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Publié le 2 Novembre 2018

Roman - Editions Sixtrid - 9h32 d'écoute - 19.99 €

 

Parution d'origine en 2016 aux éditions Seuil, existe aussi en format poche !

L'histoire : Nous retrouvons Fredrik Welin, le personnage principal des "Chaussure" Italiennes. Il vit toujours sur son île, sauf qu'une nuit, il échappe de justesse de sa maison en flammes... Et puis, quelque temps plus tard, il apprend qu'il va être grand-père, alors que d'autres maisons brûlent dans l'archipel suédois.

 

Tentation : Retrouver Fredrik, suite à ma lecture des Chaussures Italiennes

Fournisseur : La bib'

 

Mon humble avis : Une nuit, la maison de Fredrik, héritée de ses grands-parents, brûle sur l'île. Elle est réduite en cendre et Fredrik pense que sa vie est à l'image de sa maison, réduite à néant et si proche de la fin. C'est l'occasion pour le personnage et l'auteur d'approfondir les sujets de la vieillesse, de la mort qui approche, des liens familiaux, des racines, de l'héritage, de ce qu'on laisse aux siens etc. Et puis, alors que les relations avec sa fille (rappel, qu'il n'a connu que lorsqu'elle approchait la quarantaine) sont toujours chaotiques, celles-ci vont se trouver modifiées par une nouvelle donne... Louise va être maman, donc Fredrick grand-père. Alors, pour Fredrick, l'idée d'un avenir fait peu à peu son chemin, suivie de près par celle de la reconstruction, au sens propre comme au sens figuré.

Petite précision avant de développer mes impressions de lecture. Nul besoin d'avoir lu les chaussures italiennes pour chausser les bottes suédoises et s'y sentir à l'aise. Les faits principaux du premier tome sont rappelés et ne sont pas forcément utiles. "Les bottes suédoises" pourrait tout aussi bien être un roman "indépendant".

J'ai aimé bien sûr me retrouver sur cette île avec Fredrick, partager ses peurs, ses doutes, ses petites joies et la vie de la petite communauté de l'archipel. Les personnages sont évidemment attachants et approfondir leur connaissance est bien sûr plaisant, tout comme l'écriture de l'auteur, ceci n'est plus à prouver. Les bottes Italiennes est le dernier roman écrit par Mankell juste avant sa mort, on peut donc fortement imaginer que les questionnements de Fredrick sont ceux de l'auteur...

Au début du roman, on pense que l'incendie de la maison de Fredrick est un cas isolé... Quelques chapitres plus tard, nous apprenons que d'autres maisons brûlent dans l'archipel. Vient donc le mystère de l'identité du pyromane. Mais attention, si vous êtes habitués à Mankell auteur de polar, il n'est point question d'enquête ou de policiers ici.

Mes premiers temps d'écoute m'ont bercée et captivée. Il y régnait une douce nostalgie, presque langoureuse. Puis, la langueur est devenue lenteur à mes oreilles, puis presque lassante. Comme si Mankell s'était laissé aller à quelques remplissages inutiles. Et j'ai pu souvent reprocher des descriptions trop factuelles (comme j'ai pris un café, je suis descendu de la voiture etc...)

Autant Les chaussures italiennes m'avaient embarquée sur une autre planète et une autre dimension peuplées de moult symboles et servies d'une construction romanesque génial, autant ces bottes suédoises m'ont paru plus fades... Même si le message est là, à travers ces fameuses bottes suédoises : patience et la vie reprend, il faut du temps pour trouver ne vie à la bonne taille...

Cette lecture reste tout de même de bon cru, mais n'est pas, à mes yeux ou mes oreilles, un millésime de Mankell.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 5 Octobre 2018

Roman -, Editions Livre de Poche - 320 pages - 7.70 €

 

Parution d'origine chez Stock en 2016

 

L'histoire : Deb et Keller sont naturalistes, étudient les manchots de l'Antarctique tout en guidant quelques touristes.... Des années qu'ils se retrouvent à chaque mission sur le Cormoran... Un amour viscéral entrecoupé qui doit surmonter le passé de Keller... Cette fois-ci, lorsque le Cormoran lève l'ancre, Keller n'est pas à bord... Et quelques jours plus tard, l'équipage du navire reçoit un signal de détresse d'un paquebot de croisière... Qui n'aurait jamais dû s'avancer autant entre les icebergs...

 

Tentation : Le pitch et la destination

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

Mon humble avis : Cet été, j'avais tenté un premier voyage littéraire en Antarctique via "Ma vie de Pingouin" de Katarina Mazetti. Tentative plutôt manquée avec un roman fade et très peu révélateur de cette région du monde que je ne connaîtrais jamais autrement que par le regard et les témoignages des autres. Alors, en voyant "Mon dernier continent" dans les librairies, je me suis dit : retentons le Pôle Sud.

Ce roman fut pour moi rafraîchissant... Oh, pas dans le thème ou même les thèmes qui sont plutôt tragiques... avec évidemment, quelques lueurs d'espoirs. Mais j'en ai fait la lecture lors de mes récentes vacances à Corfou, au bord de la Mer Ionienne à 26 de degrés et avec un fond de l'air à 30 ! Moi en maillot de bain et les personnages sous plusieurs couches de vêtements adaptés aux températures polaires, ce décalage me plaisait bien.

Mon dernier continent... Qu'est-ce que le dernier continent ? Le plus souvent, c'est l'Antarctique... C'est là que les voyageurs qui ont déjà fait le tour du monde vont... Pour le mythe, la fierté, le pied posé.... C'est aussi là que vont ceux qui ont besoin d'oublier, de se cacher du monde et d'eux mêmes... Et pour moi, via ce bouquin, je pense aussi que "Mon dernier continent" est l'endroit "secret" de chacun, celui où l'on se trouve, où l'on se sent bien, ou l'équilibre s'atteint... Le dernier continent, c'est l'antre de chacun...Au bout du monde, au bout de la rue, ou dans un coin de l'âme. Peu importe... C'est un aimant contre lequel on ne lutte pas.

Ca, c'est pour la partie "réflexion" de cette histoire bien agréable à lire, qui met en scène des personnages profonds et approfondis, attachants même si, par moment, un peu caricaturaux. Enfin, c'est l'impression que j'ai eu car j'avoue que je n'ai jamais rencontré de naturalistes qui passent la moitié de l'année sur la glace pour étudier les manchots ! L'auteure donne vraiment la place méritée par ce continent lointain, mystérieux, convoité, exigent... et à ses habitants... Quelques humains qui s'invitent certains mois de l'année... Mais surtout, les manchots, les lions des mers, les oiseaux etc... Les descriptions et explications sur la vie là-bas, tant humaine qu'animalière, les précautions, les dangers, les us et coutumes, les différentes variétés de manchots, les fascinations sont intéressantes et accessibles. On y apprend vraiment beaucoup.

Le mode narratif m'a un peu moins plu... Puisque Midge Raymond, via des chapitres différents, alterne entre des passages du passé des protagonistes (qu'ils soient communs ou individuels), et les jours, puis les heures qui précèdent le terrible naufrage qu'on devine arriver... Puis, nous assistons instant par instant au sauvetage mis en place par l'équipage du Cormoran... Sauvetage dans une région du monde où chaque seconde compte et où la météo peut s'inverser d'une minute à l'autre. Evidemment, c'est en apnée que le lecteur lit ce sauvetage...

Enfin, Mon dernier Continent possède évidemment une forte propension écologique. Car l'Antarctique, même s'il est le dernier continent à ne pas être habité réellement par les hommes, et bien il subit néanmoins les conséquences du réchauffement climatique : fonte des glaces, modification de la vie des animaux et de leurs sources d'alimentation. La mer qui devient une poubelle. Midge Raymond propose donc de s'interroger (enfin ou de nouveau ou autrement) sur nos façons de consommer, de voyager, de s'alimenter et de se positionner... Oui, car le drame, ici comme ailleurs, c'est que l'Homme se considère toujours comme l'espèce supérieur, comme une vie qui a plus de valeur que toute autre vie terrestre...

Comme je l'ai dit, il est question d'un naufrage... Midge Raymond en profite pour rappeler qu'au-delà des victimes humaines de ce genre de catastrophes, on s'intéresse toujours très peu à ce que l'on appelle "les victimes collatérales" (quand on y pense seulement), qui sont aux premières loges et qui subiront les dégâts et leurs conséquences sur des générations d'individus : Les animaux marins ou terrestres qui n'ont rien demandé d'autre que de vivre tranquillement sur leur banquise... qui fond, qui fond, qui fond.

NB ; une réflexion qui m'a bien plu... Il fut une époque où les aventuriers voulaient être les premiers à fouler un sol... maintenant, ils voudraient être les derniers... Pourquoi ? Pour marquer l'Histoire... et pour protéger un lieu d'un assaut qui serait destructeur.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 17 Septembre 2018

Roman - Editions Gallimard - 11h24 d'écoute - 19.80 €

 

Parution d'origine chez Gallimard en octobre 2014

 

L'histoire : L'histoire s'ouvre sur une disparition inexpliquée, celle de Lila. Elena, son amie d'enfance, plonge dans ces souvenirs et narre leur particulière amitié qui naquit dès leur plus jeune âge, dans un quartier défavorisé de Naples. Ce premier tome couvre donc l'enfance et l'adolescence de ces deux jeunes filles, avec leurs différences, leur complicité etc...

 

Tentation : La réputation de cette saga

Fournisseur : Bib N°2

 

 

Mon humble avis : J'ai enfin lu le premier tome de la saga dont le monde entier parle et ne tarit pas d'éloges depuis bientôt 4 ans... Mon audio lecture s'est achevée en début d'été... Et ce n'est que maintenant que je trouve le courage de m'atteler à l'écriture de mon billet... Qui sera donc, je pense assez succinct. Bon, en même temps, je pense que tout a déjà été dit sur ce roman, et ce, dans toutes les langues écrites que porte notre bonne vieille terre.

Je m'interroge franchement sur ce succès international presque inédit de la saga (le tome 4 est paru cette année). Tout le monde sait que personne ne sait qui est réellement l'auteur, le nom d'Elena Ferrante étant un pseudonyme cachant une identité qui ne veut être connue... Et bien je soupçonne que le buzz autour de cette auteure inconnue soit pour beaucoup à ce succès.

Franchement, j'ai subi cette audiolecture, malgré un style, une plume, une écriture remarquables et agréables.

En lecture papier, j'aurais abandonné à la moitié je pense. En audio dans ma voiture, ça passait un peu mieux, le paysage changeant était là pour me divertir. Certains passages peuvent se révéler intéressants, mais ils sont tellement noyés dans une masse de détails, de répétitions,  d'explications,  et d'anecdotes qui prennent des pages qu'on les oublie... Tout ça pour pas grand-chose. Les rentrées scolaires rythment le récit. J'ai eu l'impression, même si le premier tome s'achève à la fin de l'adolescence de Lila et Eléna, que les deux fillettes atteignaient déjà la trentaine. Bref, les années sont longues et paraissent doublées, voire triplées !

De plus, cette amitié "à la vie à la mort" m'a paru franchement  malsaine, entre la domination de l'une et la soumission de l'autre, tant sur des sujets importants et durables que sur des pacotilles. Et puis il y a en fait tant de compétition entre les deux gamines que je me demande bien où est la réelle amitié dans cela. Pourtant, la vie de l'une et de l'autre, les évolutions de chacune n'est pas sans intérêt. L'une est surdouée mais doit arrêter l'école très jeune. L'autre étudie beaucoup pour rejoindre le niveau intellectuel et culturel de Lila et peut poursuivre l'école. Le tout se situe le contexte géopolitique de l'Italie du Sud dans les années 50 puis 60. Mais voilà, trop de détails, trop de longueurs, trop de répétitions, trop de superflu pour qu'il y ait de l'émotion et que les personnages me touchent. Non, ils m'ont plutôt agacée, en tout cas pour ceux que j'ai réussi à repérer. Car les personnages, sont pléthores et pour la plus part, n'apportent rien au fond du récit.... Plus de onze heures d'écoute très linéaire alors qu'en 6 heures, le texte et l'histoire auraient fortement gagné en intensité et densité. Et là, sûrement qu'ils m'auraient beaucoup plu.

Inutile de dire qu'ayant frôlé l'overdose, je n'ai pas l'intention de me coltiner les 3 tomes suivants !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 13 Septembre 2018

Roman - Editions J'ai Lu - 510 pages - 8.40 €

 

Parution d'origine chez J.C Lattès en 2011

 

L'histoire : Un an après l'assassinat de sa petite amie Merrin, pour lequel il a été suspect puis acquitté, Ig se prend un sacrée cuite sur le lieu même du massacre de Merrin. Le lendemain, le réveil est douloureux, surtout quand Ig découvre que deux cornes lui sont poussées sur la tête. Ig découvre très vite que ces deux cornes lui permettent de faire avouer l'inavouable à toute personne qu'il croise sur son chemin ? Don ou damnation ? Que faire de ce pouvoir ? Retrouver le véritable assassin de Merrin ?

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Joe Hill est un pseudonyme... Derrière, se cache le fils du King. Pas Elvis hein ! Ni Michael ! Non, Stefen !!

Donc nous ne sommes évidemment pas dans de la littérature "classique", le fils suivant plus ou moins le chemin du père. Ici, c'est du fantastique et un peu de paranormal que Joe Hill met dans sa sauce pour agrémenter sa recette, enfin, son intrigue.

Le roman démarre sur des chapeaux de roue, dans le sens où nous sommes très vite dans le sujet ! Ig découvre ses tempes garnies de cornes et très vite, il remarque les pouvoirs que ces cornes lui amènent. Faire dire aux gens ce qu'ils ne veulent pas dire, tant c'est inavouable... Pour oublier juste après leurs aveux.  Les pages se tournent donc toutes seules et ce début est vraiment de bon augure pour la suite.

Hélas, je me suis vite lassée, l'auteur laissant beaucoup trop de place aux passés et aux souvenirs des protagonistes, souvenirs qui nous sont servis à plusieurs reprises, avec la versions de chacun des concernés. 

De ce fait, la véritable action et le sujet des cornes et leurs conséquences n'occupent qu'un tiers du roman, d'après ce qu'il m'a semblé. Dommage, car en cas contraire, le roman aurait pu me plaire. Mais non, c'est plutôt une sensation de désordre et de mélange de genres peu aboutit qu'il m'a laissée. Même si certaines révélations sur le personnage de feu Merrin surprennent et émeuvent. On se demande si l'auteur a voulu saupoudrer une histoire romanesque assez classique avec du fantastique qui frôle (juste frôler hein !) ou le contraire. Le très long dénouement démoniaque et fantastique s'inscrit enfin dans un genre. Mais pour moi, la sauce n'a pas pris. Le petit aspect polar (vu qu'il y a tout de même eu un meurtre non élucidé) n'a rien d'extraordinaire, le suspense n'est pas impitoyable et franchement, même pas peur ! Quant au style et/ou la traduction, rien d'extraordinaire non plus.

Il y a déjà quelques années, ce roman a été adapté au cinéma sous le titre de Horns, avec Daniel Radcliffe (alias Harry Potter) dans le rôle d'IG. Je n'ai pas vu ce film et ne compte pas le voir... Dans le roman, il est très souvent question de serpents en masse, donc ce genre de scène au ciné aurait tout pour me dégoûter !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 26 Juin 2018

Roman - Editions Audiolib - 7h17 d'écoute - 22.90 €

 

Parution d'origine chez Gaia en mars 2015, existe aussi en format poche.

 

L'histoire : Des touristes suédois divers et variés embarquent pour une croisière en Antarctique. Parmi eux, une septuagénaire globe-trotter, une trentenaire qui a toujours le mot pour rire, une jeune homme qui a décidé d'en finir, un type qui aimerait se débarrasser de sa femme sur un iceberg et quelques autres... Bref, tous les ingrédients pour que cette croisière reste inoubliable et animée.

 

Tentation : Pitch et bandeau

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : J'ai lu ce livre juste après "Briser la glace" de Julien Blanc-Gras, livre qui m'avait amenée en Pôle Nord. Alors, pourquoi pas le Pôle sud juste après, c'est ça la magie de la lecture, pouvoir vous téléporter d'un bout à l'autre de la planète ! Et puis... je garde un bon souvenir de "Le mec de la tombe d'à côté", de la même auteure suédoise. Et enfin, le bandeau annonçant "une comédie pétillante et stimulante" m'a fait dire : un peu de rigolade sera le bienvenu...

Bon, ben... j'ai pô ri... J'ai même pô vraiment souri ! Je pétillais plutôt d'impatience d'en finir en fait, puisque je n'ai pas trouvé dans ce roman les ingrédients que j'espérais, pire, que le bandeau m'avait promis !

Les personnages prennent la parole les uns après les autres. On repère et on suit bien les principaux, par contre, les secondaires floutent l'ensemble et  interviennent souvent comme un cheveu sur la soupe... inutilement. 

L'aspect voyage en Antarctique est très peu développé, mise à part la description de quelques volatiles, lions des mers, pingouins (évidemment) et de "superbes paysages". Le roman aurait pu se dérouler n'importe où ailleurs sur la planète, voire même dans un hôtel club en pleine saison, cela n'aurait pas changé grand-chose. Dommage de ne faire de l'Antarctique qu'un prétexte à une histoire plutôt plate, prévisible et surtout "calibrée" tout comme il faut, avec une distribution des rôles digne d'un show de télé-réalité.

Certes, quelques situations intéressantes s'amorcent, mais elles ne sont jamais approfondies ni exploitées alors qu'elles auraient justement pu apporter du cocasse ou de la causticité... Mais non, Katarina Matzetti reste bien sur les rails, ou plutôt sur son bateau. Les conversations qu'échangent les protagonistes sont on ne peut plus consensuelles et évoque bien sûr les sujets actuels tels que le réchauffement climatique etc... Mais sans jamais voler bien haut... 

Ma vie de pingouin pourra peut-être vous divertir sur une plage en pleine canicule mais n'en n'attendez pas beaucoup plus !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 30 Mai 2018

Roman - Editions Audiolib - 4h16 d'écoute - 21.90 €

 

Parution d'origine chez Christian Bourgeois en août 2015. Existe en format poche !

L'histoire : Dès sa naissance, Bride a été le cauchemar, la honte et le fardeau de ses parents... Pourquoi ? Parce qu'elle était bien plus noire que ces parents mûlatres, d'un noir bleuté. Alors, toute son enfance, Bride a quémandé l'amour de ses parents, jusqu'à commettre l'irréparable pour en obtenir un geste d'amour, sa main dans celle de sa mère.

Devenue adulte, Bride est une femme magnifique qui a fait de sa couleur un atout. Elle est haut placée dans une société de cosmétiques. Et qui voit Bride ne serait-ce qu'une fois est suffoqué par sa beauté. Mais le passé reste ancré en elle ses souvenirs et ses traumatisme. Ce roman est celui de sa délivrance, ainsi que celle d'autres personnes autour d'elle.

 

Mon humble avis : Méga coup de coeur pour ce 11ème roman de l'écrivaine Américaine Toni Morisson (et 2ème lu pour moi)

Déjà, mention ultra spéciale pour l'interprétation qu'en donne Anna Mouglalis dans cette version audio. Quel talent de lecture et surtout, quelle voix ! Qui semble sortir des entrailles de la terre et qui pénètre de suite dans nos veines pour nous étourdir de sa puissance émotionnelle. Je dirai un peu timbre ressemblant à celui de feu Jeanne Moreau, qui correspond tout à fait au ton de cette histoire, narrée par plusieurs de ces personnages, et parfois par la romancière elle-même.

Toni Morisson explore encore moult sujets qui lui tiennent à coeur. Le racisme, latent ou manifeste, qu'il soit sociétal ou familial, intra-communautaire ou extra-communautaire... La jeunesse dans une Amérique très modeste. La pauvreté. Les coins perdus où vivent des américains d'un autre temps, dans de simple caravane... bref, une ambiance Bagdad Café par moment dans ce roman.

A travers le personnage de Bride, qui, malgré un départ épineux dans la vie, qui embrasse un succès professionnel et une réputation phénoménaux, Toni Morisson montre qu'elle refuse la fatalité, mais qu'évidemment les réussites sont plus chères payées. Morisson évoque aussi la vie de couple... Dès le début du roman, Bride est quittée par son ami... Parce qu'"elle n'est pas LA femme..."... Dès lors, pour Bride, c'est encore une remise en question et pour Morisson, l'occasion d'explorer le couple et ses mystères, et de conclure que dans le couple, le sexe est une information mais en aucun cas une connaissance de l'autre.

Bride et son ami respectait le jardin secret de l'un et de l'autre, sans jamais s'interroger sur le passé respectif de chacun. Peut-on construire un couple sur une base aussi peu solide... Puisque le passé oriente tout de même l'avenir, ou du moins la façon que nous avons de le concevoir et de le ressentir.... Ce n'est pas dans le secret ni le mensonge que l'on peut guérir des épines du passé.

Je resterai vague sur le sujet pour ne point spoiler ce magnifique roman, mais, dans ces pages, ce sont au moins quatre personnes qui trouvent enfin le chemin de la délivrance, en croisant celui de quelqu'un d'autre. Il y a Bride bien sûr, mais aussi sa meilleure amie, qui semblait vivre dans l'ombre de Bride. L'ex fiancé de Bride, Booker, trouvera aussi une délivrance de son lourd passé. Tout comme une autre personne, dont je ne dirai rien, mais pour qui la délivrance se situe au-delà de la liberté... Une liberté qui n'est pas suffisante pour libérer. En fait, il me semble presque le sujet principal de ce roman soit le pardon : le pardon aux autres, le pardon à soi-même, et le pardon des autres... Accordé, quémandé, espéré, salutaire.

Ce livre jouit d'une écriture soignée, efficace, sans longueur, sans effet de style particulièrement recherché...Et pourtant, tout claque, tout marque, tout s'imprime, tout émeut et remue. Le destin de ses personnages, qui ont tous en commun de vouloir aimer et surtout, d'avoir besoin d'être aimé, nous pénètre profondément... Et comme dit plus haut, la voix d'Anna Mouglalis n'est certainement pas étrangère à cette savoureuse émotion.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 2 Mai 2018

Roman - Editions Audible - 12h06 d'écoute -23.40 €

 

Parution d'origine en avril 2015 chez Albin Michel

L'histoire  : Trois familles... Celle de Tess, dont le couple vol en éclat. Celle de Rachel qui pleure toujours sa fille assassinée il y a plus de vingt ans. Et celle de Cécilia... Cécilia, la femme parfaite de la famille idéale aux yeux de tous. Sauf que Cécilia trouve un jour dans le grenier une enveloppe jaunie par le temps... Une mention manuscrite indique : "A n'ouvrir qu'après ma mort". C'est l'écriture de John Paul, son époux bien vivant. Que faire ? Ouvrir, ne pas ouvrir. Quelque soit le choix, quelles peuvent en être les conséquences ? Dévastatrices ou non ?

 

Tentation : Pourquoi pas, mention de best seller !

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis... Sera moins enthousiaste que les bandeaux qui entourent ce roman, où les extraits de presse qui figurent sur sa 4ème de couv où l'on peut lire : Bestseller, 1.5 millions d'exemplaires vendus aux USA, phénomène d'édition...

Le secret du mari est un roman australien, qui se déroule... en Australie, entre Melbourne et Sidney, mais qui pourrait se passer dans n'importe quelle banlieue bourgeoise d'occident. L'histoire est en elle-même intéressante et relativement prenante, mais mon Dieu, que c'est long ! L'ambiance m'a paru très "Desperate Housewifes" mais sans l'humour ni ne cynisme des personnages. Mais que de moments "vous prendrez bien une tasse de thé avec un petit muffin" ?!!! Bref, cela m'a agacée, encore un roman qui aurait largement gagné en intensité en diminuant son nombre de pages.

Celles et ceux qui apprécient les personnages très creusés, les détails quotidiens d'une petite vie de communauté tranquille à muffins et réunions Tupperwar apprécieront peut-être plus que moi. Mais il faut savoir que le fameux secret du mari qui doit signer le départ de l'intrigue n'est révélé qu'à plus de la moitié du roman. Tout ce qui précède cette révélation est donc à mes yeux du blabla littéraire... Car le style est agréable et les sentiments et ressentiments sont décrits avec justesse, même si avec une certaine redondance.

Il y a aussi un parallèle récurrent fait avec le mur de Berlin, puisque l'une des fillettes de Cécilia s'est entichée des périodes historiques liées au Mur. Bien évidemment, on peut y voir une relative métaphore avec ce que vivent les personnages, mais celle-ci reste superficielle. Sa présence semble plus l'occasion de "remplir" et d'éveiller un intérêt supplémentaire chez le lecteur... mais cet intérêt ne mène pas bien loin. Comme un tiers des personnages d'ailleurs, qui ne servent pas à grand-chose dans l'histoire et ne se trouve liés que de très très loin au fameux secret, sans même le savoir eux-mêmes !

Enfin, quid du secret du mari ? Je n'en dirai rien pour ne pas spoiler et gâcher votre plaisir de lecture si vous vous décider à percer ce secret en lisant.

Mais morales de l'histoire : on ne sait jamais à côté de qui l'on vit... Les coupables finissent toujours pas payer d'une façon ou d'une autre. La lâcheté est aussi criminelle que l'acte en lui -même. Et enfin, la vendetta personnelle n'est jamais une bonne solution !

Dommage tout de même, car je n'ai pas vécu cette audiolecture comme elle m'était promise par les diverses présentations : "roman addictif, rebondissements etc..." Si l'histoire avait été développée sur 250 pages, nous aurions pu avoir un thriller. Mais sur 500 pages, nous avons un roman... du quotidien mélodramatique avec, de-ci delà, un peu d'intrigue.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 4 Avril 2018

Roman - Editions Livre de Poche - 240 pages - 6.90 €

 

Parution d'origine en France chez Grasset en 2015.

 

L'histoire :   En 1992, à Milan, six journalistes sont embauchés pour créer un nouveau quotidien qu’on leur promet dédié à la recherche de la vérité. Ils fouillent dans le passé pour composer leur « numéro zéro » . Mais ce quotidien se révèle un pur instrument de chantage et de calomnie.

L'un de ces journalistes fouillent dans le passé et en dégage une théorie du complot qui paraît ubuesque... Et pourtant, il est bientôt retrouvé poignardé.

 

Tentation ; Curiosité suite au décès assez récent de l'auteur.

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : Un auteur entouré d'une aura et presque d'un mystère depuis son fameux "Au nom de la rose", une quatrième de couv' alléchante et un livre peu épais... Je me suis dit que je n'en ferai qu'une bouchée, surtout que les premières pages se sont tournées toutes seules ou presque...

Et bien finalement, j'ai pas mal pataugé dans ce Numéro Zéro... Alors, divisons cet avis en 3 parties :

1/ Le fond : La création d'un nouveau quotidien dont on sait d'avance qu'il a peu de chance de paraître un jour... A travers ceci et le compte rendu des réunions de rédaction, Umberto Eco montre, démontre et démonte le fonctionnement de la presse, faite pour manipuler le lectorat par des moyens que nous autres petits lecteurs ou spectateurs du J.T n'imaginons même pas. Entre des phrases toutes faites, la façon de mettre en lumière certaines infos pour en passer d'autres sous silence, la création ex nihilo d'une info ou le recyclage d'autres, bref tout y passe. On reconnait évidemment certaines méthodes de nos médias "préférés" mais on en découvre d'autres. Et évidemment, il est prouvé dans ces pages que la presse est tout aussi manipulée que son public...C'est aussi comique, qu'ubuesque que déprimant aussi, quelque part.

2/ Une réécriture de l'Histoire... Avec la théorie ou non du complot sur les événements tant politiques que terroristes de l'Italie depuis la deuxième Guerre Mondiale. Et si ce n'était pas Mussolini qui était mort en avril 1945, fusillé avec sa maîtresse, mais son sosie... Pendant que Mussolini était caché soit par le Vatican, soit par l'Argentine... Dans le but d'un retour au pouvoir plus tard pour renverser le risque communiste de l'époque ? Tous les faits marquants de l'Italie, depuis des attentats, jusqu'à certaines arrivées au pouvoir, en passant par la Franc-Maçonnerie, le Stay Behind (réseaux clandestins coordonnés par l'OTAN) sont ainsi revisités et cette façon de considérer l'Histoire peut avoir un certain intérêt.

3/ La forme : Ce roman oscille trop entre le burlesque, l'humour cynique et le sérieux potentiel, potentiel car variant selon le crédit que le lecteur accordera à cette théorie du complot. Celle-ci, pour un lecteur lambda est trop développée et trop riche d'informations (réelles ou inventée, telle est la question !?), puisque Umberto Eco démontre tout de même dans ce roman qu'il est très facile de faire croire n'importe quoi à la masse. Cela se transforme en certaines longueurs qui sont devenues indigestes pour moi et m'ont empêchée de dévorer ce roman comme je l'espérais. En fait, un tiers du livre ressemble à un roman assez léger dans son traitement et la construction des personnages et les deux autres tiers s'approchent de très près du format de l'essai... Les premières pages semblent annoncer de l'action... qui ne vient jamais en fait. Et c'est ce qui m'a perdue et me laisse sur une sensation mitigée. J'ai appris certaines choses, mais je ne me suis ni régalée vraiment, ni distraite non plus.

Les férus d'Histoire Italienne et/ou des théories du complot devraient plus y trouver leur compte que moi !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Mars 2018

Roman - Editions Livre de Poche - 349 pages -7.90 €

 

Parution d'origine (Grasset) en octobre 2015

 

L'histoire : Jean Louise Finch, alias Scout a désormais 26 ans et vit à New York. Elle revient à Maycomb, Alabama pour quelques vacances auprès d'Atticus, son père, mais aussi de Hank, ami de toujours qui pourrait devenir plus qu'un ami.

Mais voilà qu'en quelques jours, Jean Louise réalise que son monde, ou le monde, a changé. Au point qu'elle ne reconnait plus ses proches. Elle doute et est sérieusement ébranlée.

 

 

 

Tentation : Ma lecture récente de Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Fournisseur : MA CB/Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Il y a environ un an, j'éprouvais un profond coup de coeur pour "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee, grand classique de la littérature américaine depuis les années 60. Jusqu'en 2015, aux yeux de tous, Harper Lee était l'auteure discrète d'un unique roman. Il y a 3 ans, à la surprise générale, elle publie celui-ci, plus de 50 ans après le premier. Va et poste une sentinelle est la suite de Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, alors qu'il a été écrit avant celui-ci. En tant que lectrice, cela attise d'autant plus la curiosité, le mystère et l'admiration quant à la création de ces deux oeuvres.  Harper Lee a donc tout d'abord créé La Jean Louise Finch comme un personnage adulte... avant de se pencher et de dédier un roman à l'enfance de celle-ci. Ah, comme j'aimerais pouvoir discuter de cet étonnant procédé avec Harper Lee. Mais elle est hélas décédée en 2016... Et de toute façon, vu sa discrétion et sa célébrité, je ne pense pas que j'y serais parvenu.

Alors, quid de cette sentinelle, qui a, d'après le bouche à oreille et les chroniques postées de ci delà déçue a pas mal de lecteurs. Soit disant que ce roman est moins bon que son prédécesseur...

Et bien je dis haut et fort que je ne suis pas d'accord avec la rumeur. J'ai tout bonnement adoré ce roman, même s'il m'a paru moins aisé à lire que l'oiseau moqueur.

Comme je l'aime, cette Jean Louise Finch, alias Miss Scout (pour les très intimes) ! En fait, je lui ressemble étrangement et énormément. Comme je me retrouve dans ce personnage, dans ses réflexions, ses rebellions, ses interrogations, sa façon de voir le monde, son insoumission à certains protocoles et à d'autres convenances !

Jean Louise vit désormais à New York, donc dans le Nord des Etats-Unis. Elle revient passer des vacances auprès de son père en Alabama, dans le Sud américain. Et nous sommes au milieu des années 50. Nord/Sud, années 50... Voici les thèmes majeurs autour desquels se développe cette histoire, dans lesquels germent les problématiques des personnages qui vont les éloigner les uns et autres. Donc déjà, ce roman est très éclairant sur les modes de vie et de penser de l'époque. Il les explique, sans pour autant les cautionner. C'est l'époque où les Noirs réclament et obtiennent plus de droits. Même si les passages du roman qui élucident ce pan de l'Histoire Américaine ne sont pas toujours simples à suivre, ils n'en sont pas moins intéressants et passionnants. Ils sont sous forme de dialogues et pourraient à eux seuls constituer une dissertation sous le format thèse/antithèse/synthèse sur le racisme. Ce racisme qui devient discrètement, au fil des pages, le sujet principal de ce roman, sujet qui va un moment exploser comme une grenade dégoupillée par certains, à l'insu des autres.

Les messages de "Va et poste une sentinelle" sont nombreux et très forts. Et curieusement, très contemporains, pas périmés pour un sou même s'ils ont cinquante ans.

Jean Louise va apprendre à regarder le monde tel qu'il est et non tel qu'il devrait être. Elle va faire la douloureuse expérience de découvrir ce que pensent vraiment les êtres qui lui sont chers, ces pensées étant évidemment en totale contradiction avec les siennes. Ses proches vont tant la décevoir qu'elle va se sentir trahie, comme si l'éducation d'Atticus n'avait été qu'un feu de paille. Car l'éducation est bien souvent éloignée d'une certaine réalité, sous prétexte qu'il faut protéger les enfants. Oui mais...Jean Louise va découvrir que pour le bien d'une communauté, on peut agir à l'inverse de ses convictions. Pour y être accepté et donc utile. Jean Louise va réellement devenir adulte en s'affranchissant de la pensée unique familiale, et surtout paternelle. Et enfin, elle va découvrir que l'on peut vivre dans un environnement qui ne nous ressemble pas, car c'est à ce moment-là que l'on devient précieux pour cet environnement, comme une chance. La chance, c'est cette sentinelle, et la sentinelle est une conscience individuelle.

Et s'enrichir de ce roman est une sacrée chance, tant pour la conscience que pour le plaisir de lecture d'un grand roman.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 1 Février 2018

Roman - Editions Acte Sud - 366 pages - 22 €

 

Parution en juin 2017

L'histoire : Un chat de gouttière errant a élu domicile au pied d'un immeuble tokyoïte. Un jeune homme le remarque et le nourrit de temps en temps, jusqu'au jour où il le retrouve dans un sale état : une patte brisée à cause d'une maudite voiture. Il accueille le chat chez lui, le soigne et de fil en aiguille, l'adopte pour la vie. Une magnifique relation les unit désormais. Mais, un jour, le jeune homme Satoru est amené à devoir se séparer du matou. Il parcourt alors, avec Nana le chat, une bonne partie du Japon pour trouver, parmi ses amis, celui ou celle qui serait l'adoptante idéale pour Nana. Car hors de question de le confier à n'importe qui. Nous lecteurs, suivons alors leur pérégrination nippone. 

 

Tentation : Le titre et la couv' !

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Mon humble avis : "C'est un beau roman, c'est une belle histoire, c'est une romance d'aujourd'hui" !... même si un peu triste et cruelle, comme peut l'être parfois la vie. Mais lumineuses, les aventures de Satoru et Nana le sont indubitablement.

A la lecture des Mémoires d'un chat, j'ai été un peu désarçonnée par la formule narrative. En effet, il m'a semblé que parfois, et le plus souvent, le chat était le narrateur. Ca j'en suis sûre d'ailleurs, vu le titre et les réflexions " à voix hautes" de Nana le chat. Réflexions touchantes, hilarantes et bien emprunte de l'identité féline. Mais parfois, le récit paraissait repris par les personnages rencontrés par Satoru et Nana, et à d'autres moments, j'étais persuadée que c'était l'auteure qui reprenait les rennes.

Autre petit bémol, la quatrième de couv' vente une plongée dans "maints aspects de la vie japonaise. "Quelques", oui, mais maints, pas vraiment d'accord.

Peu importe, ce roman est vraiment une belle histoire entre un animal de compagnie et son maître, en l'occurrence ici un chat, sur l'affection, l'attachement, l'amour indéfectible, la connaissance mutuelle, la complicité, la confiance et la responsabilité qui les unissent. Tout cela, à travers les yeux et les pensées d'un chat, ce qui décrit assez bien la nature féline (même s'il y a dans ce texte certainement une bonne dose d'anthropomorphisme), ce qui donne des passages assez rigolos et/ou mignons.

Ce livre est aussi un hymne à l'amitié, puisque dans sa quête de l'adoptant idéal pour Nana, Satoru rend visite à ces amis de toujours : d'enfance, de collège, de lycée, de fac. Ces revoyures sont l'occasion, pour les protagonistes, de se remémorer souvenirs et moments forts du passé.

Avant tout, "Les mémoires d'un chat" est un formidable étendard contre l'abandon des animaux de compagnie, pour le respect de l'engagement autant quotidien que temporel que nous prenons lorsque nous adoptons une petite boule de poils quelle que soit sa taille à l'âge adulte. Car le chat s'exprime beaucoup sur le fait que son maître est obligé de se séparer de lui. Evidemment, il ne s'agit pas ici d'un abandon motivé par un caprice. C'est, pour Satoru, un cas de force majeur (je n'en dirais pas plus) et l'obstination qu'il met à trouver un adoptant de confiance absolu est remarquable. A travers les pages et les dialogues de Satoru et de son ami d'enfance, il est bien montré aussi le traumatisme et les regrets éternels que peut représenter pour un enfant, l'abandon ou la perte d'un animal de compagnie par les parents (quelle qu'en soit la cause). Des années plus tard, l'enfant ressent toujours le manque de son ami quadrupède et percevoir cette perte comme un choc.

Enfin, cette histoire a l'intelligence et la finesse de présenter le chat (mais cela fonctionne aussi avec le chien...bref, l'animal de compagnie), comme une formidable passerelle entre les êtres humains. Car oui, les animaux qui partagent notre quotidien participent aux liens que nous tissons avec nos congénères. Nana le chat est un lien  et un vecteur social en puissance, qui réunira les gens au-delà de toute espérance.

Alors installez-vous sous un bon plaid, attendez que votre chat vous rejoigne et se pose auprès de vous. Et voilà, il n'y a plus qu'à lire ! Miaou !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Un monde de chat

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