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Publié le 16 Avril 2014

http://static.fnac-static.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/9/3/8/9782952152839.jpg Recueil - Editions Lire dans le noir - 1h30 d'écoute - 15€20

 

Parution en 2004

 

Le pitch : Brèves de comptoir, adieux sur un quai de gare, échange de texto. Des fragments de vie pas si anecdotiques que ça, en fait...

 

Tentation : Honte sur moi, jamais lu Delerm

Fournisseur : J'ai gagné ce livre audio sur le blog de Valérie !

 

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Mon humble avis : Quelle écoute délicieuse ! Je m'en explique...

Enregistrements pirates est un recueil de textes si courts qu'ils ne peuvent prétendre au nom de nouvelles. D'ailleurs, des nouvelles sont censées être fictionnelles, alors que ces fragments de vie ne le sont point. L'auteur y a assisté, les a vécu ou ressenti et sans doute un peu romancé sous sa plume. Ce format littéraire est donc inédit pour moi, les fragments amoureux de Barthès étant tout de même plus longs.

Chaque saynète ne dure guère plus que quelques minutes et est lue par Philippe Delerm lui-même. Si la première n'a pas eu le temps de me capter, je me suis laissée royalement immergée par les 34 suivantes ! Car bien vite, j'ai noté que l'auteur, même s'il semblait évoquer des petits évènements de la vie de parfaits inconnus, parlait en fait de moi, de vous, de mes voisins, des gens que je croise, en les regardant... ou pas. La différence, c'est que Delerm semble regarder tout le monde et extrait mille petites "merveilles" de ses observations. Je mets merveilles entre guillemets car certaines saynètes sont plus mélancoliques que d'autres. Quoiqu'il en soit, Philippe Delerm plonge dans l'intime de chacun, cet intime qu'il devine d'après une posture, un mot perçu, un échange. Il nous parle ici de choses simples, mais tellement vraies, qu'il fait bon de ralentir notre vie pour les écouter, les réfléchir, les méditer et se dire que "oui, je ressens également cela", où, "c'est curieux, je n'y avais pas prêté attention", ou encore "je l'ai déjà vécu, je ne suis pas seule" !

La langue sublime et lecture paisible laisse entrevoir des regrets, des joies, des rires, des moqueries, un doux cynisme et un océan de clairvoyance subtile sur notre époque et les contemporains que nous sommes.

Je me suis particulièrement délectée des fragments suivants :

- La main au fond des poches (sur la solitude de ceux qui promènent leur chien)

- Les dénicheurs (ces gens qui semblent vivre dans des maisons de magazines déco et qui dénichent tout, partout, surtout le plus loin possible)

- Les vrais problèmes (Ces gens qui se réunissent mais n'ont rien à se dire)

- Visiteurs programmés (Ces touristes qui suivent une visite guidée mais qui en savent toujours plus que le guide)

- Vincennes - La Défense (ou l'échange inattendu entre une personne âgée un "djeuns").

Je pourrais encore en citer d'autres. D'ailleurs, j'ai bien envie de les réécouter encore et encore, pour mieux m'en imprégner !

A noter que ce format audio est suivi d'une interview de l'auteur, Philippe Delerm.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 10 Avril 2014

http://cache.20minutes.fr/illustrations/2014/04/02/memoire-fauve-1548729-616x0.jpgRoman - Alma Editeur - 270 pages - 18 €

 

 

 

Parution le 17 avril 2014 (Nouveauté)

 

 

L'histoire : La narratrice dit s'appeler Antigone. Elle fréquente le Hell's, une salle de sport à la mode. Là, elle y noue ne relation passionnelle (mais purement platonique), avec un Nouveau. Un beau jour, mue par une force étrange, qu'elle nomme "La Mission" elle sort un long couteau de sa manche et frappe au hasard... Elle ne se réveillera que bien plus tard, dans une chambre entièrement blanche et capitonnée !

 

 

 

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : Les premières pages m'ont franchement fait sourire, voire rire ! On y visite une salle de sport dans toute sa splendeur à travers le regard de la narratrice. Tout y passe, depuis les pétasses en fluo ou les bodybuildés au cerveau sans doute atrophié. De même, l'envie de la narratrice d'y passer le plus inaperçu possible et les méthodes pour y parvenir... J'y ai retrouvé pas mal de mon vécu personnel de ces derniers mois ! Et ce fut bien jouissif

Puis le récit a semblé partir dans un live de délire, au point de risquer me perdre... jusqu'au moment où j'ai saisi ce qui se passait... La jeune femme est en pleine crise de schizophrénie, même si le diagnostic médical apportera plus tard un autre terme, que l'on connait aussi. Antigone, alias Anne, souffre de Paranoïa aigue. Alors, mes chers lecteurs, si mon billet vous dirige vers ce roman, ne vous découragez pas sur ce premier tiers très spécial, qui ne fait qu'installer la suite, certes de façon originale et très audacieuse.

Car oui, ce bouquin m'a captivée. Arrivée en unité HP Haute Sécurité, notre "héroïne" réserve bien des surprises, tant pour nous lecteurs, que pour Kalb, son psychiatre référent. En effet, Anne/Antigone possède une connaissance très poussée en psychologie, mais ne se souvient de rien de sa vie, si ce n'est sa période "Fauve", lorsqu'elle fréquentait la salle de sport.

Tout le livre durant, on se demande donc, tout comme Kalb, si Anne simule et manipule son entourage, ou si elle est vraiment victime d'une forme rare d'amnésie, liée à sa paranoïa. Le climat est assez tendu, on ne sait jamais si cette patiente va redevenir animal et bondir ou si elle ne représente vraiment plus un danger ni pour elle ni pour la société. Quoiqu'il en soit, aidée de son thérapeute, elle ira jusqu'au bout et découvrira sa vérité. On rencontre aussi d'autres patients, forcément originaux à leur manière, de cette unité de soin. Notamment, le sosie de Johnny Halliday, même si certains prétendent qu'il s'agit de l'original. Aucun des personnages de ce roman n'est lisse, tous possèdent quelques tiroirs à ouvrir... 

Philippe Will, l'auteur, développe pas mal de théories socio médicales sur la paranoïa et le fonctionnemet cérébrale. Intéressantes, surprenantes, amusantes ou glaçantes... et toujours bien menées jusqu'à une certaine perversité... Ah, qui nous gouverne ?....

Là où le bât blesse un peu pour moi, c'est que j'ignore si le bienfondé de ces théories est réel ou pas, s'il faut prendre cela comme argent comptant ou comme un délire littéraire. Il en est de même pour les raisons qui expliquent le geste d'Anne/Antigone. Cette capacité mentale existe-t-elle vraiment et est-elle reconnue en psychiatrie ? Comme je n'ai pas le courage de me lancer dans des recherches fastidieuses, je n'aurais sans doute jamais la réponse. Dommage que dans des romans traitant de tels sujets, une post face n'éclaire pas un tant soit peu le lecteur sur la véracité et les sources de ces théories, afin de savoir quel crédit y porter. Just for fun ? Où bien puis-je étaler ma "science" lors d'un diner sans me couvrir de ridicule ?!

Quoiqu'il en soit, Mémoire Fauve est un roman plutôt atypique, qui pourra désarçonner ou captiver... Où les deux !

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 27 Mars 2014

http://lacollineauxlivres.files.wordpress.com/2012/05/fabrique-du-monde1.jpg   Roman - Editions Buchet-Chastel -156 pages - 13 €

 

 

 

Parution le 22 août 2013

 

 

 

 

L'histoire : Celle de Mei, jeune chinoise des campagnes venue à la ville pour travailler dans une usine de fabrication textile. Elle vit, mange, dort dans les bâtiment de l'usine et reste courbée toute la journée sur sa machine à coudre, craignant les représailles en cas de rythme non respecté. Un jour, elle ose se dresser devant le contremaitre. Les conséquences ne se font pas attendre : privée de paie pour un mois, la voici contrainte à retourner dans sa famille pour y célébrer le nouvel an, faute d'argent. Quatre jours à rester seule dans les locaux de l'usine déserte. A moins que...

 

 

 

 

tentation : le pitch, 

Fournisseur : la bib

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : Le hasard fait parfois bien les choses. A chaque visite à ma bib, je fais le tour du tourniquet des nouveautés, souvent bien vide. L'autre jour, ce roman y trônait, seul. J'ai pris ce signe pour un appel !!!

Et bien m'en a pris. Même si les 2 ou 3 premières pages m'ont inquiétée par leur style très vif, fait de phrases très courtes, la suite fut un véritable délice de lecture. Car une fois sortis du rêve de Mei, l'auteure nous régale d'une plume élégante, très agréable à lire, fluide. Et l'histoire que Sophie Van der Linden nous conte est saisissante. Le réalisme tout d'abord. Car nous voici assistant à la genèse des vêtements que nous portons, ce prêt à porté souvent fabriqué dans d'immenses usines textiles chinoises. C'est Mei qui nous raconte sa vie, son enfer, son quotidien, sa routine révoltante, son emploi gagne misère, et surtout, ses rêves, son rêve. Partir. Nous "vivons" à l'intérieur de cette fourmilière, ou des centaines de jeunes filles et de petites mains ne font plus qu'une avec leur machine à coudre, répétant mille fois les même gestes sous l'oeil aux aguets du contremaitre qui ne pardonne rien, pas la moindre petite fatigue. Nous voici au coeur de la Chine industrielle, ultra compétente et rentable... mais à quel prix.. Et qui dit Chine, dit dictature. Aucun droit du travail. Imaginez : une remarque, un comportement qui déplait à la direction et vous voilà privé de votre salaire pendant un mois, malgré les heures travaillées et les heures sup non comptabilisé.

Mei est donc au fond du gouffre et honteuse, par rapport aux autres et par rapport à sa famille qu'elle n'a pourtant pas vu depuis 2 ans.. Les 4 jours fériés s'annoncent pour elle comme un enfer : personne pour lui tenir compagnie et pas un sous à aller dépenser en ville... Et pourtant, elle vivra les plus beaux jours de sa vie,  qui la transformeront à jamais. Cette jeune fille qui ne connait de la vie que la campagne et l'usine va s'initier à l'amour, envers et contre tout, et d'une façon inattendue. Elle découvre qu'elle vibre, qu'elle aime, qu'elle est désirable. Et elle y croit. Elle s'éveille au monde, et à elle même. Pour elle, c'est pour la vie. Impossible de redescendre d'un tel paradis.

Des mots d'une incroyable justesse évoquent tous les sentiments par lesquels passe cette jeune fille et nous permettent de bien saisir le cauchemard vécu par ces chinoises harrassées de travail et qui ne connaissent rien que ça.... Qui tremble de peur à l'idée de croiser le regard du contremaitre qui a tout pouvoir sur elle. Et puis, l'auteure nous fait aimer cet amour si soudainement apparu de nulle part. Il nous apporte légèreté, bonheur, espoir pour Mei qui le mérite tant. Mais la vie n'est pas un roman....Et là, Sophie Van der Linden nous plonge dans l'effroi, d'une manière rapide, efficace, sans appel. Une chute vertigineuse... et un court roman remarquable empli d'émotions. Vraiment. J'ai été profondément touchée par cette belle et sombre histoire. Je pense que Mei restera en moi un moment. A lire et à méditer... alors que la colère gronde partout.

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                        11ème

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 20 Mars 2014

http://img.over-blog-kiwi.com/0/67/76/60/20140309/ob_3013e0_une-collection-de-tresors-minuscules.jpg   

Roman - Editions Belfond - 272 pages - 19 €

 

 

Parution le 12 mars 2014 (Nouveauté)

 

 

L'histoire : Frédéric est un jeune avocat ambitieux déjà réputé. Célébrités du Show biz, industriels richissimes font appel à lui pour des divorces coûteux ! Frédéric semble vivre dans l'opulance et s'adonne à sa passion : le luxe, les jolies choses et surtout, les toiles de maîtres.

Un jour, une lettre de notaire lui annonce un héritage... D'une personne qu'il ne connait pas. Un héritage peu commun: des billets de trains, de tickets de visites de musée et une carte au trésor. Des petits riens qui conduisent Frédéric dans l'univers des Impressionnistes. Aidé de Pétronille son assistante, Frédéric, intrigué, suit le chemin qui lui est tracé. A la recherche d'un trésor, c'est d'une collection de trésors minuscules que Frédéric s'enrichira !

 

 

 

 

Tentation : Réputation de l'auteure + Pitch

Fournisseur : Anny de chez Belfond, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : Même si ce roman vous invite à déguster de bons choux à la crème faits maison, moi, c'est à des bonbons qu'il m'a fait penser.

J'ai eu la sensation de savourer un bonbon à la menthe, tant cette histoire apporte un vent de fraicheur bienvenu, qui rafraichit très agréablement l'esprit... mais aussi l'enrichit ! Oui, j'ai beaucoup apprécié cette plongée dans l'univers des peintres impressionnistes, notamment celui de Claude Monet, enfin Oscar pour les avertis . Je suis moi même allée à Giverny il y a une bonne dizaine d'années, mais en plein été. Caroline Vermalle nous propose une autre visite du célèbre site, avec son histoire, mais à une autre époque, l'hiver, et sans touriste ! Une visite privée en quelque sorte !

J'ai ressenti aussi la douce impression de croquer dans un bonbon Kréma à la fraise ! Car ce roman est tout de même dur en apparence, mais ce révèle moelleuse et sucré. On commence par croquer avec impatience, puis on laisse laisse fondre en nous cette histoire qui fait du bien.

Le personnage de Frédéric peut paraitre stréréotypé au premier abord... Et Caroline Vermalle nous démontre bien qu'il ne faut jamais se limiter aux apparences, que chacun cache une vérité profonde. Car Frédéric a dû se construire malgré un terrible secret de famille, secret auquel nous, lecteurs, ne nous attendons pas. Un secret "original" mais terriblement douloureux et destructeur.

Et puis il y a tous ces personnages que Frédéric et Pétronille rencontrent au fil de leur (en)quête. Ceux ci vous donnent envie de croire en la vie, en l'amitié, en l'amour. J'ai beaucoup aimé cette petite bande de "refusés" qui monte tout un stratagème pour réunir deux personnes que la vie n'aurait jamais du séparer, si l'humanité s'était montrée plus humaine à une époque....  (Phrase conjugable au présent aussi, évidemment).

Enfin, dans cet hôpital de Pontoise... Il y a un atelier pour les patients. Dans cet atelier, à force de découpage et de collage, chacun construit sa carte aux trésors... En collant ce qu'il aimerait avoir, ce dont il aurait besoin pour se considérer heureux. Tout au long de ma lecture, je me suis demandée ce que je collerais pour confectionner ma carte au trésor personnelle. J'ai bien pensé à un bel appart avec terrasse, quelques palmiers, une nouvelle voiture. Et me suis rendue compte que tout cela ne changerait pas grand chose, que ce dont j'ai besoin (et que je ne possède pas) n'a rien de visuel mais tient de l'esprit et de ce qui m'entoure... ou pas.

Une collection de trésors minuscules offent donc de jolies réflexions sur les valeurs de la vie, le tout avec une histoire bien ryhtmée, une plume agréable et surtout, une collection de personnages bien vivants et profondément sympathiques et attachants. Je le redis, voici un roman très bonbon Kréma !

 

 

 

La pie, de Claude Monet

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 13 Mars 2014

imagesCAD0WXX7.jpg   Roman - Editions Grand Océan - 247 pages - 18 €

 

 

 

 

Parution en 2005 

 

 

L'histoire : Maximin est un tout jeune homme révolté et la tête plein de rêve. Il vit avec sa mère, ses frères et soeurs à Bras la Boue, un bidonville proche de St Denis, à la Réunion. Son quotidien, c'est ennui, désoeuvrement, misère, poussière, petits boulots minables et une collection de "Non" quand il se présente pour un emploi. Alors que pas très loin, vit l'autre société Réunionaise. Les riches, dans leur  villa, belle voiture, beaux vêtements, poste dans l'administration.

Mais Maximin a entendu des rumeurs.... Il existerait, sur l'île une multitude de trésors encore cachés. Des trésors datant de l'époque des pirates et de flibustiers. Maximin part, se promettant de découvrir un trésor, et ainsi, de gagner sa place au soleil.

 

 

tentation : Le pitch, l'exotisme

Fournisseur : Ma PAL (livre acheté lors de mon voyage à la Réunion)

 

 

 

 

 

 

étoile2.5

 

 

 

 Mon humble avis : C'est une bien belle histoire que nous conte là Bernadette Thomas et mes mots sont choisis... En effet, on n'est pas loin du conte, de la fable... qui s'adresserait plus, je pense, à un lectorat adolescent, même s'il n'est pas interdit encore aux adultes de rêver. Cette jolie histoire, celle d'une quête, est plutôt simple, comme le message qu'elle distille : Pour trouver un trésor, encore faut il ouvrir les yeux... le trésor c'est le bonheur et le bonheur, c'est les autres. Bref, il en faut un peu plus, à moi la quadra désabusée, pour m'extasier devant une telle évidence  Ce n'est donc pas l'histoire que je retiendrais longtemps, mais sa situation géographique ! Et, à mes yeux, c'est tout l'intérêt de ce roman, et pas des moindres.

Je veux ma place au soleil nous emmène dans la Réunion loin des cartes postales et des circuits touristiques, donc la Réunion que je n'ai pas vraiment vu lors de mes vacances là-bas il y a déjà un an et demi . Même si cette Réunion là, je peux un peu l'imaginer, ayant vécu en Guadeloupe. Des DOM, je sais qu'il y a une médaille ensoleillé et un revers plus sombre même si le soleil brille de la même façon pour tout le monde.

Comme dit dans la quatrième de couv, Bernadette Thomas nous montre une Réunion à deux vitesses et s'attache particulièrement à décrire la Réunion des oubliés, et ce de l'intérieur. Le premier tier du livre nous fait évoluer dans un microcosme on ne peut plus créole, dans un bidonville de la banlieue de ST Denis. C'est cette partie là que j'ai préférée. Très intéressante, vivante, ponctuée de quelques phrases créoles (très compréhensible). On y constate la débrouille des uns et des autres, le courage des mères malgré leur ignorance culturelle et alphabétique. L'espoir ou "l'attrappe couillon" représente l'école pour certains. La poussière, les cases qui tiennent à peine debout. Les us, les coutumes, les légendes, les croyances. La soumission des ainés à un système qui les écrase mais qu'ils n'ont pas la force de combattre, et la peur qu'ils ont de perdre le peu qu'ils possèdent. Et la révolte sous-jacente des jeunes devant ce à quoi ils n'ont pas accès. Et surtout, l'auteur se penche de très près à l'hypocrisie des visites politiques officielles. En effet, le quartier de Bras la Boue reçoit la visite de la Première Dame... Dès ce passage annoncé, alors là, la commune transforme ce bas quartier en un semblant de petite banlieue où il fait bon vivre, multipliant les caches misères.

Puis, avec Maximim, nous quittons Bras la Boue pour l'intérieur du pays, les montagnes, puis la côte Sud et Sud Est. Les gens y ont une autre mentalité, qui n'ont jamais vu la ville, voire jamais quitté leur village. Oui, là où mécaniquement un touriste peut faire le tour de l'ïle en une journée (sans rien voir, on est d'accord), certains réunionnais ne le font jamais en une vie. C'est un constat qui ne manque jamais de m'ébranler.

Ce livre est donc très instrutif à plus d'un titre : humainement, culturellement, "botaniquement".... Il est toujours intéressant de savoir comment l'on vit à l'autre bout du monde, qui plus est un bout du monde qui s'appelle aussi la France et qui lui donne aussi son visage si multiple et cosmopolite. Ce livre est à mettre dans toute les mains d'une jeunesse qui rêvent parfois d'un ailleurs avec les mauvaises cartes en main. Et puis rappelons le, l'histoire est mignonne malgré tout, même si trop mignonne pour moi en fait.

Il est temps aussi de remarquer le style et l'écriture magnifiques de Bernadette Thomas qui use à bon escient d'une très belle poésie. J'ai ressenti la chaleur étouffante, la verdure, le souffle des alizés. J'étais là-bas en fait.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 25 Février 2014

http://www.babelio.com/couv/8425_1229419.jpegRoman - Edition Livre de Poche - 246 pages - 6.50 €

 

 

 

Parution d'origine en 1969

 

 

 

L'histoire : Journaliste, flambeur, habitué des nuits parisiennes, Gilles tombe soudain en dépression, même si le mot mais quelque temps à être prononcé. Il part alors se reposer chez sa soeur dans le Limousin. Loin de la capitale, il se reconstruira et découvrira autre. Lors d'un dîner mondain, pourtant pas à son avantage, Nathalie remarque Gilles. Et sa vie s'en trouvera bouleversée.

 

 

Tentation : Sagan, gage de qualité non ?

Fournisseur : Ma PAL !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : Comme une telle lecture me fait du bien ! Non pas qu'elle soit particulièrement joyeuse, mais elle fut assez agréable et fluide pour que je lise ce roman en un après midi, ce qui, dans mon cas actuel, est loin d'être monnaie courante !

Voilà bien 10, 15 ans que je ne m'étais plus penchée sur un écrit de Françoise Sagan, et j'ai été ravie de retrouver ici mon plaisir intact. Car la romancière n'a pas son pareil pour décrire les choses avec autant de précision que d'impressions et le tout, sans jamais être pompeuse dans le style. Celui ci semble sans effet, 100% naturel, BIO, made in France

Dans les premiers temps, le personnage de Gilles m'est paru sympathique car mu par une espèce de remise en question personnelle. Celle ci déclenchée par une dépression, qui fait forcément voir les choses et les êtres, même soit même, différement. Les prémices, puis les symptômes de cette maladie, jugée encore plus à l'époque comme un caprice que maintenant, sont subtilement distillés par Françoise Sagan, tout comme les premiers signes de la "résurrection". J'éprouvais une profonde empathie pour cet homme mangé par la vie, et qui renait peu à peu... Grace à l'amour. Le seul, le vrai, l'unique, la PASSION. La passion dans ce qu'elle a d'aveuglante et de destructrice. C'est très judicieux de la part de Sagan de rendre salvateur du pire ce qui conduira forcément à la perte. La fulgurance des sentiments, c'est un peu la marque de fabrique de la regrettée romancière qui comme le personnage de Nathalie, était entière, et forcément sincère jusque dans le verbe. Ah, Nathalie la provinciale qui tombe en amour pour ce parisien pourtant mal en point. Au fil des pages, l'accent est bien mis justement sur cette différence entre la capitale et la province, depuis les tenues vestimentaires, jusqu'aux habitudes, en passant par le mode de vie et un certain enfermement qui n'est pas toujours là où l'on pense le trouver. Le parisien a tout à portée de main et ne fait pas grand chose de sa vie. La provinciale, qui mène une vie plutôt ennuyeuse de femme mariée à un notable, possède la culture de l'ailleurs. C'est cuireux, mais cette différence Paris/province me frappait moins il y a 15 ans que maintenant. Car en 2014, quand je débarque à Paris, je me sens vraiment.... provinciale. La différence, c'est que j'en suis dorénavant ravie !

 Et puis ce Gilles m'est devenu de plus en plus insupportable lorsqu'il revient sur son territoire pavé des trottoirs parisiens. Nathalie m'a fait plutôt pitiée. Elle a fait toutes les concessions, lui n'en fait aucune, sans jamais se préocupper du prix des concessions de sa compagne. Car la passion s'effrite lorsqu'elle est vécue au grand jour et pire encore.... au quotidien. Gilles devient celui qui veut le beurre, l'argent du beurre et la crémière, incapable de réfreiner ses reflexes de gamin, alors qu'il est trentenaire bien consommé. J'ignore comment étaient les mentalités de l'époque, mais ce roman pourrait être tout à fait actuel. On veut l'amour, sans les concessions qu'il demande. On le veut définitif mais dans son état actuel, sans tolérer la moindre habitude, le moindre train train, et surtout, sans renoncer à l'avant. Dans ce livre, les faits parlent d'eux mêmes et l'auteure ne se lance pas dans de grandes analyses. Elle décrit et constate. 

Oui, c'est ce que semble montrer brillament ce livre : certains veulent l'amour et pensent que abandonner sa vie précédente, c'est se renier, se perdre soi même.... Sans voir la richesse de l'autre, qui fait grandir... Parce qu'un jour, il est bien grand temps de grandir non ?

Trève de beaux discours, Françoise Sagan m'a encore captivée et éblouie de sa justesse. Sûr que je n'attendrai plus quinze ans avant d'ouvrir mon prochain Sagan, même si j'en ai déjà lu une palanque !!!

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 16 Février 2014

http://nsa28.casimages.com/img/2011/09/29//110929121205846834.jpgRoman - Editions Livres VDB - 7h30 - 15 € en occas

 

 

 

Parution d'origine en 2004

 

 

L'histoire : Ferdinand vit seul avec Clara, sa fille de 8 ans, autiste au plus haut degré. Cinq ans plus tôt, Lorna, la maman, ne supportant plus la maladie de sa fille et se sentant impuissante, les avait quitté subitement.

Ferdinand fait tout pour sa fille, suivie dans un centre de jour. Il espère sans plus trop y croire une toute petite amélioration, aussi infime soit elle...

Hors, un jour, sur le cahier de Clara, des phrases sont notées, et ce parfaitement. Il y est question d'Alaska. Le personnel médical mène l'enquête pour découvrir l'auteur de ces phrases. Jusqu'au jour où Ferdinand surprend sa fille Clara, pourtant incapable du moindre sourire ou de la moindre manifestation, écrire elle même quelques phrases, la suite, sous ses yeux...

 

 

Tentation : J'aime bien l'auteur + le pitch

Fournisseur : La bib'  

 

 

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 Mon humble avis : Mitigé l'avis, très mitigé. 7h50 d'écoute, honnêtement, j'ai cru qu'il en faisait une quinzaine tant cela n'en finissait pas. Qui plus est, les chapitres sont assez longs, donc pas évident d'en écouter plusieurs de suite et d'ainsi, bien rentrer dans l'histoire. L'interprétation est assez monotone et la voix pas franchement charmante et douce à l'oreille... Très académique quelque part. Vous me direz, devant tant de flèches vers le bas, pourquoi deux étoiles tout de même ? Parce que ce roman est intéressant sous deux aspects.

Clara est une enfant autiste à un degré très élevé. Pas une parole, pas une expression sur le visage, elle ne reconnait personne. Ne supportant pas son impuissance devant cela, sa mère, Lorna, a quitté le domicile familial 3 ans plus tôt. Ferdinant s'occupe donc seul de Clara, qui passe ses journées en centre spécialisé. Alors oui, ce livre éclaire beaucoup sur les conséquences de cette maladie tant sur les patients qui sur leur entourage. Questionnement, desespoire, espoire au moindre petit signe, résignation, révolte. En cela, le livre m'a plu.

Dans la vie, Ferdinant est producteur de cinéma. Cela amène un aspect plus distrayant au roman et moult informations et réflexions sur ce milieu et la production cinématographique, ce qui, comme vous pouvez vous en douter, n'est pas pour me déplaire.

Hélas, l'histoire traine en longueur et l'intrigue s'oriente vers des hypothèses et des explications paranormales, type réincarnation et autres, auxquelles je n'adhère pas et qui m'ont franchement laissée dubitative et sur ma faim. Dommage, j'ai toujours apprécié les écrits de Patrick Cauvain jusqu'à maintenant, mais je ne recommenderais pas celui ci, à moins d'être disposée à accepter de telles réponses, qui, qui plus est, ne relèvent pas d'une grande connaissance de cet environnement et n'apprennent rien là-dessus, tant cet aspect là est peu creusé.

 

 

 

 

 

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                                                                                  Chez Val

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 9 Février 2014

http://p7.storage.canalblog.com/72/10/1111954/92756601.jpgRoman - Editions J'ai Lu - 286 pages - 13€50

 

 

 

Parution chez J'ai Lu le 8 janvier 2014

 

 

 

L'histoire : Il s'appelle Bernard, il a 50 ans. Il y a 30 ans, il avait la bonne tête de l'emploi alors la BNP l'a recruté. Bernard pensait que ça durerait toujours. Mais voilà, dans le prénom de Bernard, il y a une certaine notion de précipice.... Et ce précipice se présente d'un seul coup, à moins qu'il n'y ait eu quelques signes avant coureurs... Mais d'un seul coup, Bernard n'a plus la tête de l'emploi ni auprès de sa femme, ni auprès de la BNP.... Il se retrouve alors sans rien après une vie sans histoire... la seule solution... retourner vivre chez Papa et Maman...

 

 

 

Tentation : Foenkinos, les yeux fermés je dis OUI !!!

Fournisseur : Les éditions J'ai Lu et Silvana Bergonzi, merci pour l'envoi !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : Patatras, déjà une de mes résolutions 2014 à terre. J'avais dit que je n'achetais plus de livre.... Mais celui ci me faisait forcément de l'oeil.... j'avais dit que je limitais un max les SP (Services Presse) et voilà que J'ai Lu me propose ce roman, que j'accepte, ni une ni deux . La mise à mal de cette résolution ne met pas à mal mes finances fragilisées !

Serai- je objective dans ce billet ? Certainement pas. Foenkinos, j'adore ! Tant l'homme que ses romans. Ouvrir un Foenkinos, c'est comme rentrer chez moi, être sûre de m'y sentir bien. C'est lire ce que j'aurais aimé écrire si j'avais du talent. L'homme et sa plume me font rire, pas forcément aux éclats, mais rire délicieusement... En fait, pour moi, Foenkinos c'est l'inventivité dans la simplicité ! 

David Foenkinos maitrise effectivement l'art de divertir, de détendre, de faire sourire, ou rire avec des situations pas drôles, même parfois pathétiques ou dramatiques. Il ne tourne pas ces événements, ou non événements en comédie hilarante, mais en situations faussement farfelues, avec un humour et une atmosphère faussement détachés. Foenkinos fait de l'extraodinaire avec de l'ordinaire, mais sans grandiloquence ni feux d'artifice. Son arme redoutable, cet humour particulier, presque pince sans rire, et cette imagination débordante pour les métaphores, les comparaisons incomparables, les évidences et les non sens de la vie qu'il pointe du doigt, enfin, de la plume avec des expressions aussi flegmatiques qu'efficaces, et parfois, bien cruelles sans en voir l'air.

La tête de l'emploi ne fait pas exception, on retrouve bien les ingrédients que l'on recherche en ouvrant ce livre. Ici, Foenkinos s'attaque à la Crise et à un phénomène de société plutôt récent : Le retour des quinquagénaires chez leurs parents, faute de revenus, suite à un divorce etc...

Bernard était bien dans sa petite routine qu'il jugeait confortable, que ce soit au travail ou dans son couple. Il n'imaginait pas que sa femme ne puisse s'en contenter. Ne doutant pas de son amour pour elle, comment aurait-il pu douter de son amour pour lui. La société actuelle est bien décortiquée : sa violence morale... Le monde impitoyable du travail où l'on vous vire pour les mêmes raisons qui vous ont fait embaucher 30 ans plus tôt.... Le monde à l'envers... Où les adultes retournent chez leurs parents, où les enfants devenant adultes aident leurs parents désarçonnés à remettre le pied à l'étrier... Un monde qui n'accepte pas les failures, où il faut toujours se montrer en forme. Ca parait déprimant vu comme ça ? Et bien non, sous la plume de Foenkinos, entre tendresse et cynisme, ça ne l'est pas du tout !

Une nouvelle fois, l'auteur fait de Bernard un anti-héros auquel on s'attache, un gars qui n'est pas foudre de guerre mais qui, en restant plus ou moins lui même, trouvera une solution là où il ne l'attendait pas. Le message final pourrait paraitre simpliste (il faut rebondir par soit même, ne pas attendre la solution de la société...) Mais à mes yeux, elle ne l'est pas. Je préfère une issue aux abords simplistes mais réalistes à une fin et ultra romanesque et bien improbable, à des années lumières de ma réalité. De mon côté, il me reste à trouver de quel emploi j'ai la tête !  

 

PS : Ce roman est un inédit publié chez J'ai Lu dans un format et un tarif à mi chemin entre le format brochet et le poche.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 3 Février 2014

http://www.babelio.com/couv/29333_aj_m_2530.jpegRoman - Editions Lunatique - 89 pages - 10 €

 

 

Parution le 21 mars 2013

 

L'histoire : Celle de Pénélope, reine d'Ithaque, qui attend Ulysse depuis 20 ans. 20 ans que que son époux, parti en guerre, est porté disparu.

Pénélope attend, brode, espère, désespère,se souvient. Elle se regarde aussi vieillir et se demande si Ulysse la reconnaitra à son retour, car elle en est sûre, il reviendra.

 

 

 

Tentation : Le ptich

Fournisseur : La bib'

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : Ce court roman est une petite merveille ! Comme il m'a plu ! Il m'a replongée avec délectation dans l'histoire de L'odyssée d'Homer, que j'avais déjà adorée il y a 20 ans, et dans l'approche de la fin m'avait mise en transe, tant je trouvais le suspens implacable.

Ici, le récit des 20 ans est beaucoup moins long...  89 pages... Et il nous amène aux côtés de Pénélope, qui attend, inlassablement, décidée, désespérement Ulysse.  Comment Pénélope a t-elle vécu cette attente, l'approche des retrouvailles et les retrouvailles elles mêmes. Violaine Bérot répond à ces questions par des suppositions qui comblent ainsi les lacunes de l'Odyssée d'Homer. Ces suppositions sont on ne peut plus humaines, et déroulées dans un style lyrique tout à fait adéquat à l'époque antique et à la mélancolie de Pénélope. Se faisant, l'auteure nous parle tout simpement d'Amour, du plus bel Amour : l'adoration platonique, qui se nourrit de souvenirs de plus en plus lointains. La grande crainte, que ces souvenirs s'effacent. Autre possibilité, que ces derniers subliment la réalité. Et puis, l'héroïne s'interroge : Ulysse a-t-il connu d'autres femmes alors qu'elle lui est restée fidèle au point de repousser autant les convenances que ses dizaines de prétendants impatients... Bien sûr, Pénélope craint que sa vieillesse la rende moins sésuidante aux yeux de son Amour. D'ailleurs, se reconnaitront ils ? Pénélope est partagée entre excitations et angoisses. La lectrice que je suis n'était pas encore à l'épogée du plaisir, qui se fait on ne peut plus délicieux dans le jeu et la connivence qu'installe l'auteure entre Pénélope et Ulysse et qui, loin d'une apparence physique ou d'un contact corporel, sont le moyen de reconnaissance entre les deux êtres qui s'aiment. C'est juste sublime, et servi par une écriture magnifique.

Ce roman est donc très odacieux et original, jusque dans sa narration très sensuelle... L'auteure interpelle Pénélope pour s'imaginer à sa place sans doute. C'est la deuxième personne du singulier qui nous livre que coeur de Pénélope.

 

 

 

   http://leslecturesdasphodele.files.wordpress.com/2013/03/logo-challenge-amoureux-3.jpg     Amour mythique, mythologique

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 30 Janvier 2014

http://ecx.images-amazon.com/images/I/816UEv9AncL._SL1500_.jpgRoman - Editions Pocket - 405 pages - 7.60 €

 

 

Parution en Pocket en avril 2013

 

 

L'histoire : A 28 ans, Julie est plutôt une Miss Catastrophe, qui n'a pas peur du ridicule. Enfin si, mais ça n'empêche.

Un jour, un nouveau voisin emménage dans son immeuble. Son nom : Ricardo Patatras ! Un tel patronyme ne peut qu'aiguiser la curiosité de Julie qui fera tout, mais alors tout, pour rencontrer cet inconnu et tout savoir de lui. Pour Julie, rien d'impossible !

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Prêt de ma cop Armelle !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : Ce roman a eu un succès fou cet été, tant sur la blogo que dans les librairies, et ça se comprend bien. Date de parution parfaite pour un succès estival... Ce livre étant idéal pour lire sur la plage, dans le train, dans un transat etc... Je me demande s'il aurait fait aussi bonne fortune en sortant en novembre, malgré le bonnet péruvien de la couverture.

Mais ne vous y trompez pas, j'ai passé un assez bon moment de lecture, et il en sera certainement de même pour vous à une seule condition : que vous n'y cherchiez qu'un total divertissement. Je me suis bien amusée des (mes)aventures de cette fameuse Julie qui n'en loupe pas une et qui aime aller un peu au devant des ... ennuis. On tremble pour elle plus d'une fois et nombre de passages et situations si hilarants qu'on ne peut s'empêcher de se créer un film dans sa tête pour visualiser le tout. Et bien sûr, en tête d'affiche, on a vite fait de remplacer Julie par soi même, si l'on est du sexe féminin. Car l'auteur se moque avec gentillesse, et sans doute un peu d'exagération, quoique, de nous autres, les femmes amoureuses. Les espoirs, les "taquetaquetiques" pour approcher, aperçevoir, croiser l'heureux élus qui s'ignore. Les hontes, les gaffes, les malchances, les catastrophes qui n'arrivent jamais quand vous êtes seules chez vous, mais face à votre fantasme !!! Le comportement amoureux féminin est donc ici bien décortiqué et rendu, malgré une tendance narrative qui frôle souvent l'hyperbole. Et oui, il faut bien correspondre au registre de la comédie revendiquée. Ce qui est assez épatant, c'est que l'auteur soit un homme... Et oui, derrière une telle histoire et ses rebondissements, on imagine plus une plume féminine et quelque peu autobiographique !

J'ai beaucoup aimé l'ambiance de quartier et de voisinage qui règne dans ces pages. On n'y fait connaissance de pas mal de monde, entre la boulangère, le banquier, l'épicier, "le chinois".... Cet aspect m'a réjoui, car ces personnages sont souvent hauts en couleurs et décrits avec tendresse.

Mais j'émets tout de même quelques bémols...

Malgré le mystère qui l'entoure (imagination débordante de Julie ou pas), le personnage de Ric m'a paru vraiment trop parfait... pour être un tant soit peu crédible. En fait, ce ne sont pas les pitreries les plus incroyables de Julie qui m'ont fait tiquer, mais ce côté "absolute perfection" de ce Ric. Mais sans doute suis-je désabusée ?!

Le style n'est pas très riche et aurait mérité quelques coups de pelle supplémentaires. Une histoire qui se veut drôle et légère (mais reflet d'une certaine réalité) peut tout à fait remplir son objectif avec une écriture plus soignée.

Enfin.... et bien l'ensemble finit tout de même par s'essoufler et les rires (ou sourire) par s'espacer de plus en plus au fil de la lecture, sans doute parce que les proportions des délires de Julie deviennent tels que l'on s'identifie moins à elle. Et puis les redondances dans les réflexions ou les situations se remarquent.

Mais quoiqu'il en soit, Demain j'arrête occasionne un bon moment de détente et nous présente des personnages attachants. 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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