NOUS NOUS VERRONS EN AOUT, de Gabriel GARCIA MARQUEZ

Publié le 10 Décembre 2025

Roman - Editions Livre de Poche - 128 pages - 7.70 €

Parution en poche en avril 2025 / Grasset Fasquel en 2024

L'histoire : Une fois par an, le 16 août, Ana Magdalena Bach prend un ferry pour passer une nuit sur l’île où est enterrée sa mère. Indifférente à la splendeur des Caraïbes, elle se contente de déposer un bouquet de glaïeuls sur la tombe avant de retrouver son mari. Mais, l’été de ses quarante-six ans, une aventure avec un inconnu va précipiter son destin : Ana Magdalena découvre l’infidélité et la passion des corps en même temps que le dépit amoureux. Comme prise dans une spirale érotique, elle vit chaque pèlerinage sur l’île dans les bras d’un nouvel amant.

 

Tentation : Nom de l'auteur

Fournisseur : Achat à la braderie de ma médiathèque cet été

 

Mon humble avis : Quand j'étais dans la vingtaine, Gabriel Garcia Marquez a fin un temps partie de mes auteurs chouchous, avant de tomber dans mon oubli. Et lorsque ce livre est apparu sous mes yeux, je me suis dit "ça alors, Marquez est encore vivant et il écrit toujours" !!!

C'était avant de me plonger dans la lecture de ce roman inédit et que je comprenne que celui-ci est publié post mortem (G.Garcia Marquez nous ayant quitté en 2014). D'ailleurs, en post face, une note des enfants et de l'éditeur de l'auteur explique... Ce "roman", plutôt, longue nouvelle, Garcia l'a écrit alors qu'il perdait la mémoire. Et choix a été fait de publier l'ouvrage presque tel quel, à partir de plusieurs versions écrites par l'auteur, et contre son avis.

Pendant quelques années, nous suivons Ana Magdalena dans son pèlerinage sur la tombe de sa mère, enterrée sur une petite île de la Caraïbe, où elle se rend en bateau. Elle prend le même taxi, et le même hôtel chaque année. Ce pèlerinage devient soudain adultérin, alors qu'Ana a été fidèle à son mari depuis son mariage il y a vingtaine d'années. Ses enfants réussissent et la complicité partagée avec son mari ne se dément pas. Alors, pourquoi soudain passer la nuit avec un inconnu rencontré dans un bar de l'île, et faire de cet acte inédit une habitude annuelle... Une liberté, mais aussi un nouveau rituel qui en efface d'autres, puisque désormais, Ana change d'hôtel, de taxi.... Ce que l'on prend tout d'abord pour un acte inédit d'une femme libre dit-il tout autre chose d'Ana ?

On retrouve la délicieuse plume et le puissance narratrice de l'auteur si promptes à nous plonger dans une atmosphère qui n'est pas sans langueur.... Le contexte de l'île Caribéenne et son climat y concourent certes, qui ajoute de la suavité à la sensualité. Garcia Marquez nous emmène dans chaque pas, chaque geste, chaque hésitation, chaque interrogation, chaque décision de ce son héroïne, à laquelle on s'attache, et que l'on aurait aimé suivre plus longtemps, pour que la psychologie de son personnage soit plus creusée et que l'ensemble soit plus abouti. Mais étant donné les conditions de publication, ce n'est pas possible et c'est dommage... Car reste une impression de "oui, mais alors quoi finalement ? " et de manque de consistance.

La lecture est agréable, il y a de grands moments dans ces pages (notamment avec ce billet de vingt dollars qui turlupine Ana tout au long de cette histoire), mais on sent aussi les failles, les contradictions, le manque de souffle, et d'objectif final. Bref, l'aspect ébauche est bien visible.

Etait-ce une bonne idée de publier cet ouvrage tel quel ou était un énième coup de comm sur un monstre sacré de la littérature sud américaine ? Je pencherais plutôt pour la deuxième solution, parce que je n'ai pas retrouvé la flamboyance et la grandeur que je garde en souvenir de mes lectures de "jeunesse". Mais je ne regrette pas pour autant le temps passé dans ces pages, à voir, entendre, sentir et ressentir ce que les mots m'ont dit.

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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F
Je dois être une des rares à ne pas avoir accroché aux romans qui ont fait sa réputation, mais j'ai toujours eu du mal avec le réalisme magique. Bon, eh bien ce n'est pas celui-ci qui va me réconcilier avec l'auteur visiblement.
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A
Je n'ai encore jamais lu cet auteur mais je pense le faire à travers un autre roman. Tu ne sembles pas avoir détesté ta lecture même si elle a l'air peut-être de manquer de consistance.
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P
Je connais l'auteur, bien sûr, mais je pense que je n'ai jamais rien lu de lui.
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L
un auteur que j'ai lu aussi , il y a bien longtemps, je partage ta dernière interrogation est ce que l'auteur aurait aimé qu'on publie un livre où l'on sent qu'il perd ses facultés intellectuelles.
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V
quelle bonne idée de (re)lire cet auteur ! Je veux le faire depuis longtemps.
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M
J'en ai entendu parler mais je n'ai pas tenté encore sa lecture. C'est vrai que lire un inédit non remanié peut être frustrant et c'est navrant de penser que c'est un coup éditorial, mieux valait donc le garder secret...déjà un beau cadeau je trouve pour ses héritiers...
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J
Avant de lire ton billet, j'ai pensé que ce n'était peut-être pas un hasard si ce roman était resté dans le tiroir de l'auteur. Donc tu confirmes.
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K
J'en ai lu, avant de comprendre que ce n'est pas forcément ma tasse de thé, alors là je zappe!
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C
c'est terrible ça... les héritiers et les maisons d'éditions qui traient la vache à lait jusqu'au bout. Je trouve que c'est vraiment irrespectueux de l'auteur et de ses lecteurs.
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S
Ton avis vient en rejoindre d'autres sur ce roman qui sent en effet le coup éditorial ...
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