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Publié le 30 Mai 2025

Roman - Editions Folio - 81 pages - 6.50 €

Parution Folio en 2012

Mon pitch : Dans les Alpes italiennes... Un duel entre l'animal et l'homme.... Deux rois des chamois... L'animal, ce majestueux mâle qui domine sa harde sans doute pour la dernière saison... Et l'homme, ce vieux braconnier, que dans la vallée, on appelle roi des chamois, tant il en a chassés et ramenés sur son dos. Il ne raccrochera le fusil que lorsqu'il aura atteint l'unique cible qui lui a toujours échappée, ce fameux roi des chamois.

Tentation : poursuivre ma découverte d'Erri de Luca

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

Mon humble avis : Après mes coups de coeur pour "Impossible" et "Les règles du Mikado", je poursuis tranquillement ma découverte d'Erri de Luca, cet auteur italien qui m'a acquise en deux romans, tant son écriture épurée me touche en plein coeur.

Le poids du papillon... Un court roman ou une longue nouvelle... qui est suivi d'une autre : "visite à un arbre".

Deux textes magnifiques, qui disent tant de l'Homme, de la nature végétale, de la nature animale... L'homme sait demain mais ignore aujourd'hui, quand la nature vit le présent et ne sait l'avenir. On retrouve l'environnement si cher à Erri De Luca : la montagne... Il nous y emmène, nous donne à sentir, ressentir, entendre, écouter, guetter, à faire corps avec elle, comme...Ses personnages, qui sont une fois encore, des solitaires... vieillissants. L'auteur développe ici les thèmes qui l'obsède : le vide, la difficulté à vivre en société, la vieillesse, la violence du monde, la liberté, l'indépendance etc. 

La lecture du Poids du papillon peut paraître exigeante. Le texte est très poétique, les métaphores sublimes mais nombreuses et les deux protagonistes sont nommés de la même façon : Le roi des chamois... On les différenciera par leur façon de se mouvoir, le bruit des sabots de l'un contre celui des bottines de l'autres. On passe du point de vue de l'un, à celui de l'autre L'un croit dominer le monde, l'autre juste sa harde, même s'il sait qu'il lui faudra céder sa place. Ce texte est le récit d'une chasse dont l'issue, que je tairai est aussi sublime, qu'inattendue, que fortement symbolique. Il fait penser à un autre classique de la littérature... Le vieil homme et la mer d'Hemingway... La tension augmente en même temps que l'émotion.

Ce petit livre est un véritable instant de grâce, tant en compagnie du chamois qu'auprès de l'arbre que l'on visite... Une invitation à la réflexion, à l'introspection et à la contemplation. Une distinction entre la nature animale et la nature humaine... Car dans cette lutte qui paraît inégale, l'homme voit dans sa cible, non pas de la nourriture pour un hiver, mais la promesse d'un trophée... Juste des cornes... Le bipède admire l'autre, le quadrupède méprise l'homme, parce qu'il se souvient...

Mais c'est sans compter sur le poids d'un papillon, qui, depuis la corne du chamois, va se poser sur l'épaule du braconnier. Et quand la vie est déjà lourde, il suffit de peu pour basculer...

Court mais puissant, et toujours cette écriture époustouflante de beauté... Je reste conquise par mon nouveau chouchou italien...

 

Ils n'étaient pas courageux, ils étaient nombreux, valeur qui donne de la force aux plus faibles.

Le présent est la seule connaissance qui est utile. L'homme ne sait pas vivre dans le présent.

Les hommes ont inventé des codes minutieux, mais à la première occasion, ils s'entredéchirent sans loi.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 3 Mai 2025

Roman - Editions Zulma - 260 pages - 21.50 €

Parution Zulma en janvier 2025  (d'origine 1967)

Mon pitch : Au bord de la mer en Catalogne... Un jardinier travaille pour les propriétaires d'une riche demeure qui se succèdent. Le jardin donne sur la mer. Il se souvient de six étés et d'un hiver particuliers... Monsieur et Madame arrivaient, accompagnés d'amis à la St Jean et repartaient fin septembre. 

Est apparu Mr Bellom, qui fortune faite en Amérique, achète le terrain adjacent pour y construire une villa telle que ses moyens le permettent. Une fois celle-ci bâtie, il l'investit avec sa fille et le mari de cette dernière... Et, sous-jacente, la menace d'un passé enfoui fait son oeuvre jusqu'au drame.

 

Tentation : Envie de sortir des sentiers battus

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

 

Mon humble avis : Ce titre et cette couverture ont eu un effet hypnotique sur moi, aussi empruntai-je ce livre comme dans un geste d'urgence. Il a doublé tous mes autres projets de lecture.

Voici donc un roman catalan qui convenait parfaitement à mon envie de lire plus de littérature étrangère. Informations prises, Mercè Rodoreda (1908 - 1983) , que je ne connaissais pas du tout, est la romancière catalane la plus importante et la plus traduite dans le monde. Voilà que je m'attaquais donc à un classique catalan !

Bon, et bien cette incursion hors des sentiers battus n'est pas très concluante pour moi : rencontre ratée, je me suis ennuyée, malgré quelques passages plus savoureux.

A part quelques excursions dans le village voisin et une à Barcelone, tout se déroule dans le jardin, dans la maisonnée du jardinier, sur la plage, ou plutôt sur le mirador qui la surplombe. On côtoie de loin les propriétaires et leur poignée d'amis... Ou plutôt, comme ce jardinier témoin, on les observe dans leur oisiveté, dans leurs caprices de riches et leurs "petites histoires". Celles-ci font l'objet de cancans de la part des cuisinières, des femmes de chambre et du palefrenier qui participent d'un peu plus près à cette histoire par leurs observations, leurs oreilles qui trainent, et qui tentent de déposer tout cela auprès du jardinier, dans l'espoir d'en apprendre un peu plus sur ces qu'en dira-t-on.

Le ton est à la mélancolie, à la langueur, à l'indolence, à la distance... Comme le jardinier, on observe de loin... Donc je ne suis pas rentrée dans ce roman. Un drame advient qui semble en être à peine un. Aucune affection ou empathie pour les personnages pour cause de distance narrative et pour ces derniers, ce drame semble vite mis sous le tapis. Bref, il n'est pas développé, ni sur la longueur, ni sur l'instant. Et nous, nous assistons à ces bourgeons de conversations qui, toujours interrompus ou alors qui semblent vides de sens, tant tout est dans les non-dits.

Quant à l'écriture, je n'y ai rien trouvé d'exceptionnel. On reste dans le factuel et dans le style d'un jardinier. Certes, il y a un peu de poésie, mais tellement trop de verbes auxiliaires pour me plaire, pour que je le savoure. Je n'ai pas su me figurer ce fameux jardin où pourtant il devait faire si bon vivre, ni ses fragrances. Seuls m'ont un peu touchée les parents d'Eugeni, encore que leurs apparitions dans le texte et les dialogues qui en émanent, partant dans tous les sens (certes, à raison), soient longs et peu agréables à lire.

Bref, je pense que le fait de rester autant à distance des personnages, de ne pas avoir accès à leur intériorité réelle, a mené à me désintéresser de cette histoire, à m'y ennuyer, à la trouver fort longue pour si peu de pages. Comme une sensation de superficialité. Le texte en dit sans doute beaucoup plus, mais que je ne l'ai pas perçu. Mais pas de regret pour autant, j'ai, avec ce Jardin sur la mer, élargi mes horizons littéraires.

 

L'avis d'Alexlesmots et les avis plutôt bien positifs de Babelio 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 29 Avril 2025

Roman - Editions Audiolib - 11h56 d'écoute - 24.95 €

Parution Gallmeister et Audiolib en 2023

Mon pitch : Cet été-là, en 1984 à Breathed dans l'Ohio, règne une chaleur infernale et très localisée...

Hanté par la lutte entre le bien et le mal, le procureur Autopsy Bliss invite le diable à lui rendre visite... Et le lendemain, c'est un jeune garçon noir aux yeux verts qui se présente comme étant le diable. Personne n'y croit, mais une grande amitié naît entre ce garçon Sal, et Fielding, le fils du procureur. Peu à peu, garçon s'intègre dans la famille, espérant toujours un pot de crème glacée... Sauf qu'il faudra plus d'un été à la petite ville suintante pour être livrée en crème glacée, et que pendant ce temps-là, il se passe des choses bien étrange, qui affectent chaque habitant de la ville.

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Il m'a fallu du temps pour entrer dans cette lecture, au point, au bout du premier tiers, d'aller voir quelques avis sur Babelio qui justifieraient de la poursuivre, ou de la cesser... J'ai donc persévéré et c'est un grand bien... J'ai finalement adoré ce que cette histoire m'a dit sur l'Homme, et là où elle m'a menée.

Le diable n'est pas forcément là où l'on pense... Il peut aussi avoir l'apparence d'un ange...  ou ne pas être remarquable du tout, juste tapi dans un coin, au fond d'un homme, près à jaillir dès que l'occasion se présentera... Et le diable... il est contagieux... Comme la folie, comme la liesse, comme tout ce qui se vit en communauté, en groupe... Et le diable est dangereux et très très mauvais...

C'est Fielding qui raconte cette histoire, bien longtemps après qu'elle ait eu lieu, puisqu'il est à l'aube de sa mort, vieilli, rongé, usé... Il y a donc des allers-retours entre la vie "actuelle" de Fielding et ce qui s'est déroulé en 1984. Ces allers-retours au début, m'ont quelque peu perturbé. 1984, une année qui n'est pas un hasard dans ce roman de Tiffany Mc Daniel... Elle rappelle évidemment, et à dessin, le célèbre titre de George Orwell. Et les eighties, c'est aussi le début des années Sida, et de la honte et de la peur qui l'accompagnaient. 

L'écriture est magnifique, vraiment, on aimerait retenir tant et tant de phrases sur ce qui devrait être la sagesse humaine et qui se fait piétiner par le mal, l'aveuglement. L'écrivaine aborde de nombreux sujets à travers ce roman, jamais de façon purement frontale, mais de biais, par le mystère, avec beaucoup de justesse, de délicatesse, d'originalité, d'inventivité, de philosophie, et bien sûr de cynisme. Il est avant tout question de la perte d'une innocence, celle de Fielding... Qui en quelques semaines, voire en quelques minutes même, passera de l'enfance à l'âge adulte, parce qu'il a tenu une arme, et qu'il a fait feu, au milieu du feu... Certains passages sont d'une rare puissance. Toute l'analyse psychologique des tréfonds de l'âme humaine, que ce soit du côté obscur ou du côté lumineux est judicieusement écrit et mis en place dans cette histoire métaphorique qui aurait pu être belle, et qui est finalement atroce, dramatique, bouleversante mais d'une force inouïe.

Finalement, le diable, où se cache-t-il ? Dans la peur... la peur de l'autre, de la différence, de l'étranger, de l'inexplicable, dans la perte du libre arbitre. Le diable est dans l'intolérance, dans le fanatisme, l'effet de meute aliénant. Le diable est aussi dans celui qui sème et ne fait que passer, pas dans celui qui reste là où on sait l'aimer. Et si le diable était aussi dans la Justice... Ce sera à chacun d'entre vous d'en décider...  Qui de Fielding ou de son procureur de père a raison, dans ce regard porté sur ces événements de l'été 1984, l'été où tout a fondu, même la famille de Fielding...

Sal, un petit diable que l'on n'oublie pas.

Fielding où la douleur jamais surmontée, une vie et une famille qui s'est délitée.

Tiffany Mc Daniel nous parle du Diable en se penchant sur les démons de l'Amérique... Et la tension monte jusqu'à devenir intenable quand l'Homme commet l'inconcevable

A découvrir, vraiment ! 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 14 Février 2025

Roman - Editions Zulma - 214 pages - 10.95 €

Parution format broché en sept 2023, et poche en nov 2024

Mon pitch : Islandaise, Alba est aussi linguiste spécialiste en langue minoritaire, professeur et relectrice pour une maison d'édition. De par sa profession, elle parcourt le monde en avion de conférence en colloque. Un jour, elle se demande combien d'arbres il lui faudrait planter pour compenser son bilan carbone : 5600. Quelque temps plus tard, la voici propriétaire d'une parcelle dans la campagne islandaise. En son milieu une veille maison délabrée. Et dans sa voiture, des centaines de plans de bouleau, qui deviendront des milliers. Alba creuse la terre, plante et s'enracine.

 

 

Tentation : Le sujet et la couverture

Fournisseur : Kdo de Noël 

Mon humble avis : Depuis le temps que cette jolie couverture fleurie me fait de l'oeil... J'achève tout juste ma lecture exsangue, soulagée, et ce après quelques idées d'abandon, restées à l'esquisse parce que ce blog existe. 

Certes, il y a l'Islande, l'insularité, les vents, la terre plutôt stérile... Mais cela ne sert que de décor et à emplir les digressions de l'autrice.

Certes, nombreux sont les passages intéressants sur les inepties de nos sociétés, le dérèglement climatique et ses conséquences, les espèces (ou langues) en voie d'extinction, les migrants et d'autres sujets aussi divers que variés. Mais ces informations j'aurais pu les trouver sur Google si je m'étais questionnée à leurs sujets... puisqu'Alba nous cite régulièrement des résumés d'article lus sur Google.

Le changement de vie de l'héroïne aurait pu être franchement intéressant à suivre, voire inspirant. Sauf qu'il arrive subitement, sans explication réelles, et que l'on est devant le fait accompli de chaque étape sans suivre les démarches, les ressentis, les questionnements, les doutes. On reste dans le factuel et le descriptif, et l'émotion fut pour moi absente de ma lecture, à l'exception des cinq dernières pages. Soyons honnêtes, au long du roman, j'ai tout de même aimé suivre l'évolution de la relation d'Alba avec un jeune migrant de 15 ans. De même que je me suis amusée, dans ma tête, à dessiner la parcelle d'Alba au fur et à mesure de ses plantations. Sauf qu'une fois les bouleaux plantés et quelques pommes de terre, on n'en parle plus guerre. Quid de la joie de voir grandir un arbre etc...

La forme narrative est très très très redondante, jusque dans les dialogues avec le père d'Alba, sa soeur, son voisin, ou encore, le tenancier de la boutique de la Croix rouge du village voisin. L'éditeur annonce de la drôlerie dans tout cela, je n'y ai trouvé que de l'incongru ennuyeux. Même si je pense qu'il y a un exercice de style dans tout cela... En effet, Alba, qui est relectrice de romans après correction mais avant édition, liste beaucoup de tics, de défauts, de clichés et d'usages malvenus d'idiomes chez la plupart des romanciers. Et dans ces pages, il m'a semblé qu'Audur Ava Olafsdottir mettait justement en abîmes ce que son héroïne déplore. Enfin, Alba passe d'une idée à une autre pensée, et de même, ce roman semble partir dans tous les sens, sans nous donner un réel fil rouge.

Enfin, je ne suis pas sûre que traduire et publier ce roman en Français soit une si riche idée que ça, à moins que quelques lecteurs soit bilingue français/islandais (langue minoritaire) pour peut-être apprécier ce roman à sa juste (?) valeur. En effet, de nombreux passages sont consacrés à la linguistique, aux racines des mots, à leurs déclinaisons (j'en passe et des meilleurs)... Mais le tout, avec des idiomes islandais... Alors peut-être qu'en V.O, cela donne une teinte joliment poétique, mais en VF, c'est juste rébarbatif et mène à une lecture en diagonale...

La morale de l'histoire ? Et bien pour voir le monde en entier dans sa beauté, il faut s'en éloigner... Et sans doute et surtout, s'éloigner de la société qui l'habite et le détruit. Et planter des arbres pour lui redonner de la splendeur et le protéger. Mais ça, on le sait déjà, et pas grand-chose ne change pour autant.

Donc pour une fois, je ne conseille vraiment pas. Si vous voulez découvrir cette autrice islandaise (si ce n'est déjà fait), lisez plutôt "L'embellie" !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'avis de Sandrine Tête de lecture

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 7 Février 2025

Roman - Editions Gallimard - 160 pages - 18 €

Parution en mai 2024

Mon pitch : Lui est un vieil horloger, qui aime passer du temps seul, dans sa tente, dans les montagnes italiennes près de la Slovénie. Elle est une jeune gitane de 15 ans, qui fuit un mariage forcé. Lors de son évasion, elle cherche refuge dans sa tente. Ils se rencontrent, il la prend sous son aile. Des années plus tard, ils s'écrivent toujours.

Et dans leur relation, les règles du Mikado ne sont jamais loin... Règles de jeu, règles de vie, de discipline... Dextérité, patience, mouvement d'une pièce sans répercussion les autres...

Tentation : Mon coup de coeur pour Impossible, du même auteur

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : En lisant ce roman, je me disais qu'il me faudrait créer un autre grade de "notation" sur ce blog, car coup de coeur, pour ces règles du Mikado, ce n'est pas suffisant ! Erri De Luca m'a emportée au-delà, là où il n'y a plus de mot, me semble-t-il pour définir une sensation. Une chose est sûre, Erri de Luca est mon nouvel auteur chouchou !

Comment peut-on dire autant en si peu de pages, comment peut-on être si juste, si délicat, si dense sans action véritable, si bouleversant sans qu'il n'y ait de tragédie profonde ni de sentiment amoureux.... Juste une révélation, du respect entre deux êtres, de la reconnaissance.

Les deux premiers tiers du livres sont consacrés à la rencontre de ces deux êtres. On pense assister à un choc de générations, de cultures. Tout n'y est que dialogues entre eux. Et pourtant, ceux-ci sont minimalistes mais tellement savoureux. Ils s'apprennent l'un l'autre et apprennent l'un à l'autre. Il y a de la transmission, notamment à travers la sagesse de chacun et les Règles du Mikado, qui restent omniprésentes tout au long du roman. Puis ils descendent de la montagne, il lui présente la mer, lui trouve un travail sur le bateau d'un de ses amis pêcheurs et chacun semble poursuivre sa vie de son côté.

Puis nous faisons un bond de quelques décennies, puisqu'elle a eu des enfants qui sont déjà partis travailler. L'histoire prend alors la forme d'échanges épistolaires entre elle et lui, en elle et la fondation qu'il a créée... Puis elle lit un cahier qu'il a rédigé pour elle, comme une longue confidence, à laquelle elle répond sur le même ton. Toute leur vie durant, ses deux êtres ont gardé leur secret pour protéger l'autre et vis et versa. Et dans cette partie, le lecteur se prend une claque, car il n'a rien vu venir de cet extraordinaire rebondissement, rien deviné du trompe l'oeil imaginé par De Luca. De cette bulle de sagesse entre les deux êtres et le cocon proche du conte qu'étaient ces pages jusqu'alors, nous basculons dans une autre "dimension", deux êtres au milieu d'un grand tout souterrain. Oui, je suis obligée de rester très vague sous peine de divulgâcher. J'ai cru un moment être déçue par la tournure des événements, et finalement non, au contraire, car la beauté de cette relation frappe et bouleverse encore plus... Puisqu'elle résulte des choix et des concessions de chacun, par profond respect et générosité pour l'autre.

On retrouve dans ce texte des thèmes chers à l'auteur, la vieillesse, la spiritualité, le sens de la vie, la responsabilité dans nos choix, la solitude, la montagne, la nature, la transmission, la destinée, le tout dans une langue épurée mais forte de symbolisme qui relève d'un talent inouï. Des phrases qui percutent ou qui caressent, mais qui marquent, et qui incitent à poser l'ouvrage pour y réfléchir.

"Les règles du Mikado" est pour moi un bijou d'une finesse rare et un chef d'oeuvre d'une intelligence et d'une philosophie de vie absolue. Je pense que je ne vais même pas pouvoir attendre sa parution en poche pour l'offrir ! Un roman essentiel !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 8 Janvier 2025

Recueil de nouvelles - Editions Thélème - 7h55 d'écoute - 20 €

Parution d'origine en 2017 aux Editions Belfond

Mon pitch : 7 nouvelles... Qui traitent toutes d'une certaine solitude, d'une certaine mélancolie, d'une certaine recherche de soi-même, d'une certaine peur de soi, de l'autre, de l'amour.

7 nouvelles qui mettent en lumière des hommes sans femmes... Parce qu'ils sont veufs, parce qu'ils ont été quitté ou vont l'être. Des récits d'isolement.

Tentation : Le challenge Bonnes nouvelles

Fournisseur : Ma PAL audio (bib)

 

Mon humble avis : Si je mets quatre pattes à ces Hommes sans femmes, c'est parce que j'ai pris grand plaisir à écouter ce livre audio. L'interprète Etienne Beydon, de sa voix chaude, y met une douceur bien agréable, qui invite vraiment à écouter, à se laisser bercer.  Mais Murakami n'est pas innocent non plus dans mon plaisir de lecture. Car sa plume, sans esbrouffe et précise est d'une beauté exceptionnelle. La narration est simple mais le rythme est bien présent alors que le ton est très intimiste.

Jamais plus de deux ou trois personnages par nouvelles. Ce sont des hommes ordinaires que nous côtoyons ici. De tous âges et de toutes classes sociales... Un étudiant, un barman, un médecin, un comédien de théâtre... Ils ont tous besoin de confier leur histoire, un abandon, une trahison, un décès... Parfois les trois à la fois. Ces femmes qui ont quitté leur vie d'une façon ou d'une autre étaient épouses, maitresses, amoureuses aussi transi que silencieuses. Certains de ces hommes sont sans femmes, d'autres ont une relation particulière avec elles. Ils cherchent des explications à cela et Murakami aborde ainsi de multiples thèmes, dans l'incompréhension mutuelle qui unit les êtres, et dont découle une certaine détresse. Que devient on la suite d'un bonheur perdu, quelles sont les conséquences émotionnelles. Et dans ces textes, il ressort que l'homme a besoin d'une femme à ses côtés, sans elle, il n'est plus vraiment. Ce faisant, Murakami dresse un bel hommage à la place des femmes dans la vie de chacun, dans des situations assez communes, dans d'autres moins fréquentes, voire étranges.

La nouvelle qui m'a le plus émue et marquée est la première. Drive my car, qui a d'ailleurs inspiré en 2021 un film au titre éponyme. Les autres, je pense que je les oublierai vite, malgré le réel plaisir de lecture/écoute et de découverte..

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature d'ailleurs

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Publié le 4 Octobre 2024

Roman - Editions Audiolib - 10h d'écoute - 6.85 €

Parution en 2010 et 2011 pour l'audio

4ème de couv : En 1992, l’URSS s’effondre et les Estoniens fête le départ des occupants russes. Mais la vieille Aliide, elle, redoute cette liesse et vit terrée chez elle. Aussi, quand elle trouve dans son jardin la jeune Zara, en grande détresse, elle hésite à l’accueillir. Les deux femmes vont cependant faire connaissance, et un lourd secret se révélera, lié au temps de l’occupation soviétique. Aliide a en effet aimé et protégé un résistant, Hans. Quarante ans plus tard, c’est au tour de Zara de venir chercher protection, et la vieille femme va décider de la lui accorder, quel qu’en soit le prix.

 

Tentation : Le challenge de Sacha

Fournisseur : Ma PAL audio (Bib de Rennes)

Mon humble avis : Le challenge "Une rentrée à l'Est" de Sacha était pour moi l'occasion unique de sortir enfin ce roman de ma PAL audio. L'autrice est de Finlande et l'intrigue se déroule en Estonie... Deux destinations qui sont très loin de ma zone de confort et même de curiosité habituelle.

Purge a rencontré un vif succès en 2010 lors de sa sortie, et s'est vu alors couronné du Prix Femina étranger. Je savais que ce ne serait que le sujet ne serait pas facile, mais j'y suis entrée tout de même confiante, et quelque part, intriguée...

Hélas, c'est une audiolecture que j'ai subi... Sans doute peut-être parce que ce format-là n'est vraiment pas idéal pour ce roman. En effet, le récit oscille constamment entre diverses époques, et dans ces mêmes époques, entre différentes années. Impossible pour moi de suivre le fil, déjà que le nombre de personnages est lui aussi fastidieux à digérer. Et dommage, je n'ai pas pu suivre réellement la chronologie du contexte historique, puisque le récit n'est pas linéaire et qu'il a manqué de clarté à mes yeux, où on va dire, à mes oreilles. J'ai été incapable de situer tel et tel personnage dans tel clan (communiste ou pas etc) ou tel autres. Après cette lecture, si je devais résumer l'histoire de l'Estonie depuis 1939, je me trouverais bien impuissante. 

Certes, j'ai tout de même appris certaines choses sur cet Etat Balte cruellement absent de ma culture générale. Il me reste une notion floue d'un contexte géopolitique, et une idée un peu plus précise de la rudesse de la vie là-bas, en période d'occupation, de guerre etc. Torture, trahison, déportation, pauvreté extrême, peur au ventre, prostitution... Certains détails d'ailleurs ne nous sont pas épargnés et sont à vomir... Pourquoi aller dans te telles descriptions ? Je n'ai suivi la vie des personnages principaux que dans les grandes lignes, et sans certitude aucune de ma compréhension... Sans doute aussi parce que je ne me suis attachée à aucun d'eux.

Bref, le grand succès de ce roman m'étonne, à moins qu'il tienne au fait d'évoquer un pays dont on parle peu en littérature en France, et le rappel d'une période sombre de l'Histoire. En tout cas, je suis passée complètement à côté et c'est avec obstination et soulagement que je suis parvenue au bout... Ravie de pouvoir dire PAL audio antédiluvienne - 1 !!!

Le fond est d'un triste, d'un sombre à mourir, l'atmosphère pesante.

 

Le billet de Manou qui a tiré bien meilleur profit de sa lecture.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 30 Septembre 2024

Roman - Editions Points - 123 pages - 6.55 €

Parution d'origine 1989 (Poche France en 2010)

4ème de couv : Encore émerveillé par la lecture précoce de Moby Dick et son périple de jeunesse sur les mers antarctiques, un journaliste chilien repart à l'aventure. Aux côtés du capitaine Nilssen, il sillonne cet océan légendaire, traverse les fjords enneigés, dépasse les récifs du cap Horn. Croisant les baleines majestueuses qui tentent d’échapper à la pêche industrielle, il s’en prend aux nouveaux pirates du sud de la Patagonie...

Tentation : Roman adéquat pour le Challenge Book trip en mer

Fournisseur : Trouvaille à la braderie de la bib de St Lu

 

 

Mon humble avis : Bonne trouvaille, qui me donnait l'occasion d'une retrouvaille avec la plume d'un des plus fameux auteurs chiliens, à qui l'on doit le non moins réputé Le vieux qui lisait des romans d'amour.

Hélas, mon enthousiasme est bien moindre pour ce titre. Pourtant, il démarre fort agréablement, par le road trip d'un jeune durant ces vacances scolaires, qui finit en sea trip, puisque celui-ci, habité par sa lecture de Moby Dick, réalise son rêve d'embarquer sur un chalutier de pêche à la baleine. Remué par ce qu'il voit, il déclare aimer la navigation, mais pas la chasse... Cette ouverture initiatique laisse une place méritée à la poésie, aux descriptions de paysages titanesques, aux rencontres hautes en couleurs qui, du port, mènent à bord.

Puis Luis Sepûlveda m'a perdu de ses filets, le harpon s'est brisé à force de longueurs et de répétitions, malgré la faible épaisseur du roman. Un journaliste chilien exilé en Allemagne reçoit un appel mystérieux de son pays d'origine... Qui l'incite à prendre un avion direction Santiago pour y retrouver son interlocuteur... Et le voici, comme des années plus tôt, embarqué non plus pour participer à une chasse à la baleine, mais pour constater et témoigner de l'étendue des dégâts de cette même chasse. Et là, les pages ne sont qu'une succession de noms de détroits, d'iles, de fjords, de canaux... Succession qui devient vite indigeste, malgré la carte en début de l'ouvrage, et qui n'apporte rien, si ce n'est cette impression de long voyage.

Le monde du bout du monde est clairement un roman de militantisme écologique. Il y est d'ailleurs régulièrement question de Greenpeace, du Rainbow warrior etc. Le pillage des mers, notamment par les chasseurs pêcheurs scandinaves et japonais et leurs méthodes plus que barbares, leurs répercussions sur la faune marine, sa diminution, sont clairement le sujet principal de cette histoire. Ce qui est dommage à mes yeux, c'est que Sepûlvada multiplie les topiques dénonciateurs (certes louables, mais de trop ici) : la déforestation, les essais nucléaires en Polynésie, le génocide des indiens etc...

Si le premier tiers m'a plu, la suite, pour être honnête, me fait dire que je serais bien descendue du bateau pour rester tranquillou sur une île, le temps que l'histoire se termine. Mais dans ce coin-là de la planète, les îles sont loin d'être des havres de paix, tant l'océan est tumultueux.

Bref, avec un tel titre, je m'attendais à une magie épique que je n'ai pas trouvée dans ces pages qui sont, d'après ce que j'ai pu lire, assez autobiographiques. Peut-être qu'à l'époque de sa parution (1989), ce texte a pu être impactant... Trente cinq ans plus tard, nous sommes tous bien sensibilisés à ces causes, et notamment par des reportages sur des associations comme Seasheperd etc... Le retentissement d'une telle lecture est donc bien moindre.

 

                                                                          + 1 point + 2 pts car lecture hors Europe et USA

                                                                           Soit 18 au total, toujours quartier maître.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Août 2024

Roman - Editions Audiolib - 9h30 d'écoute - 21.45 €

Parution Stock & Audiolib 2022

Mon pitch : Cornouailles anglaises, 1972...  Une barque prend la mer, avec à son bord, la relève attendue des gardiens du phare Maïden rock. Sur place, c'est la stupeur... Les trois gardiens ont disparu et les portes sont fermées de l'intérieur. Et pourtant, la table est mise et toutes les pendules arrêtées à la même heure. Ce dramatique mystère ne sera jamais élucidé. 

Vingt ans plus tard, un écrivain reconnu débarque dans le coin pour écrire un roman sur cette histoire. Il rencontre les trois veuves... Sous le sceau de la confidence, les langues se délient, le vernis se craquellent, les secrets émergent...

Inspiré d'un fait réel datant de 1900.

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Une lecture qui tombe à point pour le challenge Booktrip en mer, et que j'ai adorée. Le mystère est si profond qu'on ne peut en imaginer une issue, et pourtant, l'on se doute que si Emma Stonex s'est lancée dans cette histoire, c'est justement pour en offrir une... des plus inattendues... 

Et pourtant, même si au fil des pages et des chapitres, on devine bien qu'il n'y a rien de surnaturel là-dedans, on se demande bien ce qui a pu se passer dans ce phare vingt ans plus tôt. Notre cerveau a beau se creuser les méninges, malgré les informations qui nous sont distillées, retourner la situation dans tous les sens, on se trouve bien devant une impasse. Mais Emma Stonex a plus d'un tour dans son sac et franchement, chapeau pour ce dénouement si bien pensé, conçu, orchestré.

Mais avant d'y parvenir, nous autres lecteurs, nous faisons des voyages dans le temps, entre 1972 et 1992... Tantôt nous sommes dans le phare avec Arthur, Bill et Vince, et nous découvrons alors les faits à travers leurs regards, en huis clos. Tantôt nous sommes avec Helen, Michelle et Jenny, les veuves que ce drame n'a pas resserrées, bien au contraire... Dans les réponses qu'elles donnent au romancier, on devine que chacune tient le mari/conjoint de l'autre pour coupable de cette triple disparition. Alors que ces gardiens de phare, aux yeux des autres, sont une famille solidaire, force est de constater qu'en vérité, il n'en n'est rien. Trahison ? Jalousie ? Suspicion ? Lourd passé ? Drame insurmontable ? La folie de l'isolement et de la solitude ? Secrets, regrets, remords ? Chagrin ?

On rentre ainsi dans l'intimité des êtres, dans celle des couples, dans celle d'une confrérie... Nous sommes dans un roman où les personnages sont finement construits et étoffés, où l'analyse psychologique et sociale est formidablement menée. Ajoutez à cela que ce livre est très bien documenté, il en devient, en plus d'être captivant, vraiment intéressant, car il détaille parfaitement la vie et le quotidien des gardiens de phares avant leur automatisation, mais aussi, celle de leurs proches qui subissent aussi une forme de solitude et les séparations régulières.

Les gardiens du phare n'est pas un thriller, mais il se lit comme tel !

 

416 pages en format poche papier

Je gagne donc 3 points avec cette lecture + 2 points de LC avec Kathel et Athalie

Ce qui me mène à 13 points et le statut de matelot :)

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 30 Juin 2024

Roman - Editions Audilolib - 12h40 d'écoute - 21.50 €

Parution en France en 2016 (2008 en Australie)

Mon pitch : Après un événement traumatisant, Lex quitte Sydney et vient s'installer dans une petite bourgade côtière... Il compte s'y "cacher", tenter d'oublier, et de se reconstruire. Au large, depuis sa maison, il voit les baleines passer.

Il rencontre Callista, une peintre bohème qui vit dans le bush, qui elle aussi, essaie de surmonter une épreuve de la vie. Vont ils s'apprivoiser, alors que Lex s'intègre un peu plus chaque jour dans la communauté locale.

Jusqu'au jour où Lex et Callistra trouve une baleine échouée sur la plage... Sans qu'ils en aient conscience, cet incident pourrait être révélateur et les aider dans leur réparation personnelle.

 

Tentation : A l'époque, la blogo..

Fournisseur : Ma PAL audio (Bib de Rennes)

 Mon humble avis : Aller, un petit tour littéraire en Australie pour changer. Petit, mais costaud, plus de 12h d'écoute...

Et au final, je ne suis pas franchement convaincue par ce roman : une lecture facile et divertissante, mais, mais...

Les dialogues entre les personnages m'ont paru assez souvent gnangnans saupoudré de pathos, d'autant que dans cette bourgade, la paroisse est très fréquentée et les bigotes nombreuses. Après, peut-être que cela représente vraiment la mentalité et le mode de vie d'un village côtier et isolé en Australie, je l'ignore. De même, le côté "je t'aime" "moi non plus", "un pas en avant, trois pas en arrière" entre Lex et Callista m'a plutôt agacée à la longue. Je ne me suis attachée ni à eux, ni à leur potentielle relation. Certes, si les personnages de romans s'aimaient tout de suite sans problème, il n'y aurait que des nouvelles dans les rayons des librairies, mais tout de même...

Pourtant, il y a une sacrée galerie de personnages et franchement, on a l'impression de vivre dans ce bled, d'y prendre son essence, de participer aux fêtes etc. Le côté immersif fonctionne plutôt bien.

Je dirai que l'intérêt principal de ce roman, puisque l'histoire en elle-même ne déborde pas d'originalité, ce sont les baleines.  Et comme l'autrice est aussi et avant tout vétérinaire, spécialiste de la faune sauvage, elle y connaît un rayon et sait ce qu'elle dit. Cet ouvrage fourmille donc d'informations sur le comportement, mode de vie etc de ces cétacés, et est un plaidoyer pour leur protection... et surtout, leur respect...

En effet, quand advient l'échouage de la baleine, c'est toute une organisation qui est mise sur pied pour son sauvetage, qui durera des heures et des heures, attirant quelques spécialistes mais surtout une foule de curieux qui pensent bien faire en voulant participer absolument à ce sauvetage.

Karen Viggers alerte donc et interroge sur une époque où achever un animal sauvage en très mauvaise posture n'est plus moralement concevable aux yeux du grand public, sans penser une seconde aux effets ravageurs niveau stress pour l'animal, ni sur le fait que si la baleine s'est échouée, c'est peut-être qu'il y a une raison et que son avenir est compromis... Bref, Karen Viggers met parfaitement le doigt sur le problème de l'homme qui se croit supérieur à la nature, qui mêle Dieu à tout cela et qui pense devoir tout sauver, alors qu'il n'est pas capable de prendre soin de l'ensemble. Dommage que le récit de ce sauvetage soit aussi long et développé (à priori 100 pages dans la version papier ! ). Mais c'est peut-être aussi pour rendre compte de ce que représente vraiment, sur le terrain, le sauvetage d'un cétacé, qui ne se fait donc pas en 2.2, qui use autant l'humain que l'animal, et que les bonnes volontés qui s'imposent dans l'équipe font pire que mieux.  D'autant que les médias sont là, et que tout le monde attend la bonne nouvelle, et qu'il ne faut pas décevoir le public !

Pour le reste, La maison des hautes falaises m'a paru plutôt superficiel, survolant les relations entre les personnages, et les pourquoi du comment... Encore du "demi-teinte" donc ! Je me souviendrai de la baleine, mais sans doute pas de l'histoire en elle-même...

 

 

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Rédigé par Géraldine

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