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Publié le 6 Juillet 2020

Luis Sepulveda, chili, littérature, Equateur, Amazonie, Le vieux qui lisait des romans d'amour, avis, chronique, blog

Roman - Editions Points - 121 pages - 7.90 €

Parution d'origine aux Editions du Seuil en 1997

L'histoire :  Antonio José Bolivar, dit "le vieux" connaît les profondeurs de la forêt amazonienne et ses habitants, le noble peuple des Shuars. Lorsque les villageois d'El Idilio les accusent à tort du meurtre d'un chasseur blanc, le vieil homme quitte ses romans d'amour - seule échappatoire à la barbarie des hommes - pour chasser le vrai coupable, une panthère majestueuse...

Tentation : La blogo il y a une éternité

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : Un grand classique de la littérature sud-américaine qui prenait la poussière depuis des années dans ma PAL... Et voilà que récemment, l'auteur chilien Luis Sepulveda est décédé du Covid 19... Encore donc un écrivain que j'aurais dû lire de son vivant et que je découvre défunt. Mais heureusement, ses romans lui survivront.

La réputation de ce roman qui nous emmène en Amazonie Equatoriale est on ne peut plus méritée. Le vieux qui lisait des romans d'amour est un grand roman, comme un conte atemporel et malheureusement toujours plus actuel, malgré les années qui passent et ont passé depuis son écriture (1995).

Luis Sepulveda installe son histoire dans une mini bourgade de l'Equateur, au bord d'un fleuve, en pleine forêt primaire... En apparence, tout y semble hostile et inhospitalier : la nature, le climat, les hommes rudes et vite violents, dont certains ne sont mus que par la cupidité, la soif de l'or et de photos exceptionnels, à tous prix. Hostile en apparence, mais en y regardant de plus près, tout serait d'un équilibre parfait si ce territoire n'avait pas été envahi par l'Homme dit civilisé.

Le vieux est un personnage attachant, qui pourtant, avant de savoir, a commis des erreurs. Mais il a appris la forêt, notamment grâce à ses relations très amicales avec les Jivaros. Désormais domicilié à l'Ilidio, il mène une vie tranquille et découvre les secrets, les miracles et les possibilités que donne la lecture : ressentir, aimer par procuration, imaginer, deviner... Oui, le Vieux lit des romans d'amour. Jusqu'au jour où des chasseurs peu scrupuleux tuent les petits d'une panthère et blesse son mâle. La panthère se venge... Et Le vieux sera mandaté par le Maire pour tuer la bête. Le vieux s'acquittera contraint et forcé de cette tâche, mais dans un combat qu'il voudra le plus d'égal à égal. Et ce combat noue le coeur du lecteur, tant pour le Vieux que pour la bête.

Dans ce roman, Luis Sepulveda offre un magnifique hommage à la littérature et à la lecture et la puissance des mots. Mais surtout, il lance un cri d'alerte sur les dégâts de la déforestation, il dénonce les actions insensées de l'Homme civilisé et leurs répercussion tant sur la vie sauvage, que sur la vie végétale. Des vies qu'il exhorte à protéger de la bêtise, pour le bien de tous. Le romancier oppose aussi deux savoirs qui hélas ne se rejoignent que très peu sur terre : le savoir livresque et éducationnel qui donne le pouvoir mais ne protège pas de la bêtise... Et le savoir de la vie, du terrain, de la nature, qui vous fait passer pour un inculte offre la survie dans les milieux les plus hostiles, sans besoin de personne, et en respectant sa source de vie. Et tout cela, Sepulveda le dit avec un style délicieux, non dénué de facéties et d'humour. Notre homme aime se moquer !

Un roman dense, très riche, qui dit tant de choses en si peu de pages. A lire, inévitablement.

Quant à moi, quand je serai venue au bout de ma PAL, c'est avec intérêt et plaisir certains que j'approfondirai l'oeuvre de ce grand chilien.

 

"Il possédait l'antidote contre le redoutable venin de la vieillesse. Il savait lire."

"Antonio José Bolivar essayait de mettre des limites à l'action des colons qui détruisaient la forêt pour édifier cette oeuvre maîtresse de l'homme civilisé : le désert. "

 

PS : Si vous voulez en savoir plus sur les Jivaros et les Shuars , je vous conseille chaleureusement de lire le superbe album "Anent" d'Alessandro Pinocchi

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 22 Juin 2020

Roman "Dans la forêt" de Jean Hegland, littérature américaine, nature writting, avis, blog, chronique, écologie

Roman - Editions Audiolib - 10h02 d'écoute - 23.90 €

Parution d'origine aux Editions Gallmeister en 2017

L'histoire :  Rien n'est plus comme avant : le monde tel qu'on le connaît semble avoir vacillé, plus d'électricité ni d'essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au coeur de la forêt. Quand la civilisation s'effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Tout arrive sur ce blog, même de la "nature writing" qui, à priori, n'est pas ma tasse de thé... Sauf que les feuilles de "dans la forêt" ont délicieusement bruissé sur la blogo et qu'un doux vent a conduit ce roman jusqu'à moi, dans sa version audio, très réussie. Le texte ne pouvait espérer meilleure interprète. 

Lors de sa sortie outre-Atlantique en 1996, ce roman a été perçu comme un choc littéraire. Vingt-quatre ans plus tard, je confirme, il est de ces livres magistralement écrits, narrés et d'une puissance telle qu'il est inoubliable. Si symbolique, si actuel, mais sans leçon de morale. Juste le destin de deux jeunes soeurs, dans le monde tel qu'il va, tel qu'il s'en va.

Curieusement, j'ai entamé cette audiolecture en début de déconfinement.... Et l'histoire fait une fois de plus écho à ce que nous venons de vivre, et que nous revivrons sans doute... Et même, que nous vivons un peu plus chaque jour sans nous en rendre vraiment compte, sans y prêter plus d'attention que ça pour la plus part d'entre nous.

De nos jours, le monde vacille. Plus d'électricité, plus d'essence, beaucoup de morts (on parle d'une étrange grippe), les villes se vident, et une migration se fait vers la côte Est qui semble se remettre plus vite. Une ruée vers l'origine en quelque sorte, une ruée en contre sens, quand on a tout usé de l'autre côté.

C'est Nell, l'aînée, qui raconte l'histoire, dans son dernier cahier... En ville, la vie n'est plus, ou presque plus. De la survie. Depuis toujours, Nell et Eva vivent dans une maison en pleine forêt. Avant que le monde ne vacille, Nell se préparait à intégrer Harvard et Eva, une grande école de danse. Leurs parents décèdent, elles ne sont plus que deux, l'une de 18 ans et l'autre de 17, en pleine forêt... Elles vont organiser leur survie, leur vie, avec les moyens du bord. S'aimer, se déchirer, se disputer, s'entraider, se sauver l'une et l'autre en faisant face aux imprévus. Ce roman est l'histoire de leur survie, sans pathos. Du quotidien, des petites choses qui deviennent grandes, des épreuves terribles qui grandissent et qui finalement, créent un avenir. Nell et Eva vont apprendre la forêt, qui est leur unique source de vie. Elles vont l'étudier, l'exploiter, la soigner, la comprendre, la vénérer, la respecter, l'utiliser à bon escient en pensant à l'avenir : il faut tenir, il faut durer. La forêt va devenir leur alliée et l'Homme le potentiel danger qui rode et peut toujours revenir. Oui, l'Homme est plus dangereux que la nature, même pour lui-même. Et tant que ma lecture a duré, j'ai été transportée, sans une minute d'ennui. Dans la forêt ressemble à un conte à l'ancienne, mais est pourtant tellement contemporain par les messages qu'il distille sans lourdeur, avec une finesse magnifique. Cependant, la tension ne manque pas, donc quelques coups de stress pour le lecteur entre des moments lumineux.

Dans la forêt est un roman très sensoriel... Tous nos sens sont en exergue, sollicités, aux aguets et nous apprennent à vivre avec le minimum, avec l'essentiel. Du courage, et la nature. Après tout, Eva conclut en disant : "Nous nous avons nous, la forêt et peut-être encore un peu de temps".  N'est-ce pas notre situation collective et planétaire ? Un peu de temps, si l'on réagit et que l'on sait prendre les bonnes décisions, utiliser nos meilleures ressources intérieures. Un retour aux sources, un retour à l'essentiel, un retour aux origines. Une lecture incontournable, qui, je crois laisse une empreinte indélébile.

L'avis de Sylire, de Gambadou

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 2 Juin 2020

Léonora Miano, littérature, Cameroun, Afrique, roman, avis, chronique, blog, les aubes écarlates, enfants soldats,

Roman - Editions Pocket - 260 pages - 6.95 €

Parution d'origine chez Plon en 2010

L'histoire :  Au Mboasu, petit État d’Afrique équatoriale, vieux dictateur et enfants soldats se disputent le pouvoir en déchirant le pays. Pendant ce temps, comme le fait Ayané dans un orphelinat de guerre, les femmes s’échinent à recoller les morceaux. Portées par le verbe des morts et des disparus, elles renforcent le lien entre l’Afrique d’hier et celle d’aujourd’hui. C’est par elles que ce continent construira son avenir

 

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : Voici un roman épineux à chroniquer. Formidablement écrit, très puissant, c'est indubitable... Donc oui, 4 pattes ! Mais le plaisir de lecture ne fut pas vraiment au rendez-vous, tant cette histoire  on ne peut plus réaliste est insupportable et qu'il est très dur, émotionnellement et humainement d'y faire face. Les faits, qu'ils soient décrits sans étalage ou juste suggérés restent insoutenables. Car oui, dans les deux tiers de ce roman, nous sommes en compagnie des enfants soldats en Afrique. Donc bien sûr le sujet est très violent et remue autant notre âme, notre coeur, que nos tripes.

Mais Léonora Miano, romancière camerounaise, use d'une plume parfaite (tantôt rude et tantôt onirique) et d'une excellente maîtrise de son sujet pour le mener à bien et nous y garder jusqu'au bout. Le roman est par choix chaotique, car le sujet l'est lui-même. Nous suivons le destin d'Epa, un enfant soldat enlevé dans son village, avec d'autres gamins plus jeunes encore que lui, dans des circonstances atroces. Ces enfants sont enlevés, subissent une espèce de lavage de cerveau (notamment grâce à l'alcool) par les armées de rébellion pour servir la cause : la révolution contre le système politique en place, système gangrené par la corruption et toujours trop à la botte des anciens colons.

Pour décrire tout cela, Léonora Miano situe son action dans un pays imaginé, le Mboasu, que l'on peut situer en afrique équatoriale, centrale, ou australe. Bref, un de ces pays qui subissent régulièrement rébellion, guerre civile et/ou ethnique. Léonora Miano offre ici une analyse très fine du problème africain, de la situation complexe de ce continent, une équation qui semble insoluble tant il y a d'inconnus. Léonora nous donne sa version du pourquoi et le comment d'un possible avenir plus radieux. Elle reproche aux noirs africains de ne voir que leurs différences plutôt que prendre en compte ce qu'ils ont de commun : à savoir leur passé avec le commerce triangulaire... Les africains ne regardent pas assez leur passé et n'en tirent pas assez de leçons. La conséquence est que les rebelles usent des mêmes méthodes barbares déjà subies par le passé, pour tomber dans les mêmes pièges que ceux qu'ils veulent chasser ; la cupidité et la soif de pouvoir, entre autre. Oubliant les morts sans nom de la traite des esclaves, oubliant que celle-ci n'a pu se faire que grâce à des chefs locaux peu scrupuleux, ne célébrant pas leurs morts, l'Afrique se déracine et ne sait plus qui elle est. L'Afrique doit se retourner sur son passé, ses racines, ses valeurs pour parvenir à la réconciliation, autant avec soi-même qu'avec l'autre. C'est en suivant ce chemin que l'Afrique grandira, se réveillera et pourra espérer un avenir meilleur. Car oui, le roman s'achève sur de belles notes d'espoir. 

Vraiment je tire mon chapeau à l'auteure qui sait nous éclaircir la complexité de la situation de cette Afrique qui vit autant au rythme des rituels ancestraux qu'à celui des armes. C'est ardu à lire car très dense, les mentalités qui nous sont étrangères par éducation et culture sont bien développées et expliquent bien des faits. Mais pas évident de tout retenir, de parvenir, en fin de lecture, à rembobiner la pelote déroulée dans cette histoire, tant tout est dense. Comme souvent, il m'a semblé que cette oeuvre peut être lue à différents degrés... Finalement, l'Histoire de l'Afrique Subsaharienne est le reflet du monde entier et de chacun de nous. Donc on peut le comprendre de façon mondiale ou tout à fait personnelle.

Quoiqu'il en soit, c'est un roman qui marque, que l'on n'oublie pas, même s'il me parait impossible de garder en mémoire toutes les informations qui nous sont donnés et qui expliquent le présent de l'Afrique. Disons que c'est une idée générale que je garderai à l'esprit, et une douleur innommable pour tous ces enfants à la vie brisée, que l'on fait "homme" alors qu'ils n'ont  pour certains pas dix ans, en leur mettant une arme dans les main et en les gavant d'alcool...

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 21 Mai 2020

Récit - Editions Thélème - 5h38 d'écoute - 17 €

Parution d'origine chez Belfond en 2009

Le sujet: Haruki Murakami est très connu comme écrivain japonnais. Il l'est moins en tant que sportif amateur, coureur de fond... Murakami "collectionne" les marathons et triathlons (et même un ultra-marathon de 100 km ! ) depuis plusieurs décennies. Il nous livre ici ses réflexions de coureur de fond et d'auteur comme deux parallèles qui, à l'horizon, se rejoignent pour former sa vie.

Tentation : Curiosité

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : J'imagine que certaines de mes blogo copines doivent être très surprises de trouver ce titre sur mon blog... En effet, avec celui-ci, je suis aux antipodes de ma zone de confort.

Et pourtant, ce "récit, ouvrage, témoignage, autobiographie", bref, cet OVNI littéraire m'a plu. J'espérais y trouver un quelque chose... et victoire, ce quelque chose, je l'ai ressenti et entendu.

Peu importe que vous soyez sportifs ou non pour lire ou écouter ce texte... Puisque, même si Murakami se garde bien de donner des leçons de vie ou de bien être, la portée de ses lignes vont bien plus loin que les foulées d'un coureur. Et il me semble que rare sont les livres qui offrent autant de liberté d'interprétation individuelle que celui-ci. Chacun peut le lire en fonction de ce qu'il est.

J'avoue, le titre peut paraître rébarbatif, d'ailleurs quelques passages le sont mais cela ne m'a pas gênée. Je déteste courir... mais j'aime marcher... sans zèle ni acharnement cependant, pas au point de n'en plus pouvoir... Même s'il m'est arrivé dans la vie de surmonter de sacrés défis et de sacrés montagnes. Je marche pour le plaisir dans la nature, et pour l'activité physique régulière chez moi, sur mon tapis de marche. C'est donc évidemment en marchant que j'ai écouté ce texte de Murakami.

Avec humilité, il y détaille ses entraînements, ses courses, ses ressentis, ses douleurs, ses euphories, la place qu'il laisse dans sa vie à la course à pied et à l'écriture de romans... Deux activités qui demandent de la constance, de l'opiniâtreté, de la pratique, une certaine rigueur de vie, le tout sur le long terme. Bref, il est vraiment question d'endurance !

Voici comment j'ai interprété mon audio lecture : le course de fond, le plaisir de Murakami, même s'il y a douleurs, échecs... Mais cela n'a rien d'obligatoire dans sa vie. L'écriture, son travail et gagne-pain qu'il a eu la chance de choisir et de pratiquer avec plaisir. Deux activités pourtant solitaires, mais qui amènent à certaines rencontres et conduisent à une routine et obligent celui qui les pratiques à des choix.  Mais pour moi, ces deux activités sont comme des allégories de la vie de chacun, avec ses aléas, ses épreuves et ses succès etc... On marche ou on court dans sa vie, mais on avance. Comme dans le texte, il y a des moments qui semblent pénibles et répétitifs, mais dont on tire des leçons pour les prochaines fois. Murakami incite ici chacun à se questionner sur notre pourquoi. Pourquoi fait-on les choses, que celles-ci soient incontournables, obligatoires ou qu'elles restent un loisir ? Oui, pourquoi les fait on alors qu'elles nous demandent parfois tant d'efforts, nous infligent douleurs, doutes, parfois déception avant le plaisir, l'euphorie, la réussite. Qu'est-ce donc qui nous meut lorsque rien ne nous y oblige ?

Ce que l'on fait dit beaucoup de ce que nous sommes, aussi, effectivement, il y a un aspect autobiographique (autoportrait) dans ce texte, ou Murakami le discret met en lumière un pan inconnu de lui... et qui dit beaucoup de ce qu'il est.

En tout cas, si pour un coureur de fond l'essentiel est de ne pas marcher, pour un marcheur de la vie, le principal est de ne pas s'arrêter, de ne pas s'asseoir !

Quoiqu'il en soit cette étrange audiolecture cumulée à ma marche a été comme hypnotique et ma donné des ailes, de la force dans les mollets tout en activant ma spiritualité !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 13 Mai 2020

Roman - Editions Pocket 242 pages - 3.90 €

Parution d'origine en 2000

L'histoire :  Clara a trente-trois ans, deux enfants : Charlie, six ans, et Jack, trois ans, dont l’activité principale consiste à dire des horreurs. Un mari tout à fait séduisant, quoiqu’un peu mystérieux. Un boulot de rédactrice pour un magazine, des copines plutôt rigolotes. Bref, Clara a tout pour être heureuse.

Simplement, il lui arrive de se réveiller avec l’idée dérangeante que sa vie ne correspond pas à ce qu’elle devrait être...
Et elle résume ça très bien : trop de cellulite et pas assez de sexe !

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : Cette lecture n'avait d'autre but que de passer un éventuel bon moment de légèreté mais surtout de vider ma PAL de quelques éléments improbables s'y trouvant (souvent achetés d'occase). Et puis tout de même, dans la présentation de l'auteure, l'éditeur précise que ce roman fut un grand best-seller mondial en 2000. Donc pourquoi pas ?!

Bon il  existe la chick litt, qui fait du bien si l'on n'en abuse pas. Ma vie sur un plateau flirte avec ce genre sans y parvenir et n'atteint pas du tout l'objectif "feel good" non plus. En fait, ici, on est encore dans un autre style : la cheap et la shit litt" ! 

Celle tellement mauvaise qu'elle exaspère et ne nous tire que des soupirs d'exaspération et ne bée nos yeux que de perplexité...

Ma vie sur un plateau réunit le summum de tous dans les domaines suivants : vulgarité des personnages et des dialogues, ces derniers ne dépassant pas le niveau de platitude de ceux d'Amour Gloire et Beauté. Platitude des situations et de l'histoire en générale. Vacuité rare et superficialité magistrale des personnages. En fait, on est dans le niveau de conversation et de préoccupation "caca, pipi, proute , vomito et petit zizi qu'il faut bien "secouer secouer" (oui 2 fois) quand les hommes vont aux toilettes. Et, la méga question existentielle que se pose Clara est : "Est-ce que mon mari est normal vu que je ne l'entends même pas péter aux toilettes". Quant aux questions quotidiennes, elles ont trait au nombre de calories, au garde-robe, au rouge à lèvre Chanel, aux kilos pris depuis le mariage, à la vieillesse... C'est vrai quoi, Clara a tout de même 33 ans !

Voili voilou, inutile de s'étendre sur le sujet, ce roman est navrant XXL ! Mais, mais, PAL moins 1 ;)

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 25 Avril 2020

Ray Bradbury, Fahrenheit 451, roman, SF, Science Fiction, anticipation, dystopie, avis, blog, chronique, littérature

Roman SF - Editions Ecoutez Lire - 5h03 d'écoute 

Parution d'origine en France chez Denoël en 1955

L'histoire :  451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres, dont la détention est interdite pour le bien collectif.  Guy Montag est donc un pompier pyromane... Jusqu'au jour où sur un chantier, il dérobe une fois de plus un livre, qui rejoint les autres qu'il cache soigneusement chez lui. Mais ce livre là changera sa vie, car il l'ouvrira, le lira et commencera à comprendre beaucoup de choses. Montag devient alors la cible principale de ses collègues, et se lance dans une course poursuite... vers la liberté !

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Je ne lis pas souvent de SF simplement parce que c'est un genre littéraire que j'ai découvert comme tel via la blogosphère et que depuis, ma PAL s'est empli de centaines de romans plus conventionnels. Et pourtant, à chaque fois que découvre un classique de cette littérature SF, je me prends une véritable claque, un choc qui m'amène à vénérer ma lecture. D'ailleurs, j'ai écouté ce livre en audio, mais je prévois me le procurer en format papier, afin d'en relire certains passages, au gré de mes envies.

Je ne vais pas faire une étude sur ce texte sur lequel tout à déjà été dit (remarque, je n'ai jamais la sensation d'en faire), mais vous inciter à le découvrir de toute urgence si ce n'est pas déjà fait. C'est un bijou, un véritable chef d'oeuvre, si dense et intense dans ses dénonciations, ses craintes, ses analyses sociétales, même si ici, on est supposé être dans un avenir plus ou moins proche.

Fahrenheit 451 équivaut à 232.8 degrés Celcius, et c'est le point d'auto inflammation du papier, donc évidemment des livres. Dans cette dystopie, Bradbury a imaginé une société où posséder un livre serait un crime et le lire, encore plus. Les pompiers n'existent plus pour éteindre les feux, mais pour les provoquer, à chaque découverte de stocks de livres. Les livres brûlés ne sont pas une "nouveauté", moult doctrines et religions l'ont fait de par l'histoire, par esprit de censure, n'autorisant au peuple que des lectures précises. Ici, c'est mondial et aucun livre n'est épargné.

Dans ce roman aucune religion ni idéologie purement dictatoriale pour remplacer les livres, ces objets si dangereux puisqu'ils amènent les citoyens à penser, à réfléchir, à connaitre autre chose que ce dont la société les abreuve. Juste la dictature sociétale ; celle du divertissement à outrance, de l'abêtissement qui vous est servi sur un plateau et qui vous envahit tellement de toute part qu'il devient l'unique vérité, l'unique réalité, l'unique possibilité. Donc aucune sensation de domination, de manque de liberté, de malheur, de peur ou autre... En fait, plus vraiment de bonheur à part celui de la consommation et de la vacuité cérébrale. Puisque l'on imagine même plus que l'on puisse penser. Donc plus aucun souci dans la vie, plus aucune réflexion, plus aucune remise en question... mais plus de choix non plus.

Comme à chaque lecture de ce type, je suis estomaquée par l'imagination ultra visionnaire de ces auteurs. Bradbury a écrit Fahrenheit 451 en 1953 (en pleine période du maccarthysme aux Etats Unis)  et l'action est sensée se dérouler environ cinquante ans plus tard, donc il y environ vingt ans. Dans les habitats qui se ressemblent tous, les Hommes sont fascinés par leurs murs qui sont devenus des écrans... Les murs parlent et on parle au mur qui apporte tout à domicile : divertissements, informations, voix diverses, publicités... Les voix des murs deviennent la famille... Et en 2020, où en sommes-nous avec nos réseaux sociaux, nos amis FB, instagram, nos conversations par écrans interposés... Bref, ce n'est qu'un exemple d'anticipation parmi tant d'autres figurants dans cette histoire, mais vraiment, c'est bluffant.

Alors, vite, ruez-vous sur ce roman pendant que nous en avons encore le droit. (dès que les librairies seront réouvertes) Fahrenheit 451 est vraiment puissant, passionnant, captivant. Il y fait l'apologie de la liberté de penser, de la liberté d'expression, de la liberté de choisir sa culture, de la liberté de choisir son activité de détente ou son moyen d'apprentissage. Et, surtout, c'est une ode à la mémoire. La mémoire de l'histoire et de la culture, que celle-ci soit écrite ou orale... mais cette mémoire que rien ne peut enflammer ni éteindre. Magistral, vraiment. Un énorme coup de coeur trop énorme pour décrire vraiment mon enchantement littéraire !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 13 Avril 2020

Roman Nouvel An, Juli Zeh, Lanzarote, Canaries, avis, blog, chronique

Roman - Editions Acte Sud - 189 pages - 20 €

Publication en septembre 2019

L'histoire : Henning, allemand, passe deux semaines de vacances d'hiver avec sa femme et ses deux jeunes enfants à Lanzarote, île des Canaries. Malgré l'aspect à priori reposant du séjour, Henning se bat toujours contre "la chose"... ces crises d'angoisse qui le menacent ou lui tombent dessus trop souvent. Au matin du 1er janvier, il enfourche son vélo de location et entreprend l'ascension harassante d'un volcan. Fuyant l'asphyxie familiale, il se bat contre le dénivelé et le vent puissant... Comme s'il était irrémédiablement attiré vers les hauteurs. Il ne le sait pas encore, mais Henning a peut-être rendez-vous avec son passé enfoui, et donc avec lui-même.

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

Mon humble avis : J'ai emprunté ce livre sous le seul prétexte qu'il se déroule sur Lanzarote, île sur laquelle j'ai randonné lors de vacances il y a bientôt trois ans... L'occasion de se replonger dans certains paysages depuis son canapé ne se refuse jamais ! Sauf qu'ici Lanzarote devient le théâtre d'un drame cauchemardesque... Alors que mes vacances s'y sont parfaitement déroulées !

Le roman peut se découper en deux parties : la première, avec comme un prologue qui la provoque et la deuxième, avec un épilogue qui nous explique parfaitement le mal-être d'Henning, Henning luttant contre un sentiment de responsabilité trop lourde, un sentiment de devoir assurer dans tous les domaines de sa vie.

La première partie nous présente tout d'abord la vie d'Henning : sa famille, ses enfants, ses relations avec sa femme Theresa.  Sa sensation d'être au bout, à bout... Henning sent un poids insurmontable sur ses épaules et cependant, il est conscient qu'il a une vie normale, sans soucis majeur, dont il ne devrait se plaindre. Au lendemain d'un réveillon qui le laisse amère, il enfourche donc son vélo et entame un fameux combat : le vent, le dénivelé, son propre corps pas préparé, lui-même. Juli Zeh démontre alors un véritable talent, faisant de cette ascension une formidable métaphore avec la vie d'Henning, et sans doute même, la vie d'une majorité : la pression, être bon partout (bon père, bon mari, bon professionnel etc), qui mène à un véritable combat avec soi-même pour résister contre des éléments extérieurs. L'auteure entre dans l'esprit de son personnage avec justesse et une belle finesse d'analyse. Oui mais, cette partie s'est mise à trop durer pour moi, et je me demandais si j'allais poursuivre cette lecture.

Et puis hop, arrivé au sommet (après quelques pérégrinations étranges), Henning rencontre Lisa, qui le sauve en lui proposant boisson et repas, alors que notre grimpeur épuisé n'avait rien prévu. Puis Lisa lui propose de visiter son étrange demeure. Et là, Henning comme le lecteur se retrouvent propulsé des décennies en arrière. Hallucination, invention, réels souvenirs ? Qu'en est-il pour Henning, qui n'aura la réponse qu'à son retour en Allemagne. Cette partie-là, qui compte un sacré suspense est addictive. Mais elle est surtout bouleversante, poignante, terriblement anxiogène, et quelque part tellement dingue qu'on peine à croire que cela puisse être réel. Les émotions du lecteur sont vraiment mises à mal. C'est comme un vertige qui nous envahit. Et là, Juli Zeh nous livre un chef d'oeuvre de romancière, à se glisser corps et âmes dans deux si jeunes, trop jeunes personnages (Henning et sa petite soeur Luna) pour être confrontés à une situation inimaginable. Vraiment, je tire mon chapeau à Juli Zeh pour cette partie qui est vraiment... il n'y pas de mot ! Elle laisse son lecteur complètement K.O !

Bref, pour conclure donc, Nouvel An est un excellent roman qui démontre, une fois de plus mais différemment, les dégâts sur toute une vie et les conséquences des traumatismes enfouis, que les adultes pensent solutionner en les taisant, en les glissants sous le tapis de l'oubli ou le déni... Sauf que le traumatisé n'oublie jamais, même s'il en est inconscient. Et oui, deux "petits" jours peuvent conditionner toute une vie.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 18 Mars 2020

Roman, Eléphant, Martin Suter, Littérature suisse, avis, blog, chronique, livre audio, lecture audio

Roman - Editions Audiolib - 8h07 d'écoute - 22.90 €

Parution d'origine chez Christian Bourgeois Editeur en août 2017

 

L'histoire : Dans la grotte où il dort près de Zurich, Schoch, un sans abris, découvre un jour un minuscule éléphant rose, luminescent dans la nuit. Croyant d'abord à un mauvais tour de l'alcool, Schoch pense ensuite qu'il s'agit d'un jouet. Mais non, l'animal est bien vivant... mais malade. Schoch emmène l'éléphant à la clinique vétérinaire de la rue. Valérie, la véto, va aider Shcoch a protéger l'étrange animal de ceux qui le cherchent, de ceux qui l'ont génétiquement produit, et qui sont prêts à tout pour le récupérer...

Tentation : La 4ème de couv

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Je ne suis que partiellement emballée par cette lecture, qui ne manque pas d'intérêt mais qui déçoit tout de même un peu lorsque l'on a pris connaissance de la véritable 4ème de couv qui évoque "un conte aussi fantastique que réaliste".

Aussi, j'espérais plus de fantastique, de fantaisie, de situations rocambolesques. Je m'attendais même à rire. Erreur, c'est un roman sérieux même si le point de départ est, acceptons le, tout de même fantasque.

Le monde s'accorde pour donner à l'éléphant rose un rôle de fantasme collectif et aussi celui du symbole lorsque quelqu'un perd la tête, que ce soit sous emprise de l'alcool ou par enthousiasme... "Mais oui, tu vois des éléphants roses" !

C'est par cet animal, mais en miniature, que Martin Suter rend bien réel, que l'auteur alerte sur les dangers et les abus des manipulations génétiques sur les animaux. L'intention est bonne, la réalisation pêche un peu pour moi. Déjà, par manque de rythme (bon, nous sommes en Suisse et l'auteur est helvétique, ceci explique peut-être cela), et l'interprétation assez monotone de Samuel Labarthe ne donne pas beaucoup de vie à l'histoire.

En fait, une partie du roman m'a barbée... Celle où il est question justement de l'équipe de chercheurs véreux, soutenue par un grand groupe chinois tout aussi véreux, de l'insémination artificiel d'un foetus modifié dans une éléphante, de la suite de la gestation... Et toute l'enquête de ce méchant Mr Roux aidé d'un mercenaire chinois dans la recherche du petit éléphant... Ceci m'a semblé long, répétitif et qui plus est, dans un désordre chronologique fatiguant.

Par contre, j'ai été émue par les portraits que dresse Martin Suter de ses hommes et femmes sans domicile fixe, de leurs sensations et philosophie de vie. Je pense que l'auteur est juste dans ses descriptions et qu'il parle avec le coeur.

Et, évidemment, vous vous en doutez, j'ai beaucoup aimé la relation qui se noue entre Schoch et le petit éléphant rose, sous la houlette de la vétérinaire Valérie. Car quand il est question d'animaux à sauver de méchantes griffes ou de vils intérêts, vient toujours la question de savoir, au final, qui de l'animal ou de l'homme, sauve vraiment l'autre ? Car lorsque l'animal entre dans une vie... Il en modifie la perspective. 

Donc, à prendre dans ce roman : de belles relations humaines et animales, et la dénonciation de la modification génétique sur les animaux, de même que leur commerce illicite ou de la maltraitance dont ils peuvent être victimes. Pour le reste, donc surtout la forme peut-être, je manque un peu d'enthousiasme !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 12 Mars 2020

jim harisson , péchés capitaux, littérature américaine, avis, chronique, blog, livre audio

Roman - Editions Thélème - 9h57 d'écoute - 23 €

Parution d'origine chez Flammarion en 2015

 

L'histoire :  L'inspecteur Sunderson, désormais à la retraite, n'aspire qu'à se mettre au vert dans un bungalow du Nord Michigan. Aussitôt installé, il découvre que ses voisins, la famille Ames, sèment la terreur dans toute la région. Les autorités locales avouent leur impuissance face à ce clan qui vit en dehors des lois et commet les crimes les plus crapuleux. Quand une série de meurtres éclate en pleine saison de pêche à la truite, Sunderson est contraint de reprendre du service.

 

Tentation : Curiosité

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Cette lecture était pour moi expérimentale... une incursion dans la grande littérature américaine que je méconnais et néglige. Donc je me suis dit "pourquoi pas ?" Le titre et le sous-titre (faux roman policier) me tentaient plus que les autres oeuvres de Jim Harrison.

Je ne vais pas y aller par quatre chemin ni m'étendre très longtemps sur le sujet, quitte à faire bondir le Harrison Fan's club... j'ai détesté cette lecture, qui du coup, traîna en longueur pour moi... comme une corvée. Et pourtant, le style est agréable et le roman ne manquent pas de réflexions intéressantes, notamment autour des 7 péchés capitaux, et le huitième selon Harrison : la violence.  Et je reconnais qu'Harrison décrit très bien une certaine Amérique... Mais celle qui me rebute et me dégoûte... Celle qui vit avec un flingue dans une main et un bidon de Vodka dans l'autre. Celle où tout est violence, brutalité, ignorance, inculture. La plupart des personnages, dont surtout Sunderson m'ont répugnée... Un homme de 65 ans qui couche avec sa fille adoptive, puis avec une gamine de 19 ans, fantasme sur tout ce qui bouge et qui porte un cul surtout si c'est bien jeune. Le roman laisse grande place à la libido très libidineuse, obsessionnelle et les détails ne manquent pas. Bref, les beuveries et les coucheries sont trop présentes dans ce texte pour que je puisse apprécier l'éventuelle subtilité du reste.

Je sors de ce livre avec une sensation profonde d'ennui, de dégoût et de temps perdu, tant celui-ci ne m'a rien apporté. Manifestement, ce genre de littérature n'est pas fait pour me plaire. On verra dans quelque temps (quand je serai remise de cette lecture) pour une autre tentative, pour ne pas fixer un avis sur un auteur de cette trempe via un seul roman.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 18 Janvier 2020

Roman - Editions Ecoutez lire - 6h05 d'écoute - 18.99 €

Parution d'origine chez Gallimard en 2015

L'histoire : Fiona Maye est juge spécialisée dans le droit des familles à la Haute Cours de Londres. Une nouvelle affaire se présente et attend son jugement impartial : Adam, un adolescent de 17 ans, atteint d'une grave leucémie, doit absolument recevoir des transfusion pour survivre. Mais Adam et ses parents sont témoins de Jéhovah, et suivant les principes de leurs croyances religieuses, refusent toutes transfusions. L'hôpital fait donc appel, à Fiona Maye de trancher.

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : J'attendais beaucoup plus de ce roman, et notamment de l'émotion. Or, j'ai trouvé celui-ci d'une froideur rare. De ce froid que l'on imagine très bien régner dans salles et couloirs où se déroulent toutes les magistratures protocolaires qui décident de l'avenir d'un être humain.

Et pourtant, le sujet a tout pour être intéressant, et certains passages le sont effectivement. Mais eux aussi sont rares, et courts. Dommage, car il y avait moyen de les développer et ainsi d'inviter le lecteur à être moins spectateur et plus acteur (de par ses réflexions personnelles) dans cette histoire au sujet poignant et révoltant pour toute personne vivant dans un milieu "équilibré", loin de tout fanatisme. Car via le jugement rendu par Fiona Maye, on ne peut nier qu'il y a effectivement sujet à débattre, même si cela ne paraît pas au premier abord... Si l'on considère la liberté individuelle. Oui mais... Il y a "l'intérêt de l'enfant" pour lequel toute cours de justice doit se battre... Et lorsque l'enfant est presque adulte, cela se complique.

Dommage que les digressions prennent tant de place dans ce roman... Des digressions qui portent sur d'autres affaires familiales jugées par Fiona Maye, affaires qui certes méritent de l'attention, mais éloigne celle-ci du sujet principal et "vendu" sur la quatrième de couverture. Et surtout les déboires conjugaux de la juge Maye sont envahissants dans l'histoire et d'une réelle morosité... De ce fait, j'ai eu la sensation d'écouter un livre très monotone et à l'intérêt ponctuel. Je me suis donc ennuyée.

Néanmoins, on ne peut que saluer la morale de ce roman. "L'intérêt de l'enfant", pour tout adulte, qu'il soit magistrat ou pas, ne devrait pas se limiter au jugement rendu en cours de justice. Car en effet, lorsque l'on réveille un enfant, ou tout autre être de sa foi aveuglante, il faut être là pour lui proposer autre chose. Car le monde est soudain si vaste pour lui qu'il est nécessaire d'être à ses côté, pour l'aider à trouver un nouveau sens... à la vie, à SA vie.

 

PS : Pour info, ce roman a été adapté au cinéma en 2018 sous le titre de "My lady", avec Emma Thompson dans le rôle phare.

 

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Rédigé par Géraldine

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