déjà, c'est souvent en version numérique (out of question for me !) et j'ai été tellement souvent déçue que... Jusqu'à ce qu'Anne-Laure Julien m'envoie un mail... Que je m'attarde sur le pitch qui me tente bien... Et que je vois sur la couv' une fameuse 4L, la première voiture que j'ai conduit après mon permis !

Et finalement, ô joie ! Ô bonheur ! Quelle lecture plaisante, divertissante, souvent hilarante et parfois émouvante... Surtout si l'on lit entre les lignes... Car on sent bien que l'auteure nous laisse deviner la profondeur essentielle de son roman dans ce qu'elle ne dit pas... Comme tout humain qui se protège derrière son armure. L'armure de cette histoire, c'est déjà la plume efficace, délicieusement ironique, voire caustique, rythmée et très inventive de l'Anne-Laure Julien, sans que la qualité littéraire en pâtisse. Donc l'humour en grand via le personnage très cash qu'est Sophie, qui n'a pas la langue dans sa poche, n'a pas froid aux yeux, ne veut pas qu'on la trouve gentille mais l'est tout de même... puisque finalement, elle règle pas mal des problèmes de son entourage, parfois à son insu. A côté de Sophie, c'est tout une galerie de portraits savoureusement croqués, depuis les plus attendus jusqu'à plus inattendus, comme feu Mr Monnier, ancien épicier du village juste décédé, de ces épiciers dont on ne fait plus. Chacun des personnages dispose d'un chapitre, voire parfois quelques-uns. Ce qui fait que l'on ne s'ennuie pas une minute dans cette Parthénogenèse.

Sophie vit ou survit à une série d'événements plus ou moins majeurs, plus ou moins communs de la vie : l'amant qui s'en va et revient dans les deux sens, le divorce de la mère de sa meilleure amie Claire, l'accouchement d'Emmanuelle et son post-partum (lié en fait à la présence de sa régente belle-mère chez elle, l'annulation en dernière minute du mariage de Claire, ses incartades avec son cousin allemand, les réflexions insupportables de sa tante envahissante, un trajet en voiture avec le psychopathe qui doit épouser son amie, la désintégration du psychopathe. Le tout, en 4L déglinguée, en Renault Espace débordante, dans la ferme familiale, à la ville etc. On n'est vraiment pas loin du Vaudeville !

Mais derrière ses personnages et ces situations décrites, Anne-Laure Julien dresse un portrait très juste de notre époque, surtout via les moeurs (au sens littéral et au sens large). Une époque où l'amour est devenu nécessaire à la survie d'un couple par exemple, là où, dans les générations précédentes la bonne entente suffisait. D'où sans doute le nombre croissant de divorces. L'auteure pointe du doigt les idées reçues sur les femmes (notamment les célibataires), le machisme, voire le sexisme de la société, l'envasement des traditions familiales et des façons de penser, les clichés qui ont la peau dure! Elle examine à la loupe les relations belle-mère /belle-fille, avec des belles-mères que ne veulent surtout pas perdre l'amour oedipien de leur fils par exemple. Il est aussi question de différence de classes sociales, de famille recomposée et décomposée, du harcèlement moral que subissent certaines femmes par leurs époux sans même s'en rendre compte, de la culpabilisation. En fait, il est question de tant de choses qu'il est impossible, et de toute façon déplacer de toutes les citer. Et mise à part l'ignoble personnage Charles/Robert/Bobby, on sent bien que derrière son persiflage, Anne-Laure Julien cache une belle affection pour ses personnages.

La parthénogenèse est donc un roman majestueusement diligenté, intelligent en mêlant humour et observation sociétale et surtout, écrit d'une plume irrésistible. Bref, j'ai ADORE ! Alors si vous voulez un livre qui fasse grand bien et vous divertisse sans tomber dans une littérature formatée, lisez la Parthénogenèse !

Vous pouvez vous procurez ce roman directement chez l'éditeur : ICI

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 24 Janvier 2020

Roman, Stéphane Audeguy, Histoire du lion personne, Sénégal, XVIIIème siècle, lion, fauve, félin

Roman - Editions Points - 166 pages - 6.50 €

Parution d'origine aux Editions du Seuil en 2016

 

L'histoire : Au Sénégal à la fin du XVIIIème siècle. Yacine, gamin orphelin sous protection du Père Jean, quitte son village pour aller travailler à la ville, à St Louis. En chemin, il trouve un tout jeune lionceau, manifestement "abandonné par sa mère. Yacine emmène avec lui ce lionceaux qu'il nomme Kena, ce qui, dans sa langue natale, signifie "Personne". Mais en sauvant le lionceau d'une mort certaine, Yacine empêchera à tout jamais son retour dans la savane, porteur de l'odeur humaine qu'il sera désormais et dénué des codes de survie de son milieu naturel. Personne grandit avec Yacine chez Pelletan, l'employeur de celui-ci et directeur de la Compagnie du Sénégal. Tout au long de ce livre, nous suivrons Personne, depuis le Sénégal jusqu'à son périple en France, notamment dans ma ménagerie royale. Oui, cette histoire est celle de Personne et de son fidèle compagnon, Hercule, le chien bâtard, entre 1786 et 1796.

 

Tentation : Couv, pitch, titre ! Tout en fait !

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : C'est lors de ma récente lecture du roman "Nous autres" (coup de coeur), de Stéphane Audeguy que j'ai découvert l'existence de l'Histoire du lion Personne, que je me suis empressée d'acquérir.

Personne est un lion et le personnage central de cette histoire proche du conte, conte plutôt amère toutefois. Une fois de plus, Stéphane Audeguy me prouve qu'il est un narrateur hors pair avec cette fresque qui pourrait paraître surannée, avec un style aussi magnifique et soigné aux apparences désuètes. 

Peut-on parler à la place d'un autre, surtout si cet autre est d'une autre espèce : un lion ? Stéphane Audeguy s'essaie à cet exercice périlleux. Mais en fait, le lecteur réalisera vite que l'auteur parle de Personne et non à la place de Personne. Il laisse aux lecteurs le soin et la liberté d'imaginer ce que pense et ressent Personne, chacun en fonction de sa sensibilité évidemment. La mienne, concernant les animaux étant devenue XXL, j'avoue que j'ai parfois eu du mal à supporter ce que Personne subissait... Cette lecture fut pour moi assez éprouvante par moment, voilà pourquoi je ne l'ai pas dévorée comme je l'imaginais au début.

Stéphane Audeguy dresse également un portrait de la France Coloniale de l'époque, puis de la métropole, qui traverse la révolution de 1789. Le fond historique et culturel de ce roman lui ajoute quelques intérêts supplémentaires, même si ces derniers n'étaient pas nécessaires pour rendre captivante et touchante cette histoire. Au cours de celle-ci, nous affrontons toute la bassesse humaine, qui s'exprime d'autant plus dans le rapport à l'animal. Mais nous croisons aussi de très jolies personnes, qui sont là pour redonner foi en notre espèce. Les 3 humains qui ne voudront que du bien à Personne et son copain Hercule sont des personnages très attachants : Yacine (passionné de maths et littérature homérique), Pelletan et Jean.

Histoire du lion Personne est un fabuleux témoignage d'amitiés inter espèces, sur l'énigme animale, un roman si riche qu'il est impossible de tout évoquer ici. En tout cas, ce livre laisse une sacré emprunte de patte de lion dans l'esprit et le coeur. Il et est, à sa façon, une plaidoirie contre l'asservissement des animaux aux fantaisies et distractions humaines, pour la protection des différentes espèces et surtout sur la notion de bien-être animale, qui si elle explose à notre époque, était déjà, il y a longtemps, la préoccupation de personnes en avance sur leur temps. Et surtout, il nous dit qu'il ne faut rien oublier, ni personne. Stéphane Audeguy remet les oubliés de l'Histoire et des histoires en surface avec brio.

 

"La bêtise humaine est d'une prodigieuse étendue ; sa plasticité est inépuisable".

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 10 Janvier 2020

Roman - Editions Gallimard - 296 pages - 19 €

Parution le 22 août 2019 : Rentrée littéraire !

 

L'histoire : Lassé de Paris, Sacha, romancier, s'installe un peu au hasard dans la petite ville de V, que l'on situe dans le sud est. Il y loue un meublé et se remet à l'oeuvre. Par des connaissances communes, il retrouve, par hasard aussi, "l'autostoppeur" comme il l'a toujours appelé...Vingt ans avant, Sacha lui avait demandé de sortir de sa vie... Les voilà réunit, Sacha rentre sa femme Marie et son fils Agustin, et réalise que le surnom donné à son ancien ami lui correspond toujours... L'autostoppeur n'a pas changé.

 

Tentation : Médias et sujet

Fournisseur : Bib N°1

 

Mon humble avis : A la bibliothèque, j'ai levé le pousse, ce livre est arrivé, alors je suis entrée dedans. Je l'ai ouvert, j'ai lu les premières pages qui m'emmenaient ailleurs, comme toute promesse d'une nouvelle vie, d'un nouveau départ, de nouvelles personnes rencontrées... L'aventure en quelque sorte, comme avec chaque nouvelle lecture, sauf que celle-ci semblait en promettre une bien différente. Oui, elle l'est, originale même, mais au fil des étapes ou des chapitres, elle paraît bien improbable. Et malgré la longue liste des villages aux noms amusants, tendres ou autre traversés par l'autostoppeur (que j'ai fini par lire en diagonale), les paysages et les pages se ressemblaient tous et devenaient très répétitifs.

Certes, on dit souvent que dans un voyage comme dans la vie, ce n'est pas l'objectif mais le trajet emprunté pour atteindre l'objectif qui compte. Sauf que là, l'objectif de l'auteur reste flou et ce trajet, en fait, on ne le partage que très peu, via des cartes postales reçues par Sacha, le narrateur. Quant à l'autostoppeur compulsif, il apparaît de plus en plus comme un collectionneur (limite un consommateur de bleds)que comme un contemplatif. Bref, rien n'est vraiment approfondi et son personnage, de fantaisiste, perd rapidement de son charme pour devenir insaisissable et presque insupportable. Bref, je ne suis pas parvenue à la moindre empathie ou affection pour lui.

Le possible rêve que nous propose à priori l'auteur (partir par les routes, au hasard...) ne fait plus rêver, tant on n'apprend rien sur personne ni aucun lieu, tant cet autostoppeur toujours ado dans sa tête agace et choque dans son abandon de ses responsabilités parentales... Quant aux personnages qui l'attendent, Marie, Sacha et l'enfant Agustin, ils ne semblent pas faire grand-chose de leur vie et même leurs états d'âmes, peu approfondis, ne les rendent pas plus passionnants ni réellement sympathiques. Si amour il y a, si respect de la liberté il y a, nécessitent ils une telle soumission aux caprices de l'autre, un telle attente celle de Pénélope.... Oui, on peut imaginer qu'en écrivant ce roman, Sylvain Prudhomme a peut-être pensé à l'Odyssée d'Homère. Sauf qu'Ulysse a surmonté toutes les sirènes et est revenu. Et la soumission de Marie, qui telle une bo-bonne attend le potentiel retour ponctuel de son conjoint m'a énervée, limite révoltée. On n'est plus en 1950 ! On est en 2019 !

Le style est particulier aussi, il faut un peu de temps pour s'y adapter. Certes il est soigné et agréable, mais les dialogues ne sont jamais annoncés ni vraiment séparés du reste du texte. Dommage, l'idée de départ était bonne, mais le développement me paraît presque prétentieux de traitement. Au final, même si l'on devine que les sujets sur la quête de soi, la liberté etc sont les leitmotive de ce roman, et je n'en suis pas sortie enrichie, ni spirituellement, ni culturellement. J'en suis sortie contente d'en avoir terminé avec cette histoire qui devenait interminable. Une lecture décevante et vaine pour moi. Je suis restée sur le bord de la route.

9/6

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 6 Janvier 2020

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 13 Décembre 2019

Roman - Editions Folio - 261 pages - 6.80 €

Parution d'origine chez Gallimard en 2009

L'histoire : Pierre photographe portraitiste parisien, se retrouve au Kenya. Il doit procéder à l'enterrement de son père, qu'il n'a rencontré qu'une fois et qui fut choisi par sa mère comme géniteur. En feuilletant un guide touristique, Pierre apprend que le mot "Safari" signifie "Voyage". Le sien sera intense dans le Kenya d'hier et d'aujourd'hui, dans les traces de son père et au coeur de lui-même.

 

Tentation : Ma PAL + la destination

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Le roman s'ouvre sur de superbes images... Un guépard dans le Masaï Mara (mais cerné de jeeps et de touristes). Une belle entrée en matière pour s'enfouir ensuite dans le coeur du Kenya, depuis les temps immémoriaux et leurs traditions, jusqu'à l'ultra mondialisation destructrice qui se glisse jusqu'aux tréfonds de chaque espace libre. Et ce, peu importe les dégâts causés pourvu qu'il y ait emplois et nourriture.

La rédaction de cette histoire est très particulière et requiert un peu de temps pour s'y adapter. En effet, sans trop prévenir, le récit passe régulièrement du "il" (l'auteur qui évoque son personnage) au "nous"... Nous autres... qui se révèlent être les esprits des anciens qui gardent un oeil sur leur terre et se souviennent. Ils sont les gardiens des temps, avant les colons, puis lors de l'arrivée des colons (anglais notamment) et de la construction d'une voie de chemin de fer, qui ne sera jamais rentable mais qui tuera à la tâche des centaines d'hommes. Les décès d'Anglais, d'indiens, de Coolies et autres sont comptabilisés. Ceux des indigènes, de cette population si négligeable ne le seront jamais. La voie de chemin de fer restera sur les cartes kényanes "comme une longue cicatrice de la peine des hommes".

Nous autres est comme un roman initiatique, que ce soit pour Pierre comme pour le lecteur. Il nous emmène d'abord dans le Kenya le plus accessible... Le touristique. Puis celui des expatriés et ainsi de suite, en passant dans des villages isolés jusqu'aux rives d'un lac débordant de crocodiles où aura lieu un enterrement qui suit des coutumes ancestrales. Le tout, en marchant sur les pas de Michel, père de Pierre, et homme ô combien extraordinaire, au sens littéral du terme. Pour Pierre, ce sera une rencontre post mortem avec son père qui bouleversera sa vie.

Et malgré la narration particulière, j'ai aimé profondément chaque ligne lue et servie par une jolie écriture emprunte parfois d'une douce poésie. Que d'échos en moi ! Je suis partie là-bas, dans le Kenya d'hier et d'aujourd'hui, et dans celui qui n'est plus tout à fait d'hier mais pas encore d'aujourd'hui. Un voyage aussi puissant que réaliste et instructif,  aussi poétique qu'incisif au coeur d'un pays et dans les méandres de l'âme humaine. Un récit sans concessions, qui ne cache rien sous le tapis et qui sait aussi mettre en valeur ce qui doit l'être, quitte à dépoussiérer. Sublime et rare.

 

"Il se répète qu'il est en Afrique, il sait bien qu'il n'existe rien qui soit vraiment l'Afrique, il sait bien que l'Afrique n'existe pas, qu'il ne se dirait pas à Milan qu'il est en Europe".

"Il sait bien qu'au début, il ne sert à rien de se raidir, qu'il faut fatiguer en soi le touriste, que les véritables photos viendront après."

"Les Indiens construisent et les Africains portent, les Anglais commandent et calculent".

"En 1902, Nairobi est belle et bien devenue une ville, puisqu'on y tombe malade en masse".

"Les Blancs sont comme les gnous des êtres migrateurs. Ils se paient à Loki de grandes filles frêles qu'en Europe, ils ne touchent qu'en rêve".

 

L'avis d'Yv

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 3 Décembre 2019

Roman - Editions Buchet Chastel - 265 pages - 18 €

Parution le 15 août 2019 : Rentrée Littéraire

L'histoire : Celle d'une époque, le milieu des années 70 dans le groupe scolaire provincial Denis Diderot. Des instituteurs (trices), des parents, des élèves, des cours de récréation, des logements de fonction, des ragots...  C'est comme un petit village où tout le monde se connait et où le temps passe... Sauf que pour les adultes, c'est la fin d'une époque qui s'annonce et pour certains élèves, l'épilogue de l'enfance.

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib'

Mon humble avis : La grande escapade : premier Blondel que je lis sans être réellement emportée. En fait, je ne me suis pas attachée aux personnages tant il m'a fallu du temps pour les distinguer, si jamais je l'ai vraiment parvenue. Entre les noms, les prénoms, les conjoints, les progénitures, les professions... Bref, difficile pour moi de réellement suivre leur histoire personnelle au milieu de celle collective. Aussi, j'ai ressenti des moments d'ennui et peu de frénésie à me replonger dans ma lecture dès que possible.

Néanmoins, ce roman a tout de même son intérêt et son originalité : l'époque sur laquelle il se penche et la manière subtile qu'il a de s'y atteler. Via les vies diverses qui tournent autour d'un groupe scolaire, situé en province... la province où la vie n'a pas encore vraiment changé malgré mai 68.

Les années 70 sont celles qui m'ont vu naître... Mais je ne les fais pas miennes, trop peu de souvenirs et de conscience de ce que je vivais et de ce qui se tramait... Comme un cyclone (mai 68), vient après sa queue, la pluie, les conséquences. Des changements de vie et de mentalité, qu'ils soient sociaux, scolaires, conjugaux. Par petites touches discrètes que les protagonistes ont du mal à accepter ou... à réaliser tout simplement. L'ère où habitudes, traditions et certitudes imposées sont reines s'achève. Les oeillères tombent, il existe d'autres façons de vivre et de penser que celles inculquées depuis des générations. Les femmes s'émancipent, chacune à leur manière. C'est aussi l'époque de la mixité scolaire, où le maître d'école sévère n'a plus sa place, où la musique anglo-saxonne envahit les ondes, où l'on se mêle des affaires des autres. Et là où il y avait de l'insouciance arrivent des normes... Les normes françaises, européennes. Finis les bacs à sable dans les écoles et les bancs de pierre, place aux bancs en bois, moins dangereux... Pendant que les parents constatent plus ou moins consciemment le nouveau chemin que la société toute entière emprunte, leurs enfants entrent plus ou moins brutalement dans l'adolescence.

Cette chronique sociale est, non sans humour, bien mise en scène par Jean-Philippe Blondel mais de façon plutôt longuette. La fin, qui prend des allures de littérature de l'étrange, m'a désarçonnée. Que vient-elle faire là ? Malheureusement, je n'ai pas été plus emballée que ça par mes moments de lecture. Un livre qui ne correspond sans doute pas à ce que je recherche dans la littérature. Et cette profusion de personnages, somme toute nécessaire, m'a vraiment égarée.

 

7/6

L'avis de Clara, de Sandrine, Alex

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 11 Novembre 2019

Roman - Editions de minuit - 173 pages - 16 €

 

Parution le 5 septembre 2019 : Rentrée littéraire !

L'histoire : Eva et Charles, quinquagénaires, sont lassés de la promiscuité parisienne et du béton. Enfin, ils sautent le pas : accéder à la propriété privée... Dans une banlieue sur la ligne du R.E.R, où fleurissent les lotissements éco indépendants, peu énergivores et construits en matériaux durables. Et surtout, un jardin, de la verdure... Tout s'engage très bien, leurs premiers jours dans ce jardin d'Eden répondent à toutes leurs attentes.... jusqu'à ce qu'aménagent, dans la maison mitoyenne, Les Lecoq...

 

Tentation : Passage de l'auteure à LGL

Fournisseur : Bib N°1

 

Mon humble avis : J'ai littéralement dévoré ce court roman jusqu'à la fin... et c'est là que cela a coincé un peu pour moi. Une sensation de flou, de dernières pages un peu bâclées, comme s'il fallait trouver une issue autre pour ne pas être classé dans la catégorie thrillers psychologiques mais bien dans celle des romans. Quant à la fin décevante, est-ce bien grave, non pas forcément, car elle est en fait secondaire. Ce qui compte dans ces pages, c'est vraiment le déroulement et le message de l'histoire.

En effet, Propriété Privée use des nombreux codes de la littérature policière. Une tension qui monte, des suspects potentiels (mais suspects de quoi précisément ?)  des gens qui s'observent de loin ou de très près, mine de rien. En fait, il règne dans ce livre une atmosphère qui m'a rappelé celle de Wisteria Lane (Desperate Housewives) et qui donc m'a régalée. Y aurait-il un cadavre caché quelque part ?

En fait, Julia Deck observe aussi bien à la loupe (les individus) que depuis un satellite (l'aspect communautaire) de ce lotissement. Julia Deck voit tout, décortique et analyse parfaitement les comportements des uns et des autres. Et oui, tous ces habitants qui ont fui la promiscuité parisienne et l'indifférence, se retrouvent plus ou moins prisonniers, à leur insu, d'une autre promiscuité... Celle des espaces ouverts, celle de la collectivité et de la convivialité qu'il est de bon ton de vivre dans ce genre de résidence. Qui dit espaces ouverts, compost collectif, jardins, fenêtres entrouvertes, barbecues dans les jardins et la liberté des uns qui empiète de plus en plus sur celle des autres. Tout se sait, tout se voit, tout se raconte, tout se transforme. L'aspect "privé" diminue un peu plus chaque jour. Les "amis" des premiers jours deviennent très vite insupportables et si près, trop près... Et sitôt qu'un doute s'installe, la belle convivialité des débuts devient vite un climat de suspicion, d'hypocrisie et d'individualisme... Celui-ci menant jusqu'à la lâcheté... "Et oui, il faut penser à l'avenir, maintenant que l'on a un crédit sur le dos".

Alors oui cette observation et analyse sociétale m'a beaucoup plu, intéressée et amusée. Le style est en parfaite adéquation avec le sujet, mêlant cynisme délicieux, littérature, simplicité et subtilité.

Propriété privée est donc à mes yeux un très bon roman, si l'on oublie la fin dépitante, mais je le répète, secondaire. Oui, ce qui prime ici, c'est le sujet jubilatoire et cruel, mais si réaliste.

6/6

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Novembre 2019

Roman, livre audio, La révolte, Aliénor d'Aquitaine, Histoire

Roman - Editions Audiolib- 5h43 d'écoute - 19.90 €

Parution d'origine chez Stock en août 2018

 

L'histoire : Celle d'Aliénor d'Aquitaine, de ses 30 à 82 ans, qui fut reine de France puis d'Angleterre narrée par son fils, Richard Coeur de Lion, par sa voix et ses échanges épistolaires avec elle.

 

Tentation : La culture ne nuit jamais

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Avec ce roman, je suis très loin de mes terres et de mes époques de prédilection en lecture. Me voici dans un roman historique et en plein Moyen-Age ! Mais c'est ce genre de petit miracle que permet la littérature.

Et oui, quand un roman peut vous apprendre (ou réapprendre) l'Histoire, autant sauter sur l'occasion de joindre l'utile à l'agréable. D'autant que le style soigné de Clara Dupont-Monod, adapté au sujet et à l'époque reste fluide, doux ou cruel en fonction des événements, mais toujours facile à suivre.

D'Aliénor d'Aquitaine, je ne savais que le nom et une situation géographique évidemment, je connais mon pays. J'ignorais qu'elle avait été reine de France en épousant Louis VII qu'elle quitta, pour se marier à Henri II, roi d'Angleterre, surnommé le Plantagenet. De lui, elle aura 10 enfants qu'elle enterrera tous sauf le dernier, Jean Sans Terre. Une grande partie de cette fratrie se haïra, se fera la guerre. Mais à une époque, elle s'unira contre son père le Plantagenet, et ce sera La Révolte.

Ici, c'est Richard Coeur de Lion qui raconte la vie mouvementée de sa mère Aliénor, femme implacable autant que remarquable. C'est tantôt la voix de Richard qui parle, puis elle laisse à place à celle d'Aliénor ou du Plantagenet, via certains échanges épistolaires.

Ce roman est très dense. Dans la première partie, ce sont surtout des "affaires familiales et territoriales" dont il est question. En effet, à l'époque dans la vie d'Aliénor et de son entourage, il est très souvent question de stratèges géopolitiques et guerriers divers, notamment pour protéger et préserver l'indépendance de l'Aquitaine (entre autre). La deuxième partie fut plus complexe et perdit mon attention par moment. Nous sommes avec Richard dans les croisades, alors qu'il rencontre Saladin qui évoque déjà le jihad. Etonnamment, l'on apprend que ce terme existait déjà à l'époque, alors que celui des croisades n'était pas usité. Là, notre Richard au coeur de lion m'a un peu lassée avec ses tactiques purement militaires sur le terrain, avec quelques détails pas toujours délicats (les têtes coupées ou autres réjouissances de la barbarie et de la guerre).

Dans ce roman, Clara Dupont-Monod admet avoir pris quelques libertés avec l'Histoire, du genre, en plaçant un donjon là où il n'y en avait pas. Mais les faits et gestes des protagonistes et le déroulement de l'histoire est bien réel.

Une lecture enrichissante, qui m'a permis de (re) découvrir le décor et les us du Moyen-Age, et de resituer quelques personnages historiques dans leur généalogie et leur époque... En espérant que cette culture acquise ne me quitte pas trop vite ! Ah mémoire, quand tu nous fais défaut !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 30 Octobre 2019

Roman - Editions de l'Olivier - 256 pages - 19 €

 

Parution le 14 août 2019, Rentrée Littéraire !

L'histoire : Près de Montréal, Paul Hansen, ancien super-intendant d'une résidence de luxe du centre ville, purge une peine de deux ans de prison. Il partage sa cellule avec le costaud Patrick Horton, un Hells Angel accusé de meurtre. Tout sépare ces deux hommes et pourtant, entre eux naît comme une amitié. Horton s'évade grâce aux magazines de moto qu'il décortique avec passion. Paul lui, n'a rien pour s'évader... Ce sont ses morts qui lui rendent visite (feu son père, sa femme, son chien)... Et l'histoire de sa vie, qui l'a mené entre ses quatre murs.

Tentation : La brouhaha autour de ce roman

Fournisseur : La bib'

 

Mon humble avis : Les médias disent que c'est là le meilleur roman de l'auteur. Les listes de certains prix confirment cet enthousiasme et sur billet sur la blogo suivent le même ton le plus souvent. Je ne peux me prononcé, ayant si peu lu de Jean-Paul Dubois.

Paul Hansen est dans sa cellule, partagée avec un gros dur qui n'a pas inventé la poudre mais plus sensible qu'en apparence... Après, tout est dans la forme.

Paul alterne le récit de quelques moments de journées partagés avec Horton, pour le pire (le manque d'intimité dans les moments les plus intimes), comme pour le meilleur (des échanges bien plus profonds, touchants et révélateurs qu'il n'y parait). Horton est un personnage haut en couleur, truculent, pour qui le lecteur se surprend d'affection. Entre ces moments du quotidien immuables, il y a la vie de Paul, toute sa vie, depuis sa naissance en France d'un pasteur Danois et d'une propriétaire de cinéma (indépendant) française, en passant par son départ pour le Canada, pour y retrouver son père, puis les trente ans qu'il passe en qualité de super intendant d'une résidence de luxe montréalaise...  Les dernières années vont mener au drame qui s'annonce, mais qui ne se dévoilera que dans les dernières pages du roman. On craint le pire. Et pourtant...

Sans élever ce livre au rang de mes coups de coeur, j'avoue avoir apprécié vivement ma lecture, même si, de temps en temps, quelques longueurs me sont apparues. Le style de l'auteur est magnifique tout en étant fluide, et dans la façon qu'il a eu de construire tant son oeuvre que les personnages qui l'habitent, il y a comme quelque chose de littérature américaine. L'histoire n'est pas dense en événements (elle l'est cependant en sujets développés), mais les pages se tournent toutes seules.

Les portraits d'hommes et de femmes sont délicieusement et pudiquement brodés au fil des pages, dans leur antagonisme, leur secret, leur hypocrisie, leur force, leur idéalisme, leur révolte ou leur soumission, leur faiblesse. Dans leur passion aussi et s'il n'y a pas de passion, le plaisir, le bonheur d'une vie tranquille et sereine au service des autres, le plaisir du job bien fait et plus s'il le faut, parce que l'homme a besoin d'humanité, et Paul le sais très bien.

Et puis, un nouveau personnage débarque dans la galerie et l'on sent que l'orage arrive.

Ce roman montre comment une vie de bonté et d'effort peut être ruinée en très peu de temps, et à cause d'une seule personne qui, par un discours bien huilée et une présentation bien pompeuse, parvient à manipuler le reste de la troupe. Et c'est ce diable qui va provoquer l'orage, et faire sortir de l'homme sage la bête qu'il y a en chacun de nous.... Et oui, aussi bons que nous puissions être toute une vie durant, nous ne sommes jamais à l'abri de croiser un être maléfique qui nous fera sortir de nos gongs, un être qui nous fera devenir un autre.

Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon a donc été une lecture très agréable et prenante pour moi, qui me suis régalée de la plume de l'auteur. Par contre, dire qu'elle m'a transportée d'émotion serait mentir. J'admire l'oeuvre d'art qu'est ce roman, mais je m'attendais à être complètement remuée de l'intérieur. Et non.

D'ailleurs, en relisant mon billet, je me dis qu'il n'est pas très inspirant. Il en sera ainsi !

 

5/6

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Octobre 2019

Roman - Editions Audiolib - 4h42 d'écoute - 19 €

Parution d'origine aux éditions Le Seuil en 2014

L'histoire : C'est celle d'Eddy Bellegueule, un enfant né dans un milieu très populaire en Picardie. Eddy n'aura de cesse de quitter ses parents, la pauvreté, sa classe sociale faite de racisme et de violence. Il s'insurge contre tout cela, mais surtout contre le monde qui s'est insurgé contre lui depuis toujours, le voyant comme une source de honte. Car Eddy est différent d'eux et pour eux, différent tout court.

 

 

Tentation : La blogo en son temps (et oui déjà 5 ans, je suis parfois longue à la détente !)

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Edouard Louis raconte son enfance. Il aurait pu, pour cela, choisir la forme d'un essai, d'une enquête ou d'un témoignage. Il a préféré donné un espace littéraire à la violence qu'il a subi, la littérature étant un travail de langage. Et il a ainsi eu plus de liberté pour montrer dans ce livre comment la violence est située dans un langage, et qu'elle s'exprime par des mots. La forme du roman lui a donc permis de restituer la violence d'un langage et des mots qui aurait eu un moins d'impact via un autre support d'écriture. Edouard Louis superpose donc deux langages qui s'entrechoquent : celui d'Eddy enfant et de son milieu, et le sien devenu adulte et romancier. C'est comme cela qu'il peut rendre cet aspect si réel et compréhensible.

Le travail de l'auteur est donc admirable et terriblement abouti. Ce livre, on ne le lâche pas. Alors pourquoi seulement trois pattes de chats ? Parce que ce roman n'en n'est pas un, mais une histoire vraie. Et ce genre d'histoire vraie me met très mal à l'aise, tant la violence réelle m'est insoutenable. Ce type de lecture n'est pas du tout confortable pour mon âme sensible et révoltée face aux injustices, face à l'acharnement envers les plus faibles (en apparence) et sans défense, surtout dans un milieu où plaidoyer restera toujours vain. Eddy est différent, efféminé, délicat, curieux de culture dans un monde de brutes enfermé dans des codes, qui n'a pas été ouvert à la culture et aux différences. Un monde où un garçon doit devenir un homme, un vrai, un dur. D'où un racisme très présent dans les propos de la famille d'Eddy... Bien que ce racisme primaire se trouve aussi couramment dans des CSP +++ hélas.

Edouard Louis décrit la violence verbale, les moqueries, l'humiliation, l'incompréhension subit par Eddy, que ce soit par les siens ou par l'extérieur (l'école ou autre), cette violence insidieuse qui est souvent invisible de l'extérieur du foyer familial et qui évolue dans l'indifférence générale.  Celle-ci m'a trop chamboulée pour que je puisse sauter d'enthousiasme envers cet ouvrage sur les dominés qui a pourtant tout de remarquable dans sa finesse, sa construction, son écriture, les émotions qu'il dégage et qui appelle à devenir autre chose que ce que notre condition a fait de nous.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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