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Publié le 17 Janvier 2017

Afficher l'image d'origineRécit - Editions Livre de Poche 204 pages - 4.60 €

 

 

Parution d'origine en 1842.

 

Le sujet : En hiver 1838 - 1839, Chopin est au plus mal. Aussi, George Sand, ses enfants et Chopin entreprenne un voyage à Majorque, dont le climat devrait être bénéfique au malade. Ils y resteront 3 mois et un Hiver à Majorque est le récit de ce séjour. 

 

Tentation : achat de ce livre il y a des années, en visitant la maison de George Sand à Nohant.

Fournisseur : Ma PAL donc !

 

 

Note en passant : remarquer la belle constance de ce blog !!! Ce weekend, je vous emmenez à Minorque, et aujoud'hui, nous voici à Majorque !!! Bon, j'avoue, c'est fait exprès !

 

 

Mon humble avis : Il est bien rare que je me frotte à la littérature classique, aussi, je précise bien que ce billet est un simple avis de lecture et non une explication de texte littéraire, que je serais bien incapable de rédiger à l'heure actuelle.

Cette édition Livre de Poche comporte une préface assez longue (que j'ai lue) puis des commentaires et des notes innombrables sur lesquels j'ai fait l'impasse. Néanmoins, la préface m'a tout de même été bien utile, histoire d'appréhender l'oeuvre avec un minimum de matériaux culturels...

Mes premières heures de lectures furent portées par mon allégresse, tant je me délectais du style et de l'écriture de George Sand (d'autant plus qu'au début, George Sand fait preuve d'un certain humour)... et du dépaysement tant géographique qu'historique que m'apportait ce livre. Puis mon euphorie c'est transformée en une espèce de lassitude et enfin en consternation... Et je suis ravie d'avoir terminé ma lecture, tout comme je suis tout de même contente d'avoir colmaté un petit trou de mon inculture.

Chose curieuse, ce récit est écrit à la première personne du singulier, mais au masculin. Ce "Je" masculin devient parfois "Nous" lorsque c'est toute la famille qui est évoquée.

J'ai volontairement présenté ce livre comme il l'est souvent "vulgairement", comme le récit du voyage de Sand et Chopin à Majorque. Hors, Frédéric Chopin n'est jamais cité. Lorsqu'il est suggéré, c'est par les mots "Le malade", "L'autre"... Bien sûr, à quelques reprises il est question de la présence d'un piano dans l'habitation, mais guère plus.

En fait, un Hiver à Majorque porte uniquement sur l'île même de Majorque, à travers le regard et les impressions de George Sand, et sur ces rapports avec ses habitants. A ce titre, c'est presque "le petit futé" ou "le routard" de l'époque.

A leur arrivée en 1838, il était impossible de trouver une seule auberge sur l'île... Si Sand abordait l'île à l'heure actuelle, elle se retournerait sans doute dans sa tombe devant la profusion d'hôtels dévastateurs...

George Sand ne tarit pas d'éloge sur la beauté des paysages, tant intérieurs que côtiers de Majorque. Les mots lui manquant pour décrire ce qu'elle voit, elle fait appel à l'imagination et au talent de célèbres peintres pour les retranscrire. Puis viennent les descriptions des villes, des monuments et de la Chartreuse où elle résida, et là, j'avoue, j'ai trouvé que le temps s'allongeait péniblement.

Dans les premières pages, les observations que dresse George Sand sur les Majorquins sont presque drôles puisque donnant lieu à quelques situations cocasses, comme peuvent l'être toutes les situations vécues par des Français en terres étrangères et inconnues... Sauf qu'au fil du temps, celles-ci me sont devenues choquantes et consternantes. Même s'il faut remettre ce voyage dans son époque, j'ai été choquée de voir George Sand traiter les Majorquins d'imbéciles, de stupides, de singes, de race inhumaine... bref, même si quelques personnes sont épargnées, c'est le mépris qui ressort de ses pages

On sent vraiment la supériorité détestable du Français qui voyage et qui compare tout par rapport au confort dont il bénéficie chez lui, qui se sidère avec arrogance des différences de culture, de manière de vivre, de penser et de croire, de cultiver la terre, de ne pas chercher la rentabilité à tout prix etc... Si son comportement à Majorque est tel qu'elle le décrit, il est logique qu'elle n'ait pas rencontré la sympathie des iliens. Qu'elle soit étonnée, pourquoi pas, mais de là à critiquer sans chercher à comprendre, j'ai trouvé cela très décevant de la part d'une femme de lettre résolument moderne pour son époque, cultivée, féministe, qui prône la liberté et le progrès. Autant d'intolérance dans une lecture, cela pique les yeux.

Et cela m'a fait penser à mes clients, lorsque j'étais agent de voyages ou loueuse de voiture à l'aéroport de Pointe à Pitre en Guadeloupe... "La Guadeloupe serait parfaite sans les Guadeloupéens",  "non, je ne veux pas aller au Maroc, il y a trop de Marocains" etc...

Voilà... une langue française magnifiquement maniée, de superbes descriptions de paysages mais un racisme basique et un comportement très colonisateur... Voilà qui me laisse perplexe.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 29 Décembre 2016

Afficher l'image d'origineRoman - Editions Albin Michel - 308 pages - 20.90 €

 

 

Parution le 28 septembre 2016 : Rentrée littéraire !

 

L'histoire : En France, le chaos approche. Bastet, jeune chatte, le sent et l'observe autour d'elle. Elle rencontre son voisin, Pythagore le Siamois, qui va l'instruire. Et à eux d'eux, ils vont bouleverser la destinée humaine.

 

Tentation : Le mot chat pardit !

Fournisseur : Ma CB !

 

 

 

 

 

Mon humble avis : J'attendais énormément de ce roman que je gardais précieusement pour le lire en cette période festive.  Et bien pour être honnête comme un félin, je suis globalement déçue. Je n'ai pas été embarquée avec passion et poser le livre pour vaquer au quotidien ne m'a posé aucun problème.

L'intention de ce roman est bonne, l'idée originale, mais dans la forme, je n'ai pas été conquise.

Déjà, j'ai noté des erreurs dans les comportements félins et leurs descriptions (même si nous sommes dans un roman d'anticipation...)... Les chats n'ont pas de mimiques faciales, les chats ne miaulent pas entre eux. Le chat réserve le miaulement pour communiquer avec l'humain. Enfin, un chat siamois avec un nez rose... hum hum... je veux bien que l'on me le montre... Quelque part, Bernard Werber est un peu trop tombé dans l'anthropomorphisme, même si le vrai caractère félin est prédominant dans ces pages.

L'histoire est contée à la première personne par Bastet, la minette héroïne de cette aventure. Mais j'ai trouvé le ton trop souvent gnangnan et de ce fait, le style en souffre et la délectation littéraire aussi.

J'ai regretté que les "servantes" de Bastet et Pythagore semblent aussi peu distantes de leurs animaux de compagnie. Bernard Werber aurait pu profiter de son projet pour partager les notions de base de la protection animale, concernant notamment la stérilisation, la vaccination etc.

Maintenant, il faut avouer que les passages reprenant l'historique de la présence des chats dans le monde et dans nos sociétés sont très intéressants. Depuis des millénaires, les chats sont tantôt bannis et massacrés, tantôt adulés et adorés, voire vénérés. Et j'ai bien retenu la signification du nom Pythagore !

En fait, Demain les chats est une véritable parabole qui délivre des messages simples et puissants, mais de façon un peu trop simplette pour moi. 

Le monde ne se sortira du chaos actuel qu'avec un juste équilibre entre la force, la connaissance et la communication. L'ignorance est la porte ouverte à toutes les abominations. La communication ne doit pas se faire qu'avec nos égaux, mais s'élever ou s'adapter au niveau de tous, quelques soient les différences (croyances, langages etc...). Bien sûr, chacun a son rôle à jouer plutôt que de subir. Chaque petit effort est une pierre ajoutée à l'édifice d'un monde qui pourrait être harmonieux.

 Le jour où tout sera compris et connu par tout le monde, alors la force deviendra inutile... Puisque pour l'instant, la seule chose qui évite l'effondrement total, c'est hélas la peur... la peur de la force, de la punition etc...

Et bien sûr, n'oublions pas de compter et de protéger notre planète et tous ses occupants... dont les animaux... les animaux sont notre avenir... Puisque "l'homme n'est l'avenir de rien" chantait Renaud il y a quelques années !

Demain les chats reste une belle histoire mais qui pour moi, s'adresse plus à un lectorat adolescent.

 

challenge12016br

7ème sur 6

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Décembre 2016

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Roman - Editions Livre de Poche - 355 pages - 7.60 €

 

Parution d'origine chez Stock en 2010.

 

L'histoire : Lila, jeune femme fragile et volontaire, nous conte son histoire depuis le jour où jeune enfant, elle fut retirée à sa mère par des hommes en noir, jusqu'à la délivrance, une fois la mémoire retrouvée, plus de 20 ans plus tard.

 

Tentation : A l'époque, la blogo

Fournisseur : Ma PAL !

 

 

 

 

 

 

Mon humble avis : Comme il y a longtemps que je n'avais pas autant dévoré un roman et par la même occasion, pris une telle claque en lecture. Et dire que cette pépite de bouquin dormait dans ma PAL depuis plusieurs années...

Synthétiser ce roman n'est pas chose aisée, tant il couvre de nombreux sujets et deux décennies.

La ballade de Lila K est rédigée à la première personne du singulier, par Lila elle- même. Son récit commence alors qu'elle n'a que 4 ou 5 ans, et qu'elle vient d'arriver "au centre"... Ce n'est qu'au fil des pages que l'on apprend vraiment pourquoi elle a atterri dans ce centre, et dans quel état catastrophique. L'enfant doit renaître, revivre, se reformer, tout réapprendre et au tout début, survivre. "Le centre" fait tout pour que Lila oublie ses premières années. Néanmoins, tout au long de l'histoire, l'enfant, puis la jeune fille n'aura de cesse de retrouver sa mère, et de connaitre la vraie vérité, celle qui se cache derrière les apparences.

Ce roman pourrait être le énième récit d'un "fait divers" morbide, sauf que non. Tout est fait pour qu'il soit assez divertissant, surprenant, tout à fait captivant et que sa lecture ne soit pas plombante et démoralisante... même si évidemment, ce n'est pas franchement joyeux. Mais l'ironie que Lila maîtrise à la perfection provoque souvent le sourire.

Déjà, ce n'est qu'à l'issue du premier tiers du livre que l'on découvre comprend réellement à quelle époque se déroule le roman... Ce qui en fait bien sûr un excellent roman d'anticipation, glacial à souhait quand l'on découvre ce que notre société est devenue : séparée par un mur entre l'intra-muros et la Zone, où tout dépend de "La commission" et du "Ministère", où les livres sont déclarés nocifs pour la santé (physique notamment), où vous êtes filmés et enregistrés quoique vous fassiez, où le Ministère vous fournit "le matériel nécessaire" pour les deux orgasmes minimum hebdomadaires et obligatoires, où l'Etat vous vous impose l'implant contraceptif, les injections de Botox dès 30 ans etc... Et puis il y a un peu d'humour... les chats sont devenus on ne peut plus génétiquement modifiés, ce qui en fait des chats arc-en-ciel qui changent de couleurs selon leur bon-vouloir, du rouge au bleu en passant par le mauve.

Et surtout, il y a Lila... Enfant, ado, jeune adulte. Brisée dès le plus jeune âge et qui sera en rééducation physique, psychologique, culturelle et sociale pendant 20 ans. Lila qui malgré tout cela, se révèle être une enfant précoce, d'une intelligence extraordinaire, qui parviendra à manipuler entourage et Commission pour peut-être parvenir à son but : retrouver sa mère et comprendre. Car Lila en est persuadée, elle se souvient de l'amour de sa mère, celle-ci l'a aimé. Le tout, en luttant contre ses phobies, ses dégoûts, en faisant tout pour être "conforme" du moins en apparence, à faire illusion en toutes circonstances. "Ce que j'étais au fond ne comptait pas vraiment, du moment qu'en surface" dans une société on ne peut plus formatée et soumise aux diktats.

Ce qui fait de Lila une héroïne ont ne peu plus attachantes et charismatiques, une héroïne que l'on n'oublie jamais. La ballade de Lila K : un formidable et puissant roman d'apprentissage, de quête identitaire,  de re-naissance, d'amour indéfectible et un énorme coup de coeur pour moi !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 1 Décembre 2016

 

Afficher l'image d'origineRoman - Editions Livre de Poche -264 pages - 6.60 €

 

Parution en poche en mai 2015

 

L'histoire : Sybille est une actrice reconnue. Alors qu'elle débute l'écriture d'un scénario qu'elle souhaite réaliser, elle reçoit un appel de Blaise et Gundrund, des producteurs qui tiennent absolument à produire le futur film.

Malgré la réputation contestée de ces producteurs, Sybille se lance dans l'aventure, pour le meilleur et pour le pire.

 

Tentation : J'aime beaucoup l'actrice Sylvie Testud + curiosité pour le sujet

Fournisseur : Ma CB à l'aéroport lors de mon dernier départ en vacances !

 

 

 

 

Mon humble avis : Il y a quelques années (au moins 2 de ce fait), j'ai assisté à une rencontre littéraire avec Sylvie Testud qui présentait ce roman, que j'avais drôlement envie de lire... mais, pas les moyens de l'acheter en grand format. En le voyant en format poche dans le Relay de l'aéroport de Nantes, j'ai bondi dessus !

Je pense que j'aurais bien plus apprécié ma lecture si je ne m'étais pas rendue compte, dès les premières pages... que j'en avais vu l'adaptation ciné en janvier dernier... sous le titre de : "Arrête ton cinéma".

Je ne lis jamais de roman après en avoir vu le film et je sais vraiment pourquoi aujourd'hui. Plus de surprise, la fin globale, on la connait, même si celles du film et du livre diffèrent un peu. Et tout en lisant, j'avais en tête les visages et jeux des comédiens du film, surtout les comédiennes : Balasko et Zabou Breitman. Jeux que j'avais trouvé "too much" et qui m'avait un peu agacée.

Bref, C'est le métier qui rentre reste une lecture globalement agréable et divertissante. Malgré quelques longueurs et répétitions dans les situations. L'écriture est inégale, plutôt simple, toujours alerte, souvent parlée, même si parlée proprement !

Mon ressenti est un peu le même que pour celui du film. Même si cette histoire est grandement autobiographique... et romancée, les traits des personnages sont trop gros pour que l'on puisse vraiment y croire. Même le personnage de Sybille paraît ici encore plus naïf que dans le film. Alors qu'avec une telle carrière dans ce monde de requins qu'est le cinéma, on s'attend à ce que la puce lui démange l'oreille un peu plus vite, un peu plus fort, comme lui suggère son entourage d'ailleurs. Bref, une naïveté romanesque oui, réaliste... Etonnante tout de même.

Il n'empêche, les mille et une situations cocasses sont tout de même bien amusantes à lire, et les anecdotes plus ou moins croustillantes sur les us et coutumes de l'impitoyable univers du 7ème art sont soit intéressantes, hilarantes ou ahurissantes (par la sur dimension des égos entre autres. Et comme j'aime le ciné, j'apprécie en savoir un peu plus sur la construction d'un film, depuis l'écriture d'un scénario jusqu'au premier jour de tournage, avec tous les corps de métier qui évoluent autour du projet.

Donc à lire pour cela et pour l'humour qui se dégage de ce roman, mais n'en n'attendez pas monts et merveilles !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 1 Novembre 2016

Il faut bien tout la douceur d'un chat pour contrer la rudesse de cette histoire.

Il faut bien toute la douceur d'un chat pour atténuer la rudesse de cette lecture

Roman - Editions Grasset - 189 pages - 17.50 €

Parution le 24 août 2016 (Rentrée Littéraire)

 

L'histoire : Trois gardiens de la paix sont chargés, hors de leurs prérogatives habituelles, d'escorter un ressortissant Tadjik en situation illégale, depuis le centre de rétention de Vincennes jusqu'à l'aéroport Charles de Gaulle. Très vite, la tension monte à l'intérieur de chacun, et entre les uns et les autres. Car très vite, ils réalisent que cette fois-ci, ils vont devoir choisir entre le devoir d'obéissance et la raison individuelle.

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Price Minister et Chapitre.com à l'occasion du match de la Rentrée littéraire.

 

Mon humble avis : (particulier, car il est demandé, pour le Match de la rentrée littéraire, de rédiger une chronique originale)

Mesdames et Messieurs les gouvernants,

Je vous fais une lettre,

que vous lirez peut-être,

si vous avez le temps.

J’ai lu récemment

un roman intitulé Police,

d’Hugo Boris.

Un roman que vous lirez peut-être,

là aussi, si vous avez le temps.

 

Mesdames et Messieurs les gouvernants

Peut-être, vous vous glisseriez alors,

Dans l’es âmes et dans les corps,

D’Erik, d’Aristide et de Virginie

Dans une voiture, pour un soir réunis

Trois gardiens de la paix,

Qui mènent déjà des journées guerrières

Et qui, faute d’administrations surchargées,

Se retrouvent alors mandatés

Pour escorter un homme hors de nos frontières.

Il s’appelle Tohirvov Asomidin.

Le seul crime qu’il ait commis

Est d’avoir déserté son pays

Où l’attend un funeste destin

Puisqu’il y a dénoncé la torture,

Sa torture et la censure.

 

Mesdames et Messieurs les gouvernants,

Si de lire cette histoire vous prenez le temps,

Vous serez alors tantôt Erik

Et tantôt ce Tadjik

Vous vivrez le quotidien de flics

Soumis au cruel dilemme

De choisir entre le devoir et l'intime conviction

Alors que de l’ordre ils sont l’emblème.

Vous ressentirez l’urgence de désobéir

Car une vie d’homme entre vos mains

Vous laisserez en vous la rage bouillir

Bouillir de tant d’injustice

Car être né quelque part

C’est toujours un hasard

Et pour bien des peuples un préjudice

 

Mesdames et Messieurs les gouvernants

De ce récit vous serez captifs

Même si celui est n’est que fictif

Son auteur le rend pourtant bien réel

Surfant entre l’abject visible

Et l’étouffant invisible,

Depuis l’intime jusqu’à l’essentiel

L’essentiel jamais dit

Mais profondément ressenti

Comme une évidence

Ou comme un non-sens.

 

Mesdames et Messieurs les gouvernants

J’espère que vous saluerez

Le courage et la grandeur d’âme

De ces trois policiers

Tout aussi victimes de ce drame,

Que cet homme nommé Asomidin

Que vous verrez la larme de Virginie,

Larme de l’ignominie de cette tragédie

Qui assomme celui qui lit comme un burin.

Que comme moi vous espèrerez,

Jusqu’au dernier instant,

Que le « Système » soit défaillant

Et qu’enfin Asomidin puisse de nouveau respirer.

 

Mesdames et Messieurs les gouvernants,

Je vous ai fait cette lettre,

que vous avez lu peut-être,

si vous en avez pris le temps.

Je voudrais ne plus pouvoir

Lire de telles histoires

Oh, pas pour cause de censure

Mais parce qu’elles seraient pures impostures

Ou seraient classées dans un autre rayon

Celui de la science-fiction.

Mais pour cela...

 

Mesdames et Messieurs les gouvernants

Il faudrait que vous cessiez

Vos stériles débats

Vos discours acidifiés

Envers vos concurrents politiciens

Pour, main dans la main,

Vous pencher sur l’essentiel

Et qu’ainsi, nous puissions tous vivre sous le même ciel.

 

 

Géraldine BUSSON

 

 

 

POLICE, d'Hugo Boris

POLICE, d'Hugo Boris

 

4ème

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 19 Septembre 2016

Afficher l'image d'origineRoman - Editions Albin Michel - 421 pages - 22 €

 

Parution le 30 août 2016 - Rentrée Littéraire

 

L'histoire : Charleroi, Belgique, de nos jours. Augustin, squatter qui se rêvent journaliste, squatte la nuit et effectue un stage non rémunéré au journal Demain. Augustin est insignifiant, voire transparent aux yeux des autres. Jusqu'au jour où il assiste à un attentat à la sortie d'une messe où il voit tout, même l'invisible. Car Augustin possède un don, celui de voir les morts (anges ou démons) qui accompagnent leurs vivants.

Sachant cela, la juge le somme d'enquêter sur le ou les coupables de toute cette violence : Dieu, ou les Hommes ?

 

Tentation : E.E.S est l'un de mes auteurs fêtiches !

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi !

 

 

 

 

Mon humble avis : Il me semble (à moins que la mémoire me fasse défaut), que c'est la première fois que je sors sans enthousiasme débordant d'un livre d'Eric Emmanuel Schmitt.  Certes, cette lecture est globalement plaisante - malgré quelques longueurs - fluide et spirituellement enrichissante et intéressante.

L'intention de cette histoire est on ne peut plus louable, mais le procédé narratif, quelque peu inhabituel, m'a déstabilisée, voire égarée par moment. Même si la fin du roman justifie justement ce procédé, je ne suis pas convaincue, car il m'a semblé y avoir un réel décalage avec le Schmitt que j'apprécie. J'aime être surprise par un auteur, mais être désorientée à ce point m'a par moment déplu. Des personnages farfelus, un peu trop de démagogie, des répétitions dans les propos d'Augustin, le narrateur, des situations peu vraisemblables, et pour cause sans doute, mais bon, je ne peux trop rentrer dans les détails et justifier mes propos sous peine de spoiler les dernières pages.

De fait, il m'a fallu une centaine de pages avant d'entrer dans l'histoire et de m'approcher de ce que je cherchais dans cette oeuvre. Schmitt aime écrire des romans "lumière et miroir". Lumière pour éclaircir le lecteur, miroir pour que celui-ci s'y retrouve. Avec l'Homme qui voyait à travers les visages (soit dit en passant, je trouve le titre très mal choisi), nous sommes, selon moi, surtout dans le roman lumière.

Qui nous inspire dans la vie, jusqu'où va notre libre arbitre, qui pense, écrit, agit à travers nous. Voilà l'une des questions essentielles développées ici.

Mais surtout, qui est responsable de la violence contemporaine générée au nom de Dieu ? Dieu lui-même, les hommes, Dieu à travers les hommes ou vice et versa ? Pour répondre à cela, Schmitt nous propose une rencontre avec Dieu himself lors d'un long dialogue mené par Augustin. Et l'originalité est qu'Augustin interviewe Dieu en tant qu'auteur de 3 livres : l'Ancien Testament, le Nouveau Testament et le Coran. Cette partie est réellement passionnante et permet de réfléchir à l'évolution des religions au cours des siècles, leurs points communs et les différentes lectures qui sont faites de ces trois livres, avec les conséquences que l'on connaît hélas. Bien sûr, on peut compter ici sur l'érudition d'Eric Emmanuel Schmitt pour nous captiver et nous inciter à s'interroger sur le christianisme ou l'islamisme qu'il y a en chacun de nous, que l'on soit croyant ou athée mais humaniste. Personnellement, cela m'a permis de discerner encore plus la lecture que certains de mon entourage font du nouveau testament et d'en constater encore plus les contradictions dans la pratique.

Dieu a mal à l'homme, car l'homme lit et interprète mal ses livres !

Autre petit détail sympa, Eric Emmanuel Schmitt se met en scène dans cette histoire, dans son propre rôle d'écrivain. Qui plus est, il nous invite dans sa demeure proche de Charleroi, notamment dans son salon tapissé de... livres, évidemment.

Conclusion donc : oui, dans le fond, bof dans la forme !

 

challenge12016br

3

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Septembre 2016

Afficher l'image d'origineRoman - Editions Albin Michel - 188 pages - 16.90 €

 

Parution le 17 août 2016 : Rentrée Littéraire !

 

L'histoire : Rive droite, nait Déodat, un enfant dont la laideur contraste avec son intelligence précose. Rive gauche nait Trémière, une fillet dont la beauté n'efface pas la stupidité. Leurs destins se rejoindront -ils ?

 

 

Tentation : Mon fascination pour Amélie pardit !

Fournisseur : Ma CB pardit !

 

 

 

 

 

 

 

Mon humble avis : Ah, le roman que j'attends toute l'année, sans le guetter puisque l'on connait parfaitement sa date de sortie, ou, à quelques jours près, sa période d'éclosion !

Comme il y a quelques années avec Barbe Bleue, cette fois-ci, mon auteure fétiche remet au goût du jour le conte de Perrault éponyme. Elle en donne sa version, avec son style bien particulier, reconnaissable entre mille.

A travers ce conte, Amélie Nothomb revient sur un sujet récurrent dans sa littérature : la hideur face à la toute beauté. Deux apparences opposées mais qui ont un point commun : elles isolent celle ou celui qui la porte. D'un côté, c'est le rejet et de l'autre, la jalousie et le préjugé de la bêtise inhérente à la beauté.

Même si Amélie Nothomb actualise le conte, il règne dans ce livre un sentiment délicieux d'atemporalité, de magie, renforcé par l'entourage familial peu orthodoxe des deux enfants. Bien entendu, la légèreté affichée dans certains propos et dans le style est un trompe l'oeil, mais l'humour et la tendresse de l'écrivaine envers ses personnages sont eux bien réels. Car bien sûr, Amélie ne juge pas aussi sévèrement ses personnages que le font les autres protagonistes du roman. Bien au contraire, entre les lignes, on comprend bien que Trémière n'est pas si sotte que cela, qu'elle possède sa propre forme d'intelligence, une intelligence bien plus essentielle que celle qui s'étale ou saute aux yeux. L'intelligence de soi, et le sens des autres.

Dans chacun de ses romans, Amélie dévoile toujours une partie d'elle-même. Cette fois-ci, nous apprenons sa passion, son amour, sa fascination pour les oiseaux, puisque Déodat deviendra ornithologue.

Comme d'habitude, on retrouve ici des prénoms "Nothomb made", du vocabulaire inusité par ailleurs. Comme d'habitude, je me suis régalée de cette lecture, même si, je l'avoue, Amélie m'a déjà emmenée plus haut !

 

challenge12016br

2

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 31 Août 2016

Afficher l'image d'origineRoman - Editions Léo Scheer - 226 pages - 17 €

 

Parution le 24 août 2016 : Rentrée Littéraire.

 

L'histoire : Vincent, trentenaire parisien, écrivaillon et journaliste peu ambitieux, se morfond dans une vie sans saveur. Jusqu'au jour où, au hasard des rencontres, il fait la connaissance d'Emmanuel, puis de Lia... Tous les trois décident alors une nouvelle trajectoire de vie : une vie où l'on reste vertical là où tout le monde se couche sous les dictacts contemporains.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi !

 

 

 

 

 

Mon humble avis : Premier roman de la rentrée littéraire pour moi, et premier roman tout court ! Très prometteur d'ailleurs, car Romaric Sangars s'est lancé ici dans un projet audacieux, sans chercher la facilité et surtout, quelle plume ! Le style est vraiment soigné, et témoigne d'un français bien maitrisé, aimé passionnément ! Et ça, c'est très agréable à lire... et rassurant... sur la qualité littéraire française à venir !

J'ai terriblement apprécié ce roman dès les premières pages, tant je semblais m'y retrouver dans mes aspirations à une vie faite d'idéaux dans un monde qui serait moins marchand. Les discours pittoresques d'Emmanuel me captivaient, me réveillaient quelque part. Et Lia c'était un peu moi, un peu beaucoup, sauf pour la voix puisque quand je chante, les cris s'élèvent pour que je me taise.

J'ai vraiment cru que ce roman serait une ode à la verticalité, un vent d'optimisme. Hélas non. Ce n'est pas un reproche réel, juste une déception personnelle. Car comment en vouloir à Romaric Sangars, lui qui voit tant à travers de notre société contemporaine et qui, dans ce roman, lui reste fidèle. Oui, il y a cela de magistral dans les verticaux, c'est la vision décryptée de notre époque et l'analyse des faits et des évolutions historiques qui nous ont menés à nos sociétés délétères. Ce qui était admirable, preuve d'honneur à l'époque de la chevalerie est considéré maintenant comme criminel alors que tout tue maintenant, les mots, les images, les réseaux. 

Les verticaux est donc très intéressant à lire, on a envie d'intervenir dans les dialogues pour les enrichir de nos points de vue et les partager avec les personnages. Par contre, attention, cette histoire n'est pas à proprement parlé distrayante. Très dense, pleine de réflexions analytiques sur notre économie de marcher et les rapports autant sociaux qu'amoureux, certains passages s'apparentent presque à la dissertation de philo et incitent à la réflexion personnelle, ou, en tout cas à disséquer les théories proposées pour les trouver subtiles, y adhérer "en toute connaissance de cause" ou les réfuter. Ce roman demande donc une certaine concentration.... et un crayon à papier pour faire des croix dans la marge (ce que je n'ai pas fait, hélas), tant ces pages fourmillent de citations qui seraient à retenir !

Par contre, et voilà pourquoi je ne mets que 3 pattes de chats malgré mon admiration pour le travail de l'auteur... Certains personnages m'ont quelque peu déçue dans leur façon de faire face, de retrouver la verticalité. J'espérais d'eux plus de ferveur, de fantaisie, de passion, et un réel changement de vie et de comportement suite à la décision de demeurer vertical. Le narrateur, notamment.

 

challenge12016br

Nous sommes quelques-uns à ne pas nous résoudre à ce que tout tourne vide. A traquer la verticalité. De vraies vocations, de vraies cibles, et la vie comme élan pur entre les deux.

Les verticaux

Montre moi où tu as mis ta vie ?

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Août 2016

Roman - Editions Livre de Poche - 251 pages - 6.90 €

 

Parution en poche en janvier 2016

 

L'histoire : Kolia assiste à l'enterrement de sa grand-mère. C'est alors qu'il réalise que les générations passent et sont vite oubliées, qu'il ne sait rien de ses arrières grand-parents, de leur vie, de leur époque. Alors, il entreprend de rédiger une lettre pour Anna, qui sans doute, sera son arrière petite-fille dans quelques décennies. Il lui raconte qui il est par des bribes de souvenirs du plus futile au plus subtile, souvenirs tous témoins d'une époque.

 

tentation : Mon amie Marie Hélène 

Fournisseur : Kdo de mon amie Marie Hélène

 

 

 

Mon humble avis : Enorme coup de coeur pour ce roman ! Le genre de roman que j'aimerais écrire. Qui plus est, j'ai la matière (des souvenirs, une époque) mais pas le talent !

Ce livre est aussi doux que son titre, même si parfois, les souvenirs évoqués sont tristes évidemment. Comme lorsqu'il s'agit du décès d'un copain de lycée.

Ce qui a rendu particulièrement magique cette lecture, c'est que l'auteur et moi sommes de la même génération ! Nous avons grandi dans les années 80. Aussi, nous avons écouté les mêmes musiques, vus les mêmes films, avons été témoins des mêmes événements internationaux marquants Alors les souvenirs de Nicolas Delesalle sont très proches des miens, voire parfois identiques, même pour les plus intimes ou délicats. Comme par exemple, l'herbe coupée. Je garde mois même un souvenir très précis, la sensation et l'odeur délicieuse de l'herbe coupée au printemps, quand les fenêtres commencent à s'ouvrir etc. Il y a aussi les trajets en voiture familiale pour les départs en vacances. Comme chez moi, 3 enfants derrières + un chien + le père qui fume toute vitre fermée !

Nicolas Delesalle évoque encore bien d'autres réminiscences de son enfance, de sa jeunesse ! Les profs qui donnent envie d'apprendre, le premier choc littéraire, la révélation du clip Thriller, la première communion tant attendue et la déception devant le zéro effet du corps du Christ, les premières fusées artisanales fabriquées avec un copain, les premiers émois amoureux, le premier baiser... et quel baiser ! Jamais de ma vie je n'ai lu un aussi beau baiser, si bien détaillé et expliqué par mille et une métaphores toutes plus douces et délicates les unes que les autres ! Il y a bien sûr les soupes "passées" par Maman, la première rupture amoureuse, puis, plus tard, la naissance de 2 enfants. J'en passe et des plus inattendus, ou des plus communs où chacun se retrouve.

Tout cela est écrit avec un style magnifique, parsemé d'un délicieux humour et d'une poésie exquise. Ce roman est un bijou, qui se lit comme on suit le lit d'une rivière tranquille. Un énorme coup de coeur ! Je ne sais pas à quand remonte un tel enthousiasme de lecture chez moi, c'est peu dire ! Alors vous aussi, plonger vous dans ce Parfum d'herbe coupée !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 19 Juillet 2016

Afficher l'image d'origineRoman - Editions Grasset - 316 pages -19.00 €

 

Parution le 19 août 2015 (Rentrée littéraire)

 

L'histoire : Le narrateur (alias l'auteur), devenu adulte, raconte son enfance. Sa vie entre ses deux parents, l'école, l'époque (années 50 - 60). Mais surtout, la mythomanie, la paranoïa et la violence de son père envers lui. Et le silence et la soumission de sa mère, même lorsque les coups pleuvaient. Puis sa vie d'adulte jusqu'au décès de son père, en 2011.

 

Tentation : Chalandon incontournable

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

 

 

Mon humble avis : La rentrée littéraire 2016 approche à grands pas alors que je n'ai même pas encore lu mes romans de celle de 2015. En fait, depuis octobre et mon achat, je reporte constamment la lecture de cette "Profession du père", tant je reste "traumatisée" par ma lecture du Quatrième mur, qui m'avait laissée exsangue, tant l'atmosphère du livre était suffocante et dure (la guerre du Liban).

Avec Profession du père, le sujet n'est guère plus "joyeux", l'ambiance pourrait être étouffante, mais le style employé par Sorj Chalandon sauve le lecteur de l'asphyxie.

L'histoire se déroule souvent dans un petit appartement clos, aux volets fermés, qui ne reçoit jamais de visite. Un appartement où l'on vit en fonction de l'humeur du père, craignant toujours une "explosion". Mais c'est Emile qui conte son enfance, alors, il y a toujours l'innocence et la naïveté infantile, alors le climat s'en trouve un peu allégé. Faussement allégé bien sûr, car c'est une tragédie qui se déroule sous nos yeux. Emile à l'imagination et l'innocence de son âge et pourtant, sous les coups ce son père, il ne vit déjà plus dans l'enfance.

André le père souffre de mythomanie et de paranoïa pathologiques, mais jamais diagnostiquées. Ni même par la mère qui subit elle aussi les délires et l'irascibilité de son mari sans se poser de question, sans se rebeller. Soumise.

André s'invente mille et une vies, mille et une professions alors qu'il passe la majeur partie de son temps à la maison, au lit ou parfois, dans la carrosserie automobile d'un "ami". Alors, à chaque rentrée scolaire, le jeune Emile s'interroge pour remplir la case du dossier scolaire : profession du père : champion de judo, parachutiste, compagnon de la résistance, ami intime de de Gaulle, pasteur etc... Jusqu'au jour où son père lui "avoue" qu'il est espion pour l'OAS et la CIA (je tais les moult arguments du père pour que son fils le crois). Alors Emile croit son père et cet énième mensonge, se croit lui aussi membre de l'OAS, recrute un camarade de classe et prévois, pour faire plaisir à son père, de tuer de Gaulle en 1961... 

Si les circonstances n'étaient pas aussi dramatiques, on pourrait rire de certaines situations, de certains quiproquos, de certaines réflexions d'enfants et du regard de celui-ci sur son "rôle" dans l'OAS etc. Mais tout ce que vit Emile dépasse l'entendement...

Et l'on ne rit pas. Dans profession du père, Sorj Chalandon quitte les grands conflits de l'Histoire (après l'Irlande, le Liban) et nous fait vivre une guerre familiale, jamais vraiment déclarée, et finalement reconnue uniquement par le fils. Violence physique et mentale, manipulation, tyrannie paternelle, humiliations domestiques, voilà le quotidien d'Emile enfant, puis d'Emile adulte, même si celui-ci vit sa propre vie, la plus éloignée possible de ses parents destructeurs. Le roman s'ouvre par les funérailles du père, alors on sait dès le début ce qu'il en est. Mais, au fil des pages, on ne peut qu'être glacé par ce que vit le jeune Emile, puis le moins jeune, et admiratif devant le chemin et la reconstruction personnels réalisés. Car oui, l'on se demande à chaque page : mais comment grandir, se construire, se reconstruire, survivre et trouver un équilibre après tout cela ? Comment redevenir "normal" ?

Les situations ubuesques et le style magistrale de Chalandon permettent aussi au lecteur de survivre à cette lecture, et si celle-ci restera à jamais gravée dans ma mémoire.

Alors, toute mon admiration pour l'auteur et ce livre qu'il est parvenu à extirper de sa mémoire et de son âme, et toute mon admiration à Sorj Chalandon pour l'Homme qu'il est devenu.

A lire, évidemment... Et pour info, Profession du père sort en format poche fin août.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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