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Publié le 25 Novembre 2019

Roman - Editions Ecoutez Lire - 3h13 d'écoute - 12.99 €

Parution d'origine en 1945

L'histoire : Dans la ferme anglaise de Mr Jones, le vieux cochon Sage l'ancien reçoit un rêve comme une prophétie... Il s'en ouvre aux autres animaux de la ferme. C'est décidé, les animaux se rebelleront contre Mr Jones et les humains, prendront le pouvoir dans la ferme, bénéficieront de la liberté et de rations alimentaires à leur guise, et géreront par eux-mêmes l'exploitation. C'est vite chose faite et les sept commandements de la ferme des animaux voient le jour : tous les animaux sont égaux. Et le chant des animaux est scandé : Oui aux quatre pattes, non aux deux pattes (sauf s'ils ont des plumes !). Quelques années plus tard, il semble que seul le vieil âne se souviennent de ces fameux sept commandements, bien modifiés au fil du temps.

 

Tentation : le début du pitch

Fournisseur : bib N°3

 

 

Mon humble avis : Telle est prise qui croyait prendre ! Lorsque j'ai saisi ce livre audio à la bib' et lu les premières lignes, j'ai cru qu'il s'agissait d'une histoire à la gloire des animaux et de leur sagesse ! Hum hum, ce n'est pas tout à fait ça.

Tout commence comme une fable enfantine, admirablement interprétée par la voix jeune et enjouée de Jennifer Deker, de celle que l'on peut entendre dans les dessins animés qui n'exagèrent pas sur l'aspect enfantin. Comme une fable toute mignonnette  donc, que l'on pourrait lire le soir à des bambins et que l'on s'étonne de ne pas en avoir encore vu l'adaptation ciné par Disney le monde est beau !

Sauf que les faits évoluent si étrangement qu'à un moment, on s'interroge sur la direction que George Wells nous fait prendre. A quoi tout cela rime-t-il ? Et, soudainement, c'est l'étincelle, il m'a semblé apercevoir l'intention de l'auteur, mais je n'osais trop y croire, me disant que cela frôlait le génie... de l'auteur ! Et pourquoi pas du mien qui a décelé le subterfuge pardi !

Car très vite, dans cette ferme libérée de l'homme et promise à la liberté, à l'égalité, aux 3 jours de travail et 4 de repos, les choses déraillent. Les serments de la révolution des animaux tombent en lambeaux au fur et à mesure que les cochons s'installent prennent les rennes de la ferme, s'installent au pouvoir et gagnent en confort au détriment des autres.

La ferme des animaux (qui fut censuré en Angleterre lors de sa parution) est en fin une satire sans pardon des systèmes totalitaires et de leur mise en place... Une rêve utopique, une révolte, des promesses, la vie de rêve quelque temps puis le revers de la médaille... Quelques éléments qui prennent plus de place jusqu'au pouvoir total, le mensonge, le lavage de cerveaux, la manipulation, chosification,  les travaux forcés, les exécutions sommaires, le bagne pour les perturbateurs, le culte de la personnalité... jusqu'au moment où plus personne ne se souvient pourquoi il y eut révolte et comment était la vie avant celle-ci  !

Cette dystopie (pleine d'allégories à découvrir et à approfondir) a clairement dans son viseur la révolution bolchevique, et régimes autoritaires qui ont suivi sous Lénine et Staline... allant jusqu'à dénoncer l'hypocrisie internationale des grands dirigeants qui finalement, n'hésitent pas, quand il y a un intérêt géopolitique ou économique, à partager un déjeuner avec ces cochons. Inutile de dire qu'au fil des chapitres, les cochons prennent de plus en plus allure humaine.

Ce court roman est vraiment un tour de force. Mais je me demande si George Wells aurait pu l'écrire avec autant d'impact aujourd'hui, dans une époque où nous rendons enfin aux animaux leur noblesse au point de vouloir de plus en plus les mener à l'égalité des hommes ! Etre comparé à un animal aujourd'hui étant de moins en moins perçu comme une injure.

En tout cas, l'homme est un loup pour l'homme et comme disait mon grand-père, "partout où il y a de l'homme, il y a de l'hommerie".

Lecture archi recommandée donc !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 21 Novembre 2019

Roman - Editions 10/18 - 232 pages - 8.10 €

Parution d'origine aux Editions Belfond en 2008

L'histoire : Iris vit à Edimbourg et tient sa boutique de vêtements d'occasion. Un jour, elle reçoit un appel d'un asile psychiatrique de la ville, l'informant de sa fermeture prochaine... Et dans cet asile, vit, enfermée depuis soixante ans, sa tante Esme. Iris serait sa seule parente. Pour Iris, c'est forcément une erreur. Elle n'a jamais entendu parler de cette tante et depuis des générations, ses aïeuls n'ont eu que des enfants uniques. Et pourtant... Iris va rencontrer Esme...

 

Tentation : La blogo, à l'époque.... Il y a presque 10 ans !

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Dire que ce roman dormait injustement dans ma PAL depuis des années, aussi injustement qu'Esme fut internée pendant plus de soixante ans.

Depuis combien de temps n'ai-je pas lu un roman aussi bouleversant, aussi révoltant, aussi effroyable. Un roman qui retrace sans doute l'un des destins les plus tragiques qu'il m'ait été donné de lire, à moins que ma mémoire ne me fasse défaut. Ce qui est sûr, c'est que cette Esmé me restera très longtemps dans l'esprit, sans doute pour toujours. Peut-être même qu'Esme fait désormais partie de moi, quelque part.

L'étrange disparition d'Esme Lennox est un livre qu'on ne lâche pas, qui vous interne le temps de votre lecture, et peut-être même après. Oui, elle vous isole dans une folie, mais pas dans celle que l'on croit. Dans la folie d'une époque et de méthodes, qui hélas, ne sont pas si lointaines et qui peut-être, sont même encore contemporaines dans certaines contrées...

Certes, nous sommes dans un roman mais il est très facile de réaliser que de telles histoires ont eu lieu. Tout commence en Inde, à l'époque des colonies. La famille Lennox est alors constituée des parents, de deux filles, Kitty l'aînée et Esme la cadette... Et d'un petit garçon, Hugo, qui ne survivra pas longtemps. Depuis petite, Esme est différente. On l'appelle "la farfelue", ce qui est honteux pour l'époque. Esme est une petite fille rêveuse, libre dans sa tête, qui jamais ne se résoudra aux conventions d'alors. C'est un peu une révoltée. Puis toute la famille rentre à Edimbourg et les fillettes deviennent adultes pour Kitty et adolescente pour Esme. Au fil des ans, Esme n'a pas changé, elle est toujours une jeune fille qui ne comprend pas trop le monde dans lequel elle vit. Les conventions sont toujours difficiles pour elle, mais elle fait de son mieux pour s'y plier. Elle reste rêveuse, insouciante et n'aspire qu'à une certaine liberté que son temps ne permet pas... Au grand désarrois et pour le plus grand agacement des parents. Jusqu'au jour où...Il se passe un événement... Ce n'est plus possible, Esme est internée... Pour quelque temps, en fait pour toujours. Elle a alors seize ans.

Oui, cette histoire et bouleversante. Elle nous parle d'une époque (parfaitement décrite, les années 30...) où la soit disant "hystérie" féminine expliquait tous les maux incompris, où l'on pouvait se débarrasser d'une épouse décevante ou d'un enfant désobéissant en l'internant. Les maris avaient alors tous les droits. Et les médecins d'alors ne cherchaient pas plus loin que les apparences et les bienséances pour poser un diagnostic, dans une époque et une société enfermées dans leurs carcans.

Sans en dire trop pour ne pas gâcher votre lecture... Iris va prendre Esme la soi-disant folle, chez elle pour quelques jours... Iris va assez vite réaliser qu'Esmé n'a rien de folle et va tout doucement, même inconsciemment, glisser dans des secrets de familles inavouables et tus à jamais. Le lecteur découvrira l'histoire au fil des remémorations personnelles d'Esme. Mais aussi via les souvenirs désordonnés, parsemés, incomplets de Kitty, la soeur aînée et la grand-mère d'Iris, qui est dans un institut spécialisé dans la maladie d'Alzheimer. Chacune de ces remémorations, de ces souvenirs amènent le lecteur vers une fin qu'il pense impossible, parce qu'intolérable, et tellement, trop saisissante, effroyable.

Oui, Esmé, cette fille qui aimait tant la liberté d'être et de penser, s'est vu enfermée et isolée pendant soixante ans. D'ailleurs, un moment que je n'oublierai jamais... Chez Iris, Esme prend un bain... Et réalise que cela fait soixante ans qu'elle n'a pas pris de bain sans surveillance. Esmé, la jeune fille et la femme dont on a tout volé : la liberté, la vie. Et pire encore. Inoubliable et bouleversante Esme...

Un livre magnifique, vraiment. Un chef d'oeuvre ! Esme...

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 26 Octobre 2019

Roman - Editions Audiolib - 10h56 d'écoute - 20€56.

Parution d'origine aux éditions Cherche midi en 2013

L'histoire : Quelques jours après le décès d'Elisabeth Bohlinger, ses enfants se retrouvent chez le notaire, exécuteur testamentaire de feu leur mère. Un véritable empire est un jeu : l'entreprise réputée "Bolhlinger cosmétiques". Les deux fils héritent immédiatement de leur part. Brett, quant à elle, a la surprise de recevoir une enveloppe qui contient... Un liste de vingt objectifs précis qu'elle doit réaliser en un an pour que s'ouvre son droit au lègue égal à celui de ses frères.... La vie de Brett promet d'être bien mouvementée !

Tentation : Pourquoi pas, à force de voir ce livre un peu partout.

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Fin d'été, envie d'une lecture facile sans prise de tête, donc c'est parti pour Demain est un autre jour, lecture un peu feel good, même très feel good. Surtout que la narration est à la première personne du singulier, faite donc par Brett, dont nous suivons aussi bien les péripéties que les états d'âme. Ces derniers amènent des passages un peu gnangnans et minaudiers. Mais c'est ainsi, c'est féminin et américain, plein de bons sentiments : tout pour toucher un max de lecteur.

Néanmoins la lecture (ou l'écoute) ne manque ni d'intérêt ni de suspens, le récit étant bien construit à cet effet. Le divertissement reste agréable.

Quid de cette fameuse liste de vingt objectifs.... Elle correspond à une série d'objectifs (choses à faire et à réussir dans la vie) que Brett avait rédigée adolescente, avant de jeter la feuille en boule dans une corbeille. La mère, passée derrière, avait récupéré et gardé précieusement cet écrit. Et force est de constater que la vie actuelle de Brett ne ressemble en rien à ce qu'elle avait imaginé enfant. Brett n'a donc d'autre choix que de s'atteler à cette liste, pour le meilleur et pour le pire et va découvrir les motivations de sa mère : rendre Brett à elle-même, à ce qu'elle est vraiment. Brett va donc aller de surprises en découvertes et se rendre compte qu'en fait, le nouveau chemin qu'elle emprunte la conduit doucement mais sûrement vers un bonheur vrai, sincère et sain.

Bon, évidemment, le récit se déroule comme il faut pour que Brett réalise ces objectifs, avec quelques ficelles bien tendues et des situations qui en induisent d'autres, à grand renfort de coup de doutes, d'erreurs, d'émotions et d'un peu de pathos tout de même. Mais l'histoire tient debout et ne nuit pas à la santé. Maintenant, Demain est un autre jour n'apporte rien de bien nouveau non plus sur l'accession au "nirvana" : la solution est en toi, il faut croire en toi, il faut faire confiance au destin ou au contraire, savoir le bousculer, ouvrir ton coeur, d'une action en découle une autre (genre l'effet papillon), ne pas oublier l'enfant que tu as en toi et blablabla et blablabla. Bref, ne pas se tromper de vie ! Ah oui, et j'allais oublier l'essentiel : évidemment, l'argent ne fait pas le bonheur !

Bref, un divertissement féminin et estival sympa, mais qui ne révolutionne pas l'univers !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 7 Septembre 2019

Littérature, afrique du sud, karel Schoeman, avis, chronique, blog, retour au pays bien-aimé

Roman - Editions 10/18 -251 pages - 9 €

Parution d'origine chez Phébus en 2006

 

L'histoire : George vit en Suisse. Sa mère vient de décéder, son père est mort plus tôt. Alors George décide de retourner au pays de ses ancêtres, l'Afrique du Sud, là où il est né. Terre qu'il a quitté à l'âge de cinq ans. Il a reçu la ferme de sa mère en héritage, et tiens à s'y rendre. Son retour en terres afrikaners sera loin de tout ce qu'il pouvait imaginer. Pour ceux de là-bas, il restera toujours l'étranger, mais aussi l'enfant du pays qui revient. Cette situation deviendra étouffante pour lui.

 

Tentation : Toujours dans ma découverte de la littérature sud-africaine

Fournisseur : Ma CB

 

 

Un roman et une plume de référence dans la littérature sud-Africaine

 

Mon humble avis : Ce roman a été écrit en 1972 (mon année de naissance, soit dit en passant), mais surtout, en pleine crise ségrégationniste en Afrique du Sud. L'auteur, Karel Schoeman, a reçu, en 1999, des mains du président Nelson Mandela, la plus haute distinction sud-africaine : The order of Merit. Voilà qui introduit bien cet ouvrage.

Je pense qu'il faut un peu connaître l'Histoire de l'Afrique du Sud pour apprécier ce roman et ne pas le trouver complètement "space". L'Histoire de l'Afrique du Sud depuis l'arrivée des premiers néerlandais en 1652. Cela tombe bien car ces derniers temps, en parallèle d'autres lectures, je lis aussi un récit sur l'Histoire ô combien complexe de la nation Sud-Africaine. Ainsi, j'ai pu appréhender un peu plus facilement "retour au pays bien-aimé", en apprécier la subtilité et sans doute, ne pas abandonner ce roman en cours de route.

Car l'atmosphère dans cette histoire est très singulière et oppressante, bien qu'il ne se passe rien de particulier, et qu'aucun réel danger ne semble menacer (nous ne sommes pas du tout dans un thriller !)... pour nous lecteurs (pour les personnages, c'est autre chose). Les choses sont assez longues à se mettre en place et quand elles le sont, on espère toujours qu'elles évolueront un peu plus. Sauf que non. L'histoire, le passé et le destin de ces hommes et femmes rencontrés par George rendent cela impossible.

Avec George, enfant du pays exilé avec ses parents depuis des décennies mais qui revient sur les terres familiales, Karel Schoeman nous présente quelques familles qui ont toutes un lien de parenté. Des familles Afrikaners (blanches), qui suite aux événements du pays, ont dû pour la plupart fuir la ville pour s'installer dans leur ferme, perdre leur vie confortable pour devenir des paysans vivant presque en parfaite autonomie, mais surtout, en autarcie, expliquée par l'Histoire en partie (apartheid)

Karel Schoeman dresse ainsi le portrait d'une certaine Afrique du Sud, pétrie de croyances et embourbée dans une Histoire qui serait écrite d'avance, dans des traditions, dans la peur de l'autre. Bref, des afrikaners on ne peut plus repliés sur eux-mêmes, dans une vie terne et dure. Des gens qui n'imaginent même pas qu'ils pourraient vivre une autre vie, s'ils le voulaient. Des gens qui renouvellent le même modèle à chaque génération, sans se rendre compte que les nouvelles générations ne peuvent pas s'épanouir, dans tous les sens du terme. Certains ne rêvent que de partir, sans rien connaître d'autre du monde, d'autres pensent toujours à la vengeance et à une certaine victoire.

Tout cela est traduit très particulièrement ici par l'auteur. L'important n'est pas dit ni nommé par les personnages, ou si peu, toujours en cachette et à mots couverts. Les dialogues disent beaucoup en ne disant pas grand-chose justement... Les personnages s'en tiennent à quelques remarques factuelles et superficielles. Tout est dans les silences, les non-dits, les regards, bien souvent en biais. Il en est ainsi avec l'étranger qu'est George, mais aussi entre ces gens entre eux.

Le thème central du roman est bien entendu l'exil... L'exil intérieur et spirituel, l'exil au sein même de son propre pays, ou encore l'exil dans le sens le plus courant du terme. Ceux qui partent... Qui ont eu la chance de partir, ou qui ont fui... alors que d'autres ont eu le courage de rester. Il est évidemment question du mal du pays, du passé. Et surtout, "retour au pays bien aimé" parle du retour de l'exilé, du fait que, même s'il est de la famille, il restera un étranger, tant les différences entre l'exilé et les "restés" sont énormes et que le lien familial semble bien dérisoire pour ressentir une proximité, une ressemblance. Tant le pays lui-même semble avoir changé, tant il ne ressemble plus en rien à l'image sublimée transmise par les parents, par les souvenirs, par les photos.

A mes yeux, ce roman est plus intéressant qu'agréable à lire. Certains moments m'ont vraiment pesé et, si je n'avais eu un objectif précis et quelques connaissances en me plongeant dans ce livre, possible que je l'eu abandonné. Bref, je suis vraiment sortie de ma zone de confort avec "Retour au pays bien-aimé". Je ne le regrette pas pour autant, c'est ainsi que l'on se construit une culture. Mais je me répète, ayez quelques connaissances sur l'Histoire du pays, s'il le faut, faites un détour par Wikipédia... Sinon, vous risquez d'être vraiment désarçonnés par cette lecture.

 

Ca tombe bien, je réalise que cela fait juste 6 mois 1/2 que j'ai acheté ce livre, je peux donc l'inclure dans le Challenge objectif PAL !!!

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 19 Juillet 2019

Roman - Editions Points - 272 pages - 7.40 €

Parution d'origine au Seuil en 2002

L'histoire :  David Lurie, 52 ans, deux fois divorcé, enseigne à l'université du Cap. Une jeune étudiante, parmi ses nombreuses conquêtes, finit par l'accuser de harcèlement sexuel. Contraint à la démission, David se réfugie auprès de sa fille, Lucy, qui vit dans une ferme isolée. Mais les temps ont changé et sa retraite vire au drame. La bourgeoisie sud-africaine doit payer pour les crimes de l'apartheid...

 

Tentation : Toujours dans ma découverte de la littérature sud africaine

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : Décidément, la littérature sud-africaine se révèle d'une richesse et d'une variété extraordinaire. 

J.M Coetzee s'est vu couronné par du Prix Nobel de littérature en 2003. Et Disgrâce a été récompensé par de nombreux prix international. Donc accrochez-vous, car on est ici dans du haut de gamme !

Ce roman a quelque chose d'envoûtant, même s'il met quelque temps à devenir vraiment intéressant. Il est passionnant, même si difficile d'accès pour une lectrice européenne qui n'a pas vécu cette Histoire, celle de l'Afrique du Sud. Disgrâce est aussi très dérangeant et nous pousse derrière nos retranchements de notre logique autant cartésienne qu'émotionnelle. Enfin, ce roman est très subtil, notamment dans les rapports humains qui y sont décrits... Ceux-ci sont souvent faits de longs silences, de phrases courtes qui coupent net les dialogues, ainsi est la volonté des personnages. Par pudeur certes, mais aussi par envie de liberté de vivre sa vie telle qu'on l'entend. Et paradoxalement, par la volonté de ne faire ni bruit ni vague pour pouvoir rester là où l'on est. Pour être protégé. Ce roman dégage une grande ambiguïté révoltante... Envie d'être libre de sa vie, mais en même temps mener la politique de l'autruche, se soumettre à une violence extrême, à une domination malsaine pour "assumer" ses choix de vie. Acceptez d'être victime et humiliée est pour le lecteur quelque chose d'évidemment impensable.... Même si cela semble être pour "réparer l'Histoire". Mais si l'auteur évoque ce type de destin de certains de ses compatriotes, c'est que là-bas dans ces fermes isolées d'Afrique du sud, cela existe.

"Espères-tu expier les crimes du passé en souffrant de le présent" ?

La toile de fond de Disgrâce est donc évidemment le racisme, sans pour autant revenir verbalement sur l'époque de l'Apartheid.

Mais d'autres sujets sont justement développés... La condition et la protection animale avec notamment, l'euthanasie des animaux domestiques abandonné. En effet, David Lurie, pendant son séjour chez sa fille, va devenir bénévole au refuge local de la SPA... Dans ces passage, l'auteur use de nombreux symbole pour évoquer l'humain.  Cette expérience au refuge va, peu à peu et très discrètement, le changer à jamais. L'amenant à penser différemment, à s'attacher ou à se révolter sur ce qui l'indifférait quelques mois plus tôt.

Il y a l'addiction à la jeunesse, au refus de constater le vieillissement personnel et tout à coup, se prendre tout en pleine face, quand la disgrâce vous éloigne de tout et vous offre l'infini et le vide pour penser, réfléchir, réaliser... Et tenter de devenir aimable tel quel.... Aspirer à une certaine rédemption, avec ce que l'on était, ce que l'on est et que l'on sera toujours... J.M Coetzee nous parle aussi de l'attachement viscéral des fermiers blancs à leur terre.

Le titre "Disgrâce" est au singulier... Il aurait pu être au pluriel.... Celle du père, quelque part méritée, acceptée mais dont les causes ne sont pas regrettées pour le père. En effet, en quoi le désir serait-il amoral, telle est la question.  La disgrâce de Lucie, la fille... Une disgrâce subie, injuste, acceptée par réflexe d'une certaine survie et enfouie au coeur de l'âme...

Bref, ce roman très subtil, écrit d'une plumeau aussi magistrale que froide, sombre, qui dresse un portrait réaliste sans concession de la société sud-africaine bancale post apartheid, je ne peux qu'en vous conseiller la lecture... En acceptant d'être dérangés dans votre version manichéenne du monde. Disgrâce est un roman très éloigné de ma zone de confort, et pourtant, sa lecture était addictive pour moi et j'ai vraiment beaucoup aimé !

 

PS : Pour info, ce roman a été adapté au cinéma en 2008 avec John Malkovich  dans le rôle de David Lurie. Pas vu, mais vais tenter de le voir !

 

Le billet de Keisha

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 29 Juin 2019

Doris Lessing , littérature sud africaine, prix nobel de littérature

Roman - Editions J'ai Lu - 96 pages - 5 €

 

Parution d'origine chez Flammarion en 2005

L'histoire : Roz et Lil sont deux amies d'enfance, qui ont toujours tout vécu ensemble, l'une habitant en face de l'autre. Plus tard, l'une a divorcé, l'autre est devenue veuve. Elles ont chacune élevé seul leur fils unique Ian t Tom.

Des années plus tard, Roz, Lil (devenues grand-mères), Tom et Ian et les filles de chacun sont attablés à la terrasse d'un café dominant la baie de Baxter's Teeth. La perfection et le bonheur aux yeux de tous. Soudain, Mary l'une des belle-filles, apparaît ivre de colère...

 

Tentation : Suite de ma découverte de la littérature sud-africaine

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : Toujours dans ma découverte de la littérature sud-africaine, il m'est apparu que Doris Lessing était une écrivaine incontournable... Effectivement, Prix Nobel de la littérature en 2007, c'est un signe tout de même. Mais bon... Devant l'inconnu, ne prenant pas trop de risque, j'ai choisi son roman le plus fin...

Roman donc très court mais sacrément dense et remuant. Envoûtant et pourtant dérangeant peut-être ?  Amoral ? Oui et non, à vous de voir. Mais l'ouvrage ne se veut absolument pas moralisateur, l'auteure ne prend pas position, elle raconte.

Rien ne dit réellement où se déroule l'histoire... En bord de mer, dans un pays assez grand pour avoir quelques zones désertiques. L'Afrique du Sud ou tout à fait ailleurs, peu importe. Ici, il n'est pas question de couleur de peau, d'Apartheid, ni de fond historique. C'est une histoire universelle, bien que je doute qu'elle puisse avoir lieu dans une nation à la religion extrémiste.

L'écriture est aussi délicieuse et fougueuse, qu'implacable et efficace. L'auteure n'y va pas par quatre chemins et le lecteur apprend très vite ce qui mettra plus tard la belle-fille Mary dans un tel état de colère. Les personnages sont admirablement construits et approfondis et font naître une situation familiale très rare en littérature, voire même peut-être inédite, avec un effet de "miroir filial" très fort. Nous sommes presque en huit clos formé de ce quatuor, les deux mères (qui deviennent grand-mères) et leur fils respectifs. Un quatuor lié à vie, attaché même, qu'il est difficile d'intégré, de séparer etc... Je ne peux hélas plus développer mes explication, sous peine de spoiler.

Ordre ou désordre naturel, le temps et les convenances viendront bouleverser ce faux équilibre, tout du moins en apparence.

Doris Lessing nous livre ici un magnifique portrait d'une amitié hors du commun, fusionnelle, de deux femmes libres et à l'esprit ouvert, mais qui se retrouvent, de leur plein gré, prisonnières d'une certaine situation, de ce qu'elles sont elles-mêmes en fait ? Jusqu'où sommes-nous libres de nous-même ? Quand devenons-nous notre propre piège ? Et peut-on lutter lorsque celui-ci vient du fond de l'âme.

PS : Un film a été adapté très librement de ce roman, sous le titre de Perfect Mothers, avec Robin Wright et Naomie Watts (sorti en 2013) (Pas vu)

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 11 Juin 2019

Patte de velours, oeil de lynx , roman suédois, chats, critique

Roman - Editions Babel - 103 pages - 5.70 €

 

Parution d'origine aux éditions Gaïa en 2015

L'histoire : Sara et Björn quittent la vie citadine pour la campagne le long de la côte ouest suédoise. Ils investissent enfin la maison qu'ils viennent de faire entièrement rénovée. Leurs voisins d'en face se montrent très accueillants. Tout s'annonce pour le mieux dans cette nouvelle vie. C'était sans compter sur Alexander, le chat des voisins, très territorial, qui terrorise Michka, la chatte de Sara et Björn... Et cette mésentente féline va révéler des comportements humains plutôt... troubles et étranges.

 

Tentation : Couv et pitch

Fournisseur : Ma CB !

 

Un mini (pour la taille) thriller suédois !

Mon humble avis : Ce court roman est sorti en format poche il y a quelques jours, donc hop, dans ma poche, dans mes mains, sous mes yeux, sans passage par ma fameuse PAL.

La vraie quatrième de couv survend un peu cette histoire, disons qu'elle exagère sur l'aspect angoissant qu'elle prend... parce que tout va très vite puisque le roman est court (pour une fois, je dirais presque "trop court")

Néanmoins, quel bon moment passé en ces pages à l'écriture fluide et aussi divertissantes que captivante. Parce que tout de même, la tension monte, on sent bien qu'il va se passer quelque chose et la fin est on ne peut plus surprenante... (agression, meurtre qui remonte à la surface, disparition). Même si l'ombre du potentiel mystère reste bien présente. L'interprétation est donc laissée à l'imagination du lecteur.

D'ailleurs, c'est une histoire vraie qui a inspiré ce roman à Maria Ernestam... Mais celle-ci y a évidemment ajouté la fantaisie littéraire et l'aspect thriller. Mais mine de rien, elle a vu sa vie bouleversé par la présence du chat de ses voisins qui terrifiait sa propre minette. Mais en même temps, comment interdire à des chats de vagabonder de jardin en jardin... et comment évoquer ce souci avec les propriétaires.

Les caractères et attitudes félins sont très bien rendus ici. Par cette histoire, l'auteure en profite pour bien expliquer qu'un chat malheureux et dérangé dans ses habitudes peut vraiment subir une période de stress et le montrer par différents comportements, pas forcément agréables pour l'humain (sans entrer dans les détails).

La 4ème de couv pose la question : "tel chat, tel maître ?". Dans certains cas et certaines dimensions, j'en suis convaincue.

Bref, une bonne petite lecture divertissante et agréable entre deux pavés par exemple ! Et la preuve qu'un thriller n'est pas obligé de dépasser les 500 pages, quand on sait aller droit au but et être efficace !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 18 Mars 2019

littérature, lecture, littérature américaine, nouvelles
Raymond Carver les vitamines du bonheur

Nouvelles - Editions Thélème - 7h20 d'écoute - 16.95 €

 

Parution d'origine en 1983 aux Editions du seuil

L'histoire : Douze nouvelles considérées comme des chefs d'oeuvre de Carver. Des tranches de vie où l'American Dream n'a pas vraiment le droit de cité... Maladie, alcool, divorce, addictions, expropriation.

 

Tentation : Curiosité culturelle/littéraire

Fournisseur : La bib' N°3

 

 

Mon humble avis : Une lecture expérimentale pour moi ! Non pas que ce recueil soit un OVNI (ou un OLNI), point du tout, mais il se situe très loin de mes terrains de prédilection ou de ma zone de confort. Mais ces temps-ci (peut-être que l'âge avançant n'est pas étranger à ce fait), j'ai vraiment envie d'aller voir un peu ailleurs ! Avec Carver (1938- 1988), considéré comme un nouvelliste de premier plan, me voici sur le seuil des très grands auteurs américains, considérés comme des classiques de la littérature outre -atlantique. Je suis sûre que 2 blogo copines (qui se reconnaîtront) seront étonnées de trouver Carver sur mon blog !

Alors, quid de ces 12 nouvelles ? Certains m'ont terriblement accrochées, d'autres beaucoup moins (comme celle donnant son titre à ce recueil d'ailleurs !). La dernière m'a bouleversée. Mais mon bilan de cette audio lecture reste positif.

Pas d'action dans ces histoires, mais du quotidien, comme il se vit en général dans les classes moyennes. Un moment où la vie bascule dans un certain K.O ou au contraire, quand enfin elle semble pouvoir remonter la pente.

Même si l'on est évidemment dans de la littérature, le style de Carver semble assez épuré. Disons qu'il ne s'encombre par de moult détails et encore moins d'effets inutiles... Juste quelques-uns pour dresser de façon efficace, profonde et touchante le portrait de ses personnages... Du moins, ce que le lecteur doit savoir pour appréhender ce qu'ils vont vivre... Et bien sûr, l'épreuve qui les attend et leurs réactions vont bien sûr nous permettre d'approfondir encore ces protagonistes.  Et de cela, il sort presque une étude sociétale.

J'ai adoré l'écriture de Carver, simple, fluide, directe, mais soignée évidemment et très subtile... Dans le sens où le plus fort n'est pas dit, juste à peine suggéré... Au lecteur de le saisir... ou pas, en fonction de son émotion personnelle, voire de son imagination.

Et cerise sur le gâteau de cette version audio. La voix, l'interprétation de Julien Allouf. Juste, enveloppante, chaude et virile à la fois, qui console et que l'on a aussi envie de consoler. Je suis tombée en amour pour cette voix ! 

Il en reste tout de même que les nouvelles ne sont pas mon domaine de prédilection, même s'il est intéressant d'y faire une incursion de temps en temps.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 14 Février 2019

Roman - Edition le livre qui parle - 5h43 d'écoute - 13.00 €

 

Parution d'origine en 1897

L'histoire : Un homme bien étrange arrive dans une auberge d'un village anglais. Il parle peu, se montre fuyant et cache son visage sous des bandelettes et ses mains sous des gants. Devant cet étrange personnages, les langues se délient déjà...Puis quelques temps après, le village découvre, incrédule, que cet homme est en fait invisible sitôt qu'il se dévêt... La panique, la peur et les théories les plus folles envahissent le village.

Tentation : la renommée de l'histoire

Fournisseur : Bib N°2

 

Ah ah ah ! Un titre parfait en ce jour de la Saint Valentin !

Mon humble avis : Nous l'apprendrons au fil de l'histoire, cet homme invisible est un savant nommé Griffin. Il a trouvé la formule pour rendre invisible les choses...et les gens. Après un test sur un chat, il a appliqué la formule sur lui-même... et il est effectivement devenu invisible...

C'est donc un roman de science-fiction, même si bien ancien maintenant. Et comme nombre d'ouvrage de cette catégorie, il est la porte ouverte à nombre de constatations et de réflexions comportementales, sociétales et surtout spirituelles et philosophiques.

En effet, au cours du roman, Wells démontrent parfaitement grandeurs et décadences humaines. Tout autant que les dangers de la science, des pouvoirs que celle-ci peut donner et du péril du "toujours plus". Wells décortique le comportement autant individuels que collectif face à l'étranger (la méfiance, le début du racisme), face à l'étrange (la curiosité souvent malsaine et les ragots qui en découlent), puis face à l'étrangeté, l'impensable, l'inexplicable : la peur, la concupiscence, le rejet, la haine. Et face à tout cela, l'étranger  sans danger devient alors le pire ennemis et capable de tout pour échapper à cette haine. Le message de Wells et son observation de la société sont donc on ne peut plus avérés et limpides, mais surtout, toujours d'actualité. Wells met aussi le doigt sur le risque des "super pouvoirs" et des abus qui peuvent en être fait par ceux qui les détiennent. Tout ce qui est "super" porte son risque de mégalomanie. Et un super pouvoir n'est pas que fictionnel évidemment... Il peut être politique par exemple...voire même spirituel.

L'écriture comme la lecture qui en est fait sur cette version audio sont très alertes et agréables. La première partie m'a captivée. Ensuite, les explications scientifiques de Griffin m'ont un peu perdu et les personnages secondaires, nombreux, cités tantôt par leur nom, tantôt par leur rôle, grade ou métier, ont eu aussi raison de ma concentration à bien des moments. Et puis j'espérais un héros plus sympathique pour m'accrocher. Il n'empêche, ce classique de la science-fiction, visionnaire une fois de plus, est un incontournable. Visionnaire, je le dis parce qu'à notre époque, le danger est là mais invisible mais potentiellement partout... ne pas céder à la paranoïa.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 21 Novembre 2018

Roman - Editions Thélème - 3.09 heures d'écoute - 17 €

 

Parution d'origine en 1889.

L'histoire : En Russie, lors d'un voyage en train qui dure plusieurs jours, un homme pénètre dans un compartiment. Il reste en retrait des conversations de ses co-voyageurs jusqu'à ce que celles-ci abordent le sujet des relations "homme-femme" et du mariage. Il prend alors la parole et dévoile son identité : il est Pozdnychev, homme connu pour avoir tué sa femme. Il se lance alors dans la narration de son histoire.

 

Tentation : Osons ! Soyons fous !

Fournisseur : Bib N° 2

 

 

Mon humble avis : Qui eut cru qu'un jour, délibérément, de mon plein gré, je piocherais une oeuvre de Tolstoï à la bibliothèque. Pas moi en tout cas, qui ait toujours (depuis le collège) était paniquée à l'idée de lire un classique. Alors un Russe ?! Vous imaginez ? Bon, j'avoue, je ne me suis pas non plus lancée dans Guerre et Paix, mais dans un court roman ! Restons prudent tout de même !

Et bien la prudence m'a permis de me délectée de cette écoute ! Oui, vraiment. Déjà, la qualité littéraire de l'oeuvre est tellement remarquable qu'elle m'a émue. Même si, Française oblige, je n'écoute qu'une traduction de l'oeuvre originelle, je n'ai cessé de me dire : "que la langue est belle", "quel talent de narrateur", "quelles phrases joliment construites", "quel vocabulaire toujours juste et pourtant jamais compliqué". Je pense que c'est ce qui m'a surpris en premier : la beauté d'une écriture travaillée mais on ne peut plus fluide et accessible, et si douce à l'oreille.

De la forme, passons au fond, tout aussi passionnant même si, pour notre époque, plus si originale que cela ! Le récit d'un crime passionnel. Même si ce texte date de 1899, par bien des aspects, je l'ai trouvé très contemporain. Et malgré l'évolution des moeurs, force est de constater que le monde et l'Homme n'ont pas tant changé que cela. Léon Tolstoï m'a tellement marquée par une de ses phrases que je l'ai presque retenue mot pour mot : "la femme ne s'émancipera vraiment que lorsqu'elle cessera d'être un objet de convoitise". Et oui, j'ai ainsi appris qu'au XIXème siècle, le sujet de m'émancipation féminine était déjà d'actualité...

Le titre de ce roman vient d'une oeuvre éponyme de Beethoven. Au fil des pages et des heures passées dans le train, Léon Tolstoï fait l'autopsie d'un meurtre passionnel. Pour cela, il éviscère le couple. Il passe au rasoir l'amour et la haine au coeur d'un couple, la passion, la séduction, le mariage, les relations sexuelles, la jalousie, l'infidélité, la domination, l'addiction, la pureté "recherchée" des femmes et la débauche acceptée des hommes, la position des femmes tant dans la société que dans le couple le poids et le regard de la communauté sur les célibataires comme sur les couples... Bref, il m'a bien semblé que pour Tolstoï l'amour est de début de la fin, le mariage le commencement du meurtre par longue agonie. Et titre oblige, Tolstoï évoque aussi la musique et les sentiments et comportements qu'elle fait naître en nous. La musique comme révélateur personnel intime, même si, ici, c'est pour le meilleur et surtout pour le pire.

Cette démonstration de Tolstoï m'a littéralement passionnée et captivée. Mais pour mieux en rendre compte, il m'aurait fallu prendre des notes, tant le texte est dense en mots, en sens, en thèses et en antithèses, tant le texte est rapide et efficace, tant il mérite et nécessite forte concentration cérébrale pour en apprécier la brillance intellectuelle et bien sûr, littéraire !

Si comme moi vous avez tremblez de peur à l'idée de vous plonger dans la littérature classique Russe, et bien dégustez donc cette sonate comme une mise en bouche, et vous m'en direz des nouvelles... De mon côté, j'ai l'intention de lire d'autres oeuvres de Tolstoï et piocherai de nouveau avec bonheur dans ces ... Courts romans ! Parce que n'exagérons rien, je ne suis pas encore prête pour Guerre et Paix, d'autant plus qu'une Warrior même pas peur blogo copine en a abandonné sa lecture cet été !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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