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Publié le 16 Avril 2018

Roman - Editions Albin Michel - 217 pages - 19 €

 

Parution le 28 mars 2018 : Nouveauté !

 

L'histoire : Chloé, le trentaine, est la médium la plus réputé du pays. Elle est consulté par le monde entier, autant pour des broutilles que pour des décisions militaires auprès de l'OTAN. Mais son don, elle le doit en fait à l'esprit d'Albert Einstein qui l'habite depuis vingt-cinq ans.

Mais un jour, alors que Chloé frôle le burn out, elle se voit quitté par son coloc cérébral. Chloé ne voit plus rien, n'entend plus rien.

Où est donc passé Albert ? Chez Zac, garçon de café au chômage et apiculteur passionné mais désespéré.

Ils vont donc devoir cohabiter tous deux, enfin, tous les 3 avec Albert, le temps de trouver... une solution ? Une vérité ?

Tentation : Pourquoi pas ?!

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi !

 

 

Mon humble avis : J'ai perdu Albert est un roman qui se dévore, qui donne du peps, qui amuse, qui divertit. Bref, il y règne une bonne ambiance entre le "feel good" et la comédie romantique. Mais pas que... Ce serait trop simple et "trop vite vendu".

Pour bien appréhender cette lecture, débarrassez-vous de votre esprit cartésien et terre à terre car l'idée de départ du roman dépasse le rocambolesque ! Mais la sauce prend bien vite et toute l'histoire est bien liée, bref, ça tient autant la route que le lecteur en haleine.

Imaginez tout de même l'étrangeté dans lequel vous emmène ce roman... Une jeune femme est riche et célèbre parce qu'elle est médium. Sauf que peu le savent, son don lui vient de l'esprit d'Albert Einstein qui squatte son cerveau depuis son adolescence.  Sauf qu'un jour, Albert Einstein la déserte et s'installe dans celui de Zac.

Evidemment, cette histoire est peuplée d'humour, de rebondissements, de cynisme sur notre époque, de quiproquos et de cocasserie. Tout cela est l'enveloppe du dessin de Didier van Cauwelaert. Car manifestement, l'auteur a d'autres objectifs que celui de juste nous divertir avec son dernier roman.

En effet, les sujets à réflexions autant globales que personnelles fleurissent bien vite... Du plus léger au plus sérieux : comment vit-on lorsque l'on possède un don proche du paranormal dans un monde le plus souvent sceptique ? Quel est le poids qui pèse sur les épaules de ses personnes, lorsque leur don de médium incite à des choix et des décisions qui peuvent être autant bénins que considérables ? Comment vivre quand vous êtes systématiquement sollicités pour votre don... Et que vous voyez des choses qui ne sont pas bonnes à dire ? Voilà pour les réflexions les plus légères...

Mais ce roman permet aussi de s'interroger sur nos choix de vie, ou les non choix lorsque l'on possède un don qui peut changer le monde, l'améliorer et peut être le sauver. En voyant moins loin, il est question de nos propres choix et de la place que l'on laisse à l'influence des autres pour diriger notre vie.

Enfin, Didier van Cauwelaert rend ici un magnifique hommage à Albert Einstein, qu'il dépoussière. Il revient sur sa vie personnelle, sur quelques-unes de ces théories, sur sa vie et les événement historiques qui ont fait de lui un être autant adulé que renié par ses paires scientifiques et même suspecté d'espionnage... alors que la véracité de ses théories, même les plus inquiétantes, se vérifient encore chaque jour dans notre monde décadent. Ici, l'auteur se penche sur le sort des abeilles...En effet, Albert n'a-t-il pas annoncé, de son vivant :"Le jour où les abeilles disparaîtrons, l'homme n'aura plus que quatre années à vivre".

Bref, encore un roman dont on se délecte à la lecture, et qui remet certaines choses en bonne place dans notre esprit !

 

PS : Le 12 septembre sort au ciné une adaptation du film avec Stéphane Plaza, Julie Ferrier, Josiane Balasko et Bernard Le Coq !
 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 14 Avril 2018

Roman - Editions Thélème - 6h10 d'écoute - 21 €

Parution d'origine en janvier 2015

 

L'histoire : Après des années d'absence, Lucine revient à Port au Prince, pour y annoncer le décès de sa soeur. Elle sent très vite que sa place est là, qu'elle ne quittera plus cette ville, quitte à laisser ses neveux à la charge de son autre soeur.

Mais la terre tremble, détruit tout ou presque, et redistribue les cartes de la vie.

 

Tentation ; Envie de l'atmosphère haïtienne

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Cela faisait un bail que je n'avais pas lu de roman de Laurent Gaudé, même si mes souvenirs étaient excellents. Et puis je n'ai pas résisté à ce titre et sa 4ème de couv', qui se sont transformés en moi comme une invitation à vivre une certaine Haïti, ses habitants, ses rites et croyances.

Hélas, à moult reprises, j'ai manqué interrompre l'invitation, tant cette histoire me pesait sans me pénétrer. Je ne me suis jamais installée dans cette histoire et j'ai même eu franchement du mal à considérer comme telle. Je ne me suis pas repérée dans les lieux, ni dans les personnages (à 2 ou 3 exceptions près, mais les liens qui les unissent me sont restés nébuleux le plus souvent), ni dans le temps. Et sur la fin, j'étais encore plus perdue dans les dimensions temporelles qui semblent être proposées : qui est vivant, qui est en transe,  qui est âme flottante, qui danse, qui est mort ? Bref, il semble que je n'ai pas saisi grand-chose à ce que Laurent Gaudé souhaite transmettre dans cette oeuvre.

J'ai tout de même poursuivi mon écoute parce que des avis lus sur le net m'ont "rassurée", en y évoquant une deuxième partie bouleversante puis une troisième. J'y ai vu l'espoir d'un nouveau souffle, d'un renouvellement du rythme. Sauf que non... La deuxième partie, qui évoque le tremblement de terre et les heures qui ont suivi m'a remuée oui, mais elle est si courte. Quant à la troisième, elle m'a vu attendre la fin avec impatience.

Et pourtant, il y a tout de même deux points qui m'ont charmée. La lecture et la voix de Pauline Huruguen : si douce, si apaisante, si envoûtante. La langue et les mots sont très beaux aussi, soignés, qui donnent presque à sentir et à ressentir. Mais presque, car Danser les ombres m'a globalement laissée de marbre. A la lecture des avis élogieux sur ce roman, je me dis que celui-ci n'était juste pas fait pour moi... Sans doute trop métaphysique, trop symbolique.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 27 Mars 2018

Roman - Editions Plon - 416 pages - 18.90 €

 

Parution le 22 février 2018 (Nouveauté)

 

L'histoire : Trois ado : Dylan, Lana, Kevin... A la dérive, en grand danger, perdus, ignorés, maltraités ou harcelés et agressés. Bref, en perdition et sans avenir.

Mais il y a l'Académie des âmes abîmées... ou l'institut. Un étrange centre, comme une école secrète et particulière, les extrait de leur non-vie et les accueille.. Pour aider à se reconstruire, et ce, en leur offrant tout ce dont ces jeunes ont besoin : confiance, instruction et même toutes les "armes" dont ils ont ou auront besoin pour se défendre, aujourd'hui ou demain, dans le monde qui est le nôtre.

 

 

Tentation : L'auteur

Fournisseur : Les éditions Plon, merci pour l'envoi !

 

 

Mon humble avis : Je préviens tout de suite... Même si le sujet paraît et est dur quelque part, ce roman est résolument positif et réconfortant. Il distille un sentiment de foi en l'être humain, d'espérance et de bienveillance qui fait qu'une fois entamé le livre et parvenu à cette académie, on n'a plus envie d'en partir !

L'académie des âmes abîmées est, me semble-t-il, une lecture qui peut aussi bien convenir aux grands adolescents qu'aux adultes. Il s'inscrit viscéralement dans notre époque, à travers les histoires des trois ado dont nous suivons le sauvetage et le retour à la vie à travers ces pages.

Lana est harcelée par une bande de mecs et a été violée par celle-ci, lors d'une tournante.

Dylan est séquestré et battu par son père.

Kevin s'est fourvoyé dans un réseau islamiste qui prévoit l'envoyer en Syrie.

Tous les trois seront sauvés et recueillis par l'académie. L'académie, c'est une école dirigée par deux hommes qui se sont donnés pour mission dans la vie de sauver des enfants et ados, de les réarmer pour faire face à la vie, de les remettre sur les rails.

Un grand domaine avec château, c'est là que se trouve l'académie et où vivent ces ados et leurs professeurs. Ils y apprennent la vie en communauté, le respect des règles et de l'autre, la bienveillance, l'amour, le réconfort. Ils y reçoivent des soins si besoin et une instruction scolaire. D'autres cours, sont prévu pour leur apprendre à se défendre des autres : psychologiquement, ou physiquement. Et surtout, ces jeunes trouvent une famille, une tribu, un sentiment d'appartenance dont chacun à besoin.

Certains lecteurs ont trouvé une ressemblance avec l'école d'Harry Potter. Bon, Potter, ce n'est pas ma came, mais j'ai un peu retrouvé dans ce livre l'ambiance de l'école du Professeur Xavier dans les X.Men. Un lieu qui reçoit des gens différents, rejetés ou ignorés par le système et qui leur permet de s'épanouir, de guérir de leur passé ou du moins de l'apprivoiser, et surtout, de trouver en eux leurs dons, de développer leurs capacités. Mais j'ai interrogé Thierry Cohen pour savoir si cette ressemblance était voulue... Elle est de fait fortuite. Ici, par de super pouvoir, mais de gros moyens tous liés à l'entre-aide.

Cette académie fait un bien fou autant auprès de ses résidents... que de ses lecteurs. Tout n'y est que bienveillance, conseil, amitié, absence de jugement, entre-aide, humanité, empathie, courage, sans non plus suivre la politique de l'autruche face au monde extérieur et actuel. L'académie ne se contente pas de réparer les ados abîmés, elle s'occupe également de l'environnement qui a amené ses jeunes dans une situation de non-retour.

Ce n'est pas une deuxième chance qui est offert à ces jeunes, mais quelque part, une nouvelle vie, comme s'ils pouvaient repartir de zéro, mais sans glisser leur passé sous le tapis.

L'écriture est très fluide, les chapitres courts s'enchaînent et nous entraînent même vers un suspense insoutenable. Les personnages sont si attachants... que j'aimerais les retrouver dans un deuxième tome.

Alors, si vous avez besoin de bienveillance, d'humanité et d'espoir en un monde meilleur, partez à la rencontre des résidents de cette académie. Si votre âme est abîmée, l'institut vous réconfortera. Si vous êtes au summum du bonheur et du bien-être, l'académie et ses aventures vous distrairont comme on l'attend d'un bon bouquin. Car pas de pathos, juste de la positive attitude ! De la renaissance !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Mars 2018

Roman - Editions Audible - 5h12 d'écoute - 16€99.

 

Parution d'origine :Août 2016

L'histoire : la narratrice Elisabeth, sexagénaire, décide d'organiser une fête de printemps avec amis et voisins de son immeuble de la banlieue parisienne. Parmi eux, Lino et Lydie, qui habitent juste au-dessus. Lydie est une femme fantaisiste et idéaliste. Lino entretient une relation courtoise, amicale avec Elisabeth. Les préparatifs, la soirée se déroulent sans incidents. Ce n'est que quelques heures plus tard que l'accident, le drame se produit...

 

Tentation : Pourquoi pas ?!

Fournisseur : Bib N°2

 

 

Mon humble avis : Babylone a reçu le prix Renaudot en 2016. Euh... je ne figurais pas dans le jury !

Malgré quelques qualités indéniables, ce roman ne m'a pas franchement plu, et j'ai plutôt l'impression de l'avoir subi. Pourtant, celui-ci est très bien écrit, la plume et agréable sans point ampoulée et la lecture qui en est faite par Hélène Vincent est juste parfaite.

Le postulat de départ est intéressant également. Cette histoire de fête de printemps entre amis / voisins qui ne se connaissent pas forcément, le drame qui en découle (je n'en dirai pas plus, autant qu'il vous reste quelques surprises si vous vous lancez dans ce livre- méfiez-vous de certains avis qui en disent bien plus que la quatrième de couv, et donc beaucoup trop), et surtout, les réactions plus que surprenantes qui suivront, de la part des protagonistes principaux : Elisabeth, son mari Pierre et le voisin Lino. Plus que surprenantes, ces réactions s'approchent de l'ubuesque. Mais après tout, qu'en savons-nous ? Comment réagirions-nous en pareille situation ?

Le problème que j'ai rencontré dans ce livre c'est que pour le résumer, je ne parlerais pas forcément de l'histoire mais ne dirais qu'un seul mot : DIGRESSIF ou DIGRESSIONS, c'est comme vous voulez. En fait, il faut déjà passer une bonne moitié du roman pour parvenir à cette fameuse soirée. Parce qu'auparavant, tout n'est que "portraits" de personnages où descriptions de situations passées et que tout ceci semble finalement n'avoir que très peu d'impact- voire aucun-  sur l'action principale de ce roman. En fait, il faut un temps qui parait interminable pour enfin comprendre que l'on va parvenir à une véritable histoire. Et même lorsque celle-ci débute enfin, chaque petit pas qui l'a fait avancer est encore une fois prétexte à de longues digressions.

Et pourtant, sur différents sites d'avis, ceux donnés sur Babylone varient de "excellent" à "stupéfiant de platitude".

S'il n'y avait eu que la colonne qui se veut vertébrale de ce roman, cela aurait pu me plaire car vraiment originale. Mais c'est comme si Yasmina Reza passait en détails tous les os du corps, jusqu'au plus petit et insignifiant, pour pratiquement ignorer les vertèbres.

Ou alors... je n'ai rien compris... Ce qui est aussi une possibilité ! D'ailleurs, je ne m'explique même pas le choix du titre ni sa signification !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 8 Mars 2018

Nouvelles - Editions Audiolib - 5h01 d'écoute - 17.90 €

 

Parution d'origine en mai 2017 aux éditions "La dilettante"

L'histoire : En fait, il y en a sept... Toutes narrées à la première personne du singulier. Sept personnes qui se confient sur leur vie, leur non vie, et surtout sur leur solitude, à un moment un peu difficile de leur existence. Pour essayer de comprendre pourquoi cette vie ou cette non vie. Et pour cela, certaines sont obligées de fendre l'amure, d'avouer ce qu'elles niaient, ce qu'elles camouflaient. Certaines y parviennent, d'autres non, mais s'en approchent.

 

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°3 !

 

 

Mon humble avis : Je ne m'étais pas plongée dans une oeuvre d'Anna Gavalda depuis une éternité. Alors pourquoi pas ce recueil, lu par différents interprètes ?

Dès la première nouvelle, j'ai eu quelques craintes, et d'ailleurs, je trouve que sa place en première position du recueil n'est pas très judicieuse. C'est une jeune fille paumée qui s'exprime, avec un langage très fleuri, voire choquant d'entrée de jeu... qui rebute franchement. Pourtant, cette fille est tout de même touchante dans ses propos. Mais j'ai tout de même eu quelques appréhensions quant à la suite... qui m'a rassurée. Les confidences des autres personnages reprennent un ton plus classique et châtier. Le style devient alors agréable à écouter.

Il n'empêche que l'ensemble de ces nouvelles est très inégal. Certaines d'entre-elles m'ont émue et d'autres me sont passée complètement au-dessus de la tête. Une m'a amusée (Happy Meal), celle de la petite fille au Mc Do, rapport à mes expériences professionnelles récentes. Une autre (Le fantassin)  m'a parue très brouillon. Comme elle est plus est plus longue que les autres, il m'a fallu beaucoup de temps pour y trouver un intérêt réel et pour comprendre où l'auteure voulait en venir. "Le garçon" a achevé de me faire décrocher, ça tombe bien, c'est le dernier récit.

La nouvelle "Mon chien va mourir" est celle qui m'a touchée et parlé le plus... Forcément... Un homme a retrouvé goût et équilibre de vie grâce à un chien rencontré par hasard et qui est devenu son compagnon de vie, son socle. Mais celui-ci est vieux, vit ses dernières heures... Et son maître se souvient de tout, tout en cherchant l'endroit idéal pour la sépulture de son chien.

L'histoire du père convoqué à l'école de son fils suite à... je n'en dis pas plus, celle-ci est prenante, presque drôle, et donne une autre image, version, de la tolérance et du comportement face à la différence. Un comportement normal qui, de fait, efface cette différence.

Bref, un ensemble inégal, le tout dans une atmosphère pas joyeuse, même si la version audio est ici un véritable bénéfice, en apportant à chaque nouvelles une nouvelle voix, une nouvelle façon de raconter, bref, un peu d'air nouveau.

Mais quelques jours après ma lecture, je réalise que j'ai déjà oublié certaines histoires ou pourquoi elles m'ont (ou pas) touchée. Et en terminant cette écoute, je n'ai pas eu le plaisir ni le bonheur de me dire "waouh".

Donc du bon et du moins bon, à vous de voir !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 17 Février 2018

Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Février 2018

Roman - Edition Audible - 7h41 d'écoute - 14€95

 

Parution en Audio en 2016

Publication originale en 1833

L'histoire : En 1829, le Commandant Genestas arrive à cheval dans un grand bourg au pied de la Grande Chartreuse. Il souhaite rencontrer Monsieur Benassis, médecin et maire du village. La rencontre a lieu et une amitié se forge entre les deux hommes, qui, de confidences en confidences, finiront par s'avouer le poids de leur passé, qui explique leur présent.

 

Tentation : Allez, un peu de culture !

Fournisseur : Bib' N°2 !

 

 

Mon humble avis : Rien lu, mise à part une nouvelle (L'auberge rouge), de Balzac, depuis la classe quatrième et l'affreux souvenir du Père Goriot, pourtant jamais achevé.

Trente ans après, pourquoi pas une nouvelle tentative de cette fameuse Comédie Humaine, à laquelle Le médecin de campagne appartient ? Cela tombe bien, ce roman n'est pas trop épais, donc pas trop long. Allez hop, c'est parti !

Et là, surprise, j'ai bien aimé ! Certes, quelques passages sur le récit des campagnes Napoléoniennes m'ont un peu perdu, de même qu'une longue conversation entre différents personnages, discussion à la fois sociétale, philosophique et politique. Mais peu importe, car ces moments ont, pour moi, été anecdotiques dans l'histoire.

Le commandant Genestas rencontre donc Monsieur Benassis, mais commence par taire son grade et la raison réelle de sa venue dans cette contrée. Ceci n'empêche pas aux deux hommes de devenir amis. Benassis est un homme brillant, médecin, ancien parisien. D'où l'on peut s'étonner qu'il se soit "enterré" au fin fond d'une vallée du Dauphiné. Les deux protagonistes l'ignorent pour l'instant, mais ils vivent chacun avec un secret assez similaire.

Benassis, à cheval, emmène son visiteur puis ami visiter le bourg et lui explique comment, en tant que maire instruit, il a développé la bourgade devenue prospère et grandement amélioré les conditions de vie de ses administrés, au point d'être vénéré de tous... mais tout en gardant une humilité admirable.

Genestas suit aussi Benassis lors de ses visites auprès de ses patients, dans des coins on ne peut plus reculés.

Voilà ce que j'ai aimé et ce qui m'a étonnée. Car les explications que donne Benassis sur le développement économique et humain de sa bourgade m'ont paru très contemporains, car somme toute très logiques et intelligents, avec un aspect très "développement durable". Pourtant ce roman a bientôt deux cents ans ! Benassis est de ce fait passionnant à écouter, à suivre. Parallèlement, nous participons à ces visites médicales, qui sont l'occasion de côtoyer de multiples personnages, qui témoignent ainsi de la vie d'antan dans les vallées. Certaines de ces rencontres sont vraiment bouleversantes. Le personnage de "La fausseuse", qui ressemble à quelqu'un que je connais bien, m'a particulièrement émue. Balzac lui offre les plus beaux mots pour décrire sa puissance et sa différence intérieures.

Le Médecin de Campagne nous emmène donc dans une vallée où les Hommes savent vivre en intelligence, à l'écoute et au service de l'autre. S'il n'était l'époque lointaine et ce qui en découle, maladies, manque de confort, pauvreté... on aurait presque envie de dire que c'est une vallée où il fait bon vivre. Quant à Genestas et Benassis, ils nous offrent des dialogues fascinants, profonds et captivants. Même si je n'étais pas toujours d'accord avec leurs propos sur le patriarcat, ou le système électoral par exemple. Certaines phrases m'ont même fait bondir. Mais j'ai aimé cela car il me semblait alors pouvoir deviser avec eux ! Et c'était bien sympa tout de même. Enfin, cette amitié virile qui les unit et se renforce au fil des pages est tout simplement belle.

Voilà ce que je choisis de retenir de cette oeuvre, et là où fut mon plaisir de lecture et de découverte, sans parler, évidemment, de l'écriture magnifique de Balzac... qui me fait encore me réjouir de la beauté de ma langue, et de la chance que j'ai de parler Français.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lu par Pierre Aussedat

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Février 2018

Roman - Editions J'ai Lu - 251 pages - 5.60 €

 

Parution d'origine en 1948

Dernière réédition en 2012

 

L'histoire : Nous sommes à Chamonix en 1932. La oisive parisienne Brigitte y rencontre le guide de montagne chevronné Zian. Brigitte prend des cours à l'école d'escalade. Puis Zian l'emmène pour une première course en altitude, et Brigitte se révèle une bonne courageuse et grimpeuse. Voilà Brigitte piquée par le virus de la montagne. Alors, Zian lui propose de l'emmener au sommet du Mont-Blanc. Cette course ne se passera pas comme prévu... Mais chacun se révélera à l'autre. Au-dessus de 4 000 mètres, on ne peut plus ni mentir, ni se mentir ! Oui, mais... Lorsque l'on redescend dans la vallée, plus rien ni personne n'est tout à fait comme là-haut...

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Des images de jeunesse et de vacances hivernales familiales : mon père lisait Frison Roche. Plus de 30 ans après, la curiosité m'a piquée !

Si vous aimez la montagne, le rapport humain face aux forces de dame nature, le surpassement de soi, la progression lente des cordées, la communion de l'être avec les éléments, les descriptions minutieuses de paysages et de reliefs alors vous aimerez ce livre.

Si vous n'appréciez pas tout ce que je viens de citer plus haut, il y a de fortes chances pour que ce roman vous tienne captifs, juste parce qu'il est grand et beau.

En effet, tout est beau dans ces pages. L'écriture déjà, qui vous fait vivre les morsures du froid, les caresses du soleil, et vous transporte au sein de paysages spectaculaires, des paysages qu'il faut mériter, par la force, par l'effort, par passion. Frison-Roche nous les offres ! Certes, les descriptions météorologiques, alpines, géologiques, végétales sont (très) nombreuses et par moment, j'ai dû m'accrocher un peu et fainéante et peu connaisseuse du milieu, je n'ai pas eu le courage de consulter le dico pour comprendre, enfin, visualiser certains termes montagnards précis. Mais peu importe.

Les personnages sont forts, vrais, profonds, magnétiques et quelque part admirables, qui connaissent par coeur, comprennent et domptent leur environnement naturel dans la mesure du possible.

Zian, le rustique guide de montagne, rencontre la noble Parisienne Brigitte, plus entraînée  aux frivolités des nuits de la capitale qu'à l'alpinisme. Pourtant, après quelques cours, dès la première course avec Zian, elle se révélera une excellente grimpeuse, courageuse et déterminée. Alors, Zian lui propose une expédition rien qu'à eux deux. L'objectif : le toit de l'Europe. Le froid, le brouillard, les difficultés, la vie entre les mains de celui qui tient la corde, les paysages majestueux comme récompense... Oui, tout cela est propice aux révélations, aux aveux amoureux.

La grande crevasse décrit aussi la vie d'antan dans les vallées, soumises à la rudesse du climat, aux saisons, à l'isolement. L'été sur les cimes, l'hiver sur les pistes et l'automne et le printemps dans les champs et les fermes spartiates, mais qui suffisent.

Et puis et surtout il y a la grande crevasse. Les grandes crevasses même. Car le sens du titre est autant littéral que métaphorique. Ils y a celles qui pourraient vous engloutir au moindre faux pas, à la moindre perte de vigilance lorsque vous êtes là-haut, sur les glaciers.

L'autre grande crevasse est tout aussi vicieuse et insidieuse. Elle se forme entre les êtres au passé, à la culture, au mode de vie très différent, quand l'amour doit laisser vivre à la passion, et la passion prendre conscience de la place de l'amour.

Ce roman a été écrit en 1948. Au cours de ma lecture, je me suis demandé si, depuis, la montagne et les hommes avaient changé. Certains glaciers décrits dans ces pages ont dû fondre, mais les dangers alpins restent les mêmes. Je pense que dans le coeur, ces hommes  là sont restés les mêmes. Même si au XXIème siècle, ils disposent d'un tout autre matériel, notamment pour prévenir en cas d'accident. Mais l'appel des hauteurs, pour ces fous de sommets, est intact. 

Bref, un roman fort et puissant. Une belle histoire, d'Hommes et de montagnes. Je pense lire la suite (Retour à la montagne), puisque l'on y retrouve certains personnages. (PS : Ne lisez pas la 4ème de couv de retour à la montagne, car fatalement, elle spolie la fin du premier tome)

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 5 Février 2018

Roman - Editions Folio - 323 pages - 7.80 €

 

Parution en poche : Janvier 2018

Parution d'origine Gallimard en avril 2016

 

L'histoire : A Crozon, dans le Finistère, bibliothécaire a la fantaisiste idée de créer une bibliothèque "des refusés". A savoir que chaque auteur renié par les éditeurs est libre de venir y déposer son manuscrit.

Des années plus tard, Delphine, une éditrice Parisienne, passe des vacances familiales dans le coin. Dans cette bibliothèque des refusés, elle découvre un manuscrit écrit par un certain Henri Pick, décédé deux ans plus tôt. Elle est persuadé que ce roman est un best-seller en puissance et ne se trombe guère. Quelques mois plus tard, les ventes du livre de Pick dépassent toutes les espérances ! Oui, mais tout ceci n'est pas sans conséquences pour personne, et quelques sceptiques sur cette si romanesque histoire montent au créneau.

 

Tentation : Ben le nom de l'auteur pardi !

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : J'ignore sur quelle planète je vivais en avril 2016, mais je suis passée complètement à côté de la parution du dernier Foenkinos ! Heureusement, Facebook est là et les parutions poche sont un bon rappel. J'ai donc pu me rattraper et bien heureusement ! Car pour moi, c'est toujours un pur bonheur de me promener dans les romans et l'écriture de David Foenkinos.

Bien que très distrayante, cette lecture n'empêche pas de réfléchir sur la littérature, le pouvoir des livres sur nous autres lecteurs, sur le chemin de croix que vivent certains auteurs méconnus (ou avant d'être connus), sur la façon dont un certain marketing nous dirige tout droit vers certaines oeuvres précises, sur les conséquences de l'irruption soudaine d'une célébrité que vous n'avez pas demandé. Le mystère Henri Pick nous emmène aussi dans les coulisses du monde éditorial, (en l'occurrence ici chez Grasset), depuis le projet d'édition d'un manuscrit jusqu'à la célébration des 300 000 exemplaires vendus. David Foenkinos explique parfaitement les espoirs, les déceptions, voire les désespoirs des auteurs en herbe. Pire que ne pas être édité, il est un autre cauchemar : être publié mais ne pas être lu. Etre publier sans que personne ne s'en rende compte, sans que personne d'autre que votre entourage ne connaisse votre roman !

Et puis il y a l'histoire en elle-même, et ce fameux Mystère Henri Pick... Où David Foekinos nous mène par le bout du nez et nous fait croire ce dont il a envie. Ce mystère Henri Pick nous fait rencontrer une belle brochette de personnages bien différents : Il y a ceux qui cherchent la célébrité, ceux qui la fuient, ceux qui la créent,  ceux qui ne la refusent pas sans avoir aucune conscience des conséquences, ceux qui cherchent la vérité ou qui en inventent une, pour le pire comme pour le meilleur, ceux qui rêvent d'avoir du talent où qui passent à côté de leur talent parce que... Surprise !

En lisant Le mystère d'Henri Pick, je me suis demandé (c'est tout à fait une idée personnel) si avec ce roman, David Foenkinos ne rendait pas un hommage discret à Agatha Christie. Le titre déjà ! Il pourrait figurer dans la bibliographie de la reine du crime qu'il ne ferait pas tâche. Dans la première partie, dans leur façon de mener leur enquête sur Henri Pick, Delphine et Frédéric m'ont fait penser à Tommy et Tuppence Beresford. Puis, dans le journaliste obsédé par ses intuitions, je voyais une nouvelle version d'Hercule Poirot.

Tout cela écrit dans le style inimitable de David Foenkinos, qui joue avec les mots et leur contraire, qui n'a pas son pareil pour développer les évidences en mystères, et pour réduire les mystères en évidences, pour démontrer l'incongruité des personnages ou des situations, même si ceux-ci paraissent simplissimes au premier abord. Avec Foenkinos, cela donne un roman qui se boit comme du petit lait où l'on ajouterait un peu de sirop de fraise et de citrons : délicieux et acide à la fois. Mais, ce qui ressort avant tout, c'est le savoureux humour Foenkinos. Pas de gros gags, mais de la discrétion, de la finesse et de la légèreté, du subtil.

Et surtout, il y a les conséquences de ce phénomène littéraire Henri Pick, sur son entourage plus ou moins proche, sur la commune de Crozon, bref, tous ceux qui sont touchés de près ou de loin par cette effervescence, de leur plein gré ou à leur insu... et qui retrouveront leur équilibre loin de ce remue-ménage... dans une certaine tranquillité ! La morale de l'histoire serait elle : pour vivre heureux, vivons simplement ? Vivons cachés ?

En tout cas, quelques heures cachée sous ma couette avec le Mystère Henri Pick, pour moi, ce ne fut que du plaisir !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 20 Janvier 2018

Roman - Editions Points - 249 pages - 7.10 €

 

Parution en poche en juin 2017

Parution d'origine chez Grasset en août 2016

 

L'histoire : Kalamaki, petite île grecque aux paysages paradisiaque proche du continent, et rongée par la crise économique. Mais tous les habitants se connaissent et se soutiennent. Ils partagent la vie.

Parmi eux, Eliot, architecte New-Yorkais, vit sur l'île depuis 12 ans, depuis que sa fille qui étudiait les théâtres antiques y est décédée. Eliot cherche le nombre d'or à travers la Grèce.

Il y a Marika, pécheuse, et son fils Yannis, autiste profond, qui rythme certains moments de la journée d'une bonne partie de l'ile.

Il y a le maire, le prêtre, le cafetier, bref, toute une communauté se retrouve confrontée à un sacré choix... La construction d'un énorme complexe touristique... ou celle d'une école de philosophie et de théâtre antique.

 

Tentation : Pitch et couv

Fournisseur : Ma CB !

 

 

Mon humble avis : Ce roman est une pépite... ou plutôt un écrin... Tant je m'y suis sentie bien, tant il me tardait d'y retourner, tant l'envie était forte d'y rester et d'oublier "le reste". Sensation délicieuse et assez rare. La construction de "L'enfant qui mesurait le monde" est parfaite. Tous les ingrédients nécessaires à un bon roman, même s'il n'existe pas de recette miracle, sont présents. Sauf... Le pathos qui vu le sujet, aurait peut-être était plus développé par une autre plume. Ce n'est pas le cas ici, et c'est tant mieux. Cette histoire n'est absolument pas "tire larme", même si les moments intenses et émouvants ne manquent pas. Cette histoire est aussi dense que riches en sujets abordés, depuis l'émotionnel jusqu'au "géo-économique".

Déjà, l'histoire se déroule sur une petite île grecque, et celles et ceux qui me lisent régulièrement savent à quel point je suis fan des îles... La description des paysages, des petites criques, de la vie de la bourgade, tout ceci est délicieux, parfaitement dépeint, j'ai eu l'impression d'y être, de ressentir sur ma peau tant le soleil que la caresse des vents. Et tout cela dans une belle écriture, fluide, agréable.

Ensuite, il est question de l'autisme de Yannis. L'auteur suisse fait partie de la fondation Pôle Autisme en Suisse, donc il connait son sujet. Et ce roman permet vraiment de comprendre ce qu'est de vivre avec un enfant autiste au quotidien. Malgré l'amour voué à l'enfant, il y a la fatigue, le découragement, la rage et tous ces rituels à respecter. Certes, Metin Arditi a choisi un profil d'autiste particulier : le surdoué en nombres et chiffres. Parce qu'il fallait bien que l'enfant soit un minimum "romanesque" et puisse prendre part activement au déroulement de l'histoire.  Au dernier trimestre 2017, je me suis occupée bénévolement, une matinée par semaine, d'une petite fille autiste de 8 ans. Une petite fille de 8 ans qui ne parle pas, ne regarde pas les yeux des autres etc... Aussi, je peux dire que j'ai retrouvé beaucoup de cette petite Néval dans Yannis, avec notamment, les stéréotypies Yannis est muré dans son monde, et seuls le rassurent ses calculs qui pour lui, attestent de l'ordre l'équilibre du monde qui le rassurent. Aussi, bien sûr, le personnage de Marika, la mère de Yannis, est très présent et parfaitement travaillé.

Il y a Eliot, originaire d'Argos, mais qui a fait carrière d'architecte réputé à New York, qui est arrivé sur l'ile 12 ans plus tôt, lors du décès de sa fille qui y vivait. Il va aider quotidiennement Marika à s'occuper de son enfant et va obtenir une belle évolution de celui-ci.

Puis, vient la question du fameux choix que j'évoque dans le résumé... Un grand groupe hôtelier souhaite implanter un gigantesque complexe dans une magnifique crique déserte. Cet hôtel résoudrait tous les problèmes économiques de l'île, et notamment, celui de l'emploi. Oui, mais... La crique serait défigurée, l'hôtel un ghetto à touriste, et l'équilibre du monde de Yannis mis en péril. Alors qu'un autre projet est proposé, qui s'intégrerait parfaitement dans le paysage et la vie de des iliens. Une école de philosophie et de théâtre antique. Interviennent alors une journaliste, le vice-président, des ministres etc... Car le sujet devient préoccupation nationale et emmène donc le lecteur à Athènes, dans les bureaux ministériels décisionnaires et autres. C'est lors de ces moments qu'est abordée la situation économique de la Grèce, les causes, les conséquences, le passé, l'avenir, les pressions de Bruxelles et du FMI, la liberté si chère au grecs et l'ingérence de ces institutions. Mais tout cela est décrit de façon simple, jamais trop longue, bref, pas ennuyeuse mais intéressante.

J'ignore si mes mots suffisent à traduire mon  amour pour ce roman, alors je le redis haut et fort, ce roman est magnifique, très agréable à lire, profondément humain et résolument positif ! L'homme est capable de trouver des solutions à ses problèmes s'il n'oublie pas de penser à ce qu'il est vraiment, ce qui fait sa nature, s'il fait en sorte que les différentes couches de peinture soient compatibles entre elles. Et encore, je ne décris que 10% du roman, qui vous réserve donc bien d'autres surprises tout en douceur.

Un énorme coup de coeur ! A lire absolument !

 

Achat datant de 5 mois, mais je l'introduis tout de même dans ce challenge !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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