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Publié le 7 Mai 2021

Littérature, roman, Delphine de Vigan, les enfants sont rois, avis, critiques, chronique, blog

Roman - Editions Gallimard - 352 pages - 20 €

Parution le 4 mars 2021

L'histoire : Mélanie Claux est mère de deux jeunes enfants. Elle est surtout une des plus célèbre youtubeuse et instragrameuse française. Sur ses chaînes, elles y mets en scène tout son quotidien et surtout, ses enfants, Kimmy et Sammy, qui sont devenus de véritables stars en France, avec plusieurs millions de followers et des revenus à 7 chiffres. Tout semble parfaitement huilé pour le bonheur de tous jusqu'au jour où Kimmy est kidnappée.  Clara, jeune flic trentenaire à la vie diamétralement opposée à celle de Mélanie, mène l'enquête. Elle bascule alors dans un monde qu'elle n'imaginait pas !

Tentation : Delphine de Vigan est pour moi incontournable

Fournisseur : Ma CB dans ma nouvelle librairie dinardaise !

 

Mon humble avis : Quel livre ! Ahurissant ! Captivant !

Delphine de Vigan m'a de nouveau happée littéralement avec son nouveau roman. Pourtant, celui-ci est bien différent des précédents. Comme s'il y avait un tournant dans l'oeuvre de cette romancière que j'apprécie tant. Le tournant est déjà flagrant avec le changement de maison d'Editions. Mais cette fois ci, Delphine de Vigan n'évoque pas de sujet intime, on ne cherche pas à deviner où elle se cache entre ses lignes. Avec les enfants sont rois, Delphine de Vigan observe, tente d'expliquer et de comprendre un fait sociétal : You Tube, Instagram, l'hyper-connexion et l'étalage de la vie privée quotidienne qui devient un spectacle, qui se scénarise, qui se marchande et qui rapporte gros, pour quelques élus. L'auteure ne juge pas, elle expose et ne cache pas ses interrogations sur le sujet : l'ultra exposition sur les réseaux sociaux et ses conséquences.

La façon dont Delphine de Vigan mène son roman est magistrale et addictive. Oui, j'ai dévoré ce roman en étant souvent bouche bée, atterrée, abasourdie devant les comportements et usages décrits et expliquées par la romancière. J'ai découvert un monde dont j'ignorais tout sauf la vague existence... Je suis tombée de haut, jamais je n'avais imaginé que ces chaînes personnelles You Tube pouvaient aller si loin dans ce que j'appelle, (oui, je juge !), la bêtise totale, l'inconscience, la vacuité de valeur morale et d'éducation. Cette Mélanie, la mère des deux enfants, je l'aurais bien baffée et plongée dans l'eau glaciale tout au long du roman, malgré l'épreuve qu'elle traverse avec la disparition de sa fille. Dans le roman, Clara, la policière qui mène l'enquête, regarde donc des centaines de vidéos de Kimmy et Sammy. Elle dit : il faut le voir pour le croire. Moi je dis, il faut lire ce roman pour le croire.

Delphine de Vigan développe évidemment l'éthique autour de ses enfants stars d'internet, le travail dissimulé, l'exploitation, le droit à l'image... Les conséquences dans le quotidien de ces enfants sur-exposés (depuis leur vie sociale jusqu'à l'hyper consommation en tout genre), mais aussi, sur ces enfants lorsqu'ils atteignent l'âge adulte. Car dans la dernière partie du roman, on retrouve les personnages dans les années 2030, soit plus de 12 ans après... Et là... Surprise... Qui a ouvert les yeux, qui a continué à vivre en direct, qui développe un syndrome psychologique ? Qui est heureux ?

Un excellent roman, qui pose les bonnes questions, à lire absolument ! Une écrire toujours aussi jolie, soignée et fluide, et des personnages parfaitement construits et amenés. Un roman d'utilité publique à mettre dans toutes les mains... ce sera une bonne occasion de se déconnecter !... et d'ouvrir les yeux !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 1 Mai 2021

Chahdortt Djavann, La muette, roman, iran, avis, chronique, critique

Roman - Editions J'ai Lu - 125 pages - 6.60 €

Parution J'ai Lu 2011 (Flammarion 2008)

L'histoire : Elle a 15 ans, en Iran. Dans une geôle, elle attend sa sentence par pendaison. Discrètement, son gardien lui donne papier et stylo. Alors Fatemeh écrit son histoire, celle qui l'a amenée là, liée à l'amour fusionnel qu'elle voue a sa tante muette qui a osé aimé...  L'histoire d'un carnage dans l'Iran des mollahs.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : Impossible de mettre ma joyeuse petite bannière coup de coeur pour ce roman. Car lorsque l'on achève de la lecture d'une telle histoire, point d'allégresse, d'enthousiasme débordant... On est à plat, abasourdi, atterré, K.O. Une fois de plus, on prend entièrement conscience de l'extraordinaire et vitale chance d'être né sous la bonne latitude, sous la bonne longitude.

Certes, c'est un roman... Mais pas écrit par n'importe qui ni sur un pays lambda... Chahdortt Djavann est une iranienne exilée en France. Aussi, l'Iran, elle la connait de l'intérieur, elle l'a vécue... Elle sait dont parfaitement de quoi elle parle... Et si l'histoire de Fatemeh nous est livrée via la forme d'un roman, nul doute que des milliers de jeunes femmes ont subi et subissent encore le même sort, et pour les mêmes raisons... dans les pays qui prônent la charia et pour qui les droits de l'Homme sont une notion plus que sommaire...

Le texte est fort, incisif et ne s'enrubanne pas de joliesse décorative. Fatemeh n'a ni temps ni beaucoup de papier devant elle, alors elle va droit à l'essentiel. Avant d'être traduit, son texte était écrit au kilomètre : sans ponctuation, sans paragraphe... A l'économie. J'ai beaucoup aimé la façon dont Chahdort Djavann introduit l'histoire de cette jeune fille... Un manuscrit remis en secret par une journaliste française en reportage à Téhéran. Ainsi on ne doute pas sa véracité, on le prend comme un témoignage vécu. On le lit quasi d'une traite, la gorge sèche, c'est un véritable coup de poing. La vie quotidienne  d'une jeune fille au pays des mollahs où aimer en dehors des conventions conduit à la peine de mort et où les femmes sont réduites au silence.

Bouleversant, inoubliable... Qui remet les pendules à l'heure pour les occidentaux vernis que nous sommes, malgré les difficultés que nous traversons actuellement, et que le mot "liberticide" est brandi à hue et à dia.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 27 Avril 2021

Littérature, roman, marc dugain, transparence, anticipation, numérique, vie éternelle, avis, critique, chronique

Roman - Editions Folio -226 pages- 7.50 €

Parution Folio janv 2021 (Gallimard 2019)

L'histoire : En Islande, dans les années 2060. Cassandre est accusée de son propre assassinat par la police locale. Comment est-ce possible ? Cassandre est président de la start up qui vient d'aboutir au projet révolutionnaire sur l'immortalité : lors du décès d'un être humain, il est désormais possible de transplanter son âme dans une enveloppe corporelle artificielle, et d'ainsi, lui offrir l'immortalité... sous certaines conditions. Est-ce ainsi qu'il sera possible de sauver l'humanité ?

tentation : Pitch et blogo

Fournisseur : Ma CB dans la petite librairie de ma nouvelle ville :)

 

Mon humble avis : Allez hop ! Un coup de coeur ! Même si ce roman dystopique n'est pas parfait, que j'y ai trouvé quelques défauts que je ne pourrais dévoiler sous peine de spoiler l'essentiel et son issue.

Attention, Tansparence n'est pas de tout repos à lire. Il nécessite concentration, suite dans les idées pour prendre vraiment les mesures des tenants et des aboutissements des "théories" développées. L'ouvrage de Marc Dugain demande aussi que l'on s'y investisse car c'est avant tout une extraordinaire et complètement dément outil de réflexion tant personnelle, que collective. En fait, l'histoire est vraiment secondaire, elle est d'ailleurs ce que j'appelle une histoire prétexte pour dire, dénoncer et générer une réflexion constructive même si parfois malaisée. C'est ce que j'ai aimé dans ce roman, d'être ballotée dans certaines de mes certitudes, d'hésiter dans ce que je souhaite pour moi (entre l'idée et la réalité), de me demander sans cesse ce qui serait vraiment bon pour l'humanité en solutionnant les problématiques et les grosses imperfections de mon espèce, et la menace qu'elle représente pour notre planète Terre.

La clairvoyance de Marc Dugain sur notre monde actuel m'a permis de mettre des mots là où je n'avais que des sensations, des perceptions. Car c'est à travers ce que pourrait bien devenir notre futur que le romancier décortique notre présent, et il le fait avec autant de clarté que de cynisme, d'humour, d'autodérision, affliction et chagrin. Marc Dugain le visionnaire ! Mais il s'est tout de même trompé sur un point : Trump n'a pas été réélu !

Evidemment, au XXIème siècle, le nerf de la guerre est le numérique à outrance, les progrès technologiques, l'argent, l'enrichissement. Et d'un autre côté, il y a le réchauffement climatique qui réduit les portions habitables du monde, accompagné d'une surpopulation et d'une surconsommation (en piochant royalement dans les réserves épuisées d'une planète exsangue)... Marc Dugain dresse la liste de tout ce que l'Homme a fait de : depuis les religions, en passant par la vie quotidienne, via la pollution, l'ultra connexion, la mentalité individualiste etc. Mais aussi le savoir illimité via le numérique et les réseaux sociaux qui n'est autres qu'une superposition de tranches de savoir mais sans aucune compréhension et analyse personnelle. La production individuelles et collectives exponentielles de données... oui, on produit de vide qui vaut une fortune... Cette sensation de liberté via les réseaux, alors qu'en étant connecté sans cesse et partout, on soumet à un autre diktat et on donne tous les éléments nécessaires à notre manipulation économique, politique, consommatrice, journalistique etc...

L'Homme avait tout pour réussir ce la planète qu'il lui a été dévolu mais comme ce n'était pas assez, il a échoué. Il est tant non pas de changer, mais de tout reprendre à zéro. Alors la vie éternelle sur Terre pour celles et ceux qui le méritent sous certaines conditions serait-elle la solution ? A vous de vous faire votre idée !

C'est évidemment un cri d'alerte et un appel à une réelle prise de conscience suivie de fait que lance ici Marc Dugain. Bon, la fin m'a désappointée... mais vu ce qu'elle nous révèle (je n'en dirai pas plus ! et c'est là que j'ai trouvé quelques défauts, comme des éléments importants passés à la trappe de l'oubli) c'est peut-être mieux comme ça ? Quoique ? Arrf je ne sais plus trop ! Oui, non, mieux vaut arrêter les dégâts ! Bref à lire, à réfléchir, à méditer, mais aussi, à agir !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Avril 2021

Livre, roman, le liseur du 6h27, Jean-Paul Didierlaurent, avis, critique, chronique

Roman - Editions Folio - 193 pages - 7.50 €

Parution Folio 2015, Au Diable Vauvert 2014

L'histoire : Du lundi au vendredi, dans le R.E.R de 6h27 qui le mène à son travail, Guylain lit des textes à voix haute. Il tire ces textes d'une pochette où ils sont glissé entre deux buvards... Ces textes ne font qu'une page ou deux et n'ont aucun lien les uns avec les autres... Sauf, leur provenance... Ces lectures publiques ravissent les passagers et vont amener Guylain à de belles rencontres.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Lors de sa sortie, ce roman a vraiment fait un tabac jusqu'à envahir la blogosphère. Ensuite, on m'en a donné un exemplaire qui a attendu quelque temps dans ma PAL... Et je pense que j'aurais peut-être dû l'y laisser.

J'attendais beaucoup plus de cette histoire, que j'ai finalement lu un peu comme un poisson rouge dans un bocal, en tournant en rond, même si, au début, je tournais les pages aussi vite que le R.E.R changeait de stations. A mes yeux, le sujet, génial à la base, n'est pas assez exploité (nous ne rencontrerons en fait que deux auditrices du liseur), l'amour des livres de Guylain est à peine évoqué, on passe en fait assez peu de temps dans ce R.E.R de 6h27. J'ai eu l'impression que l'auteur se refuser à approfondir les sujets abordés et via des phrases où les adjectifs se multiplient et ou sonne une certaine redondance, il m'a semblé que Jean-Paul Didierlaurent voulait étirer l'instant au maximum.

Certes, la fin est sympa (mignonette), certes, j'ai beaucoup aimé le personnage d'Yvon, ce gardien qui dans sa guérite, ne s'exprime qu'en alexandrins, certes, le roman est distrayant mais me reste une sensation de vacuité et de longueurs... Notamment, lorsque "la chose", cette machine sur laquelle travaille Guylain est décrite, puis lorsque Guylain lit les écrits de Julie, qui ne nous épargnent aucun détail de ce qui se passent dans des toilettes publiques... Cela m'a semblé longuet et pas de très bon goût.

Bref, une idée et des trouvailles, aussi bonnes soient elles et c'est ici le cas, ne suffit pas à faire un bon roman, ou en tout cas un roman qui me plaise et me séduise.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 5 Avril 2021

Roman, Marie Darrieussecq, La mer à l'envers, migrants, avis, chronique, critique, blog

Roman - Editions Ecoutez lire - 5h32 d'écoute - 18 €

Parution P.O.L en août 2019

L'histoire : Pour Noël, Rose est en croisière méditerranéenne avec ses deux enfants. Une nuit, le paquebot croise un bateau de migrants en difficultés. Tous ses passagers montent à bord... Rose croise le regard de Younès, un adolescent perdu parmi les autres. Elle lui donne des vêtements de son fils, ainsi que le portable et le chargeur de celui-ci, avant que les migrants soient embarqués par une navette de la P.A.F. Désormais, les destins de Rose et de Younès sont liés, même séparés. 

Tentation : Un billet sur la blogo

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : La mer à l'envers est un roman qui prend aux tripes, car il nous propose un face à face avec ce que nous sommes, ce que nous pourrions être, ce que nous aimerions être ou ce que nous ne sommes pas... L'immigration, les migrants pour la plupart d'entre nous, c'est un sujet que l'on ne suit que par reportage télé aux informations...  Cela peut-être aussi des silhouettes aperçues sur l'autoroute près de Calais...

Ici, via Rose, nous croisons le regard d'un adolescent migrant... Et ce regard vous accroche à jamais, devient obsession.  Rose et Younès ne se rencontrent que quelques minutes... Si près et si éloignés... Lui démuni de tout, venant d'échapper de peu au naufrage d'une embarcation de fortune, elle sur un énorme paquebot de croisière luxueux...

Entre les lois, les possibilités pratiques et pragmatiques, le confort de nos vies, la cellule familiale que l'on implique, mais aussi les difficultés et mauvais moments personnels... Que sommes nous prêts réellement à faire lorsque l'on est confronté de près à ce qui nous révolte dans notre canapé. Notre vie d'occidentaux nous rend elle apte à devenir l'héroïne qu'on pense pouvoir être dans ces conditions, à n'importe quel moment ?

Et finalement, lorsque le pas est franchi, Marie Darrieussecq nous montre que l'action de tendre la main devient presque banale, qu'elle s'inscrit parfaitement dans un quotidien. Cette histoire n'a rien de naïf et pose les bonnes questions sans être moralisatrice. C'est plus un constat sur nos sociétés démunies et bien mal préparées à venir en aide aux flots de migrants Marie Darrieussecq la mène subtilement dans un style adéquat et agréable, où quelques soupçons d'humour allègent l'atmosphère qui pourrait être pesante vu le sujet, mais qui ne l'est pas. Je recommande !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 13 Mars 2021

Roman - Editions Lizzie - 3h59 d'écoute - 15.95 €

Parution Ed. Philippe Rey Août 2019

L'histoire : Esther est une enfant de droite née dans une famille de gauche, dans les années 70. Chez elle, tout le monde vit nu, sa mère est profondément anticapitaliste et son père pied-noir passe son temps à conjurer ses angoisses. Quel n'est pas l'étonnement d'Esther lorsque ses parents décident de la scolariser chez l'ennemi : l'école catholique du quartier le plus bourgeois de Marseille. C'est Esther qui raconte tout cela.

 

Tentation : Pitch et sujet

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Une enfant de droite dans une famille de gauche... Cela promettait et m'intéressait, puisque chez moi, c'est plutôt le contraire que je vis depuis toujours. Donc j'espérais me retrouver un peu dans ce roman, comme dans un miroir inverser... Puisque des causes opposées peuvent mener aux mêmes conséquences et comportement.

Dommage, je n'ai pas accroché plus que cela à cette audio-lecture. J'attendais un texte plus piquant, plus corrosif, plus caustique. Certes, l'écriture est aussi allègre que rythmée mais cela ne m'a pas suffi. Je l'ai écouté sans qu'aucune émotion particulière ne me traverse.

Sans doute parce que la narration sort de la bouche d'une enfant, aux portes de l'adolescence... Je l'ai trouvée très factuelle, avec des faits très peu analysés en profondeur. Comme une suite d'anecdotes qui décrit cette famille à priori mal assortie, mais anecdotes assez répétitives, même si parfois, leurs incongruités les rendent évidemment romanesques.

La fin tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, même si les fameuses incongruités l'annonçaient peut-être filigrane. Comme pour le reste du roman, elle n'est pas explorée et achève très sèchement cette histoire, là où j'avais l'impression qu'elle commençait enfin, qu'elle prenait corps. Bref, à mes yeux, "La petite conformiste" n'est pas aboutie. D'autant qu'en janvier, j'ai lu "Les évasions particulières" de Véronique Olmi, qui dissèque la même période politique, mais d'une façon bien plus approfondie, mature et intéressante.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 9 Mars 2021

Sophie Divry, roman, trois fois la fin du monde, avis, critique, chronique, blog

Roman - Editions J'ai lu - 223 pages - 7.10 €

Parution J'ai lu nov 2020, Noir Blanc août 2018

L'histoire : Joseph est incarcéré, pour complicité lors d'un braquage où son frère a été tué par la police. Trois ans plus tard, il y a la Catastrophe... Une explosion nucléaire ? Une bonne partie du pays est irradié, les prisonniers sont transférés mais parviennent à s'échapper... Quelques jours plus tard, là où il erre, il semble que Joseph soit le seul survivant, comme s'il était immunisé contre les radiations. Il s'arrêtera dans le Lot y prendra racine. Il apprendra à vivre alors seul, de et avec la nature.

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma CB juste avant le reconfinement.

 

Mon humble avis : Voici une lecture dystopique qui s'est révélée être une très agréable au fil des pages, plus j'avançais dans le coeur du roman. En effet, durant la première (les 62 premières pages), je n'étais pas très à l'aise devant la violence inhérente au milieu carcéral. Ce n'était pas ce que j'attendais, ce dont j'avais besoin. Mais je comprends aussi, avec du recul, la nécessité pour Sophie Divry de bien poser son personnage, d'expliquer par quoi il est passé, ce qu'il a subi avant de retrouver la liberté... Cela explique bien la haine, la peur et la méfiance que voue Joseph envers ses congénères.

Puis nous arrivons dans un Causse du Lot avec Joseph, c'est là qu'il pose les valises qu'il n'a pas. L'endroit est déserté, se trouvant dans la zone interdite sans doute. Joseph va d'abord de reposer puis se révéler à lui-même, au fur et à mesure que la nature se découvre à lui. Joseph va tout reprendre à zéro, retour aux origines, au primaire... Au début, il cueille par exemple... mais il va ensuite devoir cultiver, s'organiser pour vivre et survivre. Sa solitude n'est que tranquillité. Les mois passent et les saisons. Les bienfaits de la nature, comme ses cruautés ou ses difficultés, sont merveilleusement bien écrits, et décrits. Tous nos sens sont en éveil. On observe à travers le regard de Joseph et l'on savoure. On travaille aussi, on bêche, on désherbe, on porte, on plante, on cueille, on réfléchit, on s'établit un plan de "bataille"...

Puis la tranquillité de Joseph devient solitude, solitude pesante. Il se lie d'amitié avec un mouton et une chatte survivants, après les avoir amadoués avec patience. Ces deux êtres sont pour lui une nouvelle révélation... Des obligations car le voilà responsable de ces deux compagnons. A lui de les nourrir, de les soigner, de leur assurer une vie agréable. Un bon boost pour Joseph qui redécouvre les sentiments, l'amour. J'ai adoré la relation que Joseph explore avec ses deux animaux, la richesse et l'apaisement qu'il y trouve.

Envers l'humain, Joseph hésite régulièrement entre manque et méfiance. En fait, ce roman nous parle de l'Homme et de la Nature, séparément et ensemble, comme un tout. L'Homme est un être grégaire par besoin relationnel, mais aussi parce qu'être seul responsable de tous ses besoins est lourd, tant cela requiert de compétence rarement acquise par un seul homme. Tant il a besoin de savoir qu'il peut être secouru par l'autre. La nature est généreuse, mais pour qu'elle puisse suffire, il faut la travailler avec intelligence et respect. Et surtout, en prendre soin, être attentif, tout comme de notre propre existence, de notre vie. Car un seul moment de négligence n'est jamais sans conséquence.

Trois fois la fin du monde pour Joseph... La prison, la Catastrophe (dont on ne saura jamais grand-chose) et la presque toute fin du roman (non, je ne dirai rien !). Un personnage attachant, un beau roman, comme une parabole. A lire, s'en s'effrayer de la première partie. Après, on trouve ce que l'on est venu chercher dans ces pages.

 

L'avis de Keisha

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 3 Mars 2021

Joseph Kessel, les mains du miracle, Docteur Kersten, Himmler, 2ème Guerre Mondiale, littérature, avis, chronique, critique

Roman - Editions Ecouter lire - 9h20 d'écoute - 18.99 €

Parution Ecoutez lire 2018, roman de 1960

L'histoire :  Le docteur Felix Kersten est spécialisé dans les massages thérapeutiques. Parmi sa patientèle, de grands d'Europe. Il accepte la requête d'un de ses amis : examiner Himmler, en grande souffrance et qu'aucun médecin de parvient à soulager. Miracle, les soins de Kersten sont très efficaces sur l'exécutant d'Hitler et le chef des SS. Kersten devient donc, forcé par l'Histoire, le médecin attitré d'Himmler... Il profitera de sa situation pour sauver des griffes du nazisme des centaines de milliers de personnes...

Tentation : Pourquoi pas ?!

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Quelle lecture ! Mais quelle lecture ! Cela fait longtemps que je n'ai pas été aussi captivée et surtout, surprise autant en bien ! Le sujet m'intéressait, mais je craignais un potentiel ennui, des longueurs etc. Que nenni ! Ce roman, qui est en fait comme une biographie romancée du Docteur Kersten, est fascinant, se dévore avec effroi, ahurissement, espoir, désespoir, surprise, inquiétude, découverte, instruction. C'est vraiment une lecture haletante, qu'on ne lâche pas. 

J'ai découvert dans cette lecture tout ce que les manuels de scolarité générale ne disent pas à propos de la seconde Guerre Mondiale... Puisque l'on est dans du "détail"... Et pourtant du détail d'importance majeure. Tout au long de ces pages, nous sommes avec Kersten, au côté d'Himmler, au plus près donc de la gouvernance Nazie, de la folie, du délire, de la paranoïa, de la cruauté. Le docteur Kersten est balte de naissance, finois d'adoption officielle et résidant des Pays Bas. Il soignera Himmler pendant 5 années et deviendra le seul ami d'Himmler, son confident, son seul homme de confiance... C'est ce que lui serine ce dernier.

Kersten passera cinq années à manipuler Himmler, à manoeuvrer, à ruser, à le flatter dans son égo, à argumenter tantôt via la logique, tantôt via les sentiments pour obtenir des grâces d'Himmler. Ce sont tout d'abord des individus isolés dont Kersten obtiendra la libération ou la non arrestation, puis des poignées d'êtres, puis des centaines, des milliers, et même des centaines de milliers d'hommes et de femmes que Kersten parviendra à soustraire du funeste destin nazi. Kersten parviendra même à faire renoncer Himmler à déporter la population entière des pays bas, à renoncer à faire exploser les camps de concentration en cas d'approche des bombardiers alliés...  (Et bien d'autres choses encore, la liste des exploits de Kersten est longue) A travers ce livre, on découvre une multitudes d'effroyables projets du 3ème Reich qui ont été avortés grâce à la finesse d'esprit, au courage, à la persévérance, à la diplomatie du Docteur Kersten... Et surtout, au miracle de ses mains... Les seules qui soulagent Himmler de ses insupportables douleurs... Et c'est durant ces moments de soulagement que Kersten manoeuvrera pour obtenir des libérations, des renoncements à de "grands projets".... Et pendant ces années, Kersten sera agent de liaison, d'information, ambassadeur, messager pour les pays scandinaves... Et il consignera tout cela scrupuleusement dans ces notes.

Nous passons donc une grande partie de ce livre dans les QG d'Himmler, en tête à tête entre Himmler et Kersten. Les dialogues sont parfois ubuesques, tant la bêtise d'Himmler, sa dévotion à Hitler, son fanatisme, son aveuglement pourraient prêter à rire s'ils n'étaient réels, historiques, et au plus premier degré.  C'est vraiment atterrant...

Autre intérêt de cette lecture pour la Française que je suis... Décaler un peu plus vers l'Est et le Nord mes connaissances sur le déroulement de la deuxième Guerre Mondiale. Effectivement, jusqu'à maintenant, j'ignorais ce qu'il en avait été de la Suède, de la Finlande, de la Norvège, du Danemark, des Pays Bas lors de cette guerre. Des pays dont les populations n'ont pas été épargnée et qui ce sont, elles aussi retrouvées dans les camps de concentration.

Je suis heureuse désormais de connaître ce grand homme que fut Félix Kersten, qui dans son combat humanitaire, à tout perdu sauf sa conscience et les siens... Tous ces faits historiques sont vraiment retracés avec passion par Joseph Kessel, dans un rythme qui ne laisse aucun repos ni répit au lecteur, et d'une écriture d'une fluidité agréable et efficace... qui mène droit au but.

Un énorme coup de coeur... Qui me donne envie de découvrir d'autres ouvrages de Kessel !

A lire absolument !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 25 Février 2021

Yann Queffelec,  Les affamés, nouvelles, littérature, chronique, critique, avis, blog

Nouvelles - Editions Livre de Poche - 186 pages - 5.60 €

Parution chez livre de poche en 2007

L'histoire : Les Affamés sont tous ceux que je fus ou m’imaginais devenir autrefois –gosses rêveurs, menteurs, casse-cou, voyeurs, adolescents violents, trouillards, généreux–, trop seuls pour avoir quelque chose à donner ou trop avides pour être attirants. Héros enfantins, ils ne seront jamais tout à fait grands ni satisfaits. Avec Les Affamés je revis bien des erreurs que j’ai faites pour ne plus être un insatiable paumé. (Y.Q)

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

Mon humble avis : J'ai acheté ce recueil de nouvelles il y a 10 ans, au salon du livre de Rennes, lors des premières retrouvailles avec les blogueuses bretonnes... Ca date ! Lors de la dédicace, je me souviens que Yann Queffelec regrettait l'ordre de présentation des nouvelles, et me conseillait de lire la première en dernier...C 'est ce que j'ai fait, et je pense que cela n'a pas changer grand-chose à ma non appréciation de cette lecture.

Je suis peut-être un peu fautive aussi, car à la base, je ne suis pas très friande du format recueil de nouvelles. Il n'empêche... Je n'ai trouver aucune branche à laquelle, deux ou trois nouvelles m'ont peut-être plus parlé que les autres, mais dans ce cas, c'est le sens de leur chute qui m'a échappé. Aucun des personnages ne me restera en mémoire, il m'a semblé que Yann Queffelec était vraiment trop implicite pour que je saisisse où il voulait en venir. Le seul lien entre chaque histoire : c'est l'Amour, dans tous type de relation où il émerge et la jeunesse... Trop, pas assez, mal exprimé, maladroit. Souvent glauque, parfois barré, pas une once d'optimisme, des récits parfois très nébuleux, où je n'ai pas trouvé mes marques malgré ma concentration.

Bref, une première rencontre manquée avec la plume pourtant agréable de cet auteur breton, que j'aurais aimé adorer ! Bon, il me reste "les noces barbares" dans ma PAL... On verra alors !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 23 Février 2021

Roman - Edition Livre de Poche - 356 pages - 7.10 €

Parution poche 2015, Flammarion 2013

L'histoire : Marianne a 26 ans et est professeur de Français à l'université de Nanterre. Nous sommes en 1967. Elle accepte la proposition qui lui est faite : un remplacement de 9 mois à l'UTC du Cap, en Afrique du Sud. Elle débarque ainsi, avec très peu d'informations en tête, dans un Etat en plein apartheid. Au fil de ses rencontres, Marianne ira de surprises en horreurs et sera amenée à se dépasser.

Tentation : Pitch et couv

Fournisseur : Ma CB le jour du 2ème confinement

 

 

Mon humble avis : Coup de coeur sans hésiter pour ce roman que j'ai lu, hélas pas d'une traite, mais très vite, car vraiment embarquée par son sujet. Non seulement l'histoire est rondement menée, mais aussi et surtout, ce roman est très intéressant et instructif sur l'Histoire de l'Afrique du Sud. Comme j'ai eu la chance d'aller visiter ce grand pays il y a un an et demi, j'avais vraiment bien potassé le sujet avant... On n'arrive pas les mains dans les poches en Afrique du Sud, si l'on veut comprendre et appréhender au mieux cette nation. Aussi, cette lecture fut pour moi non pas forcément un apprentissage, mais une bonne piqûre de rappel.

Ancien reporter en Afrique du Sud sous Mandela, Frédéric Couder vit encore la moitié de l'année là-bas. Autant dire qu'il maîtrise parfaitement son sujet et le rend très accessible.

La narration est menée par Marianne elle-même. Mais, à intervalles réguliers, le romancier prend sa place pour conter ce dont elle n'est pas témoin.

En 1967, Mandela est prisonnier sur Robben Island depuis 4 ans... Quatre millions de blancs dominent vingt millions de noirs, et le démantèlement du fameux District 6, à Cap Town, commence et échauffe tout le monde. District 6 est un quartier mixte, joyeux où le vivre ensemble est parfait... mais cela dérange l'Etat.

Au fil des jours et de ses rencontres, Marianne se prend de plein fouet la réalité de la vie sous l'apartheid, sous les lois aussi abjectes qu'ubuesques, et la férocité de la police secrète qui traque le moindre comportement contre le gouvernement, que vous soyez noir... ou Boer... ou blanche et française. Les différents points de vues distillés dans cette histoire permettent aux lecteurs de comprendre l'ampleur du désastre, et la complexité du pays "L'Etat policier où l'on vit le plus heureux sur terre"... Si l'on est de la bonne couleur, et si l'on est d'accord avec le gouvernement. Donc bref, si l'on tient à ses petits privilèges et que l'on classe sans honte la population noire au rang animal. Marianne rencontrera, entre autres, Denise une avocate qui défend les droits de l'homme, Victor, un chirurgien blanc à priori sans histoire et bien favorisé... Mais là-bas, Marianne apprendra à se méfier des apparences. Ses amis ont aussi leurs secrets, et ceux-ci vont mener Marianne dans de folles aventures, qui pourraient être historiques.

Je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler... D'ailleurs évitez de lire la 4ème de couv, un peu trop bavarde à mon goût. Mais sachez que Frédéric Couderc ne fait que glisser des personnages fictifs dans des faits historiques. Et même cette fameuse aventure, même si elle n'a pas été réalisée, a été envisagée à l'époque.

J'ai acheté ce roman dans le rayon thriller... Une erreur d'aiguillage sans doute influencée par le bandeau signé Caryl Férey... Certes, les trente dernières pages montent terriblement en tension et en suspense, certes, on sent tout au long du roman qu'il va se passer quelque chose d'immense, de grandiose et de bouleversant, mais pour autant, je considère qu'Un été noir et Blanc n'est pas un thriller, mais un roman sur une année historique en Afrique du Sud. A lire !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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