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Publié le 16 Février 2022

Sorj Chalandon, roman, une promesse, avis, chronique

Roman - Editions Livre de Poche - 224 pages - 7.70 €

Parution Grasset 2006, Livre de Poche 2008

L'histoire : Dans un village de Mayenne, chaque jour, ils sont sept amis à se relayer pour passer dans une maison à l'orée du bourg, chacun avec une mission, un rituel... Ensuite, ils se retrouvent au café, pour partager "le verre de  promesse".

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

 

Mon humble avis : Comme j'ai aimé ce livre, comme il me tardait d'y retourner... malgré sa relative lenteur, malgré le fait qu'il n'y s'y passe rien de grandiose ou d'extraordinaire... Juste la vie qui va... qui s'en va... qui continue.

"Une promesse" m'attendait dans ma PAL depuis longtemps, et je m'en suis saisi sans relire la 4ème de couv'... Je suis donc allée de découverte en découverte, me demandant jusqu'à mi parcourt où Chalandon voulait bien me mener, s'il y avait réellement un aspect trompe l'oeil ou pas.

Chalandon nous parle de la terre profonde, celle où l'on vit simplement un peu isolé avec les siens, ceux que l'on retrouve au bistrot. Mais de cette terre, émane le souvenir amer de la mer qui a englouti les hommes au loin, et que l'on a fui.

Au fil des pages, de façon non linéaire, on découvre chacun des protagonistes : leur vie et leurs bagages, les liens entre eux, qui remontent pour la plupart à l'enfance... Et ce qui les unissent aux habitants de cette fameuse demeure. Chaque portrait s'étoffe donc au fur et à mesure des chapitres, et nous offre à connaître des hommes et femmes attachants, avec leurs forces, leurs fragilités. Il est aussi question de légendes qui pourraient être vraies pour qui aime y croire, comme un pied de nez à l'inéluctable. 

J'ai particulièrement aimé la langue, les mots de Chalandon. Parfois minimaliste, à l'image des personnages, Chalandon ne parle pas pour ne rien dire et l'on est au pays des taiseux. Les noms communs deviennent complément sans article. Les objets, leurs utilisations disent souvent plus que les paroles et les mots. Avec eux se dévoile ce que voudraient peut-être cacher les hommes.

Comme on le sait, avec Chalandon, ce n'est pas un roman gai, mais il n'est pas plombant... Au contraire, je l'ai trouvé lumineux. Une très belle histoire d'amitié, de respect, de fidélité, d'entre aide, de partage, de transmission, d'acceptation des différences, et ce, sur plusieurs décennies (même si le centre de l'histoire se déroule sur quelques mois, les flash-back nous emmènent bien avant hier). Un texte qui dit aussi l'importance des rites et rituels pour prolonger le passé, ne pas l'oublier, lui donner encore vie... quelque temps.

Magnifique ! Profondément humain, sensible et intelligent... Très bien mené.

(Prix Médicis 2006)

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 29 Janvier 2022

Roman Blizzard de Marie Vingtras avis chronique

Roman - Editions de l'Olivier - 182 pages - 17 €

Parution le 26 août 2021 : Rentrée littéraire 

L'histoire : En Alaska, en plein blizzard ! Dans la nuit, une femme tient un enfant par la main. Bess le lâche un instant, le temps de renouer son lacet. Quand elle se relève, l'enfant n'est plus là et l'on n'y voit pas à un mètre... Elle se lance à sa recherche, ainsi que trois hommes qui se sont aperçus de leur absence de la maison. Le temps presse, c'est une course effrénée contre la mort certaine et les éléments déchaînés. Mais ces derniers sont ils les plus dangereux ?

Tentation : La blogo

Fournisseur : Luocine, merci pour le prêt !

 

Mon humble avis : J'ai tellement lu de billets enthousiastes sur ce roman à travers la blogosphère que j'ai l'impression que tout ou presque a été dit à son propos et je me retrouve bien embêtée.

C'est un premier roman, et chapeau ! L'auteure met la barre très haut avec ce roman très bien ficelé et pensé (j'admire l'imagination des auteurs et me demande souvent quelle en est la source).

Ce n'est pas un thriller, et pourtant, il en a la veine et le rythme... Un presque huis clos extérieur, prisonnier d'un blizzard qui souffle à ne pas mettre ni un pied, ni un chat dehors. Alors pourquoi Bess et l'enfant sont-ils sortis ? Et qui sont ces hommes qui partent à leur recherche ? Quels liens unissent ces quelques personnages ?

C'est ce Marie Vingtras nous dévoile au fil des courts chapitres, où elle donne la parole à tour de rôles à chacun des protagonistes. Nous découvrons alors leurs "bagages", leurs secrets, leurs tourments, leurs traumatismes, la raison de leur présence dans ce lieu perdu et hostile. Ils sont tous très humains dans leur complexité, pour le pire comme pour le meilleur. A travers eux, la romancière aborde nombre de sujets...

Je n'ai pas eu la surprise du choc de ce roman, tant la blogo m'en a avertie ! Mais j'ai adoré et je suis restée bien captive de ce blizzard, où la tension monte crescendo au fur et à mesure que le danger augmente. Les personnages sont bien campés et creusés, et j'ai eu un faible pour le vieux Freeman, dont le rôle dans cette histoire n'est révélé qu'à la fin. Quant à Bess, elle est bien plus touchante qu'elle ne le paraît au premier abord. A lire de toute urgence, avant que ne fonde la neige ! Ou alors, attendez une bonne période de canicule et prenez ce titre comme un rafraichissement ! Bien pensé, bien écrit, efficace, original, captivant.

L'avis de Luocine, de Keisha , de Krol, d'Aifelle

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 20 Janvier 2022

Roman - Editions J.C Lattès - 320 pages - 19.90 €

Parution le 5 mai 2021 

L'histoire : Un hôtel club familial sur la côte basque, fin juillet ! Les vacances battent leur plein, au rythme des animations, des spectacles, des séances de sport, du farniente sur la plage, du club enfant et de la file d'attente au buffet pour les repas. Trois familles arrivent, et rien ne semble se passer comme prévu... Puisqu'ils ont emmené leur soucis inavoués et leurs secrets dans leur valise. Et puis il y a Germain, responsable de l'accueil, qui tente de faire au mieux pour tout le monde, en oubliant de commencer par lui. Ce sont donc quatre solitudes qui n'aurait jamais dû se rencontrer, et une belle histoire d'amitié et de rédemption.

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : la bib de Dinard 

Mon humble avis : Voici un roman sympa que j'ai pris plaisir à lire, un roman simple, que l'on pourrait presque qualifier de convenu... Mais qui fait du bien, qui divertit et repose. Paru en mai dernier, il était manifestement destiné à être lu sur une plage ou au bord d'une piscine. Dans un lit en janvier, c'est très bien aussi.

Nous suivons trois familles, pour qui les vacances en hôtel club sont une première. Il y a Chantal, grand-mère obsédée par le sport et ses deux petits-enfants. Il y a Matthias, monoparental avec ses deux filles. Il ne lâche ni son portable ni ses chaussures du cuir, il est lié corps et âme à son travail. Enfin, Fanny et Victor sont accompagnés de leurs deux enfants, dont Margaux, adolescente. Enfin, Germain, animateur responsable de l'accueil observe et subit tout ce petit monde de près ou de loin. Réservé, il peine à s'intégrer dans l'équipe d'animation et ses collègues le malmènent. 

Dans ces trois familles, seuls les enfants sont aux anges dans ce lieu qui est pour eux idyllique : piscine, plage, club enfants/ado et plein de copains et copines. Les adultes se montrent tout d'abord très frileux et critiques face à cet environnement qui fourmille et au concept de vacances assistées prêtes à l'emploi.

Pour ma part, j'aime les vacances en club. Je ne les ai pratiquées que 4 ou 5 fois ces 25 dernières années. Mais j'y apprécie la multitude d'activités, de me mettre les pieds sous la table, de choisir de participer ou non, voire de ne rien faire ou de m'échapper. 

Chaque chapitre, qui se passe dans un endroit différent du club (plage - bar - Piscine - chambre - accueil) s'attarde sur une famille ou l'un de ses membres. Evidemment au fil de la semaine, malgré leur réticence d'origine, ils vont se rapprocher les uns et les autres et se mêleront au coeur d'un même chapitre. On ne se livre jamais autant qu'auprès d'un inconnu... Aussi vont ils se dévoiler au fur et à mesure, écouter l'autre et considérer son avis... Et ainsi trouver des remèdes, ou une amorce de remède, voire un tournant définitif pour certains, à leurs problématiques personnelles... Ces dernières sont amenées subtilement au fil des pages, ce qui fait que les personnages gagnent en profondeur au fur et à mesure, et l'histoire, en épaisseur.

Adèle Bréau croque avec finesse ses protagonistes, et dresse un portrait social de la clientèle de ce type de structure. Ca reste succinct, puisque nous sommes avant tout dans une lecture divertissante, mais c'est bien vu.

Et surtout, elle nous dit de ne jamais oublier de prendre un autre point de vue sur sa vie, celui de l'autre, de l'entourage ou même de l'inconnu, de ne pas rester bloquer dans ses certitudes et ses carcans. Un des personnages étant en fauteuil roulant, il est aussi question de handicap, du regard des autres, des idées reçues etc...

Une lecture que je conseille entre deux autres cérébralement plus exigeantes. J'ai vraiment bien apprécié, car tout est bien ficelé et conclut !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 14 Décembre 2021

Roman - Marie-Virginie Dru, Aya, Sénégal, Casamance, avis, chronique, critique

Roman - Editions Mon Poche - 227 pages -7.70 €

Parution Poche juillet 2021 / Albin Michel 2019

L'histoire : Sur une île de Casamance (Sénégal), Aya a 12 ans... Son père est mort noyé lors du naufrage du Joola, son frère est parti cherché une vie meilleure ailleurs pour aider financièrement sa famille, et sa mère a perdu l'esprit. Aya est donc une proie facile pour son oncle Boubacar, qui régulièrement, abuse de sa nièce... Jusqu'à "l'enceinter"... Aya doit fuir son village... Récemment une journaliste Toubab lui a parlé de "La maison rose", à Dakar... Qui accueille les enfants des rues et jeunes filles comme elles... C'est dans cette Maison rose, qu'en donnant la vie, Aya renaîtra.

 

 

Tentation : Le titre

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : Encore un roman que j'ai acheté essentiellement pour son titre : Aya... Qui est le nom que j'ai donné à la première minette que j'ai adoptée il y a 8 ans, alors que je venais de lire la série BD Aya de Yopougon.

J'ai donc appris dans ces pages, qu'Aya signifie "jeudi" en Wolof.

Aya... Quel beau roman, simple, très touchant et aussi bouleversant, mais surtout sincère. Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu autant hâte de retrouver mon livre et son héroïne, à laquelle on ne peut que s'attacher et dont on ne peut qu'admirer la force de caractère et de résilience.

Aya n'est encore qu'une enfant lorsqu'elle se retrouve engrossée par son oncle dont elle est l'obsession. Bien entendu, à son âge et là où elle vit entourée de traditions, Aya ne sait rien de ces choses-là, qu'elle ne comprend pas... C'est forcément un châtiment d'un mauvais esprit ou de Dieu... Sur son chemin, elle croise Camille, journaliste photographe, avec qui elle se lie d'amitié, et à qui elle fait visiter son ile... Camille voit bien qu'Aya n'est pas au mieux de sa forme et l'emmène au dispensaire, juste avant de reprendre l'avion...  Aya vivra quelque temps seul avec son secret qu'elle peine à admettre et à se figurer pleinement... Jusqu'à ce qu'elle en parle à Madeleine, sa voisine, qui lui dit : Pars, va dans cette Maison rose, je m'occuperais de ta mère.

C'est dans cette Maison Rose qu'Aya va trouver de l'amour, de la compréhension, de l'accompagnement, du dialogue, des confidentes... et la confiance en elle va de nouveau s'immiscer. De cet enfant dont elle ne voulait pas, Aya tombera en amour fusionnel dès sa naissance... Elle n'a que 13 ans lorsque d'enfant, elle devient mère... et donc avec des responsabilités d'adultes et de choix à faire... Mais Aya a fait son choix : vivre, être libre, s'assumer, que son fils soit fier d'elle.

C'est un très beau portrait de jeune fille que nous propose ici Marie-Virginie Dru. Une jeune fille qui vit si loin de nous et qui survit à l'indicible. Mieux même, elle renaît avec son fils. Aya est à la croisée des chemins, dans son mode de pensée qui aborde tout juste l'adolescence alors qu'elle a grandi si vite, en brûlant les étapes malgré elle.

Et puis il y a la Casamance, où Marie-Virginie Dru nous emmène, où elle nous donne à voir, à observer, à sentir, à ressentir, à vivre le quotidien comme l'exceptionnel avec la cérémonie d'initiation des grands garçons... Bref, pour nous, l'exotisme. Une Afrique de ferveur et de fragilité, ou le temps semble passer sans heurts mais qui n'offre pas une vie simple ni un avenir radieux... Alors il est aussi question des migrants, avec Djibrill, le frère d'Aya, parti depuis longtemps, de nuit sur un bateau.

L'écriture est simplement belle, fluide et parsemée de poésie. J'ai juste un petit bémol sur le style... La narration est à la troisième personne du singulier, et de temps en temps, à la première personne, par la voix d'Aya... Je n'ai pas saisi le pourquoi de ce changement, à part peut-être la recherche d'une originalité, mais qui pour moi n'étais pas nécessaire.

Un beau roman, triste et heureux, qui malgré les épreuves et la cruauté de la vie, développe une belle espérance. Et une héroïne que l'on n'oublie pas, pour qui l'on garde une place chaude dans notre coeur et notre esprit, pour elle, et toutes les petites filles qui, de par le monde, vivent les mêmes épreuves qu'Aya. J'ai beaucoup aimé.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Novembre 2021

Roman, Vanda, Marion Brunet, avis, chronique, blog

Roman - Editions Livre de poche - 224 pages - 7.40 €

Parution Livre de Poche mars 2021, Albin Michel 2020

L'histoire : Vanda est une fille écorchée et un peu paumée qui vit avec son fils de 6 ans, Noé, dans un cabanon de bord de plage près de Marseille. Elle se rêvait artiste, elle est femme de ménage dans un hôpital psychiatrique. Entre son fils et elle, c'est l'amour fou, fusionnel, exclusif.

Après 7 ans d'absence, Simon revient de Paris pour enterrer sa mère. Il revoit Vanda, qui lui apprend qu'il est le père de Noé, dont il ignorait même l'existence.

 

 

tentation : la blogo

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis :  Il semble que je sois à contre-courant sur ce roman... j'en ai lu des avis élogieux sur la blogosphère et, sur les réseaux, Vanda est bien "noté". Pour moi, c'est la douche froide, une lecture que je n'ai pas appréciée, même si j'ai avalé les cinquante premières pages, la suite fut laborieuse pour moi, étouffante et révoltante...

Le bandeau annonce "bouleversant" et "poignant". Ce n'est pas du tout ce que j'ai ressenti. Au fil des pages, je n'ai été que colère et agacement envers cette Vanda, pour laquelle je n'ai développé aucune empathie ni sympathie, ni même pitié, ce qui forcément, m'empêche le plus souvent de vivre une lecture.

La quatrième de couv parle d'un amour fusionnel entre la mère et son fils qu'elle protège comme une louve... Protéger ? Elle veut juste le garder rien que pour elle... Car pour moi, aimer et protéger, c'est prendre soin, c'est protéger réellement des dangers, s'assurer qu'il ne manque de rien d'essentiel, faire passer l'intérêt de l'autre avant le sien... Et surtout lorsqu'il s'agit d'un enfant qui compte sur vous, et dont l'avenir dépend de vous. Mais Vanda refuse toute aide, ne conçoit pas de vivre dans un logement décent... et vit comme une adolescente attardée.... Son fils dort dans le coffre de la voiture pendant que Vanda picole en boîte... Et le lendemain, il attend midi que sa mère émerge de sa gueule de bois... Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Donc non, je n'ai pas aimé ce personnage égoïste, irresponsable et inconscient... Les quelques bribes de son passé qui nous sont données par la romancière ne me suffisent pas à lui accorder des circonstances atténuantes. Vanda m'a agacée, révoltée et j'aurais aimé lui balancer quelques paires de baffes et seaux d'eau froide. Et que dire de son "entourage"... Ces fréquentations, les riches propriétaires de villa près du cabanon, l'institutrice... Pas un seul adulte pour s'inquiéter un tant soit peu du sort du gamin.

Et puis pourquoi annonce-t-elle à Simon qui est le père de son gamin, si c'est pour après craindre que celui-ci s'immisce dans sa vie... Comment peut-elle imaginer qu'une telle annonce reste sans effet ? Ca me dépasse.

Simon, on s'attache un peu à lui, mais pas au point de l'aimer franchement. Il pleure sa mère alors qu'il n'est pas venu la voir depuis des années. Il manque de consistance...

Toute cette histoire se déroule sous fond de crise et de manifs de Gilets jaunes.

Je n'ai pas adhéré non plus à l'écriture de Marion Brunet. Un mélange de langage soutenu et de langage très très familier... Les doubles négations sont absentes et cela me dérange quand c'est en dehors des dialogues et que le personnage principal n'est pas le narrateur...  Et puis beaucoup d'agressivité, et des répétitions dans les gestuelles et les pensées des personnages, cela devient vite lassant.

Certes, il y a quelques beaux passages et quelques réflexions sensées sur l'injustice de notre société actuelle, bien que là aussi, il y ait du tri à faire, les allégations étant souvent à charge et sans nuances envers le système, n'offrant qu'un point de vue (je pense notamment aux descriptions de manifs).

Bref, c'est péniblement que je suis arrivée au bout du roman, espérant une lumière qui aurait pu éclairer l'histoire et peut-être la rendre belle, mais même pas. Une fin triste à mourir et aussi sombre que le reste.

Bref, tout ça pour ça. Une rencontre complètement ratée pour moi et une histoire qui, au final, n'apporte rien à mes yeux.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 18 Novembre 2021

Roman - Editions Ecoutez lire - 6h31 d'écoute - 18.99 €

Parution d'origine chez Flammarion en 2018

L'histoire : D'origine roumaine avec un accent qui ne trompe pas, Aurel est pourtant Consul de France en Guinée Conakry.

Un ressortissant français est assassiné sur son bateau, dans la marina... Son corps suspendu au mât du navire. Aurel remplit sa mission professionnelle (prévenir la famille etc)... Mais ce crime le passionne et il se lance dans l'enquête qui le tire alors d'un certain ennui.

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de Rennes

Mon humble avis : Aurel est un personnage atypique... Il travaille pour le quai d'Orsay après quelques péripéties et drames dans son histoire personnelle qui nous sont livrés ici. Aurel est roumain ! Il est en poste à Conakry mais ne supporte pas la chaleur, se vêt cependant de complets vestons et de pulls de laine... D'ailleurs, à son travail, on l'a mis au placard. Aurel profite de l'absence de son supérieur hiérarchique pour prendre quelques initiatives et s'intéresser de près au crime commis sur un ressortissant français. Ce tome est le premier de deux autres pour l'instant...

Bon, et bien je l'avoue, je ne suivrai pas les aventures d'Aurel plus loin, car cette lecture ci m'a un peu déçue. Je m'attendais à autre chose, à une histoire plus décalée et pourquoi pas, un peu drôle. Je l'ai en fait trouvée un peu plan plan et désuète. Cela peut avoir un vrai charme, comme lorsqu'on lit des romans d'Agatha Christie par exemple... Sauf que cette histoire se déroule à notre époque et que cet aspect suranné m'a paru anachronique. Et je n'ai pas retrouvé le Rufin des quelques autres ouvrages que j'ai lus.

Mais le déroulement de l'enquête et son dénouement tiennent bien la route et ce roman nous emmène dans une contrée que l'on parcourt rarement en littérature, même si l'on en découvre très peu sur ce pays dans ce livre. La lecture reste divertissante et possède assez d'arguments pour plaire à certains... Par contre, je déconseille la version audio, je n'ai pas aimé l'interprétation qui en est faite, avec trop de manières quelque part.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 13 Novembre 2021

Roman, Clara Dupont-Monod, s'adapter, avis, chronique, prix fémina 2021

Roman - Editions Stocks - 171 pages - 18.50 €

Parution le 25 août 2021 : Rentrée littéraire !

L'histoire : Il y a les parents, l'aîné et la cadette. Ils vivent sereinement dans une vallée des Cévennes. Nait alors l'enfant... Qui se révèle inadapté... Il ne voit pas, ne marchera jamais, ne pourra parler ni même tenir sa nuque ou saisir un jouet... Il vivra allongé et son espérance de vie sera limitée. Autour de lui, chacun va s'adapter à l'inadapté....

Tentation : Pitch et confirmation blogo

Fournisseur : la bib de Dinard

 

 

 

Mon humble avis : Quel magnifique roman, justement couronné du Prix Fémina 2021.

L'histoire que nous conte ici Clara Dupont-Monod ne peut que toucher en plein coeur et émouvoir.

Les personnages ne sont nommés que par leur rang et leur rôle dans la famille : père, mère, l'aîné, la cadette, le dernier... Ce sont les pierres des murets de la cours de la maison qui témoignent de ce qui s'est déroulé dans cette famille, sous leur yeux. Rien de fracassant, mise à par l'annonce du diagnostic et la stupeur... Le reste est dix en douceur, avec des mots bien choisis, une belle place à la poésie des sens, de la nature, de l'observation... Il y a tant de justesse dans la descriptions et les analyses des comportements de chacun que l'on ne peut qu'être admiratif devant cet oeuvre. Les personnages y sont s'y bien construits, étayés, fouillés, profondément humains, tant dans leurs forces que dans leurs failles.

Avec retenue et décence, Clara Dupont-Monod décrit les réactions de chaque membre de la famille face au handicap lourd de l'enfant...

Les parents assument et affrontent notamment les méandres administratifs pour obtenir de l'aide. L'incompréhension des autres, le regard, la curiosité, la honte, la pitié... Et l'évolution différente des deux aînés.

L'aîné entrera en fusion totale avec l'enfant, en prenant soin, le protégeant de tout, s'en occupant de façon obsessionnelle, exclusive, s'oubliant, devenant adulte bien trop vite.

La cadette, en colère, rejettera l'enfant, éprouvant pour lui du dégoût, de la jalousie, puisque l'enfant lui vole l'attention de son cher aîné. Mais la cadette va aussi s'adapter, à sa façon... En faisant tout son possible pour conserver l'équilibre familial, pour que les autres puissent aimer et se dévouer à l'enfant. Elle aussi quittera trop tôt le monde de l'enfance.

Enfin, la dernière partie nous permet de faire la connaissance du dernier... Pas celui que l'on croit... Celui qui vient, qui nait après tout cela, des années plus tard, dans une famille qui a souffert, qui a survécu, qui n'oublie pas.

La romancière évoque parfaitement l'accueil du handicap, de l'inadapté, du hors norme dans une famille qui parvient à rester unie, les trajectoires de vie et les tempéraments qui se modifient à jamais. C'est une onde de choc qui s'atténuera un peu avec le temps, mais restera toujours présente, ayant laissé une forte empreinte dans chacun, de la force, de la résistance, de l'union et beaucoup d'amour... Clara Dupont-Monod ne tire pas sur la corde, tout est dit avec délicatesse, justesse et oui, douceur... et surtout, de la lumière. C'est avec une très belle luminosité que l'écrivaine clos son histoire.

Un roman magnifique, qui se lit aisément mais avec émotions, à découvrir évidemment !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Novembre 2021

Roman, Valentine Goby, Kinderzimmer, seconde Guerre Mondiale, Nazisme, camps, femmes

Roman - Editions Thélème - 6h11 d'écoute - 18.99 €

Parution Acte Sud 2013, Thélème 2014

L'histoire : 1944... Après son arrestation, et un séjour en prison, Mila Suzanne est envoyée dans le camp de Ravensbrück, comme prisonnière politique. Dans ce camp sont regroupées 40 000 femmes. Mila est enceinte... Quelques mois plus tard, elle découvre l'existence de la Kinderzimmer, une pièce froide et sombre dévolue aux quelques nourrissons... Dont rares sont ceux qui survivent au delà de trois mois. Avec ses compagnes d'infortunes, Mila fera son possible pour éviter l'inévitable.

Tentation : La blogo à l'époque de la sortie du roman

Fournisseur : La bib de Rennes

Mon humble avis : Il m'en a fallu du temps pour oser ouvrir (en l'occurrence ici écouter) ce roman, tant le sujet m'effrayait.

Pourtant, c'est l'effroi qui m'a accompagné tout au long de ma lecture qui n'a pas été confortable du tout, mais je dresse l'oeuvre de Valentine Goby au rang de coup de coeur, tant il magistralement mené, rédigé, réussi. A mes yeux, c'est un pur chef d'oeuvre de littérature. Admirable de maîtrise... Ceci se dirige aussi vers Paulien Huruguen qui interprète ce texte avec douceur et pudeur.

Valentine Goby nous plonge en immersion complète dans un camp de femmes en Allemagne. Je tairai ici les détails de la vie, ou plutôt de la survie (pour les plus chanceuses et résistantes) de ces femmes. C'est inimaginable, innommable, inhumain, c'est l'enfer sur terre. Je m'en doutais et le savais déjà par mon instruction, mais ici, via les mots de Valentine Goby, se sont moults images qui se sont incrustées dans mon crâne. Il y a l'horreur... Mais il y a aussi une sorte de beauté qui en ressort... C'est le courage de ses femmes, leur fraternité, les petites choses qui les font tenir, la forme de résistance pour ne pas appartenir complètement au camp et aux Allemands, les ruses et privations pour gratter une tranche de pain ou la donner à une amie malade. Cacher les faiblesses pour ne pas devancer la mort et/ou être achevée. La mie de pain qui ne sera pas mangée de suite pour être transformée en statuette et être offerte en cadeau à Noël...

Impossible de rendre compte en quelques lignes de la puissance, de l'émotion qui émanent de ce roman qui nous tient aussi prisonniers, presque malgré nous, tant on ne se sent évidemment pas bien dans ces pages.

On sait dès le début que Suzanne/Mila sortira vivante de ce camp, puisque le roman s'ouvre sur son personnage, des décennies plus tard, alors qu'elle court les lycées et collèges pour offrir son témoignage.

C'est un livre mémoire collective à lire absolument, pour ne pas oublier, pour que "plus jamais ça"... On paraît à l'abri en Europe, mais dans d'autres contrées du monde, que se passe-t-il ?

Un roman qui, une fois de plus, fait énormément relativiser nos tracas personnels ou collectif... Ca me fait bien "rire" quand, à propos du Covid 19 et des confinements ou restrictions sanitaires, on parle de nos jeunes comme d'une génération sacrifiée... sans même regarder le présent, en Irak, en Syrie par exemple.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 4 Novembre 2021

L'Africain, J.M.G Le Clézio, livre, littérature, Afrique, avis, chronique

(Auto)Biographie - Editions Folio - 124 pages - 6.90 €

Publication d'origine : Mercure de France en 2004

L'histoire : JMG Le Clézio revient sur son enfance africaine d'après guerre, où il retrouve un père qu'il n'a jamais connu, le conflit international et les distances les ayant séparés. Le père, médecin chirurgien en Guyane  britannique, puis en Cameroun britannique et enfin au Nigéria... Vingt ans d'Afrique qui ont transformé ce père à jamais et qui ont forgé le romancier.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : C'est simple, cet ouvrage était dans mes étagères depuis que J.M.G Le Clézio a reçu le Prix Nobel de Littérature, c'est à dire 2018, soit 13 ans. Hum Hum...

Et pourtant, quel beau texte. Simple en apparence mais consciencieux, sans fioriture, avec juste les faits et leur analyses permises par le temps, il en ressort une belle loyauté, envers ce que la vie a pris et donné, envers cette enfance ailleurs, pas comme les autres et cet inconnu que fut le père. La concision induit la pudeur et la pureté de ce récit.

JMG Le Clézio nous parle de son enfance en Afrique, et à travers elle, de son père, ce héros. Le Clézio n'a connu son père qu'à 8 ans, en arrivant en Afrique avec sa mère et son frère pour le rejoindre. C'était après la Seconde Guerre Mondiale, que les enfants et leur mère ont vécu confinés à Nice et que le père a affronté isolé, sans aucune nouvelle des siens, en Afrique occidentale.

C'est l'histoire d'une rencontre entre un père et ses enfants, mais une rencontre manquée, ratée, qui n'eut réellement lieu que bien plus tard, lorsqu'adulte, JMG Le Clézio a été en âge et en maturité pour comprendre qui était son père, ce qu'il avait vécu, ce qui l'avait transformé en père rigide, stricte et parfois violent. 

C'était vingt années d'Afrique en tant que seul médecin chirurgien dans une immensité, avec peu de moyens matériels, si loin des colons huppés et ridicules des côtes que Le Clézio père, farouchement anticolonialiste, abhorrait. Vingt années à côtoyer le pire comme le meilleur, les plus belles merveilles comme de monstrueuses horreurs. L'humain et le profondément inhumain, ou en tout cas l'insupportable... Toutes les maladies, les pandémies, le manque d'hygiène et de médicaments et souvent l'impuissance. Et puis il y eu la décolonisation, des guerres, notamment celle du Biafra dévastatrice et scandaleusement entretenue par l'Occident... Comment ingurgité cette actualité quand on voit dépérir le pays où l'on a tant vécu, qui a fait de vous ce que vous êtes.

Ces vingt années d'Afrique ont fait de Le Clézio père l'africain....

L'Africain est donc un magnifique hommage à l'homme qu'il était brillement, au père qu'il n'a pas su être mais qui a tellement transmis. C'est aussi portrait de ce que fut l'Afrique de l'Ouest à différentes époques, dans une période finalement historiquement très restreinte.

C'est une ode aussi à la liberté retrouvée de l'enfance, aux grands espaces, à l'insouciance et à l'indifférence face aux différences dont sont capables les enfants.

Un très beau texte, instructif qui plus est. Elle belle leçon de mémoire... pour ne rien oublier.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 30 Octobre 2021

Cécile Coulon, roman, Rentrée littéraire 2021, Seule en sa demeure, avis, chronique

Roman - Editions L'Iconoclaste - 333 pages - 19 €

Parution le 19 août 2021 : Rentrée littéraire 

L'histoire : Nous sommes au XIXème siècle... Aimée qui pour la première fois la maison familiale pour épouser Candre, un riche propriétaire du Jura... Celui-ci vit dans un vaste domaine, avec la servante Henria et le grand fils de celle-ci. Au cimetière le plus proche, gît Aleth,sa première épouse... Candre est très pieux, aimant mais distant, taciturne. Au fil des jours, Aimée sent comme un mystère tabou autour de la mort d'Aleth. Celui-ci s'épaissit et alors, le domaine devient oppressant et ses habitants semblent menaçant. C'est le début du cauchemar pour Aimée... Dont seule pourrait peut-être la sauver Emeline, sa professeur de musique, qui éveille et ouvre aussi son corps qui restait jusque là si fermé.

Tentation : Blogo et curiosité

Fournisseur : une carte KDO de mes anciennes collègues 

Mon humble avis : Je n'avais encore jamais lu de roman de Cécile Coulon et pourtant ce n'était pas l'envie qui m'en manquait. Cette rentrée littéraire et les éloges lus de-ci de-là sur ce nouvel opus m'ont fait dire : le moment est venu !

Et aucun regret car quel roman ! Je découvre ici une fameuse plume, soignée, maîtrisée, qui semble sortir d'une autre époque et convient si bien au sujet du roman. Avec poésie, Cécile Coulon a l'art de rendre un environnement tantôt délicieux, tantôt menaçant. Les descriptions des mouvements de la nature, du domaine et de la maison éveillent vraiment les sens, donnent à sentir et ressentir les souffles du vent, qui tantôt caressent tantôt giflent, le silence pesant entre de hauts murs etc. La nature semble ici plus vivante que les protagonistes de chaire et d'os. L'atmosphère devient un personnage à part entière.

Evidemment, lorsqu'on lit "Seule en sa demeure", on ne peut que penser à Rebecca, de Daphné du Maurier et je pense que la romancière Cécile Coulon ne se cache pas de cette inspiration... Nous avons un domaine, une jeune deuxième épouse, un mari riche et puissant, une domestique omniprésente et une première épouse dont le décès s'entoure de mystères et de non-dits. Mais la comparaison s'arrête là... Car dans ce domaine, point de mondanité, de réceptions, mais une vie calme, ennuyeuse pour Aimée, et glaçante pour le lecteur. Et puis la fin et les révélations qui l'entourent (que je tairai bien sûr) n'ont rien à voir mais sont toutes aussi inattendues que surprenantes. Elles respectent aussi les convenances de l'époque... Et tout ceci m'a fait dire que je suis bien contente d'être une femme libre du XXème siècle !

Cécile Coulon se joue de son lecteur, en semant le trouble et le doute de façon assez subtile... dans le sens où l'on se demande si le doute est justifié, si Aimée le ressent vraiment ou si c'est l'écrivaine qui le distille pour inquiéter son personnage, le lectorat...  En tout cas, la tension est bien là et va grandissante... surtout lorsque Claude, le cousin d'Aimée, lui fait parvenir un certain message... Seule en sa demeure est donc bien un hui-clos psychologique qui explore les zones d'ombres, le dévouement, la passion de ses personnages, le poids du mensonge.

S'il m'a parfois manqué un peu d'émotions (mais en même temps, au XIXème, les gens étaient bien moins démonstratifs, surtout dans les milieux huppés) je dois avouer que le dernier tiers du roman m'a littéralement ferrée.

Je suis donc ravie de cette lecture, et à coup sûr, sitôt que ma PAL aura baissé notablement, j'irai piocher à la bibliothèque les anciens titres de cette déjà jeune mais grande romancière, donc j'admire la culture et la maturité à chacun de ses passages télévisés. 

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Rédigé par Géraldine

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