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Publié le 16 Janvier 2021

Jean-Louis Fournier, satané dieu, livre, avis, chronique, critique

Roman - Editions Stock - 151 pages - 5.70 €

Parution d'origine en 2005 (existe chez J'ai Lu)

L'histoire : Dieu a fini le monde. Il a ses 150 trimestres, il peut prendre sa retraite. Il choisit de loger avec Saint Pierre au dernier étage d’une tour, au-dessus des hommes. Parfois, il joue au « domino » avec Saint Pierre, mais souvent il s’ennuie. Il entend les voisins du dessous s’amuser. Il est jaloux, leur bonheur lui fait mal. Pas grave, Dieu a beaucoup d'imagination pour pourrir leur vie !

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Voici 11 ans que ce livre attendait dans ma PAL. Ce livre, je l'avais acheté au salon du livre de Paris, où à plusieurs blogueuses globalement débutantes alors, nous nous étions retrouvées.

Voici un roman/essai issue de la plus pure verve à la Fournier ! Cynique à souhait, absurde, décalé et drôle, très drôle justement parce que Jean-Louis Fournier sait faire court. Plus long, ce serait devenu répétitif. En effet, presque chaque chapitre s'ouvre sur la phrase : " Et comme chaque fois qu'il voit des gens heureux, Dieu a la nausée et il réfléchit à ce qu'il pourrait inventer. Il décide de leur gâcher la vie"... Il faut avouer que la pertinence impertinente de Jean-Louis Fournier fait mouche.

Et la liste des méfaits de Dieu qui nous pourrissent l'existence est sans fin ! Depuis les moustiques, en passant par TF1, via la jalousie, les allergies, l'injustice, l'insomnie, la fumée, la pluie, l'argent, l'orage, les embouteillages, la surpopulation, Jean-Michel Jarre, j'en passe et des pires ! Et bien sûr, ces méfaits génèrent aussi des conséquences néfastes... Par exemple, l'argent mène à la guerre...

Mais l'oeil averti du lecteur ne sera pas toujours dupe. Il remarquera certainement que nombre de ces maux qui nous empoisonnent l'existence ne sont que pure création humaine. Oui, l'homme est très doué pour créer son propre enfer et le faire prospérer !

Un bon moment de détente pour tous, même pour les croyants, à condition qu'ils aient  conservé le sens de l'humour et de la dérision !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 12 Janvier 2021

Roman, J'ai Lu, Flammarion, Alexandre Feraga, Le dernier cerveau disponible

Roman - Editions J'ai Lu - 317 pages - 7.40 €

Parution d'origine chez Flammarion en 2017

L'histoire : Agressé en pleine rue, un homme atterrit dans la vitrine d’un salon de coiffure. Sous la violence des coups, il perd la mémoire et la parole. Impossible de savoir qui il est, d’autant plus que personne n’a signalé sa disparition. Qui voudra bien s’occuper de ce grand blessé ? Harold, le propriétaire du salon, accepte de l’accueillir chez lui. Qui va réellement réapprendre à vivre ? Le grand blessé ou ceux qui vont s'occuper de lui ?

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma CB, click & Collect confinée

 

Mon humble avis : Voici un roman plutôt farfelu, avec des personnages qui le sont tout autant, entre Spontex le manchot, Strumstick le terrible professeur, Harold le coiffeur culturiste etc... Mais il faut se méfier des apparences... C'est un peu ce que nous dit Alexandre Feraga. 

Car sous couvert de cette farce qui frôle le Vaudeville, l'auteur nous parle des blessures parfois invisibles de la vie, qui sont souvent les conséquences d'une certaine soumission à nombre de dictats. Ces dictats, il les développe à travers chacun de ses protagonistes. Pèle mêle, Alexandre Feraga montre du doigt les répercussions de la soumission à la théorie du genre, à l'état dictatorial (ici avec Cuba), à l'obligation de l'intégration (quitte à effacer le passé) avec le chauffeur de taxi vietnamien, le devoir de rentabilité avec Spontex, la course au progrès scientifique avec l'ignoble professeur fou, le patriarcat qui réduit la femme à son rôle ménager... Et son contraire... L'ultra féminisme, qui devient aussi une soumission au non. Le romancier évoque même la soumission des destinations touristiques à leurs visiteurs, puisque bien souvent, celles-ci maintiennent des traditions de façade uniquement pour ne pas décevoir les touristes. Oui, il faut correspondre à la carte postale.... Une dernière docilité pour la route... La nôtre, celle de chacun dans ses achats... Et oui, nous nous soumettons à un dictat commercial bien organisé.

Le cas le plus déployé est celui d'Harold, qui souffre de la domination de son père, ce père acariâtre, sévère, boxeur raté, toujours déçu par son fils et ce, depuis qu'enfant, il s'amusait à habiller des poupées. Et le pire, c'est qu'Harold, sans s'en rendre compte, reproduit avec son fils ce comportement qui semble être la signature de la lignée familiale. A travers le personnage d'Harold, Alexandre Feraga appuie là où ça fait mal pour nombre de lecteurs : les traumatismes d'enfance et les dictats familiaux qui empêchent d'évoluer, de s'envoler, d'être ce que l'on est vraiment.

Et l'homme agressé dans tout cela ? Harold le prénomme Olaf... Et, volontairement ou non, ce sera au lecteur de se faire son opinion, il va changer la vie de chaque habitant d'un quartier. Qui est-il ? Surprise ! Il y a bien une piste... Mais peut -elle être prise au sérieux ?

Le dernier cerveau disponible est un roman divertissant, lu entre les deux fêtes. Farfelu en surface et sérieux à la fois. Mais justement, j'ai trouvé qu'il partait un peu trop dans tous les sens, sans aller jusqu'au bout de chaque direction. Sans doute pour écrire un nombre de pages correcte, pas trop et pas trop peu... d'où cette impression de liste accélérée de soumissions. Il aurait peut-être mieux valu se concentrer sur certaines d'entre elles que de vouloir toutes les intégrer dans cette histoire.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 8 Janvier 2021

roman, tropique du chat, Christine Lacroix, Guadeloupe, Faune, Flore, Les Saintes, félins, chats

Roman - Editions - Evidence Editions - 376 pages - 17.99 €

Parution le 14 avril 2020

L'histoire : Toussaint est, comme beaucoup de ses congénères, le chat de personne. Ce beau matou noir et blanc vit aux Saintes. Un jour, par mégarde, il se laisse embarquer dans une navette et le voilà à Trois Rivières, sur le continent vert. Il chemine le long de la côte sous le vent de Guadeloupe. A Malendure, il rencontre Blanchette, une chatte tout juste arrivée de métropole. Ils poursuivent ensemble leur aventure, surmontent les difficultés et profite du merveilleux jardin qu'est l'île papillon.

 

Tentation : Un mail de l'auteure

Fournisseur : Ma CB déconfinée de Mai

 

Mon humble avis : L'auteure Christine Lacroix ne s'est pas trompée en me contactant pour promouvoir son roman. Je pense qu'elle avait vraiment parcouru mon blog. Oui, son "tropique du chat" est fait pour moi... Moi qui, cela n'aura échappé à personne, suit une amoureuses des chats et une Guadeloupéenne de coeur... En effet, j'ai vécu presque 3 ans sur cette île tropicale. Et comme cette histoire se déroule sur cet archipel...

Dans le fond, cette oeuvre aurait pu être un coup de coeur. Je me suis régalée à suivre à la traces les pattes du chat Toussaint Louverture et sa douce amie Blanchette. Depuis les Saintes, Toussaint nous emmène sur la Basse Terre, tout au long de la côte caribéenne, jusqu'au Nord, puis jusqu'à la Rivière Salée, avant de revenir au point de départ via la Route de la Traversée. Que de souvenirs pour moi, d'images précises, je situais avec justesse presque tous les sites cités, et pour certains, j'avais encore des réminiscences personnelles bien vivaces, notamment aux Saintes, mon petit coin de paradis, où j'ai eu la chance d'aller moult fois.

Ces deux félins sont bien attachants et Christine Lacroix décrit leur comportement inné et singulier à la perfection. Et ils nous offrent une occasion unique... Celle de visiter une bonne partie de la Guadeloupe en profitant de leurs caractéristiques : vue, oui et odorat hors du commun ! Grâce à eux, rien ne nous échappe, de plus petits détails à la fragrance la plus délicate. Oui, à travers les yeux, les truffes et les paroles de ses personnages félins, la romancière dresse une cartographie et une photographie presque exhaustives de la Guadeloupe : faune, flore, paysages, cataclysmes, météorologie, histoire (par petites anecdotes), agriculture, us, coutumes, habitat, gastronomie. Le tout avec une grande précision... qui mène hélas à l'excès. C'est là que le bât blesse. Certes, sans doute que les naturalistes, ornithologues, herboristes et autres en herbe se régaleront de tant de descriptions de chacune des espèces vivantes et organiques mais de mon côté, j'ai frôlé l'indigestion au point d'accélérer ma lecture pour en finir, d'autant que dans cet inventaire, il y a certaines répétitions. Dommage, car en même temps, j'étais bien sur mon île.

Un petit mot sur la plume de Christine Lacroix... Très élégante, soignée, recherchée... Sans doute trop aussi (en tout cas à mon goût)... Beaucoup de vocabulaire très châtié et rare, au point que je me suis parfois aidé du dico... Alors pourquoi pas, surtout quand de tels vocables permettent d'éviter la réitération. Mais en fait non, ces termes inusités de retrouvent trop souvent, presque systématiquement dans au fil des pages. Ajoutez à cela les nombreux noms scientifiques des espèces décrites, la lecture n'est pas de tout repos pour l'esprit.

Quoiqu'il en soit, Christine Lacroix offre ici une belle histoire, et invite à regarder plus grand, plus près, plus loin, à profiter de notre belle nature et...évidemment, à la protéger. L'objectif de ce roman est aussi d'inciter les lecteurs à adopter un chat en refuge. Bon, avec déjà un trio poilu chez moi (tous de récup'), je ne peux répondre à son incitation !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Un monde de chat

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Publié le 6 Janvier 2021

Olivia rosenthal, roman, que font les rennes après Noël, conditions animale

Roman - Editions Folio - 224 pages - 7.50 €

Parution Folio 2012, Gallimard 2010

L'histoire : Vous aimez les animaux. Ce livre raconte leur histoire et la vôtre. L'histoire d'une enfant qui croit que le traîneau du père Noël apporte les cadeaux et qui sera forcée un jour de ne plus y croire. Il faut grandir, il faut s'affranchir. C'est très difficile. C'est même impossible. Au fond, vous êtes exactement comme les animaux, tous ces animaux que nous emprisonnons, que nous élevons, que nous protégeons, que nous mangeons. Vous aussi, vous êtes emprisonnée, élevée, éduquée, protégée. Et ni les animaux ni vous ne savez comment faire pour vous émanciper. Pourtant il faudra bien trouver un moyen.

 

Tentation : Ma PAL et le titre pour cette époque de l'année

Fournisseur : Ma PAL 

Mon humble avis : J'ai lu ce roman avec intérêt mais sans réel plaisir. En fait, son format rédactionnel m'a énormément désarçonnée. Plusieurs narrateurs se suivent, sans que la prise de main de suivant soit toujours très nette. Ils ont tous un rapport professionnel avec les animaux... Eleveuse et dresseuse de loups, soigneur dans un parc animalier, généticienne biologiste dans un laboratoire qui s'essaie sur le vivant, éleveur de vache, boucher, technicien d'abattoir. Tous évoquent leur rapport à l'animal, que ce soit sur le lieu de travail ou dans leur vie personnelle. Et ce, avec moult descriptions et explications quant à la législation, tantôt protectrice, tantôt inepte et absurde, relative au droit de posséder, d'exploiter et de vendre des animaux sauvages, exotiques, où destinés à la consommation.  Ces détails sont parfois trop précis et devienne litanie. Certains se lisent en diagonales, car assez répugnants pensent on hypocritement, et pourtant nécessaires à notre alimentaire si l'on n'est pas végétarien. Ce sont les trois premiers intervenants qui m'ont le plus intéressée... Les loups et le parc animalier, le labo... Car, à titre personnel, j'ai du mal à me faire une idée vraiment avisée sur le respect général de la condition animale, surtout à notre époque où les parcs animaliers deviennent de plus en plus des refuges pour des espèces menacées, où l'on peut espérer quelques reproductions... Je pense que l'objectif d'Olivia Rosenthal est de nous remuer et de nous interroger dans nos convictions, de nous aider à en trouver ou alors, d'accepter le fait que la solution ne soit pas si simple... quand il s'agit d'exploitation et de condition animale au XXIème siècle... Alors qu'on veut le progrès, celui -ci se trouverait actuellement dans un retour en arrière pour certains cas. Il est aussi question de l'imprégnation, du retour à la vie sauvage... 

Mais, mais, voilà mon gros bémol... J'espérais une lecture vraiment romanesque et ce qualificatif n'est pas franchement visible. On n'a plus l'impression d'une suite de témoignages. D'autant, qu'au fil et au coeur de ces derniers, entre chaque paragraphe, il semble que ce soit l'auteure qui interpelle le lecteur, via un autre personnage qui pourrait être vous ou elle ou n'importe qui d'autre... un être humain, une femme ici, depuis sa naissance, en passant par son imprégnation familiale jusqu'à son émancipation totale, financière, psychologique... Au début, c'est assez sympa, mais cela devient très lassant et long, d'autant que chacun de ses paragraphes s'achèvent par des phrases qui deviennent presque des mantras... Et qu'on finit par ne même plus lire.

Etrange donc... une lecture décevante, malgré un titre alléchant, mais pas dénuée d'intérêt !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 4 Janvier 2021

Roman - Editions Audiolib - 17h20 d'écoute - 23.45 €

Parution d'origine aux Editions de Fallois en mai 2020

L'histoire :  Une nuit de décembre, un meurtre a lieu au Palace de Verbier, dans les Alpes suisses. L’enquête de police n’aboutira jamais.
Des années plus tard, au début de l’été 2018, lorsqu’un écrivain se rend dans ce même hôtel pour y passer des vacances, il est loin d’imaginer qu’il va se retrouver plongé dans cette affaire.
Que s’est-il passé dans la chambre 622 du Palace de Verbier?

Tentation : J'adore Joël Dicker

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Cela fait maintenant quelque temps que lis en format audio toutes les parutions de Joël Dicker avec toujours la même impatience et le même enthousiasme. Cette année, mon empressement était encore plus intense car enfin, Joël Dicker ne situe plus son intrigue aux Etats-Unis, mais à Genève, sa ville natale.

Et là, déception ! Pire que ça même. Au fil de mon audio lecture, c'est même de l'agacement qui m'emplissait. Je n'avais pas hâte de finir, mais hâte d'en finir... Nuance de taille !

Certes, Joël Dicker a une fois de plus abattu un énorme travail pour pour développer son histoire (dans le milieu bancaire suisse) qui parait bien ficelée si ce n'est que l'on peut se demander si elle est vraiment probable. Certes, les révélations finales sont pour le moins surprenantes et inattendues. Mais quel interminable chemin pour y parvenir, que de longueurs aussi bien dans l'écriture (à quoi bon préciser moult fois que le commissariat se trouve à Genève alors qu'on le sait, à quoi bon redire à chaque fois "ils prenaient leur petit déjeuner sur la terrasse de la maison en bord de mer" etc...) et dans le déroulement de l'action. Ajoutez à cela une narration épuisante, qui sans cesse vous fait voyager dans le temps, et qui ressemble à ceci, sans trop exagéré : quinze ans plus tôt, aujourd'hui, la veille du meurtre, le lendemain du meurtre, 4 mois après le meurtre, trois jours avant le meurtre, 15 ans avant le meurtre, 14 ans avant le meurtre, six mois après le meurtre, un jour et une heure avant le meurtre, le soir du meurtre, re quinze ans avant le meurtre, une semaine avant le meurtre... Bref, et c'est ainsi durant 17h30 d'audiolecture. J'en avais vraiment ras-le bol... Surtout que ces "vas et viens" dans le temps, qui prennent du temps, oblige le romancier à renouveler des rappels au cas où le lecteur serait perdu.

Qui plus est, Joël Dicker se met lui-même en abyme dans ce roman (où ce dernier figure également en abyme), ce qui permet au romancier de revenir sur son succès fulgurant de ces dernières années et rendre un bel hommage à feu son éditeur. Ces passages sont intéressants, mais ne sont là que pour nous éloigner du sujet. 

Enfin, c'est comme au cinéma... Quand je m'ennuie, cela m'énerve, et quand je suis énervée, je deviens implacable et à l'affut du moindre défaut. Et cette fois-ci, j'ai trouvé l'écriture très convenue, très attendue, pour même lire des phrases que j'ai l'impression d'avoir déjà rencontrées dans des dizaines d'autres romans (ex : leurs pas étaient étouffés par l'épaisse moquette des couloirs du palace). A d'autres moments, le style devient flamboyant et grandiloquent pour décrire les sentiments des personnages, alors qu'en tant que lectrice, mon coeur est restée de marbre. Aucun des protagonistes n'a éveillé en moi la moindre sympathie.

Dommage, car sans les incessantes rallonges, et condensée sur 300 pages, cette histoire, bien travaillée aurait pu être captivante. Au lieu de cela, j'ai une la sensation de lire un roman trop lécher, comme si Dicker avait voulu trop bien faire. Mais de mon côté, je suis proche du divorce avec l'un de mes auteurs chouchous...

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 23 Décembre 2020

Vivre vite, Philippe Besson, James Dean, Jimmy, roman, avis, chronique, critique

Roman - Editions Audiolib - 4h10 d'écoute - 17.90 €

Parution d'origine chez Robert Laffont en 2015

L'histoire : Qui était vraiment James Dean, l'enfant terrible du cinéma américain décédé prématurément ?

Qui avait il derrière cet acteur fulgurant ?

Philippe Besson parcours la vie de James Dean, depuis son enfance heureuse, jusqu'à l'accident de voiture fatale, en passant par une jeunesse tourmentée.

 

 

Tentation : Curiosité et blogo à l'époque

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Lecture par curiosité culturelle car j'avoue ne pas connaître grand-chose à propos de James Dean... Quelques clichés célèbres oui... Sa mort prématurée oui... Le reste non. Même pas sûre d'avoir déjà vu un de ses quelques films... Certes, il n'est jamais trop tard pour bien faire.

Et puis, j'apprécie la plume de Philippe Besson que je trouve claire, vive donc jamais ennuyeuse, très agréable et fluide, même si travaillée.

Philippe Besson dresse ici un portrait très contrasté de l'étoile filante. Je ne m'attendais pas à un personnage aussi ambiguë avec autant de dissonances manifestes dans le caractère ! Mi ange mi démon, adorable et égoïste, caractériel, fougueux, passionné, ambitieux voire prétentieux etc. Pour échafauder cette presque biographie, Philippe Besson "laisse la parole" à une multitude d'intervenants qui furent ses contemporains. Des anonymes comme sa tante, son oncle, son père, ses professeurs. Mais aussi des célébrités qui lui furent contemporaines comme Nathalie Wood, Marlon Brando, des réalisateurs etc. Ses petites amies prennent aussi la parole, tout comme ses amants, James Dean étant bisexuel. Parfois, c'est même James Dean qui s'exprime. Même si les témoignages divergent et compose donc un portrait étonnant, ils s'accordent tous sur son charisme, son magnétisme, son talent et l'incroyable justesse inouïe de son jeu d'acteur... les graines de sa célébrité qui semble éternelle...  La mythe James Dean. Ce qui est clair, c'est que ce jeune homme était tout sauf lisse et sans aspérité !

Evidemment, en arrière-plan, c'est tout une époque et une mentalité qui se déroulent : celles des années 40 et 50 aux Etats-Unis, dans la middle class pour commencer, puis dans le milieu des artistes.

Une lecture intéressante, instructive, agréable, mais pas au point de me captiver et de me procurer des frissons. Peut-être mon ressenti eut été différent si j'avais été fan de Jimmy !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 19 Décembre 2020

roman, Olivia Ruiz, la commode aux tiroirs de couleurs, avis, critique, chronique, exil, transmission, mémoire

Roman - Editions JC Lattès - 200 pages - 19.90 €

Parution le 3 juin 2020

L'histoire : À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l’intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d’une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.

Tentation : Médias, interview de l'auteure et blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

Mon humble avis : Sans être fan, j'apprécie énormément Olivia Ruiz, en tant que femme, chanteuse et auteure/compositrice. Elle a son monde, son originalité. Elle a des choses intéressantes à dire. Déjà, j'admire son don de raconter des histoires dans ses chansons... Et la voilà qui passe au format du roman, avec le même talent ! Ce premier ouvrage est vraiment une pépite qui se déguste tant pour 'histoire qu'il nous conte que  pour le style si vivant, si gracieux et sincère, si éloquent et en même temps, fluide, malicieux et profondément chaleureux... Très très agréable. Il n'y a pas de doute, Olivia Ruiz est une alchimiste. Ce roman, je le chéris très fort, autant que chacun de ses personnages, qui quelque part ont certainement existé. En tout cas, Olivia Ruiz leur donne vie. Sans doute a-t-elle pioché des événements et des portraits dans son propre passé familial, puisque ces origines espagnoles sont connues de tous et l'inspiraient déjà.

Ici, Olivia Ruiz nous narre l'histoire d'une lignée de femmes sur quatre générations. Une lignée qui s'est construite sur l'exil, l'absence, la différence, le rejet, l'intégration, la vie communautaire, le souvenir, la douleur, le courage, la persévérance, le travail, les rêves, les idéaux et les racines qui coulent dans les veines depuis toujours, et qui forgent une personnalité. Mais aussi, tout au long de ces décennies et génération, il y a toujours eu un mur de silence et de secrets de famille.

Au fil des tiroirs de la commode aux tiroirs en couleurs qu'elle ouvre, la jeune femme découvre ainsi la vie et le passé de ses aïeules... C'est l'Abuela (alias Rita), sa grand-mère décédée récemment, qui lui a rédigé un long texte à ton intention, un texte accompagné de quelques objets symboliques. Alors que ses parents luttaient contre El Caudillo, Rita, 10 ans, a dû fuir l'Espagne avec ses deux soeurs, traverser à pieds les Pyrénées pour atterrir dans un camp... Avant d'être recueillie avec ses soeurs dans un immeuble communautaires peuplés d'émigrés espagnols hauts en couleurs. Aussi, malgré la rudesse de cette vie, le ton n'est jamais dans le pathos. Au contraire, on y partage la chaleur humaine, la solidarité, respect, la force et la rage de vivre, malgré les multiples terribles épreuves qui émaillent la vie de L'Abuela. Et surtout, une énorme envie de LIBERTE !

De cet écrin littéraire, Olivia Ruiz nous offre une formidable histoire sur l'exil, la transmission, la mémoire, et la fidélité à nos racines. C'est un livre bouleversant et qui pourtant fait beaucoup de bien. Et mine de rien, il revient sur une époque et des faits historiques plutôt négligés dans les manuels scolaires : celui de la guerre civile espagnole et ses horreurs qui a vu des centaines de milliers d'espagnols s'expatrier, et parfois, sans pour autant renoncer au combat pour la liberté.

A lire, à offrir sans hésiter !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 7 Décembre 2020

Muriel Barbery, roman, une rose seule, japon, temples, Kyoto, rentrée littéraire 2020, avis, chronique, critique, blog

Roman - Editions Actes Sud - 157 pages - 17.50 €

Parution le 19 août 2020 : Rentrée Littéraire

L'histoire : Rose, jeune quadragénaire, se rend à Kyoto au Japon, pour réceptionner le testament de son père, marchand d'art contemporain... un homme qu'elle n'a jamais rencontré. Mais avant de rencontrer le notaire, Rose doit suivre un parcours préparé par son père et accompagné de son homme de confiance : aller de temple en temples  et peut-être ainsi aux confins d'elle-même.

 

Tentation : La GBL et ma libraire

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

Mon humble avis : Pour une déception, c'en est une ! La preuve, les premières pages lues, je me suis déjà mise à lire certains passages en diagonale... Et tout au long de ma lecture, c'est plus de l'exaspération que j'ai ressenti que calme et sérénité liés aux visites des temples bouddhistes et zen... et je n'avais qu'une envie, en finir au plus vite.

L'écriture est raffinée. Trop, car elle en devient précieuse, étudiée, recherchée... Ce qui nuit à la fluidité et l'émergence d'émotions. Il me semble que normalement, c'est le style qui vient au service du sujet. Dans Une seule Rose, j'ai l'impression que c'est le sujet qui sert de prétexte pour développer un style sophistiqué et de ce fait, pas du tout fluide. C'était comme si je m'étais trouvée devant une vitrine d'objets fragiles où un petit carton prévient : "ne toucher qu'avec les yeux"... J'ai donc lu avec mes yeux, mais pas avec mon coeur, pas avec mes tripes. J'ai traversé sans émotion ce roman qui semble miser sur l'esthétisme à tout prix... Ce qui nuit à la beauté naturelle et n'apporte que froidure.

On est sensé assister à la métaphore d'une femme, que je ne suis pas parvenue à aimer, qui m'a même franchement agacée (je n'ai d'ailleurs éprouvé d'empathie pour aucun des personnages).... Je l'ai constatée certes, mais pas vécue, pas ressentie, elle ne m'a pas émue.

Et que dire de la narration ? Répétitive et monotone à souhait, tant dans les actions des personnages, leurs émois, que dans les descriptions des temples et la météo. J'ai frôlé l'indigestion. Et à côté de cela, Muriel Barbery use de métaphores sentencieuses pour sans cesse décrire la végétation et ces métaphores, je les aurais peut-être trouvé délicieuses si j'avais été sous LSD ou autres substances (Ex :" il fendait l'espace devenu liquide, y naviguait entre deux eaux de réel" - "il fendait l'espace devenu liquide, y naviguait entre deux eaux de réel"...) Pour moi, cela tourne plus au grotesque qu'à la poésie.

Bref, je suis passée complètement en dessous ou à côté de ce roman qui est pour moi proche de la "masturbation" cérébrale... Muriel Barbery s'est sans doute fait plaisir, mais méritait elle d'ouvrir cette nouvelle année de La Grande Librairie ? Je m'interroge vraiment sur le mérite de sa présence sur le plateau : François Busnel a -t-il vraiment aimé "Une rose seule" où est-ce une histoire de petits arrangements avec les attachés de presse ?

L'avis de Luocine

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 3 Décembre 2020

Serge joncour, roman, littérature, avis, chronique, critique, l'homme qui ne savait pas dire non

Roman - Editions J'ai Lu - 253 pages - 6.20 €

Parution d'origine chez Flammarion en 2010

L'histoire :  Jeune divorcé quadragénaire, Grégoire Beaujour travail dans un institut de sondages où il est de plus en plus apprécier pour ses méthodes efficaces. Celles-ci sont en fait indépendantes de sa volonté... Beaujour a un problème depuis quelque temps, il ne sait plus ni prononcer ni écrire le mot "Non"... Evidemment, c'est très embarrassant, tant dans sa vie professionnelle que personnelle. Il pousse donc la porte d'un club d'écriture pour retrouver son mot :" l'ouvroir des mots perdus"

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Quel roman agréable, frais, très drôle mais pas que !

En effet, dans les premiers chapitre, il semble que Serge Joncour nous invite à partager une véritable farce : son héros est désormais incapable de prononcer le mot "non". Je vous laisse quelques secondes pour vous imaginer dans cette situation et constater alors la tournure que prendrait votre vie à la moindre petite occasion. Evidemment, Beaujour se retrouve donc continuellement à faire face à des circonstances ubuesques et /ou incongrues... Impossible en effet de refuser le cinquième café proposé par un énième collègue dans la matinée, impossible de décliner une deuxième invitation à déjeuner etc. C'est ainsi que se déroulent les premiers chapitres, légers, drôles comme une comédie burlesque. Bref, ne dire que oui semble simplifier la vie en premier lieu, mais finalement, elle conduit à des situations bien encombrantes et à une perte de liberté.

Bien sûr, l'objectif de Serge Joncour dépasse l'agréable divertissement. Puisque sous couvert de cette farce, le romancier nous convie à réfléchir sur nombre de sujets : la société qui est de plus en plus pensée et conçue pour générer nos "oui", ne serait-ce que par l'ultra sollicitation commerciale et visuelle, la tournure des phrases et des sondages faite pour vous embrouiller et vous inciter à répondre oui, quitte à aller à l'inverse de vos idéaux, le piège de son inverse, le "non" à tout prix et sur tous les sujets... qui conduit à un grand oui pour autre chose. La puissance bénéfique ou destructrice d'un oui ou d'un non pour celui qui le reçoit. La gentillesse excessive et son revers... Ceux qui disent oui tout le temps passent pour des gentils ou des personnes manquant de caractère. Bref, ces deux petits mots, oui et non, conditionnent votre vie et façonnent autant votre identité que le regard que les autres portent sur vous.

Si vous fouillez en peu plus les propos de Serge Joncour, vous remarquerez que cette histoire d'impossibilité du oui chez Beaujour est une parfaite métaphore pour les blocages psychologiques qui sévissent plus ou moins fort chez chacun de nous et qui nous empêchent d'avancer et réduisent de ce fait notre sentiment de liberté. Et ces blocages proviennent souvent de l'enfance, voire la petite enfance, et c'est via l'écriture de ses origines et de son histoire ancestrale (magnifiques passages d'ailleurs) que notre héros comprendra quand et où il a perdu l'usage du "Non", si toutefois il l'a acquis un jour. Aussi, Joncour nous conseille-t-il avec bienveillance de retrouver le petit enfant qui sommeille en nous et, et de lui dire que "c'est aux autres qu'il faut dire non, pas à soi-même, à ses désirs, à ses envies, à ses besoins, sans quoi, on n'en finit pas de se trahir". Et ce petit enfant qui savait parfaitement évoquer un "non" devant la purée de haricots verts qu'il détestait, saura vous apprendre les rênes de votre vie chaotique ou trop docile.

Un très chouette roman, superbe hommage aux mots, pas prise de tête mais qui ouvre à la réflexion sur le oui et le non... qui tombe donc à pique dans cette période contestataire malsaine.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 27 Novembre 2020

L'anomalie, roman, Hervé Le Tellier, Avis, critique, chronique, rentrée littéraire septembre 2020

Roman - Editions Gallimard - 327 pages - 20 €

Parution le 20 août 2020 - Rentrée Littéraire 2020

L'histoire : En juin 2021, le vol AF 006 Paris- New York subit des turbulences aussi violentes qu'inattendues, et qui cessent subitement sur un beau ciel bleu. Après avoir vu la mort en face, les 243 passagers ne sont pourtant ni au bout de leur peine ni de leurs surprises... Le vol est en effet dérouté vers une base militaire où les attendent tous les services possibles de la protection américaine... Leur vie est changée à tout jamais...

 

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

Mon humble avis : Quel roman exceptionnel, et ce dans tous les sens du terme ! Vraiment original et mené avec maestria du début à la fin, ce qui n'a pas dû être toujours aisé car l'Anomalie se révèle assez ambitieux et multiple. D'apparence très distrayante, il n'en n'est pas moins très enclin à provoquer nombre de réflexions personnelles et est même très propice à philosopher en usant de toutes les sciences dont nous disposons : depuis la théologie jusqu'à la chimie et j'en passe et des meilleurs.

L'anomalie est une "légère" anticipation, puisque nous sommes en juin 2021... Inquiétude pour moi car Hervé Le Tellier donne toujours au président Américain les traits d'un certain Donald. Il y a un petit côté science-fiction puisque nous faisons face à un phénomènes étrange, inexplicable malgré les moults hypothèses élaborées par le gratin des scientifiques américains.

Géraldine, attention, ne pas trop raconter l'histoire, laisse donc aux prochains lecteurs le plaisir et la surprise de la découverte... pas évident car cette histoire est tellement dingue et géniale que l'on a envie de la crier sur tous les toits pour susciter encore plus l'envie de la lire.

Parmi les 243 passager du vol AF006, Hervé Le Tellier s'intéresse à 11 d'entre eux. Aussi, le premier tiers du roman leur est consacré par chapitre. On ne s'y perd pas car ils sont tous bien distinguables et hétéroclites, mais on commence à parfois trouver le temps un peu long et à se demander où l'auteur veut bien nous emmener. Là, on fait confiance à l'enthousiasme des blogocopines pour parvenir jusqu'à la page 130. Et là, les turbulences s'abattent sur nous pour notre plus grand plaisir de lecteurs. Dès lors, on ne lâche plus ce roman, qui prend de sérieux airs de thriller et qui distille un suspense à couper le souffle. Un suspense multiplié par 11, puisque chacun des passagers va vivre et réagir différemment devant cette anomalie dont il est victime. Et c'est là que cette histoire joue son deuxième rôle après le divertissement : le questionnement individuel et collectif : qui sommes-nous en tant qu'humain ? Sommes-nous notre pire ennemie ou notre meilleur ami en tant qu'individu ? Comment acceptons-nous l'inexplicable ? Comment réagissons-nous face à l'inconnu ? Face à l'étranger ? Sommes-nous maîtres de nos vies ou plus ou moins programmés, sommes-nous une simulation ? Arrh, j'enrage de ne pouvoir développer plus chaque sujet philosophie inédit (et pour cause) abordés ici, sous peine de divulgâcher ! Mais comment réagirais-je si je me trouvais dans la même situation que les passagers du vol AF006 ? Bonne question ! Et je serais curieuses de savoir si les lecteurs parviennent une réponse précise et sans équivoque ! Il y aurait tant et tant à dire sur ce roman ! Mais un billet ne peut pas être trop long !

Je peux tout de même ajouter que l'Anomalie semble être un exercice de style et de narration particulier, truffé de références littéraires ou autres. Mais ça, ce sont mes blogo copines plus cultivées qui l'ont remarqué... Je n'ai rien vu de tout cela et cela ne m'a pas empêchée d'adorer ce roman, qui est lui-même mis en abyme dans ces pages... En effet, parmi les passagers figure un romancier, Victor Miesel, lui-même auteur d'un ouvrage intitulé "L'anomalie".

Ah, vraiment, vive la littérature ! Celle-ci n'a pas fini de me surprendre, de me captiver, et de m'interroger sur mes mille et une vie potentielle !

A l'heure où j'écris ce billet, L'anomalie est encore en lice pour le Prix Goncourt.  Je croise les doigts pour que les membres du jury misent cette année sur l'originalité d'une oeuvre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les avis de : Antigone, Krol, Keisha

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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