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Publié le 29 Octobre 2011

Roman - Editions J.C Lattès - 437 pages - 19 €

 

 

Parution en août 2011

 

RENTREE LITTERAIRE SEPT 2011

 

 

L'histoire : En 2008, Delphine de Vigan retrouve sa mère morte. Suicidée après des années de yoyo.... Lucille avait été diagnostiquée bipolaire à l'âge de 30 ans...

Le besoin d'écrire sur sa mère est devenu alors aussi incontournable que douloureux. Ce sont des mois d'enquête auprès des membres de sa famille qui ont aidé Delphine de Vigan àdresser ce portrait de sa mère, depuis sa petite enfance jusqu'au geste fatal. Un portrait de famille en même temps, une famille de silence et marquée par la fatalité (plusieurs décès d'enfants, de suicides...) Et au milieu de tout cela, Delphine et sa soeur qui grandissent trop vite au grè des crises de folies et des internements de leur mère.

Ce n'est pas un roman, mais c'est construit comme tel. Et c'est une vérité, celle de l'auteur et pas forcément La vérité. Beaucoup d'amour, de questions, et de douleur, le tout en pudeur;

 

 

 

 

 

 

Tentation  : Un nouveau livre de Dephine de Vigan est incontourable !

Fournisseur :Price Ministerpour la match de la rentrée, merci pour l'envoi ! Et merci à Rémi Gonseau qui a du s'arracher les cheveux pour envoyer les bons livres au bonnes personnes !

 http://www.priceminister.com/blog/les-matchs-de-la-rentree-litteraire-blogueurs-a-vos-livres-1334

 

 

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Mon humble avis :Après une longue enquête auprès de ces oncles et tantes, des écoutes de cassettes, des visionages de film, des lectures de lettres retrouvées, Delphine de Vigan dresse ici son portrait de sa mère et livre ainsi son manuscritle plus intime. Il n'est de roman que la forme narrative et la construction, remarquable d'ailleurs, de ce livre : Alternance de souvenirs et de faits qui ont traversé la famille Poirier et d'intervention de l'auteur. Delphine de Vigan confie alors ses doutes sur sa légitimité face à ce projet, ses difficultés dans la rédaction de souvenirs qui ne sont parfois pas les siens, de la crainte de s'éloigner de sa mère à trop vouloir s'en approcher, de la trahir.

La première partie, l'enfance et l'adolesence de Lucille, est plus descriptive. Delphine de Vigan n'était pas née. Au début, je me suis même amusée à comparer cette famille à celle de ma soeur qui comporte aussi 9 enfants. Mais les similitudes s'arrêtent là car Dieu soit loué, la tragédie ne s'acharne pas chez ma soeur. Alors que chez les Poirier, c'est une autre histoire. En remontant si loin dans la vie de sa mère, Delphine de Vigan souhaite découvrir si , oui ou non, sa mère était prédestinée à la vie et la maladie qu'elle a vécu, si un événement précis l'a ammenée, des années plus tard, au geste fatal.

La deuxième partie est plus émotionnelle, Delphine de Vigan est présente dans la vie de Lucille et témoin. Elle voit, subit, prend en charge, prévient, devine lorsque sa mère va dérailler pour cause de bipolarité. Et là, certains passages sont très durs à supporter. On constate non seulement les effets d'une telle maladie sur le patient, mais aussi les conséquences directes et indirectes sur l'entourage. Franchement, je me demande comment les enfants de Lucille sont parvenus à ce construire tout de même dans un environnement aussi mouvant et destructeur. Chapeau, cela témoigne d'une sacrée force de caractère, de résistance.

Dephine de Vigan ne se "cache" plus dans des personnages comme dans ces romans précédents. Elle raconte sa famille, le meilleur et le pire : les suicides, les maladies, l'inceste.... Le tout avec une certaine pudeur, mais sans voile non plus. Assez de ce silence qui a tellement détruit !

L'écriture est très méticuleuse, comme si chaque mot avait été scrupuleusement pesé avant d'être posé à la place exacte. Manifestement, il s'agit d'un livre thérapeutique pour l'auteur. Après, on adhère ou pas à ce genre littéraire, on se sent parfois gêné ou pas de savoir certaines choses. Cependant, ce livre est avant tout un témoignage sur des choses importantes, sur les dégâts du silence, sur ce qui est tu et qui tue.

J'ai mis 4 étoiles tant ce livre est maîtrise et l'hommage rendu à la mère qui se bat magnifique. Mais il m'a sacrément remuée, voire parfois mise mal à l'aise. Au début, on est presque dans une chronique familiale classique. Et puis, au fil des pages, une boule se forme dans votre ventre et monte, monte jusque dans votre gorge.

Ce n'est pas un livre que j'ai dévoré, tant l'oppression m'a parfois demandé des temps de respiration, et les horreurs que je lisais nécessitaientquelque "digestion". Rien ne s'oppose à la nuit n'est pas pour moi un livre pour lequel on peut déborder d'enthousiasme joyeux. Mais l'émotion et le talent sont là et ce livre peu ordinaire amène la réflexion. C'est une oeuvre qui mérite lecture et succès, l'énorme succès qui le porte.

 

  

 

L'avis de Clara, de Sandrine, de Gambadou, de Mango , de Canel 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 25 Octobre 2011

 

Roman - Editions Grasset - 283 pages - 18 €

 

 

 

Parution en janvier 2011

 

   

L'histoire : Week end du 14 juillet. Comme chaque été depuis 16 ans, trois couples et deux de leurs enfants se retrouvent dans la villa de l'un deux. Un week end immuable, des habitudes, des traditions. Le feu d'artifice. Et puis, un garçon étrange qui semble venir de nulle part annonce la mort prochaine du grand pin qui protège tout ce petit monde sur la terrasse. Cet été là, rien ne se passera comme prévu. Ce sera la fin de quelque chose pour tout le monde ou pour chacun ou pour quelques uns.... Allez savoir...

 

 

 

Tentation : La couverture

Fournisseur : La bib' 

 

 

 

 

    

   

 

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Mon humble avis : Encore un billet qui ne sera pas facile à écrire tant j'ai aimé ce livre, sans doute pour des raisons proches de l'intime, même si ce roman peut certainement vous séduire pour d'autres raisons ou les mêmes si l'on se ressemble quelque part.

Ce livre, je le regarde depuis quelques mois. Ce transat libre en bord de mer m'invitait à m'y asseoir, à m'y installer. Même si je n'ai jamais été dupe. Malgré le confort du siège et l'évidente beauté de l'environnement, je savais bien que mes pieds ne reposeraient pas sur un sol doux et délicat comme peut l'être le sable... Mais sur un sol dur, instable, où les angles sont arrondis par le temps, un temps qu'on appelle érosion... des galets...

Je pourrais presque cesser ici ce billet tant cette couverture évoque parfaitement les pages de livre.

Cet été là. J'ai tout aimé dans cette lecture. Je passerai donc sur le style, le rythme etc...

L'atmosphère des week ends prolongés sur la côte, en famille ou entre amis, les virées sur la plage, les parties de tennis, un coucher de soleil, la mer, la plage, tout cela est parfaitement décrit. Chacun arrive et tente de trouver sa place dans une communauté créée pour quelques jours, dans une maison où il n'a pas ses repères, où il n'est qu'invité. Véronique Olmi doit être dotée d'un sens de l'observation extraordinaire pour remarquer et isoler du reste des paroles, des gestes, des regards à priori insignifiants et pourtant lourds de sens.

Cet été là est l'histoire d'une véritable mascarade : les relations amicales, familiales, sociales. Où chacun essaye d'être ce qu'il pense que l'autre attend de lui. Où il faut protéger les apparences. Où il faut se montrer chaleureux, inquiet du bien d'autrui mais abattre un couperet sitôt que l'autre dépasse certaines limites, entre dans l'intime, l'intime qui dérange. Personne ne veut l'intime de l'autre par peur d'être envahi ou de ne pas avoir la réaction adéquate. On veut garantir son confort, ne pas être bousculé, alors qu'on pourrait aussi être aussi rassuré... Et pourtant, c'est dans l''intime (les joies et les peines les plus profondes) que l'autre est, qu'on le connaît réellement et qu'on peut alors dire : j'aime cette personne. Cette personne est mon amie, mon mari, mon fils...

Tout cela est excessivement bien rendu dans ce roman. Chacun des personnages voudrait dire quelque chose d'important sur (ou pour) lui. Plusieurs fois, ils prennent leur élan... Et s'interrompent par peur ou sont systématiquement interrompus par les autres qui, n'écoutant pas, maintiennent la conversation à niveau plus trivial, plus conventionnel. C'est terrifiant de voir à quel point des gens qui se disent amis peuvent ignorer et fuir la vérité de leurs proches.

Chacun de ses 6 adultes se retrouvent face à la fin d'un moment de sa vie, à un tournant parfois invisible mais nécessaire, souvent indépendant de la volonté. Des choix sont à faire. Des décisions à prendre. Bien sûr, le personnage qui m'a le plus touchée est celui de Lola. Bientôt quadra, elle a eu une vie tellement bien remplie qu'elle force l'admiration et l'envie de tous mais se retrouve les mains vides. Et puis cette impression que jusqu'à maintenant, la vie menée  n'était qu'un brouillon et qu'il serait temps de vivre pour de vrai, normalement, de réfléchir, de construire, de marcher dans une direction continue. Il lui semble être en bout de course alors que rien n'a commencé pour elle.

Enfin, il y a le personnage évoqué dans la 4ème de couv, Dimitri. Il annonce que le grand pin est malade et va mourir si rien n'est fait. A un moment, Denis dit "vous avez tous vus un dimitri différent". Ma version, c'est que ce personnage n'existe pas, qu'il est la petite voix intérieure de chacun qui dérange ou rassure, tantôt confidente ou tantôt source de danger. Sa prophétie s'adresse à chacun des personnages, aux couples réunis sous le toit de la villa... Vigilance, à force de vous ignorer et de vous croire immuables, vous êtes en danger.

Je suis désespérée, c'est le premier livre que je lis de Véronique Olmi et il est impensable qu'il soit le dernier. Encore un romancier qui me séduit au premier coup de plume et que je me promets de suivre... En plus, encore un livre emprunté à la bib, et que je vais devoir rendre...

 

"Cet été là" : Subtil, sublime et symbolique, incontournable.

 

 

 

 

L'avis de Clara ;

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 17 Octobre 2011

Roman - Editions Plon - 190 pages - 18 €

 

 

Parution en août 2011

 

 

Rentrée littéraire septembre 2011

 

 

L'histoire : La narratrice est avocate, parfois dans le droit du travail, et souvent, un peu gratuite.... Avant une audiance, elle suffoque d'angoisse et tombe dans les pommes. Pour elle, elle meurt, elle a l'habitude de mourir. En fait, elle fait le grand écart entre ses idéaux d'enfants, ses idées d'adultes et le monde tel qui l'est. Forcément, ça donne le vertige, surtout quandl'enfant courrait sur les cailloux chaud de Djibouti.

 

 

 

Tentation : Le pitch et Babelio

Fournisseur : Babelio et Editions Plon, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

 

étoile2.5 

 

 

  Mon humble avis : Ce livre est une autofiction.... Ce qui signifie que l'histoire est vraie, même si l'auteur, qui se met en scène, peut prendre toutes les latitudes possibles pour lui donner une dimension romanesque, quitte à maquiller, à exagérer ou à taire certains évènements.

Le fond est louable et le sujet nous affecte certainement tous un peu quelque part. Ce que nous étions enfants, ce que nous voulions devenir et ce que nous sommes. Entre ces états, il y a des trous plus ou moins béants chez chacun de nous. Donc ce sujet est assez universel. C'est plus la forme qui m'a moins convaincue. Cette alternance entre les temps. Le présent où une assez belle écriture frôle parfois une crudité inutile. Dommage, car ce texte compte de nombreux passages magnifiques et pas mal de "phrases citations" à cocher dans la marge. Le passé, tellement poétique qu'il m'a souvent échappé dépassé. Il décrit l'enfance de Sigolène à Djibouti... et finalement, il me reste assez peu d'images fortes et précises de cette époque, à part les machoires de requins que je visualise très bien.

 Ensuite, il est souvent question de positionnement politique dans ce roman et cela m'a fatiguée car pour moi, le fond de la question n'est pas là et on s'éloigne du sujet. Peu importe que la gauche soit extrême ou à droite, Sigolène veut changer le monde et elle n'y parvient pas. Alors certes, cette partie sert surtout à évoquer l'influence paternelle dans la vie de l'auteur, de ce père ancien militant plutôt désenchanté et illuminé... La seule vérité, c'est le rêve... Ensuite, il y a la mère, qui parle en majuscule (un peu comme dans le roman de Sandrine Soimaud, Tu) et qui est si fière du métier de sa fille qui "TRAVAILLE TROP". Sigolène se plaint toujours qu'elle est en train de mourir, et cela m'a agacée. Sigolène est donc en burn out et atterrit quelques jours en unitée psychiatrique, où elle ne prendra aucun médicament. Elle dresse une galerie de portraits d'une poignée d'autres occupants du service, tous "dingues" d'une façon ou d'une autre. Ces portraits peuvent être touchants, je les ai trouvés plutôt caricaturaux et très résumés. Et de ces 4 jours en unité pyschiatriques, il ressort quantité de dialogues entre patients, dialogues qui semblent n'avoir ni queue ni tête (sens caché forcément, étant donné l'état psy) qui ne sont pas franchement agréables à lire ni même drôles. Les échanges Sigolène/psy m'ont même paru improbables donc peut enrichissant. Le seul moment drôle est finalement trop pathétique pour me faire rire. Enfin, c'est pendant ces 4 jours en unité psy que l'auteur trouve "la solution à sa vie"...Et plutôt que ces délires entre patients, j'aurais préféré suivre son cheminement plus en profondeur. De même, mettre autant de temps pour une si simple réponse... Je ne sais pas, je trouve étrange que Sigolène attende d'avoir bien dépassé la trentaine pour retourner sur ses racines qui lui manquent depuis si longtemps.... Bref, il était temps ! Il était temps aussi que je partage de l'empathie avec cette jeune femme qui finalement ne m'a pas émue plus que cela alors qu'elle avait vraiment matière à le faire avec son sujet. C'est quand elle retourne à Djibouti que je me suis  retrouvée plus en phase avec elle, quand elle réalise que les choses ont changé, que les cadres ne sont plus à leur place, qu'elle n'est pas de "là-bas" comme elle le pensait. Cette partie là m'aatteinte car je l'ai vécue, dans une autre dimension. Deux ans en Guadeloupe, un retour pour de mauvaise raison en métropole. Et des regrets, des regrets jusqu'à une marche arrière inévitable. Retour sous les tropiques.... Oui, les choses ont changé, les souvenirs sont toujours plus beaux que la réalité car seuls les souvenirs ne changent pas.

De très beaux passages, des vérités exaspérantes mais si bien dites sur notre système et le métier d'avocat, un sujet louable mais qui pour moi, à cause d'effet de genre littéraire, est un peu survolé. En fait, je pense que ce livre aurait gagné en émotion par une narration moins stylisée, plus linéaire. Un récit m'aurait sans doute plus touchée qu'une autofiction en fait. En attendant, cette lecture me laisse partagée...

 

 

"Va plutôt te rouler te rouler dans les feuilles mortes, celles qui se sont toujours bien foutues du tronc et des racines, car c'est sur les branches qu'elles poussaient" 

 

 

 

L'avis de Cathulu, Praline

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 11 Octobre 2011

 Roman - XO Editions - 233 pages - 16.05 €

 

Parution en septembre 2008

 

 Et parution chez Pocket en septembre 2009, 6 € 

  

L'histoire : Il a 30 ans, mène une vie sans réelles ambitions, travaille de nuit dans un sex shop. A quelques jours d'intervalle, il rencontre Alice, étudiante à la Sorbonne, et Dieu en personne. Alice devient sa femme et Dieu son meilleur ami, qu'il retrouve tous les mardi soir pour se taper la discut', philosopher ou se marrer un bon coup. Mais pourquoi Dieu l'a-t-il choisi comme meilleur ami ? Et entre Dieu et Alice, lequel de ces deux personnages va le plus bouleverser et influencer sa vie ?

 

 

 

 

 

 

 

Tentation : A l'époque, j'avais acheté ce livre pour en faire cadeau à ma future belle soeur. Comme elle m'a dit être fan de Zweig, je n'ai pas osé lui offrir ce livre.

Fournisseur : Ma PAL !

 

 

étoile3etdemi

 Mon  humble avis : Le bandeau annonçait un livre drôle, hilarant, léger...

Je n'ai pas ri (je le répète, je n'ai pas la rigolade facile en lecture), j'ai souri souvent et ai été émue aussi. Disons que ce roman a une enveloppe légère pour traiter de sujets plutôt sérieux et lourds. Et là, j'avoue que l'auteur m'impressionne, car il maîtrise le style, son idée de départ, son principe jusqu'au bout, sans déborder, sans frôler le burlesque ni le ridicule. Certes, dans les premières pages, j'ai craint le pire, même le blasphème. Et bien non. C'est respectueux et original. Bien sûr les croyants et pratiquants purs et durs pourraient être choqués par quelques idées et le concept développés par l'auteur. Mais rien de bien méchant au contraire. C'est plutôt de la tendresse qui émane de cette lecture, d'autant que l'on s'attache réellement au narrateur, dont l'évolution au cours de la vie est particulièrement intéressante, même si pas forcément exceptionnelle !

Finalement, Cyril Massarotto amène tout le monde à s'interroger sur sa propre foi ou son refus de foi, et sur sa vision de Dieu, le tout dans une ambiance bon enfant, même si parfois tragique. Il apporte sa vision de Dieu et de ses prétendus ou légendaires pouvoir. Mais aucun prosélytisme dans ces lignes. Juste une invitation à la réflexion sur les relations entre l'Homme et Dieu. De lourds sujets sont abordés, comme le deuil entre autre.

En fait, ce livre donne comme bien d'autres deux lectures possibles... On peut y choisir le pur divertissement. A ce niveau, le livre est une franche réussite, je l'ai dévoré en quelques heures. Et l'on peut y voir de belles réflexions sur l'humain et l'humanité entière, le libre arbitre, et presque un roman aux allures initiatiques, même si, je le répète, le fond de l'air (le style) en fait, est léger et se veut globalement joyeux.

Cette histoire est en fait très humaine, puisque l'on suit notre personnage depuis sa première rencontre avec Dieu, à 30 ans et sur toutes les années qui vont suivre, celles où il construit sa vraie vie d'adulte. On assiste à ses joies, ses peines, ses souffrances, ses doutes, ses amitiés, ses colères ses erreurs, ses victoires, son amour, toutes ces choses qui font la force d'un Homme. Dans l'absolu, l'auteur reste assez consensuel, puisque sa version de Dieu fait que Dieu est Amour, ce qui ne divisera personne. Enfin, j'ai noté quelques passages simplistes, comme celui qui offre une solution à la dépression : il suffirait de regarder le malheur autour de soi, à la TV, les guerres, les famines. Léger, léger. La fin m'a un peu déçue aussi, mais après tout, le vie est peut-être aussi simple que cela

En tout cas, il y dans ce roman une belle homogénéité entre le style et le genre voulu par l'auteur. L'ensemble est maitrisé et fonctionne. Le postulat de départ, original, aurait pu se révéler scabreux. Point n'en n'est. C'est du plaisir, pas si farfelus que ça, de la réflexion et sans hésitation un talent à suivre ! (j'ai deux livres de retard !!!). Ah, j'avais oublié... on peut dire que Dieu est un pote à moi est avant tout une belle histoire d'amour, voire un hymne à l'Amour.

 

Dieu dit : " je n'ai pas de "vraie apparence", je n'ai que celle de votre imaginaire, la forme qui me rendra crédible à vos yeux."

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 5 Octobre 2011

Roman, Editions Gallimard, 201 pages , 16.90 €

 

 

 

Parution le 18 août 2011

 

RENTREE LITTERAIRE SEPT 2011

 

 

L'histoire : 1187... Pour s'affranchir d'un mariage imposé par son père, la jeune Esclarmonde décide de s'emmurer vivante et de consacrer sa vie à Christ et à la prière. Son père lui fait donc construire une cellule, munie d'une fenestrelle pour qu'Esclarmonde puisse être nourrie, attenante à la chapelle de son château : le domaine des murmures.

La solitude à laquelle Esclarmonde aspirait sera parsemée de surprises et d'embûches. Si vous tendez l'oreille, c'est la voix d'Esclarmonde que vous entendrez vous conter son histoire.

 

 

 

 

Tentation : Mon attente impatiente depuis "Le coeur cousu"

Fournisseur : Ma CB lors de la rencontre avec l'auteur à Rennes.

 

 

 

 

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Mon humble avis :Je ne lis jamais ou presque de roman historique. Même si une 4ème de couv évoque les années 39-45, c'est souvent suffisant pour me faire reposer un livre. Heureusement, il y a des valeurs sûres qui vous font aller à contre courant de vos goûts présumés ou de vos appréhensions. Carole Martinez est décidément une valeur sûre !

Ce livre aurait pu commencer par "Il était une fois" puisqu'il s'agit d'un conte. Un conte avec des personnages hauts en couleurs, effrayants et puissant, pauvres et simples, généreux ou égoïstes,gentils ou maléfiques, sains ou fou, malheureux ou heureux, aux destins imprévisibles, à qui l'on donne des pouvoirs mystiques. Tout tient du conte, depuis la construction, en passant par la narration, jusqu'à la description des lieux. Partout règne un certain mystère, comme une brume qui ne se lèverait pas. L'histoire se déroule sur une terre forte en légendes, celles des femmes enterrées vivantes et qui murmureraient la nuit par exemple, ou des destriers fantômes... Carole Martinez insère une autre légende, celle d'Esclarmonde qui, pour échapper à un mariage arrangé, préfère s'emmurer vivante à 15 ans et se destiner à Christ et la prière. Sa renommée va alors dépasser les frontières. Je m'inquiétais un peu du sujet, me demandant comment, d'une femme enfermée toute sa vie, on pouvait décliner un roman entier sans redondance, sans tourner en rond, en restant captivant... C'était sans compter sur l'imagination, l'illustre plume (qui rentrera aussi dans la légende) et le talent de Carole Martinez.  L'auteure, magicienne, est parvenue à glisser une dimension épique, tragique, romanesque, héroïque, historique pour faire de cette oeuvre un roman vraiment pittoresque. Le lecteur est suspendu au destin émouvant de la jeune Esclarmonde, qui découvre la vie et le monde depuis sa geôle volontaire. Elle devient un symbole et les pèlerins viennent la visiter sur leur chemin pour Rome ou St jacques de Compostelle. Esclarmonde devient sainte aux yeux du monde. Et pourtant au fure et à mesure de son évolution tant physique que psychologique, cette cellule devient trop petite. Mais Esclarmonde a promis. Que vaut une promesse d'une jeune fille de 15 ans ? Nous partageons avec Esclarmonde, nuit et jour, ses forces, ses joies, ses peines, ses détresses, et sa transformation.... je n'en dirais pas plus... il faut garder le mystère. Jusqu'où la foi peut-elle porter ? Ce roman traite d'ailleurs beaucoup plus du mysticisme que du religieux.

J'avoue m'être égarée quelques pages, les pages où, par l'esprit, Esclarmonde suit les pas de son père au fond de l'horreur des croisades en Terre Sainte. Par contre, ce voyage dans un temps que je connais mal, le Moyen Âge, voyage richement documenté apporte une dimension culturelle supplémentaire et non négligeable à cet ouvrage. La condition des femmes à cette époque est plutôt glaçante et je ne m'étais jamais imaginé les guerres Saintes comme de tels charniers...

Un conte, c'est atemporel. Il y a Barbe Bleu, les contes de Perrault, Cendrillon et Blanche Neige depuis plus ou moins longtemps et pour l'éternité, il y a dorénavant Esclarmonde. Et un conte a une moralité... Celui du Domaine des Murmures nous amène à nous interroger sur nos erreurs de jeunesse, les choix que l'on a fait à une époque sans posséder toutes les données en mains et sans en imaginer forcément toutes les conséquences.  Les choix qui ne sont toujours assez mûris et qui nous engagent sur une voie pour toute une vie... Des choix trop petits ou trop grands pour nous.

Personnellement, j'ai vu aussi dans ce conte une (éventuelle) parabole très contemporaine sur les enfants stars ou toutes ces personnes qui accèdent à la célébrité soudainement, au point que les admirateurs leur prêtent des pouvoirs auxquels les premiers intéressés finissent par croire aveuglément, et à en user sans modération... jusqu'à la chute. Que l'on soit en 1187 ou en 2011, les Hommes n'ont finalement pas tant changer que cela.

Un livre très riche, plein de surprises même pas évoquées dans ce billet... J'ai assisté à 3 conférences de l'auteur alors je pourrais vous en apprendre encore et encore sur ce livre aux richesses infinies, parfois cachés pour le profane. Comme dans tout livre, suivant notre culture générale (ou spécialiste), des détails nous échappent. Et les découvrir où se les voir révéler est une joie immense. Ce que je sais, c'est que je trouve ce deuxième roman plus facile à lire que "Le coeur cousu" et Esclarmonde, héroïne plus unique de ce roman, restera très très longtemps en moi.  Alors posez, vous, tournez les pages et écoutez les murmures d'Esclarmonde.

 

L'avis de Clara, Leiloona, Antigone et Stéphie

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 25 Septembre 2011

Roman - Editions Buchet Chastel - 213 pages - 17 €

 

 

Parution 18 août 2011

 

RENTREE LITTERAIRE SEPT 2011

 

 

 

L'histoire : Lisa, 41 ans, est en hôpital psychiatrique.  Elle entend une voix qui la poursuit dans ses moindres retranchements. Seules les pilules et les perfs lui promettent un échappatoire. Parfois, elle se maquille. Du rouge qui déborde de ses lèvres, pour son rendez vous hebdomadaire avec le psychiatre. C'est sur, il va l'aimer. Lui, il est devenu son obsession. Il faut qu'elle se souvienne... Pourquoi est elle là ? Pourquoi a-t-elle perdu la raison ? C'est page à page qu'on le découvre. Nos intuitions nous mènent à penser au pire... Mais c'est le mal qui l'emporte, même si le mal est parfois pire que le pire, même si le mal mériterait bien le pire.

  

 

Tentateur : Denis, de Libella

Fournisseur : L'editeur Buchet Chastel, libella, merci pour l'envoi

 

 

 

 

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Mon humble avis : C'est la 4ème de couv qui m'a attirée vers ce livre, même si je l'avais lue en diagonale et en fait de travers... tant mieux pour le "de travers", il m'a permis d'ajouter encore un peu plus de mystère à la lecture et donc de plaisir !

Et pourtant, suite à un avis "inquiétant" lu sur la blogo, j'avoue, je suis entrée dans ce livre à reculons. C'est vrai que le mode narratif est déroutant. Lisa est souvent interpellée par cette voix qui la tutoie (d'où le TU) et qui est la narratrice du livre. De ce fait, cette voix parle parfois en son nom, donc à la première personne du singulier, "je, moi". Et comme cette voix fait partie intégrante de Lisa, certains passages usent de la 3ème personne : On. Une fois saisi cela, j'ai effectué un virage à 180° et suis rentrée corps et âme dans ce roman pour me prendre une sacrée claque. C'est grandiose, magistral, passionnant et effrayant à la fois.

Je pense que cet imbroglio de "Je, tu, on" est voulu par l'auteur et nécessaire. Il amène directement le lecteur dans l'esprit confus de celle qui a perdu la raison, qui ne sait plus qui elle est. Au début, je pensais que cette voix est celle que nous avons tous parfois, notre démon intérieur contre lequel on se débat, qui nous fait ressentir de mauvaises pensées, qui nous provoque. Ensuite, j'ai imaginé que c'était l'autre voix, celle de la raison qui lutte pour nous garder à la surface et nous éviter le pire. Et finalement, c'est autre chose, c'est cette chose que nous avons toujours en nous et que souvent nous occultons quand elle est douloureuse et que nous entretenons quand elle est heureuse.

Pour Lisa, cette chose est malheureuse et biaisée depuis si longtemps. Aussi, on réalise bien vite que ce n'est pas une raison unique qui l'a conduite entre ces murs blancs, mais une succession de traumatismes (même s'ils peuvent paraitre insignifiants) qui a aboutit au trop plein. Au mot de trop. MAis surtout, au pas assez. Pas assez d'affection du père qui l'appelle "Le tas", une froideur de la mère qui a toujours raison et la tient coupable de beaucoup de choses, qui ne lui apprend pas l'amour des hommes, cet amour que Lisa va tellement mal chercher qu'elle ne trouvera jamais. La vie de Lisa est une recherche d'elle même à travers un désert affectif. On pense deviner la raison de sa présence en ce lieu, ce que le médecin veut lui faire dire semaine après semaine. J'ai imaginé le pire. J'avais tout faut. Il y a peut-être pire que le pire en fait. Alors oui, il y a aussi une forte place pour le suspens dans ce livre qui tient en haleine. Sans compter que l'on ignore qui est la vraie Lisa dans ce conflit intérieur, la voix ou Lisa ? Ou les deux ?

Ce texte noue la gorge et fascine en même temps, tant Sandrine Soimaud décrit à la perfection la vie en hopital psychiatrique, avec ses habitudes et ses répétitions (vue de la patiente, donc toujours plus ou moins dans un vague brouillard médicamenteux et une folie qui ronge). Je me suis dit, pour en parler aussi bien, il faut l'avoir vécu et s'en être sortie, alors là chapeau ! On peut aussi juste être très humain, très  l'écoute de la détresse d'autrui, très informée, très imaginative, excellent écrivain pour créer une telle histoire dans cette atmosphère et alors là, je tire encore plus mon chapeau.

La folie (et autres maladies mentales) est un monde inaccessible aux sensés qui ne peuvent pas la comprendre, ni en imaginer les conséquences faute de l'avoir vécue. Alors les sensés ferment les yeux et se bouchent les oreilles, tout cela, ils ne veulent pas l'entendre car ils ne le comprennent pas. Sandrine Soimaud vous offre l'opportunité de vivre la folie de l'intérieur, de l'expérimenter sans danger, et alors de comprendre un peu plus cet état dont personne, personne n'est à l'abris. Je pense que c'est l'une des seules choses sur terre devant laquelle nous sommes égaux, que l'on soit cravatté en Hermès et vêtu de haillons. 

Petite précision : J'ai lu quelque part "c'est un livre qui se lit vite". Je ne suis pas d'accord. C'est un livre qu'il faut prendre le temps de lire... Nuance.

Ma rentrée littéraire se passe à merveille !

 

RL2011b

                                                                              6ème participation

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 17 Septembre 2011

 

Roman - Editions Albin Michel - 150 pages - 16 €

 

 

Parution Août 2011

 

 

RENTREE LITTERAIRE

 

  

L'histoire : Joe, 14 ans, se retrouve rejeté par sa mère. Il erre alors dans Reno( Nevada) avec pour seul gagne pain sa passion et son savoir faire, la magie. Sa route croise celle du plus grand magicien américain. Celui ci deviendra son professeur, son maître, son père peut-être aussi. Tout dépend de la position de l'observateur de cette histoire...

 

"allez savoir ce qui se passe dans la tête d’un joueur"

 

  

Tentation : Mon incontournable Amélie Nothomb

Fournisseur : Manu, un pote qui m'a spontanément proposé ce prêt. Mille mercis, car ma bibliothèque tarde à faire ses achats cette année !

 

 

 

 

étoile3etdemi

 

Mon humble avis :Tuer le père ne sera pas mon Nothomb préféré ! Par exemple, je me souviens d'une lecture bien plus jubilatoire de "une forme de vie", son opus de l'an passé. Cet année, je n'ai pas ri, sans doute parce que le sujet est au final plus féroce et cruel. L'auteur a glissé beaucoup moins d'autodérision que dans Une forme de vie. Je n'ai pas coché de petites phrases mémorables dans la marge et n'ai point intégré de nouveaux mots improbables dans mon pauvre vocabulaire. Même les prénoms des personnages se révèle d'un classique ! Joe .... Plus classique aurait donné John ! Aussi, étais-je un peu désorientée dans ma lecture, surtout qu'Amélie Nothomb prend ici un malin plaisir à se jouer de son lecteur. En effet, l'histoire ce déroule dans Reno et Las Vegas, des villes dédiées aux mariages et divorces express, au jeu, à la magie, au bluff, à l'argent, à l'appât du gain, aux experts de la police scientifique  et... à la triche. Logique que l'on retrouve ces ingrédients dissimulés dans ces pages. Par moment, il m'a semblé que rien ne se passait, alors que justement, tout ce déroulait devant mes yeux. Et cette fin, ce coup de bluff de l'auteur, et bien je ne l'ai pas vu venir. Beaucoup de symboles dans ce livre, à commencer par le titre, un tantinet provocant, où il est question de paternité spirituelle, du besoin de filiation, de loyauté, de confiance, de moralité et des limites entre le bluff et la triche, même si la triche parfaite est un art... En tous cas, Amélie Nothomb ne triche pas avec ses lecteurs. Son style est toujours direct et se passe de superflus. On est dans un autre monde, un monde Nothombien déjanté et même temps moins exhubérant, bref, inédit ! Le coup de passe passe qui se joue devant nous laisse perplexe... Comme après un tour de magie on se demande ce qui est vrai, ce que nos yeux voient, ce que nos yeux ont manqué, quelles sont les ficelles du truc... Et bien ici, demeure la question : Finalement, "du père et du fils" qui manipule l'autre, le père est il vraiment tué (au sens figuré) où n'est- ce pas lui qui détient l'arme la plus dangereuse ? Qui est la victime, même si l'on sait très bien qui est le salaud dans l'histoire. D'ailleurs, ce personnage que l'on se prend à plaindre dans le début de l'histoire devient l'un des pires (car ultra subtile) monstre de la littérature nothombienne ! Mais point de manichéisme simpliste.... Car finalement, le moral se révèle têtu et l'amoral... persévérant... Curieux non ?

Vingt ans de littérature, 20 romans et toutes ses dents, Amélie Nothomb m'a encore surprise, déroutée, menée par le bout de nez, et laissée là où je ne m'attendais pas. A chaque fois, c'est une nouveauté qui m'est proposée ! Un roman complètement différent des précédents. La surprise est toujours au rendez vous ! Et c'est ce que j'apprécie chez cette auteure que j'aime profondémment et qui me le rend bien !

Tuer le père est un livre construit comme un tour de magie.... où les cartes maîtresses sont une bonne dose de freudien, une autre de nothombisme et une troisième d'un mystère qui s'appelle aussi talent. Une histoire à l'apparence plutôt simple qui se révèle une complexe métaphore cruelle des relations  "père/fils". A vous de voir ! Mais n'oubliez pas de vous méfier des apparences... qu'elles soient dans un livre ou dans les personnes qui vous entourent.... Tout ne peut être qu'illusions !

 

Alors même si j'ai préféré l'opus de l'an dernier, je reste ravie de ce livre au sujet intelligent, très freudien, traité sous forme de conte moderne ou d'une parabole dont le titre pourrait être "le père prodigue". Car je sais qu'on ne peut pas toujours faire mieux quand on fait aussi différent...

 

Petit rappel.... L'année dernière, j'avais l'immense plaisir, à pareille époque, d'interviewer Amélie Nothomb. Pour relire l'interview, cliquer ICI

 

 

RL2011b

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 13 Septembre 2011

Roman - Editions Actes Sud - 148 pages - 17 €

 

 

 

Sortie le 12 août 2011

 

RENTREE LITTERAIRE

 

 

L'histoire : Un poteau, une voiture pliée.  Alice, la cinquantaine, est désincarcérée de la taule qui la gardait prisonnière déjà comme dans un cercueil. Elle est dans le coma et son corps est brisé de partout. Les jambes surtout.

Par les mots de l'auteur, nous partageons et vivons ce lent, très lent retour à la vie d'Alice. La conscience, puis la réappropriation du corps et sa rééducation.

 

 

Tentatrice : Clara

Fournisseur : Actes Sud, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

 

 

étoile3etdemi 

  Mon humble avis :Ce sont des ouvriers d'un chantier de nuit, une nuit à étoiles filantes, qui aperçoivent en premier la voiture. On ne sait d'où elle vient... S'il s'agit d'un accident ou non.... D'ailleurs, on ne le saura jamais vraiment, car là n'est pas l'important. Laissons à Alice ce doute, ce secret, cette intimité. Nous retrouvons Alice dans le coma, puis éveillée, de services hospitaliers en autres services, avec des voisines de chambres différentes, plus ou moins rassurantes, plus ou moins encombrantes... Enfin, Alice arrivera dans un centre de rééducation fonctionnelle. Dernière étape, mais pas des moindres. Presque deux ans encore.

 A mes yeux, ce roman brille avant tout par sa haute qualité littéraire. L'écriture est sublime, soignée, polie, délicate, poétique. L'écriture peut être aérienne ou très franche, voire tranchante suivant la situation.

J'ai beaucoup aimé ce livre, même si sa lecture n'a pas été facile. Le sujet est très grave, lourd et n'est pas sans évoquer un épisode interminable de ma vie, même si les proportions ne sont pas les mêmes.

Pour moi, ce fut un AVC... Quoiqu'il en soit, c'est le milieu hospitalier, le rapport avec le personnel soignant (que je trouve plus attentionné dans le roman que dans la réalité. Peut-être parce que justement, dans le roman, les soignants ont le temps... là où dans "la vraie vie", chacun est débordé par le manque de personnel et de moyen). Il est souvent question de douceur au fil des pages... J'aurais aimé la sentir cette douceur quand c'était mon tour... L'hôpital est mécanique, comme un garagiste. On soigne le corps au mépris de l'esprit... On vous interroge sans cesse sur l'échelle de 1 à 10 de votre douleur physique... mais jamais une question sur votre souffrance morale. Bref, petit message personnel en passant. 

Cela mis à part les jours et les nuits de l'hôpital, les bruits, des chariots, des portes, des pas... Tout est parfaitement décrit dans ce roman. Lorsqu'Alice reprend conscience, elle se rapproprie son esprit, ses souvenirs. Entre moments d'abattement et de repos. Un psychiatre l'aide à démêler cela, à fouiller dans un passé que l'on découvre assez sombre.  Je me suis demandée à quelle branche Alice allait se rattraper pour se battre et survivre.... Et trouver le déclic.... Le déclic, ce moment où son cerveau décidera qu'il est temps de ce rapproprier son corps. Je ne sais pas si ce déclic est conscient, choisi ou inconscient... Juste un instinct de survie. Le miracle de l'alliage le plus mystérieux : le corps et l'esprit.

La dernière partie m'a particulièrement émue. La rééducation fonctionnelle où les victoires se calculent en mètres et en mois...

Ce roman est très foisonnant, je vous laisse découvrir la personnalité complexe d'Alice et les différents personnages qu'elle croise tout au long de son retour à la vie, tout comme l'impact inconscient de son patrimoine familial sur sa vie. Vous vous demandez sans doute pourquoi je n'octroie pas 4 étoiles à ce livre qui pourrait grandement les mériter. Parce que la méthode narrative m'a parfois un peu égarée... J'avais l'impression que me retrouvais tantôt dans les souvenirs d'Alice, tantôt dans son présent, sans être prévenue de ce changement par une ponctuation, un changement de style ou un : Alice pensa que.... le psy lui répondit que... même si j'en suis consciente, le style s'en serait alors retrouvé alourdi. Cela m'a perturbée.

 

Pour moi, "Son corps extrême" est un vibrant hommage à tous les cassés de la vie, accidentés ou en longue maladie, qui ont la force, le courage de se battre, de survivre, de revivre... Et surtout, la patience de prendre le temps. Ce temps nécessaire autant au corps qu'à l'esprit pour se renconstruire. La patience, c'est tellement dur quand le temps a failli s'arrêter. Et pourtant, le temps, on est les seuls à pouvoir se le donner vraiment.

 

Voilà, je redoutais la rédaction de ce billet que je reportais depuis plusieurs jours. C'est tout ce que je peux donner, même si c'est peu devant la brillance et la richesse de ce livre. 

 

 

"Telle est la mission de l'alitement forcé, faire qu'on s'arrête et qu'on regarde mieux... pour que le cours de la vie reste cohérent et fluide"

 

"Alice comprit qu'elle voulait que tout ait un sens, il fallait toucher les gens. Elle parlait beaucoup du regard"

 

"Alice écrit que vivre sans terre ferme sous ses pieds, c'est vivre sans droit et sans liberté".

 

"... Tout ce populo est bien résolu à  former un corps digne de ce nom à nouveau. Croire en la passivité d'un malade est un affront. Des transformations silencieuses. On imaginerait à tort la vie d'Alice comme une vie murée et incapable."

 

" Quand donc a commencé la guérison ? Une chose est sûre, tout a changé sous les yeux d'Alice sans qu'elle s'en aperçoive. Un grand chavirement s'est produit et maintenant, voilà que le déclin lui même décline.... Pendant quelques mois, guerir est plus rapide que vieillir et même renverse la vapeur. On rajeunit";

 

"Lorsque l'on veut comprendre quelque chose de sa propre vie, il faut en parler avec le premier venu. Nul besoin d'un esprit particulièrement pénétrant, l'illumination viendra en parlant."

  

"Elle jubille.Le lendemain, elle réclame un chronomètre. Parcourir 4 mètres lui prend une minute et 54 secondes, ce qui représenterait un sprint de 100 mètres en un peu moins d'une heure..."

 

 

Juste après ma lecture, après la dernière page, je suis sortie, je suis allée prendre l'air. Avec mon podomètre, je suis allée marcher dans la compagne tourangelle. Chacun de mes pas avait une autre saveur, une autre valeur...

 

 

 

 

 

 Les avis de ClaraLeiloona et de LilibaRL2011b

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 7 Septembre 2011

Roman - Editions Robert Laffont - 161 pages - 17 €

 

 

Parution le 18 août 2011

 

 

RENTREE LITTERAIRE

  

L'histoire : Pendant une longue période, la narratrice n'a plus eu envie et n'a plus fait... Quoi ? Si elle avait 15 ans, on dirait "la chose". Mais comme elle est adulte, on dit "l'amour". Elle a ainsi vécu dans peut-être la pire insubordination de notre époque, qui est l'absence de vie sexuelle... Pourquoi ? Comment ? Et les autres. Ces regards étonnés, admiratifs, éberlués, moqueurs, inquiets, amusés, méprisants, interrogatifs, incompréhensifs.... L'absence n'est pas forcément le vide. La narratrice partage en toute pudeur ce moment de sa vie et lève le masque sur un thème qui, chez chacun, relève de l'intimité autant que de l'hypocrisie.

 

 

Tentatrice : Keisha

Fournisseur : Les éditions Robert Laffont, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Qu'est-ce qui se cache derrière ce roman ? Un récit ? Un témoignage ? Un documentaire ? Où tout simplement un magnifique roman ? Laissons le bénéfice du doute qui n'entâche en rien l'extraordinaire talent de l'auteure. Sophie Fontanel évoque une période particulière et d'une manière ou d'une autre, donne la parole à une "armée" silencieuse. Car ne nous leurrons pas, les personnes qui ne connaissent pas de vie sexuelle active sont bien plus nombreuses qu'on ne l'imagine : les célibataires, les malades, les veufs, les divorcés, les personnes isolées, les couples dont les corps ne se rencontrent plus qu'occasionnellement, et encore, par devoir, sans passion, parfois même avec dégoût. Parfois par choix, mais souvent "contraints et forcés" par un élément interieur ou par la situation elle même. Mais tous ces gens se taisent et lorsque l'entourage devine la situation alors les questions deviennent inexorables.

Pour les célibataires : "tu ne dois certainement pas faire ce qu'il faut pour rencontrer quelqu'un !". Là, c'est du vécu et je réponds " Et toi, qu'est-ce que tu as fait pour rencontrer X" ? "Euh..."... "Et tu ne le sais pas, mais peut-être tu aimes les filles..." Parce que quand on n'aime pas un homme et que l'on est pas aimée d'un homme, une partie de la population vous soupçonne d'homosexualité. Non que ce soit une honte, mais c'est la seule explication que certains trouvent à une solitude improbable "toi qui est si dynamique et mignonne"...

Ensuite, vient la question qui n'est jamais posée ouvertement mais qui transpire par tous les pores de la peau des inquisiteurs : depuis combien de temps ? Comment fais tu ???....

Oui mais tout n'est pas si simple. Le corps a ses raisons que l'esprit découvre peu à peu, et l'esprit prend conscience qu'il doit réinvestir son corps, le respecter, aller à son rythme, selon son envie profonde.

Sophie Fontanel répond à ces questions avec tact, subtilité, humour, pudeur, délicatesse et émotion. Elle explique pourquoi son corps s'est fermé et refusé à tout contact corporel. Rien de graveleux dans ces pages au sujet risqué, au contraire une langue magnifiquement maîtrisée, des confidences, des observations, du ressenti, des constats. Et puis, de quelques coups de pinceaux, de délicieux portraits qui vont du goujat parfait, au faux salaud dont le seul crime et l'immense désarroi sont de ne plus désirer sa femme... Sophie Fontanel explore, questionne, observe et remet gentiment à leur place ceux qui s'imaginent que leur modèle est forcément celui qui convient à tous.

Même si l'auteure avoue embrasser son oreiller et manquer de caresse, elle montre qu'une vie solitaire n'est pas une vie vide et n'est pas forcément une fatalité. Une femme qui vit sans plaisir charnel n'est pas nécessairement une fleur fanée. Elle a même le droit d'être épanouie, désirable et désirée... et non désireuse. Et puis,  ce replis sur soi même, même s'il peut-être fortement salutaire ou très mal vécu, n'a rien de définitif. Espoir pour tout le monde.... même si rien de nouveau sous le soleil... Il suffirait de rencontrer la bonne personne.... et surtout, d'être prête à l'accueillir.

Je recommande chaleureusement ce livre à celles et ceux qui traversent un certain désert (non, vous n'êtes pas seuls), à celles et ceux qui connaissent une certaine frénésie sexuelle (ce n'est pas forcément la recette du bonheur) et enfin, à celles et ceux qui pensent vivre une vie sexuelle et sentimentale équilibrée, "normale", MODELE !!!! Ce livre répondra aux questions qu'ils se posent sur les autres et qu'ils devraient peut-être se poser sur eux même...Il y a a autant de modèles dans le genre qu'il n'y a d'individus.... Sophie Fontanel le dit avec beaucoup plus de poésie, de profondeur, de finesse et d'intelligence que moi. C'est ce mot que je retiendrai. L'envie n'est pas qu'une superbe chanson écrite par JJ.Goldman pour Johnny Halliday, c'est aussi un livre très intelligent. Sincère aussi. Et clairvoyant...

 

 

" Pourtant, rien n'a été simple, et ces mots que j'écris me seraient sans doute jadis tombés comme un plomb des doigts, tant j'ai pu à des moments me sentir honteuse de ma particularité, pire que différente. On le sait tous, même les gens différents ont une sexualité digne de ce nom... Tandis que nous, les solitaires, armée non violente sauf contre elle même, incalculabe car inavouable peuplade, nous savons d'instinct que parler, c'est offrir au monde de quoi nous exiler d'avantage... Nous les rassurons sur ce point : aussi aléatoires que soient leurs plaisirs charnels, la preuve est faite, par nous... que leurs manières sont encore mieux que rien".

 

"Derrière mon habitude d'obéir, j'avais la pulsion de m'enfuir..."

 

"Dès qu'on se rencontre soi-même, les autres cherchent qui ça peut bien être."

 

"Pour un évadé, le moindre obstacle prend des proportions dramatiques".

 

" Il y a des limites à ce que les gens peuvent entendre"

 

"Aucun ne supportait ma solitude parce qu'elle aurait pu être la leur"

 

 

 

RL2011b

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 24 Août 2011

Roman - Editions Buchet.Chastel - 312 pages - 19 €

 

 

 

Parution le 25 août 2011

 

RENTREE LITTERAIRE

 

L'histoire : Le Marché, la Bourse.... Tout cela doit monter, monter, inexorablement pour le bonheur universel. Les yeux sont rivés sur le Big Board (le grand écran), où les chiffres changent et s'échangent en quelques millième de seconde....

Franck Modrano travaille pour le Consortium, la plus grande banque du monde. Il est le meilleur pour dégoter les perles qui exciteront ensuite les traders... Mais voilà, il est à court d'inspiration....

Alors, en une nuit, il trouve l'idée du siècle. Créer une société fictive... En quelques jours, cette société, For Ever Green, dépassera toutes ses espérances et affolera le marché, faisant de lui une star adulée... Jusqu'au jour où...

 

 

Tentateur : Denis, de Libella

Fournisseur : Libella et Buchet Chastel, merci pour l'envoi.

 

 

 

étoile3etdemi

 

Mon humble avis : Un livre ô combien d'actualité ! J'entame sa lecture alors que les journalistes s'interrogent sur la possibilité d'un krach boursier et nous feraient bien croire en l'Armageddon...

Après quelques pages, je sais que ce livre va me plaire, par son ton, son style. Je vais trouver la dose d'humour et de cynisme, de causticité et de moquerie nécessaire à ma bonne santé livresque. Déjà je souris et je ricane.

Je ne comprends rien au milieu de la bourse, du Marché, qui m'intéresse à peine alors qu'il est le support du monde. Mais trop nébuleux pour moi.
Sauf que, avec Bienvenue dans la vraie vie, tout cela s'éclaircit. Une nouvelle fois, voici la preuve que l'instruction passe avant tout par le jeu, la distraction. Bernard Foglino décode pour nous le fonctionnement du Marché, de cette fourmilière qui peut vous ruiner ou vous enrichir en une nuit !Je découvre le métier de ce Franck, analyste, chargé de trouver les sociétés qui crèveront le marché de demain.... quitte à attendre des résultats d'expériences sur un rat de laboratoire... Et là, ça me fascine, cela devient même limpide, cela m'accroche complètement et m'amuse beaucoup.. Même si c'est cynique à souhait et que cette histoire se fait le miroir de notre société aux bien tristes valeurs. D'ailleurs, parlons en de valeur. Ce roman est vraiment propice à la réflexion sur la valeur et le prix des choses, deux notions bien différentes si l'on prend le temps d'y penser. D'ailleurs, durant les quelques jours qu'ont duré ma lecture, j'ai beaucoup réfléchi à cela et l'envie m'est même venue de me lancer dans une dissertation de philo. Car je réalise que dans ma vie, les seules choses qui ont réellement encore un prix officiel sont mon réfrigirateur (neuf), mon ordinateur (de base) mon lecteur mp3 (neuf) et ma voiture (argus).  Sauf que ma voiture ne vaut plus rien à l'argus, à peine quelques centaines d'Euro. Elle passe donc dans l'autre colonne de ma vie : la valeur. La valeur que je donne à mes affaires. Ma voiture, c'est ma liberté. Et les drapeaux à prières bouddhistes qui flottent au dessus de ma fenêtre, achetés à peine 1 €, représentent le suprême dépassement de moi, le Camp de Base de l'Annapurna, 4300mètres. Après, il y a mes livres, mes bibelots, mes peintures. Une valeur inestimable, mais pas de prix... Trêve de digression...

La troisième partie, comme une route de montagne en lacet, m'a un peu perdue, me récupérant tout de même à chaque épingle à cheveux ! Car le narrateur quitte l'ordre chronologique et notre personnage part un peu en vrille, comme tout homme ultra stimulé et dépassé par sa propre réussite, qui en veut toujours plus, à qui l'on en demande toujours plus. Un homme pris dans le piège du monde : tout faire pour garder son siège, même se lancer dans ce qui semble l'inédit, même si, sans le savoir il est toujours comme une marionnette que le tout puissant agite comme il veut. Bref, le Système. Tout pour rester dans ce monde impitoyable, dans la vraie vie.

L'auteur prend ici l'exemple extrême de la bourse et de la plus grande banque du monde, dont la description tiendrait presque de la SF, mais c'est la pauvreté du comportement humain qu'il constate, la superficialité de son terrain de jeu, et surtout son appétence dérisoire et bien fragile, au mépris des conséquences sur la vie de millions d'individus.

Petit bémol en passant : j'ai trouvé la réponse à LA Question très vite.... Peut-être est-ce voulu et comme d'habitude, les personnages de l'histoire ne possédant pas le regard extérieur du lecteur, ne voient pas l'évidence ???

Sur la fin, on en vient forcément à penser à un certain Jérôme K, qui à "lui tout seul" a fait trembler la terre.... Et tout au long de ma lecture, je me suis demandé ou s'arrêtait la réalité et où commençait le romanesque. Car s'il n'y a dans ce livre que réalité romancée, et bien mes amis, je peux vous dire que notre monde repose sur... RIEN.

Un très bon livre, qui vous éclairera, vous initiera sans vous barber, vous amusera et vous fera trembler... Un roman que je classe dans la catégorie fascinant.

 

 

 

" Chance... Fortune... La chance, ça se saisit, la fortune, il faut croire que ça se mérite..."

 

"Quand le vent souffle, même les dindes arrivent à voler" (proverbe boursier)

 

"Qu'est-ce qu'un vendeur ? Un être altruiste, qui place sont client au centre de tout. Animé par l'obsession de lui fournir le meilleur service possible. Quelqu'un qui écoute avant de proposer. Qui fait mieux qu'écouter, qui entend, qui devine. Qui fait mieux que proposer, qui trouve la solution parfaite" ( ahah, c'est tout moi ça, sauf quand je suis très en retard sur mon CA !!!!)

 

" La valeur est une chimère. Rien n'a de valeur, tout a un prix, notre job est de le deviner.... Rien n'a de valeur ici-bas, puisque le prix des choses repose sur l'échange, et que derrière l'échange, se cachent égoïsme et cupidité".

 

"Epidémie, guerres pour l'espace vital, l'homme devient allergique à lui même"

 

"La bourse est une guerre où l'on ne voit jamais celui qui vous tue"

 

"Ce qui a de la valeur pour le Marché, c'est la nouvelle, pas sa véracité".

 

" Les krach sont nécessaires. Commes des purges. Ils assainissent. Ramènent aussi un peu d'humilité et de retenue chez nos semblables".

 

RL2011b

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Rédigé par Géraldine

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