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Publié le 11 Février 2026

Roman - Editions Albin Michel - 186 pages - 19.90 €

Parution le 26 mars 2025

Mon pitch : En février 1794, Joseph Herbelin, 19 ans, fervent révolutionnaire, est nommé gardien de la Tour Temple pour un an et demi... Dont les deux derniers prisonniers sont les deux enfants survivants de Louis XVI : Louis-Charles et Marie-Thérèse...

Ses convictions vont être tellement ébranlées que sa vie en sera marqué à jamais. Dès décembre 1795, ayant fuit la Tour du temple, il écrit à sa tante Céleste et lui raconte ce que fut sa vie et celles des occupants dans cette maudite tour.

Un demi siècle plus tard, ces lettres parviennent à la fille de Joseph... Et elles forment ce roman.

 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : J'avais adoré Le Bal des folles, émis de grosses réserves sur "Un miracle", et me voici de nouveau on ne peut plus conquise par L'orpheline du temple, dernier titre de Victoria Mas.

C'est un roman que j'ai lu avec passion, vif intérêt et surtout grand plaisir... Et même si l'histoire est déjà écrite, j'avoue qu'une certaine tension s'est emparée de moi quant à l'avenir des protagonistes, qu'ils soient royaux ou non.

Victoria Mas m'a emmenée dans une période que j'explore très peu en littérature, et dont mes connaissances scolaires se sont émoussées depuis bien longtemps... Nous voici en pleine période révolutionnaire, la Terreur etc... Louis XVI et Marie-Antoinette ont déjà été décapités.  Trois membres de la famille royale survivent encore, pour peu de temps pour certains, et sont maintenus prisonnier dans la Tour du Temple (qui se trouvait alors à l'emplacement actuel de l'Hôtel de ville de Paris) : Elisabeth de France et ses neveux Louis-Charles et Marie-Thérèse, fils et fille du roi défunt.

La plume de Victoria Mas sert à merveille cet échange épistolaire unilatéral qui devient à un témoignage d'une une époque révolue. Un aspect suranné, mais très soigné et toujours très fluide, voilà aussi pourquoi ce cette histoire est si agréable à lire. L'autrice mêle avec un talent aussi inouï que judicieux les vérités et contextes historiques, les légendes (celle de la Comtesse des Ténèbres), avec l'imagination créative du personnage de Joseph, ce qui donne un roman très vivant.  Voilà pourquoi j'ai tant aimé ce livre qui m'a permis de me remémorer et de me réapproprier l'Histoire de mon pays, dans l'un de ses moments charnières, et d'y voir aussi l'aspect plus sombre.

Car oui, j'ai été extrêmement choquée des conditions de détentions de Marie-Thérèse et de son petit frère, dans un pays qui étaient déjà celui des droits de l'homme et des citoyens rédigés en 1789. Certes, il faut replacer cela dans une époque sans confort moderne du tout mais mine de rien, quels humains peuvent infliger cela à des enfants, quel que soit leur sang ?!... A travers ses pages, Victoria Mas rappelle que les révolutions se font toujours dans la violence et la cruauté et que les injustices qu'elles dénoncent en provoquent bien d'autres dans le feu de la colère et de l'aveuglement. Bref, l'Homme n'apprend rien de son Histoire, sa cruauté est là, même si ses manifestations évoluent dans la forme...

Joseph, 19 ans, révolutionnaire convaincu, voit ses convictions ébranlées alors qu'il côtoie quotidiennement la Princesse, appelée aussi Madame Royale. Et c'est sous son charme qu'il tombera en silence, et toute sa vie durant, Madame Royale occupera toutes  ses pensées. Cet aspect-là qui apporte une véritable dimension romanesque à ce livre.

Un roman passionnant, dense de multiples sujets, qui invite aussi à la réflexion face à l'arbitralité non exhaustive de l'instruction qui forme nos convictions, avant que le temps nous apporte la distance et la maturité nécessaire à la reconsidération de certains faits.

Evidemment, en fermant ces pages, j'ai ouvert mon ordi pour quelques recherches, pour démêler la vérité historique de l'imagination littéraire et en savoir un peu plus... Et quand je fais cela, c'est que j'ai été passionnée par ma lecture, que j'ai appris, envie d'apprendre plus encore. Bref, qu'au delà du plaisir, une lecture m'a apporté beaucoup.

 

5ème participation au Challenge

Gravillons d'hiver

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 3 Février 2026

Roman - Editions Le Tripode - 192 pages - 19 €

Parution en avril 2025.

Mon pitch : Quelque part vers l'étang de Berre... Ils sont 3 naturalistes à trianguler une zone précise et à attendre... le chant d'amour du Butor Etoilé. Car si cet oiseau rare est discret est revenue sur ses terres, cela voudrait dire que le monde tourne encore rond.

Mais la narratrice cherche aussi et surtout Dedou, une adolescente du village, mystérieusement disparue depuis plusieurs semaines, puis mois... Alors qu'aux alentours, la présence du loup semble avérée...

Dans chaque coin de nature la narratrice cherche Dedou, pendant que la gendarmerie mène l'enquête. Et elle écrit de longue lettre à Marc, mais c'est un autre homme qui les lit.

 

Tentation : Le billet de Manou

Fournisseur : Kdo de Noël

Mon humble avis : Ce roman, repéré chez Manou, il me le fallait. Parce que, ornithophile que je suis, je rêve aussi de voir le Butor étoilé... Une rencontre graal et rare, qui nécessite une patience infinie et un peu de chance, tant il se fait discret dans les roselières.

Il y a 15, je n'aurais peut-être pas achevé cette lecture tant elle est... "space". Mais là, les mots et les images convoquées dans ces pages m'ont parlé, m'ont rappelé.

La 2ème page du livre ne comporte qu'une phrase... "Rien ne presse". Cela donne le ton, et le style poétique, onirique, vaporeux et très métaphorique. L'homme et la nature se même, l'homme devient loup ou couleuvre, ou peut-être renard... L'arbre parle, et la narratrice parle aux oiseaux, aux plantes, au renard qu'elle croise.

Le butor étoilé est un roman qui invite à la rêvasserie, à la divagation, à l'errance, à la recherche, à l'émerveillement. A ouvrir les yeux et les oreilles, pour déceler tout ce qui se cache partout, tout ce qui se murmure partout. Cette histoire dit aussi la difficulté de la solitude, de la communication, notamment quand on s'exprime, quand on ressent, quand on rêve différemment. Le butor étoilé est comme le récit d'un songe où l'animal, le végétal, le minéral, le liquide, l'humain, se mêle pour ne former qu'un. Qu'un qu'ils forment bien quand on y pense, sous le mot "Ecosystème"

Il y a le mystère de la disparition de Dedou et du butor étoile, de ces lettres qui sont lues par un autre, du loup qui peut-être rode dans les parages, et d'un chasseur qui avoue haut et fort qu'il tire sur tout ce qui bouge, et même ce qui ne bouge pas, vu qu'il n'y voit plus très bien... Ces passages là sont aussi cocasses que graves dans le sens.

Et surtout, il est question des drames de la vie de chacun, qui ne se ressemblent pas, qui ne se mesurent pas, qui ne se comparent pas, mais qui marquent et changent une vie à jamais, même si aux yeux de certains, ils peuvent paraître dérisoires. Et ceci est magnifiquement mis en mots par Sigolène Vinson. 

Le jour où je verrais enfin le Butor étoilé, je penserai à cette lecture naturaliste étrange, puissante et hors normes qui commence par "rien ne presse"... Qu'on se le dise...

PS : Je trouve juste dommage qu'en couverture, il ne s'agisse pas d'un Butor étoilé, qui a le cou bien plus massif que ce héron.

une 3ème participation au

 Challenge Gravillons de l'hiver

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 24 Janvier 2026

Roman - Editions Actes Sud - 288 pages - 22 €

Parution le 20 août 2025 pour la Rentrée littéraire

Mon pitch : Zem Sparak, ancien flic déclassé de la zone 3, s'occupe désormais de la sécurité de Barzok, éminence politique de Magnapole. Lors de la célébration des Grands Travaux, un container est découvert... A l'intérieur, 5 cadavre assis côte à côte, témoignant d'atroces souffrances. L'inspectrice Salia Malberg est déjà sur les lieux...Sous les ordres de Barzok, Salia et Zem se retrouvent contraints d'élucider cette affaire, et donc de refaire équipe à deux.

Tentation : Mon enthousiasme pour Chien 51

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

 

 

 

Mon humble avis : Trois ans après la parution de Chien 51, Laurent Gaudé nous offre une suite, qui pourrait bien en avoir une elle aussi !

Nous retrouvons donc les deux héros de Gaudé, Zem et Salia, qui sont désormais devenus célèbres au-delà de la sphère littéraire via le film éponyme de Cédric Jimenez qui fut diffusé dans toutes les bonnes salles de ciné en octobre, avec en têtes d'affiches Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos, ce qui fait que j'ai lu Zem avec ces deux visages célèbres dans la tête.

Même si Chien 51 et Zem peuvent se lire en one shot, le deuxième rappelant les faits principaux du 1er, je trouve très dommage de lire Zem en faisant l'impasse de Chien 51, qui permet vraiment de s'immerger dans l'univers ultra urbain crée par Gaudé de Magnapole, de comprendre son fonctionnement, de connaître l'histoire des deux personnages principaux, ce qui leur donne une sacrée épaisseur... Et envie de les retrouver une 3ème fois... tant on s'y attache. Tous deux traînent toujours un état dépressif et un désespoir profonds et ne rêve que d'une chose : partir.

Roman (très) sombre, anticipation, espionnage, littérature générale, thriller, Zem peut vraiment porter plusieurs casquettes et se lit comme tous ces genres littéraires. Et Gaudé nous ferre une fois de plus dans ce futur pas si loin (voire même de plus en plus près), des nations qui sont à vendre, de l'IA, des dômes qui protègent les quartiers riches des pluies acides etc...

Dans ce tome ci, l'événement est l'arrivée tant attendue au port d'une cargaison : un glacier, qui promet de d'eau minérale naturelle, qui se vendra donc à prix d'or, ou sous le manteau. Pire on n'hésitera pas à tuer... Des gens disparaissent et il est aussi question de la découverte d'une nouvelle énergie fossile, quelque part... Il est question de ce que l'on croit, de ce que l'on veut croire (par confort), de ce que l'on nous fait croire, de ce que l'on nous cache.... Gaudé nous dit qu'il y a un ailleurs et un autrement possible, qui passe par une réelle résistance de tous les acteurs en place. Et l'on comprend avec effroi, en fin de roman, que mise à part les gadgets et autres, Gaudé ne nous emmène pas tant que ça dans le futur... Que Magnapole existe déjà mais à l'échelle du monde, qu'il y a 3 zones depuis longtemps (dont celui que l'on nommait le tier monde), et que les puissants exploitent les plus faibles pour assouvir leur appétit consumériste quoiqu'il en coûte.

Avec un rythme nerveux et efficace, Gaudé nous emmène de nouveau avec un talent indubitable dans la noirceur de l'humanité face aux aléas qu'ils soient climatiques, énergétiques ou politiques, dans un thriller où les cadavres s'accumulent, et qui traitent de nombreuses problématiques déjà très actuelles. L'intrigue est dense, elle se dévore, et malgré sa noirceur, se ferme sur une belle ouverture...  Un roman qui sous des aspects dystopiques, nous parle de nos sociétés contemporaines.

Deux livres donc à lire sans plus tarder... Et regarder le film après si vous ne l'avez pas encore vu. Car dans le film, il ne reste plus grand chose du roman d'origine.

4ème participation au challenge d'Alexandra. J'en étais à 10 points.

Avec ce rapport + le fait que je coche la case "dépressif", me voilà à 12 points.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 12 Décembre 2025

Roman - Editions Audiolib - 2h09 d'écoute - 18 €

Parution d'origine au Seuil en 1988, audiolib 2016

Mon pitch : Une biographie qui, à travers le prisme des souvenirs d'enfance, devient une fiction (très auto)... Quand "Patoche" se souvient d'une maison d'un étage, à la façade couverte de lierre, où ne vivaient que des femmes aux fréquentations interlopes... Là où, avec son petit frère, il a grandi quelque temps alors que sa comédienne de mère était partie en tournée, et que son père vaquait à ses occupations en Amérique du Sud ou à Brazzaville. 

Tentation : Pour voir !

Fournisseur : Ma PAL audio (Bibs de Rennes)

 

 

Mon humble avis : C'est avec cet ouvrage que je pénètre pour la première fois dans l'univers de Patrick Modiano, prix Nobel de littérature en 2014.

Peut-être n'ai-je pas lu ce court roman dans les meilleures conditions pour l'apprécier à sa potentielle juste valeur, puisque ce fut pour moi une audiolecture en voiture...

Quoiqu'il en soit, je rédige ce billet quelques semaines après cette lecture et ... et bien pas grand-chose. Je me souviens de vagues souvenirs d'enfance, d'absence de parents, de l'ambiance d'une époque révolue, de personnages tellement multiples mais ne dépassant que rarement l'état d'esquisse améliorée que j'ai peiné à les situer, à les imaginer, à les suivre.  Bref, cette tranche de vie, ancrée dans l'enfance de l'auteur, ne m'a pas émue ni passionnée plus que cela. Tout m'a semblé très opaque, notamment dans l'aspect interlope des occupations des personnages adultes. Il me reste si peu de cette remise de peine, de cette atmosphère de nostalgie poussiéreuse. Mais je reconnais que l'écriture et le choix des mots m'ont plu sur le moment.

Me voilà donc à court d'arguments pour m'étendre sur cette lecture... Aussi, si vous avez adoré un titre de Modiano, merci de me le conseiller en commentaire, histoire que je puisse entrevoir la raison d'une telle réputation.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 6 Décembre 2025

Roman - Editions Audiolib - 8h18 d'écoute - 21.45 €

Parution Audiolib et Stock en 2019

Mon pitch : Iouri s'est exilé aux USA. Un jour il reçoit un message : son père est mourant... Il s'envole donc pour sa patrie d'origine, Mourmansk en Sibérie.... Au chevet de ce père terrible, qui n'a jamais su communiquer avec lui et qu'il a toujours craint, Iouri reçoit une mission : retrouver ce qu'il est advenu à Klara, la grand-mère qu'il n'a jamais connu et qui, par une nuit des années 50, fut emmenée de force par des hommes en noir... Sans jamais revenir, et marquer à jamais la destinée de sa famille, Rubin son fils, Iouri son petit fils. 

Une quête commence pour Iouri, pour ne pas oublier Klara.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : PAL audio (Bib de Dinard)

Mon humble avis : Y'a pas à dire, la célèbre navigatrice est une sacrée romancière, qui sait construire une histoire, et qui la sert d'une plume fort admirable et agréable.

Lire Oublier Klara, c'est replonger dans les années du stalinisme politique, du communisme implacable, d'une époque où la vie dépendait d'une simple délation ou de suspicion de traîtrise envers l'Etat. C'est donc le collectivisme, la pauvreté, les murmures, l'embrigadement etc... Nul doute qu'Isabelle Autissier s'est énormément documentée pour reproduire en mots les sensations, les odeurs, le froid, les tristes couleurs, la peur, l'alcool, l'isolement, l'effroi d'alors. Elle décrit avec un réalisme glaçant l'atmosphère et l'âme russe des années cinquante. En fait, ce livre est très visuel, on voit les images nettes dans notre cerveau, on a presque l'impression d'y être tant tout est parfaitement décrit.

L'enquête de Iouri sera surtout administrative, les survivants de l'époque étant rares. Elle sera guidée par le récit des souvenirs du père. Elle nous sera rapportée en alternance : des chapitres sur Klara, des chapitres sur Rubin, des chapitres sur Iouri... Avec les enfances et les jeunesses de ces deux derniers particulièrement bien développées... et là, j'ai eu ma petite pochette surprise : Iouri enfant est passionné d'oiseaux, et adulte, il est ornithologue professionnel. Je me suis donc régalée des quelques pages traitant de cette passion. Par contre, d'autres pages m'ont un peu perdue, longuettes pour moi : celles qui évoquent la vie de marin de Rubin, et de la tentative de Iouri à survivre sur un chalutier... Peut-être que le format audio n'aide pas, car pour ces passages là, l'interprète n'hésite pas à crier pour rendre compte des dialogues au milieu de l'enfer des mers. Mais ces détails maritimes de l'histoire permettent de bien cerner les personnages, la violence qu'ils subissent ou assènent, leur caractère, leur difficulté à se comprendre et s'apprécier, voire se supporter... Bref, Isabelle Autissier maitrise très bien l'art de construire des personnages et de brosser leur portait avec finesse.

Et Iouri découvrira la délation, la lâcheté familiale, le goulag, la torture, le reniement... Klara, éminente scientifique, a -t-elle vraiment trahi son pays ? Quoiqu'il en soit, en disparaissant ainsi, elle est aussi très vite bannie des conversations et de la mémoire familiale..., ce qui impacte les générations suivantes.... Son arrestation jette l'opprobre sur sa famille, soupçonnée de ce fait d'être antirévolutionnaire. Gamin puis ado,  Rubin devra en quelque sorte se racheter pour être accepté des autres...

Vers la fin du roman, il est aussi question de la tribu indigènes des Nénettes et de l'oppression qu'elle subit.

Comme vous le voyez, ce roman est riche de nombre de sujets : le communisme, la mer, la filiation, la trahison, l'écologie, les conséquences de l'Histoire et du contexte sur la vie intime des personnages, les mensonges, et les silences destructeurs... Une immersion passionnante et bouleversante dans le pire de l'Union Soviétique. 

Oublier Klara est aussi un hommage saisissant et nécessaire à toutes les Klara du monde qui, dans des régimes totalitaires, disparaissent pour leurs compétences, leurs opinions, ce qu'elles ont entendu ou non, ce qu'elles ont dit ou tu... Oublier Klara, c'est lire pour ne pas oublier l'Histoire à travers celle puissante de cette famille démolie par le régime soviétique.

Et cette fin ouverte, je l'ai bien appréciée !

D'Isabelle Autissier, j'avais  aussi beaucoup aimé "seule la mer s'en souviendra"

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 4 Décembre 2025

Roman - Editions Albin Michel - 288 pages - 21.90 €

Parution le 20 août 2025 : Rentrée Littéraire

Mon pitch : Marie est née en 1912 dans une ferme de Corrèze... Elle est toute jeune lorsque son père part au front en 1914, et l'est toujours à son retour quatre ans plus tard. Mais le père n'est plus le même.... Est-ce que qui conditionnera toute sa vie, celle de sa mère, de ses enfants, de ses petits-enfants ? Marie ne quittera jamais cette ferme, quelques soient les décennies qui passent, les conflits, les joies, les malheurs...

Marie était la grand-mère de Franck Bouysse...

 

 

 

Tentation : Mon auteur chouchou

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Dans les romans que j'ai lus de Franck Bouysse, il était surtout question d'hommes, de duels ou de duo, avec des histoires comportant très peu de personnages...

Virage complet pour l'auteur avec "Entre toutes". Ce sont les femmes qui sont à l'honneur et au premier plan, les femmes de son arbre généalogique : sa grand-mère Marie et son arrière-grand-mère Anna.  

Ce sont des femmes de caractères à qui la vie n'a pas fait de cadeaux, mais comme beaucoup d'autres à ces époques-là. Ce sont des femmes qui, sans le demander, sans s'y attendre, sont devenues libres et responsables de leur destin et de celui de leurs proches à une époque où la femme tenait la cuisine quand l'homme gérait le reste. C'est avec courage qu'elles ont assumé cette liberté inconnue. Ce sont des femmes qui, quand elles s'effondrent, restent debout parce qu'ainsi va la vie, parce qu'il faut manger, parce que la ferme et les saisons n'attendent pas. Ce sont des femmes fatiguées par le labeur mais qui avancent... Comme le temps, comme les années, les décennies, le progrès matériel, le progrès scientifique, la nouvelle notion/injonction de productivité, même si certaines de ces choses se déroulent loin d'elles.

Dans cette fresque familiale, Franck Bouysse dresse magistralement le portrait de deux femmes extraordinaires dans une vie quotidienne et courante. On sent beaucoup de tendresse, d'amour et d'admirations de la part de Franck Bouysse envers ces deux personnes, dont l'une qu'il n'a pas connu.

Dans ce livre, il y a les horreurs des deux guerres, la dureté de la vie, et la grandeur et la force des personnages que sont les paysans. On retrouve évidement l'aspect terroir et l'attachement à la terre cher à l'auteur. Il y a de la noirceur par moment, mais aussi de la lumière, tout comme dans la plume de Franck Bouysse qui n'oublie pas la valeur des mots et l'enchantement de la poésie. Alors pourquoi pas un coup de coeur ? Parce qu'il m'a manqué un peu d'aspérités dans cette histoire qui par moment, me semblait un peu plate, un peu longue... Et pourtant, oui, je sais c'est l'histoire de la vie...

Quoiqu'il en soit, "Entre toutes" est un magnifique hommage à ses aïeules, et qui, en cours de lecture, incite à s'interroger sur la vie quotidienne, la jeunesse de nos propres ancêtres disparus, et que l'on a toujours connus "vieux". Et dont on sait finalement si peu de chose.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 28 Novembre 2025

Roman - Les éditions de Minuit - 217 pages - 20 €

Parution en 2023, existe en poche désormais

Mon pitch : Lors des funérailles de son grand-père, Simon apprend par la bouche d'un oncle par alliance une grande absence en ce jour de deuil. En effet, à la fin de la guerre, d'une liaison avec une allemande, Malsuci a eu un fils... Dont il n'a jamais été question dans le cercle familial. Ce dénommé M devient une obsession pour Simon qui cherche dans ces racines ce que son propre couple en dérive ne peut plus lui offrir.

Tentation : Pour mon club de lecture

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Et oui, encore une histoire de secret de famille... Et pourtant, ce roman ne date pas de cette rentrée littéraire 2025. Celle-ci porte sur l'un des 400 000 enfants nés durant la seconde guerre mondiale de liaisons éphémères mais non moins passionnelle entre Allemand et Français... Donc par la suite, élevé par la mère seule, le père soldat ayant rejoint sa patrie et fondé une nouvelle famille après l'Armistice. 

J'ai apprécié que l'auteur se penche sur le sort de ces enfants, qui bien plus tard, quand les langues se sont déliées, furent parfois recherchés par des membres de leur famille inconnue. Il est aussi question de leurs mères, qui forcément, furent sujettes à l'opprobre générale... Car évidemment, quand il y a "faute" hors mariage, la honte se pose toujours sur la femme qui en porte preuve et non sur l'homme qui repart la fleur au fusil...

Et pourtant, mon intérêt en cours de lecture fut très fluctuant...Jaillissant dans les premières pages, souterrain pendant un bon moment, puis résurgent sur quelques passages et sur la toute fin qui m'a touchée. Mais j'ai comme eu l'impression que Sylvain Prudhomme n'avait pas assez de matière pour développer son sujet et que, pour aboutir à un volume raisonnable, il emplissait les pages de détails inutiles, qui pour moi ont empêché un approfondissement du thème et des réactions de l'entourage. D'autant que ces passages-là ont été très ennuyeux, sans intérêt (le kébab etc)

Le style narratif ne m'a pas convenu non plus... Du genre qui, pour se donner un style, empêche une lecture fluide... Les dialogues qui ne sont pas séparés de la phrase précédente, les à la lignes subits etc font qu'à plusieurs reprises, j'ai dû relire certaines phrases pour être sûre de qui en était l'auteur. D'autant que la longueur de certaines sentences n'aide ni à leur compréhension, ni à la libre circulation des émotions. A trop parler de lui, le narrateur nous éloigne du sujet qui nous a emporté, nous emmène plutôt dans la confusion sur la raison réelle de ce silence décennale, et du coup, nous égare avant de nous reconquérir dans les dernières pages... toute en nous laissant sur une sorte de faim... Pour moi, c'est un roman qui ne partage pas assez avec ses lecteurs.

C'est dommage, car avec un tel secret, avec une telle famille qui entoure l'arrière-grand-mère de presque cent ans, il y aurait eu de quoi faire une très chouette roman, et une histoire bouleversante. Alors qu'au final, j'ai eu plus l'impression d'un auteur qui se regarde écrire une sans peut-être autofiction. Après, n'étant pas écrivaine, je ne sais pas comment j'aurais développé cette histoire de silence...  Néanmoins, il y a deux phrases dont j'aurais aimé être l'autrice, ou qui m'ont beaucoup parlé : 

"Je voudrais vivre dans un monde où les choses puissent se dire en face, la vérité s'affronter. Où chacun de nous soit assez libre et fort pour accueillir la liberté des êtres qui l'entourent"

"J'ai pensé que comme M, je faisais partie des êtres qui ont un problème avec le monde, n'arrivaient pas à s'en contenter tel quel, devaient pour se le rendre habitable le triturer, le rêver autre."

Il y a 5 ans, j'avais lu et chroniqué "Par les routes" de Sylvain Prudhomme. Et en relisant mon billet de l'époque, je retrouve les mêmes impressions que celles d'aujourd'hui. Je pense donc que Prudhomme est un auteur qui ne me convient pas, à l'univers et au style qui ne me touchent pas. Je ne renouvellerai donc pas.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 24 Novembre 2025

Roman - Editions Audiolib - 9h09 d'écoute - 22.99 €

Parution La Manufacture de livres et Audiolib 2019

Le pitch : Dans le secret du confessionnal, on confie au père Gabriel une mission. Récupérer à l'asile voisin, sous la jupe d'une femme dont il doit bénir le corps, de mystérieux cahiers. C'est ainsi que sortent de l'ombre les carnets de la jeune Rose, ceux dans lesquels elle a conté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de Dinard

 

 

Mon humble avis : C'est curieux, à certaines périodes, on collectionne les lectures fades et à d'autres, on cultive les coups de coeur...

Né d'aucune femme, voilà quelques années que j'en repousse la lecture tant les avis lus sur la blogo à l'époque de sa sortie étaient unanimes. Superbe mais horrible. Aussi, j'avoue je m'attendais à un roman intolérable... Certes, l'histoire et la destinée de Rose sont vraiment terribles, abominables même, mais j'ai déja lu pire ou similaire.

On trouve un peu de tous les styles romanesques dans ce roman... Il y a l'aspect conte (avec le méchant chatelain et la jeune bonniche), on est aussi dans un thriller tant la tension et le suspense sont intenses...Avec Franck Bouysse, on n'est jamais très loin du  terroir. Et on flirte parfois avec la philosophie et la spiritualité à travers les pensées de Rose.

L'introduction de l'histoire est originale et bien cherchée. Quant à la narration, elle est on ne peut plus maitrisée, tant dans le style aussi brillant que ciselé, que dans le rythme qui ne faiblit pas, sans cesse relancé par des rebondissements de plus en plus sombres.

Le sujet principal est la domination de la femme par l'homme, des pauvres par les riches etc. Le sort des jeunes femmes pauvres, le sort des femmes dont on attend un héritier, le sort des femmes qui ne répondent pas aux attentes.... En fait, Rose est issue d'une famille très pauvre... Et son père l'a vendue à un riche châtelain et à sa marâtre de mère, pensant bien faire tant pour Rose que pour assurer la survie de sa famille. Mais c'est en enfer qu'il envoie sa fille et plonge sa famille entière, hélas.

On imagine que l'histoire se déroule au XIXème siècle, pourtant, dans le fond, elle n'est en rien démodée. C'est la forme qui l'ancre dans son époque.

Franck Bouysse nous plonge dans ce que l'humain a de plus vil, de plus pervers, de plus violent, de plus abjecte et dans la culpabilité de toute une société au mépris des plus démunis de la part des bourgeois, médecins, religieux etc... Tout une domination qui est réelle et dont les médias nous en a révélé de nombreux exemples, pas si anciens que ça, en France, en Irlande, au Canada etc... 

On comprend bien vite comment le curé a récupéré les journaux de Rose. Puis au fil des pages, alternent les moments très durs et les passages poétiques, à travers les voix des différents personnages. Et tout cela donne un roman vraiment grandiose, beau, triste, sombre, dur mais qui se termine sur une lueur des plus inattendues. Impossible d'en dire beaucoup plus sous peine de spoiler.

Un roman incontournable, bouleversant, terrible. Un chef d'oeuvre et une héroïne, Rose, de celle qu'on n'oublie pas.

Cette lecture est incluse dans mon Challenge Lisez votre chouchou... Dont je suis une bien piètre organisatrice et animatrice (et je m'en excuse) ! D'ailleurs, je réalise que celui-ci est censé être clos... Bon, comme j'ai encore un roman de Franck Bouysse sous le coude, je prolonge donc ce challenge de quelques semaines et un bilan sera publié en décembre.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 12 Novembre 2025

Roman - Editions Points - 160 pages - 7.90 €

Parution Points en février 2025

Mon pitch : Lors d'un séjour à Dakar, Alain Mabanckou rencontre Alioune, apprenti romancier Sénégalais de 18 ans. Après quelques échanges passionnés sur leurs lectures respectives, le jeune Alioune interroge Mabanckou et lui demande conseil : comment devenir romancier. L'auteur y répond par de longues lettres, clairvoyantes, tendres, avisées, bienveillantes et humbles.

Tentation : Conseil de l'auteur lui-même !

Fournisseur : Ma CB au salon du livre de Rennes 2025

 

 

 

Mon humble avis : Un titre qui fait référence à d'autres... Que je n'ai pas lu.

Récit, autofiction, essai ou roman ? Peu importe, ce livre vous cueille pour sa sagesse et ses bons mots... Cela ne m'était pas arrivé depuis une éternité, mais dès les premières pages j'ai ressorti mon crayon à papier pour inscrire des petites croix dans les marges à chaque fois qu'une phrase visait particulièrement juste et me touchait.

Il est clair qu'à travers ce texte, Alain Mabanckou revient sur sa carrière de conteur et d'écrivain depuis son plus jeune âge... Celui où à la maison, on ne parle pas Français mais où l'on écoute avec fascination les histoires de Maman. Et c'est aussi ici que l'auteur Congolais redéclare son amour pour la langue Française et la fraternité des sentiments partagés qui lie les lecteurs, quelques soient leur nation, leur couleur de peau, leur langue d'origine... Car Mabanckou revient sur son apprentissage de la langue Française d'une façon qui m'a bien émue et porté à la réflexion sur l'apprentissage d'une langue étrangère :

"Nous apprenions ainsi à parler français en même temps que nous lisions - nous étions, nous autres des quartiers populaires, un peu en retard, les enfants des familles aisées s'exprimaient en français à la maison (...) Nous nous moquerions d'eux plus tard puisqu'ils avaient des tics du français oral, ils disaient qu'ils allaient "au boulanger " et "au coiffeur", des fautes que nous ne commettions pas parce que nous découvrions la langue directement dans sa version écrite. (...) Pour nous exprimer en français, nous jouions un rôle, nous étions de ce fait des "personnages" au sens étymologique (...) S'exprimer en langue française était par conséquent porter un costume cravate en pleine canicule à la place d'un ample boubou au pagne multicolore. (...) On nous présentait subséquemment la langue française dans son utilité sociale : elle était un escalier, un ascenseur"...

C'est avec sagesse et beaucoup d'humanité qu'Alain Macbankou rédige ces lettres à destination du jeune Alioune. Il y est question de son rapport à l'écriture, à la langue et aux mots, et de sa façon de voir le monde qu'il transmet ainsi.

Au fil des lettres, il est ainsi question du pouvoir la langue, du don de raconter, du désir d'écrire, de la publication, du succès, de la page blanche, de la relation "auteur-lecteur", du fameux roman emblématique, de la postérité etc.

Bien évidemment, vous vous doutez qu'Alain Mabanckou ne donne pas ici de recette magique pour devenir un romancier (à succès qui plus est) puisque celle-ci n'existe pas. Mais il retrace son parcours depuis un quartier populaire de Brazzaville jusqu'à son poste d'enseignant à Los Angeles, en passant évidemment par ses parutions, celles obtenue dans la sueur de l'obstination, celles réalisées grâce à une rencontre providentielle, celles qui sont restées confidentielles, celles qui ont fait son succès et sa réputation. Le tout avec humilité et modestie, et une dose d'humour !

J'ai adoré cette lecture, me suis sentis très très bien dans ces pages.

"J'allais plus tard, pendant mon adolescence, que la langue française, comparée à nos multiples langues congolaises, était une langue portée sur l'abstraction, que l'on pouvait beaucoup parler sans rien dire et paraître néanmoins intelligent."

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 8 Novembre 2025

Roman - Editions Ecoutez Lire - 7h36 d'écoute - 15.99 €

Parution Gallimard en 2018

Mon pitch : Et moi je vis toujours est l'histoire de l'Histoire, la Grande. Elle est le sujet de ce roman, depuis l'époque des chasseurs cueilleurs jusqu'aux dernières guerres mondiales. Elle en a vu défiler des époques, des gens, des grands qui font le monde, d'autres qui le pensent...  Mais comme la science a démontré que l'Histoire avait un début, elle aura forcément une fin.

 

Tentation : Curiosité

Fournisseur : Ma PAL audio

 

Mon humble avis : Récemment, ma Médiathèque a fait ses cartons de déménagement. J'y ai participé et en empaquetant les livres "côtés" "O", je suis tombée sur Et moi je vis toujours. Cela m'a rappelé que ce titre dormait dans ma PAL audio depuis quelques années, voici donc l'occasion de l'en sortir.

Quelle belle, originale et facétieuse idée de Jean d'Ormesson de faire de l'Histoire le sujet actif de ce roman, à travers moult personnages ! Certes, c'est une lecture loin d'être aisée, j'ai parfois lâché le fil, d'autant que tout n'y est pas chronologique et que l'on passe parfois du coq à l'âne... Comme l'Histoire. Par moment, j'avais aussi l'impression d'être au milieu d'une litanie sans fin... Comme l'Histoire.  Le tout, doublé d'un sentiment de vertige. Oui, ce roman est vertigineux, comme l'est l'Histoire de l'Humanité. En perpétuel mouvement, d'un continent à l'autre, d'une époque à l'autre, d'un régime à l'autre, d'une révolution à l'autre, d'une découverte à l'autre, d'un couronnement à l'autre, d'un échec à l'autre, d'une victoire à l'autre, d'une découverte, d'un progrès à un retour en arrière, à une destruction, à une reconstruction. C'est simple dans ce texte on côtoie aussi bien Alexandre le Grand que Napoléon, Platon que Molière, Copernic que Darwin, j'en passe et des meilleurs, la liste est longue comme ce livre ! On découvre le feu, on traverse les civilisations primaires, puis la Grèce, la Rome, l'Egypte de l'antiquité. L'Europe du Moyen Age, celle de la guerre des tranchées... Il y a des horreurs, il y a des grandeurs... En passant par l'invention de l'imprimerie... qui permettra la transmission du savoir et... les livres...

L'Histoire est la somme de mille et unes décisions personnelles et de choix collectifs. Chacun de nous participe à l'Histoire bien souvent sans s'en rendre compte. Mais l'Histoire nous forge aussi. Elle nous fait autant qu'on la fait. Au cours des siècles, les individus veulent la paix mais les peuples font la guerre. Il y a des Histoires locales et d'autres qui sont universelles. L'Histoire où rien n'est immuable mais où tout se répète. L'histoire où tout passe, tout s'écroule, tout recommence : les empires, les gloires, les amitiés, les amours. C'est comme ça qu'elle fonctionne l'Histoire, jamais là où on l'attend, jamais quand on l'attend... Elle est le juif errant qui nous survivra tous... Mais, un jour, elle s'arrêtera, puisqu'elle a commencé. Comme nous sommes nés pour mourir, l'Histoire va vers une fin. Et elle en aura vu passer ! Mais pour l'instant, elle vit toujours.

Alors oui, cette lecture est très exigeante car foisonnante et riche... Et peut-être faut-il l'appréhender par petites doses. Je ne sais pas si je serai venue à bout d'une version papier rapidement. Ce n'est pas toujours plaisant, il y a des longueurs mais c'est toujours ahurissant, fascinant et passionnant. C'est vertigineux, suffocant et sublime à la fois... Tout ce qui nous a précédé est globalement cité ici... Et au fil de la lecture, on se dit "Waou"... Effectivement, l'Histoire ne s'arrête jamais, même si parfois semble prendre quelque repos pour ressurgir plus loin, plus tard, quand on ne l'attend pas.

On ne peut qu'être admiratifs devant tant d'érudition, ce concentré de savoir qu'était Jean d'Ormesson. Et que dire de sa maîtrise de la langue française ! On dirait qu'il joue avec elle sans la gâcher en rien bien au contraire, en la sublimant. On n'est pas forcément surpris de tout cela car on connaît le personnage. En écoutant ce texte, on revoit les yeux bleus de Jean d'Ormesson, on se souvient de sa gestuelle, et de la fascination qu'il exerçait sur nous à chaque passage télévisé. Et on regrette une chose : que JDO ne soit plus là pour nous raconter la grande Histoire, et toutes les autres, plus petites, plus anecdotiques, mais toujours savoureusement narrées.

Et c'est bien aussi, parfois, de se poser avec un livre qui permet de prendre conscience de tout ce qui nous a précédé et qui fait ce que nous sommes. Car nous sommes au coeur d'une véritable épopée, c'est ce que nous dit l'immortel JDO, qui aimait tant les livres, qui aimait tant les hommes.... au point de leur dédier ce roman !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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