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Publié le 22 Juin 2024

Roman - Editions Audiolib - 5h24 d'écoute - 17.95 €

Parution Albin Michel & Audiolib mai 2022

L'histoire : À Tokyo se trouve un petit établissement, le Funiculi Funicula, au sujet duquel circulent mille légendes. On raconte notamment qu'en y dégustant un délicieux café, on peut retourner dans le passé. Mais ce voyage comporte des règles : il ne changera pas le présent et dure tant que le café est encore chaud.

Quatre femmes vont vivre cette singulière expérience et comprendre que le présent importe davantage que le passé et ses regrets. Comme le café, il faut en savourer chaque gorgée.

 

Tentation : Médias et blogo

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : Ce roman a eu un énorme succès tant au Japon qu'en France, et à force de le voir partout, je me suis dit que j'en boirais bien une tasse, de ce café encore chaud.

Sauf qu'hélas, je me suis noyée dans la tasse et que pour moi, le café a très vite refroidi, même si de temps en temps il semblait retrouver un semblant de saveur.

Peut-être que mon impression déçue est liée au support de lecture... Livre audio dans ma voiture, dont pourtant je suis coutumière. Mais pour le cas présent, je sais que les patronymes japonais m'ont très vite perdue (il est sans doute plus facile de les mémoriser à l'écrit), et les voyages dans le temps ne m'ont pas aidé à retrouver le chemin du plaisir et de l'attention.

Pourtant, à la base l'idée me paraissait originale et sympa. Et à travers les voyages temporels de quatre femmes le temps d'un café chaud, l'auteur aborde diverses thèmes, comme Alzheimer, ou l'IVG par exemple. Deux autres sujets sont restés pour moi trop nébuleux pour que je puisse les nommer clairement.

Mais j'ai trouvé beaucoup de longueurs, de répétitions, un manque de rythme, le tout accentué aussi par une interprétation un peu mielleuse et lente, ce qui donnait souvent des accents de mièvrerie et de gnangnan  à ce que j'écoutais. Bref, malgré la bonne idée de départ, l'ensemble se révèle un peu plat et fade, le café n'est pas très corsé !

Quant à la morale de l'histoire... Il faut profiter du présent... Rien de bien nouveau au pays du soleil levant.

Une franche déception pour moi, inutile de préciser que je ne lirai pas la suite.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 20 Juin 2024

Roman - Editions Table ronde - 480 pages - 24 €

Réédition en mars 2022 (Existe aussi en poche) Parution d'origine en 1950

Mon pitch : 1947, dans les Cornouailles. Le Manoir de Pendizack, transformé en hôtel par ses propriétaires, vient de disparaitre sous l'éboulement de la falaise qui le surplombait. Un certain nombre de ses occupants sont donc décédés, et le prêtre de la commune a bien du mal à se concentrer pour rédiger son oraison funèbre. Ce livre raconte la semaine qui précède le drame, avec espièglerie et ironie.

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

 

 

Mon humble avis : Je dois être l'une des dernières, sur la blogo, à lire ce roman que l'on a beaucoup vu il y a deux ans. J'ai enfin pris le temps de le lire, et mon Dieu, mais c'est un régal, un pur régal ! Les pages se tournent toutes seules, on rit, on est offusqué, on tremble, on se dit "oh, Margaret a osé"... Vraiment, les dialogues, caustiques à souhait, sont truculents d'humour noir... ou british, de d'ironie, cruauté, de dérision, et en même temps, criants de vérité. 

Dans cet hôtel, ça persiffle à tous les étages et à tous propos. Il faut dire que les personnages adultes, à une ou deux exceptions près, brillent dans l'ignominie et franchement, on adore les détester, tant ils nous font, quelque part, rire sur la nature humaine, car oui, des fois, il vaut mieux en rire.  Chacun représente en quelque sorte un des péchés capitaux. On sait dès le début, que certain périront dans l'effondrement de la falaise. Le jeu, je vous l'accorde un peu cruel, pour le lecteur, est de deviner qui survivra au drame. Margaret Kennedy met d'ailleurs nos nerfs à rude épreuve tant elle ne manque pas d'idées de rebondissements, qui même s'ils paraissent minimes, retardent l'advenue de la catastrophe. Qui aura la vie sauve ? Chaque pêché est-il aussi capital que les autres ? Il vous faudra vous plonger dans ce livre pour le savoir.

Il faut remettre ce roman dans son contexte historique. Deux ans après la guerre. Certains en sont encore traumatisés, d'autres ne l'ont pas vécue puisqu'ils ont fui aux Etats Unis. Mais tous en subissent les conséquences : le rationnement et les tickets qui vont avec... Et chacun (ou presque) veut tirer la couverture à soi.

Quoiqu'il en soit, le Festin peut se livre à différents degrés. Le premier, celui d'une comédie satirique, où il règne un peu une ambiance et un style "Desperates Housewives" ou "Quatre mariages et un enterrement", vu toutes les vacheries que s'envoient, l'air de rien, les uns et les autres.

Le second, comme une fable qui décrypte la nature humaine dans les difficultés. Et là, le symbole dans le livre est fort... Plus la faille entre les pensionnaires de l'hôtel s'élargit, plus celle de la falaise en fait autant et au final, tout s'écroule. Une communauté qui se déchire, ou chacun tire à soi la couverture au mépris des autres, menant ainsi à un effondrement... Ca ne vous dire rien ? Tout parallélisme avec la climat politique actuel de la France n'est-il que pur sarcasme de ma part ?

En tout cas, lisez ce roman, votre moment sera excellent, même peut-être mieux... mémorable ! Car ce Festin, je ne suis pas là de l'oublier... Ah oui, qui plus est superbement écrit et mené ! 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 16 Mai 2024

Roman - Editions J'ai Lu - 284 pages - 7.90 €

Parution J'ai Lu 2022 (Editions Emmanuelle Collas 2020)

Mon pitch : Nord du Cameroun, dans la communauté Peul musulmane, le destin tragique de trois femmes issues d'un milieu citadin et aisé. Trois femmes qui subissent les traditions tant peuls qu'islamiques et se retrouvent pour deux d'entre elles, mariées de force. La troisième voit arriver l'une d'elles dans son foyer, en qualité de deuxième épouse de son mari. Chacune rêve de s'affranchir de sa condition. Y parviendront-elles ? Et par quel moyen ?

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : Prix Goncourt des Lycéens 2020 écrit par une romancière camerounaise, militante pour le droit des femmes, pour qui les mots et les livres sont des armes de défense et de dénonciation. Un roman inspiré d'histoires vraies, dont sans doute celle de Djaïli Amadou Amal, qui a vécu également un mariage forcé et un autre avec violences conjugales. Autant dire que ce roman est important, incontournable dans ce qu'il dénonce pendant que le monde poursuit sa rotation.

J'ai lu ce livre en apnée, car oui, il nous accroche, nous atterre, nous effare devant ce que subissent ces femmes... Soumission totale, humiliations, maltraitances physiques, viols, coups... D'objet de leurs pères, elles deviennent celui de leurs maris qui ont tout droit sur elles, de les battre comme de les répudier, comme de les "collectionner" puisqu'ils sont polygames, mais évidemment, en sens unique.

Ramla passe son bac, aime un garçon qui a obtenu sa main, et prévoit entreprendre des études de pharmacies. Mais pour le business de la famille, son père la donne plutôt à un homme de 50 ans, déjà marié à Safira. Safira a 35 ans, 20 ans de vie commune avec son mari et voit d'un très mauvaise oeil l'arrivée de cette coépouse. Au-delà de la trahison, elle craint de perdre sa place... Enfin, nous avons Hindou, demie soeur de Ramla, qui se voit contrainte d'épouser son cousin, qui noie son oisiveté dans l'alcool, les drogues et ses explosions de violence. C'est le sort d'Hindou qui révolte "le plus", il est insoutenable.

La littérature me dévoile ce que même aucun voyage touristique, aussi aventureux soit-il, ne me dira... Car un guide va expliquer la vie quotidienne et pratique de ces concitoyens... Mais pour ce qui touche aux moeurs, cela reste toujours plus ou moins tabou, et toujours vu sous le prisme du guide lui-même.

Ici, Djaïli Amadou Amal nous fait passer par dessus les murs de ces grandes concessions familiales où, pour cause de polygamie, se côtoient plusieurs épouses et multiples enfants, le tout avec une hiérarchie très précise, où même les oncles ont tous pouvoirs sur leurs nièces... Les enfants le sont de tous... Et dans ces enfants, certains sont frères/soeurs et en même temps cousins/cousines. Les coépouses se détestent entre elles et tout est stratégie pour rester ou devenir la favorite... Et ne pas irriter le patriarche... Donc silence, on subit, on patiente. Aucune protection ni consolation parentale, le seul mot qui est dit c'est "Munyal"... patience.

Patience... je ne sais pas si je considérerai encore ce terme de la même façon après cette lecture. A toute jeune fille qui va se marier (contre son gré), on lui impose la patience comme mantra, comme maître mot et route directrice. Mais ce que signifie patience là-bas, c'est la soumission, c'est supporter l'insupportable, c'est attendre ce qui n'adviendra jamais. Subir, subir encore et toujours. Alors qu'en France, la patience, c'est faire la queue dans un magasin, attendre un train en retard etc... Cela ne veut pas dire se taire, n'avoir aucun droit.

Forcément, en lisant ces pages, on ne peut être que choqué par cette hypocrisie qui règne dans ces concessions où il n'est question que d'honneur, de dignité, de rang, de réputation mais jamais d'amour. Et tout cela, au nom de traditions ancestrales et surtout, au nom d'Allah... 

Ce livre, qui dénonce le sort des jeunes filles et des femmes de certaines contrées (ici le nord Cameroun) est donc indispensable et à lire. Et pourtant, je l'ai trouvé très imparfait. Au niveau littéraire, je l'ai trouvé assez pauvre, inégal, juste "propre", fait de phrases simples voire banales, parfois répétitives et de vocabulaire guère bien riche. A ce titre, sa nomination sur la première liste du Goncourt cette année là me surprend, même si son sujet le mérite bien.

On quitte Hindou à la moitié du roman, on ne revient pas vers elle alors qu'elle nous a tant bouleversée... Aussi, le lien entre les trois femmes, mise à part cette horrible destinée qu'elles n'ont pas choisie, est en fait un peu ténu. Enfin, je trouve qu'il manque une préface ou une postface, pour bien expliquer le contexte géographique, législatif et culturel précis, et éviter ainsi des amalgames possibles. Car bien sûr que l'on est plus que dans un roman... Ce sont des témoignages sous la couverture d'un roman.

Il n'empêche, ce livre, j'ai "aimé" le lire, ces héroïnes resteront longtemps en moi. Et moi ? Et bien une fois de plus je me dis que j'ai la chance d'être née en France, dans un pays où en majorité, malgré des inégalités récalcitrantes, la femme est libre et correctement traitée. Et si ça ne l'est pas, c'est la conséquence de comportements individuels qui, en grande partie, n'ont rien à voir avec une quelconque tradition ou une pratique religieuse. Certains voit un "drame" dans le fait que je ne me sois pas mariée, que je n'ai pas eu d'enfants... Cela n'a pas toujours été un choix, mais maintenant, ce constat me va bien. Et je vois surtout que je n'ai pas été obligée de me marier...

Une lecture éprouvante et bouleversante, mais indispensable. Et je suis loin d'avoir tout évoqué dans ce billet.

Le billet de Gambadou

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 7 Mai 2024

Roman - Editions Ecoutez lire  - 4h37 d'écoute - 16€99

Parution Actes sud 1994 et Ecoutez lire 2021

L'histoire : Un, deux, trois petits tours et puis s'en va.

Lin est heureuse, à priori... Deux petites filles, un mari aimant et complice, et son métier, la danse,  la passionne.

Son métier la passionne tellement que sa vie est une prison qui l'empêche de s'y épanouir franchement. Alors, un jour, elle choisit. Elle quitte sa famille pour aller vivre sa passion et son métier, profondément, de par le monde.

 

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : La bib de Betton, merci Cécile.

Mon humble avis : Quand je dis "tentation : pourquoi pas ? " Ce sont souvent des titres dont je n'ai aucune idée mais qui conviennent à mon besoin : des livres audios assez courts pour écouter en voiture et ne pas mettre trois mois pour les terminer !

La virevolte s'ouvre magistralement sur une scène superbe et émouvante... une mère découvre son nouveau-né. Et là, dès les premières lignes, on sait que la magnifique écriture de Nancy Huston va nous plaire, tant elle est subtile, juste, délicate. L'histoire l'est tout autant, bien menée et les comportements de personnages sont creusés, analysés finement, dans cette tempête que va créer Lin en abandonnant son foyer.

On suit les premières années de couple de Lin et Derek, leur entourage familial et amical, la naissance d'Angela, puis de Marina, et les chamboulements que chacune des naissances amène dans cet univers. Mais l'on sent la passion de Lin gronder. La danse est toujours là, même si reléguée au second plan, derrière les obligations familiales... Puis un jour, Lin lâche tout, s'enfuit, laissant ses filles derrière elle, et dans l'incompréhension. Ce sera d'abord Mexico, puis le reste du monde. Ses filles, elle ne les verra qu'épisodiquement au fil des décennies suivantes, elles deviendront des étrangères...

Et nous, lecteurs, assistons au cataclysme dans lequel Marina et Angela tente de se construire, de grandir, de s'affirmer.

Un roman sur le coût d'une passion, sur les conséquences de cette passion sur l'entourage, sur une femme qui choisit son destin, vivre pour et de sa passion. Je lis de part et d'autre que le choix de Lin est courageux. Je ne suis pas d'accord du tout. Pour moi, c'est de la lâcheté, de l'irresponsabilité. Quand on choisit de donner la vie, on réfléchit avant, et ensuite, on en assume les conséquences. De ce fait, je n'ai ressenti aucune empathie pour Lin, mais beaucoup pour ses filles, surtout pour Marina, dont le mal être est prégnant, et le dérivatif bouleversant.

Nancy Huston raconte sans juger, qui témoigne... Mais en tant que lectrice, et avec ma moralité, pas facile de rester neutre. C'est aussi à cela qu'appelle la littérature. Donc je conseille tout même ce livre très bien écrit, dont on déteste l'héroïne. Et pourtant, on ne l'oublie pas...

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 1 Mai 2024

Roman - Editions Lizzie - 11h48 d'écoute - 24.99 €

Parution Lizzie et Belfond en 2023

L'histoire : En 2045, les Etats-Unis ne sont plus... Suite à une nouvelle guerre de sécession, les côtes Est et ouest forment désormais la République : liberté totale des moeurs mais surveillance constante. Les Etats du centre, où les valeurs chrétiennes font loi, sont une Confédération.  Les deux blocs se font face, et sont tout deux munis de services d'information et d'espionnage puissants pour lutter contre toute infiltration. Samantha Stengel est une espionne reconnue de la République. Sa nouvelle mission justement, infiltrer l'ennemi et abattre une cible dangereuse et imprévisible... Cette cible, c'est sa demie soeur, dont elle vient d'apprendre l'existence...

Tentation  : La blogo

Fournisseur : la bib de Dinard

Mon humble avis : Après ma lecture de Les hommes ont peur de la lumière, je poursuis le glaçant portrait de l'Amérique de plus en plus divisé que dresse Douglas Kennedy. Mais avec Et c'est ainsi que nous vivrons, nous sautons dans le temps, nous voici en 2045, donc dans une dystopie.

Dans la République démocratique (côtes Est et Ouest), vous êtes libres de tout mais sous constante surveillance. Que vous soyez gay ou trans, croyant ou pas peu importe. Mais dans un monde du tout connecté, une puce électronique surveille néanmoins vos faits, vos gestes, vos conversations... Plus de vie privée. Vos consommations d'alcool, de viande sont mesurées et le système vous prévient dès que vous dépassez la dose qui vous est autorisée... Dans la confédération, sont proscrits l'avortement, l'homosexualité, le divorce, la transsexualité, le blasphème etc. Pour punir ces crimes les plus graves, les bûchers ont repris du service.

Voilà un état de lieu succinct... Evidemment, la guerre de sécession a donné lieu à une grande migration... Il y a des zones neutres, et des individus qui cherche à passer "de l'autre côté". Ce qui n'est pas sans rappeler l'Histoire, l'Allemagne de l'Est et de l'Ouest, Berlin etc...

La mise en place de l'intrigue en elle-même est un peu lente, mais c'est le temps qu'il faut pour poser LES décors, les événements historiques et leurs conséquences, et les conditions de vie aux extrémités et au centre... Le tout, avec évidemment encore quelques progrès technologiques (finalement toujours plus inventifs et invasifs) par rapport notre époque présente.

Samantha Stengel est la narratrice... Nous la suivons donc dans ces (mes)aventures, qui prennent évolue évidemment sous la forme d'un thriller. Nous avons bien sûr accès à ces pensées, mais celles qu'elle doit taire de par sa profession qui exige une soumission totale au système qui n'est pas loin de bannir l'émotionnel.  Bon on a parfois du mal à la suivre dans ses mouvements dans les ZN... Zones neutres, mais peu importe, l'ensemble se lit très bien, captive et ne manque pas de suspense. Bien sûr, Et c'est ainsi que nous vivons interroge...  Douglas Kennedy ne fait l'apologie d'aucun des deux camps, même si sa préférence, faute de mieux, est claire.

Car clairement, dans ce livre tout à fait probable, le pays des libertés n'est plus. Et en même temps, même si Douglas Kennedy situe son intrigue dans son pays, il suffit d'ouvrir les yeux que comprendre que cette scission, c'est aussi ce qui attend sans doute le monde entier dans un avenir plus ou moins proche... vu le chemin qu'il emprunte. D'un côté, les nations "big brother", de l'autre les théocraties qui remette l'inquisition au goût du jour... Et bien même si à contrecoeur, je choisis tout de même Big brother, car rien ne me dit que les fous de Dieu ne se piquent pas un jour des manières de Big brother...

Un roman bien pessimiste donc, mais j'ai la chance, là où je vis, de pouvoir encore le considérer comme un bon divertissement... bien glaçant.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 25 Avril 2024

Roman - Editions La peuplade -396 pages - 23 €

Parution en septembre 2023

L'histoire : Anna et Shadi sont deux étudiantes en psychologie que tout oppose mais obligées de travailler ensemble sur leur mémoire de fin d'étude. Son sujet : peut-on traiter le deuil comme une maladie, et donc le soigner par un médicament ? D'autant que Danish Pharma est sur le point de mettre sur le marché une petite pilule, la Collocaïne, qui lutte contre les effets du deuil prolongé ou deuil thérapeutique. Sauf qu'avec Thorsten, leur tuteur de thèse, elles découvrent que les statistiques ont été trafiquées pour cacher l'un des effets secondaires du médicament... La perte drastique potentielle de souvenirs et de toute notion d'empathie... Dont les conséquences pourraient être très grave...

 

 

Tentation : la blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Etrange, 2ème roman danois pour moi cette année, par hasard ! Et mon impression est un peu la même que pour "Le pays des phrases courtes"... Des pitchs très alléchants et prometteurs, et au final des romans qui, à mes yeux, ne sont pas aboutis et passent presque à côté du sujet.

Pourtant, j'ai lu En dehors de la gamme rapidement (ce qui est bon signe) et sans déplaisir. Ce roman pose de bonnes questions.... Le deuil prolongé peut-il être diagnostiqué et donc traité comme une maladie via la voie médicamenteuse, alors que le deuil fait ou fera partie de la vie de tous. Sommes-nous dans une époque où tout doit être soigné, même la plus naturelle des épreuves ? Nos souffrances morales ne sont-elles pas ce qui nous définit aussi comme être humain, les effacer ne risque-t-il pas de nous ôter cette identité... Autre question générée par cette histoire : Qu'est-on prêt à sacrifier de soi pour traiter une pathologie, une souffrance psychique, vu que presque tout médicament comporte des effets secondaires indésirables (il n'y a qu'à voir, par exemple la prise de poids liée aux anti dépresseurs) ? Cet aspect-là du roman est vraiment intéressant, bien posé, mais dommage qu'il ne soit pas plus approfondi.

On en vient ensuite à l'intrigue elle-même, présentée soi-dit en passant comme un thriller, ce qu'elle n'est pas, où alors juste pendant quelques pages. Cependant, elle est bien pensée et assez captivante, qui dénonce aussi les dérives de l'industrie pharmaceutique, à taire certains effets indésirables, quitte à trafiquer les résultats des études, pour la renommée, l'argent, l'égo, et être le premier à proposer une telle nouveauté révolutionnaire. Ici, c'est la perte d'empathie, liée à la prise de la Collocaïne qui est mise sous le tapis... A trop vouloir effacer la souffrance d'un individu, c'est son nature empathique que l'on ampute également... Et l'opposé de l'empathie, c'est la psychopathie... Donc imaginons les conséquences possibles si chaque année, des centaines de milliers de personnes prenaient ce médicament... Hélas, cet aspect là n'est que très peu développée dans le roman, même lors de la joute finale entre les deux étudiantes et la créatrice de ce médicament.

J'ai trouvé aussi ce roman un peu brouillon, et le style très inégal. Peut-être est-ce dû à la traduction, mais la construction des phrases est parfois très étrange et du coup, j'ai buté dessus, à chercher leur sens. Et même temps, dans les remerciements, il y a cette phrase surprenante de l'autrice : "merci à mes relecteurs qui se sont attelés à mes phrases mal bâties pour tenter de leur donner un sens"... Et bien objectif non atteint. Enfin, pas mal de répétitions  inutiles. Et j'aurais aimé que l'autrice, qui est psychologue de profession, termine par une synthèse de son sujet, puisqu'au fil des pages et suivant le point de vue et l'évolution des personnages, nous avons une thèse, puis une antithèse.

Au final, un roman plutôt agréable et sans ennui, original, qui pose de bonnes questions éthiques, mais qui reste trop en surface sur son sujet, et plutôt maladroit sur certains points. Dommage.

A savoir : Au Danemark, quand l'autrice a commencé à rédiger son roman, un diagnostic du deuil pathologique venait d'être mis en oeuvre. Les reste de l'histoire n'est que pure invention.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 12 Avril 2024

Roman - Editions Lizzie - 2h19 d'écoute - 14.99 €

Parution d'origine nov 2020 (Sabine Wespieser)

L'histoire : Décembre 1985, à New Rose, Noël se prépare dans chaque foyer... dont celui de Bill Furlong, père de cinq filles. Bill Furlong est marchand de bois et de charbon. Il livre à domicile, notamment le couvent voisin. Mais ce qu'il y aperçoit ne lui plait pas du tout, et la jeune fille qu'il trouve un matin apeurée, perdue et grelottante dans la réserve à charbon le chamboule profondément. Il évoque tout cela à sa femme, qui est du même avis que la rumeur et les "on-dit"... Ce ne sont pas nos histoires...

 

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : Bib de St Lunaire

Mon humble avis : Ce genre de petites choses... Ce genre de "petits" romans qui marquent... En effet, en 128 pages format papier, on peut dire que Claire Keegan ne s'encombre pas de l'inutile. Elle plante le décor, l'Irlande bigote, et Furlong son personnage principal : né sans père, Bill est maintenant marié et gère tranquillement, bien que modestement, sa famille et son travail. Jusqu'à ce qu'il découvre au couvent confirme les on-dit : les jeunes filles y sont exploitées à la blanchisserie, mal traitées, et leurs enfants illégitimes sont vendus à prix d'or.

On suit donc l'évolution des pensées et du mal être de Bill Furlong face à l'horreur qu'il découvre. Se confronte en lui la révolte face à l'horreur de ce qu'il constate et le prix à payer pour être un homme juste, courageux, fidèle à ses convictions au coeur d'un village qui préfère ignorer ces "petites choses" qui se passent dans l'enceinte religieuses. Le roman nous conduit doucement, subtilement et d'une plume juste vers l'acte de bravoure, qui fera de lui un héros... Entouré de femmes soit bourreaux, soit indifférentes au sort de ces pauvres filles. 

Claire Keegan s'inspire ici de faits réels irlandais maintenant bien connus... Les blanchisseries Magdalen et autres établissements du même genre, tenus par des soeurs catholiques, financés par l'Eglise et l'Etat irlandais, ont "abrité" de force environ 10 000 filles mères et leurs nouveaux nés, dans des conditions déplorables et intraitables... Certaines y sont mortes faute de soin ou des mauvais traitements. Le dernier de ces établissements a fermé en 1996... C'est effarant...

Dans notre époque où les hommes sont constamment montrés du doigt pour leur comportement envers les femmes, Claire Keegan rappelle que les femmes ne valent parfois pas mieux, et que le salut d'une femme peut aussi venir du seul homme qui a le courage de prendre le risque.

Ce roman parfaitement maîtrisé, qui commence en douceur, nous fait ensuite frémir et trembler, pour finir par nous glacer avant de respirer de nouveau. Mais pour une vie sauvée par Furlong, combien d'autres vies sacrifiées dans le silence national...

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 28 Mars 2024

Roman - Editions Gallimard - 2h46 d'écoute - 14.99 €

Parution en 2020

L'histoire : Sur un sentier escarpé des Dolomites, un homme chute mortellement.  Un autre homme donne l'alerte. Mais les deux hommes se connaissaient en fait... Il y a quarante ans, ils militaient dans le même groupe révolutionnaire (les brigades rouges)

Coïncidence improbable ou meurtre prémédité, c'est ce que tente de savoir au cours d'interrogatoires. Il a son idée sur la question, et s'emploie à faire fléchir le suspect, à obtenir des aveux...

Tentation : Sujet et pourquoi pas ?

Fournisseur : Bib de Betton, merci Cécile !

Mon humble avis : Erri de Luca, je ne le connaissais que de nom, à force d'avoir les yeux qui traînent partout dès qu'il est question de littérature. Et c'est une sacrée découverte pour moi, car j'élève sans hésiter "Impossible" au rang de coup de coeur.

Le livre est assez court, et alterne les interrogatoires et les lettres que le suspect écrit pour sa bien-aimée, du fond de sa cellule.

Dans la forme, Impossible m'a rappelé Article 353 du code pénal, de Tanguy Viel, pour l'aspect huis clos avec un magistrat. Dans la force et l'intensité, on se rappelle de Garde à vue, le film avec Lino Ventura.

Impossible... C'est ce que pense le juge de cette coïncidence qui a mis ces deux hommes sur le même chemin de montagne. Impossible, c'est ce qu'est ce meurtre par vengeance, et l'homme démontre cette impossibilité.

Ce texte est brillamment rédigé, qui met en scène, face à face, comme dans un duel, deux fines intelligences. L'une essayant de faire plier l'autre qui reste fidèle à elle-même et ses convictions. Le suspense grandit au fils des interrogatoires, on peut même parler de tension. On se demande vraiment qui en sortira vainqueur. Le lecteur est littéralement invité dans ces interrogatoires, qui prennent de plus en plus l'apparence d'échanges, de débats philosophiques ou d'initiation à la montagne et à une époque révolue. L'homme de loi est jeune, son interlocuteur est à l'âge où l'on n'a plus grand chose à perdre. Un louveteau face à un vieux loup... L'un avec sa formation, l'autre avec son expérience.

 On a l'impression d'être dans la pièce, et de retenir notre souffle pour ne pas perdre une miette de ce qui se dit. Il est question de fraternité, de trahison, de justice et de justesse, de pouvoir, de militantisme révolutionnaire, de collectivisme, d'individualisme, de montagne, de nature, d'évolution des mentalités au fil des décennies, d'idéaux, de valeurs que l'on souhaite maîtresses de notre existence... Et, à écouter ces hommes, on se dit que des valeurs opposées peuvent bien se valoir, puisque personnellement, j'ai autant apprécié celles du magistrat que celles du présumé coupable. Et dans ces conditions, je me suis surprise à penser "s'il est coupable, peu m'importe en fait, j'aime cet homme. Etrange étrange. Curieusement, la fin m'importait peu, tant j'étais captivée par ce chemin sensé mener à cette issue.

Un bras de fer inoubliable, une plume aussi sobre qu'efficace mais où chaque mot à son importance. J'ai adoré vraiment. Erri de Luca, encore un auteur à approfondir ! Un grand livre ! Que j'aurais plaisir à relire, en format papier, pour prendre encore plus le temps de le réfléchir et de le savourer.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Mars 2024

Roman - Editions Thélème - 7h15 d'écoute - 15 €

Parution d'origine chez Zulma en 2017

L'histoire : En quelques jours, la narratrice se fait quitter par son mari, gagne quelques millions de couronnes islandaises à la loterie, et voit sa meilleur amie lui confier son fils de 4 ans quelques semaines, le temps d'arriver au terme d'une grossesse difficile et gémellaire.  Le petit s'appelle Tumi, est presque sourd, porte d'énormes lunettes, et sa démarche est déséquilibrée. Tumi et la narratrice s'embarque pour un périple autour de l'Islande.

Tentation : Livre évoqué à mon club de lecture

Fournisseur : Ma PAL audio (Bib de Rennes)

Mon humble avis : Mais pourquoi ai-je tant tarder à me plonger dans cette embellie ? Tout simplement parce que ma rencontre avec Rosa Candida, énorme succès de l'autrice, ne m'a pas plu... Donc lorsque mes débuts avec une plume sont décevants, et bien après, je traine des pieds...

La romancière pose d'abord le personnage de la narratrice assez longuement, de ce fait, il faut un petit temps pour parvenir au coeur du sujet...  L'arrivée de Tumi dans sa vie, et le départ en voyage. Mais cette entrée en matière m'a paru nécessaire pour saisir cette femme particulière, qui semble traverser la vie avec détachement, réagir à tout de façon inattendue... Un personnage qui dans la vraie vie, aurait sans doute un diagnostic différentiel... HPI, TSA... allez savoir. 

Cette femme ne s'est jamais crue capable d'être mère, d'élever un enfant. Et voilà que sa meilleure amie lui confie son fils pour quelques semaines, un fils différent lui aussi. Tout d'abord terrorisée à cette idée, la narratrice va se révélée bien plus apte qu'elle ne le croyait à s'occuper de cette enfant. Et, peut-être parce qu'elle est aussi elle-même un peu différente, elle va réussir à s'adapter à lui, à communiquer avec lui, à être à l'écoute de ses besoins et de ses envies... sans que les handicaps du petit s'érigent en barrière. Le petit grandira, et sa "gardienne" s'affranchira de son passé, s'ancrera dans le monde et dans sa vie, se révèlera à elle-même.

J'ai beaucoup aimé cette histoire sensible, de différences et d'apprivoisement mutuel mais aussi personnel, individuel.  C'est parfois drôle, car le texte d'Audour Ava Olaffsdottir n'est pas dénuée d'humour pour pointer du doigts les travers sociétaux ou individuels de ses personnages, tout comme leurs particularités.  Le texte m'a paru rythmée et la lecture de Mélodie Richard l'est tout autant.

Les trois dernières plages d'écoute sont une liste de recettes de plats évoqués dans le roman, ainsi que quelques méthodes de tricot. J'ai zappé ces 3 dernières plages, n'étant pas intéressée par leurs sujets.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 5 Février 2024

Roman - Editions 10/18 - 308 pages - 8.30 €

Parution en mai 2023

L'histoire : Elle vient de s'installer avec "son chéri" dans une petite ville de l'ouest Danois. Son chéri est professeur dans une Hojskol* (voir note en bas de billet). Avec leur bébé sans prénom, ils vivent donc une vie assez communautaire, où tout le monde se connaît. Mais elle n'est qu'une pièce rapportée... Aussi il faut s'intégrer, s'occuper... Elle répondra donc au courrier du journal local, entre 2 biberons et 3 leçons de conduite... Il lui en faudra plus de 90 pour obtenir son permis, avec interdiction de rouler en arrière...

 

Tentation : Le billet de Keisha

Fournisseur : La bib de St Lunaire.

 

Mon humble avis : De la littérature Danoise, ce n'est pas tous les jours par ici ! J'ai vu ce roman de façon quasi simultanée sur le blog de Keisha et sur l'étagère "nouveautés" de ma bibliothèque. Donc hop, on y va.

Je m'attendais à plus envoûtant et plus hilarant que ce que l'annonce la mention en couverture. Certes, c'est barré, touchant, distrayant, ironique, piquant, socialement et humainement intéressant. Les réponses qu'elle donne au courrier des lecteurs sont parfois très sensées, preuve d'une analyse humano /sociale éprouvée, mais toujours sur un ton caustique. Parfois, elles semblent hors sujets... Ces réponses s'insèrent entre deux chapitres, ainsi que quelques chants de tradition danoise. Mais voilà, aux deux tiers de ma lecture, je me suis lassée du choix narratif. Il passe un peu du coq à l'âne. Et au milieu de beaux passages et de réflexions clairvoyantes (teintées d'un humour bien senti) sur notre époque et notre espèce il laisse un peu trop d'espace à des moments plus brouillons et longs. Je me suis interrogée sur leur utilité... ou sur ma mécompréhension. 

Le titre était bien alléchant et j'espérais qu'il en soit plus sujet dans ces pages, que cela amènerait plus de situations incongrues et vraiment drôles. Les sujets : la vie, la parentalité, le couple, la vie en société, l'hypocrisie et les inepties du système.

Mais... mais... "Elle" (dont on ne connaîtra jamais le prénom), m'a touchée et bien souvent fait penser à moi. Pas par rapport au permis de conduire que j'ai eu du premier coup avec le minimum de leçons requis, mais dans ses difficultés et complexes relationnels... Toujours à dire ce qu'il ne faut pas, pas quand il faut, pas comme il faut... A chercher quoi dire, à faire et être comme les autres sans y parvenir. Bref, le relationnel est source de stress pour elle, et ceci veut dire beaucoup. Quand j'étais au collège, j'avais demandé à une amie d'alors de me faire des listes de conversations possibles, pour me donner des idées... Dans ce pays des phrases courtes, elle prend des cours de conversation avec un célèbre animateur de documentaires télé.  Ses leçons privées et spontanées au bord d'un fjord par exemple m'ont été délicieuses.

Un regard lucide et ironique sur notre monde où entre autres, tout doit être "certifié", un divertissement original et intéressant mais imparfait à mes yeux.

 

* Pas d’examens, un rythme propre à chaque étudiant, un emploi du temps libre : les Højskole proposent une éducation hors compétition, et sans diplômes, qui permet à l’élève d’exprimer sa créativité et de vivre en communauté. Un laboratoire éducatif "Made in Danemark"

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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