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Publié le 31 Mars 2022

Roman - Editions Audiolib - 3h42 d'écoute - 17 €

Parution au Seuil 2018, Audiolib 2019

L'histoire : Dans les tranchées, en 14-18... Deux tirailleurs sénégalais, Alfa et Mademba, s'élancent sur le front au coup de sifflet du capitaine Armand. Mademba tombe... Alfa vient de perdre son ami de toujours, son plus que frère... 

Alfa va alors devenir comme étranger à lui même, et sombrer dans une folie violente... Au point qu'il sera envoyé à l'Arrière du front...

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib de Dinard 

Mon humble avis : Et bien il est partagé !

Le début m'a complètement happée... Par ce qui était conté, la façon dont s'est narré et également interprété. Les mots pénètrent comme une baïonnette. Ils font mal, ils font frissonner d'horreur... De celle qu'ont vécu nos aïeux qui nous sont maintenant inconnus, de celle qu'ont subi une multitude de tirailleurs issus des colonies françaises, qui se sont battus sur des fronts a des milliers de kilomètre de chez eux, sur une terre froide dont ils ne parlaient même pas la langue...  Je n'y étais pas évidemment, mais j'imagine que David Diop décrit parfaitement les conditions de vie dans les tranchées et sur les champs de bataille. La douleur d'Alfa alors qu'il ramasse son plus que frère mort est palpable et sa plongée dans la folie, on la vit en apnée. Cette folie effroyable effraie même ces compagnons d'infortune.

La deuxième partie se déroule alors qu'Alfa a été envoyé à l'Arrière pour repos et soins suite au traumatisme. On est alors toujours dans la tête d'Alfa, qui se remémore son Sénégal, depuis sa jeunesse jusqu'à la veille de son départ pour la France et la guerre. Cet aspect-là est moins prenant.

L'émotion est bien présente dans cette audio lecture, et sans doute même renforcée par l'interprétation orale parfaitement adéquat. Les mots sont assez simples, c'est un tirailleur sénégalais qui nous raconte son histoire. Mais le style m'a posé problème... Une phrase revient sans cesse comme un mantra "Par la vérité de Dieu"... Au début, on se dit pourquoi pas, mais au bout de trois heures d'écoute, ça devient lassant, puis exaspérant. De même certains faits et situations sont racontées deux ou trois fois, de la même façon... Enfin, même si le langage usité est souvent simple, il est des formules utilisées qui ne me semblent pas en adéquation avec le niveau d'instruction du personnage.

Quant à la fin, je ne sais pas si je l'ai bien comprise... j'espère que non...

Un livre comme un cri de douleur, de la folie qui prend racine dans la guerre des tranchées, qui montre parfaitement ce que la guerre et ses horreurs peuvent faire d'un homme à la base simplement humain... Et l'histoire de ceux qui se sont battus pour nous, pour notre liberté, et si peu remerciés...
Une lecture forte c'est sûr, mais qui sonne étrangement et dont construction et style ne m'ont pas vraiment convenu !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 14 Mars 2022

Roman - Editions Gallimard - 240 pages - 19.50 €

Parution en Janvier 2022

L'histoire : En 1999 débutait le casting pour trouver le jeune garçon qui allait interpréter Harry Potter et qui, par la même occasion, deviendrait mondialement  célèbre. Des centaines d'acteurs furent auditionnés. Finalement, il n'en resta plus que deux. Ce roman raconte l'histoire de celui qui n'a pas été choisi.

Tentation : Foenkinos est incontournable pour moi !

Fournisseur : Bib de Dinard

 

 

 

Mon humble avis : Un nouveau roman de David Foenkinos est toujours un rendez-vous pour moi, où je connais le ton que je vais trouver mais où j'ignore à chaque fois où il va me mener ! Aller ailleurs tout en restant bien chez soi...

Ce titre ne fait pas exception à la règle ! Je voudrais tout d'abord saluer l'originalité du sujet, et la façon dont il est traité, car vraiment, il fallait y penser !

Numéro deux se base sur des faits réels, connus de tous ou presque à travers la planète. L'histoire s'ouvre sur les coulisses et les prémices du succès de la saga littéraire Harry Potter, qui s'annonce très vite comme une série cinéma à venir...  J'ai appris pas mal de choses, car honnêtement, je n'ai jamais accroché avec Harry Potter que je n'ai qu'effleuré via deux films. Donc déjà, cet aspect est intéressant... mais n'est pas le corps du roman. 

Car dès le début, nous suivons la vie de Martin, le fameux numéro deux, qui n'a alors qu'à peine 10 ans. Et de plus loin, celle de Daniel Radcliffe, qu'on ne présente plus. Martin arrive par hasard sur le casting, un hasard délicieux et drôle, typique de l'auteur, un hasard en cascade, ou une cascade de hasards ! Il y a les séances de casting, les espoirs, les "presque oui" et au dernier moment, le "non" pour Martin, au profit de Daniel. 

Dès lors, nous accompagnons Martin dans les vingt années suivantes de sa vie, après cet échec dont il ne se remettra jamais. On a tous ou presque été le numéro deux au moins une fois, voire plusieurs, dans notre vie... lors d'entretiens d'embauche, ou même dans la vie amoureuse... Le plus souvent, le coup est dur, et puis on oublie, on rebondit, on passe à autre chose autant que le temps passe ! 

Oui mais là, pour Martin, comment faire pour oublier, passer à autre chose alors que le monde entier ne parle que d'Harry Potter, que tous les ans ou presque sortent un nouveau volume de la saga et un nouveau film, que des affiches sont collés dans les rues, que le moindre journal relaie un fait sur Harry Potter ou son acteur, sans parler du merchandising que l'on trouve partout, des parcs à thème qui s'ouvrent sur le sujet... et que même 20 ans plus tard, c'était vendredi dernier sur TF1, un documentaire célèbre le vingtième anniversaire de la fameuse saga !  Comment faire pour oublier qu'il a failli participer à la série la plus phénoménale de l'Histoire du cinéma. Comment se construire alors que chaque nouvelle journée ou presque vous rappelle votre échec, échec causé par le "petit +" de l'autre que personne ne sait vous expliquer, qui n'a rien de rationnel, que régulièrement, on vous dit que vous ressemblez à Harry Potter !

En tant que public, nous profitons des plaisirs du cinéma (ou toute autre activité médiatique) et oublions ou ignorons souvent les pots cassés... Ceux qui ne sont pas choisis et qui sont arrivés aux portes des monts et merveilles. Et ici, il s'agit d'un enfant... Même si le sujet est poussé à l'extrême et s'illustre aussi dans un exemple extraordinaire, la réflexion est intéressante. Et rondement menée à la sauce Foenkinos, avec humour, fantaisie, sérieux, tendresse, mélancolie, cynisme aussi, petites remarques personnelles, grandes évidences et incohérences du monde sur lesquelles David Foenkinos sait mettre des mots percutants ou amusants, toujours efficaces et limpides... Et puis, à un moment, l'histoire prend une atmosphère de thriller... On retrouve les obsessions de l'auteur pour le patronyme Martin, pour les gardiens de musée etc.

Et il y a une morale dans l'histoire... En perdant ce que Daniel a gagné, Martin a gardé ce que Daniel a perdu : la vie normale, la liberté, l'anonymat et bien souvent, son propre nom, sa propre identité... 

Ce roman est en grande partie fictionnel. Martin et sa non vie émane de l'imagination de David Foenkinos. Mais il y a forcément eu un vrai numéro deux. Quelle a été sa vie ?

Un roman intelligent, qui se lit avec grand plaisir et une certaine addiction !

Et une bonne question : Pourquoi l'on entend toujours des vieux tubes de U2 à la radio, mais que l'on n'y entend plus jamais "The Cure" ?!

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 12 Mars 2022

Roman - Editions Audiolib - 4h45 d'écoute - 17.90 €

Parution Audiolib 2018 / Le Nouvel Attila 2017

L'histoire : C'est dans le ventre de sa mère que Maryam vit les première heure de la révolution Iranienne... Quelques années après, ses parents, communistes, lui apprennent l'indécence de la propriété privée en l'obligeant à donner tous ses jouets aux enfants nécessiteux du quartier. Puis c'est l'exil en France. Celui du père tout d'abord, puis de la mère et de la fille qui le rejoignent ensuite. C'est son histoire romancée que Maryam Madjidi raconte ici.

 

Tentation : Pourquoi pas, et les prix gagnés

Fournisseur : Bib de Rennes

 

Mon humble avis : Un très beau premier roman, récompensé à juste titre, et une auteure très prometteuse. Je viens de découvrir qu'elle a publié un deuxième titre l'année dernière, je vais tâcher de le lire.

Ce qui m'a le plus touchée dans cette audiolecture, c'est la plume souvent poétique de Maryam Madjidi, et l'interprétation qu'elle fait elle-même de son oeuvre. Une voix chaude, une lecture qui accentue étrangement certaines syllabes, c'est étonnant mais très agréable et pénétrant.

La romancière écrit son histoire comme un conte... persan... La Perse est reconnue pour ses contes, aussi, nombre de chapitres s'ouvrent sur "il était une fois". Elle s'exprime tantôt à la première personne du singulier, tantôt à la deuxième, tantôt à la troisième, mais toujours pour décrire son vécu... De l'intérieur... et vu de l'extérieur.

Ce texte est évidemment très foisonnant et aborde de nombreux sujets autour de l'exil. Le déracinement, le manque, l'humiliation, la nouveauté, l'intégration, l'inclusion, l'assimilation. Ce sont ces trois derniers thèmes qui m'ont le plus interpelée et bouleversée, traités principalement via les premiers temps de Maryam à l'école française. Nous devenons Maryam, enfant en pays inconnu qu'il faudra adopter... dans les deux sens.

Arrivée en France, Maryam sera d'abord mutique... Elle sombrera dans le silence, se refusant à parler le Français.... Puis elle tombera en amour pour cette langue et reniera alors sa langue maternelle en la rangeant dans un tiroir aux oubliettes, tiroir qu'elle réouvrira des années plus tard. Maryam se réconciliera avec ses racines, appréciera la richesse de la double identité, et même son pouvoir de séduction.

Le récit n'est pas linéaire. Il est fait d'anecdotes ou de souvenirs marquant ou forts symboliquement, de retour au pays une fois majeure et d'autres voyages encore. Après des études à la Sorbonne, Maryam Madjidi est aujourd'hui professeure de Français en langue étrangère et une romancière à découvrir vraiment et à suivre. Et je dirais aussi qu'elle est surtout une voix. Alors si vous pouvez découvrir ce titre en format audio, je pense que vous l'apprécierez d'autant plus.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 26 Février 2022

Roman , Bénie soit Sixtine, Maylis Adhémar, avis, chronique, intégrisme catholique, religion, secte, traditionalisme religieux

Roman - Editions Pocket - 314 pages - 7.60 €

Parution Pocket Sept 2021, Julliard août 2020

L'histoire : L'avenir est tracé pour Sixtine. De famille catholique traditionnaliste, étudiante en histoire de l'art, Sixtine rencontre Pierre Louis lors du mariage de son amie Marie Sophie. Quelques mois plus tard, elle est mariée à Pierre Louis qui remplit toutes les coches nécessaires... Très vite, elle est enceinte et très vite elle déchante... D'autant que l'intégrisme absolu va mener au drame et que dans ce milieu, Sixtine n'a à priori d'autres choix que de se taire et subir... Sauf si elle se réveille, et se révolte... Le début d'un long chemin vers... la liberté et la vraie vie, celle faite de plaisir et de diversité.

 

 

Tentation : La blogo lors de la sortie d'origine

Fournisseur : La boite à livre en bas de chez moi

Mon humble avis : J'ai lu ce roman comme un thriller...Avec la même urgence, le même stress la même envie de savoir, la crainte d'un nouveau drame... Bref, c'est une lecture sous tension. Et pourtant, ce roman est tout sauf un thriller... Il raconte juste quelques années de la vie de Sixtine, une jeune femme sans histoire, convaincue d'être dans le vrai et le bon... Sauf qu'elle a grandi et qu'elle vit dans une famille catholique traditionnaliste et qu'elle se marie avec un jeune homme intégriste...  Et dans ce milieu, la femme ne vit qu'à travers son mari, n'est bonne qu'à pouliner (oui, il faut mettre au monde un maximum de croisés pour sauver la France et l'Eglise, mettre au monde l'élite de demain... A savoir tout de même, pour celles et ceux pour qui ces mondes seraient inconnus, que les communautés religieuses auxquelles appartiennent Sixtine, Pierre Louis et leur famille ne sont pas reconnues par l'Eglise Catholique et le Vatican. Elles ne reconnaissent pas l'autorité du Pape.

Je suis moi-même issue de famille catholique pratiquante, et une branche de ma famille est assez proche du traditionalisme. Je ne pensais pas découvrir grand-chose dans les comportements de gens dans ce roman, ni être atterrée à ce point... Pour info, je suis devenue athée, ou agnostisque, peu importe... Et dans ma famille, ma position est encore assez peu acceptée/comprise.

C'est une vie en vase clos qui est menée par ces familles, depuis l'école, les vacances, les fréquentations, les médias utilisés et acceptés etc... D'où il résulte une ignorance totale du mode de vie de la grande majorité des français, ce qui n'empêche pas un énorme mépris agrémenté de préjugés.

Le plus choquant je dirais, c'est que temps que nous évoluons avec Sixtine dans sa famille et sa belle-famille, on ne ressent aucun amour. Celui-ci est absent, même dans l'intimité du couple. Tout n'est que haine envers la différence, sentiment de supériorité, fierté, carcan, hypocrisie, représentation,  prière, pêché, pénitence et confession... Et surtout obéissance... Aucune humanité, aucun amour ni même dans leur religion... Aimer vous les uns les autres... Chez eux c'est plutôt dominez-vous les uns les autres...

Quelque part, malgré ses convictions profondes, Sixtine n'a pas choisi puisqu'elle n'a connu que ça et il lui faudra plusieurs années pour se sortir de tout cela et découvrir la vérité, avant de choisir la sienne. Se sortir de cet endoctrinement psychologique et religieux et être heureuse, sans avoir l'impression de vivre sans cesse dans le pêché. Accepter qu'elle puisse aider une réfugiée kurde et son enfant, même s'ils ne sont pas catholiques, sans aller contre le respect de la France.

Suite au drame... Sixtine va s'enfuir avec son fils... Et nous allons suivre pas à pas son chemin vers la vraie lumière, celle de la vie, qu'elle va parcourir avec des gens qui sont à l'opposé de ce que Sixtine a toujours connus, des gens chaleureux, qui, s'ils s'étonnent, ne jugent pas. Et elle découvrira un secret de famille bien enfoui, qui lui fera l'effet d'un tremblement de terre, qui achèvera à lui faire réaliser que toute sa vie et ses croyances étaient bâties sur un énorme mensonge. Elle va lutter entre son éducation et ses sentiments propres, qu'elle découvre, en vivant dans le monde.

Un livre à lire évidemment... En France et dans les médias, on n'évoque que l'intégrisme musulman, parce qu'il est international, dangereux dans ses actes, qu'il vient d'ailleurs et que donc... il nous dérange car ne correspond pas à notre sacro-sainte identité française. Mais l'intégrisme catholique est pour moi tout aussi dangereux, car une poignée de personnes se permet de parler et d'agir en mon nom, de vouloir me représenter, me sauver.... Moi, je ne veux pas être sauver par des gens qui n'ont que haine et mépris pour tout ce qui n'est pas eux... D'ailleurs, ce n'est pas la France qu'il faut sauver, mais le monde et la planète. Et tant qu'il y aura des intégristes comme cela (qu'ils soient "catho" ou islamistes) nous irons à notre perte. Tant qu'il ne pourra y avoir de vivre ensemble rien ne pourra fonctionner, d'autant que le nombre de territoires se restreindra de plus en plus avec le réchauffement climatique.

Maylis Adhémar est issue d'une famille tradi, dont elle a su s'extraire. Inutile de dire qu'elle connaît parfaitement son sujet, et qu'elle mène son récit d'une main de maître !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 24 Février 2022

Confession d'une radine, Catherine Cusset, avis, chronique, littérature

Roman - Editions Folio - 145 pages - 

Parution Gallimard en 2003

L'histoire : La narratrice (l'auteure ?!) est radine... Depuis toujours... Autant envers elle qu'envers les autres. Une radinerie qui commence dans l'enfance avec des rapineries pour posséder gratuitement, et qui adulte s'est transformée en obsession de la bonne affaire, de se faire inviter, de dépenser le moins possible et de tout calculer et prévoir. Elle se raconte donc...

Tentation : Ma PAL 

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : Voici un court ouvrage au sujet intéressant et original. La lecture est rapide est agréable, servie d'une plume fluide, une plume dont le soin est en adéquation avec le propos.

Au fil des pages, Catherine Cusset narre avec une réelle franchise l'un de ses traits de caractères et ses manifestations dans moult occasions et situations. C'est assez étonnant car évidemment, la pingrerie est considérée comme un gros défaut social et cela ne donne pas une image très reluisante de la romancière. Aussi, je dirai que cet écrit est assez osé et ne serait-ce qu'à ce titre, mérite d'être salué. C'est donc à une autocritique que nous avons affaire. 

Catherine Cusset constate et décrit cette mesquinerie dans les détails, et évidemment ses conséquences. Mais curieusement, elle n'analyse pas les faits, ne cherche pas des explications qui pourrait l'excuser. Elle ne cherche pas non plus un moyen de se défaire de ce vice qui, pourtant la rend bien souvent "malade". L'intérêt de ses diverses confessions est variable.

Mais mine de rien, cette lecture permet de se pauser et de se questionner sur son propre rapport à l'argent et sa potentielle radinerie, qui n'est pas toujours inhérente aux questions financières. Et voici mes conclusions personnelles : je pense être humainement généreuse (même si moins qu'avant... à force de se tromper), mais financièrement, je peux aussi me montrer radine dans certaines situations collectives et dans des achats pour moi... Me concentrant sur ce que j'estime nécessaire ou très agréable pour moi. En fait, je pense ne pas être obsédée par l'argent (peut-être parce qu'ai la chance de ne rien manquer de vital),  je n'envie pas la possession et je suis plutôt économe, sauf lorsqu'il s'agit, une fois par an, de parler vacances / voyage. Et encore, je reste toujours dans les possibilités de mes moyens

Je serais plus radine de mon temps je pense... Car mon temps est sans doute ce que j'ai de plus cher et je déteste le perdre tant il y a de choses que j'ai envie de faire sans en trouver le temps. Donc je n'aime pas qu'on me le fasse perdre, ni être interrompue dans mes occupations, cela me perturbe vraiment. Mais je ne suis pas avare de services ou de présence appréciée, tant que mon temps n'est pas perdu pour tout le monde. Je ne supporte pas que l'on veuille me payer ou compenser un service rendu... Catherine Cusset, ça ne la dérange pas. Donc ça va, je reste fréquentable !

Vous voyez, une lecture qui permet de réfléchir un peu et de se poser de bonnes questions.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 16 Février 2022

Sorj Chalandon, roman, une promesse, avis, chronique

Roman - Editions Livre de Poche - 224 pages - 7.70 €

Parution Grasset 2006, Livre de Poche 2008

L'histoire : Dans un village de Mayenne, chaque jour, ils sont sept amis à se relayer pour passer dans une maison à l'orée du bourg, chacun avec une mission, un rituel... Ensuite, ils se retrouvent au café, pour partager "le verre de  promesse".

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

 

Mon humble avis : Comme j'ai aimé ce livre, comme il me tardait d'y retourner... malgré sa relative lenteur, malgré le fait qu'il n'y s'y passe rien de grandiose ou d'extraordinaire... Juste la vie qui va... qui s'en va... qui continue.

"Une promesse" m'attendait dans ma PAL depuis longtemps, et je m'en suis saisi sans relire la 4ème de couv'... Je suis donc allée de découverte en découverte, me demandant jusqu'à mi parcourt où Chalandon voulait bien me mener, s'il y avait réellement un aspect trompe l'oeil ou pas.

Chalandon nous parle de la terre profonde, celle où l'on vit simplement un peu isolé avec les siens, ceux que l'on retrouve au bistrot. Mais de cette terre, émane le souvenir amer de la mer qui a englouti les hommes au loin, et que l'on a fui.

Au fil des pages, de façon non linéaire, on découvre chacun des protagonistes : leur vie et leurs bagages, les liens entre eux, qui remontent pour la plupart à l'enfance... Et ce qui les unissent aux habitants de cette fameuse demeure. Chaque portrait s'étoffe donc au fur et à mesure des chapitres, et nous offre à connaître des hommes et femmes attachants, avec leurs forces, leurs fragilités. Il est aussi question de légendes qui pourraient être vraies pour qui aime y croire, comme un pied de nez à l'inéluctable. 

J'ai particulièrement aimé la langue, les mots de Chalandon. Parfois minimaliste, à l'image des personnages, Chalandon ne parle pas pour ne rien dire et l'on est au pays des taiseux. Les noms communs deviennent complément sans article. Les objets, leurs utilisations disent souvent plus que les paroles et les mots. Avec eux se dévoile ce que voudraient peut-être cacher les hommes.

Comme on le sait, avec Chalandon, ce n'est pas un roman gai, mais il n'est pas plombant... Au contraire, je l'ai trouvé lumineux. Une très belle histoire d'amitié, de respect, de fidélité, d'entre aide, de partage, de transmission, d'acceptation des différences, et ce, sur plusieurs décennies (même si le centre de l'histoire se déroule sur quelques mois, les flash-back nous emmènent bien avant hier). Un texte qui dit aussi l'importance des rites et rituels pour prolonger le passé, ne pas l'oublier, lui donner encore vie... quelque temps.

Magnifique ! Profondément humain, sensible et intelligent... Très bien mené.

(Prix Médicis 2006)

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 29 Janvier 2022

Roman Blizzard de Marie Vingtras avis chronique

Roman - Editions de l'Olivier - 182 pages - 17 €

Parution le 26 août 2021 : Rentrée littéraire 

L'histoire : En Alaska, en plein blizzard ! Dans la nuit, une femme tient un enfant par la main. Bess le lâche un instant, le temps de renouer son lacet. Quand elle se relève, l'enfant n'est plus là et l'on n'y voit pas à un mètre... Elle se lance à sa recherche, ainsi que trois hommes qui se sont aperçus de leur absence de la maison. Le temps presse, c'est une course effrénée contre la mort certaine et les éléments déchaînés. Mais ces derniers sont ils les plus dangereux ?

Tentation : La blogo

Fournisseur : Luocine, merci pour le prêt !

 

Mon humble avis : J'ai tellement lu de billets enthousiastes sur ce roman à travers la blogosphère que j'ai l'impression que tout ou presque a été dit à son propos et je me retrouve bien embêtée.

C'est un premier roman, et chapeau ! L'auteure met la barre très haut avec ce roman très bien ficelé et pensé (j'admire l'imagination des auteurs et me demande souvent quelle en est la source).

Ce n'est pas un thriller, et pourtant, il en a la veine et le rythme... Un presque huis clos extérieur, prisonnier d'un blizzard qui souffle à ne pas mettre ni un pied, ni un chat dehors. Alors pourquoi Bess et l'enfant sont-ils sortis ? Et qui sont ces hommes qui partent à leur recherche ? Quels liens unissent ces quelques personnages ?

C'est ce Marie Vingtras nous dévoile au fil des courts chapitres, où elle donne la parole à tour de rôles à chacun des protagonistes. Nous découvrons alors leurs "bagages", leurs secrets, leurs tourments, leurs traumatismes, la raison de leur présence dans ce lieu perdu et hostile. Ils sont tous très humains dans leur complexité, pour le pire comme pour le meilleur. A travers eux, la romancière aborde nombre de sujets...

Je n'ai pas eu la surprise du choc de ce roman, tant la blogo m'en a avertie ! Mais j'ai adoré et je suis restée bien captive de ce blizzard, où la tension monte crescendo au fur et à mesure que le danger augmente. Les personnages sont bien campés et creusés, et j'ai eu un faible pour le vieux Freeman, dont le rôle dans cette histoire n'est révélé qu'à la fin. Quant à Bess, elle est bien plus touchante qu'elle ne le paraît au premier abord. A lire de toute urgence, avant que ne fonde la neige ! Ou alors, attendez une bonne période de canicule et prenez ce titre comme un rafraichissement ! Bien pensé, bien écrit, efficace, original, captivant.

L'avis de Luocine, de Keisha , de Krol, d'Aifelle

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 20 Janvier 2022

Roman - Editions J.C Lattès - 320 pages - 19.90 €

Parution le 5 mai 2021 

L'histoire : Un hôtel club familial sur la côte basque, fin juillet ! Les vacances battent leur plein, au rythme des animations, des spectacles, des séances de sport, du farniente sur la plage, du club enfant et de la file d'attente au buffet pour les repas. Trois familles arrivent, et rien ne semble se passer comme prévu... Puisqu'ils ont emmené leur soucis inavoués et leurs secrets dans leur valise. Et puis il y a Germain, responsable de l'accueil, qui tente de faire au mieux pour tout le monde, en oubliant de commencer par lui. Ce sont donc quatre solitudes qui n'aurait jamais dû se rencontrer, et une belle histoire d'amitié et de rédemption.

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : la bib de Dinard 

Mon humble avis : Voici un roman sympa que j'ai pris plaisir à lire, un roman simple, que l'on pourrait presque qualifier de convenu... Mais qui fait du bien, qui divertit et repose. Paru en mai dernier, il était manifestement destiné à être lu sur une plage ou au bord d'une piscine. Dans un lit en janvier, c'est très bien aussi.

Nous suivons trois familles, pour qui les vacances en hôtel club sont une première. Il y a Chantal, grand-mère obsédée par le sport et ses deux petits-enfants. Il y a Matthias, monoparental avec ses deux filles. Il ne lâche ni son portable ni ses chaussures du cuir, il est lié corps et âme à son travail. Enfin, Fanny et Victor sont accompagnés de leurs deux enfants, dont Margaux, adolescente. Enfin, Germain, animateur responsable de l'accueil observe et subit tout ce petit monde de près ou de loin. Réservé, il peine à s'intégrer dans l'équipe d'animation et ses collègues le malmènent. 

Dans ces trois familles, seuls les enfants sont aux anges dans ce lieu qui est pour eux idyllique : piscine, plage, club enfants/ado et plein de copains et copines. Les adultes se montrent tout d'abord très frileux et critiques face à cet environnement qui fourmille et au concept de vacances assistées prêtes à l'emploi.

Pour ma part, j'aime les vacances en club. Je ne les ai pratiquées que 4 ou 5 fois ces 25 dernières années. Mais j'y apprécie la multitude d'activités, de me mettre les pieds sous la table, de choisir de participer ou non, voire de ne rien faire ou de m'échapper. 

Chaque chapitre, qui se passe dans un endroit différent du club (plage - bar - Piscine - chambre - accueil) s'attarde sur une famille ou l'un de ses membres. Evidemment au fil de la semaine, malgré leur réticence d'origine, ils vont se rapprocher les uns et les autres et se mêleront au coeur d'un même chapitre. On ne se livre jamais autant qu'auprès d'un inconnu... Aussi vont ils se dévoiler au fur et à mesure, écouter l'autre et considérer son avis... Et ainsi trouver des remèdes, ou une amorce de remède, voire un tournant définitif pour certains, à leurs problématiques personnelles... Ces dernières sont amenées subtilement au fil des pages, ce qui fait que les personnages gagnent en profondeur au fur et à mesure, et l'histoire, en épaisseur.

Adèle Bréau croque avec finesse ses protagonistes, et dresse un portrait social de la clientèle de ce type de structure. Ca reste succinct, puisque nous sommes avant tout dans une lecture divertissante, mais c'est bien vu.

Et surtout, elle nous dit de ne jamais oublier de prendre un autre point de vue sur sa vie, celui de l'autre, de l'entourage ou même de l'inconnu, de ne pas rester bloquer dans ses certitudes et ses carcans. Un des personnages étant en fauteuil roulant, il est aussi question de handicap, du regard des autres, des idées reçues etc...

Une lecture que je conseille entre deux autres cérébralement plus exigeantes. J'ai vraiment bien apprécié, car tout est bien ficelé et conclut !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 14 Décembre 2021

Roman - Marie-Virginie Dru, Aya, Sénégal, Casamance, avis, chronique, critique

Roman - Editions Mon Poche - 227 pages -7.70 €

Parution Poche juillet 2021 / Albin Michel 2019

L'histoire : Sur une île de Casamance (Sénégal), Aya a 12 ans... Son père est mort noyé lors du naufrage du Joola, son frère est parti cherché une vie meilleure ailleurs pour aider financièrement sa famille, et sa mère a perdu l'esprit. Aya est donc une proie facile pour son oncle Boubacar, qui régulièrement, abuse de sa nièce... Jusqu'à "l'enceinter"... Aya doit fuir son village... Récemment une journaliste Toubab lui a parlé de "La maison rose", à Dakar... Qui accueille les enfants des rues et jeunes filles comme elles... C'est dans cette Maison rose, qu'en donnant la vie, Aya renaîtra.

 

 

Tentation : Le titre

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : Encore un roman que j'ai acheté essentiellement pour son titre : Aya... Qui est le nom que j'ai donné à la première minette que j'ai adoptée il y a 8 ans, alors que je venais de lire la série BD Aya de Yopougon.

J'ai donc appris dans ces pages, qu'Aya signifie "jeudi" en Wolof.

Aya... Quel beau roman, simple, très touchant et aussi bouleversant, mais surtout sincère. Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu autant hâte de retrouver mon livre et son héroïne, à laquelle on ne peut que s'attacher et dont on ne peut qu'admirer la force de caractère et de résilience.

Aya n'est encore qu'une enfant lorsqu'elle se retrouve engrossée par son oncle dont elle est l'obsession. Bien entendu, à son âge et là où elle vit entourée de traditions, Aya ne sait rien de ces choses-là, qu'elle ne comprend pas... C'est forcément un châtiment d'un mauvais esprit ou de Dieu... Sur son chemin, elle croise Camille, journaliste photographe, avec qui elle se lie d'amitié, et à qui elle fait visiter son ile... Camille voit bien qu'Aya n'est pas au mieux de sa forme et l'emmène au dispensaire, juste avant de reprendre l'avion...  Aya vivra quelque temps seul avec son secret qu'elle peine à admettre et à se figurer pleinement... Jusqu'à ce qu'elle en parle à Madeleine, sa voisine, qui lui dit : Pars, va dans cette Maison rose, je m'occuperais de ta mère.

C'est dans cette Maison Rose qu'Aya va trouver de l'amour, de la compréhension, de l'accompagnement, du dialogue, des confidentes... et la confiance en elle va de nouveau s'immiscer. De cet enfant dont elle ne voulait pas, Aya tombera en amour fusionnel dès sa naissance... Elle n'a que 13 ans lorsque d'enfant, elle devient mère... et donc avec des responsabilités d'adultes et de choix à faire... Mais Aya a fait son choix : vivre, être libre, s'assumer, que son fils soit fier d'elle.

C'est un très beau portrait de jeune fille que nous propose ici Marie-Virginie Dru. Une jeune fille qui vit si loin de nous et qui survit à l'indicible. Mieux même, elle renaît avec son fils. Aya est à la croisée des chemins, dans son mode de pensée qui aborde tout juste l'adolescence alors qu'elle a grandi si vite, en brûlant les étapes malgré elle.

Et puis il y a la Casamance, où Marie-Virginie Dru nous emmène, où elle nous donne à voir, à observer, à sentir, à ressentir, à vivre le quotidien comme l'exceptionnel avec la cérémonie d'initiation des grands garçons... Bref, pour nous, l'exotisme. Une Afrique de ferveur et de fragilité, ou le temps semble passer sans heurts mais qui n'offre pas une vie simple ni un avenir radieux... Alors il est aussi question des migrants, avec Djibrill, le frère d'Aya, parti depuis longtemps, de nuit sur un bateau.

L'écriture est simplement belle, fluide et parsemée de poésie. J'ai juste un petit bémol sur le style... La narration est à la troisième personne du singulier, et de temps en temps, à la première personne, par la voix d'Aya... Je n'ai pas saisi le pourquoi de ce changement, à part peut-être la recherche d'une originalité, mais qui pour moi n'étais pas nécessaire.

Un beau roman, triste et heureux, qui malgré les épreuves et la cruauté de la vie, développe une belle espérance. Et une héroïne que l'on n'oublie pas, pour qui l'on garde une place chaude dans notre coeur et notre esprit, pour elle, et toutes les petites filles qui, de par le monde, vivent les mêmes épreuves qu'Aya. J'ai beaucoup aimé.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Novembre 2021

Roman, Vanda, Marion Brunet, avis, chronique, blog

Roman - Editions Livre de poche - 224 pages - 7.40 €

Parution Livre de Poche mars 2021, Albin Michel 2020

L'histoire : Vanda est une fille écorchée et un peu paumée qui vit avec son fils de 6 ans, Noé, dans un cabanon de bord de plage près de Marseille. Elle se rêvait artiste, elle est femme de ménage dans un hôpital psychiatrique. Entre son fils et elle, c'est l'amour fou, fusionnel, exclusif.

Après 7 ans d'absence, Simon revient de Paris pour enterrer sa mère. Il revoit Vanda, qui lui apprend qu'il est le père de Noé, dont il ignorait même l'existence.

 

 

tentation : la blogo

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis :  Il semble que je sois à contre-courant sur ce roman... j'en ai lu des avis élogieux sur la blogosphère et, sur les réseaux, Vanda est bien "noté". Pour moi, c'est la douche froide, une lecture que je n'ai pas appréciée, même si j'ai avalé les cinquante premières pages, la suite fut laborieuse pour moi, étouffante et révoltante...

Le bandeau annonce "bouleversant" et "poignant". Ce n'est pas du tout ce que j'ai ressenti. Au fil des pages, je n'ai été que colère et agacement envers cette Vanda, pour laquelle je n'ai développé aucune empathie ni sympathie, ni même pitié, ce qui forcément, m'empêche le plus souvent de vivre une lecture.

La quatrième de couv parle d'un amour fusionnel entre la mère et son fils qu'elle protège comme une louve... Protéger ? Elle veut juste le garder rien que pour elle... Car pour moi, aimer et protéger, c'est prendre soin, c'est protéger réellement des dangers, s'assurer qu'il ne manque de rien d'essentiel, faire passer l'intérêt de l'autre avant le sien... Et surtout lorsqu'il s'agit d'un enfant qui compte sur vous, et dont l'avenir dépend de vous. Mais Vanda refuse toute aide, ne conçoit pas de vivre dans un logement décent... et vit comme une adolescente attardée.... Son fils dort dans le coffre de la voiture pendant que Vanda picole en boîte... Et le lendemain, il attend midi que sa mère émerge de sa gueule de bois... Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Donc non, je n'ai pas aimé ce personnage égoïste, irresponsable et inconscient... Les quelques bribes de son passé qui nous sont données par la romancière ne me suffisent pas à lui accorder des circonstances atténuantes. Vanda m'a agacée, révoltée et j'aurais aimé lui balancer quelques paires de baffes et seaux d'eau froide. Et que dire de son "entourage"... Ces fréquentations, les riches propriétaires de villa près du cabanon, l'institutrice... Pas un seul adulte pour s'inquiéter un tant soit peu du sort du gamin.

Et puis pourquoi annonce-t-elle à Simon qui est le père de son gamin, si c'est pour après craindre que celui-ci s'immisce dans sa vie... Comment peut-elle imaginer qu'une telle annonce reste sans effet ? Ca me dépasse.

Simon, on s'attache un peu à lui, mais pas au point de l'aimer franchement. Il pleure sa mère alors qu'il n'est pas venu la voir depuis des années. Il manque de consistance...

Toute cette histoire se déroule sous fond de crise et de manifs de Gilets jaunes.

Je n'ai pas adhéré non plus à l'écriture de Marion Brunet. Un mélange de langage soutenu et de langage très très familier... Les doubles négations sont absentes et cela me dérange quand c'est en dehors des dialogues et que le personnage principal n'est pas le narrateur...  Et puis beaucoup d'agressivité, et des répétitions dans les gestuelles et les pensées des personnages, cela devient vite lassant.

Certes, il y a quelques beaux passages et quelques réflexions sensées sur l'injustice de notre société actuelle, bien que là aussi, il y ait du tri à faire, les allégations étant souvent à charge et sans nuances envers le système, n'offrant qu'un point de vue (je pense notamment aux descriptions de manifs).

Bref, c'est péniblement que je suis arrivée au bout du roman, espérant une lumière qui aurait pu éclairer l'histoire et peut-être la rendre belle, mais même pas. Une fin triste à mourir et aussi sombre que le reste.

Bref, tout ça pour ça. Une rencontre complètement ratée pour moi et une histoire qui, au final, n'apporte rien à mes yeux.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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