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Publié le 6 Février 2010

Roman - Editions Folio - 159 pages - 5,32 €

Résumé : Mme Lure est une vieille femme comme on en croise sans les remarquer. Dans l'appartement de son mari disparu, elle maintient chaque chose à sa place, tranquille et pour toujours. Elle évite tout souvenir, mais rêve grâce aux brochures de voyages qu'elle étale sur la table de la cuisine. Yvonne Lure entre dans les photographies, y sourit, y vit.
Un jour, surprenant les doigts voleurs d'un jeune homme dans un grand magasin, elle se met à le suivre de façon irréfléchie jusqu'à son campement, sous l'arche d'un pont.
Qu'ont-il en commun, Yvonne, celle qui garde, et Vargas, l'errant ? 


 





 



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Mon humble avis :                   Je vous salue Jeanne Benameur, pleine de grâce,

                                           Le génie et la modestie sont avec vous,

                                           Vous êtes estimée entre tous les auteurs

                                           Et vos livres, fruitS de vos entrailles, sont enchanteurs.

 

                                           Chère Jeanne, mère "des demeurées" ou "des mains libres"

                                            Ecrivez pour nous vos chers lecteurs,

                                            Nous vous seront toujours reconnaissants.

 

                                            Merci.  

 Voilà déjà ce que m'a inspiré la lecture Des Mains libres. Dès les premières pages, j'étais comme en apesanteur et cette sensation ne m'a pas quittée jusqu'à la fin. La plume de Jeanne Benameur est toujours aussi gracieuse et pudique et spacieuse.
Madame Lure est une vieille dame "invisible", qui d'ailleurs ne voit pas les autres, ni les choses ni le monde. Elle vit d'habitude et depuis toujours veille à la bonne distance entre les objets. Elle n'a jamais regarder quelqu'un dans les yeux, ses mains n'ont jamais caressé... même si pourtant, Madame Lure a été mariée. Un jour, elle surprend Vargas un jeune gitan voler une plaque de chocolat. Elle le suit... Va alors s'installer entre eux une relation dont seule Jeanne Benameur a le secret : relation faite, de lectures, de silences, de respects, de dons. Chacun sera alors en mesure de partir à la découverte du monde selon sa propre dimension. Deux personnes que tout sépare se relie : Vargas l'homme de la route, Mme Lure qui n'a jamais quitté son appartement et son petit quartier.
J'ai tout de suite était touchée par le personnage de Mme Lure qui chaque semaine, prend une brochure de voyage avant de s'installer dans sa cuisine et de partir en voyage... Elle choisit ne photo, une plage, un homme noir portant quelque chose sur sa tête, un animal exotique... Et la voilà partie, les mains sur sa toile cirée et les pieds sur son carrelage qui fait office de sable chaud.
Ce livre est magnifique, d'une finesse remarquable et provoque des émotions assez rares... Oui, manifestement, il suffit parfois d'une improbable rencontre pour que tout change autour de vous, subrepticement... Et votre destin prend une autre direction.


"Elle donne vie parce qu'elle crée les images, les sons et les odeurs, parce qu'elle imagine. Maintenant, elle sait. C'est cela qui reposait dans le silence de la bibliothèque. Elle est vivante."

" Des questions. Elles n'en a jamais posé de sa vie. Soudain, elle se rend compte qu'il y en a tant que les branches d'un arbres. Où étaient elle tout ce temps ? Qu'en avait elle fait ? Est-ce que les questions vivent en nous sans que nous le sachions."

" Est-ce que le regard de celui qui lit et de celui qui ne lit pas est le même" ?

" Il y a dans le monde des jardiniers invisibles qui cultivent les rêves des autres".

" C'est celui qui se souvient qui vieillit le plus vite "?

" Est-ce que c'est dans les villes qu'on apprend à être semblables ?"


                                                         
                                                                    B

Ceci est une lecture commune avec Goelen et Stéphie !

Du même auteur sur ce blog : Les demeurées.
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Rédigé par Géraldine

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Publié le 29 Janvier 2010

Roman - Editions Stock - 245 pages - 17,50 €

 

   

 

Le mot de l'éditeur : « – T’as passé une bonne semaine ? 
Je ne sais pas quoi dire. Si je dis oui, il va être triste, ça voudrait dire que je me passe bien de lui et que l’Autre n’est pas si mal. Si je dis non, il sera très en colère contre Zélie et l’Autre parce que je suis malheureuse à cause d’eux. 
Je dis : – Moyen. »

Du haut de ses neuf ans, Ninon observe le monde. Un monde où les adultes ne s’aiment plus, où les mots n’ont pas de sens, où les mensonges sont rancuniers, où tous les gens l’appellent « Mon dieu ! » en faisant de grands yeux. Parce qu’elle ne le comprend pas, Ninon décide de s’en détourner et de vivre avec son père qui n’a plus rien. Rien, sauf elle. 
Ensemble, ils refont leur monde, construisent une maison à partir de rien, traient les chèvres, vendent sur les marchés, oublient l’école et les bonnes manières, sans se soucier des bien-pensants, ni de Mme Kaffe, l’assistante sociale.



 venant de Sylire et terminant son voyage chez moi !







                                                                               
       

                                                                                          
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Mon humble avis :  Ce magnifique premier roman est sorti il y a près d'un an, a été un vif succès de librairie, a fait le tour de la blogosphère et est enfin arrivé entre mes mains !
Dès les premières pages, la jeune héroïne Ninon, du haut de ses 9 ans nous emmène dans son univers... des parents plutôt immatures qui se séparent et vivent sans le sous. Mais Ninon n'est pas Cosette, loin de là ! Ninon ne subit pas sa vie, elle la choisit. Elle mène une vie dure mais ne s'en soucie pas, même si elle vit mal la séparation de ses parents.
Ninon est heureuse dans son monde et nous le fait savoir. Son plaisir à elle, c'est de manquer l'école, de vivre pieds nus, de traire les chèvres et de vivre dans une cabane de fortune avec son père. Bien sûr, Ninon n'est pas comme les autres, mais se pose les questions des enfants de son âges et craint Mme Kaff. Elles ne comprend pas le monde des adultes et se crée pleins d'images et d'expressions bien à elle, que Maud Lethielleux traduit par de bons mots d'enfant succulents. Il en résulte un livre d'une fraîcheur et d'une spontanéité naturelles rares qui donnent le sourire. Une lecture émouvante et touchante, grâce à un personnage plus attachant et espiègle que jamais. Ninon nous fait comprendre que le monde des adultes n'est pas logique et que le bonheur d'un enfant peut être simple, loin des jeux vidéos et autres méfaits d'une société ultra consommatrice. Mais surtout elle nous chuchote que les règles strictes de la société rigide en mesures sociales et éducationnelles ne conviennent pas à tout le monde, que cette société met des barrières à notre épanouissement et ce, parfois, dès notre petite enfance. C'est un long débat...A oui, j'allais oublier de préciser, c'est surtout un livre sur l'amour, celui d'une petite fille pour son père, sa soeur, la nature, les animaux....Et n'oubliez pas que la vérité sort de la bouche des enfants !


                                                        

                                                                          L


L'avis d'Aifelle, de Sylire, de Soie, de Sylvie, de Florinette, de Keisha, d'Anne, de Stéphie



Et le prochain roman de Maud, "d'où je suis je vois la lune" sortira chez Stock le 9 mars !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Janvier 2010

http://www.lexpress.fr/images/jaquettes/63/9782879296463.gifRoman - Editions de l'Olivier - 255 pages - 20 €

Résumé : Paul Anderen vit seul avec ses deux enfants, Manon et Clément, depuis un an, depuis que Sarah, leur mère, a mystérieusement disparu sans leur donner le moindre signe de vie. Le roman s’ouvre sur un déménagement. Renonçant à habiter plus longtemps leur maison en banlieue parisienne, symbole d’une vie de famille autrefois vivante et unie, Paul part, avec ses deux enfants, à St Malo, sa terre natale. C’est là, près de la mer, qu’il espère donner un second souffle à sa vie.Devenu moniteur dans l’auto-école familiale reprise par son frère, il est le passager privilégié des vies d’Elise, Justine, Bréhel, des élèves avec lesquels il se lie. D’autres rencontres suivront, avec le « Grand » par exemple, avec Combe, des personnages banalement extraordinaires, comme le sont si souvent ceux d’Olivier Adam, et qui aident Paul à réinventer un quotidien, imaginer le meilleur et essayer d’y croire, malgré l’absence mordante de Sarah.








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Mon humble avis : Sarah, la femme de Paul, a disparu sans explication il y a un an. Avec Manon et Clément, ses deux jeunes enfants, Paul retourne sur la terre de son enfance, Saint Malo, dans l'espoir de reprendre pied dans la vie.

Voici un livre bouleversant, d'une justesse incroyable, à tel point que l'on pourrait le croire autobiographique. C'est une histoire triste avec quelques notes d'optimisme, comme le sourire de Manon ou la joie que Clément prend à partager une partie de foot avec son père. L'amour que porte ce père à ses enfants vous fend le coeur, et son désarroi devant l'absence de sa femme vous glace le sang. On ressent parfaitement la dualité à laquelle Paul doit faire face : rester digne et s'occuper du mieux qu'il peut de ses enfants et l'envie de se laisser couler, de se noyer entre autre dans le whisky. Tous les sentiments sont extremement bien décrits, comme ceux des personnages que croisent Paul dans sa nouvelle vie et auxquels on s'attache bien vite. Ces personnages ont tous une blessure personnelle à soigner et, malgré sa détresse, Paul va, à sa façon, aider ces gens à surmonter leur faiblesse. Des gens blaissés par la vie, qui se soignent mutuellement. A leur tour, ces personnages pourront, si l'on imagine une suite, aider Paul et ses enfants à se reconstruire.

L'absence de Sarah est présente tout au long de ce roman, même si le sujet est tabou, que personne n'ose réellement l'évoquer, sauf les enfants dans leurs cauchemars. Le lecteur se demande si les dernières pages lui expliqueront cette disparition, lui offriront une réapparition.... Le lecteur, comme le personnage de Paul, ne préfère peut-être ne même pas savoir. Qu'est-ce qui est le plus dur à supporter : l'incertitude qui va avec l'espoir vain, ou la vérité, qui peut-être douloureuse. Faut il savoir ou ne pas savoir pour reprendre la vie ?
L'écriture est précise est varie entre franchise et lyrisme. En effet, Olivier Adam n'a pas son pareil pour décrire les paysages marins de Bretagne et leur atmosphère. Les couleurs, les odeurs, les sons, le mouvement des marées, les plages de St Malo, de St Lunaire (me semble-t-il). Mon seul petit reproche serait que ces passages de descriptions picturales soient un peu trop redondants. Mais peut-être est-ce là pour ajouter encore un peu plus de mélancolie à ce récit. La mer, quand on sait la regarder, peut souvent apporter ce genre de sensation.
Des vents contraires, un livre fin, intelligent, sur l'humanité de la désespérance. A lire, mais pas forcément avec le coeur à marée basse.


Ceci est une lecture commune avec Stéphie. Pour lire son avis, c'est par
ICI

 
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L'avis d'Edelwe

Du même auteur sur ce blog :A l'abri de rien

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Janvier 2010

http://images-booknode.com/book_cover_l_echappee_belle_45331_250_400Roman - 125 pages - Editions France Loisir / Dilettantes - 9.50 €



Résumé : Simon, Garance et Lola, trois frères et sœurs devenus grands (vieux ?), s’enfuient d’un mariage de famille qui s’annonce particulièrement éprouvant pour aller rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier dans un château perdu au fin fond de la campagne tourangelle. Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanités, ils vont s’offrir une dernière vraie belle journée d’enfance volée à leur vie d’adulte.














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Mon humble avis :  Et oui, ma couverture n'est pas la même que la vôtre, puisque mon livre, je l'ai déniché en septembre sur une brocante au doux prix de 0.50 € !!!
Ce n'est pas le livre du siècle mais quel agréable divertissement, dévoré en quelques heures. Un véritable rafraîchissement ! De la légèreté, de l'humour qui cachent tout de même des réflexions un peu plus sérieuses, notamment sur l'affection que peut se porter une fratrie. Comment chacun y perçoit l'évolution des autres et s'inquiète du bonheur ou du malheur de ses frères et soeurs. Et puis bien sûr, certains n'osent avouer leur crainte : que vais-je devenir sans mes frangins et ma soeurette maintenant que chacun a fait sa vie ? Et beau milieu de cette fine équipe, une belle soeur, cible privilégiée plus ou moins involontaire de Lola et Garance, qui donne l'occasion de répliques bien diaboliques et qui subit leur sarcasme tant elle est... pénible, et gnian gnian. D'ailleurs, elle se retrouve abandonnée au mariage. Car sur un coup de folie, Garance, Simon et Lola décident de s'échapperd'un mariage protocolaire pour aller rejoindre le quatrième élément de la fratrie, Vincent. Ils prennent une perm', font le mur, s'échappent, se font la belle.... Vincent, qui vit et restaure le château de famille. Tous les quatre, ils vont avoir deux jours pour vivre comme avant, jouir d'une liberté, retrouver un goût d'enfance perdue. On partage avec eu ce bien être de campagne, fait de pique nique et de baignade dans la rivière. Le récit est court, il aurait mérité quelques approfondissements. Mais quoi qu'il en soit, pour moi qui sortait de la sombre histoire de "A l'abri de rien" d'Olivier Adam", ce petit roman fut une belle échappée !


" Ce que nous vivions là, et nous en étions conscients tous les quatres, c'était un peu de rab, un sursis, une parenthèse, un moment de grâce. Quelques heures volées aux autres.... Encore combien d'année avant d'être encore vieux ?"



L'avis de Gambadou, Cuné

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 13 Janvier 2010

http://www.librairiepantoute.com/img/couvertures_300/9782879295848.jpgRoman - Editions Points- 219 pages - 6 €

Résumé :  Plus rien n'arrête le regard de Marie ou presque. Ce jour là, des hommes en haillons sont postés prs du Monoprix. Sans savoir pourquoi, elle pénètre dans la tente, se joint aux bénévoles pour servir des repas de ceux qu'on apppelle les "Kosovars". Négligeant sa famille, indifférente aux attentions de son mari, à la tendresse de ses enfants, Marie se consacre à la survie de ces hommes en perdition. Elle leur donne tout, jusqu'à sa raison.




















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Mon humble avis :  Marie  souffre d'une veille blessure jamais refermée : la mort subite de sa soeur dans un accident de voiture. Elle a donc ce que l'on appelle "des antécédents dépressifs". Sa vie actuelle n'arrange rien : licenciée de son poste de caissière, elle vit petitement avec son mari et ses 2 enfants. Elle est prête à basculer. Quand d'un seul coup, un événement la détourne de son propre malheur, de sa propre souffrance. Elles rencontres "les kosovars" (les réfugiés de Sangatte) et les bénévoles qui tentent de les aider de leur mieux, avec les moyens du bord, et bien sûr au delà de la loi. Marie trouve une nouvelle cause à sa vie, une nouvelle révolte. Elle s'oublie et se trouve utile enfin. Elle s'investit corps et âme dans l'équipe des bénévoles, s'attache à certain réfugiés. Comme elle est déjà malade, qu'elle n'a déjà plus vraiment les pieds sur terre, Marie ne reconnaît plus ses limites et ne fait pas les choses à moitié. Elle donne tout : son temps, son argent, ses vêtements, sa vie de famille. Oui, au fur et à mesure, elle s'éloigne et néglige sa famille. D'ailleurs, son comportement ternit la réputation de sa famille qui devient banie et sujet de moqueries ou d'agressions pour les enfants. Mais la seule obsession de Marie reste: les réfugiers et leur sort. Déjà fragile, elle y perdra la toute dernièreraison qui lui permettait encorede se tenir debout. Malgré le soutien de sa famille, elle sombrera dans une dépression que l'on peut appeler folie, même si le livre s'achève sur une note desespoire.
Bouleversant, ce livre est formidablement orchestré par Olivier Adam. On (re) découvre le sort de ces centaines de réfugiés de Sangatte dont les médias ne s'intéressent plus guère. On réalise à quel point il leur en a fallut du courage pour arriver jusque là, et que ce jusque là, justement, c'est encore l'enfer. On se révolte devant l'indifférence des uns, on admire le dévouement des autres. Mais surtout, on vomit devant le comportement des policiers qui se comportent en vrais cowboys. Et là, parenthèse politique : pourquoi, alors qu'on renvoie certains réfugiés en charter chez eux alors qu'ils ont tant investi pour arriver là, fuient une situation politique dangereuse pour eux, espèrent rejoindre des membres de leur famille... On en fait venir d'autres, comme un coup de pub politique, des afgans à qui on offrent globalement un an tout frais payer avec études... Alors que les réfugiés luttent pour leur vie et ont fait preuve d'un courage surhumain pour.... pourquoi en fait. ? Fermeture de la parenthèse politique.
Le portrait de Marie est un chef d'oeuvre. On pense qu'elle va revivre mais non, elle  bascule mais que faire. On ne peut la juger puisque l'on devine derrière son comportement une maladie sournoise. Et tout cela est dit avec respect, sobriété et ô triste réalité.
Un livre à lire pour la détresse physique des uns et morale des autres.
Un livre où le pire et le meilleur de l'humanité se croisent, se frôlent, se rencontrent.
Marie, une femme que l'on oublie pas, qui m'a touchée en plein coeur.
A puis à l'abri de rien, personne n'y est : ni de la misère, ni de la dépression.

PS : Un livre qui rappelle aussi le film
Welcome,auquel Olivier Adam avait participé à l'écriture


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Les avis de Belledenuit, Stéphie, Calypso


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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Janvier 2010

http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782848050690.jpgEssai - Editions Sabine Wespieser - 247 pages - 20 €


Résumé : LE PIRE, C'EST LA NEIGE. Relisant, après la mort d'André Pieyre de Mandiargues en 1991, les nombreuses lettres du poète depuis leur rencontre, au début des années soixante, alors qu'elle s'apprêtait à lui consacrer son diplôme de fin d'études, Jacqueline Demornex décide de revenir sur la fascination littéraire et amoureuse que lui inspira l'écrivain dont l'année 2009 marque le centenaire.
Le pire, c'est la neige - le début d'un poème de Mandiargues - est une longue invocation : comment un homme, fût-il une grande figure du monde des lettres, peut-il jouir d'un tel ascendant sur une jeune femme qui par ailleurs s'épanouissait en toute liberté ? 













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Mon humble avis :Dès les première pages, j'ai su que je me sentirais bien dans ce livre. L'écriture est élégante et rafinée. Quant au style, il intimiste, sans fausse pudeur et sans vulgarité non plus. Un livre comme un cocon, qui réchauffe en cette période hivernale.
Jacqueline Demornex nous conte sa vie, depuis qu'elle quitta son Jura natal pour la capital avec des envies d'études de lettres. Elle choisit le poète de Mandiargue comme sujet d'étude, le rencontre et se laisse envahir par son sujet : amitié, respect inaltérable sur des décennies, fascination littéraire, admiration humaine, passion amoureuse, sexuelle. Impossible de ce passer l'un de l'autre, malgré le temps, la distance, la différence d'âges, les mariages....Son modèle écrit, mais Jacqueline sèche. L'écriture et la passion sont donc au centre du récit, même si cette passion n'empêchera pas Jacqueline Demornex de vivre sa vie, de se marier, de s'émanciper. En effet, l'auteur balaie avec nous ces quarante dernières années. Avec elle, on revit les années soixante, mai 68, la libération sexuelle, les années 70... Tout cela ajoute un intérêt supplémentaire à ce récit, qui nous rappelle que les mentalités ont bien changées. On entre dans les journaux féministes pour lesquels l'auteur à travaillé "Elle", "Madame Figaro. Oui, on lit avec ardeur et langueur et même temps la vie de cette femme éprise de livre, d'écriture, d'amour et de liberté, à une époque où l'amour s'écrivait encore encore par lettres, lettres qu'elle a retrouvées.

"Mon pays, c'est les livres. Si les livres me passionnent, j'éprouve pour les auteurs une curiosité intense, et difficile à satisfaire. J'admirais les comédiens et les peintres. Leur métier les mettait aux prises avec l'audible et le visible : mes textes appris par coeur, la couleur... Mais les écrivains ? D'où venaient leurs livres ?"

"On n'évoque pas l'essentiel. On le tait. Silence sur l'amour. Mes parents nous ont il jamais dit qu'ils nous aimaient ? Les "Je t'aime" en famille m'ont toujours paru des indécences ou des tics de feuillertons américains.

"Cette Motocyclette (grand succès littéraire de Mandiargue) t'avait conduit dans un pays qui n'était pas le tien : la grande célébrité. Trop de regards s'étaient penchés sur tes textes, qui s'en trouvaient délayés, appauvris, vidés de leur substance, comme des photos surexposées".

 

..." Je savais que l'on a rien sans rien, et qu'il faut payer cher ce que l'on désire absolument. Echangerai volontiers jeunesse et beauté contre pouvoir d'écrire.... Renoncer à séduire pour enfin écrire, le marché me convient".

 

A Mandiargue : "Dans quel espace te trouves tu ? Tu as disparu des librairies et plus personne ou presque ne te llit aujourd'hui."

Voilà une bonne transition pour évoquer ici André Pieyre de Mandiargues à qui Jacqueline Demornex rend sa place :

André Paul Édouard Pieyre de Mandiargues, né le 14 mars 1909 à Paris et mort le en 1991à Paris également, était un écrivain surréaliste français dont l'œuvre comprend des poèmes, des contes et des romans, des essais, des pièces de théâtre, ainsi que des traductions.

André Pieyre de Mandiargues a obtenu le Prix Goncourt pour son roman La marge en 1967, roman qui fut adapté au cinéma en 1976 (sous le même titre, voir : La Marge).

L'une de ses nouvelles fut également adaptée comme « sketch » (avec Fabrice Luchini) dans le film érotique Contes immorauxde Walerian Borowczyk en 1974.

En 1979, il reçoit le Grand Prix de poésie de l'Académie française. Dans son récit, Jacqueline Demornex évoque aussi le roman La Motocyclette paru chez Gallimard, 1963.

Le pire c'est la neige est un extrait d'un poème de Mandiargues.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 29 Décembre 2009

Nouvelles - Scolaire/Universitaire - 3.33 €


Résumé : La mort d’Olivier Bécaille, Un mariage d’amour, Jacques Damour : trois nouvelles sur le thème du retour du disparu. Pour voyager dans les grands thèmes du XIXe siècle et découvrir l'univers de Zola.





Nous sommes dans la rubrique "L'avis des ados". C'est donc ma nièce Camélia qui s'est intéressée à la nouvelle Jacques d'Amour









 
L'avis de Camélia, 13 ans : Cette nouvelle se passe vers de 1871 et raconte l'histoire d'un homme nommé Jacques DAMOUR manipulé par un peintre : Berru. Il prend donc parti pour la Commune. Elle fut férocement réprimée par l'armée versaillaise : 20 000 Communards trouvèrent la mort et 7 000 autres furent déportés. C'est ce qui arriva à Jacques DAMOUR qui partit pour la Nouvelle-Calédonie... Ce dernier étant marié à une certaine Félicie et avait deux enfants dont Eugène qui mourut pendant la Commune.  Jacques promit de le venger, et Louise qui était réstée avec sa mère jusque là se sépara difficilement de ses proches et après deux ans de solitude il prend une barque avec d'autre anciens communards sur un coups de folie afin de retrouver les siens. La barque est retrouvé et tous ceux qui s'y trouvaient sont portés disparus. Des actes de décès sont écrits. DAMOUR, lui avait survécu. Il était donc le seul à savoir son éxistence. N'osant pas se faire reconnaître vivant comme il s'était enfui de Nouvelles-Calédonie. Il part pour les Amérique afin d'y faire fortune. Lorsqu'il apprit que l'amnistie venait d'être voté il rentra en France plus pauvre que jamais. Par le hasard il y rencontre Berru qui le mene à Félicie remarié avec des enfants. DAMOUR décide donc de lui laissé son heureuse vie et de rejoindre sa fille Louise qui lui donne une de ses résidences secondaires. Jacques reprend une vie équilibrée sans oublier qu'il avait promis à son fils de le venger !

        J'ai apprécié ce livre grace aux thèmes originaux : le retour du disparu, mais la fin est énigmatique alors que l'on attend la vengeance qu'il doit à son fils.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 20 Décembre 2009

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/6/2/1/9782757800126.jpgNouvelles - Editions Points - 211 pages - 6.50 €

 

Note de l'éditeur : Un psychanalyste devient fou lorsque son patient le quitte ; un mari s'affuble de jupes pour séduire son beau-frère ; assis dans ses toilettes, un homme pense au temps qui manque toujours... Autant de nouvelles humaines et lumineuses, comme une invitation à ôter tous les masques, une promenade tendre et légère dans la folie ordinaire. 













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Mon humble avis :Je le savais déjà... Je n'aurais pas dû... Hum, j'avoue, je ne suis pas bon public pour le format "nouvelles". Mais j'ai voulu tenter au autre essai et surtout, approfondir l'oeuvre de Jean Paul Dubois après la lecture de l'excellentissime "Vous plaisantez Monsieur Tanner".
Ici, c'est un tout autre décors, ou plutôt 28 décors comme le nombre de nouvelles qui composent ce recueil. Histoires parfois très courtes (une page) ou un peu plus longues. De qualité inégale, elles oscillent entre pire et moins pire. Glauques, déviant parfois sur une sexualité malsaine, elles sont somme toutes assez sombres, limite déprimantes et rébarbatives. Le sujet : l'ennui, le temps qui passe, les relations homme/femme, le suicide, la tromperie, la vie qui ne tourne pas rond. Tout et rien en fait. Une salade décomposée. Il ne me reste qu'une impression de vide, de morosité et de non sens après avoir péniblement terminé ce livre. Je veux bien d'un univers maussade s'il y a de la beauté de sentiments ou matière à réflexion. Bref, un peu de noblesse. Mais là, ce n'est pas le cas. Ce livre ne m'a rien apporté, mis à part le sentiment de perdre mon temps, de lire des histoires inachevées... par manque d'inspiration ? Par manque d'intérêt ? Je ne sais pas... J'accepte même d'émettre l'hypothèse que je pourrais être coupable d'hermétisme buté face à ce livre dont le talent me serait passé complètement au dessus de la tête ! Tout de même... L'éditeur informe que "Vous aurez de mes nouvelles" a reçu le grand prix de l'humour noir en 1991. Hum, hum.... L'humour y est tellement bien dissimulé que je n'ai même pas trouvé le cynisme qui aurait pu provoquer chez moi rires ou sarcatisques sourires. Je n'ai pas ri noir, jaune à la limite devant mon peu d'en train à tourner les pages !


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Publié le 13 Décembre 2009

Roman - Editions Points - 200 pages - 6 €

Résumé : Avant d'hériter de la maison familiale, Paul Tanner menait une existence paisible. Mais depuis qu'il a décidé de la restaurer, rien ne va plus! Maçons déments, couvreurs délinquants, électriciens fous, tous semblent s'être donné le mot pour lui rendre la vie impossible. Chronique d'un douloureux combat, galerie de portraits terriblement humains : le récit véridique d'un chantier infernal, coloré d'une bonne dose d'humour...noir ! 








                                
                                                              
                                        

Mon humble avis :Jubilatoire ! Hilarant ! 
Après mes deux précédentes lectures plutôt graves et sérieuses, un bon moment de détente s'imposait. Un peu de légèreté ne nuit pas dans ce triste monde ! Et dans ma bibliothèque côté PAL, Le Livre pour La circonstance, "Vous plaisantez Monsieur Tanner". Comme j'ai ri, au dépend bien sûr de ce pauvre Monsieur Tanner ! Celui-ci collectionne les catastrophes lors des travaux démentiels qu'il entreprend sur son héritage : une vieille demeure quasiment désaffectée. Le chantier tourne en enfer tant Monsieur Tanner a le chic pour s'entourer (à l'insu de son plein gré) de bras cassés, de guignols ou de roublards hors catégorie dans les artisans qu'il recrute. Du couvreur au poseur de moquette, il n'y en a pas un pour racheter l'autre ! Et chacun se retrouve alors héros malgré lui d'un ou plusieurs chapitres drôlissimes. Par respect et par énorme compassion pour la pauvre victime, on hésite entre la désespérance et le fou rire : entre soudeur qui oublie de souder, les inondations et l'électricien qui célèbre la messe entre deux interrupteurs, Tanner s'arrache les cheveux. Et le lecteur murmure : Une telle accumulation n'est pas possible, à moins de porter la poisse.... Et la poisse, Tanner en porte une sacrée benne car tout est vrai. ! Devinez qui se cache derrière Tanner ? L'auteur lui même par-dit ! Et oui, Jean Paul Dubois nous conte ici avec humilité, humour et autodérision ses moult déboires lors de la rénovation de sa maison : ou comment une aventure devient une mésaventure. Seule entorse à la réalité, le livre se déroule sur un an alors cette galère s'étala sur plusieurs années. L'écriture est directe, décapante, appropiée au sujet. Jean Paul Dubois dresse le portrait tantôt cynique, tantôt touchant de ses hommes qu'il a observés, subis ou appréciés malgré leurs maladresses ou leur mauvaise volonté flagrantes. L'Homme dans toute sa splendeur, oups dans tous ses travers ! Hum, hum. Certes, la corporation des artisans en prend pour son grade mais il semble que ce soit de bonne guerre. D'ailleurs, lorsque vous lirez ce livre, je suis sûre que vous vous retrouverez dans certaines situations. Si ce n'est pas encore le cas, vous n'aurez d'autre choix que d'y réfléchir à deux fois avant d'entreprendre des travaux dans votre home, sweet home ! En attendant, bonne lecture !


"Après plus d'un mois de chantier, je me retrouvais propriétaire d'une ruine"

"Souvent, je me suis posé la question de savoir s'il n'y avait pas quelque chose qui clochait chez moi. Il n'était pas normal d'attirer à ce point les ennuis et les canailles."

"N’importe qui doté d’un peu de raison aurait vu entre ces murs un paquebot de soucis, un porte-avions d’emmerdes."....
Voilà qui donne le ton !



                                                



L'avis de Reno, de Grominou, et Biblioblog

DAL PAL 86 - 10









                                                                                                         

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 7 Décembre 2009

Roman - Editions Arléa - 90 pages - 13 €


Le mot de l'éditeur : Elle part. Elle fuit après avoir appris l'inacceptable.
Elle n'a pas peur, non, mais elle veut mettre de l'ordre dans sa vie.
C'est une lettre qu'elle choisit d'écrire, une seule lettre. Les mots coulent comme un torrent, emportant sur leur passage la vie d'avant, les secrets, les mensonges, les blessures non refermées.
Elle écrit et se délivre, fait place nette, se retrouve enfin et peut, apaisée, aller vers son destin.

Anne Révah a quarante et un ans. Elle vit à Paris. Manhattan est son premier roman.











                                      


Mon humble avis :  Une tâche à priori insignifiante, en forme de l'île de Manhattan, sur l'avant bras... Quelques examens médicaux et le couperet tombe : des tâches dans le cerveau, une très grave maladie. Dès lors, une seule issue s'impose à la narratrice. Fuir. Partir de chez elle, direction un hôtel parisien. Elle ne laisse même pas un mot qui rassurerait son mari et ses enfants. Puis,  le lendemain, au hasard des horaires de vols, elle décide de s'embarquer pour Madras. Sauf qu'au dernier moment, elle se ravise. Il lui reste à mettre de l'ordre dans sa vie, à avouer la mascarade que fut sa vie suite à une enfance bafouée. Elle écrit alors une lettre à sa mère qu'elle tient pour responsable de sa détresse, une lettre pour tourner la page. Elle s'enferme alors dans un appartement loué pour écrire cette lettre, cette lèvre qui doit la délivrer, lui permettre d'en finir.

Voici un magnifique premier roman. Bouleversant,  il m'a touchée en plein coeur et a trouvé une forte résonance en moi qui ai été récemment bousculée par une lourde maladie.  Ce livre est intimiste, il nous emmène très vite dans un tête à tête avec la narratrice. Au premier abord, sa réaction paraît égoïste et puis... Oui la maladie bouleverse les choses, l'idée de mort nécessite sûrement un ménage urgent de la vie. Même si celui ci est douloureux et déterre des secrets enfouis à jamais. Comme un tremblement de terre, le traumatisme de la maladie en réveille un plus ancien. Alors tout s'effondre : une vie bâti sur une ruine reste fragile. La narratrice s'est  construite sur l'horreur, sur une énorme dissimulation. Elle s'est inventé un personnage, elle s'est mariée, a eu des enfants, a réussi professionnellement. Aux yeux de tous, elle a mené une vie brillante. Mais elle portait un masque, le masque que la société attendait d'elle. Même envers sa famille, qu'elle aime sans plus. Maintenant que ce masque tombe, elle se sent vide et elle le dit.
Anne Revah nous écrit avec une sensibilité exacerbée les sentiments qui traversent la narratrice. Les réflexions sur le mensonge, la sensation de vacuité intérieure, la souffrance, les dégâts d'un traumatisme enfoui, le bouleversement de la maladie sont intelligemment introduites et menées. La double personnalité du personnage, celle qu'elle montre, celle qu'elle est réellement et le pourquoi de cela sont décrits et expliqués avec beaucoup de justesse. L'écriture est, limpide et fluide, presque distante. Elle ne s'immisce pas entre le lecteur et l'émotion. De très belles phrases m'ont fait mettre de nombreuses croix dans la marge. Manhattan est un livre poignant et subtil, émouvant sans être larmoyant. Et son auteur, Anne Révah, est à suivre assurément.


"Ce que j'ai construit était impeccable, un empaquetage pour me cacher. Il a fallu convaincre, me convaincre, j'y suis parvenue. J'ai pris la pose.... Je me suis déguisée. Les autres n'ont que peu compté dans l'affaire.... je me suis imposée à eux pour ne pas tomber dans le vide offensif en mon creux... Je me suis attachée à aménager une sorte de paroi. On en verrait pas derrière cette paroi. La façade était enviable, assurément efficace. Je m'installais sous le regard des autres. Mon aisance n'était pas feinte, elle était magistralement accomplie.....Le théâtre était impeccable, convaincant, vous y avez tous cru.... J'ai seulement réussi à arborer un mirage de moi même."

Les avis de
Leiloona , de Karine ; d'Antigone, d'Hélène et de Sylire


Merci à Anne Révah

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Rédigé par Géraldine

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