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Publié le 24 Octobre 2020

roman Ciao Bella, Serena Giuliano, Italie, avis, chronique, critique

Roman - Editions Pocket - 271 pages - 6.95 €

Parution d'origine au Cherche-Midi en mars 2019

L'histoire : Anna est angoisée phobique... De tout, de l'autoroute jusqu'aux pommes de terre germées ! Elle doit affronté une deuxième grossesse alors que son premier accouchement fut une véritable épreuve qui aurait pu mal finir. Aussi, la voilà à pousser la porte d'une psy et à fouiller les origines de ses phobies dans son enfance italienne, son déracinement, l'abandon de son père, les violences de celui-ci envers sa mère. C'est donc à une reconstruction que nous assistons au fils des séances psy et des années, jusqu'à un bel épanouissement !

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Les étagères d'Armelle, merci pour le prêt !

 

 

Mon humble avis : Cette aussi belle qu'intrigante couverture irrigue la blogo et les étals de librairies depuis plus d'un an. Aussi quand l'occasion de plonger dans ces pages s'est présentée, je me suis dit "Banco".

Et aucun regret, ne boudons pas le plaisir de se faire plaisir dans une relative légèreté. Je dis relative, car ce roman est bien plus profond qu'il n'y paraît. C'est d'ailleurs ce que semble nous dire la couverture : ne pas se fier aux apparences, et regardez bien sous la surface, où se cache la vérité des êtres et leur histoire.

Oui, le style peut paraître assez simple, mais il est soigné, agréable et vraiment pétillant. Il laisse une place de choix à l'humour, la dérision et l'autodérision. Aussi, entre deux passages très émouvants et même assez difficiles psychologiquement parlant, et bien on ne se prive pas de rire et d'apprécier les bons mots, les bonnes expressions de la romancière et sa façon de montrer du doigt les incohérences de notre époque. 

Chaque séance de psy est l'occasion pour Anna de plonger dans son passé et d'analyser son présent pour grandir et vivre mieux. Pour Serena Giuliano, c'est l'occasion d'aborder des sujets sensibles et actuels tels que la violence conjugale, l'inégalité des femmes, notamment dans le domaine professionnel, l'exil et l'intégration, le racisme. Suite à la séparation de ses parents, Anna l'adolescente italienne s'est retrouvée à vivre dans l'Est de la France. Aussi, ses souvenirs nous emmènent souvent en Italie et l'on goûte avec plaisir aux saveurs, au soleil, aux us et coutumes de cette région méditerranéenne.

Il a manifestement beaucoup d'autofiction dans ce livre. Car comme son personnage Anna, Serena Giuliano s'est fait connaître d'abord sur les réseaux sociaux puis via un blog dédié aux "Mamans en déroute". Ciao Bella est son premier roman, et je mettrais ma main au feu que cela ne sera pas le dernier.

Ciao Bella est donc un roman finement et astucieusement ficelé, qui alterne émotions et fous rires et cela fait du bien. Des personnages qui se relèvent et trouvent leur voie, qui n'oublient pas d'où ils viennent et qui vont apprendre à pardonner en écoutant l'autre, et en s'écoutant soi-même. On le déguste autant qu'on le dévore, donc cela mérite un coup de coeur pour une chouette histoire "décomplexante" et de bons moments de lecture !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Octobre 2020

David Foenkinos, Littérature, Rentrée Littéraire 2020, La famille martin

Roman - Editions Gallimard - 240 pages - 19.50 €

Parution le 1er octobre 2020, Rentrée Littéraire

 

L'histoire : Le narrateur est romancier et subit une fâcheuse panne d'inspiration... Alors, il décide alors de descendre dans la rue : la première personne rencontrée deviendra l'héroïne de son prochain roman. Il s'exécute, rencontre Madeleine Tricot, qui lui présente sa fille, Valérie Martin. Le narrateur pénètre alors au coeur de cette famille (Valérie, Patrick, Lola et Jérémie) somme toute banale, ce qui ne sera pas sans conséquences.

 

 

Tentation :J'adore Foenkinos, je le guette, je l'attends

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : Quel plaisir de retrouver l'univers charmant, frais, lunaire et décalé de David Foenkinos, sa fantaisie, ses manies d'écritures, ses sujets obsessionnels et son style bien à lui, son observation de détails qui semblent insignifiants mais qui, sous sa plume inimitable, deviennent des vérités capitales et souvent très drôles. Ces aspects-là s'étaient fait plus discrets dans les derniers opus de mon écrivain chouchou. 

La famille Martin est un roman original XXL, qui se déguste et se dévore en même temps. Certes, ce n'est pas le chef d'oeuvre du siècle mais le moment de lecture est savoureux, distrayant et très émouvant. J'ai lu sur la page FB de Gallimard que cette histoire est vraie, Foenkinos, lassé de la fiction, avait annoncé à son attachée de presse qu'il fonctionnerait ainsi pour son prochain roman. Après, où s'arrête la réalité de la fiction et la fiction de la réalité, je n'en n'ai aucune idée. Mais cette forme romanesque tient vraiment la route. La Famille Martin nous démontre évidemment que la réalité dépasse bien souvent l'imagination fictionnelle, et que tout le monde, vous, moi, peut devenir un personnage de roman. Il s'agit d'observer différemment, et de maîtriser l'exercice de l'écriture, du rythme etc... 

Et c'est ce qui va se passer dans ces pages, tant les confidences et l'évolution, voire les bouleversements qui surgissent dans la famille Martin dépassent les espoirs du romancier en quête d'inspiration ! Evidemment, pour notre narrateur, il n'est pas simple de rester neutre, de garder sa place d'observateur ! Bref, observer et recueillir l'intime sans y participer, dur, dur, notre romancier va être mis à rude épreuve. Et des personnages vivants et libres ne sont pas toujours évident à gérer !

Tout ceci ressemblerait presque à une chouette comédie de boulevard, sauf qu'en s'intéressant à des personnages réels, en entrant dans leur vie, Foenkinos est évidemment confronté à leur vrai quotidien, à leurs vrais problèmes... Qui peuvent être ceux de chacun d'entre nous : l'usure du couple, l'adolescence, le harcèlement moral et psychologique au travail, la routine, les souvenirs, les amours manqués. Foenkinos s'attaque donc avec justesse et fausse légèreté aux contradictions et maux sociétaux de notre époque. Mais n'ayez crainte, il n'oublie pas de nous parler d'amour, de la très belle relation touchante qu'il noue avec Madeleine. C'est vrai quoi, après tout, un auteur irait bien au bout du monde pour un de ses personnages ! Je n'en dis pas plus, et vous laisse découvrir.

Juste un petit bémol... j'ai trouvé quelques longueurs dans le schéma narratifs. En effet, chaque soir, l'auteur reporte par écrit ce qu'il a appris sur ces personnages. Sauf que juste avant, les rencontres avec ces derniers sont contées... Cela amène des redondances pas toujours utiles à mes yeux. Ah oui, j'allais oublier... Etant donnée la forme de ce "faux roman", il est évidemment souvent question du travail du romancier, la part de réalité et de fiction dans chaque livre.

En tout cas, ce fut un plaisir de retrouver mon chouchou dans cette histoire résolument optimiste et tendre ! Car non seulement, la famille Martin ne s'en sort pas mal, mais le romancier pense renouer avec la fiction... Ce qui annonce de belles heures de lecture dans les prochaines années !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 20 Octobre 2020

Grégoire Delacourt, Danser au bord de l'abîme, roman, littérature, critique, avis, chronique

Roman - Editions Audiolib - 6h54 d'écoute - 19.45 €

Parution d'origine chez JC Lattès en décembre 2016

L'histoire : Emma vit à Bondues, travaille à Lille. Mère de trois enfants, elle dépasse juste la quarantaine. Lors d'un déjeuner dans une brasserie, elle croise le regard d'un homme. Aussitôt, elle sait. Elle sait qu'elle irait pour lui au bout du monde, au bout d'un monde, même s'il n'est pas très loin.

 

 

 

Tentation : Pourquoi pas

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Il est plus subjectif que jamais ! Car je reconnais qu'il y a là une véritable oeuvre, formidablement écrite et l'antagonisme et la force dévastatrice des sentiments très bien analysés. Mais voilà, je ne suis pas (ou plus) faite pour ce genre de roman, à moins que ce soit ce genre de roman qui ne soit plus fait pour moi... Ce qui revient au même résultat.

Les histoires d'amours passionnelles ne m'émeuvent plus, pire, elles m'agacent... Surtout quand tout y est si délicat, si subtile, si contemplatif, si minimaliste dans les échanges, si implicite, si intérieur... et si maniéré dans les descriptions qui en sont données. Les lèvres à peine effleurer une fois décident de tout quitter : travail, enfants, mari. Personnellement, je trouve cela très romanesque... mais je n'y crois pas trop, où je ne comprends pas (plus), cette confiance aveugle et ce don total de soi. Ceci représente la première partie du roman, première partie qui n'est pas épargnée par les drames présents ou passés.

La deuxième partie n'est pas plus joyeuse et je l'ai vraiment subie, puisqu'elle m'a "obligée" à revivre une expérience douloureuse : une longue agonie suite à un cancer. Dans le livre, celui d'Olivier, le mari d'Emma. Dans ma vie, celle de mon père, il y a vingt-cinq ans... Que je n'ai pas su vivre correctement à l'époque (si toute fois il y a une façon correcte d'affronter ce genre de situation) et que je n'ai pas envie de revivre, même en littérature. Grégoire Delacourt ne lésine pas sur les détails de cet déchéance (in)humaine et pourtant, parvient à mettre de la poésie là où pour moi il n'y en a pas. Et que c'est long ! A croire que Grégoire Delacourt aime se regarder écrire. D'ailleurs, je n'ai pas apprécié le style de narration choisi par l'auteur... Un décompte numéraire qui annonce chaque petit chapitre, puis ensuite, un compte progressif jusqu'à la fin... Je n'en n'ai pas compris l'utilité, sauf que cela alourdit l'ensemble. Reste le parallèle avec l'histoire de la chèvre de Monsieur Seguin qui ne profite qu'une journée de sa liberté. Assez sympa.

Bref, je n'ai ressenti aucune empathie pour Emma, qui au contraire m'a agacée au plus haut point. Les personnages secondaires (surtout ceux de "L'hôtel de plein air) sont caricaturaux. Je n'ai pas adhéré à ce roman sur l'adultère, l'envie de liberté, la passion, le désir mais surtout la maladie et m'y suis ennuyée. Pas pour moi donc, trop irréaliste et trop de pathos. Pas d'émotion ni d'instruction à travers cette lecture pour moi. Dommage. J'avais tant aimé la fraîcheur "La liste de mes envies", je n'ai jamais retrouvé un tel plaisir de lecture avec les autres romans de Grégoire Delacourt qui j'ai pu lire depuis.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 16 Octobre 2020

Roman, Sophie Tal Men, Avis, chronique, critique, Qui ne se plante pas ne pousse jamais, bretagne, cap fréhel

Roman - Editions Livre de Poche -285 pages - 7.70 €

 

Parution d'origine chez Albin Michel en 2019

L'histoire : Avant que la maladie ne l'emporte, Jacqueline voudrait s'assurer que Margaux sa petite fille et Alexandre, son petit fils d'adoption, soient heureux, biens dans leur tête et dans leur vie, sur le bon chemin. Il y a un peu de travail, Jacqueline s'y emploie donc !

Tentation : Pourquoi pas, une si joyeuse couverture !

Fournisseur : Les étagères d'Armelle, merci pour le prêt !

 

 

 

 

Mon humble avis : Un roman où il est tant question de chocolat ne peut pas faire de mal ! Le chocolat, mon pêché mignon, noir à 72% et en carrés ! Bon, le chocolat de Margaux est un peu plus élaboré puisqu'elle est commerciale internationale pour son maître chocolatier de père. Il n'empêche, ce roman gourmand excite les papilles gustatives et nous offre, en bonus de fin, quelques recettes à expérimenter !

Quid de l'histoire en elle-même ? Je ne suis pas déçue, je n'attendais pas autre chose que ce que j'ai trouvé dans ces pages. Une lecture tranquillou, reposante, bon enfant, avec de belles valeurs morales, divertissantes, bref, agréable à lire... Mais qui ne révolutionne pas la littérature, d'ailleurs ce n'est pas son ambition. Le scénario de base est du style "déjà lu" et le développement relativement attendu et la fin... logique ! Mais peu importe... Toutes les littératures ont quelque chose à offrir ou à apporter. En l'occurrence, j'ai regardé ma vie à travers le prisme des mots de Sophie Tal Men et de ses personnages. Le titre déjà, peut être considérer comme étant à double sens... Oui, sans erreur, on n'apprend rien, on n'évolue pas... Et également, difficile de se déployer si l'on ne plante pas un minimum de racine. Et puis il y a le célèbre leitmotiv du roman : "La vie, c'est comme une boite de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber". Sophie Tal Men décline en différentes versions la deuxième partie de la phrase... Et chacun est libre d'en faire autant... Et ma vie, depuis le déconfinement, est comme une boite de chocolat : pleine de possibilités, de saveurs, d'inconnu, de choses et de lieux à découvrir... Et ceci, presque sur mes genoux. En tout cas, dans un rayon de 150 kilomètres de chez moi, et j'avoue, je profite un max et découvre enfin correctement ma région, parce que j'en prends le temps de profiter et d'apprécier ce que j'ai près de chez moi, que je me plante un peu, je m'éparpille moins ! Bref, je pioche dans ma région comme dans une boite de chocolats ! Et je mets plein de petits extras dans mon ordinaire, comme conseillé par Jacqueline dans le roman. D'ailleurs, une bonne partie de cette histoire se déroule dans les environs du Cap Fréhel en Bretagne où je suis retournée il y a quelques jours... Donc visualisation totale des lieux pour moi !

Je ne vais pas ergoter dans un sens ou dans l'autre : une lecture sympathique entre deux romans plus conséquents.

 

La fameuse fauconnerie du Cap Fréhel... Désertée de ses occupants en cette saison !

La fameuse fauconnerie du Cap Fréhel... Désertée de ses occupants en cette saison !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 14 Octobre 2020

2084 la fin du monde, roman, avis, chronique, religion, critique, islam radical, Boualem Sansal, dictature

Roman - Editions Ecoutez lire - 7h56 d'écoute - 18.99 €

Parution d'origine chez Gallimard en 2015

L'histoire : L'Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, "délégué" de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l'amnésie et la soumission au dieu unique. Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l'existence d'un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la Religion...

Tentation : La blogo à l'époque

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Il y a dans ce titre une référence évidente à 1984, de George Orwell... Que je n'ai toujours pas lu, donc je ne ferai aucun autre parallèle entre ces deux oeuvres dans ce billet.

Difficile de chroniquer un tel roman, quelque part trop cérébral et alambiqué par rapport à ce que je suis. La narration, assez nébuleuse n'est d'ailleurs pas évidente à suivre. Elle nécessite une grande concentration, notamment pour repérer chaque personnage et les situer dans la "hiérarchie" de l'Abistan. Dans ce cas, la lecture audio, qui empêche les retours faciles aux pages précédentes, n'est sans doute pas idéale. Pour être honnête, j'ai fini par renoncer à suivre les tenants et les aboutissants de l'histoire, les pérégrinations d'Ati et de son compagnon, et leurs multiples rencontres. Bref, je serais bien incapable de raconter ce livre si l'on me le demandait.

Et pourtant, j'ai pris un plaisir immense à cette lecture ! Etrange non ?! C'est que le sujet de fond me passionnait, et que j'étais admirative du talent de l'auteur pour mettre en mots, en humour, en puissance, en absurde, en glace, en sagesse, en rage, tous les faits qu'il évoque et dénonce. Chaque paragraphe énonçant et expliquant un nouvel aspect des dictatures, avant tout religieuses ici (mais cela peut aussi fonctionner sans dieu (la preuve en Corée du Nord), me lançait comme des décharges inspirantes et invitantes à la réflexion, au développement. En quelques sortes, j'ai eu l'impression d'un flash back dans mes années philo du lycée. Si je n'avais écouté ce livre en me baladant, j'aurais répondu aux démangeaisons de mon cerveau qui turbinait, qui s'éclatait dans toutes ses réflexions et de mes doigts : j'aurais ressorti des copies doubles, un stylo plume, et je me serais éclatée à disserter des heures sur ces sujets.

Dans ce roman d'anticipation, conte philosophique moderne, Boualem Sansal invente un Etat théocratique. A travers l'histoire, le quotidien et les réflexions de ses personnages, Sansal dénonce ces dictatures religieuses, et surtout, l'extrémisme religieux sous toutes ses formes et toutes ses conséquences. Certes, on comprend très vite que c'est l'Islamisme qui est pointé du doigts - puisqu'hélas, des actes rappellent ceux de Daesh - mais les critiques de l'auteur s'adaptent à toute religion monothéiste, donc aussi au catholicisme. Pour détailler la mise en place et le fonctionnement de ses dictatures, Boualem Sansal développe de nouveau sujet telle que le pouvoir, la soumission, pensée unique, l'ignorance, la mécréance, la croyance, la foi, la peur, la domination, pensée, contre-pensée, la délation, liberté, aveuglement, répression, révolte, confort de la méconnaissance, manipulation, frontière, guerre, mensonge, j'en passe et des meilleurs. Ca commence en 2084, mais bien des réalités sont actuelles, ou s'adaptent hélas déjà très bien à notre époque.

2084. La fin du monde... Un étrange roman aussi riche que confus où il est difficile d'y voir clair et où, pourtant, le message est d'une limpidité lumineuse et brillante. Pas impossible que je me l'achète en version papier, pour m'y replonger à des endroits précis, et laisser mon cerveau s'éclater, à se faire des noeuds, à sursauter de clairvoyance, à développer les évidences pour son propre plaisir !

« ... nous avons inventé un monde si absurde qu’il nous faut nous-mêmes l’être chaque jour un peu plus pour seulement retrouver notre place de la veille » 

« Les plus dangereux sont ceux qui ne rêvent pas, ils ont l'âme glacée… »

"La religion fait peut-être aimer Dieu mais rien n'est plus fort qu'elle pour faire détester l'homme et haïr l'humanité."

"La patience est l'autre nom de la foi, elle est le chemin et le but, tel était l'enseignement premier, au même titre que l'obéissance et la soumission, qui faisaient le bon croyant."

"Mécroire, c'est refuser une croyance dans laquelle on est inscrit d'office"

"Croire que l'avenir nous appartient parce qu'on sait est une erreur courante."

"La soumission engendre la révolte et la révolte engendre la soumission : il faut cela, ce couple indissoluble, pour que la conscience de soi existe."

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 10 Octobre 2020

Sorj Chalandon, la légende de nos pères, roman, critique, avis, chronique, résistance, deuxième guerre mondiale.

Roman - Editions Livre de Poche - 254 pages - 7.20 €

Parution d'origine chez Grasset en 2009

L'histoire : Mr Frémaux est biographe. Il met en forme et en mots les vies que ses clients lui racontent. Il est aussi le fils de "Brumaire", un ancien résistant décédé vingt-six ans plus tôt. Il n'a jamais rien su des exploits de son taiseux de père. Lupuline le contacte : elle souhaite que Frémaux rédige la biographie de Beuzaboc, son père âgé de 83 ans, pour témoigner de ses multiples actions de soldat de l'ombre durant la deuxième Guerre Mondiale. Frémaux rencontre Beuzaboc une heure chaque semaine, écoute, écrit... Et s'interroge. Il doute. Quelque chose ne tourne pas rond... 

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : Cela fait si longtemps que j'attendais une lecture qui agisse autant sur moi, qui m'ébranle, et la voici ! Alors qu'elle m'attendait dans ma PAL depuis huit ans ! Un roman brillant, brûlant, puissant.

La magie Chalandon a de nouveau opéré, comme avant, dès les premières phrases, courtes, qui frappent, qui nous aspirent, et qui inspirent de suite un silence respectueux... comme si l'on pénétrait dans un mausolée. Et puis il y a ces mots choisis qui claquent, que l'on est étonné de voir accolés et qui confirment que nous sommes dans de la très belle littérature. Nous voilà captifs de cette histoire qui se déroule dans une touffeur épaisse, alourdie par la canicule de l'été 2003, qui semblait tout figer, ralentir et exacerber. Les rencontres hebdomadaires entre le biographe et son client se tiennent dans l'appartement de ce dernier : les volets sont clos pour que ne pénètre pas la chaleur, il fait sombre, un ventilateur ne ventile pas grand-chose, pas même les silences ni la tension qui s'installe. Le vieux est dans son fauteuil. Il raconte. Mais il ne semble pas être là, dans ce passé aussi héroïque que douloureux qu'il évoque. Le biographe s'interroge. Que se passe-t-il ? Où sont les tripes et la sueur du vécu ? Au fils des séances, c'est vers un bras de fer et un chaos que les deux hommes se dirigent. Le lecteur retient son souffle, car il règne un réel suspense, et s'interroge sur les motivations de Beuzboc et de sa fille. Se jouent-ils de Frémaux ou au contraire, lui permettent-ils de retrouver les traces de son père défunt ? Tout est poignant, tout est juste.

Pourquoi ce roman m'a-t-il tant remuée ? Déjà, parce qu'il se tient à Lille et ses environs, ma région d'origine, mes racines, mon sang, ma façon d'être. Et j'ai pris conscience que je ne me suis jamais vraiment interrogée sur ce qu'y était la vie pendant la deuxième Guerre Mondiale, sur les grands agissements de la résistance, les drames, les massacres qui y ont eu lieu... A l'école, on vous apprend Pearl Harbour mais pas les faits de votre région... ces faits qu'ont vécu nos grands-parents (pour qui est de ma génération). Mes deux grands-pères ont fait la guerre. Mais de leur guerre je ne sais rien, sauf qu'ils ont été faits prisonnier en Allemagne. Une phrase pour une guerre de cinq ans et deux grands-pères. Ce vide, cette méconnaissance m'a soudain pris à la gorge et m'a donné le vertige, comme devant un gouffre. Qu'ont-ils subi au jour le jour, avant, pendant, après qu'ils soient prisonniers. Je me suis même demandé : "ont ils dû tuer" ? Est-ce que cela les a hantés jusqu'à leurs derniers souffles ? Rien, je ne sais rien, parce que la vie est mal faite. A l'âge où j'aurais pu questionner mes grands-pères, saisir l'importance de ce qu'ils avaient traversé et les conséquences sur ma propre liberté de vie, ils n'étaient plus. J'étais en primaire (CE2, puis CM1 pour mon grand-père paternel). Trop jeune pour m'intéresser, et puis sans doute aussi que la société en général cherchait alors à protéger sa jeunesse de l'horreur qui n'était pas encore si lointaine dans le temps ? J'ai l'impression que lorsqu'on est gamin, si on a la chance de ne pas vivre la guerre, on ne la conceptualise pas du tout. Je le regrette infiniment, mais Chalandon recouvre ici quelques brèches. Bref, les visages de mes grands-pères m'ont accompagnée tout au long de ma lecture.

Au-delà des sujets de la résistance et de la transmission entre les générations, les sujets majeurs de ce roman sont évidemment le mensonge et son contraire, la vérité. Quand l'une prend la place de l'autre, ou se confond avec son opposé. Le mensonge est il tout de même un crime s'il permet de rendre hommage aux oubliés, aux discrets, s'il leur redonne vie ? Comment se sortir d'un mensonge qui vous a construit aux yeux des autres ? Faut-il en sortir, s'il apporte un certain confort à l'entourage, qui lui aussi s'est édifié sans le savoir autour de celui-ci ? Vraiment ? Et si tout n'était que légende, et que, c'est bien connu, une légende sert toujours une vérité ? Toutes les réponses dans ce bouleversant roman de Maître Chalandon ! 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Septembre 2020

Tonino Benacquista, Homo Erectus, Roman, littérature, avis, chronique, critique

Roman - Editions Folio - 305 pages - 8.00 €

Parution d'origine chez Gallimard en 2011

L'histoire : Et s'il existait, au coeur de Paris, une société secrète où les hommes puissent enfin confier leurs dérives sentimentales, leurs expériences rocambolesques, leurs fantasmes inavouables sans subir les reproches féminin ni la pression sociale ? Une société où il est interdit d'interrompre, de juger. Juste prendre la parole devant ses pairs ou écouter. Il est interdit de parler de cette société aux autres, sauf à ceux qui pourraient en avoir besoin.

C'est dans cette société secrète que nous rencontrons Denis, Philippe et Yves.

 

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : C'était avant même l'ouverture de mon blog, il y a plus de 12 ans, une connaissance me conseillait chaleureusement de lire Tonino Benacquista. Quelques années plus tard, j'acquerrais ce roman et le voici enfin lu. Oui, il me faut parfois du temps... La cause, la profusion des possibilités de lecture !

J'ai bien apprécié ce roman de Tonino Benacquista, avant tout, pour son élégance. Celle de sa narration, celle de son style soigné, celle de son auteur qui ne juge pas ses personnages. Il leur laisse le choix de se tromper, de se contredire, de s'essayer sur d'autres chemins que ceux tracés, quitte à se rendre compte qu'ils s'éloignent de ce qu'ils sont intrinsèquement. 

C'est dans cette société secrète que se rencontrent Yves, Philippe, et Denis. Cette société est leur seule connexion, suivie du verre qu'ils aiment partager après chaque séance hebdomadaire. Et c'est autour de ces 3 personnages que Benacquista construit son roman... L'avant, le pendant et l'après de ces trois hommes qui vivent un bouleversement dans leur vie et tentent de se redresser. Ils sont en reconstruction.

La vie de Denis, serveur en brasserie, est un désert sentimental et sexuel. Aussi, est-il convaincu que toutes les femmes se vengent sur lui des méfaits que les hommes leur font subir. Il sombre dans la dépression jusqu'à ce qu'une intruse s'installe chez lui. Etrange, qui est-elle, pourquoi est-elle là ? Yves, poseur de vitre, vient de rompre avec sa femme qui l'a trompé avec un gogo dancer. Fini pour lui l'engagement et les promesses, désormais, Yves ne fréquente que des prostituées qui lui permettent de découvrir Les femmes. Philippe, penseur philosophe, a du mal à oublier Juliette... Jusqu'à ce que Mia, LA super top model reine du monde et du papier glacé, l'invite dans sa vie. Tonino Benacquista explore donc les comportements masculins et leurs problématiques dans une société qui donnent trop de modèles où ils perdent leurs repères, en cherchent de nouveaux. Le romancier pointe du doigt les préjugés, les à priori, la surmédiatisation, dans un roman aussi sensible que discrètement et finement drôle, se moquant parfois gentiment de ses personnages pour les admirer ensuite. C'est qu'ils sont attachants ses trois hommes abîmés. Celui qui m'a le plus touchée d'ailleurs est Yves, celui qui se cherche dans les bras de femmes de joie... Celui qui pourrait paraître pour le moins vertueux mais qui révèle en fait toute la bonté et l'énergie qui dormait en lui pour se rendre extraordinaire.

Ah les hommes, dur de les comprendre ! Mais, comment ? Oui, Tonino Benacquista achève son roman de façon tout à faire égalitaire. Et oui, les femmes ne souffriraient elles pas des mêmes maux que le sexe opposé ? Oui, chacun(e) souffre d'être encombré(e) de soi-même et du poids d'une société qui impose ses codes. Et chacun(e) ne fait-il (elle) pas de son mieux ?

"En fait, il s'était lancé dans un essai sociologique qui décrivait l'homme contemporain harcelé par des injonctions de toutes sortes et qui, à force d'être à l'écoute de son époque, n'était plus à l'écoute de lui-même. En ce XXIème siècle de surinformation, on l'exhortait au bonheur, on le contraignait au plaisir, on lui imposait le beau, on le condamnait au juste, on lui définissait la quantité de normes dont il craignait d'être exclu."

Bref, un roman original, intelligent, caustique, parsemé de moments savoureux, et classe !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Septembre 2020

Roman - Editions J'ai Lu - 316 pages - 7.40 €

Parution d'origine chez Flammarion en avril 2019

L'histoire : Alors que Justine, jeune hackeuse, est enfin parvenu sur le serveur de l'US Army, son écran lui montrent une trentaine de missiles nucléaires dans les airs en Asie, subitement détournés... Evitant de peu une Troisième Guerre Mondiale. Justine a compris qui est responsable de ce détournement... Internet lui-même. Sauf que l'US Army est convaincue de la culpabilité de Justine... Pour elle, commence une course contre la montre, pour se sauver elle-même mais surtout tenter de sauver le monde !

Tentation : Picth et couv'

Fournisseur : Ma CB

 

 

 Mon humble avis : Quel livre inattendu, d'autant que j'en ignorais l'existence... jusqu'à ce que sur un étal, ce chat psychédélique me fasse de l'oeil ! La quatrième de couverture a eu de suite raison de ma compulsion acheteuse livresque pas toujours maîtrisée comme je le voudrais.

C'est un coup de coeur véritable pour moi, et me trouve désarmée pour expliquer cette révélation à sa juste valeur. Tant ce livre est dense, tant il amène à la réflexion, tant il est enrichissant spirituellement parlant, tant que serais incapable de rembobiner le fil déroulé par l'auteur et recomposer la pelote. Et tout cela, sous couvert de la bonne distraction littéraire.

Nous voici dans une "petite" anticipation. Petite, non par l'ampleur, mais par la date : N + 1, l'année prochaine. Où celle d'après ou plus tard, peu importe, N + 1 par rapport à votre date de lecture... Peut-être qu'un jour prochain certains faits ne seront plus anticipatifs mais réalité... Réponse dans peu de temps, si l'univers nous prête vie... Enfin, si nous redonnons vie à notre Planète et nous reconcentrons sur nos fondamentaux.

Les principaux protagonistes sont : Justine, la jeune Hackeuse, Thomas, un colonel de l'U.S Army, le Général Lloyd, le quarante-quatrième Président des Etats-Unis (excellent, il n'est jamais nommé ni prénommé, il apparaît juste comme l'ancien président, mais ses traits et les descriptions qu'en donne Jean-Gabriel Causse font apparaître le visage souriant et bienveillant de Barak Obama, qui ne l'oublions pas, est aussi Prix Nobel de la Paix). Mais le personnage central est Internet "en personne", enfin, en conscience !

D'ailleurs, Internet prend régulièrement la parole et s'adresse à nous, lecteurs et/ou usagers, comme aux hommes de pouvoirs, aux férus, aux scientifiques, aux philosophes, aux hommes de savoir et leurs contraires, les stupides. Justine a en effet découvert qu'à force d'algorithmes, Internet a pris conscience de lui-même. Il pense, donc il est. Et il peut agir, choisir... Est-ce une menace ou une force. Qui est en péril ? L'humanité, la planète, Internet ? Qui est un danger pour qui ?

De cette découverte, découle une série de faits parfois rassurants, parfois terrifiants.  Un désarmement immédiat des trois quarts du monde décidé unilatéralement.... je n'en dis pas plus. Et le tout nous emmène dans une lecture frénétique mais aussi méditative (donc participative et active) sur notre nature humaine, sur la place que nous donnons aux réseaux sociaux dans nos vies... et les conséquences que cette fameuse place (baisse générale des Q.I, de la mémoire de travail entre-autre). Il est clair qu'Internet est autant une mine d'or très prometteuse qu'une poubelle débordant d'une bonne partie de la bêtise et de la haine humaine. Bref, Internet est ce que l'on en fait. Dis par moi, c'est d'une banalité déconcertante, mais développé sur 300 pages d'un roman qui flirt sur l'espionnage et l'aventure par Jean-Gabriel Causse, c'est juste passionnant, très intelligent, bien documenté et judicieusement imaginé. Le génie de cette histoire au suspense constant, c'est elle est autant divertissante (ô que j'aime) que sujette au questionnement tant individuel que collectif sur ce que nous sommes, ce que nous devenons, ce que nous serons, alors que l'usage de l'Intelligence Artificielle est tellement ancré dans les plus infimes parties de nos vies et de nos sociétés, qu'il est impossible de faire "marche arrière". Quant à moi, je pourrais déjà relire "L'algorithme du coeur", pour méditer encore sur tout cela, peut-être en prenant des notes pour retenir... et remettre mes idées et pensées dans l'ordre !

Mais ce qui est rassurant à savoir... C'est que, contrairement à l'humain, Internet n'a pas d'égo... Et c'est peut-être ce qui pourra sauver le monde !!!

 

"Vous dites que mon intelligence est artificielle. La vôtre n'est-elle un peu superficielle ?"

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 10 Septembre 2020

Amélie Nothomb 2020, Rentrée Littéraire 2020, RL 2020, Les Aérostats, avis, critique, chronique, littérature

Roman - Editions Albin Michel - 175 pages - 17.90 €

Parution le 19 août 2020  : Rentrée Littéraire

L'histoire : A 19 ans, Ange est étudiante en philologie à Bruxelles. Pour financer ses études, elle devient "répétitrice de français pour Pie, un lycéen aussi étrange que sa famille. Le père de celui-ci espère qu'Ange parviendra à guérir la dyslexie de son fils. Car oui, apparemment Pie ne sait pas lire...

 

Tentation : L'insupportable impatience annuelle !

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : Mais oui, il est là le cru 2020 de ma chère Amélie Nothomb ! Je me suis d'ailleurs ruée en librairie le jour de sa sortie pour l'acquérir et le lire dans la foulée, avec délectation. Mais j'ai tardé à rédiger mon billet, un long weekend de mariage et deux semaines à plat total avec moult symptômes covidiens... Mais finalement trois tests négatifs... L'énergie revient, au travail, même si de ce fait, ce n'est plus une chronique à chaud mais avec ce le temps accorde à la mémoire.

Amélie Nothomb revient au style littéraire du conte cruel, style qui lui convient tant puisque son imagination pour l'illustrer ne faiblit jamais. Cet opus est très dialogué, et on y retrouve avec plaisir l'art Nothombien des dialogues qui disent tant tout en semblant décalés, mais sans détours. La verve de mon autrice favorite y est toujours aussi jubilatoire. Sauf que dans les passages narratifs, cette année, j'ai déploré l'usage excessif et répétitif des auxiliaires "être" et "avoir", ce qui évidemment alourdit la plume, où lui donne un aspect simpliste. Dommage, la langue française fourmille de vocables formidables et variés qu'Amélie Nothomb maîtrise pourtant à merveille.

Avec Les aérostats, Amélie Nothomb dresse un formidable éloge à la littérature et ses pouvoirs magiques, n'ayons pas peur des mots : La littérature, la lecture sont libératrices, sources de curiosité, de savoir, d'émotions, de réflexions. Elle permette de prendre de l'altitude pour se sauver, s'échapper de soi-même, du quotidien, de l'ignorance, de l'encéphalogramme plat ! L'initiation au bonheur de la lecture n'est pas uniquement de la responsabilité scolaire... Les parents ont aussi un rôle à jouer, un rôle de stimulation de leur progéniture. On aime un livre qui nous intéresse, et c'est au-delà du jugement moral, la littérature n'étant pas destinée à mettre tout le monde d'accord. L'important est le plaisir éprouvé.

Ange impose des lectures classiques à son élève. On s'attend à un clash mais en fait, c'est une révélation. Pie lit donc Le Rouge et le Noir, l'Illiade et l'Odyssée et bien d'autres ouvrages. Et j'avoue, ses réactions et argumentaires si sont vivants, si contemporains et modernes, si clairvoyants, si animés qu'ils m'ont donné envie de lire ou relire certains de ces ouvrages. Ces passages provoquent une certaine ivresse de lecture.

Les jeunes (ou les plus âgés) qui ne lisent pas sont en déficit de réalité.  La littérature est d'une aide fabuleuse, mais attention aussi de ne pas la prendre au pied de la lettre. La littérature ne se substitue pas non plus à la vie réelle... Si c'est le cas... Attention danger ! La vie, comme la jeunesse, s'apprend... dans les livres mais aussi dans les expériences. 

C'est de tout cela (et de bien d'autres sujets) dont il est question dans Les aérostats, modelé dans une forme romanesque caractéristique de l'écrivain. Une fois de plus, le personnage sont hauts en couleur... de pathétisme... La mère de Pie brille particulièrement dans cette catégorie : elle collectionne des objets via internet... Des objets qu'elle ne possède jamais en main propre. C'est une cruelle mais réaliste allégorie de notre époque où nombreux sont ceux qui collectionnent du vide, du virtuel... Ce qui n'existe pas mais qui les mène à l'extase !

Pour conclure donc, encore un très bon Nothomb qui se lit d'une traite pour un réel plaisir chaque année renouvelé !

 

"On n'habite pas toujours au même étage de soi-même"

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 27 Août 2020

roman L'expérience de la pluie, Clélie Avit, avis, chronique, blog, autisme, asperger, hypersensoriels

Roman - Editions Pocket - 299 pages - 6.95 €

Parution d'origine chez Plon en mars 2019

L'histoire : Camille et Arthur, son fils de six ans, vivent dans une "bulle" avec le moins de contact possible avec l'extérieur. Car tous deux sont autistes asperger, avec la particularité de l'hypersensibilité sensorielle. Le moindre toucher est pour eux une épreuve. Jusqu'au jour où lors d'un trajet en bus, ils croisent Antoine, qui sans le savoir s'approche de leur bulle et en frappe à la porte... Aurélien parviendra-t-il à pénétrer leur univers ? Comment garder les bonnes distances ? Comment fusionner deux mondes à priori incompatibles ?

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Ma CB

 

Mon humble avis : J'attendais beaucoup de cette lecture, étant donné son sujet qui me concerne partiellement... Et j'en ai plutôt été agacée.

Malgré toutes les bonnes intentions que je devine chez Clélie Avit, j'ai trouvé ce livre bien maladroit... et assez irréaliste. Est-ce grave quand il s'agit d'un roman ? Pas forcément, sauf quand on plonge dans le périlleux exercice de prendre la parole de personnage atteint de pathologies ou de syndromes spécifiques, comme c'est le cas ici avec l'autisme Asperger. Alors que ce texte aurait pu être agréablement informatif, il devient presque "désinformatif". En effet, toute personne atteinte d'hyper sensibilité sensorielle n'est pas forcément autiste Asperger, et l'inverse se vérifie aussi, tout Asperger n'est pas hyper sensoriel...au point où le sont Arthur et Camille... Alors que l'autisme Asperger de Camille et Arthur est clairement cité, l'autrice ne développe et n'évoque presque que cette possible particularité associée : l'hyper sensibilité épidermique et tactile. Je trouve cela très réducteur et que la romancière n'aurait dû évoquer que cette dernière, sans l'autisme Asperger... Mais c'est peut-être moins vendeur.

Traiter de l'autisme via un roman est une bonne idée, car il permet au plus grand nombre d'appréhender plus facilement ce mystérieux syndrome, sans se noyer dans les publications de spécialistes. Ce peut être une jolie façon de rapprocher le monde des autistes de celui des neurotypiques (ou normo-pensants). J'ai la sensation qu'ici, c'est le contraire. La façon dont Clélie Avit présente et explique la vie de Camille est d'Arthur a tout pour être terrifiante (même s'il n'était pas question de l'édulcorer), et pour décourager dans son approche le plus valeureux des neurotypiques.  Certes, Aurélien parviendra à traverser la bulle, mais nous sommes dans un roman... Or dans la vie, je n'imagine pas grand monde déployant ce trésor de patience et prévenance... D'ailleurs, Aurélien est un personnage de roman... Car il semble bien (trop) préparé et apte à pénétrer le monde de Camille sans l'avoir jamais fréquenté, sans s'y être déjà confronté sciemment, sans le connaître. Bref, le comportement d'Aurélien est trop beau pour être vrai... Alors que Camille et lui prône le vrai dans toute sa dimension. Mais oui, nous sommes dans un roman... même une romance que j'ai trouvé trop mielleuse, trop gnangnan, trop dégoulinante, trop pleine de bons sentiments. Le texte aurait gagné en rythme, en émotion, en intérêt avec un Aurélien un peu plus pétillant. Car en fait, pour moi lectrice, il a été source d'ennui.

Les autistes apprécient l'explicite et redoutent l'implicite qu'ils ne maîtrisent en général pas. Pourtant, dans cette histoire, tout m'a paru trop implicite. Les dialogues entre les personnages, les nombreux non-dits (qui en étant dits auraient pu rendre les personnages plus complets et plus attachants), le style... rien n'a été fluide pour moi. Au point que souvent, j'ai dû relire certaines phrases plusieurs fois, pour en décortiquer la construction, la ponctuation, pour être sûr d'envisager le bon sujet, le bon complément etc. Inutile de préciser que cette lecture m'a pris plus de temps que prévu. L'écriture de ce roman est, pour moi, trop poétique (au point d'en devenir lourde), et souvent redondante. Et d'autres erreurs qui m'ont énervée, du genre : "mes clés tournent dans la serrure. Si elles étaient autistes, elles se forceraient peut-être ou alors seraient curieuses de connaître la suite. Deux façons de voir le monde pour même façon de le sentir". Déjà, je trouve cette phrase mièvre à souhait, mais surtout, je ne vois pas comment DES clés peuvent rentrer en même temps dans une serrure...

Bref, je ne suis pas entrée dans cette bulle de l'expérience de la pluie, même si je m'en suis approchée par moment. L'émotion ne m'a pas saisie et je n'ai pas débordée d'empathie pour les personnages. Je reconnais néanmoins que ce roman a le mérite d'évoquer l'autisme asperger, de donner quelques clés d'approche et de montrer que chacun doit marcher vers l'autre et s'adapter à son monde du mieux qu'il peut : le neurotypique vers l'autiste et l'autiste vers le neurotypique. Et, tout de même, je pense qu'il pourrait m'aider personnellement... Avec les mots de Camille qui peuvent expliquer un ressenti : "c'est trop"... quand l'autiste arrive à saturation de ce qu'il peut supporter.

Bien sûr, tout ceci n'est que mon humble avis.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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