PROPRE, d'Alia TRABUCCO ZERAN
Publié le 27 Mars 2026
Roman - Editions Robert Laffont - 272 pages - 20.90 €
Parution en août 2024, existe désormais en poche
Mon pitch : La fillette meurt... Ainsi commence le récit d'Estela... Estela qui a quitté son sud chilien pour la capitale, pour y travailler comme bonne (comme sa mère auparavant), dans une famille huppée. Madame donne naissance à une fillette... Dont Estela s'occupera pendant sept ans, jusqu'au drame. Estela déroule chaque étape qui ont mené à celui-ci.
Tentation : La blogo
Fournisseur : La bib de St Lunaire
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Mon humble avis : Quelques billets sur la blogo m'ont incitée à lire ce roman, qui était l'occasion pour moi d'une rare excursion dans la littérature chilienne. Et, enfin, Propre a remporté le prix Fémina Etranger 2024.
Propre est le long monologue d'Estela, qui raconte son histoire à ceux qu'elle ne voit pas, qui se tiennent derrière la vitre sans teint, mais qui la voient parfaitement... Sans doute des policiers. Mais je me suis dit qu'Estela pouvait aussi s'adresser à nous lecteurs, qu'elle ne voit pas et dont nous découvrons l'histoire... Est-elle entendue comme témoin ou accusée, nous n'en saurons rien.
Rien à redire sur l'écriture et le style. Mais à part cela, je n'ai pas aimé "Propre". Parce que... Qu'est-ce que c'est long, lent, et qu'une digression en suit une autre sans arrêt. Ce qui rend "Propre" très curieux, car il ennuie profondément tout en maintenant en haleine.
On sait de suite que la fillette à naître va mourir autour de ces sept ans. La question est de savoir quand, comment, pourquoi. La tension est là mais nous sommes loin d'un thriller ou même d'un roman policier. L'ensemble n'est pas daté. Il est question de télévision, mais pas de téléphone portable ou d'internet, ni de contexte historique, sauf une révolte qui gronde... C'est au Chili, mais cela pourrait se dérouler n'importe où, et donc n'importe quand. Aucun intérêt particulier pour le lecteur qui n'apprend rien sur le Chili.
L'atmosphère est lourde dans ce quasi huis-clos entre trois adultes et une enfant. Aucun des personnages n'est attachant. Monsieur et Madame sont décrits de loin comme distants et factuels, le petite comme capricieuse, malheureuse devant l'acharnement de ses parents à la rendre parfaite. Mais rien n'explique par exemple les difficultés et le caractère particulier de la petite. On n'a que la version d'Estela qui n'analyse pas grand-chose.
Estela se plaint de son sort de bonne. Je ne dis pas qu'il est enviable mais ce qu'elle nous raconte est très ordinaire, commun. Il ne se passe rien d'extraordinaire... Elle a un travail, elle n'est pas maltraitée, elle est employée au service de trois personnes. Et la fracture sociale qu'est sensé dénoncer ce roman est très ordinaire je trouve : Pouvoir de l'argent / soumission, les nantis et leur petit personnel, d'autant qu'il n'est pas poussé dans les extrêmes. Les patrons ordonnent, le personnel exécute, c'est partout pareil dans le monde quel que soit le domaine professionnel. Estela ne se sent pas considérée, mais elle ne se montre pas non plus aimable. "Propre" montre ce qu'il y a à voir derrière la façade du bonheur d'une famille qui ne manque de rien.... Rien de bien révolutionnaire ni nouveau ni original.
Déçue par cette lecture dont j'attendais beaucoup, je ne la conseille pas. La 4ème de couv dit "addictif"... Je ne sais pas qui a eu idée de cette mention trompeuse.
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