ECLAIRCIE, de Carys DAVIES
Publié le 10 Janvier 2026
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Roman -Editions La table ronde - 186 pages - 21 €
Parution le 28 août 2025
Mon pitch : 1843 sur une île isolée des Shetlands, Ivar est le dernier habitant et vit. A quand remonte la dernière visite de l'émissaire du propriétaire terrien ? A quand remonte le dernier naufrage...
Un jour, Ivar découvre sur la plage le corps inanimé, mais vivant d'un homme. Sans se poser plus de question, il le ramène dans sa cabane et le soigne.
Cet homme, c'est John Fergusson, un pasteur sans le sous et entre deux Eglises qui a accepter, pour gagner un peu d'argent, la mission de chasser Ivar de l'île.
Les deux hommes qui ne parlent pas la même langue, vont apprendre à se connaitre, à cohabiter, voire plus.
Tentation : La blogo
Fournisseur : La bib de St Lunaire
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Mon humble avis : Si vous lisez ce roman, je vous conseille de commencer par la postface, qui ne divulgâche rien mais qui précise le contexte géographie et historique dans lequel il se déroule. Ainsi, non seulement vous lirez une belle histoire, mais aussi une des facettes de la Grande Histoire dans la plus petite, et cela sciemment, apportant ainsi un intérêt supplémentaire à votre lecture.
J'ai vraiment beaucoup aimé "Eclaircie", si éloigné me semble-t-il de mes lectures habituelles. Ce n'est pas un coup de coeur car je n'ai pas été bouleversée, et je ne me suis pas dit non plus à la dernière page : quelle construction, quel génie ou autre. Même si la fin a été des plus inattendues et des plus réussies. Non, j'étais "juste" bien dans ce livre et avais tout le temps envie de retrouver l'île et ses deux personnages principaux.
Eclaircie commence en 1843, l'année de la Great Disruption, schisme au sein de l'Eglise presbytérienne de l'Ecosse. Fergusson est un pasteur rebelle qui avec d'autres, veut créer la nouvelle Eglise Libre d'Ecosse. Concommitament, depuis presque 100 ans et jusqu'en 1860, se déroulent les "Clearances", qui ont mis sur les routes, dans la pauvreté, la faim; la précarité ou même l'émigration, des milliers de personnes chassées des terres par les propriétaires terriens au profit de l'élevage intensif de moutons (en autres).
Sur l'île, pour le lecteur, le temps s'arrête. On ne sait plus depuis combien de jours Yvar et John partagent la masure, s'apprivoisent et communiquent avec les moyens du bord... Yvar tente patiemment d'apprendre sa langue à son hôte, qui note tout scrupuleusement, chaque nouveau mot, chaque expression qu'il pense avoir saisie. Cette langue, c'est le Norne, parlé jadis dans les Shetlands, les Orcades, presque jusqu'en Norvège et dont le déclin s'amorça en 1469, et dont l'extinction définitive est datée en 1850. Avec Eclaircie, on prend conscience que les langues mortes ne sont pas que le latin et le grec, mais qu'elles sont sans doute des centaines, voire des milliers, d'une richesse et d'une beauté absolue à avoir disparu au fil du temps, des invasions, des migrations etc... C'est cet apprentissage de la langue Norne par Fergusson qui m'a le plus plu dans ce livre, et la relation de peu de mots et de peu de choses qui nait entre les deux hommes. Evidemment, l'insularité apporte vraiment une sensation de bout du monde, mais avec ce dernier habitant, il y a aussi le sentiment de fin des temps, ou de nuit des temps, même si, là-bas, le soleil ne se couche pas toujours. Les descriptions de cette nature isolée et hostile sont justes simples mais grandioses, et j'ai apprécié aussi que l'autrice use beaucoup de la suggestion, pour laisser le lecteur libre de son interprétation. C'est avec délicatesse et pudeur qu'elle va à l'essentiel.
Eclaircie est aussi un roman sur la solitude, qui ne prend réellement corps que quand elle est interrompue et qu'elle vous explose en plein visage.
Et puis il y a Marie, l'épouse de John, une femme dont la clairvoyance, la vaillance et l'ouverture d'esprit la posent en avance sur son temps.
Une histoire d'un autre temps, et en même temps tellement contemporaine.... Belle, touchante, et quelque part, assez simple... Donc savoureuse.
L'avis de Luocine, Ingannmic, Athalie
Première participation au challenge de La Petite Liste
"Gravillons de l'hiver", livres de moins de 200 pages.
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