LE BUTOR ETOILE, de Sigolène VINSON

Publié le 3 Février 2026

Roman - Editions Le Tripode - 192 pages - 19 €

Parution en avril 2025.

Mon pitch : Quelque part vers l'étang de Berre... Ils sont 3 naturalistes à trianguler une zone précise et à attendre... le chant d'amour du Butor Etoilé. Car si cet oiseau rare est discret est revenue sur ses terres, cela voudrait dire que le monde tourne encore rond.

Mais la narratrice cherche aussi et surtout Dedou, une adolescente du village, mystérieusement disparue depuis plusieurs semaines, puis mois... Alors qu'aux alentours, la présence du loup semble avérée...

Dans chaque coin de nature la narratrice cherche Dedou, pendant que la gendarmerie mène l'enquête. Et elle écrit de longue lettre à Marc, mais c'est un autre homme qui les lit.

 

Tentation : Le billet de Manou

Fournisseur : Kdo de Noël

Mon humble avis : Ce roman, repéré chez Manou, il me le fallait. Parce que, ornithophile que je suis, je rêve aussi de voir le Butor étoilé... Une rencontre graal et rare, qui nécessite une patience infinie et un peu de chance, tant il se fait discret dans les roselières.

Il y a 15, je n'aurais peut-être pas achevé cette lecture tant elle est... "space". Mais là, les mots et les images convoquées dans ces pages m'ont parlé, m'ont rappelé.

La 2ème page du livre ne comporte qu'une phrase... "Rien ne presse". Cela donne le ton, et le style poétique, onirique, vaporeux et très métaphorique. L'homme et la nature se même, l'homme devient loup ou couleuvre, ou peut-être renard... L'arbre parle, et la narratrice parle aux oiseaux, aux plantes, au renard qu'elle croise.

Le butor étoilé est un roman qui invite à la rêvasserie, à la divagation, à l'errance, à la recherche, à l'émerveillement. A ouvrir les yeux et les oreilles, pour déceler tout ce qui se cache partout, tout ce qui se murmure partout. Cette histoire dit aussi la difficulté de la solitude, de la communication, notamment quand on s'exprime, quand on ressent, quand on rêve différemment. Le butor étoilé est comme le récit d'un songe où l'animal, le végétal, le minéral, le liquide, l'humain, se mêle pour ne former qu'un. Qu'un qu'ils forment bien quand on y pense, sous le mot "Ecosystème"

Il y a le mystère de la disparition de Dedou et du butor étoile, de ces lettres qui sont lues par un autre, du loup qui peut-être rode dans les parages, et d'un chasseur qui avoue haut et fort qu'il tire sur tout ce qui bouge, et même ce qui ne bouge pas, vu qu'il n'y voit plus très bien... Ces passages là sont aussi cocasses que graves dans le sens.

Et surtout, il est question des drames de la vie de chacun, qui ne se ressemblent pas, qui ne se mesurent pas, qui ne se comparent pas, mais qui marquent et changent une vie à jamais, même si aux yeux de certains, ils peuvent paraître dérisoires. Et ceci est magnifiquement mis en mots par Sigolène Vinson. 

Le jour où je verrais enfin le Butor étoilé, je penserai à cette lecture naturaliste étrange, puissante et hors normes qui commence par "rien ne presse"... Qu'on se le dise...

PS : Je trouve juste dommage qu'en couverture, il ne s'agisse pas d'un Butor étoilé, qui a le cou bien plus massif que ce héron.

une 3ème participation au

 Challenge Gravillons de l'hiver

 

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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P
J'ai lu de cette autrice Le caillou. Je retenterai bien avec cet ouvrage.
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F
Ah oui, clairement, si j'étais tombée dessus, je te l'aurais signalé tout aussitôt.^^
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V
Pas sûre que ça me convienne mais je comprends que tu aies aimé :)
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A
Tu me donnes bien envie de le tenter ... Je n'y connais rien en oiseaux, mais le "Rien ne presse", ça me parle ...
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M
Tu as su entrer dans l'ambiance particulière de ce roman. Il faut prendre son temps pour entrer dans la poésie du texte et l'apprécier. J'étais certaine qu'il te plairait...Pour la couverture, en effet le butor étoilé apparait sur la 4ème de couv en dessous du résumé, je ne comprends pas pourquoi ce n'est pas lui qui a été mis en première page...Je vais ajouter le lien vers ta chronique à la mienne. Contente de t'avoir donné envie...
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P
Même si j'aime les oiseaux, je ne suis pas sûr d'apprécier ce livre.
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J
J'ai sans doute tort mais je crains aussi le côté space et onirique
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L
bien sûr qu'il te fallait ce livre ! <br /> PS, à propos d'oiseaux : je reviens de Paris et j'ai eu la surprise de voir une colonie d'oiseaux vert vif dans les arbres par la fenêtre de chez ma fille en plein Paris. Ils se sont échappés d'un conteneur en partance pour un Zoo et se sont plus à Paris, je crois qu'ils deviennent une nuisance , mais ils sont très beaux.
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K
Je suis allée voir et écouter son chant, il est dit qu'il en reste 400 en France.
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I
Je te rejoins, je ne comprends pas ce choix de couverture (je suis allée sur internet voir à quoi ressemble ce fameux butor..).Le thème me tente, mais je passe néanmoins, je redoute ce côté "space" que tu évoques, et que j'avais soupçonné en écoutant l'auteure parler de ce titre..
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