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Publié le 5 Mars 2009

Résumé : Cape Cod, été 1976, comme chaque année, Franck, son épouse Paulette et leurs trois enfants passent leurs vacances dans la demeure familiale. C'est à la plage que Franck est frappé par l'apparence de sa fille. A treize ans, Gwen a encore la taille d'une fillette...

Le diagnostic est sans appel : Gwen est atteinte du syndrome de Turner. Elle ne grandira pas et restera a jamais prisonnière de son corps d'enfant. Pour tous, ce verdict signe la fin des jours heureux.

Vingt ans plus tard, à nouveau réunis dans la villa de Cape Cod, les membre de la famille, un à un, tentent une dernière fois d'accepter - et de faire accepter - leurs choix d'existence.

Nouveauté Michel Lafon, sortie en février 2009







                                          

Mon humble avis :Quel magnifique roman qui, sur une trame dramatique parvient à insuffler des vents d'optimisme multicolore ! Et pourtant, d'après la 4ème de couverture, je m'attendais à un mélo.... Que nenni. Mais parlons en de cette quatrième de couverture. Elle est bien curieuse et peu courante. Elle nous parle des 40 premières pages et... des quarante dernières sans bien sûr livrer le dénouement !
Le roman porte donc sur l'entre les deux....

La famille, c'est Franck et Paulette (étrange prénom d'ailleurs pour un roman américain), les parents. Ensuite, viennent les enfants, Billy, Gwen, et Scotty.... Et la découverte de ce terrible syndrome qui va conduire la famille à l'explosion. Le divorce tout d'abord... Paulette reproche à son mari Franck, scientifique dans la recherche très renommé, de ne voir dans sa fille qu'un cas de laboratoire....  Franck pense que Paulette refuse la vérité, vie dans le déni... Puis les enfants grandissent... Tout le monde s'éloigne géographiquement, relationnellement, sentimentalement.

C'est donc ces 5 destins que l'auteure nous conte. Cinq vies qui au début, tout reliait et qu'au fil du temps, tout ou presque sépare. Chaque personne vit ses joies, ses peines, ses fiertés, son hontes, ses erreurs, ses regrets, ses craintes, ses réussites, ces échecs, ces doutes.
Il y a aussi la jalousie de l'un envers en frère à qui tout réussi, l'exaspération d'un fils envers son père pour qui il ne sera jamais assez bien, la honte de celui qui se pense raté car négligé, le sujet tabou de la maladie de cette petite soeur ultra couvée par une mère qui effectivement, ne la voit pas grandir.  Et le pire, comme le fait comprendre l'auteur, c'est que toutes ces rancoeurs, rancunes, remontrances se font en silence, dans le non dit. Tout est cloisonné. Rien est avoué donc tout est mal compris par l'autre.

Je me suis interrogée sur le titre (le même qu'en Anglais), "La condition"....
Est ce la condition ressentie par chacun comme essentielle pour se sentir aimé, aimable, réussi...
Ou est-ce la condition unique à tous pour se sentir aimé, compris... Cette condition serait l'amour, la tolérance, la communication et surtout, le respect des différences... (Bon pas très uniques mais un peu redondantes ces conditions ). Donc condition individuelle ou collective ?
Bien sûr, on se demande comment l'écrivaine va s'y prendre pour réunir tous ces protagonistes. Mais ça, bien sûr, je ne vous le dirai pas.
En tout cas, c'est dans un style très fluide, sans vulgarité (quel bonheur !) et pas prétentieux non plus que Jennifer Haigh nous dresse le portrait attachant de ces 5 personnes qui au fil des pages, acceptent leurs erreurs, en font d'autres, en pardonnent, ou n'en pardonnent pas,  s'ouvrent aux autres et trouvent, une voie, leur voie ou une nouvelle voie... Ainsi, l'on comprend qu'il n'y a pas qu'une seule recette pour réussir son bonheur, et encore moins qu'une seule vitesse pour y accéder. Chacun son rythme, sa façon, chacun sa définition, mais pourquoi le bonheur ne serait réservé qu'à certaines personnes... ?

Comme vous le voyez, je parais intarissable sur "La condition". Beaucoup trop de choses à dire sur le livre mais qu'il me faut taire pour garder la part du mystère. Vous devrez donc lire ce livre. La majorité d'entre nous ayant la chance d'avoir une famille, je pense aussi que chacun des lecteurs se sentira concerné d'une façon ou d'une autre, par un personnage ou un autre.
Conclusion : Un très beau roman, une histoire magistralement traitée, avec beaucoup de tact et de finesse dans l'analyse des personnages, des rapports humains et familiaux... 

L'avis de Lou, de Cuneipage,

Et de Cathulu, de Schlabaya


Une fois de plus, je remercie Silvana Bergonzi et les Editions Michel Lafon pour cette formidable lecture.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 3 Mars 2009

Résumé : Qu’un roman historique parvienne à reconstituer une époque à travers son langage, ses costumes, ses habitudes alimentaires, c’est impressionnant, mais qu’il réussisse en plus à faire revivre un univers olfactif, jamais une telle gageure n’avait été tentée. À travers l’histoire passionnante de Jean-Baptiste Grenouille, meurtrier doté d’un odorat exceptionnel, c’est tout le XVIIIe siècle français qui ressurgit miraculeusement préservé, des parfumeries de Grasse (l’auteur a fait ses études à Aix-en-Provence) à la puanteur des bas-fonds de Paris. Monstre et génie, rêvant de dominer le monde et d’égaler Dieu grâce à son don si particulier et à son absence totale de scrupules, le personnage de Grenouille est inoubliable, entraînant le lecteur par le bout du nez dans des tribulations surprenantes et drôlatiques jusqu’à une chute plutôt inattendue. Ce premier roman a été, dès sa parution, un succès mondial.


                                           


Mon humble avis : Certes, il y a une part de génie que je ne renierai pas dans ce roman. La description du Paris du 18ème siècle et bien sûr, l'idée, la trame de ce roman : les odeurs et le héros, un  tueur particulièrement diabolique et olfactif ! Mais, mais...
Déjà, mes lectures m'emmènent rarement dans ces époques historiques car j'y trouve en général les descriptions longues et ennuyeuses (même si bien faites, ça, c'est mon côté contradictoire). Ce livre n'y fait à mon avis pas exception. Je m'y suis souvent lassée, mais bien élevée que je suis, je n'osais passer des pages. Et pourtant, comme l'action y est lente. Mais comme d'habitude, on poursuit sa lecture jusqu'à la fin qui elle aussi, vous déconcerte. La majorité des lecteurs a trouvé ce livre envoûtant et proche du chef d'oeuvre. Les seuls parfums que j'ai humé dans ce livre furent l'ennui, l'agacement et le dégoût. Car l'auteur ne nous épargne pas le moments glauques. J'attendais beaucoup de ce livre best seller, j'en fus pour mes frais et comme souvenir, en garde une affligeante déception et une grande intérogation : qu'est-ce qui a généré un tel engouement pour ce roman ? 
                                                                                             
                                                                                      


 

                                                                                                

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Février 2009

Résumé : " A moi pour toujours " : tel est le billet anonyme que trouve Sherry Seymour dans son casier de professeur à l'université un jour de Saint-Valentin. Elle est d'abord flattée par un message qui tombe à point nommé dans sa vie routinière : son couple fatigué, son père malade et son fils unique de plus en plus distant. Mais cet admirateur secret obsède Sherry. Une situation d'autant plus troublante qu'elle est alimentée par le double jeu de son mari. Sherry perd vite le contrôle de sa vie faussement équilibrée. La tension monte jusqu'à l'irréparable. Laura Kasischke déploie tout son talent pour peindre une réalité américaine dans laquelle tout, y compris le désir, semble bien ordonné. Une réalité où quatre mots suffisent cependant à ébranler de manière irréversible la vie des personnages.


                                   
Mon humble avis :Je devrais vraiment apprendre à me méfier du côté gling gling des couvertures des livres et des quatrièmes de couv' (les résumés)... "A toi pour toujours" est ma dernière lecture de la sélection de février pour le Prix des Lecteurs Livres de Poche. Je l'avais gardé "pour la fin, pensant y trouver une réelle distraction et un certain "repos" et pourquoi pas un petit côté thriller.

La couverture rouge, un coeur, un titre captivant, un résumé alléchant mais aucune mention "Attention, certaines scènes peuvent être choquantes..."  Rien que de penser que des gamines de quinze ans pourraient choisir ce livre chez un libraire pour les mêmes que moi me révulse, me révolte...
Ces derniers temps, j'ai utilisé quelques métaphores alimentaires remarquées pour m'exprimer sur mes lectures. Je poursuis donc dans ce sens. Ici c'est l'énorme Cheeseburger dégoulinant de ketchup qu'il vous faut visualiser. Jusqu'au trois quart du livre qui fait tout de même 376 pages, ce roman paraît énorme, impossible à avaler... Mais en fait, il n'y a rien dedans, ce n'est pas nourrissant, même pas appétissant... Le ketchup déborde juste pour attirer l'attention et détromper votre ennui.

Tantôt, j'avais l'impression d'avoir un prof d'histoire de l'art qui me décriptait un de ces canevats ringards de scène de chasse, d'automne, d'hiver, de jardin.... bref, de la description gnangnan. Et l'instant d'après, je me retrouvais mal à l'aise, à  "lire un film" pornographique. Les scènes sexuelles sont nombreuses, scabreuses, malsaines, ne nous épargnent aucun détail sans utilité. D'où ma colère que ce livre soit ainsi envoyé ou accessible à n'importe quel adolescent. Ils devraient être rangé dans le rayon "lecture adulte, spécialisée, érotique, pornographique", n'importe où mais pas dans romans étrangers...

Le style d'écriture n'est pas mauvais mais relativement  banal en fait. Trois paragraphes pour décrire une robe, dix pour décrire le jardin, j'avoue, j'ai passé des paragraphes. Il semble que Laura Kasischke ait vraiment voulu donner du volume à son roman. Pour cela donc, descriptions à répétition, flashback sur des souvenirs qui agacent le lecteur. Il semble que même par moment l'héroïne ne sache plus quoi dire pour remplir les pages. Du coup, elle"manque de s'évanouir" à tout bout de champs, à tout coins de tables....

Mais il y a tout de même une petite leçon de moral à l'américaine... Qui croit pouvoir jouer à la liberté sexuelle, se dire un couple libre, répondre au fantasme de l'autre, de soi même, bref d'on ne sait plus qui, mais on finit par se brûler les ailes voir plus.... On ne sait jamais avec qui l'on vit et vive la communication !
La narratrice nous livre tout du  long de l'histoire ses doutes, ses réflexions sur son âge, son mariage, la vie qui passe, son fils qui grandit et s'éloigne, son plaisir de plaire, sa crainte de ne plus plaire, l'usure du temps sur chaque aspect de la vie... Elle  ne sait plus différencier ses envies des fantasmes de son mari, son amour pour son mari et sa soumission a un jeu malsain. Ça je veux bien l'entendre, enfin, le lire ! Ca peut effectivement être prétexte à l'écriture d'un roman. Mais participer presque visuellement, olfactivement, tactilement (...)à ses exploits ou ébats sexuels conjugaux ou extraconjugaux... Ça m'a plutôt dégoûtée.

En tout cas, une auteure que je mets dans ma black liste. Mais, comme je suis honnête, j'avoue que je voulais connaître l'issue de cette situation scabreuse. Mon intérêt éveillé 100 pages avant la fin bluffante et les rebondissements inattendus me permettent d'ajouter un peu  d'indulgence et d'attribuer un certain talent à cette auteure en cette fin de billet (billet qu'exceptionnellement, j'ai écris au fur et à mesure de ma lecture)


                                           livre lu dans le cadre de
                                                    

Les avis très positif de
Brume, plutôt positif de Fleur 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Février 2009

Résumé : "En un éclair Lady Slane sentit que le puzzle éclaté de ses souvenirs venait de se reconstituer... Elle se retrouva sur la terrasse de la villa indienne désertée... Elle appuyait ses bras sur le parapet brûlant, faisant pivoter lentement son ombrelle...
Cinquante ans plus tard... Le jour même de la mort de son mari Henri Holland, comte de Slane, ancien vice rois des Indes, ambassadeur et ministre, Lady Slane décide de vivre sa vie. Elle a quatre-vingt huit ans. Lady Slane surprend son entourage en se retirant à Hampstead. Dans sa nouvelle demeure, toute passion abolie par l'âge et le choix du détachement, Lady Slane de sent libre enfin de se souvenir et de rêver. Elle ne sera entourée que de quelques personnes de son choix : sa vieille dame de compagnie, son propriétaire, un plombier et une très vieille connaissance qui resurgit d'un passé enfoui.



                               

Mon humble avis :  C'est un récit à la troisième personne du singulier. Alors que Lady Slane veille son défunt mari, au rez de chaussée, ses enfants décident de son avenir et des questions financières en jetant la pierre à la soeur ou au frère aîné. Ce début donne lieu à une critique acide de ces familles aristocratiques anglaises qui, bien que plutôt désargentées, restent fières de leur titre et de leur rang. Mais Lady Slane a décidé, pour la première fois en 70 ans, de prendre sa vie en main, de choisir, de ne plus subir, sous le regard interloqué de son immonde descendance.

Elle emménage donc dans une simple demeure accompagnée de sa servante, bien décidée à profiter comme elle le souhaite du répit de vie qui lui est donné. Je m'attendais alors à plus de fantaisie de la part de l'héroïne dans cette liberté nouvelle. Et bien non. Lady Slane est d'un calme olympien et en paix avec elle même. Car alors, elle se souvient... Elle se souvient de son mariage qui, très jeune, l'a mise dans les bras de lord Holland, qui allait devenir vice président des Indes... Toute sa vie durant, elle remplira à merveille son rôle de Lady, admirée de tous,  et se pliera au protocole lié à la position de son mari. Elle sera mère aussi d'une ribambelle d'enfants. Ses rêveries sont tantôt teintées de mélancolie, de nostalgie, de peine, d'amour, de poésie, de regret (mais jamais de rancoeur), de frustration devant une vocation inaboutie, car son mariage a "aboli sa vocation".

C'est un récit tout en douceur et en pudeur (avec quelques toutes petites longueurs pour être honnête) , un style d'une élégance extrême qui ne trahit ni la position sociale de Lady Slane ni son immense humanité. Ce roman date des années 30. Aussi en tant que lectrice et femme du vingt et unième siècle, il m'apporte sujet à réflexion sur la condition des femmes de la haute société de ces époques qui, même si elles vivaient dans l'opulence, renonçait souvent en silence à être elles mêmes.

Mais en fait, pour être honnête, j'aurais préféré ne pas lire ce livre mais le vivre. Si l'occasion et la réalité m'en avaient donné l'occasion, j'aurais adoré passé un dimanche calme et serein, auprès de la cheminée avec une tasse de thé. A mes côtés, Lady Slane m'aurait fait ces confidences rien que pour moi. Elle m'aurait conté sa vie, son destin si riche et peu banale et son âme si simple et pure. Et je l'aurais écouté toute l'après midi, m'enrichissant de chacune de ses paroles, tant en faits historiques, qu'en leçons de sagesse et surtout, oui surtout, de liberté. La liberté, il n'est jamais trop tard pour en jouir. 

                                         livre lu dans le contexte :
                                                 
Les avis 
de
Lune de Pluie et de Fleur

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 19 Décembre 2008

Résumé : En Tasmanie, de 1975 à 1990.
Totalement dévouée à son travail de grand reporter, Stella Boyd mène une vie trépidante, voyageant d'un pays à l'autre, au gré des événements qu'elle couvre. Toujours entre deux avions, elle oublie qu'elle se sent parfois seule. Et surtout, elle oublie le drame qui a marqué sa jeunesse. Un jour, alors qu'elle est en reportage en Ethiopie, un fax lui parvient. Six mots qui vont faire voler en éclats le fragile équilibre de sa vie : « Ton père a disparu en mer. »Stella décide alors de prendre le premier avion pour la Tasmanie. Sur place, elle retrouve sa mère qu'elle n'a pas vue depuis quinze ans. Et tous les souvenirs qu'elle a voulu fuir : son père, pêcheur rugueux et tyrannique, qui faisait régner la terreur dans son foyer ; Zeph, jeune marin libre et intrépide, qui fut son seul amour ; et cet été fatidique où elle dut prendre la décision la plus douloureuse de sa jeune vie…

                                   

Mon humble avis : Le nom d'un auteur n'est hélas pas forcément gage de qualité. De katherine Scholes, j'avais dévoré l'extraodinaire aventure africaine de
"La reine des pluies". Aussi, étais-je impatiente de m'immerger dans "La femme du marin" et de "visiter" cette région si lointaine et méconnue qu'est la Tasmanie.
Mon enthousiasme fut de courte durée. Ce roman est un véritable mélo, prévisible à souhait... L'histoire d'une vie et d'un amour gâchés par des parents trop autoritaires. Ca c'est un résumé ! Par contre, si vous voulez des détailles indigestes, lisez ce livre, il en foisonne : les recettes de cake de tante machin, la vaisselle en porcelaine de la famille truck, le pull marin de feu bidule, la superbe nappe orange que Stella n'avait encore jamais vu. Quant à la Tasmanie, on en découvre quelques criques, un village perdu, rien d'autre. Bref, une bien triste histoire, avec juste quelques scènes bien écrites et poignantes mais une impression d'ensemble "culcul la praline" comme on dit chez moi. Mon impatiente à découvrir ce livre fut dépassée par celle de le finir au plus vite !


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Rédigé par Géraldine

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Publié le 13 Décembre 2008

Résumé : En persan, Syngué sabour est le nom d'une pierre noire magique, une pierre de patience, qui accueille la détresse de ceux qui se confient à elle. Certains, dans ce livre en tout cas, disent même que c'est elle qui est à La Mecque, et autour de quoi tournent les millions de pèlerins. Le jour où elle explosera d'avoir ainsi reçu trop de malheur, ce sera l'Apocalypse.

Mais ici, la Syngué sabour, c'est un homme allongé, comme décérébré après qu'une balle se soit logée dans sa nuque sans pour autant le tuer. Sa femme est auprès de lui. Elle lui en veut de l'avoir sacrifiée à la guerre, de n'avoir jamais résisté à l'appel des armes, d'avoir été un héros, et pour ce résultat : n'être plus à la suite d'une rixe banale qu'un légume. Pourtant elle le soigne, et elle lui parle. Elle lui parle même de plus en plus. Tandis que dans les rues les factions s'affrontent, tandis que des soldats pillent et tuent alentour, elle parle, elle dévide sa litanie sans jamais savoir si son mari l'entend et la comprend. Et c'est une extraordinaire confession sans retenue par quoi elle se libère de l'oppression conjugale, sociale, religieuse, allant jusqu'à révéler d'impensables secrets dans le contexte d'un pays semblable à l'Afghanistan. A la fin du livre cette Syngué sabour explosera...

                        

Mon humble avis: Enfin un Prix Goncourt qui se lise vite, avec facilité, sans se faire mousser le cerveau...
Heureusement d'ailleurs, car je l'ai lu l'après midi précédent ma "brève rencontre" avec l'auteur (voir article précédent). Les médias ne m'avaient pas particulièrement donner l'envie de me plonger dans ce livre. Et pourtant, et pourtant... Vient maintenant pour moi le difficile exercice d'en parler ici.
Ce livre est un bijou qui brille par lui même, comme un diamant brut ! Sans fioriture de style, sans décors grandiloquents, sans une foule de personnages inutiles. Un seul décor, une chambre spartiate par temps de guerre. Quelques personnages interviennent pour nous rappeler que, pendant ce huit clos entre deux personnes dans cette chambre vide, dehors, la vie et la  guerre continuent.
Au début, les phrases suivent le rythme de la respiration du mourant. Des phrases courtes, sèches, presque brutales. Il faut dire que ce souffle est l'obsession de la femme, qui vieille sur ce corps inerte. Elle y calque ses mouvements, ses prières, ses marmonnements. Puis, la femme commence à se confier à l'homme comateux qui devient ainsi sa Singue Sabour, sa pierre de patience. Ses confidences paraissent "générales" et peu surprenantes au début. Crainte, peur, amour... Puis elles deviennent colères, vengeances, provocations pour finir par l'aveu de l'inavouable.... Et le style s'en ressent. Un flot de phrases qui s'allongent, qui se déverse avec fluidité, qui quitte son lit étroit pour trouver la plénitude, la paix intérieure, la victoire sur un monde oppressant.
Tout est bouleversant dans ce livre. Pour moi, Singué Sabour est un hymne à la femme. La femme qui aime et qui déteste en même temps, la femme de devoir, dévouée qui soigne quoiqu'il en soit, la femme qui subit mais qui, en cachette, avec courage, se défend, tente de survivre et bafoue un ordre injuste. La femme qui n'a aucun droit mais qui a le devoir d'obéissance, le devoir de ne pas décevoir, mais qu'il ne faut surtout pas sous-estimer ! Et Atiq Rahimi réussit tantôt avec pudeur, tantôt avec cruauté et crudité, à nous toucher sur le destin de ses femmes d'Afghanistan ou d'ailleurs (comme spécifié sur la première page du roman). C'est comme s'il leur avait donné un stylo, du papier et une entière liberté pour se dire.
D'ailleurs, lorsque j'ai demandé à Atiq Rahimi pourquoi aucun des personnages n'étaient jamais prénommés, il m'a répondu que c'était pour respecter l'universalité recherchée dans ce roman. La femme pourrait donc s'appeler Fatima, Martine, Kelly, Coumba, Tatiana, Paloma... Elle est femme, avec ses craintes et ses forces. Cette justice rendue à la femme opprimée, venant d'un écrivain masculin et Afghan est tout à fait inattendue et sublimissime...
Enfin, ce livre m'a touchée d'une façon très personnelle également. Car, dans ces moments difficiles que je vis depuis janvier, j'aurais tant besoin d'une Singué Sabour...

Caminade et Midolla ont écrit un très beau billet sur ce livre.

                                                 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 27 Septembre 2008

Résumé : Un naufragé échoue sur une île inconnue, hors du temps et hors du monde. Dans ses bagages, un mystérieux coffret... Où sont les trois autres qui donnent accès au trésor ? Et quel est ce trésor ?








                            


Mon humble avis :Il est une fois de plus partagé. L'idée de départ est excellente, les personnages originaux. L'attention est captée et le lecteur intrigué par de réels bons moments. Mais le temps s'étire dans un labyrinthe finalement laborieux et ennuyeux ! Que de longueurs dans ce livre pourtant peu épais. Cette oeuvre est vendue comme un conte philosophique et un polar métaphysique... L'annonce prétentieuse est alléchante mais le reste ne suit pas. Et le trésor découvert est d'une banalité déconcertante. "Un alchimiste" de série B. N'est pas Coello qui veut. Dommage, première rencontre avec cet auteur ratée pour moi... A moins que son talent me soit passé " au dessus de la tête "? Qui va me convaincre de persévérer dans la découverte de Fermine ?
   

                                                                                                  

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 1 Septembre 2008

Résumé : Lorsqu'une société immobilière décide de raser l'asile de fous dans lequel il a été interné, le narrateur et ancien indicateur de police retrouve sa pleine et entière liberté.

De retour à Barcelone, il consent à travailler dans le commerce de son beau-frère, un petit salon de coiffure de quartier. Tout semble aller pour le mieux jusqu'au jour où il accepte de commettre un vol par effraction et se retrouve pris au piège d'une sordide affaire de meurtre...


                                      


Mon humble avis: Partout je ne lis que des éloges à propos de ce livre. Il parait qu'on le dévore des larmes... de rire aux yeux. C'est en tout cas ce que dit la quatrième de couverture ! Moi, je dirais que ce roman est à mourir... d'ennui ! A moins que l'attrait de "L'artiste des dames" ne me passe complètement au dessus de la tête ? A moins que je ne sois pas formatée pour ce type d'humour, s'il s'agit bien d'humour.



Certes,on baigne dans le burlesque, le loufoque, le décalé. Mais l'on se noie dans une écriture aussi lourde qu'une pierre attachée au cou... A tel point qu'il faut parfois relire plusieurs fois certaines phrases pour en déceler le sujet, le complément d'objet direct, indirect, l'épithète.... C'est tout juste si une phrase ne constitue pas une page à elle seule, et j'exagère à peine ! Une petite note positive dans cette morosité ambiante : j'ai tout de même été amusée par deux moments cocasses.
Le narrateur vient d'être libéré de son asile psychiatrique. Mais n'est pas fou qui l'on croit. C'est peut-être la moralité du livre. Car le lecteur devient tout aussi fou devant une telle perte de temps ! Allez, comme au lycée,  j'accorde la note de 1/20 pour l'encre et les feuilles !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 25 Août 2008

Résumé : Depuis dix ans, Ulysse, roi d'Ithaque, erre sur les mers. Il a affronté le Cyclope, résisté au chant des Sirènes, déjoué les pièges de Circé et de Calypso... Mais Ulysse « aux mille ruses » ne s'avoue jamais vaincu. Et c'est déguisé en mendiant qu'il revient en son royaume pour se débarrasser des prétendants qui cherchent à lui ravir son trône.

 

                                                  


                                                             
 


Mon humble avis: Il sera succinct car l'Odyssée est pour moi une lecture assez ancienne. Mais je me souviens d'avoir été captivée par ce récit. Je tournais les pages avec autant d'impatience de connaître le sort d'Ulysse que lorsque je lis un thriller. Homere serait il un précurseur du thriller et du roodbook ?! Et puis j'avoue, j'ai trouvé dans ce livre un retour dans le monde merveilleux de mon jeunesse. Et oui, j'ai grandi avec Ulysse 31 ! A l'époque, nous avions des dessins animés intelligents qui nous préparaient à une certaine culture.
En tout cas, ce voyage dans les îles Grecques et dans la mythologie est vraiment fascinant.
Depuis 15 ans, je me promets de lire l'Illyade mais, à tord ou à raison, je suis trop accaparée par une littérature plus contemporaine !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Juillet 2008

Résumé : Sally Goodchild, américaine de 37 ans, est journaliste pour le Boston Post. Après avoir mené une vie très indépendante près de 20 ans, elle a un vrai coup de foudre pour Tony Thompson, un reporter anglais qu'elle rencontre au Caire.

Leur liaison va prendre une tournure officielle quand Tony, rappelé à Londres, se voit offrir un poste important et que Sally se retrouve enceinte. Ils décident donc de se marier … mais les difficultés …
Pour Sally commence le plus sombre des cauchemars …





                              
Mon humble avis : Il fallait que je sache... Oui, je devais savoir quel sort Douglas Kennedy réservait à Sally, son héroine. Alors, même s'il se faisait très tard et que mes yeux étaient déja mi clos, je n'ai pas éteint la lumière, je n'ai pas fermé le livre, au contraire, je l'ai terminé. Je tournais les pages comme dans une course folle...
Vous devinerez donc que j'ai finalement beaucoup aimé ce livre. "Finalement" car parfois,  au cours de ma lecture, je pestais contre certaines longueurs. Pourquoi donc cette mauvaise habitude des  auteurs américains à écrire des  "pavés divisibles par 2 "! Mais je me trompais. Car chaque détail est justifié. Douglas Kennedy est minutieux comme l'est certainement une araignée venimeuse tissant sa toile. Ce livre n'est pas un thriller et pourtant, quel suspens !
"Une relation dangereuse" aurait pu s'intituler "chronique d'un divorce annoncé ". Certes, il traite du coup de foudre, de la vie à deux, des félures, des nons dit, des trahisons, bref du couple !
Mais le lecteur découvre aussi les différences culturelles et comportementales entre les anglais et les américains. Le sujet de l'intégration dans une ville étrangère est aussi largement abordé. Enfin, Kennedy décrit la grossesse difficile et la dépression post natale avec une grande précision.
En résumé, si vous ignorez encore à quel point l'être humain peut-être monstrueux si près de vous et dans une telle réalité, LISEZ CE LIVRE.

Du même auteur, sur ce blog : "
Cul de Sac"

PS : par contre, je déconseille ce livre aux femmes enceintes, en divorce difficile ou en dépression post natale. Cela ne les distraira pas, au contraire.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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