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Publié le 5 Septembre 2023

Roman - Editions Pocket - 432 pages - 8.60 €

Parution Pocket Juin 2021 (Prisma 2020)

L'histoire : La timide Nina travaille avec passion dans une petite bibliothèque de Birmingham... Mais celle-ci va fermer... Regroupement administratif et économie budgétaire. Après quelques réflexions et mésaventures, Nina la citadine se retrouve dans les Highlands, au volant de son gros van. Dans celui-ci, des livres, rien que des livres. Nina a créé sa petite entreprise, une librairie ambulante qui sillonne une région bien désertée par les commerces. Et forcément, son arrivée étonne, et forcément, elle fait quelques rencontres.

 

 

Tentation : Le titre, "une librairie, donc des livres"

Fournisseur : la Cabine à livres en bas de chez moi 

Mon humble avis : Cela fait quelque temps déjà que les couvertures colorées et un peu naïves des romans Feel good de Jenny Colgan investissent les étals des librairies. Alors, quand j'ai trouvé cet exemplaire en bas de chez moi, il a rejoint ma PAL. 

L'été est arrivé, à priori idéal pour ce genre de lecture. Et puis, je venais d'achever "Un bûcher sous la neige" de Susan Fletcher, qui se déroule dans les Highlands au XVIIème siècle. J'ai eu envie de rester dans ce coin du monde, ce bout d'Ecosse !

Evidemment, rien à voir entre les deux titres, si ce n'est la région. Et encore, la différence d'époque et de finesse de descriptions la rende assez peu reconnaissable ! Mais on trouve dans les pages de Jenny Colgan quelques passages qui décrivent assez bien la mentalité, les us et coutumes qui perdurent, le mode de vie, notamment sous le signe de l'entraide, obligatoire dans ces coins reculés.

A part cela, et bien heureusement qu'il était un peu question de livres, littérature, lecture... Des bienfaits que cela apporte, et du point de rencontre intergénérationnel que peut-être une librairie. Sinon, je pense que j'aurais rendu mon tablier.

L'histoire, qui se déroule à peu près comme l'on peut s'y attendre, aurait pu être bien plus sympathique et entrainante avec cent pages de moins, des dialogues plus conséquents, un peu plus de réalisme (plusieurs familles entrent dans le fameux van... A ce point-là, on se rapproche plus du Bus Pullman...), moins de mièvreries et une héroïne dans laquelle on pourrait se retrouver. En fait, ce roman manque cruellement de modernité. L'écriture est pauvre, plate, digne du minimum syndical (est-ce dû à la traduction ?) et a provoqué chez moi quelques soupirs d'exaspération qui se sont superposés à mon ennui au fil des pages.  Tout y est caricaturé, jusqu'au choc des cultures entre la citadine et le paysan taiseux. 

Dommage, la même romance avec plus de finesse et de subtilité aurait pu être vraiment plaisante et divertissante. Il existe deux autres tomes avec des personnages différents, et Jenny Colgan a aussi décliné sa pâte dans une série "la petite boulangerie" etc... je vais m'arrêter là, et cesserai de loucher avec une gourmandise coupable vers ses couvertures attrayantes. Une romancière qui n'est pas pour moi.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 30 Août 2023

Roman - Editions J'ai Lu - 458 pages - 8.90 €

Parution J'ai Lu 2013 (Plon 2010)

L'histoire : Hiver 1692 en Ecosse. Corrag n'est qu'une toute jeune femme, les fers aux poignets. Dans une geôle putride, elle est accusée de sorcellerie. Dès le dégel, elle sera brûlée sur le bûcher. Charles Leslie, Le révérend irlandais vient chaque jour dans sa cellule pour recueillir son témoignage. Elle a assisté a des massacres dans les Highlands, massacres qui auraient été commandité par le roi Guillaume d'Orange. Corrag raconte sa vie de fuite, sa vie de presque rien mais pleine d'émerveillements, sa rencontre avec un des peuples des Highlands. Au fil des jours, le regard que porte Charles sur Corrag change, s'éclaircit...Et Charles n'est plus si sûr de ses certitudes.

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : Coup de coeur pour ce roman passionnant et surtout bouleversant ! Néanmoins, je l'avoue, j'ai hésité car j'ai éprouvé un bémol certain : la longueur et les réitérations trop nombreuses. Mais en même temps, cette histoire mérite tellement d'être lue que...

Pour écrire "Un bûcher sous la neige", Susan Fletcher s'est inspirée de faits et de personnages historiques réels : le massacre de Glencoe, dans les Highlands écossaises. Le roi catholique Jacques II (ou VII pour les écossais) est en exil en France. Guillaume d'Orange, protestant néerlandais, occupe le trône de l'Angleterre. Dans les Highlands, les clans se font déjà la guerre. Certains ont prêté allégeance à Guillaume (comme les Campbell), d'autres restent fidèles à Jacques, et sont donc Jacobites. C'est le cas des MacDonald, dont il est question dans ces pages. Guerres de clan, guerres de rois, guerres de religions. Le massacre de Glencoe est encore très présent dans la mémoire collective et chaque année, il est "commémoré". Charles Leslie a existé, et il semble que Corrag aussi... En tout cas, elle est entrée dans les légendes.

J'ignorais tout de l'Histoire (même si nous sommes ici dans de la microhistoire) de ces terres de légendes que sont les Highlands, des clans, des us et coutumes de l'époque. Ce roman rappelle aussi la rudesse de la vie d'alors, et la barbarie. Même si, en notre siècle, la barbarie semble moindre parce qu'elle a juste, le plus souvent, changé de visage. Aussi, inutile de préciser que cette lecture est instructive. Mais ce n'est qu'un détail...

Car il y a Corrag... Corrag qui raconte le jour, et Charles qui écrit à son épouse le soir. C'est ainsi qu'est construit le roman.  Corrag, fille et petite-fille de "sorcières" anglaises, qui n'a pas seize ans lorsqu'elle doit fuir à dos de jument et rejoindre des terres où elle sera en sécurité : Les Highlands. C'est donc cette épopée tragique et mouvementée de cette jeune fille que l'on suit à travers les plaines, les montagnes, les marécages, sous la pluie dans la neige...  Puis, arrivée à destination, Corrag fera peu à peu la rencontre des MacDonald, en deviendra une quelque part. Le don de Corrag, c'est le soin par les plantes. Ainsi, elle sauvera et guérira quelques-uns du clan.

Corrag est une héroïne inoubliable et bouleversante de savoir, de pureté, de courage, de bonté, de sagesse. Si ces actions avaient été dictées par un Dieu ou un roi, l'époque l'aurait sans doute faite sainte. Mais pour Corrag, la nature est Dieu, et de roi, elle n'en n'a pas... Donc la voilà traitée de sorcière, évitée ou poursuivie, puis promise au bûcher... Fille de rien, gueuse etc..  Et à travers ses mots, nous sommes en Ecosse, nous foulons ces terres, nous sentons le printemps, nous parcourons corniches et vallées, nous émerveillons de la rencontre d'un cerf... C'est une immersion en pleine nature que nous propose ici Susan Fletcher, une nature qui pour nous, serait bien hostile. Mais Corrag voit de la lumière dans chaque ombre, et s'émerveille de l'infiniment petit, même de l'invisible. Tout cela est particulièrement poignant à lire et à ressentir, car les paroles de Corrag résonnent et éclatent de modernité, notamment, dans son rapport à la nature. Les maux du XVIIème siècles et ceux de notre aire se ressemblent tellement en fait... il y a juste la forme qui change, mais dans le fond, l'humanité a toujours tout à apprendre.

Un bûcher sous la neige est servi par une plume magnifique, poétique, envoutante, qui invite à l'observation, la contemplation et au respect de ce qui nous entoure. Ce livre est un hymne magnifique à l'Amour, à l'amitié, à la nature, au respect des différences qu'elles soient physiques, culturelles ou spirituelles, à la richesse de chacun et surtout, un plaidoyer pour la paix entre les peuples. Un roman qui démontre parfaitement que connaître l'autre et son Histoire permet de changer de regard, et donc d'opinion.

Une histoire saisissante, captivante... Une destinée poignante et admirable... Mais quelques longueurs à mes yeux...

Sur ce blog, de la même autrice : La fille de l'irlandais

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 28 Août 2023

Roman - Editions Québec Amérique - 144 pages - 16 €

Parution en janvier 2023 

L'histoire : Un homme sexagénaire vit paisiblement dans la campagne canadienne avec sa femme Livia, son chien et son chat. Il est écrivain. Régulièrement, il reçoit la visite de son frère cadet, qui vit dans un autre monde, un monde coupé de la réalité...Celui de la schizophrénie.  C'est donc l'histoire d'un homme inquiet qui tente d'habiter le monde par l'amour, et la sollicitude envers son frère... Tout faire pour lui agrémenter la vie, lui rendre un peu plus douce.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib de Dinard

 

 

Mon humble avis : Un roman québécois, pour changer, car le Roitelet a virevolté sur la blogo ses derniers temps, me donnant profondément envie de le lire, même s'il n'y est pas ou peu question d'oiseaux. 

"Il est venu ce matin encore frapper à ma porte. Je n’avais pas versé le café dans les tasses que déjà il me disait ces mots. « Tu devrais écrire un livre dans lequel rien n’arrive. » J’ai trouvé l’idée d’autant plus séduisante que j’ai sous la main, avec ma vie très banale, une grande quantité de matière à partir de laquelle travailler."

Ce livre, c'est celui-ci, il ne s'y passe rien d'extraordinaire, mais plein de petits faits et mots de la vie de tous les jours. De très courts chapitres, deux, trois ou 4 pages. Des jours qui se suivent, qui pourraient se ressembler, mais qui tirent tous une identité dans des petits rien de la vie, qui si on sait les apprécier, lui donne toute sa grandeur, toute sa saveur.

J'ai tout d'abord été éblouie par la plume de l'auteur. Magnifique, poétique, douce, enveloppante, apaisante comme le serait un baume. On est bien dans ces pages, même si l'on partage l'inquiétude et l'impuissance de l'aîné face aux souffrances et à la détresse du cadet, que la maladie psychiatrique a atteint à l'adolescence. Celle-ci n'est pas le centre du roman, elle n'est pas expliquée cliniquement, nous y percevons juste les conséquences, les affres envahissants, le quotidien... Le roitelet, c'est la relation entre les deux frères. Et celle-ci nous réconforte. Sous le regard bienveillant et patient de Livia, nous assistons aux rencontres des deux hommes... Parfois, elles sont purement matérielles (il faut rhabiller le frère, ranger son appartement)... Mais le plus souvent, elles ont lieu sur le banc du jardin au clair de lune, ou le long des chemins alentours. Et là, les deux frères sont unis par une connivence intellectuelle et émotionnelle dans leur regard sur le monde, sur la nature environnante. Leurs discussions sont alors philosophiques, ou existentielles. Et elles invitent à ralentir, à observer, à s'arrêter, à méditer, à contempler... A se contenter, à s'émerveiller... et à retenir moult de jolies phrases si bien écrites.

Ce qui émeut le plus, c'est la tendresse, la sollicitude, la bienveillance, la réelle présence de l'aîné auprès de son frère. Et je sais que bien des malades n'ont pas tout cela de leur fratrie. Et tout cela semble si naturel à l'auteur, qu'il l'évoque avec beaucoup de pudeur et de discrétion, sans s'ériger en sauveur ou héro. Il est juste un simple humain qui se questionne, s'adapte, essaie de comprendre et par petites touches, essaie d'améliorer le quotidien du frère aimé qui vit dans les abîmes... Qui sait construire des passerelles entre eux.

Un éloge lumineux à la simplicité, aux différences, et aux bienfaits de la littérature... Un nectar de sagesse en fait.

« Oui, c'est ça : mon frère devenait peu à peu un roitelet, un oiseau fragile dont l'or et la lumière de l'esprit s'échappaient par le haut de la tête. Je me souvenais aussi que le mot roitelet désignait un roi au pouvoir très faible, voire nul, régnant sur un pays sans prestige, un pays de songes et de chimères, pourrait-on dire ».

 

 

 

L'avis de Luocine, Aifelle

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Août 2023

Roman - Editions Albin Michel - 272 pages - 19.90 €

Parution Albin Michel Août 2020 - Livre de poche Janv 2022

L'histoire : Celle d'Elwood Curtis, dans la Floride ségrégationniste des années 1960. Elwood est un jeune garçon afro américain élevé par sa grand-mère. Il est sérieux, évite les problèmes, travaille après le lycée, et écoute avec conviction les messages de paix de Martin Luther King. Il envisage déjà une entrée à l'université... Mais sur le trajet, suite à une erreur judiciaire, il est arrêté et conduit à la Nickel Academy, une maison de correction où les pensionnaires subissent les pires sévices.

 

Tentation : La blogo + ma lecture de Underground railraod

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Quand un auteur se voit couronné deux fois du prix Pulitzer en quelques années, on se dit qu'il se passe vraiment quelque chose et qu'il serait dommage de passer à côté, d'autant que les avis de mes copines blogueuses sont en général élogieux. Aussi, à l'automne dernier, j'avais savouré mon audio lecture d'Underground Railraod tout en me prenant une sacrée claque.

Et cet été, me voici à lire Nickel boys, en espérant la même avidité. Je vais être honnête, je ne l'y l'ai pas tout à fait retrouvée, ce roman-ci étant à mes yeux moins captivant à suivre, et peut-être un peu plus redondant dans les situations. Moins facile aussi, je me suis un peu mélangé les pinceaux dans les personnages, leurs grades etc. Le style m'a paru moins fluide, mais pas toujours évident de comparer une lecture papier d'une audio lecture. Et le twist final, même si inattendu, n'est pas si original que cela. Vous allez me dire que je rhabille ce roman pour l'hiver alors que je lui décerne 4 pattes !

Oui, parce que Nickel boys, malgré ces petits défauts, reste un ouvrage incontournable, et qui nous tient captif et malmené dans notre petit confort. Pour l'écrire, Colson Whitehead s'est inspiré de faits on ne peut plus réels hélas... Et ce qui est encore plus glaçant, c'est d'apprendre que cette fameuse "école" où la Floride envoyait ses "mauvais garçons" pour les redresser et en faire des hommes pendant 109 ans, n'a fermé ses portes qu'en 2011...

Humiliation, exploitation digne des pires époques de l'esclavage, sous nutrition, manque d'hygiène, brimades, abus sexuels, tortures qui parfois menaient à la mort... Voici ce qu'ont subi ses centaines de garçons qui sont passés entre ces murs. Evidemment les jeunes blancs étaient un peu mieux traités, mais bon... Je précise que l'auteur ne s'étale pas à décrire minutieusement tous ces sévices, c'est plus dans la suggestion. 

Colson Whitehead dénonce une fois de plus la politique ségrégationniste des Etats Unis, son injustice, sa cruauté ainsi que l'hypocrisie de tout un système. Car dans cette école, il n'a jamais été question d'instruction pour donner des ailes... Que d'enfances bafouées, volées, violées, gâchées, battues... On se demande bien si certains de ces gosses ont réussi à s'en sortir par la suite.

C'est donc un texte effroyable, révoltant, mais en même temps prenant, tant on s'attache à Elwood et que l'on veut connaître son avenir. Est dénoncé ce que tant de pays (car ces dernières années, les révélations sur ce genre d'endroits s'accumulent en Amérique et en Europe) ont pratiqué sur leur jeunesse en "priant" pour que les dossiers restent bien enterrés. Une lecture, qui laisse exsangue et qui met K.O à lire comme un devoir de mémoire, pour se redire une nouvelle fois que l'on est chanceux d'être "bien" née blanche en France en 1972. Ne pas fermer les yeux sur la barbarie et la perversité humaines est peut -être le seul moyen de les stopper un jour.

Un roman imparfait mais incontournable et implacable.

L'avis de Fanja et de Keisha 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Juin 2023

Roman - Editions Lizzie - 8h07 d'écoute - 20.99 €

Parution Lizzie 2019 (Belfond 2017)

L'histoire : Celle de Jojo, 13 ans, et de sa "famille", en Louisiane. Jojo est métisse et déjà "l'homme de la famille". Son père blanc est en prison, Léonie, sa mère noire à fond dans le crack. Ce sont donc ses grands-parents maternels qui l'éduquent, et lui qui s'occupe principalement de sa toute petite soeur, Kayla.

Léonie apprend la libération de Michael... Elle embarque ses deux enfants et une amie dans un road trip jusqu'au pénitencier.

Tentation : Les éloges sur ce roman

Fournisseur : Bib de Rennes

Mon humble avis : Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins, le chant des revenants ne m'a ni parlé, ni atteinte, ni bouleversée ni accrochée. Une audio lecture que j'ai donc plutôt subie (même si c'est volontairement que je suis allée au bout, espérant toujours une révélation qui ne vint pas.) Peut-être aussi que le format audio n'était pas l'idéal pour aborder cet ouvrage.

Les personnages s'expriment chacun leur tour et l'on a ainsi des visions différentes des situations qu'ils traversent. Mais parmi eux, se trouvent aussi deux défunts qui prennent la parole, et là, l'intérêt du texte et sa compréhension m'échappaient encore plus. Ces défunts, c'est Given, le frère de Léonie, assassiné adolescent par des copains de chasse blancs. Et puis il y a Richie, l'ancien compagnon de chambrée du Grand père de Jojo, qui fut mis à mort dans de cruelles circonstances. Mais comme leurs interventions sont mises à distances par les récits de Jojo et Léonie principalement, et bien il m'a été difficile de les suivre et de leur trouver une contenance qui soit poignante.

La partie road trip du roman m'a été d'un ennui mortel, si longue, si répétitive, revenant sans cesse sur l'appétit inassouvi de la petite Kaila, son vomi et l'odeur qui en découle.

Et puis l'ensemble est d'une tristesse à mourir, rien ne nous est épargné dans les sujets sensibles qui sont un peu trop superposés à mon goût : racisme, pauvreté financière et intellectuelle, drogue, cancer, "maltraitance" enfantine, violence de l'emprisonnement pour les noirs à une certaine époque. Bref, n'en jetez plus ! Et tous ces sujets ne sont finalement que survolés et se volent un peu la vedette. 

Certes, on aime Jojo, mais peut-être plus par pitié devant la vie qu'il mène que par l'intérêt qu'il éveille vraiment.

Ce roman a reçu le prix National Book Award 2017 et bien d'autres prix encore, et sur les plateformes, les avis dépassent les 4 étoiles... J'ai même lu des comparaisons avec la plume de Toni Morrison .... Ca aussi cela m'a échappé car les deux romans de Toni Morrisson que j'ai lus ont été des coups de coeur. National Book Award, j'aurais dû me méfier... J'en avais reçu un en SP il y a une dizaine d'année, je n'avais pas dépassé les 30 premières pages... Il s'intitulait Bois sauvage, de Jesmyn Ward !!! Je n'avais pas fait attention ! La boucle est bouclée, la plume et les histoires de Jesmyn Ward ne sont pas pour moi.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 31 Mars 2023

Roman - Editions Folio - 272 pages - 8.70 €

Parution Folio 2007, Denoël 2005

L'histoire : En Finlande, l'ingénieur Jaatinen est chargé de construire un nouveau pont, près de la petite commune Kuusmäki. Sauf que sur place, ces méthodes peu conventionnelles ne plaisent pas aux notables locaux, qui feront tout pour provoquer son renvoi. Un peu plus tard, mine de rien, avec délicatesse et ruse, Jaatinen met en oeuvre une vengeance qui prendra dans son piège ses détracteurs. Cet homme qui ne devait que passer le temps de la construction d'un pont, changera à jamais la vie de la commune.

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Allez, un petit tour en littérature finoise !

Un homme heureux aurait pu commencer par "once upon a time". Voici un roman qui offre un plaisir assez jubilatoire, sans en faire des tonnes. Les situations cocasses ne manquent pas et pourtant, rien de vraiment farfelu ! Il règne dans cette histoire une ambiance qui n'est pas sans rappeler Don Camillo et Peppone. Point de guerre de clochers ici, mais une guerre d'égo, entre les notables ancienne école de la commune, très attachés à leurs sièges et à leurs pouvoirs communaux... et Jaatinen, le jeune ingénieur, l'étranger qui vient de la capitale, et qui applique ses propres méthodes... non conventionnelles mais très humaines. Sa façon de motiver ses troupes ? Sympathiser avec les ouvriers, leur offrir du repos, et mouiller lui aussi sa chemise autant qu'eux ! On n'a jamais vu ça dans la petite ville.

Donc l'ingénieur dérange. Lui qui n'a que l'ambition du travail bien fait. Son succès, forcément suspect, va se confronter à la haine jalouse des notables et dirigeants de Kuusmäki. Peu finauds ceux-ci vont ruiner sa carrière, pour un temps. Ce qui se retournera contre eux, chacun leur tour, car Jaatinen, fort de son intelligence réelle, de ses multiples ressources (il est infatigable, hyper actif...) va fomenter un plan de vengeance implacable, qui le mènera là où il n'avait jamais imaginer parvenir, puisque l'idée ne lui était pas venue ! Et ce qui est très drôle, c'est que dans cette vengeance, il est souvent aidé à son insu par la propre bêtise de ses ennemis qui se tirent eux-mêmes les balles dans le pied. Tout cela est assez drôle à lire, les pages se tournent toutes seules. Nous suivons le destin d'un homme dont personne ne veut... et qui à force d'ingéniosité va devenir incontournable.

Une histoire vraiment sympa qui montre bien que l'on a tout à gagner en étant le plus humain possible, que l'ambition peut mener loin, tandis que la haine et la jalousie conduisent à la perte.

Tout cela servi par l'humour subtile et la plume limpide d'Arto Paasilinna qui excelle dans l'ironie discrète pour se moquer de quelques-uns de ses concitoyens !

Une lecture heureuse et divertissante !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 24 Mars 2023

Roman - Editions Folio - 386 pages - 9.20 €

Parution :  Folio oct 2022 (Gallimard 2021)

L'histoire : De nos jours.... Calista (anglo-grecque) se souvient qu'en 1976, elle a traversé les Etats Unis en road trip, avec Gil, une anglaise rencontrée au cours du voyage. Le père de Gil connaît Billy Wilder, aussi, les deux jeunes filles sont invitées à dîner en sa compagnie, celui de sa femme et d'un couple d'amis dans un chic restaurant de Beverly Hills.  Calista ignore tout de Mr Wilder et ne connait pas grand-chose au cinéma.

Un an plus tard, de retour dans sa Grèce natale, Calista reçoit un appel. Billy Wilder vient tourner son film Fedora sur l'île de Corfou, et souhaite la présence de Calista sur le plateau en qualité d'interprète.

 

Tentation : Jonathan Coe

Fournisseur : Cadeau de Noël

Mon humble avis : L'été dernier, je suis entrée dans le monde de Jonathan Coe via "Le coeur de l'Angleterre", et je m'étais régalée, aussi, avais-je envie de remettre le couvert. Peu avant Noël, cette version poche était sur tous les étals de libraires, elle s'est donc retrouvée sous le sapin.

J'ai aimé ce roman, même si je ne lui attribue que 3 pattes, parce qu'il est très particulier et je ne suis pas sûre qu'il plaise à tout le monde.

En début de lecture, j'étais aussi ignorante que Calista par rapport à Mr Wilder... Il m'a fallu quelque temps, et une recherche Google, pour comprendre que celui-ci n'était pas qu'un personnage de roman, mais une personne ayant bel et bien exister... Un grand scénariste réalisateur de l'âge d'or d'Hollywood, multi primé, oscarisé etc, ayant fait jouer les plus grandes stars de l'époque (Audrey Hepburn, Marilyn Monroe etc). On lui doit entre autres "Certains l'aiment chaud".

Mais j'ai aimé la narration de ce fol été que vit la toute jeune Calista sur ce plateau de tournage, son sens de l'observation, son enthousiasme devant tant de découvertes pour elle, l'assurance et la hardiesse qu'elle gagne en quelques semaines.  De même, la relation paternelle qui naît entre Mr Wilder, Yz le coscénariste et Calista est très touchante, et délicate. On sent des êtres qui se rencontrent, s'attachent et se respectent.

Manifestement, à travers ce roman, Jonathan Coe dévoile son admiration pour Billy Wilder et déclame son amour pour le cinéma (sauf si je me trompe). Il fait un peu un état des lieux du cinéma américain de la fin des années 70, la fin d'une époque, le début d'une autre, avec l'arrivée de la nouvelle génération de réalisateurs que Wilder nomme "Les barbus" (Spielberg, Scorsese et les autres). L'analyse est assez subtile, qui étudie ce que l'évolutions des envies des spectateurs dans les salles obscures, que ce soit en Amérique ou en France. Et évidemment, on peut voir un parallèle entre le sujet de Fedora et celui de Mr Wilder et moi ... des stars sur le déclin...

J'ai retrouvé avec plaisir le style si agréable de Jonathan Coe : simple et soigné, fluide, qui ne se la joue pas mais est de toute élégance. Et l'idée de se faire rencontrer un personnage de fiction avec des personnes réelles est vraiment judicieuse. Au passage, on croise aussi Al Pacino ;)

Mr Wilder et moi est un roman agréable et intéressant, so charming, mais ni captivant, éblouissant ou bouleversant comme le dit notamment la quatrième de couv'.

Je ne regrette pas du tout ma lecture... mais à vous de voir !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 28 Janvier 2023

Roman - Editions Ecoutez lire - 11h24 d'écoute - 18.99 €

Parution d'origine chez Gallimard en 2016

L'histoire : Début novembre 1920, l'Angleterre attend l'arrivée du Soldat Inconnu, rapatrié depuis la France pour une cérémonie d'hommage.  Trois femmes cherchent l'équilibre entre la vie et la mémoire... Ada dont le fils est tombé au front et que pourtant, elle ne cesse d'apercevoir à chaque coin de rue. Evelyne, dont le fiancé est mort en France, et qui travaille au bureau des pensions de l'armée, et Hettie, qui, contre 6 pence, fait danser chaque soir d'anciens soldats au palais du Hammersmith...

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : C'est sur la blogo que j'ai aperçu le nom de cette romancière anglaise et lorsque j'ai vu ce livre audio dans les rayonnages de la bib, je me suis dit : tentons !

La Grande Guerre... Les manuels scolaires et les livres d'Histoire nous en apprennent les dates majeures, le nom des grands Hommes qui s'y sont illustrés, les stratégies militaires, les causes, les conséquences, la géopolitique, les conditions inhumaines de vie dans les tranchées, et enfin... le nombre effroyable de vies perdues pendant ce conflit.

Mais le chagrin des vivants ou des survivants, il n'y a que la littérature pour nous dire cela, et l'imprégner au plus profond de nos coeurs et âmes. Anna Hope, d'une écriture précise et délicate, décrit cela avec justesse et subtilité. 

Il y a les vivants qui ne sont jamais partis au front, mais qui ont perdu un être cher... Mais qui ignorent dans quelles conditions, n'ont pas de corps pour faire leur deuil... C'est le cas d'Ada, dont le tout jeune fils n'est pas revenu du front...

Il y a Evelyn, dont le fiancé est mort dans les tranchées... Evelyn promise à une belle vie d'amour, mais qui, lors des permissions de son fiancé durant le conflit, ne parvenait plus vraiment à communiquer avec lui, à percer son mutisme inhabituel. Elle travaille au bureau des pensions de l'armée... Et là, elle côtoie d'autres vivants, plus vraiment vivants en fait, des survivants... Traumatisés de guerre, blessés, amputés... Les rescapés abimés de l'intérieur, de l'extérieur...

Il y a Hettie et son amie, qui dansent chaque soir... C'est leur travail, faire danser les anciens soldats... Et Fred, le frère d'Hettie, qui vit reclus et amorphe depuis son retour du front. Le chagrin des vivants, c'est aussi celui des anciens soldats incompris de leurs proches, et celui de ces proches qui ne comprennent pas le changement total de comportement de leur frère, fils etc. Il y a aussi Ed, le frère d'Evelyn, qui fut commandant en France... Un être désabusé, un peu cynique qui se noie dans l'alcool, la cocaïne mais qui tente de faire bonne figure socialement. Il ne se remet pas de ce qu'il a vu là-bas, de ce qu'il a fait, de ce qu'il a ordonné... lui-même sur ordre de sa hiérarchie.... Il y a ceux qui ignorent la vérité, qui ignorent même qu'elle existe et qu'elle fut telle, et qui, inconsciemment ont besoin de la connaître... D'autres se damerait pour savoir, mais parfois, l'ignorance est salvatrice. Les familles ne savaient rien et les rescapés se sont tus...

Anna Hope décrit donc ce chagrin avec profondeur, lucidité et raffinement... Mais Dieu que ce livre est long, lent, dénué d'un certain relief et d'événements, même mineurs, qui donneraient un peu plus de rythme à cette histoire. La première moitié paraît "presque" sans intérêt majeur, si ce n'est la mise en place des personnages et du contexte, Londres d'après-guerre. Des détails à n'en plus finir, jusqu'aux plus accessoires, qui n'ont d'autres but que l'exercice littéraire, mais qui, pour moi, le desservent plus qu'ils ne l'enjolivent vraiment... 80 pages de moins, et je pense que ce roman m'aurait saisi je pense bien plus tôt dans ma lecture.

C'est en fait dans les deux dernières heures d'écoute que je me suis mise à vibrer, à m'émouvoir, à deviner où Anna Hope voulait me mener, à saisir la nature de son projet.  Ce n'est que lorsque les langues se délient, celle de Ed, celle d'un des rescapés... Là, on est saisi d'effroi... Et on repense à la chanson de Goldman... Si j'étais né en 17 à Leidenstadt... Ne pas juger les personnages, ne pas se limiter aux apparences...

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 10 Janvier 2023

Roman SF - Editions Lizzie - 6h38 d'écoute - 19.99 €

Parution d'origine en 1898

L'histoire : 1894... Des météores venant de la Mars, la planète rouge, s'écrasent sur la terre, dans le Surrey anglais... Ce sont en fait des cylindres... habités par des énormes machines à trois énormes jambes, et des espèces de bras qui diffusent un "Rayon ardent" fatale et une fumée noire toxique. Les martiens ont débarqués.Les premiers anglais qui affluent par curiosité sont terrassés. Puis, tout n'est que destructions, mort, cahot, fuite et survie.... 

Tentation : curiosité et blogo

Fournisseur : Ma PAL audio (Bib de Rennes)

 

Mon humble avis : Plus qu'un réel plaisir, cette lecture fut vraiment expérimentale pour moi... Un classique de la Science-fiction écrit en 1898... 

Certes, le texte a vieilli, pour nous autres terriens qui au XXIème siècles sommes abreuvés depuis des décennies de telles histoires et surtout de films qui mettent tout cela en image mettant notre imagination au chômage. Quand on lit cela en 2022, il n'y a plus rien de novateur... mais tout au long de ma lecture, je me suis demandé comment un tel roman avait été reçu à son époque.

L'écriture m'a beaucoup plu, même si elle peut paraître désuète ! Mais elle est vraiment soignée, sans être ampoulée pour autant et très agréable à écouter. Une belle langue ! Mais une narration, celle d'un témoin qui rapporte son expérience puis celle de son frère, reste assez factuelle et froide. Les passages qui décrivent les martiens sont parfois rébarbatifs, car assez longs et récurrent dans le récit.

Le déroulement des faits et de l'histoire est assez peu intéressant. Mais c'est ce qui l'entoure qui est très parlant, qui était valable à l'époque et qui est encore très actuelle. C'est ce que Wells dit de nous humains qui donne la valeur de ce texte à mes yeux. La curiosité vers toute incongruité, les mouvements de panique désordonné face à tous nouveaux dangers (on l'a encore bien vu ces dernières années), les légendes qui se créent autour de l'incompréhensible, l'inconnu, la nouveauté. Le fait que l'Homme ne puisse imaginer qu'il existe d'autres êtres que lui dotés d'intelligence, la supposée suprématie humaine. Dans ces pages, le pire de l'Homme est représenté par ses martiens... qui dévastent tout là où ils débarquent... Il y est aussi question d'extermination d'une espèce... les martiens, victimes d'un microbe terrien contre lesquels ils ne sont pas immunisés... 

A l'époque, Wells dénonçait l'impérialisme et le colonialisme dans ce texte. En 2022, on peut aussi le lire dans un aspect très contemporain, d'autant que le dernier chapitre donne à réfléchir sur l'avenir d'alors, qui s'adapte très bien à notre siècle... Le changement climatique et les migrations qui en découlent, ainsi que les dégâts provoqués par l'humain partout où il passe, l'extinction d'espèces vivantes etc... Qui n'étaient peut-être pas les préoccupations de Wells en 1898, mais que ce roman illustre aussi à merveille.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 24 Novembre 2022

Roman - Editions J'ai lu - 416 pages - 8.70 €

Parution J'ai Lu janv 2022

L'histoire : Dans l'Amérique ségrégationniste, Desiree et Stella sont jumelles. Elles vivent très modestement avec leur mère à Mallard, une petite ville isolée de Louisiane, une ville noire où l'on n'épouse jamais plus foncé que soi... Au fil des générations, les visages s'éclaircissent. Les deux filles pourraient paraître blanches. A 16 ans, elles fuguent, main dans la main, inséparables.

Quatorze ans plus tard, Desiree revient à Mallard, sans Stella dont elle a perdu la trace depuis si longtemps. Stella qui voulait devenir blanche. Quelles ont été les destinées des jumelles, quel est leur avenir ?

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : Et bien mes amis, quel roman ! Bien plus qu'un coup de coeur, je pense que L'autre moitié de soi est MA lecture de l'année. Dire qu'il a trainé presque toute l'année aux pieds de ma table de chevet, et qu'une fois ouvert, je n'ai plus pu le lâcher.

Tout est magistral dans ces pages... L'écriture (et la traduction), très agréable, soignée, au service de son sujet. L'originalité de l'histoire et la maitrise de son déroulement. La construction narrative, avec d'incessants aller /retour dans le présent/passé/futur des personnages, incessants mais aussi fluides qu'une douce rivière qui descend son lit... Point de linéarité, même si, au fil des pages, on avance dans le temps, dans les décennies, pour retourner ensuite vers des événements passés. Mais jamais je n'ai été perdue.... Vraiment, cette histoire sur trois générations de femmes coule aussi limpidement qu'elle captive, car des surprises, des émotions, de la colère, de la tristesse, elle en réserve, mais avec une belle lumière, une énergie positive. Des personnages très travaillés, qui permettent d'observer les différentes facettes de l'âme humaine face aux mêmes situations, parfois avec l'évolution sociétale qu'apportent les années.

Desiree revient à Mallard 14 ans après sa fugue... Elle est accompagnée de sa fille, qui est de couleur noir charbon. Stella vit dans le mensonge, mais comme et là où elle le souhaite, pour avoir une vie libre et plus facile : chez les blancs riches, en tant que blanche... et sa fille est blonde... Depuis toutes ces années, sa peau très claire lui a permis de passer pour une blanche. Mais à quel prix ? Au final, on ne sait pas qui on plaint le plus... Celle qui a choisi ou celle qui n'a pas vraiment choisi...

Le climat de fond de cette passionnante histoire est la ségrégation et le racisme aux Etats-Unis, même si le roman se termine bien après la fin du ségrégationnisme. Mais le sujet que développe Brit Bennet est l'identité sous toutes ses formes ; raciale, sexuelle, personnelle. Et elle pose la question à travers ses personnages : Qu'est ce qui forge et nous donne notre identité ? Est-ce notre couleur de peau, notre éducation, notre culture, notre sang, nos origines, nos racines, notre apparence, notre sexe, notre façon d'aimer, notre classe sociale, l'époque dans laquelle on vit, le regard des autres, nos peurs, nos forces, nos mensonges, nos fidélités, nos traumatismes ou ce que l'on choisit, décide d'être, quel que soit le prix à payer ? Même si c'est une moitié de soi ? En fait, l'intelligence est de croire que c'est un peu tout cela à la fois et que l'essentiel est d'être intimement vrai et épanoui dans ce que l'on pense être, de se sentir à sa place, si toutefois une société ouverte l'autorise. Mais c'est aussi parfois les sociétés ostracisées qui poussent à certains choix. Toutes ces facettes de l'identité sont incarnées par des personnages kaléidoscopiques tous très attachants qui expriment, affrontent, subissent ou assument leurs choix et qui façonnent ainsi un roman fort, poignant, subtile, indispensable, exaltant ! 

Bref, je ne sais pas comment vous dire à quel point ce roman est pour moi un chef d'oeuvre, un énorme coup de coeur sans spoiler les détails de l'histoire (il y a tant d'avis publiés qui raconte jusqu'aux 3/4 du roman :( ). En tous cas, L'autre moitié de soi me prouve une nouvelle fois, qu'en choisissant bien, je peux trouver des lectures puissantes et non glauques, qui me transportent dans la littérature américaine que j'explore trop peu. Et Brit Bennet, je l'encadre dans mes auteurs à suivre.

 

L'avis de Kathel

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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