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Publié le 2 Avril 2025

Roman - Editions Buchet Chastel - 176 pages - 19.50 €

Parution le 9 janvier 2025

L'histoire : Après une dernière représentation, Agnès, danseuse, tourne le dos à sa vie. Le train d'abord puis des centaines de kilomètres en bus à travers l'Europe en quelques jours et quelques nuits dans des petits hôtels. Dans son sac, la raison de ce voyage... Un livre, qui la relie à quelqu'un qui lui était très cher, mais quelle souhaite aller déposer là-bas, dans un lieu très précis...

Tentation : Le nom de l'autrice que j'aime beaucoup

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

 

Mon humble avis : On l'apprend très vite... Agnès a perdu son compagnon quelques mois plus tôt, sans doute d'une longue maladie. A son chevet, elle lui lisait l'unique ouvrage d'un auteur méconnu, ouvrage portant sur les lettres d'un homme, fou de jardins et de botanique, à sa petite fille née différente. Cet ouvrage prend la moitié de ce roman, puisque celui-ci alterne entre chapitres sur le voyage d'Agnès et chapitres citant des extraits de ces lettres. Ces derniers, écrits en italique, m'ont beaucoup plu et touchée... Tant on sent l'amour de ce père souvent démuni devant les difficultés de sa petite fille et qui trouve souvent remède à celles-ci en emmenant Emma de par les grands jardins d'Europe et en cultivant son propre jardin...

Par contre, je suis restée un peu plus hermétique aux pérégrinations d'Emma et ses monologues intérieurs. Certes, le texte, qui traite de la survivance après la perte d'un être cher, est très beau et majestueusement écrit. Peut-être trop d'ailleurs, dans la mélancolie et la nostalgie, et pas assez dans mes besoins livresques de ces temps-ci. 

La quatrième de couv évoquait un texte lumineux sur la quête de soi, mais cette lumière ne m'est pas parvenue. Certes, ce voyage s'achève sur une belle lumière, mais le chemin pour y parvenir m'a paru sombre et lent. Quant à la morale de cette histoire, je la trouve assez banale...  Gardons nos bagages et nos souvenirs, qu'ils soient beaux et douloureux, car nous sommes la somme de tout cela, et cette somme nous fait grandir... Faisons un royaume de nos blessures... Moi, je me passerais bien de certaines de mes blessures, dont les toutes dernières ne me font pas grandir et ne m'amènent aucune force supplémentaire, juste bonne qu'elles sont à puiser une énergie considérable pour me relever, physiquement et moralement.

Mais, à noter tout de même, Gaëlle Josse nous fait découvrir un lieu très étonnant et tout à fait réel, sis à Zagreb, en Croatie...

Une lecture en demi-teinte pour moi, sans doute parce qu'advenue au mauvais moment dans ma vie. Mais si vous ne connaissez pas Gaëlle Josse, je vous conseille de la découvrir tout d'abord avec les excellents "Le dernier gardien d'Ellis Island, ou encore le très beau La nuit des pères

 

L'avis de Philisime Cave

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 26 Mars 2025

Roman - Editions Audiolib- 6h15 d'écoute -18.45€

Parution d'origine chez Albin Michel en 2019

Mon pitch : Ancien libraire, Monsieur Picquier vit maintenant en Ehpad...

Dans sa petite chambre, les 3000 livres qu'il a pu sauver de sa librairie, ce qui ne laissent pas grand place pour le reste. Mais atteint de la maladie de Parkinson qui le rend incapable de lire, Monsieur Picquier ne peut plus que regarder ces livres prendre la poussière. Jusqu'à ce qu'il lie connaissance avec Grégoire, aide cuisinier de l'Ehpad... qui deviendra son lecteur particulier tout d'abord, avant d'étendre ses séances de lectures à d'autres pensionnaires et bien plus loin encore.

 

 

Tentation : Le titre, par-dit un libraire !

Fournisseur : La bib de St Lunaire 

Mon humble avis : D'origine modeste, Grégoire n'a jamais aimé lire et l'école et les études, ce n'était pas pour lui. Aussi trouve-t-il en emploi dans un emploi dans un Ehpad, et devient le larbin du chef cuisinier, jusqu'à ce qu'en servant les repas dans les chambres, il rencontre Mr Picquier, et s'étonne de ces milliers de livres qui "encombrent" sa chambre. Pas à pas, Mr Picquier va initier Grégoire au plaisir de lecture, tout simplement en lui demandant de lui faire la lecture à voix haute.  Ces séances de lectures deviennent une réelle amitié et vont s'étendre à tout l'Ehpad, qui reprend vie, mu par ses rendez-vous et l'impatience de connaître la suite des histoires lues. Dans l'emploi du temps de Grégoire, la directrice de l'Ehpad accepte même d'y inclure ces séances de lectures, vu le bien qu'elles font à tous.

Pour Grégoire, tout cela est une véritable révélation, une ouverture sur un monde immense. Il découvre sa valeur et sa place. Il rencontre et de s'attache à toutes ces personnes qui ont eu une vie avant celle d'un fauteuil dans l'Ehpad.

Pour Monsieur Picquier, c'est l'occasion pour lui de transmettre de nouveau, de, quelque part, poursuivre son métier de libraire... Donner envie de lire, conseiller etc. Il donne, mais reçoit tellement, et retrouve l'étincelle dans ces yeux... Sa fin de vie n'en sera que plus douce... et jusqu'à son dernier souffle il aura été utile.

J'ai un peu décroché dans le dernier tiers, lorsque Grégoire entreprend un certain pèlerinage, peut-être parce que ma vie au moment de cette lecture, ma concentration était mise à mal par la grave agression canine dont j'ai été victime.

Il n'empêche, ce roman humaniste est très agréable à lire et une belle invitation à (re)découvrir certaines oeuvres. C'est un hymne à la lecture, au partage et au respect intergénérationnel, à la transmission. 

Une ode aux vertus de la littérature lue par Marc Roger lui-même, qui dans la vie est aussi lecteur à voix haute professionnel.

Grégoire et le vieux libraire est un livre qui fait du bien.

Par contre, pourquoi ce chat sur la couverture, alors qu'il n'est nullement question de félin dans cette histoire ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 17 Mars 2025

Roman - Editions Ecoutez lire - 3h38 d'écoute - 14.99 €

Parution d'origine chez Gallimard en 2016

Mon pitch : L'année 1958 d'Annie, et les deux autres qui ont suivi, car qui en ont découlé...

1958, c'est les 18 ans, le bac, la première colo en tant que monitrice, et la première nuit avec un homme... Les premiers pas en dehors du milieu familial...

 

Tentation : Poursuivre ma découverte d'Annie Ernaux

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : J'aime définitivement l'écriture d'Annie Ernaux, sa précision, le choix des mots, la netteté sans fioritures inutiles.

Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux dit : "il existe deux genres de littérature. La littérature qui représente, et la littérature qui cherche".

Je dirai qu'il en existe une troisième... La littérature miroir... Celle dans laquelle on peut se regarder, se retrouver, se souvenir, se comprendre, revivre des instants de notre vie à travers les mots de l'écrivaine... Même si le miroir peut-être un peu déformant. Car Annie Ernaux narre ici son émancipation progressive, familiale et sociale, en tant que jeune fille bachelière. Les événements qu'elle partage ici, les émotions, les doutes, les découvertes, les hontes, les fausses joies, les solitudes dans les multitudes, la confusion des sentiments ou la méprise dans l'interprétation de ceux des autres, nous les avons tous vécus, quel que soit notre sexe. Pour certains d'entre nous, ce fut plus tôt ou plus tard dans notre vie. Et suivant notre année de naissance, ce fut aussi plus tôt ou plus tard dans l'Histoire, dans le contexte social ou politique. 

Mais en écoutant ces mots, on ne peut que se demander : "Et moi, comment ai-je vécu ou survécu à tout cela ? Que suis-je devenue de tout cela... Ce texte invite à l'introspection, à la réminiscence de nos propres souvenirs. Et j'aime cela.

Par contre, je me serais passée de la crudité de certains passages, qui, même si elle dénote du ressenti ou l'intention des protagonistes.  Le dernier tiers m'a un peu égarée car moins intéressant à mes yeux. La narration devient plus une succession de faits moins approfondis. Sans doute est-ce aussi à la manière qu'a Annie Ernaux de ne désigner personnes et lieux que par l'initiale... Personnellement, cela m'empêche de mémoriser clairement de qui il est question et de me rappeler de l'intervention précédente de R ou de S etc.

Que le titre ne vous trompe pas... Ce livre s'adresse à tous, hommes ou femmes.

Quant à moi, malgré quelques bémols, je poursuivrai ma découverte de la foisonnante oeuvre d'Annie Ernaux, pas à pas, lecture après lecture.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 12 Mars 2025

Roman - Editions Gallimard - 208 pages - 20 €

Parution le 6 février 2025

Mon pitch : Alexis s'inscrit au club d'écriture de l'écrivain Eric Duprez, qui n'a pas écrit d'autre livre depuis son premier roman voici bientôt quarante ans... Pour Alexis, c'est le besoin de changement et de mettre des mots celui-ci... Car Alexis vient de vivre une terrible période. Clara, sa fille de seize ans, est restée mois dans le coma, suite à un accident de la route. Et à son réveil, elle n'était plus tout à fait la même...

 

Tentation : David, un de mes quelques happy few auteurs chouchous 

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

 

Mon humble avis : Durant les 100 premières pages, j'ai cru qu'advenait mon retour dans la lecture, tant je prenais plaisir à retrouver la plume de mon cher David Foenkinos : une sorte de nonchalance fantaisiste et drôle mais soignée, qui frôle parfois une délicieuse absurdité, malgré un sujet plutôt dramatique...

Il y a la rencontre d'Alexis et Marie, leur love story, la naissance tant attendue de Clara. Puis, quelques années plus tard, la séparation du couple. Marie poursuit sa voie dans l'industrie du cinéma, Alexis reste banquier. Un soir, une de ses richissimes clientes exige qu'il vienne dîner chez elle... Ce qui l'oblige à laisser Clara partir au concert de Bjork avec le père de sa meilleure amie. Et c'est sur la route du retour que se produit le drame. Pendant des mois, Marie et Alexis s'unissent au chevet de leur fille. 

Toute cette partie-là, je l'ai franchement bien aimée, mes pages se tournaient toutes seules au fil de mes émotions, de mes étonnements, de mes sourires, des bons mots. Foenkinos y rend aussi un bel hommage au personnel soignant de ces unités médicales difficiles, où les patients flottent entre la vie et la mort. Et malgré la gravité du sujet, Foenkinos insuffle une légèreté de ton qui fait du bien et qui fait dire que tout cela finira bien.

Puis, à mes yeux, tout est partie en vrille poussive et répétitive, amenant des anecdotes bâclées, une rencontre à laquelle je n'ai pas cru une seconde et qui ne m'a pas touchée (peut-être parce que pas développée), alors qu'elle est en fait le but ultime de cette histoire. La construction du roman m'a paru brouillonne également, sans réelle chronologie, et plutôt faite de digressions diverses et variées, en mode flash-back à propos de la plupart des personnages. Ce qui pourrait être intéressant n'est ni développé ni expliqué... Pourquoi cette statue de Rome ? D'où vient d'un seul coup cette idée de réincarnation (si j'ai bien compris) aussi subite que passagère dans le texte ? Sans parler des longueurs lorsqu'il est question de l'amour de jeunesse de cet Eric, personnage des moins attachants.

Bref, ma lecture du dernier tiers de ce roman a été laborieuse et nourrie de l'impatience d'en finir... et de l'espoir d'une pirouette qui me ferait voir cette histoire sous un autre angle. Mais non, tout ça pour si peu, entre fadaise et fadeur, mon chouchou m'a habituée à tellement mieux, tellement plus fantaisiste, tellement plus de rythme. Ce dernier tiers a presque gâché tout le reste tant ma déception finale a été forte. Et pourtant, l'idée était bonne et avait tout pour me séduire.

A noter tout de même, un petit clin d'oeil aux ouvrages précédents de l'auteur... Foenkinos glisse, au grès des phrases et au fil des pages, quelques titres de ses romans. Cette facétie m'a amusée.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 5 Février 2025

Roman - Edition Héloïse d'Ormesson - 288 pages - 21 €

Parution en avril 2024

Mon pitch : Alix est une romancière à succès, déjà dix romans parus ! Elle accepte de diriger un atelier d'écriture sur l'île de Groix, en Bretagne. Six participants, de 20 à 84 ans, d'origines diverses et aux motivations toutes aussi variées. Une semaine ensemble, à se découvrir, à écouter, à s'unir. Un séjour qui ne manquera ni de surprises ni d'émotions, surtout pour Alix. Dans ces six élèves, se cache un être qu'elle n'a pas vu depuis vingt ans.

Tentation : Le titre !

Fournisseur : la bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Etrange comme cette autrice semble avoir rendez-vous avec chacune des périodes les plus douloureuses de ma vie. Il y a presque deux ans, j'avais audiolu "Entre ciel et Lou", qui fut un énorme coup de coeur ! Audiolu parce que je souffrais d'une grosse névrite vestibulaire et tout ce que je pouvais faire, c'était rester allongée sur mon lit avec un casque audio sur la tête.  

J'ai emprunté à la médiathèque "L'écriture est une île" deux jours avant de me faire déchiqueter le mollet par le berger allemand de mes voisins (voir billet Morsure)... Souffrances, démarches administratives et judiciaires et encore une fois, prisonnière chez moi. Ce roman, que je savais d'avance facile à lire et sans prise de tête, est donc tombé complètement à pic au bon moment.

Certes, mon enthousiasme est moindre que pour 'Entre ciel et Lou", mais l'histoire remplit parfaitement sa mission : divertir, émouvoir, rencontrer des personnages attachants. Ils sont au nombre de six, et Lorraine Fouchet commence par nous les présenter individuellement, chacun vivant une situation qui les amène à s'inscrire à l'atelier d'écriture. Il y a celle qui s'inscrit pour fuir le présent et faire une pause, celui qui veut revenir sur une période cruciale de son enfance pendant la deuxième Guerre Mondiale, un autre qui se projette professionnellement via l'écriture etc... Passées, présentes ou futures, toutes les motivations mènent à l'atelier d'Alix sur l'île de Groix.

Puis la narration prend la forme d'un roman choral, chaque personnage intervient aussi bien dans l'énoncé même du roman, que dans les ateliers en lisant son texte, issus des exercices donnés, à voix haute. Des réminiscences des traumatismes récents ou passés vont surgir sur le papier qui devient libérateur. Je dirais que là va un peu mon bémol... C'est qu'aucun participant de cet atelier n'est sans problèmes, sans casseroles, sans trauma... A part peut-être le Corse qui est moins corsé que les autres. (je sais elle est facile celle-là !)

Le personnage de Daniel (84 ans), permet de revenir sur une période historique : la deuxième Guerre Mondiale, où Daniel, enfant juif ayant échappé à une rafle, a été caché sur l'ile de Groix occupée. On y apprend aussi que pendant le conflit, des avions pilotés par des jeunes australiens furent bombardés et se crashèrent sur Groix.  Daniel est attachant, mais mon autre petit bémol est qu'il apporte un peu trop de pathos à mon goût lorsqu'il prend la parole.

Et puis, il y a Alix et ce rendez-vous qui l'attend à son insu. Mais là, je ne dis rien, sinon ce serait spoiler.

Les liens qui se tissent entre les participants sont agréables à suivre, les rebondissements ne manquent pas. L'écriture et son pouvoir cathartique ont évidemment la part belle dans ce roman, tout comme la lecture... mais aussi l'écoute, la bienveillance, la chaleur humaine, l'amitié, la fidélité, l'amour, qui n'a pas d'âge ni de condition. Dit ainsi, cela peut faire un peu empilement de bons sentiments. Mais pourquoi pas, cela fait vraiment du bien dans le monde de brut dans lequel je vis en ce moment. Les moments passés dans ces pages étaient pour moi réconfortants et m'emmenaient dans un autre espace-temps... Et en fermant ce livre, un projet est né en moi... Quand j'aurais récupéré entièrement mes facultés de marche et de ce fait, ma liberté, je voudrais aller passer trois jours sur cette ile morbihannaise, seule, pour faire ce que je veux quand je veux sans compromis ni négociation. Seule, mais évidemment pas sans mon appareil photo et un bon bouquin !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 30 Janvier 2025

Roman - Editions Livre de Poche - 96 pages - 4.95 €

Parution en 2007

Mon pitch : Un adulte se souvient des quelques années qu'il passa, dans son enfance orpheline, avec son grand-père. Celui-ci tenait le café de L'Excelsior. Une petite ville, ses habitués, des personnages hauts en couleurs, des rites, ses idiomes. Quelques années jusqu'à ce que les services sociaux en décident autrement.

Tentation : Le challenge Bonnes nouvelles

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

 

Mon humble avis : En qualité de très court roman, le Café d'Excelsior entre parfaitement dans le challenge de Jelisjeblogue... L'occasion de le sortir de ma PAL, et franchement, qu'elle belle lecture, elle méritait largement le dépoussiérage !

C'est un texte de toute beauté, emprunt autant de nostalgie que de mélancolie, et qui nous ramène dans les années 60, cette époque où les bistrots étaient encore les poumons des petites villes. Cette époque où l'affection des grands-parents pour leurs petits enfants de se démontrait pas tellement, alors qu'elle emplissait le coeur et était protectrice. A cette époque où dans les bistrots, seuls les hommes venaient noyer leur chagrin, fuir une femme envahissante, passaient avant le boulot, après le boulot ou y passaient la journée, faute d'autre occupation. Et c'est une famille qui se crée, avec ses codes, ses dits et ses non-dits, ses regards, ces expressions, ces habitudes.

Quand il n'est pas à l'école, le petit partage cette vie-là, et regarde avec admiration ce grand-père qui lui raconte tant d'histoires et lui reconstruit le monde. Et pour le grand-père, ce colosse un peu rustre, et bien le rayon de soleil de cette vie routinière, c'est l'enfant. Et puis de temps en temps, la grand-père met ses beaux habits et serrant fort la main de l'enfant, va à la grande ville, dans un bureau, rencontrer un homme... Qui décidera de placer l'enfant en famille d'accueil dès ses 11 ans... C'est le déchirement pour le grand-père, comme pour l'enfant...

Des années plus tard, l'enfant est devenu adulte et dans ses mains, les clés de l'Excelsior. Que va-t-il retrouver des lieux de son enfance ?

Une écriture magnifique qui va droit au but tout en distillant émotions, humanité et poésie. Philippe Claudel donne aussi à voir, à sentir, à goûter, à écouter, à observer, à traduire les silences, le tout avec beaucoup de pudeur.

Un texte doux, à découvrir et à savourer. Et si vous trouvez un bistrot pour lire ce texte sur le zinc, votre immersion sera complète.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 20 Janvier 2025

Nouvelle - Editions Folio - 118 pages - 2 ou 3 €

Parution d'origine en 1800

Mon pitch : En Suède... Les jeunes Ernestine et Herman s'aiment à la folie. Le père d'Ernestine promet la main de sa fille à Herman. Oui mais voilà, chacun des deux amants se voient devenir l'unique objet de désir de deux êtres vils qui s'unissent... Le comte Oxtiern veut emmener Ernestine à Stockholm et la prendre pour épouse, quand Mme Sholtz espère ravir le coeur de son caissier, Herman.

L'amour triomphera-t-il de la vilénie ?

Tentation : Le challenge Bonnes nouvelles

Fournisseur : Ma PAL 

 

 

Mon humble avis : Comme je suis loin de mes terres de prédilection avec cette nouvelle que j'ai refoulée si longtemps dans ma PAL de peur m'y confronter. Et pourtant, comme je me suis régalée de cette lecture, autant de son contenu que de mon étonnement devant mon propre plaisir. Vraiment, une très belle découverte qui me fait dire "mieux vaut tard et au bon moment que jamais" !

Ernestine est une nouvelle très modérée, soft du sulfureux libertin Marquis de Sade. En effet, le paroxysme de l'érotisme y est atteint lorsque nos deux amoureux passionnés échangent leur premier chaste baiser...

Certes, il m'a fallu m'habituer à la plume d'un autre temps et aux expressions désuètes. Mais une fois entrée dans l'histoire et le rythme acquis, j'ai profondément savouré notre belle langue française dans son expression la plus raffinée.

Ernestine est extraite d'un recueil "Les crimes de l'amour", paru en 1800. C'est une histoire tragique, vraiment où la vertu côtoie le vice, et qui est parsemé de trahisons, de mensonges, de crimes de sang. Et comme de tout temps, le combat entre le bien et le mal est bien inégal. C'est aussi une bataille entre les petites gens et les puissants qui ne manquent ni de moyens, ni de connaissances ni d'immoralité pour parvenir à leur fin.

Le plan du comte est de la Scholtz est vraiment machiavélique. Au fil des pages, la tension augmente, on tremble pour nos deux tourtereaux que Sade n'épargne pas.

Mais les petites gens, aussi victimes et naïves soient elles, ont quelque chose en elles qui est bien inconnu de leurs bourreaux.... La grandeur d'âme et l'intelligence du coeur. Et c'est par celle-ci que Sade conclut ce conte en espérant que le monde et l'homme en sorte ennobli...

Plus de 200 ans plus tard, force est de constater que si la forme a bien changé, (on ne se provoque plus en duel à l'épée), le fond de l'humanité est toujours aussi vicieux.

Une nouvelle très prenante à découvrir, vraiment !

La question maintenant est de savoir si je lirai d'autres écrit du Marquis de Sade ?! A suivre !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Janvier 2025

Recueil de nouvelles - Editions le livre qui parle - 1h d'écoute -9 €

Parution d'origine fin 19ème siècle

Mon pitch : 4 nouvelles qui ont en commun de se dérouler aux alentours d'Etretat, dans cette Normandie qui a tant inspiré Guy de Maupassant, et dans lesquels il livre une description de la multitude que forment ses contemporains en un lieu précis.

Tentation : Mon écrivain classique préféré + le challenge de Jelisjeblogue

Fournisseur : Ma PAL audio

 

Mon humble avis : Quelles sont savoureuses ces quatre histoires courtes ! Elles me rappellent pourquoi j'ai tant dévoré les oeuvres de Maupassant à une époque de ma vie et ont été écrites entre 1880 et 1882.

La première nouvelle présente Etretat et sa fréquentation bigarrée, depuis les indigènes jusqu'au estivaux en passant par des célébrités, le lieu ayant inspiré nombre de poètes, écrivains, peintres. Il y question des habitudes des uns et des autres, mais surtout, des cancans et des on-dit, et de quelques personnes qui se tournent en ridicule. Tout cela est finement observé et narré.

La deuxième histoire traite d'une paysanne haute en couleurs et caractère, qui tient une pension de famille dans la campagne cauchoise. Même Victor Hugo a évoqué La belle Ernestine dans ces écrits. Alors des curieux viennent dans le coin pour voir la belle... qui avec les années, s'est fanée. Cela donne lieu à des situations cocasses qui disent beaucoup sur les petites et les grands de ce monde.

Vient ensuite une chronique sur un poète Anglais excentrique qui vivait alors à Etretat avec un singe. Ce texte ci m'a moins séduite.

Enfin ce recueil se clôt sur un récit plus mélancolique, mais qui m'a beaucoup plus et m'a beaucoup parlé. Maupassant y évoque l'aspect "tourisme de masse" dans une station balnéaire. Et comme je vis dans une station balnéaire 150 ans plus tard, forcément, cela m'évoque des choses qui n'ont pas tant changé que cela en fait.  En septembre, les riches repartent, ce sont les plus pauvres qui restent. Chaque année, c'est le retour immuable aux mêmes dates des mêmes qui sont partis quelques mois plus tôt... Il y a les célèbres parce qu'ils sont académiciens, et il y a ceux qui tirent leur renommée de leur bain de mer quotidien. Il y a les parisiens qui fuit la chaleur estivale de la ville, qui viennent sur la côte et y retrouvent... Paris... Avec les élégantes etc... Et lorsque le gratin est parti, alors peuvent se nouer les mariages "pauvres", ceux de fin de saison...

On retrouve dans ces textes la finesse psychologique, l'ironie, le thème de l'obsession de paraître cher à Maupassant et son style simple et élégant, qui va droit au but, sans grandiloquence ni fioriture inutile, bref, toutes les qualités qui ont mené Maupassant au Panthéon des écrivain du 19ème siècle, et tout ce que j'aime. A (re)découvrir !

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Janvier 2025

Recueil de nouvelles  - Editions Livre de poche - 124 pages

Parution en 2012

Mon pitch : Solitude, obsession amoureuse, désenchantement... Six nouvelles dans des univers différents, où les personnages vont voir un jour leur vie basculer pour le meilleur ou pour le pire.

Tentation : Le challenge de Je lis je blogue "Bonnes nouvelles"

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

 

Mon humble avis : Ce livre, je l'ai acheté il y a 10 ans, au retour d'un voyage à ... Amsterdam ! Même si, évidemment, dans ces pages, on ne passe que très peu de temps dans cette ville que j'ai beaucoup aimée, le Challenge Bonnes nouvelles était l'occasion idéale pour le sortir de ma PAL.

Après quelques lectures qui m'ont demandé un réel effort d'endurance, ce recueil est finalement tombé à pique, même si le format nouvelle est loin de ma zone de confort. En fait, ici, les pages se sont tournées toutes seules, avec un réel plaisir dopé par la plume agréablement fluide de Tatiana de Rosnay.

Sur les 6 nouvelles, une seule ne pas vraiment plus : "Constat d'adultère", même si elle est bien menée et la chute ouverte bienvenue, qui m'a laissée décidée de l'avenir du couple.

Dancing Queen, très courte, m'a émue. Un veilleur de nuit, depuis "sa cage", danse en observant sur les écrans une femme de ménage qui danse comme une reine sur les bureaux accompagnée de l'aspirateur. Aucun des deux ne sait qu'il est observé et... !

Dans La tentation de Bel Ombre, l'autrice interroge une de ses aïeules qui au XVIIIème siècle a quitté Paris pour la Réunion puis l'actuelle Ile Maurice. Pourquoi ?

Il est aussi question de l'obsession amoureuse d'une jeune fille pour l'auteur qu'elle adule, et elle sera prête à tout pour s'immiscer chez lui. Cette nouvelle est proche d'un court thriller.

Un romancier anglais vieillissant et aigri s'envole pour Amsterdam avec son épouse, à l'occasion de son anniversaire.  Et enfin, une jeune fille s'ennuie dans une soirée très VIP... pour mettre un peu de piquant dans sa solitude, elle s'engage sur un chemin dangereux, sans imaginer les conséquences de notre époque... qui s'étaleront sur son mur Facebook.

Six nouvelles qui exploitent les travers de notre société actuelle... L'ultra moderne solitude, les réseaux sociaux, la quête identitaire, l'envie de sortir de sa condition sociale, la précarisation des étudiants etc...

Bien agréable, touchant et divertissent, je recommande entre deux lectures plus conséquentes.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Janvier 2025

Roman - Editions Rivages - 296 pages - 20.90 €

Parution en août 2024 : Rentrée littéraire

Mon pitch : Antonio Borjas Romero fut abandonné lors de son troisième jour de vie sur les marches de l'église d'une rue qui aujourd'hui porte son nom. Recueillie par une mendiante surnommée "La Muette", il épousera quelques années plus tard Ana Maria, qui devint la première femme médecin  de Zulia, Etat du Venezuela.

Antonio et Ana Maria sont les grands-parents de l'auteur, et ce livre est leur histoire.

Tentation : Le nom de l'auteur

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : En 2024, Le rêve du Jaguar a remporté le prix Femina et a été nommé "Prix du roman de l'Académie Française", entre autres. Je voulais lire ce livre bien avant cette pluie de récompense, car depuis mon énorme coup de coeur pour Sucre noir et la découverte de la plume et de l'univers de Miguel Bonnefoy, je recherche dans chacune de ses parutions la même révélation... En vain, hélas.

Et pourtant, d'entrée de jeu, tout y est, tout ce que j'aime chez Miguel Bonnefoy... Le côté fresque familiale généalogique, la verve inégalable de conteur, la superposition de la Grande et de la Petite Histoire, les légendes, l'Amérique du sud, les extravagances, la poésie, l'imagination débridée, les coups de théâtre, le réalisme magique propre à la littérature latino-Américaine.

C'est donc avec allégresse que j'ai lu le premier tiers, suivant les (mes) aventures d'Antonio, son enfance, son adolescence pleine de rebondissements, sa rencontre avec Ana Maria et le début de leurs carrières de médecins. Le récit était très foisonnant, et peut-être trop d'ailleurs. Les personnages se multiplient, et l'importance de certains dans ce texte est à discuter. J'ai cru remarquer des contradictions, des anachronismes et le choix de l'ordre narratif m'a souvent désarçonnée... Par exemple, la mort d'un personnage est évoquée et quelques page plus loin, on revient sur celui-ci en pleine action. J'ai trouvé des longueurs, des répétitions, et vu la densité de l'histoire, et bien la notion de survol m'est apparue, et la description des personnages sont pour moi rester bien trop factuelle, comme un peu superficielle, m'empêchant en fait de m'y attacher et éprouver de profondes émotions. C'est donc à grande peine, avec un intérêt bien émoussée que de la page 100, je suis parvenue à la page 240 environ.

Et puis, j'ai retrouvé mon allant, les repères historiques sans doute plus proches de mon époque, et surtout plus précis (malgré la mention de la date du décès de Che Guevara qui ne correspond pas, ou alors j'ai mal lu). Et là, le roman m'est redevenu tout à fait passionnant, me permettant de comprendre l'Histoire récente du Venezuela, faite de révoltes, de révolutions, de coups d'Etats, et de crises économique qui se succèdent. Miguel Bonnefoy explique ici  succinctement mais clairement la genèse de celles-ci, ainsi que de celle de sa vocation d'écrivain.

Une lecture en demie teinte pour moi donc, mais qui a ravi XXL une dame de mon club de lecture.

Il n'empêche que le destin d'Antonio est complètement inouï et ahurissant !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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