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Publié le 31 Août 2021

Amélie Nothomb, Premier sang, 30ème roman, rentrée littéraire 2021, avis, chronique

Roman - Editions Albin Michel - 171 pages - 17.90 €

Parution le 18 août 2021 : Rentrée Littéraire

L'histoire : Le narrateur est devant un peloton d'exécutions. Il se remémore son enfance puis les faits qui l'on conduit là.... Cet homme, c'est Patrick Nothomb, le père de la romancière.

Tentation : Mon incontournable Amélie

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

Mon humble avis : Le trentième roman publié d'Amélie Nothomb vient de paraître... Et est donc ma 29ème lecture de ma romancière favorite. Seul son premier roman m'a échappé volontairement, je le garde pour le jour où celle-ci cessera d'écrire et/ou de publier !

Qu'il est désappointant ce nouvel opus, ou alors surprenant ! Il ne ressemble pas aux autres, même si l'on retrouve évidemment la plume de le l'écrivaine et certaines de ses obsessions. Mais point de prénoms rocambolesques, point de vocabulaire surprenant dont l'on cherche la définition dans le dico. Certes, les personnages y sont toujours originaux mais... La première partie m'a paru bien longuette et répétitives, même si les situations vécues par le narrateur sont typiquement nothombiennes... Simples et ubuesques à la fois. Voilà pourquoi cette lecture m'a moins plus que les précédentes, que je n'étais pas en joie ni impatiente de retourner entre ses pages. Ma dernière session de lecture était : il faut finir ce livre.

Ce roman porte en fait sur la vie de Patrick Nothomb, père d'Amélie Nothomb, et décédé lors du premier confinement de 2020. Y sont évoquées l'enfance, la prime jeunesse, les années collèges puis estudiantines de ce dernier. Une enfance particulière, un père mort au combat très jeune, une mère qui délaisse son fils, et des vacances dans le domaine d'un oncle Nothomb, vacances qui avaient tout pour être traumatisantes mais qui n'avaient pour but que d'endurcir l'enfant.

Puis l'on apprend pourquoi et comment Patrick Nothomb a choisi d'embrasser la carrière de diplomate... C'est ainsi que l'on rejoint l'ouverture du roman... Premier poste diplomatique au Congo dans les années 60... Une rébellion, un coup d'état et une énorme prise d'otage, la plus garde de l'Histoire. Et oui, pour la première fois me semble-t-il, Amélie Nothomb évoque la grande Histoire dans la sienne. Cette partie-là, réelle même si sans doute romancée, est celle qui m'a le plus intéressée... m'apprenant des faits que j'ignorais.

En tant que fan d'Amélie Nothomb, je suis donc perturbée par ce nouvel opus, qui diffère des précédent et que ne m'a offert aucun personnage ou aucune situation où me retrouver, où m'identifier, comme c'est le plus souvent le cas. Il n'empêche que Premier Sang reste un bel hommage à feu son père.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 25 Août 2021

Fabcaro, Fabrice Caro, roman, Broadway, avis, chronique, blog

Roman - Editions Gallimard - 208 pages - 18 €

Parution en août 2020

L'histoire : Axel a tout pour être heureux : une femme, deux enfants, un emploi, un pavillon dans un lotissement. Mais voilà que des amis veulent les amener faire du paddle à Biarritz... Et puis, Axel reçoit l'enveloppe bleu réglementaire des cinquagéanaires, l'invitant à un dépistage du cancer colorectal... Sauf qu'Axel n'a que 46 ans... Donc rien va plus !

Tentation : L'envie de détente

Fournisseur : La cabine en livres en bas de chez moi.

 

 

Mon humble avis : J'avais grand besoin d'une lecture divertissante qui fasse fonctionner mes zygomatiques, je l'ai eue avec ce troisième roman de Fabrice Caro, alias Fabcaro pour la BD.

Dans cet ouvrage, Fabrice Caro s'attaque au temps qui passe sans qu'on s'en aperçoive, et aux changements qui l'accompagne, tout d'abord subtiles puis brutaux d'un seul coup... Le temps n'est pas la seule victime de Caro ici... En effet, les petites obligations de bienséance sociales, les normes qui finissent par diriger votre vie (comme la hauteur des grillages entourant une piscine j'en passe et des meilleures) sont fustigées avec malice, humour, franc parler et percutantes formules par notre Axel, notre narrateur. Axel est sans doute un peu looser, qui subit et accepte trop par manque de caractère et de courage... Comment est-il passé de l'ado rockeur mal dégrossi au père de famille d'une vie rangée ? Que s'est-il passé entre le moment où il jouait aux Playmobil avec son fils et celui où il est convoqué par le collège de ce même fils, auteur d'un dessins pornographiques outrageux avec deux profs comme personnages principaux ? Alors dans ses rêves, Axel aimerait tout plaquer, se tirer de la réalité et pourquoi pas, avec la prof.

Une fois de plus, Fabrice Caro sait fouiller dans nos quotidiens et fouiner dans nos travers sociétaux pour appuyer là où ça fait mal, où ça coince, où ça cloche, où c'est trop toujours pareil ! Ce qu'on devrait oser et que l'on n'ose pas.... Faire ou refuser... ou simplement changer... Car le quotidien sans cesse renouvelé offre sans doute une part de confort...

C'est une lecture fluide, faite pour la détente et la dégustation de l'humour et de la dérision si chers à Fabrice Caro. Si l'on en attend un chef d'oeuvre, la déception guette. Le discours, son précédent roman était, à mes yeux, plus abouti et mieux mené. 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 21 Août 2021

Fabienne Betting, roman, la théorie des poignées de main, avis, chronique

Roman -Editions Pocket - 224 pages - 6.95 €

Parution Pocket Mai 2021, Les Escales juin 2020

L'histoire : Jeune étudiant en mathématique, Antoine effectue sa thèse sur la fameuse théorie des poignées de main, plus connue sous les termes théorie des six degrés de séparation. Alors qu'il présente ses recherches lors d'un colloque à Corfou, un éminent professeur, irrité par cette théorie, met au défi Antoine de la prouver dans la réalité. Antoine relève le défi. Il a trois mois pour trouver la cible proposée par le professeur, et démontrer que seules cinq personnes le séparent de celle-ci. Le voilà qui s'envole pour le Vietnam. Les seules informations dont il dispose : Chinh Yên Than est né à Go Vap le 1er février 1972. Une grande aventure commence pour Antoine !

 

Tentation : Titre et pitch

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : Depuis que j'en ai entendu parler, cette fameuse théorie des 6 degrés de séparation me fascine, sans que je cherche cependant à en savoir plus. Je me suis dit que ce titre serait l'occasion de corriger le tire. Cette théorie "prétend" qu'il n'y a pas plus de 5 connaissances qui vous séparent de n'importe quel être humain sur terre. Ces connaissances peuvent être amicales, professionnelles, familiales, mais aussi "indésirables"... Le tout, hors réseaux sociaux en ligne évidemment ! Trop facile sinon !

Je n'en sais guère plus sur cette théorie, car ce roman ne fait que survoler ce sujet d'un point de vue scientifique et statistique. Pas bien grave, sa lecture n'en est que plus aisée et légère, bref, agréablement divertissante, servie d'une plume simple et fluide. Un roman parfait pour l'été ou pour se changer les idées entre deux ouvrages plus conséquents. D'ailleurs, j'ai dévoré cette histoire sympathique.

En fait, ce sont plus la quête d'Antoine et les rencontres qui en découlent qui font l'intérêt du roman. On voyage aussi : Nancy, Vietnam, Géorgie Américaine, Suisse, Italie... Là aussi, c'est assez succinct... le nombre de pages ne permet pas de plus amples développements qui auraient été instructifs... l'objectif de l'écrivaine étant clairement affiché : la détente.

La théorie des poignées de main évoque le drame des enfants orphelins dans des orphelinats bondés lors de la guerre du Vietnam et les difficultés d'intégrations rencontrées lors de leurs adoptions en occident. Le choc des cultures des jeunes français qui découvrent le monde est aussi développé. Ce roman nous rappelle aussi de jolies choses... Que derrière chaque statistique, il ne faut pas oublier qu'il y a de l'humain et ses variables, qu'il y a une différence de taille entre savoir qu'un chemin existe et le trouver. Que seul, on n'arrive pas à grand- chose... Entre autres.

Une lecture plaisante, pleine de bienveillance, qui nous fait côtoyer des personnages attachants, mais qui reste un peu trop en surface des choses et des faits à mon goût, avec un style un peu trop simple tout de même... mais accessible à tous pour le plaisir !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 19 Août 2021

Roman - Editions Léo Scheer - 200 pages - 17 €

Parution le 1er septembre 2021, Rentrée Littéraire

L'histoire : Elle a quitté Paris, a fui un traumatisme et a cessé d'écrire depuis cinq ans. Ecrivaine, elle vit retirée dans une maison isolée d'un village Normand. Un matin, alors qu'elle promène comme d'habitude son chien Paul, elle trouve une clio abandonnée, porte ouverte, près d'une rivière, près d'un panneau qui interpelle :"danger en rive". A l'intérieur du véhicule, elle ramasse un bracelet où figure le mot "disparaître"... Dès lors, son quotidien ordonné se retrouve chamboulé, d'autant plus que son passé ressurgit...

 

 

Tentation : romancière dont j'aime lire le roman annuel

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi.

 

Mon humble avis : C'est un roman très original que nous offre cette année Nathalie Rheims. Presque un huis clos solitaire dans une vie routinière et calme, retirée du monde... Mais mise à mal par la découverte de cette voiture abandonnée près d'un virage bordant une rivière. On partage le quotidien de la narratrice, ses monologues intérieurs, des questionnements devant cette nouvelle situation... Pourquoi n'a-t-elle pas dit toute la vérité à la police, pourquoi a t-elle tu le bracelet ramassé et gardé. Son seul compagnon est Paul, son petit chien.

L'atmosphère se fait parfois étouffante... On se demande où l'écrivaine veut nous mener, puis la question que le lecteur se pose est même : mais où suis-je ? Et l'on comprend quelques pages plus tard que Nathalie Rheims nous a berné, qu'elle nous a menés le bout du nez, et complètement manipulés.... Pourquoi ?

Dans l'histoire, la manipulation élevée au rang de l'art sera pour se venger et faire taire à jamais l'auteur de son traumatisme... Un homme qui l'a harcelée quotidiennement et par tous les moyens possibles pendant des mois, cinq années plus tôt.

Dans l'exercice littéraire, cette manipulation n'a d'autres but que de travailler sur les frontières entre la réalité et la fiction, et d'étudier ces dernières sous les lumières de notre époque, où, via les médias, presse et réseaux sociaux, de la moindre flammèche s'ensuit un incendie dévastateur, qui ruine une réputation, qui délivre toutes les haines anonymes, qui passionnent les foules qui créent ainsi une certaine réalité. La multitude des intéressés crée elle-même réalité considérée dès lors, et par tous, comme certaine. 

L'autre sujet principal de cette histoire est le harcèlement psychologique et ses conséquences... Les proches qui ne comprennent pas forcément l'influence de l'harceleur sur vous, la justice qui est bien démunie tant qu'il n'y a pas eu de passage à l'acte physique. Le tout, évidemment, amplifiée à notre époque par les réseaux sociaux.

Si l'on suit Nathalie Rheims depuis plusieurs de ses ouvrages, on réalise qu'il y a beaucoup d'elle dans ces pages, c'est même parfois à se demander si l'on n'est pas dans une autofiction, ce qui ajoute au trouble du lecteur. Et bien sûr, sa plume subtile, soignée mais sans esbrouffe est au rendez-vous.

Je n'ai hélas pas pu lire ce roman rapidement, ma lecture fut interrompue par drame familial... Peut-être qu'une lecture plus condensée m'aurait permis de déceler quelques indices du subterfuge et aurait effacé à mes yeux les quelques petites longueurs. Mais quoiqu'il en soit, bravo à Nathalie Rheims, c'est un roman vraiment surprenant et astucieusement construit qu'elle nous propose en cette rentrée littéraire !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 13 Juillet 2021

Littérature, roman, Aline Dieudonné, Kérozène, avis, chronique, blog

Roman - Editions L'Iconolaste - 258 pages - 20 €

Parution le 1er avril 2021 

L'histoire : Une station service, le long de l'autoroute, un soir d'été. Il est 23h12 et ils sont 15 à se croiser, si l'on compte le cheval et le cadavre planqué dans le coffre d'un gros Hummer noir.

Une minute encore, et tout bascule...

 

tentation : la blogo

Fournisseur : la bib de Dinard

 

Mon humble avis : A force de lire le nom d'Adeline Dieudonné sur la blogo, ma curiosité a été piquée ! Et quand j'ai aperçu ce roman à la bibliothèque... Ben je l'ai pris, voilà tout ! Et je n'aurais peut-être pas dû, car ce genre de littérature ne semble pas être pour moi. Oh, c'est correctement écrit, ça se laisse lire au début, il y a une relative suite dans les idées que je perçois à peu près mais qui n'aboutit pas... Mais voilà c'est style de lecture dont il me parait que je ne tire rien....

En fait, il y a comme une tromperie sur la marchandise. Cet ouvrage est présenté comme un roman... Sauf qu'il n'en n'a pas la forme, s'approchant bien plus du recueil de nouvelles, composées de portraits de personnages qui se croisent, mais qui n'interagissent pas entre eux, ou si peu, et pas forcément pour le meilleur. Chaque personnage a le droit à un ou deux chapitres, qui présentent soit sa vie dans l'ensemble, soit l'événement ou l'action qui l'a mené dans cette station-service. L'idée de base me plaisait. En effet, on est tous parfois un personnage dans ce genre de lieu et de scène.

La 4ème de couv dit : "Adeline Dieudonné se joue des codes"... Effectivement, ce roman est un peu un OLNI à mes yeux... Pas de rythme précis, pas d'objectif manifeste, aucune leçon ni morale à en tirer. "Kérozène est drôle comme une comédie"... Euh, je n'ai pas ri une seule fois, ni même souri, tant les situations décrites sont tristes à mourir, ou pathétiques et souvent vulgaires. "tendu comme un thriller"... Certes, on espère que ces chapitres aboutiront à un final relativement explosif... Et bien non. "Mordant comme le réel"... Mouais... Un réel qui plonge bien des fois dans l'acadabrantesque, pas du tout réaliste, comme avec cette famille de gynécos complètement givrés. Là, c'est même devenu indigeste pour moi.  "Mordant comme le réel", et bien c'est triste de penser que sur 15 "personnes" dans une station-service, aucune d'entre elle n'est bien dans sa tête, aucune ne mène une vie sereine et relativement tranquille, sans violence, aucune n'est heureuse en fait... Même si la vie ne fait pas de cadeau, le réel est tout de même moins glauque que ce roman.

Certes, certains portraits m'ont touchée, pour être parfois gâchés par une suite dans un chapitre suivant. Certes, il m'a semblé qu'Adeline Dieudonné souhaitait nous montrer que nombre de gens n'ont pas le courage de changer leur vie de merde, quand d'autres ont le courage de mener une vie de merde par sacrifice, pour améliorer le quotidien des leurs, comme cette nounou philippine qui subit tout pour pouvoir payer des études à ses enfants restés aux pays.

Mais à part cela, je n'ai pas compris où voulait vraiment en venir l'auteure ni ce qu'elle voulait nous dire. Dommage, rendez-vous manqué ! Il me reste une impression de malaise, avec un sentiment de gâchis humains et de noirceur exagérée. A quoi bon ? Je sors vide de cette lecture... Elle m'a prise mon énergie et ne m'a rien apportée.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Juillet 2021

roman, littérature, Pierre Lemaitre, le miroir de nos peine, avis, chronique

Roman - Editions Audiolib - 14h d'écoute - 21.45 €

Parution Audiolib et Albin Michel en 2020

L'histoire : Celle de Louise et de différents personnages, qui plonge dans la folie et le désastre d'une période historique sans équivalent : avril 1940... La guerre, l'exode... Période qui fait émerger les héros et les salauds, les menteurs et les lâches et quelques hommes de bonnes volontés. Le tout, avec les secrets du passé qui ressurgissent pour certains d'entre eux.

 

 

Tentation : L'envie pardit !

Fournisseur : Bib de Rennes

Mon humble avis : C'est avec "Le miroir de nos peines" que s'achève la magnifique, puissante et captivante trilogie de Pierre Lemaître, "Les enfants du désastre"... Dont, je le rappelle, chaque tome peut se lire indépendamment. Il y eu la révélation d'"Au revoir là-haut", prix Goncourt et adaptation ciné par Dupontel, il y eu "Couleurs de l'incendie", et voici le Miroir de nos peines... Qui se déroule cette fois-ci au début de la deuxième Guerre Mondiale.

Nous suivons Louise, qui était une enfant dans Au revoir-là haut. Elle a maintenant dans les 35 ans, est célibataire et surtout sans enfant, son drame. Sa mère vient de décéder. Elle est institutrice et le Week end, aide Monsieur Jules son voisin restaurateur à "la petite bohème". Au cours du roman, elle apprend qu'elle a un demi-frère... Qui passe de mort-né à abandonné puis recueilli par quelqu'un connu de Louise (je me tais !!!)

Il y a Gabriel, prof de maths mobiliser, soldat digne, fidèle, courageux mais pas téméraire un homme de devoir.

Il y a Raoul, soldat également, impulsif compagnon d'infortune de Gabriel, mais qui pratique la roublardise de haute voltige... Il évolue au cours du roman, et de détestable, il devient aimable, car Pierre Lemaître nous livre et lui livre son passé.

Il y a Désiré, l'insaisissable, que l'on retrouve au fil du roman sous diverses identités et professions... Un bel usurpateur dans toute sa splendeur. Excellent personnage, j'ai adoré !

Il y a Fernand, garde mobile à Paris, qui est tiraillé entre son devoir et l'amour pour sa femme Alice, soi-disant cardiaque...

Ils sont tous attachants dans leurs défauts et leurs qualités, dans leur tiraillement devant la triste réalité. Pierre Lemaitre montre ainsi le pire et le meilleur qui peut émaner de chacun en période particulière comme la guerre. Et tous ces personnages sont de "petites gens", des gens du peuple.

Puis pléthore de personnages secondaires, notamment militaires, le plus souvent détestables.

Tous ces personnages ont eu raison propre de se trouver sur la route du sud, celle de l'exode, celle des déplacements de prisonniers militaires. 

Et l'on se doute qu'à un moment ou un autre, Pierre Lemaître réunira ses personnages principaux. Oui, je vous laisse découvrir où et comment !

Contexte et décor historiques sont grave, mais néanmoins, Pierre Lemaître y lâche quelques touches de légèreté et d'humour. Par moment, il règne presque une atmosphère "la 7ème compagnie", par d'autres, on a l'impression d'être dans "attrape-moi si tu peux", le film de Spielberg.  Mais ces passages sont évidemment suivis de situations dramatiques.

L'ensemble est parfaitement documenté, qui informe et décris avec clarté et simplicité le quotidien au début de la Guerre de 40. Pierre Lemaître s'inspire évidemment de faits réels, même pour les plus surprenants... Notamment ces fake news diffusées à la radio pour remonter le moral des français, ou encore, cette colonne de plus de 10000 prisonniers militaires français, traités comme des bêtes et envoyés sur la route en pleine débâcle et exode.

Avec le Miroir de nos peines, le maître Pierre Lemaître nous livre une fois de plus un roman passionnant, haletant, divertissant et profondément émouvant. Une véritable fresque historique et romanesque, très épique ! Le bonus, c'est qu'en épilogue, Lemaître nous donne des nouvelles des personnages, des années plus tard. C'est franchement sympa.

Inutile de préciser qu'une fois de plus, je vous conseille de découvrir cette oeuvre via son format audio, tant l'interprétation qu'en fait Pierre Lemaître est vivante, incarnée, habitée, entraînante. Le formidable conteur qu'est Pierre Lemaître excelle prodigieusement dans cette lecture. C'est vraiment un plus !

Une trilogie se déroulant durant les 30 Glorieuses est en préparation, chouette !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 1 Juillet 2021

Roman, Le baby-sitter, Jean-Philippe Blondel, avis, chronique, blog

Roman - Editions Pocket -  256 pages - 6.95 €

Parution d'origine : Buchet / Chastel en 2010

 

L'histoire : A 19 ans, Alex, étudiant en fac d'anglais, a bien du mal à joindre les deux bouts, bien avant la fin du mois. Il dépose donc, à la boulangerie de son quartier, une annonce qui propose ses services de baby-sitter, histoire de gagner quelque argent. Un baby-sitter, voilà qui en étonne plus d'un. Mais Alex va devenir le baby-sitter régulier de quelques familles... Est-ce le hasard ou la présence d'Alex , mais dans chacune d'entre elles, la vie va changer, voire même être bouleversée.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

Mon humble avis : Jean-Philippe Blondel est un romancier dont j'ai vivement apprécié toutes mes lectures, sauf la dernière : La grande escapade.

Ces derniers temps, j'ai été plutôt malchanceuse dans mes choix de livres qui se sont souvent révélés laborieux à achever.  Aussi, ce roman de Blondel semblait adéquat pour sortir de cette spirale, d'autant que la 4ème de couv indique "un roman plein d'humanité et de tendresse".

Et c'est vrai... Mais cette humanité dépeinte dans ce roman est assez cruelle, en tout cas, difficile... Dans cette histoire, chaque personnage va vivre une épreuve ponctuelle ou durable, en tout cas, un chamboulement dans la vie... dont il est parfois difficile, voire impossible de se remettre. Le drame va en effet très loin, même s'il est entouré d'une révélation surprenante par la suite, il est tout de même bien bouleversant.

Avec Alex, on entre donc dans l'intimité de plusieurs familles, intimités fort bien dépeintes par Jean-Philippe Blondel. L'une sur-couve l'enfant unique né après des années de mariage, une autre se sépare, une autre subit l'éloignement géographique pour le travail (et ses conséquences), dans une autre, on semble fuir un fantôme mystérieux etc. Blondel nous parle intelligemment de personnes lambdas, comme vous et moi... Que rien ne semble distinguer des autres et pourtant... Chacun a son histoire, ses difficultés, sa légende, sa détresse, ses faiblesses et sa force. Car oui, entre baby-sitter et confident, il n'y a qu'un pas.

J'avoue, j'ai eu du mal à apprécier Alex. Je l'ai trouvé mou, manquant de caractère, d'ambition, de suite dans les idées. J'ai été surprise de constater, à travers ce roman, que nombre d'étudiants considèrent leur arrivée à la fac comme l'accès à l'indépendance... également financières. Pour moi, celle-ci est la suite logique des études, mais elle n'est pas concomitante... En tout cas, elle n'est pas un but, même si elle est parfois une obligation par manque de moyens pécuniers familiaux.

Je suis entrée dans ce roman, qui démarre presque sur les chapeaux de roues, avec allégresse, les pages se tournaient toutes seules, l'écriture est évidemment agréable... Et puis le rythme a faibli et certaines situations sont devenues redondantes à mes yeux. Le sujet principal reste la parentalité, sous toutes ses formes et avec toutes ses conséquences, même les plus discrètes, même les moins spectaculaires, même les plus inattendues, même les plus dramatiques. Mais aussi le passage à l'âge adulte et la rencontre de deux générations.

Mais cette histoire à une belle fin, symboliquement réussie !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 6 Juin 2021

Eric Emmanuel Schmitt, roman, Félix et la source de l'invisible, avis, chronique, blog

Roman - Editions Albin Michel - 204 pages - 17 €

Parution en janvier 2019

L'histoire : Felix a 12 ans, il vit à Paris avec sa merveilleuse et bienveillante mère Fatou. Fatou tient à Belleville le bistro de quartier "Au boulot". Oui mais depuis quelque temps, rien ne va plus. Fatou est en dépression, comme morte de l'intérieur. Quand on a essayé la médecine et les marabouts, il reste la psychologie... C'est à dire : observer et comprendre. Dans la psychologie, il y a le vécu et les racines... Cela va mener Felix et sa mère à la source de l'invisible, en Afrique.

 

 

Tentation : mon adoration pour l'auteur

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : Ouvrir un roman d'Emmanuel Schmitt est pour moi comme un retour dans un cocon dans un pays de mille merveilles, toujours sources d'émerveillement, de douceur, d'humour bienveillant, de découverte, de réflexion, de philosophie tranquille. Bref, je me sens toujours bien dans le monde de Schmitt, ma planète à moi !

Encore une fois, Eric-Emmanuel Schmitt m'éblouit dans ces trouvailles pour brosser ses personnages, les principaux comme les secondaires. Ils sont ici haut en couleurs, notamment Madame Simone, Le Saint Esprit, Monsieur Robert Larousse. Même le nom du troquet prête à sourire : "Au boulot". Comme cela, quand patrons ou épouses appelle ses clients pour leur demander où ils sont, ces derniers peuvent répondre sans mentir "au boulot". Bref, tout ça pour dire que dans la grande première partie de ce roman, il règne un peu une ambiance à "La vie devant moi". D'ailleurs, Félix fait un peu penser à Momo !

Cette histoire, sous forme de conte, peut-être lue à de différents degrés, en fonction de nos croyances, de notre ouverture d'esprit, de nos "peut-être possibles je ne sais pas". C'est entre-autres ce que j'aime chez Schmitt. Il n'impose rien, il soumet. Sous certaines cultures, cela existe et fait partie des croyances ancrées. Sous d'autres cultures, ce serait de l'hérésie ou presque. Chacun se pose là où il veut, là où il se veut dans la vie, là où il s'accepte le temps d'une lecture ! Mais de quoi je parle ? Et bien vous lirez le roman pour le savoir.

Sachez que ce roman fait partie d'un tout, "le cycle de l'invisible", dont chaque texte peut être lu indépendamment (comme je le fais d'ailleurs). Ici, Eric Emmanuel Schmitt évoque l'animisme... D'où ce voyage salutaire en Afrique, au Sénégal.

Mais ce que nous dit Schmitt avant tout, et ceci est valable toutes cultures et confessions confondues c'est que... lorsqu'on coule, que l'énergie nous a quitté, que l'on est en dépression... Il ne faut pas oublier de se poser et de se pauser, de vérifier que l'on est en équation avec soi-même, avec nos racines, nos besoins, notre histoire... Vérifier aussi si l'on a bien digéré toute notre histoire personnelle, si l'on n'en n'a rien oublié en chemin ou au contraire, si un événement passé nous empêche d'avancer. Bref, se relier à soi-même et à sa terre, aux éléments. Et pour cela, il faut parfois se relire, ou entreprendre un long voyage pour comprendre et en revenir comme une belle plante, aux profondes racines, que rien n'empêchera de grandir.

Une très belle histoire, fraiche et résolument optimiste grâce au formidable conteur qu'est Eric-Emmanuel Schmitt ! Pour moi, Felix et la source invisible fait partie de ces livres "amis".

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 21 Mai 2021

Tahar Ben Jelloun, roman, le mariage de plaisir, islam, racisme, avis, critique, blog

Roman - Editions Ecouter Lire - 7h07 d'écoute - 19 €

Parution d'origine Gallimard 2017

L'histoire : Dans l'islam, il est permis à un homme qui part en voyage de contracter un mariage à durée déterminée pour ne pas être tenté de fréquenter les prostituées. On le nomme "mariage de plaisir". C'est dans ces conditions qu'Amir, un commerçant prospère de Fès, épouse temporairement Nabou, une Peule de Dakar, où il vient s'approvisionner chaque année en marchandises. Mais voilà qu'Amir se découvre amoureux de Nabou et lui propose de la ramener à Fès avec lui. Nabou accepte, devient sa seconde épouse et donne bientôt naissance à des jumeaux. L'un blanc, l'autre noir. 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : La bib'

Mon humble avis : Un roman comme une saga familiale qui s'ouvre comme un conte. Nous suivons trois générations de personnages au Maroc, depuis la fin des années quarante à nos jours. 

Même s'il y a quelques longueurs par moments, ce roman se lit (s'écoute pour mon cas) agréablement, avec plaisir et intérêt, car il offre un autre regard sur la société marocaine, et ce regard, j'en ignorais tout ou presque, du moins, je ne me l'imaginais pas, ne me posais pas la question. J'ai trop souvent tendance à limiter le racisme aux pays occidentaux envers le reste du monde. Or, celui-ci est partout.

Lorsqu'Amir ramène Nabou (son mariage de plaisir dont il est tombé amoureux) au Maroc, pour en faire sa deuxième épouse officielle et ainsi rester fidèle aux lois de l'Islam, Nabou va faire face à la jalousie, et même la haine de la première épouse... et vivre ainsi dans des conditions déplorables, qu'Amir n'aura ni la force ni le caractère de dénoncer.

Nabou va ensuite donner naissance à deux jumeaux, l'un blanc, l'autre noir.... Pourtant du même père et de la même mère, de la même famille, de la même éducation, ces deux enfants auront un destin diamétralement opposé.

Dans ce roman, Tahar Ben Jelloun dénonce le racisme primaire qui sévit au Maroc envers les noirs ou toute personne plus sombre de peau. Un racisme physique mais qui devient aussi racisme social, le racisme contre la misère et la pauvreté qui est souvent associé à la couleur épidermique. Le tout, sous la "bonne foi" des convictions, de la pratique des us et coutumes de la religion musulmane. (Parce que nous sommes ici au Maroc, mais les sentiments développés ici seraient exactement les mêmes en terres catholiques). Bref, l'hypocrisie des religions que chacun adapte à sa sauce pour préserver son bien-être, son "bien-vivre". Tahar Ben Jelloun démontre aussi que la plupart du temps, et même à notre époque, la couleur de peau conditionne la vie, le destin, souvent de tragique façon. Je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler. Mais il ne suffit pas d'"être né quelque part" pour être considéré de la même façon que les autres. Le roman s'achève le thème hélas très actuel de l'immigration clandestine.

Un roman riche et puissant, plaidoyer pour la tolérance face à la différence,  servi par une prose soignée, narrée sous forme de conte. A lire !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 13 Mai 2021

Littérature, roman, Victoria Mas, le bal des folles, psychiatrie, XIXème siècle, avis, chronique

Roman - Editions Livre de Poche - 235 pages - 7.40 €

Parution Poche avril 2021, Albin Michel 2019

L'histoire : 1885, à la Salpêtrière, c'est là que sont internées les aliénées de Paris, confiées aux bons soins de Charcot. Chaque année à la mi-carême, s'y tient le bal des folles... Le tout Paris bien né bien pensant s'y presse pour assister à ce sordide spectacle, histoire de satisfaire sa curiosité malsaine et hypocrite.

Quelques semaines avant le bal, la jeune Eugénie y est conduite par son père... Elle rencontrera Geneviève, que l'on appelle l'Ancienne, l'infirmière en chef depuis plus de vingt ans et bouleversera à jamais la vie de celle-ci.

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Ma CB dans la librairie de ma nouvelle ville !

 

Mon humble avis : Lors de sa sortie pour la rentrée littéraire de septembre 2019, Le Bal des folles a valsé sur la blogosphère avec le plus souvent, des avis très élogieux. L'édition poche récente m'a remis le titre en tête... Et heureusement... Comme j'ai aimé ce roman... A un point tel qu'il va m'être difficile d'en rendre vraiment compte.

Victoria Mas nous propose une immersion dans la psychiatrie du XIXème siècle, à La Salpêtrière, qui était à l'époque autant un asile pour femme qu'une prison.  On y enfermait tout ce que Paris et les riches familles ne pouvaient, ne voulaient pas gérer... Souvent, juste pour sauvegarder l'honneur d'un patronyme... Des indigentes, des handicapées, des prostituées, des criminelles, des femmes adultères, quelques vraies malades mentales, des victimes de viols. Bref, tout ce que la bonne société dérange et répudie... Sans grand espoir de sortir un jour de ces murs sordides, aussi jeunes puissent être ces femmes lorsqu'elles y entrent. Quant aux "soins" du Docteur Charcot et de ses acolytes, ils ressemblent beaucoup trop à des expérimentations elles aussi données en spectacle, ces femmes étaient vraiment des cobayes... Ca révolte, ça écoeure, ça attriste, ça bouleverse.

Les lecteurs qui rechercheraient ici des renseignements précis sur les méthodes "médicales" d'alors seront déçus... Car ce n'est pas le sujet. Le sujet, ce sont les femmes victimes de cet enfermement, et un portrait sans concession de la société cartésienne du XIXème siècle, où le doute et la différence n'ont pas droit de cité... Une société où la femme n'a d'ailleurs aucun droit : pas de celui de penser, pas celui de s'exprimer, pas celui de se révolter, pas celui d'être respectée, et encore moins celui d'être considérée à l'égal de l'homme.

Dans le Bal des Folles, nous allons suivre le destin de quatre femmes en particulier... Chacune de ces destinées m'a bouleversée et a provoqué en moi une profonde empathie.

Louise est encore adolescente lorsqu'elle est internée par sa tante suite à son viol par son oncle... La tante voit en elle un danger, une concurrente, peu importe que son mari soit un abruti alcoolique.

Thérèse est là depuis vingt ans. Ancienne prostituée, elle a jeté son amant maltraitant de l'époque dans la Seine. Thérèse ne veut pas quitter la Salpêtrière, elle s'y sent à l'abri du monde.

Eugénie est une jeune femme que son père aimerait voir mariée. Mais voilà, Eugénie est différente... Elle entend la voix des défunts... Sitôt que son père l'apprend, il l'enferme à la Salpêtrière et la bannit de la famille.

Enfin il y a Geneviève, l'infirmière en chef depuis toujours dans cet établissement, avant même l'arrivée de Charcot. Fille de médecin, Geneviève est cartésienne et ne croit qu'en la science.  C'est elle en fait le personnage central et l'intérêt principal de ce roman. Car Geneviève va se décorseter de ses convictions, de ses croyances pied à terre reçues en héritage familial. Elle va le payer cher... Le portrait de cette femme qui se remet en question et qui, qui s'affranchit de son éducation, en fait, qui s'ouvre à elle-même, à sa liberté d'être, de penser et de croire m'a profondément émue.

A travers ce roman, Victoria Mas dénonce les faits d'une époque dont certains ne sont pas forcément révolus, et mets en garde contre les convictions trop tenaces, les préjugés, les jugements de la différence, l'intolérance, la violence faite aux femmes, qu'elles soient physiques ou psychologiques, le tout dans une société résolument patriarcale. Et tout cela, Victoria Mas l'orchestre avec un réel brio, et une plume très agréable à lire, fluide, qui ne prend la place ni des personnages ni du message. Ce roman est également historique, car bien documenté sur les us et coutumes de l'époque.  

Un véritable coup de coeur pour moi, à lire de toute urgence pour vous si ce n'est déjà fait !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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