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Publié le 4 Juin 2022

Roman - Editions Pocket - 288 pages - 6.50 €

Parution chez Pocket en 2011 (Origine X.O)

L'histoire : Le narrateur aborde la trentaine lorsqu'il assiste à l'ouverture du testament de feu son grand père qui l'a élevé. Alors que ces soeurs héritent de biens et de capitaux, lui ne reçoit qu'un carnet en cuir. 100 pages blanches. Tout d'abord en colère et vexé, le jeune homme va vite comprendre que ce carnet possède certains pouvoirs, et qu'il représente donc un don hors du commun.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : Si j'avais lu ce livre lors de son achat, il y a presque 10 ans, mon avis aurait certainement été tout autre... Mais en une décennie, on change, et nos goûts avec... Je suis donc moins bon public qu'avant pour les romans dits "rafraichissant, bouffée d'espoir" !

Qu'a-t-il donc de si spécial ce carnet ? C'est simple, il vous permet de revivre vos souvenirs enfouis. Il suffit de noter sur une page la réminiscence que vous vous voulez ressentir de nouveau, et vous voilà plongés dans vos souvenirs, tous sens confondus. Une page par souvenir... 100 donc... Une fois le souvenir revécu, les mots s'effacent de la page, qui redevient blanche... Et ce carnet de ne peut revenir qu'à un seul descendant par génération.

Alors au début, je suis entrée enthousiaste dans cette lecture, louant l'imagination de l'auteur et les questions qu'il éveille chez le lecteur. Quel regard porter sur nos souvenirs, quelle importance leur donner, quelle valeur graduelle leur accorder, et sur quels critères ? Donc bien partie j'étais dans une lecture tranquille sans prise de tête... Sauf que j'aurais aimé me la prendre un peu plus... Le sujet part un peu dans tous les sens sans réel fil conducteur, l'auteur semblant changer d'avis un peu trop souvent et de ce fait, sans aller au bout des réflexions... Ce cadeau est il maudit ou béni... On ne saura pas vraiment... Pour aboutir à la banale conclusion que ce qui importe, c'est la vie et l'avenir... Oui, sauf que les souvenirs, pour moi, c'est aussi l'expérience, l'apprentissage et normalement, moins d'erreurs à venir. Mais cet aspect-là n'est pas évoqué dans l'histoire, qui devient prétexte à une romance plus ou moins impossible par ce que le narrateur est juste un grand naïf en manque de caractère. Même si l'écriture est fluide, le style oscille entre mièvreries, belles vérités bien dites et autres lieux communs bien simplistes.

Donc je suis sortie déçue de ces 100 pages blanches qui ne m'ont pas transportée, tout juste distraite au début, et puis agacée au fur et à mesure. J'ai vieilli ou ce roman a déjà mal vieilli ! 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 24 Mai 2022

Roman - Editions Audiolib - 5h48 d'écoute - 18 €

Parution Grasset & Fasquelle en 2017, Audiolib en 2018

L'histoire : En 1949, Josef Mengele arrive en Argentine. L'ancien tortionnaire d'Auschwitz, cachés sous divers pseudonymes, pensent pouvoir y couler des jours heureux et paisibles... Il faut dire que l'Argentine de Peron y est propice... Mais cela ne durera qu'un temps... Jusqu'à ce que le monde sorte de sa torpeur et ôte les oeillères confortables de l'oubli. La traque aux SS nazis ne fait que commencer...

 

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Bib' de Dinard

Mon humble avis : Il y a quelque temps encore, le nom seul de Mengele ne me disait rien... Et puis, je l'ai rencontré dans un roman sur Auschwitz, et je l'ai retenu. Alors quand j'ai vu ce titre en bibliothèque, je me suis dit que c'était évidemment l'occasion de combler mon inculture...

C'est un roman biographique que nous présente ici Olivier Guez. Les faits sont vrais, même si mis en scène de façon à convenir à la forme romanesque. 

Nous suivons Josef Mengele durant les trente années où il a vécu plus ou moins (en fonction des périodes et des dirigeants en place) caché en Amérique du Sud. D'abord en Argentine, puis au Paraguay et enfin, au Brésil, où il mourut dans la misère, sur une plage, en 1979. Il n'aura été arrêté, n'aura jamais n'avoir payé les crimes odieux qu'il a commis contre l'humanité lors de la deuxième Guerre Mondiale. Mais la vie lui a assuré une fin minable...

Ce texte est extrêmement documenté. Il est donc très intéressant en ce sens... Nous vivons dans l'Argentine Péroniste (toujours bon d'avoir des piqûres de rappels géopolitiques sur ces temps qui deviennent lointains)... Et nous traversons trente ans de la vie du criminel de guerre... J'ai découvert qu'il a fallu un certain temps après la guerre pour que les nazis soient vraiment pourchassés de par le monde. Ces derniers avaient toute une ribambelle de soutiens et de réseaux qui organisaient leurs vies de planqués, avec aussi une aide financière magistrale de leurs familles, celle de Mengele était richissime.

Mengele aurait pu se faire prendre, c'était à deux doigts... Mais l'Histoire en a décidé autrement, envoyant le Mossad sur une autre traque.

Ce qui est effarant, c'est de constater que même que tout au long de ces années, Mengele et ses amis ne se sont jamais repentis, sont toujours restés sûrs de leurs convictions et de l'utilité et du bien-fondé des horreurs qu'ils ont perpétrées au nom du IIIème Reich.

Olivier Guez s'intéresse donc à l'homme Mengele, médecin tortionnaire de pouvoir malgré une parfaite médiocrité générale. Qu'est ce qui a fait de lui ce monstre sanguinaire ? D'où vient ce mal dont s'est fait la main. Aurait-il évolué différemment s'il était né à une autre époque, s'il n'avait pas croisé l'Histoire sur son chemin de vie ? Ne vous y méprenez pas, Olivier Guez ne nous invite à aucune empathie envers cet homme. Mais il s'interroge.

Un texte à lire bien évidemment, pour son intérêt historique et culturel, et la façon dont il est mené, comme un roman, avec son adrénaline, son suspense etc... mais je déconseille le format audio pour deux raisons : la lecture qu'en fait Olivier Guez est assez monotone... Et puis, il y a nombre de patronymes allemands d'ancien SS hauts gradés de l'entourage de Mengele, et franchement, je m'y perdais tellement entre eux tous que j'ai fini par ne plus faire l'effort de m'y retrouver. Sans doute la version papier permet la mémoire visuelle de ces patronymes.

Mengele n'était qu'un nazi parmi les autres, même si l'un des pires... Mais combien sont-ils comme lui, à avoir trouvé refuge en Amérique Latine et à n'avoir jamais été jugés pour les crimes qu'ils ont commis... Un devoir de mémoire aussi que ce roman.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 21 Mai 2022

Roman - Editions Seuil - 256 pages - 19 €

Parution en janvier 2022

L'histoire : Elias Torres est une Toulousain de notre époque... jeune quadra, père de deux enfants, libraire à mi temps car pas encore écrivain à temps plein. Il part à New York pour dédicacer son dernier roman... Retour en moins de 24h...  Presque tous les passagers de son vol sont refusés en territoire US...

De retour à Toulouse, les rues se désertifient, chacun fait ses réserves et rentre chez soi... C'est le début du Grand enfermement... Il va falloir composer avec sa famille dans un espace restreint, s'occuper, observer comment va le monde, et trouver le sujet de son prochain roman. Ce sera cet autre cataclysme qui toucha le monde entier en 535 et 536 de notre air... Le soleil a cessé, ou presque, de briller pendant dix huit mois...

Tentation : Le billet de Keisha 

Fournisseur : La bib' de Dinard

Mon humble avis : Il y a quelques mois, j'avais été bien remuée par l'un des précédents roman de Vincent Message : Défaite des maîtres et des possesseurs. Aussi, quand Keisha a évoqué le dernier titre de l'auteur, je me suis dit pourquoi pas, et quand le lendemain, je l'ai vu à la bib', je me suis dit "hop" !

Bon ben ça ne l'a pas fait avec moi... Et je n'ai pas apprécié cette lecture, qui ne m'a pas apporté grand-chose, et que j'ai trouvée longue, laborieuse, malgré un départ sur les chapeaux de roues, que ce soit dans "l'action" et dans le ton... Tout s'est enlisé très vite à mes yeux.

Le Covid et le confinement ne sont pas nommé tels quels, mais chacun sait parfaitement à quoi l'auteur fait référence. Alors, certes, Vincent Message, fin observateur de notre (in)humanité, partage des réflexions intéressantes sur la situation, les conséquences et les réactions des uns et des autres. Mais j'aurais aimé que cela soit un peu plus poussé, car sous le soleil, rien de bien nouveau.

Quant à cette "éclipse" solaire véridique du VIème siècle, qui m'a tant attirée vers ce titre, et bien elle semble n'être qu'un prétexte dans cette histoire, elle n'apparait que de temps et temps dans ces pages, alors que j'aurais aimé justement en savoir plus à ce sujet, notamment sur les conséquences sociales mondiales à l'époque, avec une comparaison avec ce que nous vivons depuis deux ans par exemple. Mais non, pas vraiment... Bon, je vous rassure, le soleil n'a jamais disparu complètement, mais à priori, plusieurs éruptions volcanique simultanée aurait longuement assombri le ciel, remettant en cause l'agriculture etc.

En fait, j'ai plus eu l'impression de "subir" les lamentations d'un français et d'un auteur qui peine à se mettre à l'ouvrage alors que sa vie bascule comme celle de millions d'autres lors du Grand Enfermement. Et puis, vient le sujet et les conséquences de l'Etat de plus en plus policier et des violences policières...  Pourquoi pas, mais celles-ci ne sont "jugées" que sur un seul événement... Et l'autre partie n'a pas la parole...

Alors évidemment, Vincent Message a une belle plume et une sacrée érudition. D'ailleurs, les références littéraires qui égrènent cette histoire me sont inconnues, trop pointues pour moi, pour me donner l'envie de quelques recherches pour en savoir plus. Donc cet aspect-là du roman m'est aussi passé au-dessus de la tête. 

Bref, ce roman n'était pas pour moi, ou alors, il n'est pas tombé au bon moment dans ma vie et mes envies de lecture. A mes yeux, ces années sans soleil sont aussi sans relief, sans aspérités où j'aurais pu me raccrocher. Dommage ! Donc juste après, j'ai ouvert un roman qui devrait être feel good et divertissement !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 13 Mai 2022

Roman - Editions Harper Collins - 368 pages - 18 €

Parution le 12 janvier 2022 

L'histoire : Peter et Pétra Wolf forment le couple le plus en vue de la scène artistique allemande depuis les années 90. Lui le transfuge de l'Est, elle, la "typique" allemande de l'Est. Lui le discret, elle qui prend et assume la lumière. Leurs toiles sont exposées dans les plus grands musées et leur côte atteint des sommets.

Alors qu'une rétrospective de leur oeuvre doit avoir lieu au MET de NEw York, qu'une maison d'édition Française entreprend d'écrire la biographie du couple, il semble que Peter Wolf soit porté disparu. Le monde de l'art s'affole et une enquête est ouverte, qui nous mène de l'Allemagne, à Paris et jusqu'à New York.

Tentation : Le billet de Luocine

Fournisseur : Luocine, merci pour le prêt !

Mon humble avis : Voici un premier roman mené tambour battant, très convaincant, et dont je me suis délectée. 

Premier point pour Sophie Pointurier : son écriture, absolument fluide, qui ne fait aucune ombre à l'intrigue. Captivé, on tourne les pages sans buter contre des tournures alambiquées, ou un style à pleurer comme je l'ai rencontré récemment.

Deuxième point pour l'auteure, l'histoire est originale et nous emmène dans les coulisses de l'Art pictural, des musées, des critiques d'Art... Nous fréquentons ici ces gens qui construisent ou démolissent la réputation d'un artiste, nourris à l'égo et à l'avidité financière. Mais avec Sophie Pointurier, nous remontons dans le temps, à l'époque de la RDA, de la Stasi, de la chute du Mur de Berlin... Pour nous autres Français, cet événement historique est déjà lointain et très ancré dans le quotidien... Mais on découvre ici qu'il y a encore des conséquences à Berlin pour les contemporains du Mur.

Enfin, il y a l'intrigue avec la disparition de Peter Wolf qui nous tiens en haleine, même si par moment, des indices nous donnent des éléments de réponses, si on lit entre les lignes...

Mais le sujet de ce roman, c'est vraiment le monde de l'Art, que Sophie Pointurier, qui, manifestement bien documentée, le décrit comme machiste, et terriblement sexiste. Les femmes sont reléguées au second rang et doivent se battre deux fois plus pour s'imposer et sont sous-représentée dans galeries et musées. Des dialogues entre le directeur du MET et une journaliste font froids dans le dos, qui étalent les préjugés, les à priori et l'égo surdimensionner de cet homme... Et cet homme, qui pense tout savoir et tout connaitre, et bien c'est lui qui fait la pluie et le beau temps sur la côte des artistes.

Que faut-il pour vendre dans l'Art ? Qu'est-ce qui fait vendre ? Le talent ? La réputation ? Où la légende autour de l'artiste ? La romancière interroge aussi sur la notoriété, les fantasmes et affabulations qu'elle génère, qui se répandent et deviennent ainsi vérité absolue que ce soit pour les médias ou le grand public. "Vérité absolue" dont il est difficile de se défaire, voire même impossible d'en prouver son non fondement, son impossibilité, tant elle est ancrée dans l'esprit collectif.

Un roman aussi intéressant que captivant, à découvrir... Et une romancière à surveiller de près je pense !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 26 Avril 2022

Roman - Editions l'Iconoclaste - 355 pages - 19 €

Parution le 19 août 2021 

L'histoire : Elle aime passionnément son mari... toujours comme au premier jour, même après quinze ans de mariage. C'est une passion exclusive qu'elle voue à son mari, reléguant ses enfants au second plan et en êtres qui dérangent ses tête-à tête... Son amour atteint même l'obsession pathologique, et la met toujours sur tension, aux aguets, à l'analyse systématique des moindres faits et gestes de son mari... Un tel amour n'est il pas envahissant ? La situation ne risque -t-elle pas d'exploser à tout moment ?

 

Tentation : Le billet de Violette

Fournisseur : La bib'

Mon humble avis : Dernière lecture qui a précédé mon voyage au Kenya... Donc rédaction de billet tardive.

Un livre que j'ai pris grand plaisir à lire. Une chose est sûre, c'est distrayant, bien mené et assez inédit dans le genre... Donc étonnant.

Du lundi au dimanche, nous passons la semaine dans cette famille parfaite : pavillon, deux enfants et bonne profession... Sauf que derrière cette façade bien propre à la Bree Van de Camp (Desperates Housewives pour rappel), rugit l'amour dévorant qu'elle voue à son mari. SON MARI, elle aime tellement prononcer ces mots que l'on ne connaîtra jamais son prénom, pas plus que le sien, cette narratrice obsessionnellement amoureuse.

Au fil des jours, la tension monte... Car évidemment son mari a commis l'irréparable bévue de la comparer à une clémentine lors d'un jeu chez des amis... Quelle humiliation pour elle... Alors que la pression monte, le roman prend l'aspect et le rythme d'un thriller.

On s'amuse beaucoup lors de cette lecture qui est pourtant tout aussi effroyable et ahurissante. On ne demande où Elle va s'arrêter dans son obsession pathologique qui la ronge et lui dévore son quotidien autant ses jours que ses nuits. Plus d'une fois, je me suis dit, "c'est pas possible, elle est vraiment folle à lier". Donc c'est drôle parce que cynique en fait... Maud Ventura dresse prodigieusement le portrait d'une femme malade d'amour, et surtout de manque de confiance en soi... Une femme qui prévoit tout, analyse tout, ne laisse rien au hasard, oriente sa vie amoureuse en fonction des conseils des magazines... Bref, une femme qui est surtout malheureuse à mes yeux, et qui n'en n'a pas confiance... 

Et le mari, dans tout cela, a-t-il conscience de toutes les manigances de son épouse ? L'aime- t'-il pour lui ou pour elle ?

En tout cas, Maud Ventura fait preuve d'une sacrée imagination ! Chapeau ! Mon léger bémol irait que pour mener à bien toute son organisation et ses manigances obsessionnelle, on a l'impression que cette femme a des journées de quarante-huit heures !!!

Est-ce une histoire d'amour ou d'amour propre ? Vous le découvrirez dans ces pages que l'on dévore, très bien menée dans un style délicieux, qui parvient à vous amuser, à vous étonner avec une histoire finalement bien triste.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 21 Avril 2022

Roman - Editions Livre de poche - 354 pages - 7.90 €

Parution LDP oct 2021 (Lattès Mars 2020)

L'histoire : Samba veut le monde, et rien d’autre. Il a bientôt 18 ans et passe ses journées à rêver et à déambuler dans la ville avec son pote Éros. Un jour, la mairie leur propose un stage. Pour Samba, autiste léger, c’est l’occasion de se confronter au monde du travail.
Mais les jeunes sont sceptiques, le nouveau maire est un populiste, tendance droite dure. Louis Walter ambitionne de faire de l’arrondissement son bastion politique. Il vise l’Élysée. Jusqu’ici tout va bien, mais dans ce quartier où des commerces branchés côtoient une grande pauvreté, les ego et les rêves s’affrontent, chacun veut gagner le monde à sa manière, quel qu’en soit le prix.

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : Me revoici sur la blogo après mon voyage Kenyan, mais avec une lecture qui l'a précédé... Rédaction du billet après moult aventures et grands espaces... Pas facile d'y revenir, nombre de souvenirs déjà envolés, reste juste une impression... ce qui n'est pas bon signe !

Je suis entrée à fond les ballons dans ce roman, dévorant le premier quart de celui-ci... Nous avons affaire à une chronique urbaine, sociale et politique... dans un arrondissement parisien qui compose avec la mixité sociale en fonction des quartiers...

Histoire très actuelle donc, que j'ai lue alors que la campagne présidentielle battait encore son plein, avant le 1er tour...

Une vision très sombre de notre société, de ceux qui la composent... Sombre mais sans doute hélas réaliste, avec les égos surdimensionnés des uns, le racisme, les rixes urbaines, les gangs composés de gamins, l'ultra droite d'un côté, la gauche bobo de l'autre (toute aussi malsaine), un peu de culturel avec le théâtre en face de la mairie. La violence psychologique et physique de la concentration urbaine et des vues et manipulations politiques. Et les casseroles répugnantes et pédophiles de nombre des personnages... Bref, rien de très glorieux et plutôt déprimant. Seule la soeur de Samba, éducatrice et responsable de la Maison des jeunes, capte vraiment notre attention et notre empathie.

On remonte le temps au fil du roman... De J-35 jusqu'au fameux jour d'une rencontre politique déterminante pour le maire, et jour du drame... 

Au-delà du quart du roman, j'y suis à chaque fois retournée à reculons... Très répétitif, à mes yeux un peu brouillon, beaucoup de choses sont trop implicite. Quant au style, c'est vrai qu'il semble percutant au premier abord, pour ensuite étonner et désappointer. Il m'a semblé irrégulier, comme si plusieurs narrateurs se succédaient sans que ce soit ni clair ni introduit.

Quant à Samba et son copain Eros... On se demande lequel est le plus autiste des deux... Et justement, ce handicap me paraît traité avec approximation, et ne semble être là que comme faire-valoir.

Malgré quelques beaux passages et le mérite de dénoncer des faits et réalités intolérables, Et je veux le monde fut pour moi une lecture décevante... Bref, je suis plutôt passe à côté et n'ai pas franchement saisi où l'auteur voulait en venir... Quelle est sa conclusion ? Quelle est la morale de l'histoire ?

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 31 Mars 2022

Roman - Editions Audiolib - 3h42 d'écoute - 17 €

Parution au Seuil 2018, Audiolib 2019

L'histoire : Dans les tranchées, en 14-18... Deux tirailleurs sénégalais, Alfa et Mademba, s'élancent sur le front au coup de sifflet du capitaine Armand. Mademba tombe... Alfa vient de perdre son ami de toujours, son plus que frère... 

Alfa va alors devenir comme étranger à lui même, et sombrer dans une folie violente... Au point qu'il sera envoyé à l'Arrière du front...

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib de Dinard 

Mon humble avis : Et bien il est partagé !

Le début m'a complètement happée... Par ce qui était conté, la façon dont s'est narré et également interprété. Les mots pénètrent comme une baïonnette. Ils font mal, ils font frissonner d'horreur... De celle qu'ont vécu nos aïeux qui nous sont maintenant inconnus, de celle qu'ont subi une multitude de tirailleurs issus des colonies françaises, qui se sont battus sur des fronts a des milliers de kilomètre de chez eux, sur une terre froide dont ils ne parlaient même pas la langue...  Je n'y étais pas évidemment, mais j'imagine que David Diop décrit parfaitement les conditions de vie dans les tranchées et sur les champs de bataille. La douleur d'Alfa alors qu'il ramasse son plus que frère mort est palpable et sa plongée dans la folie, on la vit en apnée. Cette folie effroyable effraie même ces compagnons d'infortune.

La deuxième partie se déroule alors qu'Alfa a été envoyé à l'Arrière pour repos et soins suite au traumatisme. On est alors toujours dans la tête d'Alfa, qui se remémore son Sénégal, depuis sa jeunesse jusqu'à la veille de son départ pour la France et la guerre. Cet aspect-là est moins prenant.

L'émotion est bien présente dans cette audio lecture, et sans doute même renforcée par l'interprétation orale parfaitement adéquat. Les mots sont assez simples, c'est un tirailleur sénégalais qui nous raconte son histoire. Mais le style m'a posé problème... Une phrase revient sans cesse comme un mantra "Par la vérité de Dieu"... Au début, on se dit pourquoi pas, mais au bout de trois heures d'écoute, ça devient lassant, puis exaspérant. De même certains faits et situations sont racontées deux ou trois fois, de la même façon... Enfin, même si le langage usité est souvent simple, il est des formules utilisées qui ne me semblent pas en adéquation avec le niveau d'instruction du personnage.

Quant à la fin, je ne sais pas si je l'ai bien comprise... j'espère que non...

Un livre comme un cri de douleur, de la folie qui prend racine dans la guerre des tranchées, qui montre parfaitement ce que la guerre et ses horreurs peuvent faire d'un homme à la base simplement humain... Et l'histoire de ceux qui se sont battus pour nous, pour notre liberté, et si peu remerciés...
Une lecture forte c'est sûr, mais qui sonne étrangement et dont construction et style ne m'ont pas vraiment convenu !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 14 Mars 2022

Roman - Editions Gallimard - 240 pages - 19.50 €

Parution en Janvier 2022

L'histoire : En 1999 débutait le casting pour trouver le jeune garçon qui allait interpréter Harry Potter et qui, par la même occasion, deviendrait mondialement  célèbre. Des centaines d'acteurs furent auditionnés. Finalement, il n'en resta plus que deux. Ce roman raconte l'histoire de celui qui n'a pas été choisi.

Tentation : Foenkinos est incontournable pour moi !

Fournisseur : Bib de Dinard

 

 

 

Mon humble avis : Un nouveau roman de David Foenkinos est toujours un rendez-vous pour moi, où je connais le ton que je vais trouver mais où j'ignore à chaque fois où il va me mener ! Aller ailleurs tout en restant bien chez soi...

Ce titre ne fait pas exception à la règle ! Je voudrais tout d'abord saluer l'originalité du sujet, et la façon dont il est traité, car vraiment, il fallait y penser !

Numéro deux se base sur des faits réels, connus de tous ou presque à travers la planète. L'histoire s'ouvre sur les coulisses et les prémices du succès de la saga littéraire Harry Potter, qui s'annonce très vite comme une série cinéma à venir...  J'ai appris pas mal de choses, car honnêtement, je n'ai jamais accroché avec Harry Potter que je n'ai qu'effleuré via deux films. Donc déjà, cet aspect est intéressant... mais n'est pas le corps du roman. 

Car dès le début, nous suivons la vie de Martin, le fameux numéro deux, qui n'a alors qu'à peine 10 ans. Et de plus loin, celle de Daniel Radcliffe, qu'on ne présente plus. Martin arrive par hasard sur le casting, un hasard délicieux et drôle, typique de l'auteur, un hasard en cascade, ou une cascade de hasards ! Il y a les séances de casting, les espoirs, les "presque oui" et au dernier moment, le "non" pour Martin, au profit de Daniel. 

Dès lors, nous accompagnons Martin dans les vingt années suivantes de sa vie, après cet échec dont il ne se remettra jamais. On a tous ou presque été le numéro deux au moins une fois, voire plusieurs, dans notre vie... lors d'entretiens d'embauche, ou même dans la vie amoureuse... Le plus souvent, le coup est dur, et puis on oublie, on rebondit, on passe à autre chose autant que le temps passe ! 

Oui mais là, pour Martin, comment faire pour oublier, passer à autre chose alors que le monde entier ne parle que d'Harry Potter, que tous les ans ou presque sortent un nouveau volume de la saga et un nouveau film, que des affiches sont collés dans les rues, que le moindre journal relaie un fait sur Harry Potter ou son acteur, sans parler du merchandising que l'on trouve partout, des parcs à thème qui s'ouvrent sur le sujet... et que même 20 ans plus tard, c'était vendredi dernier sur TF1, un documentaire célèbre le vingtième anniversaire de la fameuse saga !  Comment faire pour oublier qu'il a failli participer à la série la plus phénoménale de l'Histoire du cinéma. Comment se construire alors que chaque nouvelle journée ou presque vous rappelle votre échec, échec causé par le "petit +" de l'autre que personne ne sait vous expliquer, qui n'a rien de rationnel, que régulièrement, on vous dit que vous ressemblez à Harry Potter !

En tant que public, nous profitons des plaisirs du cinéma (ou toute autre activité médiatique) et oublions ou ignorons souvent les pots cassés... Ceux qui ne sont pas choisis et qui sont arrivés aux portes des monts et merveilles. Et ici, il s'agit d'un enfant... Même si le sujet est poussé à l'extrême et s'illustre aussi dans un exemple extraordinaire, la réflexion est intéressante. Et rondement menée à la sauce Foenkinos, avec humour, fantaisie, sérieux, tendresse, mélancolie, cynisme aussi, petites remarques personnelles, grandes évidences et incohérences du monde sur lesquelles David Foenkinos sait mettre des mots percutants ou amusants, toujours efficaces et limpides... Et puis, à un moment, l'histoire prend une atmosphère de thriller... On retrouve les obsessions de l'auteur pour le patronyme Martin, pour les gardiens de musée etc.

Et il y a une morale dans l'histoire... En perdant ce que Daniel a gagné, Martin a gardé ce que Daniel a perdu : la vie normale, la liberté, l'anonymat et bien souvent, son propre nom, sa propre identité... 

Ce roman est en grande partie fictionnel. Martin et sa non vie émane de l'imagination de David Foenkinos. Mais il y a forcément eu un vrai numéro deux. Quelle a été sa vie ?

Un roman intelligent, qui se lit avec grand plaisir et une certaine addiction !

Et une bonne question : Pourquoi l'on entend toujours des vieux tubes de U2 à la radio, mais que l'on n'y entend plus jamais "The Cure" ?!

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 12 Mars 2022

Roman - Editions Audiolib - 4h45 d'écoute - 17.90 €

Parution Audiolib 2018 / Le Nouvel Attila 2017

L'histoire : C'est dans le ventre de sa mère que Maryam vit les première heure de la révolution Iranienne... Quelques années après, ses parents, communistes, lui apprennent l'indécence de la propriété privée en l'obligeant à donner tous ses jouets aux enfants nécessiteux du quartier. Puis c'est l'exil en France. Celui du père tout d'abord, puis de la mère et de la fille qui le rejoignent ensuite. C'est son histoire romancée que Maryam Madjidi raconte ici.

 

Tentation : Pourquoi pas, et les prix gagnés

Fournisseur : Bib de Rennes

 

Mon humble avis : Un très beau premier roman, récompensé à juste titre, et une auteure très prometteuse. Je viens de découvrir qu'elle a publié un deuxième titre l'année dernière, je vais tâcher de le lire.

Ce qui m'a le plus touchée dans cette audiolecture, c'est la plume souvent poétique de Maryam Madjidi, et l'interprétation qu'elle fait elle-même de son oeuvre. Une voix chaude, une lecture qui accentue étrangement certaines syllabes, c'est étonnant mais très agréable et pénétrant.

La romancière écrit son histoire comme un conte... persan... La Perse est reconnue pour ses contes, aussi, nombre de chapitres s'ouvrent sur "il était une fois". Elle s'exprime tantôt à la première personne du singulier, tantôt à la deuxième, tantôt à la troisième, mais toujours pour décrire son vécu... De l'intérieur... et vu de l'extérieur.

Ce texte est évidemment très foisonnant et aborde de nombreux sujets autour de l'exil. Le déracinement, le manque, l'humiliation, la nouveauté, l'intégration, l'inclusion, l'assimilation. Ce sont ces trois derniers thèmes qui m'ont le plus interpelée et bouleversée, traités principalement via les premiers temps de Maryam à l'école française. Nous devenons Maryam, enfant en pays inconnu qu'il faudra adopter... dans les deux sens.

Arrivée en France, Maryam sera d'abord mutique... Elle sombrera dans le silence, se refusant à parler le Français.... Puis elle tombera en amour pour cette langue et reniera alors sa langue maternelle en la rangeant dans un tiroir aux oubliettes, tiroir qu'elle réouvrira des années plus tard. Maryam se réconciliera avec ses racines, appréciera la richesse de la double identité, et même son pouvoir de séduction.

Le récit n'est pas linéaire. Il est fait d'anecdotes ou de souvenirs marquant ou forts symboliquement, de retour au pays une fois majeure et d'autres voyages encore. Après des études à la Sorbonne, Maryam Madjidi est aujourd'hui professeure de Français en langue étrangère et une romancière à découvrir vraiment et à suivre. Et je dirais aussi qu'elle est surtout une voix. Alors si vous pouvez découvrir ce titre en format audio, je pense que vous l'apprécierez d'autant plus.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 26 Février 2022

Roman , Bénie soit Sixtine, Maylis Adhémar, avis, chronique, intégrisme catholique, religion, secte, traditionalisme religieux

Roman - Editions Pocket - 314 pages - 7.60 €

Parution Pocket Sept 2021, Julliard août 2020

L'histoire : L'avenir est tracé pour Sixtine. De famille catholique traditionnaliste, étudiante en histoire de l'art, Sixtine rencontre Pierre Louis lors du mariage de son amie Marie Sophie. Quelques mois plus tard, elle est mariée à Pierre Louis qui remplit toutes les coches nécessaires... Très vite, elle est enceinte et très vite elle déchante... D'autant que l'intégrisme absolu va mener au drame et que dans ce milieu, Sixtine n'a à priori d'autres choix que de se taire et subir... Sauf si elle se réveille, et se révolte... Le début d'un long chemin vers... la liberté et la vraie vie, celle faite de plaisir et de diversité.

 

 

Tentation : La blogo lors de la sortie d'origine

Fournisseur : La boite à livre en bas de chez moi

Mon humble avis : J'ai lu ce roman comme un thriller...Avec la même urgence, le même stress la même envie de savoir, la crainte d'un nouveau drame... Bref, c'est une lecture sous tension. Et pourtant, ce roman est tout sauf un thriller... Il raconte juste quelques années de la vie de Sixtine, une jeune femme sans histoire, convaincue d'être dans le vrai et le bon... Sauf qu'elle a grandi et qu'elle vit dans une famille catholique traditionnaliste et qu'elle se marie avec un jeune homme intégriste...  Et dans ce milieu, la femme ne vit qu'à travers son mari, n'est bonne qu'à pouliner (oui, il faut mettre au monde un maximum de croisés pour sauver la France et l'Eglise, mettre au monde l'élite de demain... A savoir tout de même, pour celles et ceux pour qui ces mondes seraient inconnus, que les communautés religieuses auxquelles appartiennent Sixtine, Pierre Louis et leur famille ne sont pas reconnues par l'Eglise Catholique et le Vatican. Elles ne reconnaissent pas l'autorité du Pape.

Je suis moi-même issue de famille catholique pratiquante, et une branche de ma famille est assez proche du traditionalisme. Je ne pensais pas découvrir grand-chose dans les comportements de gens dans ce roman, ni être atterrée à ce point... Pour info, je suis devenue athée, ou agnostisque, peu importe... Et dans ma famille, ma position est encore assez peu acceptée/comprise.

C'est une vie en vase clos qui est menée par ces familles, depuis l'école, les vacances, les fréquentations, les médias utilisés et acceptés etc... D'où il résulte une ignorance totale du mode de vie de la grande majorité des français, ce qui n'empêche pas un énorme mépris agrémenté de préjugés.

Le plus choquant je dirais, c'est que temps que nous évoluons avec Sixtine dans sa famille et sa belle-famille, on ne ressent aucun amour. Celui-ci est absent, même dans l'intimité du couple. Tout n'est que haine envers la différence, sentiment de supériorité, fierté, carcan, hypocrisie, représentation,  prière, pêché, pénitence et confession... Et surtout obéissance... Aucune humanité, aucun amour ni même dans leur religion... Aimer vous les uns les autres... Chez eux c'est plutôt dominez-vous les uns les autres...

Quelque part, malgré ses convictions profondes, Sixtine n'a pas choisi puisqu'elle n'a connu que ça et il lui faudra plusieurs années pour se sortir de tout cela et découvrir la vérité, avant de choisir la sienne. Se sortir de cet endoctrinement psychologique et religieux et être heureuse, sans avoir l'impression de vivre sans cesse dans le pêché. Accepter qu'elle puisse aider une réfugiée kurde et son enfant, même s'ils ne sont pas catholiques, sans aller contre le respect de la France.

Suite au drame... Sixtine va s'enfuir avec son fils... Et nous allons suivre pas à pas son chemin vers la vraie lumière, celle de la vie, qu'elle va parcourir avec des gens qui sont à l'opposé de ce que Sixtine a toujours connus, des gens chaleureux, qui, s'ils s'étonnent, ne jugent pas. Et elle découvrira un secret de famille bien enfoui, qui lui fera l'effet d'un tremblement de terre, qui achèvera à lui faire réaliser que toute sa vie et ses croyances étaient bâties sur un énorme mensonge. Elle va lutter entre son éducation et ses sentiments propres, qu'elle découvre, en vivant dans le monde.

Un livre à lire évidemment... En France et dans les médias, on n'évoque que l'intégrisme musulman, parce qu'il est international, dangereux dans ses actes, qu'il vient d'ailleurs et que donc... il nous dérange car ne correspond pas à notre sacro-sainte identité française. Mais l'intégrisme catholique est pour moi tout aussi dangereux, car une poignée de personnes se permet de parler et d'agir en mon nom, de vouloir me représenter, me sauver.... Moi, je ne veux pas être sauver par des gens qui n'ont que haine et mépris pour tout ce qui n'est pas eux... D'ailleurs, ce n'est pas la France qu'il faut sauver, mais le monde et la planète. Et tant qu'il y aura des intégristes comme cela (qu'ils soient "catho" ou islamistes) nous irons à notre perte. Tant qu'il ne pourra y avoir de vivre ensemble rien ne pourra fonctionner, d'autant que le nombre de territoires se restreindra de plus en plus avec le réchauffement climatique.

Maylis Adhémar est issue d'une famille tradi, dont elle a su s'extraire. Inutile de dire qu'elle connaît parfaitement son sujet, et qu'elle mène son récit d'une main de maître !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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