Articles avec #litterature francaise tag

Publié le 13 Février 2021

Roman, Jean-Marie Gourio, Le contraire de l'habitude, éditions Cherche midi, avis, critique, chronique

Roman - Editions Cherche Midi - 236 pages - 17.50 €

Parution le 4 février 2021

L'histoire : Un matin, alors qu'il quitte son appartement pour se rendre au bureau, l'homme ne se dirige pas vers la droite pour prendre le métro comme il le fait tous les jours. Non, il part vers la gauche, et découvre une portion de son avenue qu'il ne connaissait pas. C'est le début d'un sacré périple, d'une aventure extraordinaire dans l'inconnu.

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Masse critique de Babelio, merci pour l'envoi !

 

Mon humble avis : Jean-Marie Gourio nous offre ici un roman radicalement anti routine, anti morosité ! Ca fait du bien... Mais il faut aimer la "complètement barré" !

Notre homme prend donc à gauche au lieu de la droite habituelle... Il va vivre une aventure dingue faite de péripéties toutes plus ubuesques les unes que les autres. Le tout, en se laissant aller, en saisissant les opportunités quand elles se présentes, et surtout, en prenant soin de ne contrarier jamais contrarier aucune de la multitude de personnes fantasques qu'il rencontrera, dans des situations toutes aussi saugrenues que ces personnages. L'extravagance de tout cela m'a franchement amusé, les dialogues sont souvent hilarants de non-sens (parfois faux non-sens !), même si certaines scènes sont plus drôles que d'autres. Mais derrière cette gigantesque farce, pointent de l'émotion, des critiques de notre société actuelle et de nos comportements individuels. Ave l'homme, nous découvrons toutes les expériences de vie et rencontres ce que nous manquons à rester dans notre train-train quotidien.

En fait, ce roman est une ode à la fantaisie, à l'ouverture aux autres, à l'inattendu, à l'étrange, à l'inhabituel... Sortir du rang, sortir de sa ligne toute tracé, prendre un chemin de traverse, voilà à quoi nous invite Jean-Marie Gourio. Découvrir l'inconnu qui commence sur le pas de notre porte. Mais attention à ne pas tomber dans l'extrême. Et oui, l'excès de fantaisie fait d'elle une habitude, et comme toutes les habitudes, elle peut finir par lasser et fatiguer. Ne pas faire de la fantaisie une nouvelle prison, mais un espace de liberté !

Quant à moi, je sors de cette lecture vraiment admirative de l'imagination sans borne de l'auteur !

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 9 Février 2021

Delphine de Vigan, Littérature, roman, Un soir de décembre, avis, chronique, critique

Roman - Editions Points - 195 pages - 6.90 €

Parution Points 2016, JC Lattès 2005

L'histoire : Matthieu, 45 ans et père de deux garçons, mène une vie équilibrée, sans problème. Il a écrit un premier roman qui a rencontré un vif succès. Il est désormais habitué à lire le courrier de ses lecteurs. Parmi ces lettres, une missive, non signée. Une femme, qui manifestement le connais personnellement. Dans ces lignes, Matthieu reconnait Sara, avec qui il a vécu une fulgurante aventure dix ans plus tôt. L'évocation de ses souvenirs charnels foudroient peu à peu Matthieu, qui se noie dans l'écriture d'un nouveau roman.

 

 

 

Tentation : J'aime beaucoup Delphine de Vigan

Fournisseur : Ma PAL

 

Mon humble avis : Un soir de décembre est le deuxième roman de Delphine de Vigan. Je pense que si elle n'en n'avait été l'auteure je n'aurais apprécier cette histoire. Mais il y la la magnifique plume de Delphine de Vigan : soignée mais fluide, qui percute et résonne, qui n'a pas son pareil pour écrire l'intime, le rapport au corps, celui de l'autre, mais surtout, le sien, le nôtre.

Il est beaucoup question ici de l'activité de l'écriture romanesque, du lien avec la matière, le papier, le stylo, mais de la relation avec les mots, les phrases. Je pense qu'à ce titre, ce livre devrait séduire les auteurs en herbe, confirmés ou en passe de l'être. Ces passages sont très beaux et intenses, mais personnellement, ils ne me bouleversent pas plus que cela.

Comme le reste d'ailleurs... Cet homme qui va se perdre et perdre les siens lorsque ressurgit du passé une passion fougueuse qu'il a vécu dix ans plus tôt, juste avant son mariage avec Elise. Cette souvenance se fait de façon épistolaire en sens unique, il n'empêche qu'elle obsède Matthieu, qui va plonger dans une sorte de dépression obsédante, ou une obsession déprimante... Revoir Sara, elle lui avoue dans ces lettres qu'elle fréquente son quartier parisien. La chercher, mais non, pas tout de suite, il faut d'abord finir le nouveau roman...

Les faits deviennent vite redondants, lassant pour moi qui ne m'émeut pas (plus) devant les passions "amoureuses" dévastatrices. Et pourtant c'est sublimement consigné par Delphine de Vigan, qui exploite ici vraiment tous les sens du corps. Mais Matthieu ne m'a pas paru sympathique, je ne l'ai pas plaint, son histoire ne m'a pas atteinte.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 5 Février 2021

Roman, littérature, Michaël Ferrier, François, portrait d'un absent, avis, chronique, critique

Roman - Editions Ecoutez lire - 5h30 d'écoute - 18 €

Parution audio 2019 - Gallimard août 2018

L'histoire :  L'auteur a perdu un ami... François et sa fille Bahia sont morts, emportés par une violente vague sur la plage de La Graciosa, une petite île sauvage des Canaries. Alors l'auteur se rappel de l'homme, et de leur amitié... Et leur consacre cet ouvrage.

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Mon humble avis : Ce livre est assez loin de mon genre de prédilection. Ce qui ne m'empêche pas d'en percevoir la beauté. Michaël Ferrier offre ici un texte magnifique, enveloppé dans un style envoûtant et enveloppant, qui nous fait une fois ressentir la chance d'être de langue française, et de maîtriser sa richesse, sa poésie. De plus, l'interprétation impeccable de Thibault de Montalembert  (avec cet acteur, il ne pouvait en être autrement) ajoute encore un écho à cette grandeur.

Hommage à l'ami disparu, hommage à l'amitié avec ses hauts, ses bats, ses interruptions, le roman retrace les années communes des deux amis depuis le lycée jusqu'au moment tragique. Le ton oscille entre nostalgie et mélancolie dans les souvenirs. Il y a vraiment des passages splendides, bouleversants dans le sens profond de ce qui est dit, ce genre de passages que l'on voudrait retenir, et que l'on ressent avec les tripes, qui fait échos au vécu de chacun.

Mais il y a eu aussi des longueurs, que j'ai sans doute ressenti car, comme dit plus haut, ce n'est un genre littéraire que j'affectionne particulièrement. De ce fait, mon attention d'écoute a parfois été vagabonde, en fonction de mon intérêt pour les différents sujets abordés. Aussi, je tiens à dire que selon vos goûts en lecture, vous pourriez adorer ce portrait de l'absent.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

Repost0

Publié le 3 Février 2021

Véronique Olmi, roman, les évasions particulières, avis, chronique, critique

Roman - Editions Albin Michel - 512 pages - 21.90€

Parution le 19 août 2020 : Rentrée Littéraire

L'histoire : Elles sont trois soeurs, nées dans une famille catholique modeste à Aix-en-Provence. Sabine, l'aînée, rêve d'une vie d'artiste à Paris ; Hélène, la cadette, grandit entre son oncle et sa tante, des bourgeois de Neuilly-sur-Seine, et ses parents, des gens simples ; Mariette, la benjamine, apprend les secrets et les silences d'un monde éblouissant et cruel. Comment vont elles évoluer, trouver leur voie dans une société en pleine mutation ?

 

 

Tentation : Kdo de Noël de ma soeur

Fournisseur : Ma soeur 

Mon humble : Sans me bouleverser pour autant, ce roman qui ressemble une saga m'a littéralement happée. Véronique Olmi nous offre ici une chronique sociale et familiale sur une décennie entre 1971 et 1981 et l'avènement de Mitterrand au pouvoir... La décennie qui m'a vu naître et avancer dans l'enfance. Mais dans ces années-là, je n'avais aucune conscience de ce qui se déroulait au dehors de mes jeux d'enfants, du contexte géopolitique et social particulier qui m'entourait.

Ce roman répare bien ces manquements. Effectivement, les années 70 ont été denses en bouleversements de la société, des moeurs et de bien d'autres choses, via des lois et des nouveautés qui occupaient toutes les conversations, les préoccupations et divisaient : la pilule, la légalisation de l'avortement, l'homosexualité encore considérée comme une maladie psychiatrique, les fermetures d'usines, la reconnaissance de la souffrance animale... En lisant ce livre, l'impression est curieuse. Celle que tout cela était il y a bien longtemps, que l'on en a parcouru du chemin depuis... Pour penser en parallèle qu'en fait, les choses et les préoccupations n'ont pas tant changé que ça, et qu'il en reste du chemin à parcourir pour aboutir à une société plus juste, plus égalitaire, plus tolérante, plus respectueuse de l'environnement etc... Constater tout cela m'a vraiment intéressée. Il m'a semblé qu'à cette époque-là, les idéaux étaient plus forts, plus puissants, vécus plus intrinsèquement par chacun... C'est le cortège funèbre de Sartres qui a été suivi dans le tout Paris par des milliers de gens... Dans les années 2010... C'est pour Johnny Halliday... pas vraiment les mêmes références.

Et puis il y a cette vie familiale modeste et catholique, et ces trois filles, qui tout comme la société, vont s'affranchir au fil des années. J'ai aimé la justesse et l'idée de ce parallèle : l'affranchissement du carcan tant par une nation et une génération toute entière, que par trois personnages... Il n'y a qu'en quittant le nid familial que l'affranchissement du mode de pensée et de vie peut se faire et se vivre pleinement, car les possibilités multiples se présentent enfin, on teste, on s'essaye, puis on choisit, quelques que soient les déceptions possibles, et le revirement de situations. On sent que ces trois filles étouffent dans le giron familial où Dieu et le Pape font autorité, et le respect de la vie (donc contre l'avortement) dépasse tout... Jusqu'à ce que... Bref, nous assistons aux petits arrangements bien hypocrites de certains avec la religion où le pardon de Dieu a plus de poids que celui des Hommes...

Véronique Olmi nous plonge dans l'intimité de ses personnages avec une belle justesse, montre la complexité et l'ambiguïté de chaque être et des relations familiales avec brio et délicatesse, et n'hésite pas à nous bercer pour nous assener un bon coup sur la tête ou dans le ventre quelques pages plus tard. L'écriture est belle, dynamique, elle insuffle un rythme qui ne faiblit pas, malgré le volume important du roman. Cette histoire est très dense et foisonnante d'une multitude de sujets, il y aurait donc beaucoup à dire.

Curieusement, je me suis retrouvée un peu dans chacune de ces trois filles... Sabine, la révoltée sociale et féministe, Hélène qui se révolte devant le sort qui est réservé aux animaux et l'avenir écologique de la planète, et Mariette, qui s'émancipe pour l'instant dans le rêve, dans son monde intérieur, puisqu'elle est encore trop jeune pour voler de ses propres ailes. J'ai photographié beaucoup de passages, c'est un signe !

Un beau roman sur une décennie qui fut porteuse d'espoir, l'espoir de la libération individuelle et collective, sur l'émancipation, la force des convictions très vite amoindrie dans la réalité. A lire !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 26 Janvier 2021

Roman, un paquebot dans les arbres, Valentine Goby, avis, critique, chronique, littérature, tuberculose

Roman - Editions Babel - 267 pages - 7.90 €

Parution Babel en 2018 (Acte Sud 2016)

L'histoire :  Dans les années cinquante, Mathilde est une toute jeune adolescente lorsque la tuberculose pénètre dans l'antre familiale. C'est son père, Paulot qui est le plus atteint. Paulot et Odile sont très doués pour le bonheur, le partage et l'insouciance. Lorsqu'ils partent tous les deux pour un long séjour au sanatorium, ils laissent leurs deux plus jeunes enfants dans la misère et le dénuement. C'est Mathilde qui va remonter ses manches et tout faire, contre vents et marée, pour garder une famille unie. Mathilde va grandir très vite, trop vite.

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : Quelle pépite que ce roman ! Pendant quelques jours j'ai été aimantée par cette histoire, et la façon qu'a Valentine Goby de la conter. Depuis la formule narrative, en passant par la plume enchanteresse et le rythme qui ne faiblit jamais, je vois dans "Un paquebot dans les arbres" un chef d'oeuvre parfaitement maîtrisé... Ce qui n'empêche nullement émotions et sensation de naturel. Le texte coule comme un ruisseau qui devient torrent, et le sens ruisselle en nous comme le sang dans les veines... Et le coeur bat, très fort... D'admiration pour Mathilde, d'énervement contre ses parents insouciants qui ne se rendent jamais compte du poids qu'elle porte et de tout ce qu'ils lui demandent... D'effroi aussi quand on constate une fois de plus la béance de l'aide étatique auprès des plus démunis. Quant aux amis de la famille... Il n'en n'est plus... La peur du bacille... On fuit la famille Blanc. Elle peut bien crever de faim dans l'indifférence générale.

Le roman s'ouvre sur les pas d'une vieille femme qui foulent les ruines de l'ancien sanatorium que tout le monde appelait "le paquebot dans les branches". Pour sa forme et sa situation... perdu dans les arbres. Cette vieille dame, c'est Mathilde... Elle se souvient que plus de cinquante ans plus tôt, ce lieu a signifié l'éclatement de la famille, et la lutte de la jeune Mathilde pour lui garder la tête hors de l'eau, dans une misère inouïe, celle qui tiraille l'estomac, qui élime les vêtements etc. Pour Mathilde, ce sera des années de dévotions, de sacrifices, d'abnégation. Son courage, sa fermeté, son énergie, son acharnement tout en dignité tiennent pour moi de l'héroïsme. Plus d'une fois, on a envie de lui dire : "mais pars, vis ta vie". Pourquoi tout cela ? Par amour. Car Mathilde aime son père plus que tout. C'est une véritable vénération qu'elle lui voue depuis toujours. Alors que Paulot ne la regarde qu'à peine, et voit en elle uniquement le garçon manqué qu'elle s'efforce d'être, pour remplacer celui d'avant elle... le petit Pierre, mort peu de temps après sa naissance. Oui, Mathilde, cette ado qui devient adulte malgré elle, par la force des choses, reçoit bien peu en retour de l'oubli d'elle-même.

Un paquebot dans les arbres est donc un roman magnifique et puissant... Qui dresse un portrait bouleversant d'une jeune fille des années 50, qui donne une voix à tous ces oubliés des systèmes sociaux, aux indésirables tubards, à une France qui ne s'est jamais rendue compte que c'était alors les Trente Glorieuses. A lire !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 22 Janvier 2021

roman - Didier Van Cauwelaert - la dernière nuit au XVème siècle, avis, chronique, critique

Roman - VDB Editions - 6h27 d'écoute - 16.95 €

Parution d'origine chez  Albin Michel en 2008

L'histoire : Comment vivre une histoire d'amour avec une jeune femme du XVe siècle, quand on est contrôleur des impôts à Châteauroux en 2008 ?C'est tout le problème de Jean-Luc Talbot, qui était un homme normal, rangé et rationnel... jusqu'à la nuit dernière, où tout a basculé. Est-il rattrapé par une passion vécue au Moyen Age, ou victime du complot diabolique d'un contribuable ? 

Tentation : Le nom de l'auteur que j'apprécie

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Aïe, moi qui cherchais un dernier livre audio sympa et sans prise de tête pour effectuer mes derniers trajets 2020 en voiture, et bien j'en ai été pour mes frais. Ce n'est pas compliqué, j'ai détesté ce roman. J'en ai subi l'écoute et n'ai rien saisi de l'intérêt de l'histoire qui est somme toute rocambolesque. Rocambolesque, pourquoi pas lorsque l'on est déjà dans le romanesque mais là, ça défit l'imagination... Encore une fois, pourquoi pas lorsqu'il s'agit de littérature ?!

Tout ça pour dire que ce roman a glissé sur moi sans trouver aucune accroche. Rien ne m'a pénétrée, ni la poésie de l'amour, ni les situations dantesques où se retrouve le personnage principal. D'ailleurs, je n'ai éprouvé ni empathie ni sympathique pour aucun des protagonistes de l'histoire et pour nombre d'entre eux, j'ai du mal à m'en figurer rôle précis dans le déroulement des événements.

Le roman n'est pas bien long, et pourtant, il m'a semblé interminable. J'ai entamé cette écoute un peu à l'aveugle, sans connaître le nombre de plages (chapitres). A partir de 15, je m'attendais à ce que cela se termine, et bien non, cela repartait pour un tour sans cesse.

Bref, par cette histoire de Jean-Luc Talbot, qui serait plus ou moins la réincarnation d'un certain Guillaume qui vécut au XVème siècle et dont Isabeau, son amoureuse de l'époque veut poursuivre leur amour dans le présent... j'imagine que Didier van Cauwelaert développe sans doute l'intérêt qu'il porte peut-être à l'espace-temps, aux sciences plus ou moins occultes, à la réincarnation. Sans aller aussi loin, il nous dit peut-être qu'il faut parfois se libérer de son passé pour avancer. Mais bon bref, je ne suis pas du tout convaincue, au point qu'au cours de ma lecture, je me suis dit que ce roman était peut-être l'un des tous premiers du célèbre et prolifique auteur que j'apprécie habituellement, et bien même pas.  On passe !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 18 Janvier 2021

Irène Frain, Prix Interallier 2020, un crime sans importance, littérature, avis, critique, chronique

Récit - Editions du seuil -256 pages - 18 €

Parution le 20 août 2020 : Rentrée littéraire

Le sujet : En banlieue parisienne, une femme vêtue d'un manteau bleu noir, discrète, comme si elle n'était pas à sa place, se rend aux obsèques de Denise, une septuagénaire. Denise a été sauvagement assassinée à son domicile. Une enquête de police est bien sûr ouverte mais l'aboutissement tarde... Police et justice se murent dans un silence suspect, silence qui empêche la famille de comprendre, de faire son deuil, et de punir le criminel. La femme en manteau bleu noir est de cette famille divisée. Elle est la soeur cadette de Denise. Elle est Irène Frain. Irène Frain, qui est écrivain et a donc la parole, prend la plume pour que la mort de sa soeur ne demeure pas un crime sans importance.

 

Tentation  : La blogo

Fournisseur : Bib N° 1

Mon humble avis : Il se lit comme un roman, mais narre une histoire tragique réelle. Ce récit puissant et cruel m'a littéralement happée. J'ai même été surprise de le dévorer aussi vite. Je m'attendais à une lecture difficile alors qu'en fait, l'écriture, évidemment travaillée, est d'une fluidité merveilleuse. Elle invite, elle retient, et pour l'auteure, elle démusèle. 

Par ce récit, Irène Frain libère sa colère longtemps contenue face aux silences qui suivent le meurtre de sa soeur, de sa marraine. Le silence de la famille distendue et toxique, qui mettra 7 semaines à l'avertir de la violente agression qui a mené à la mort de Denise. Le silence de la police, qui ne confie pas le dossier à la justice... Ce qui fait que la famille n'y a pas accès et reste dans le brouillard. 

La famille est divisée, Irène Frain ne semble plus en faire vraiment partie. Des passages bouleversants sur l'enfance des deux soeurs, puis sur la vie de Denise nous expliquent pourquoi celles-ci ne se sont pas vues depuis des années.  Et pourtant, un lien très fort unit Irène et Denise... Mais il y a la maladie de Denise, et les traditions taiseuses de cette famille bretonne modeste.

Irène Frain va se battre pour savoir où en est l'enquête, pour que le meurtre de sa soeur ne tombe pas dans l'oubli judiciaire. Lors de ses recherches, elle découvre que d'autres personnes âgées des alentours ont aussi subi de terribles agressions chez elles... Et pourtant, la police ne semble pas faire le lien, là où les habitants de la ville y voient clair comme de l'eau de roche. Le policier en charge de l'enquête reste injoignable, il ne transmet pas le rapport à la justice, tout reste au point mort. La colère d'Irène Frain devant cette inertie, qui cache soit de la mauvaise volonté soit un vice de procédure caché, est contagieuse... Elle monte en nous et déborde. Mais comme le dit Irène Frain, le meurtre d'une vieille dame discrète ne déplace pas les foules comme celui d'une belle adolescente, elle ne génère pas de marche blanche... C'est sans doute un crime sans importance aux yeux de la société...

J'ai vraiment du mal à rendre hommage à ce texte aussi ahurissant que bouleversant, sincère et pudique, qui porte aussi sur le deuil en lui-même. Je ne trouve pas les mots. Mais il est à lire, d'autant qu'en parallèle, Irène Frain dresse le portrait de nos villes, de nos banlieues actuelles et d'un dysfonctionnement sociétal certain.

 

L'avis d'Aifelle et d'Antigone

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 16 Janvier 2021

Jean-Louis Fournier, satané dieu, livre, avis, chronique, critique

Roman - Editions Stock - 151 pages - 5.70 €

Parution d'origine en 2005 (existe chez J'ai Lu)

L'histoire : Dieu a fini le monde. Il a ses 150 trimestres, il peut prendre sa retraite. Il choisit de loger avec Saint Pierre au dernier étage d’une tour, au-dessus des hommes. Parfois, il joue au « domino » avec Saint Pierre, mais souvent il s’ennuie. Il entend les voisins du dessous s’amuser. Il est jaloux, leur bonheur lui fait mal. Pas grave, Dieu a beaucoup d'imagination pour pourrir leur vie !

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Voici 11 ans que ce livre attendait dans ma PAL. Ce livre, je l'avais acheté au salon du livre de Paris, où à plusieurs blogueuses globalement débutantes alors, nous nous étions retrouvées.

Voici un roman/essai issue de la plus pure verve à la Fournier ! Cynique à souhait, absurde, décalé et drôle, très drôle justement parce que Jean-Louis Fournier sait faire court. Plus long, ce serait devenu répétitif. En effet, presque chaque chapitre s'ouvre sur la phrase : " Et comme chaque fois qu'il voit des gens heureux, Dieu a la nausée et il réfléchit à ce qu'il pourrait inventer. Il décide de leur gâcher la vie"... Il faut avouer que la pertinence impertinente de Jean-Louis Fournier fait mouche.

Et la liste des méfaits de Dieu qui nous pourrissent l'existence est sans fin ! Depuis les moustiques, en passant par TF1, via la jalousie, les allergies, l'injustice, l'insomnie, la fumée, la pluie, l'argent, l'orage, les embouteillages, la surpopulation, Jean-Michel Jarre, j'en passe et des pires ! Et bien sûr, ces méfaits génèrent aussi des conséquences néfastes... Par exemple, l'argent mène à la guerre...

Mais l'oeil averti du lecteur ne sera pas toujours dupe. Il remarquera certainement que nombre de ces maux qui nous empoisonnent l'existence ne sont que pure création humaine. Oui, l'homme est très doué pour créer son propre enfer et le faire prospérer !

Un bon moment de détente pour tous, même pour les croyants, à condition qu'ils aient  conservé le sens de l'humour et de la dérision !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 12 Janvier 2021

Roman, J'ai Lu, Flammarion, Alexandre Feraga, Le dernier cerveau disponible

Roman - Editions J'ai Lu - 317 pages - 7.40 €

Parution d'origine chez Flammarion en 2017

L'histoire : Agressé en pleine rue, un homme atterrit dans la vitrine d’un salon de coiffure. Sous la violence des coups, il perd la mémoire et la parole. Impossible de savoir qui il est, d’autant plus que personne n’a signalé sa disparition. Qui voudra bien s’occuper de ce grand blessé ? Harold, le propriétaire du salon, accepte de l’accueillir chez lui. Qui va réellement réapprendre à vivre ? Le grand blessé ou ceux qui vont s'occuper de lui ?

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma CB, click & Collect confinée

 

Mon humble avis : Voici un roman plutôt farfelu, avec des personnages qui le sont tout autant, entre Spontex le manchot, Strumstick le terrible professeur, Harold le coiffeur culturiste etc... Mais il faut se méfier des apparences... C'est un peu ce que nous dit Alexandre Feraga. 

Car sous couvert de cette farce qui frôle le Vaudeville, l'auteur nous parle des blessures parfois invisibles de la vie, qui sont souvent les conséquences d'une certaine soumission à nombre de dictats. Ces dictats, il les développe à travers chacun de ses protagonistes. Pèle mêle, Alexandre Feraga montre du doigt les répercussions de la soumission à la théorie du genre, à l'état dictatorial (ici avec Cuba), à l'obligation de l'intégration (quitte à effacer le passé) avec le chauffeur de taxi vietnamien, le devoir de rentabilité avec Spontex, la course au progrès scientifique avec l'ignoble professeur fou, le patriarcat qui réduit la femme à son rôle ménager... Et son contraire... L'ultra féminisme, qui devient aussi une soumission au non. Le romancier évoque même la soumission des destinations touristiques à leurs visiteurs, puisque bien souvent, celles-ci maintiennent des traditions de façade uniquement pour ne pas décevoir les touristes. Oui, il faut correspondre à la carte postale.... Une dernière docilité pour la route... La nôtre, celle de chacun dans ses achats... Et oui, nous nous soumettons à un dictat commercial bien organisé.

Le cas le plus déployé est celui d'Harold, qui souffre de la domination de son père, ce père acariâtre, sévère, boxeur raté, toujours déçu par son fils et ce, depuis qu'enfant, il s'amusait à habiller des poupées. Et le pire, c'est qu'Harold, sans s'en rendre compte, reproduit avec son fils ce comportement qui semble être la signature de la lignée familiale. A travers le personnage d'Harold, Alexandre Feraga appuie là où ça fait mal pour nombre de lecteurs : les traumatismes d'enfance et les dictats familiaux qui empêchent d'évoluer, de s'envoler, d'être ce que l'on est vraiment.

Et l'homme agressé dans tout cela ? Harold le prénomme Olaf... Et, volontairement ou non, ce sera au lecteur de se faire son opinion, il va changer la vie de chaque habitant d'un quartier. Qui est-il ? Surprise ! Il y a bien une piste... Mais peut -elle être prise au sérieux ?

Le dernier cerveau disponible est un roman divertissant, lu entre les deux fêtes. Farfelu en surface et sérieux à la fois. Mais justement, j'ai trouvé qu'il partait un peu trop dans tous les sens, sans aller jusqu'au bout de chaque direction. Sans doute pour écrire un nombre de pages correcte, pas trop et pas trop peu... d'où cette impression de liste accélérée de soumissions. Il aurait peut-être mieux valu se concentrer sur certaines d'entre elles que de vouloir toutes les intégrer dans cette histoire.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 8 Janvier 2021

roman, tropique du chat, Christine Lacroix, Guadeloupe, Faune, Flore, Les Saintes, félins, chats

Roman - Editions - Evidence Editions - 376 pages - 17.99 €

Parution le 14 avril 2020

L'histoire : Toussaint est, comme beaucoup de ses congénères, le chat de personne. Ce beau matou noir et blanc vit aux Saintes. Un jour, par mégarde, il se laisse embarquer dans une navette et le voilà à Trois Rivières, sur le continent vert. Il chemine le long de la côte sous le vent de Guadeloupe. A Malendure, il rencontre Blanchette, une chatte tout juste arrivée de métropole. Ils poursuivent ensemble leur aventure, surmontent les difficultés et profite du merveilleux jardin qu'est l'île papillon.

 

Tentation : Un mail de l'auteure

Fournisseur : Ma CB déconfinée de Mai

 

Mon humble avis : L'auteure Christine Lacroix ne s'est pas trompée en me contactant pour promouvoir son roman. Je pense qu'elle avait vraiment parcouru mon blog. Oui, son "tropique du chat" est fait pour moi... Moi qui, cela n'aura échappé à personne, suit une amoureuses des chats et une Guadeloupéenne de coeur... En effet, j'ai vécu presque 3 ans sur cette île tropicale. Et comme cette histoire se déroule sur cet archipel...

Dans le fond, cette oeuvre aurait pu être un coup de coeur. Je me suis régalée à suivre à la traces les pattes du chat Toussaint Louverture et sa douce amie Blanchette. Depuis les Saintes, Toussaint nous emmène sur la Basse Terre, tout au long de la côte caribéenne, jusqu'au Nord, puis jusqu'à la Rivière Salée, avant de revenir au point de départ via la Route de la Traversée. Que de souvenirs pour moi, d'images précises, je situais avec justesse presque tous les sites cités, et pour certains, j'avais encore des réminiscences personnelles bien vivaces, notamment aux Saintes, mon petit coin de paradis, où j'ai eu la chance d'aller moult fois.

Ces deux félins sont bien attachants et Christine Lacroix décrit leur comportement inné et singulier à la perfection. Et ils nous offrent une occasion unique... Celle de visiter une bonne partie de la Guadeloupe en profitant de leurs caractéristiques : vue, oui et odorat hors du commun ! Grâce à eux, rien ne nous échappe, de plus petits détails à la fragrance la plus délicate. Oui, à travers les yeux, les truffes et les paroles de ses personnages félins, la romancière dresse une cartographie et une photographie presque exhaustives de la Guadeloupe : faune, flore, paysages, cataclysmes, météorologie, histoire (par petites anecdotes), agriculture, us, coutumes, habitat, gastronomie. Le tout avec une grande précision... qui mène hélas à l'excès. C'est là que le bât blesse. Certes, sans doute que les naturalistes, ornithologues, herboristes et autres en herbe se régaleront de tant de descriptions de chacune des espèces vivantes et organiques mais de mon côté, j'ai frôlé l'indigestion au point d'accélérer ma lecture pour en finir, d'autant que dans cet inventaire, il y a certaines répétitions. Dommage, car en même temps, j'étais bien sur mon île.

Un petit mot sur la plume de Christine Lacroix... Très élégante, soignée, recherchée... Sans doute trop aussi (en tout cas à mon goût)... Beaucoup de vocabulaire très châtié et rare, au point que je me suis parfois aidé du dico... Alors pourquoi pas, surtout quand de tels vocables permettent d'éviter la réitération. Mais en fait non, ces termes inusités de retrouvent trop souvent, presque systématiquement dans au fil des pages. Ajoutez à cela les nombreux noms scientifiques des espèces décrites, la lecture n'est pas de tout repos pour l'esprit.

Quoiqu'il en soit, Christine Lacroix offre ici une belle histoire, et invite à regarder plus grand, plus près, plus loin, à profiter de notre belle nature et...évidemment, à la protéger. L'objectif de ce roman est aussi d'inciter les lecteurs à adopter un chat en refuge. Bon, avec déjà un trio poilu chez moi (tous de récup'), je ne peux répondre à son incitation !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Un monde de chat

Repost0