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Publié le 15 Novembre 2022

Roman - Editions Audiolib - 10h44 d'écoute - 21.50 €

Parution Audiolib 2018 (Albin Michel 2017)

L'histoire : Mi XIXème siècle. Cora, 16 ans, est une esclave dans une plantation de coton en Géorgie. Sa mère s'est enfuie il y a des années, laissant sa fille seule affronter le pire... Cora rencontre Caesar, un jeune esclave qui lui propose de s'enfuir avec lui... Cora finit par accepter. Cette histoire est celle de leur fuite à travers les Etats du Sud, dans l'espoir de rejoindre les Etats abolitionniste du Nord.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib de Rennes

 

Mon humble avis : Un prix Pulitzer, le National Book Award et les éloges de la blogosphère... Voilà, j'ai audiolu ce roman... aussi captivant, qu'instructif, que bouleversant. Une histoire qui noue la gorge, révolte, indigne... Qui fait prendre une nouvelle fois conscience, si besoin était, de la chance d'être née blanche en France dans la 2ème partie du XXème siècle. Oh, on peut se dire, en cours de lecture, que c'est du passé... Pas tant que ça dans certains pays... Et comme l'Histoire est un éternel recommencement, méfiance...

Nous suivons donc Cora, jeune fille de couleur. Cora, une héroïne qui marque, qu'on n'oublie pas. Sa grand-mère fut arrachée aux terres Africaine pour atterrir dans une plantation de coton en Géorgie, donna naissance à Mabelle, qui elle-même mit Cora au monde... Une lignée de femmes esclaves de génération en génération.

Le roman s'ouvre sur la destinée de ses esclaves, leurs parcours (depuis la traversée de l'Atlantique jusqu'aux ventes et reventes entre différents propriétaires terriens blancs), leur (non) vie, faite de travail sous la menace, de privations, de maltraitance, de chaines, de viols, de tortures, de non droit, de non existence légale, de meurtres... Le tout, sous la bénédiction hypocrite de la Sainte Bible "réécrite" pour les blancs. Oui, c'est dur à lire ou à écouter, mais c'est la vérité. 

Puis l'histoire se concentre sur Cora, qui rencontre Caesar qui lui propose de s'enfuir de la plantation avec lui. Nous suivons donc les mésaventures de cette fuite depuis la Géorgie, en passant par la perfide Caroline du Sud (qui prétend accueillir les noirs pour les libérer, les instruire, tout en les incitant sournoisement à la stérilisation pour éviter l'explosion démographique noire), par la Caroline du Nord où un bon noir est un noir pendu, par le Tennessee et enfin dans l'Indiana. Le tout, poursuivis par un ignoble chasseur de prime, mandaté par le maître de Cora pour lui ramener "son bien". Cora et Caesar rencontreront tout de même des gens bien, qui risquent également leur vie pour leur venir en aide, d'étape en étape. C'est l'Underground Railraod. 

Colson Whitehead s'inspire de la réalité historique dans ce roman, même s'il lui donne une touche romanesque. En effet, l'Underground railroad a réellement existé et permit à plus de 100 000 esclaves fugitifs de rejoindre des Etats libres/ abolitionnistes. Il s'agissait d'un réseau de passeurs (en résumé) qui usait d'un vocabulaire ferroviaire.  Colson Whitehead en a fait un vrai train clandestin souterrain. Et il le fait si bien, que j'y ai cru, mais avec un léger doute, qui m'a conduite à une petite recherche rapide sur le net (ici si vous voulez en savoir plus)

J'ai été happée par ce roman, bouleversée par le destin tragique de Cora (et de tant d'autres), me demandant toujours quelle serait l'issue de son histoire, je l'ai finie la gorge nouée et comme terrassée... Underground railroad est servi magistralement tant par la plume (très agréable et fluide) de Colson Whitehead que par l'interprétation qu'en fait, dans cette version audio, l'actrice Aïssa Maïga. C'est simple, quand on monte dans ce train (ce livre), on n'en descend pas.... jusqu'au terminus.

Underground railroad est ma première incursion littéraire dans cette époque américaine. Aucun regret, j'ai beaucoup appris... et aussi, mon premier livre de Colson Whitehead... et certainement pas le dernier !

Un roman à lire absolument, qui donne un bon coup de pied dans le mythe américain et développe les questions raciales de façon aussi intelligente, que prenante, et surtout, rondement menée. Il y a, là aussi, un devoir de mémoire...

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 11 Novembre 2022

Roman - Editions Livre de poche - 384 pages - 8.20 €

Parution Livre de Poche juin 2022, (Stock 2020)

L'histoire : 1969. Juste libérée de sa tyrannique de mère par le décès de celle-ci, Frances, 39 ans s'apprête à vivre son premier été de liberté. Elle trouve un travail : établir l'état des lieux des jardins de Lyntons, un grand domaine délabré de la campagne anglaise, racheté par un américain.

Elle s'installe donc dans la demeure, où elle fait connaissance de Cara et Peter, couple missionner quant à lieu à l'état des lieux de la demeure.

Une amitié se noue entre eux, qui deviendra vite ambigüe, d'autant plus que Frances découvre un judas dans le plancher de sa salle de bain, avec une vue plongeante sur celle du couple à l'étage inférieur.

 

 

Fournisseur : Ma CB

Tentation : La blogo

Mon humble avis : J'avais lu nombre de billets sur la blogosphère à propos de ce roman lors de sa sortie chez Stock il y a 2 ans. Quand je l'ai vu bien en évidence sur l'étal des nouveautés poche cet été, je me suis dit : "Pourquoi pas ?!". C'était aussi l'occasion d'explorer la littérature étrangère que je visite si (trop) peu.

Et bien me voici bien partagée par cet oeuvre, au point que j'ai hésité entre lui attribuer 3 pattes de chat, ou 2... 

J'ai dévoré ce livre, n'ayant de cesse que d'y retourner quand la vie quotidienne interrompait ma lecture. Ferrée je l'ai été dès les premières pages... Sans doute le talent de Claire Fuller est là, d'établir très vite une atmosphère particulière propice aux mystères et suspenses qui s'installent et dont, forcément, le lecteur trépigne d'en connaître l'issue. Les personnages sont singuliers, entre Frances qui après des années au seul contact de sa mère est presque inadaptée aux relations sociales, et le couple très fantasque et perturbé que forment Cara et Peter. 

Frances est la narratrice de cette histoire, des années plus tard, alors qu'elle est au crépuscule de sa vie, et plus ou moins en confession auprès d'un tout aussi plus ou moins vicaire. On ne découvre où elle se trouve vraiment que dans le dernier quart du roman.

Oui mais... au final, je me suis dit : "tout ça pour ça".

 Que de longueurs, notamment dans les descriptions des jardins du manoir, qui m'ont plutôt laissé de glace... Cent pages de moins auraient préservé l'intensité de l'histoire et évité mon agacement, mes lassitudes. Les trois personnages s'installent dans une langueur répétitive qui étire encore plus cette lenteur. Il est finalement assez peu question de ce fameux judas qui, cité sur la 4ème de couv, titille pourtant le lecteur comme une carotte.

Même si Frances est un personnage attachant par ses faiblesses et son bonheur d'avoir enfin des amis, j'ai eu envie de la baffer pour la réveiller, qu'elle prenne conscience de la toxicité de cette relation finalement assez stérile à mes yeux. Elle a quitté la prison maternelle pour une autre, celle d'une amitié triangulaire où elle marche sur des oeufs, n'ose pas, a peur de déranger, d'être exclue. Une relation où elle est soumise en fait, où elle écoute mais où l'on se préoccupe très peu d'elle. Elle ressemble plus là-dedans à un animal de compagnie qu'à une véritable amie. Après des années de routine, Frances perd pied car elle n'a aucun repère dans la liberté.

Cara, j'ai eu aussi envie de la baffer pour la calmer, pour son insolence, pour qu'elle "accouche de son mystère" une bonne fois pour toutes. En fait, Cara interrompt toujours ses confidences, et ce parti pris narratif fini lasser, voire exaspérer. Elle est dingo, mais ne m'a provoqué aucune empathie.

Quant à Peter, je l'aurais bien baffé aussi pour qu'il mette les choses au claire (pourquoi tant de mystère après tout !), lui qui connait la vérité, qu'il s'affirme et affirme nettement. Dans ces pages, tout est en non-dits (que je déteste déjà dans la vie), en inachevé, en mensonges, en confidences très implicites et toujours interrompues. On ne saura jamais distinguer le vrai du faux, tant dans le comportement de Cara, que dans le récit de Frances : réalité, interprétation ou mensonge. De ce fait, c'est avec frustration que j'ai fermé ce livre.

Frances est à priori témoin de phénomènes étranges dans la maison... Dans le dénouement, ceux-ci seront complètement oubliés et resteront inexpliqués... L'atmosphère particulière dans la première partie devient lourde, pesante et malsaine dans la deuxième.

Et pourtant, malgré tous les reproches que j'adresse à "L'été des oranges amères", je l'ai dévoré. Etrange phénomène...

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 30 Août 2022

Roman - Edition Folio - 608 pages - 9.40 €

Parution Folio 2021 (Gallimard 2018)

L'histoire : "L'Angleterre lui faisait l'effet d'un territoire calme et stable. D'un pays en bonne intelligence avec lui-même. Tout allait pour le mieux. En dix ans, l'Angleterre est passée de la liesse des jeux Olympiques au couperet du référendum sur le Brexit. Comment en est-on arrivé là ? 

Tentation : La blogo à l'époque

Fournisseur : Kdo de Noël dernier

 

 

 

Mon humble avis : J'en suis la première surprise, j'ai adoré ce roman, je l'ai dévoré rapidement, malgré mon aversion pour les pavés. Et puis, c'est aussi une histoire dont, dans la globalité, nous connaissons déjà la fin : le Brexit. Et pourtant, les pages se tournent toutes seules !

Ce tome est le dernier d'une trilogie entamée il y a plusieurs décennies. Ce n'était pas prévu, mais la grande Histoire a incité Jonathan Coe à remettre en scène les personnages des précédents tomes, que je n'ai pas lus, sans en être du tout gênée !

Jonathan Coe nous fait ici pénétrer dans le coeur de l'Angleterre, durant les dix années qui ont précédé le séisme du Brexit et les quelques mois qui l'ont suivi... le tout, à travers les yeux des différents membres de la famille Trotter et quelques-uns de leurs proches, ou de personnes qu'ils sont amenés à fréquenter.

On suit donc les changements discrets ou radicaux dans la vie de ses personnages, avec, en parallèle, que ce soit en arrière ou en premier plan, les évolutions sociales et politiques de la société anglaise. Et toutes ces plus ou moins grandes révolutions ont menés au Brexit.

C'est vraiment passionnant à suivre, cette lecture a été addictive pour moi, et je pense que la délicieuse plume de Jonathan Coe n'est pas étrangère à mon régal de lecture.

Certes, je me suis parfois perdue dans les dialogues qui étaient purement politique, par manque de culture là-dessus et surtout, par fainéantise d'effectuer quelques recherches sur le net.

Mais j'ai bien suivi le pourquoi du comment, ai été assez ahurie de constater à quel point la société Anglaise étaient divisée et fracturée, tout en me disant que les citoyens français me le semblent tout autant... Où cette atmosphère de tension perpétuelle et de division va-t-elle nous mener ? L'auteur revient évidemment sur les premières émanations politiques qui, sans le vouloir vraiment, ont mené au Brexit, concept qui, à l'époque, n'avait pas de nom puisqu'il paraissait inconcevable ! Tout cela, nous autres Français, l'avons sans doute oublié.

Le coeur de l'Angleterre est une critique sociale, toute en nuances, et teintée d'humour (british) évidemment. L'auteur y crie haut et fort son amour du pays, malgré son incompréhension des convictions de certains. Ce roman offre une réflexion très intéressante sur les destins tant individuels que collectifs et montrent comment parfois, l'un peut influencer l'autre.

Il y aurait beaucoup à dire tant ce livre est dense de sujets et provoque moult réflexions à son lecteur. Je vous laisse donc le découvrir. Vous verrez, c'est une lecture très instructive !

Quant à moi, ce qui est sûr, c'est que je lirai d'autres ouvrages de Jonathan Coe tant il m'a séduite !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 18 Mars 2022

SF - Samuel Delany - L'intersection Einstein - Avis - Chronique

Roman SF - Editions Livre de Poche - 219 pages

Parution d'origine en 1967

L'histoire : Ils habitent la Terre et se croient humains.
Ils ont trois genres, le féminin, le masculin et l'anormal.
Ils s'exercent à d'étranges pouvoirs, la télépathie la télékinésie, et peut-être la résurrection des morts.
Mais sont-ils vraiment des hommes ?
C'est ce que va tenter de découvrir Lo Lobey, Orphée de cet avenir, armé d'une flûte-machette, en allant rechercher aux enfers la belle Friza.
Friza la muette.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

Mon humble avis : Ce classique de la littérature SF dormait dans ma PAL depuis une décennie... Son faible volume m'a poussée à l'en sortir... je voulais une lecture rapide... Qui finalement m'a pris plus d'une semaine.... Lecture laborieuse et éreintante, tant elle m'a nécessité de la concentration pour tenter de saisir ce que Samuel Delany voulait me faire comprendre. Par moment, il me semblait percevoir le sens des choses, la signification profonde des textes, des paraboles, des symboles. Mais le temps que je mette cela en ordre dans mon cerveau, pffft, tout s'évaporait... que j'essayais de reconstituer dans ma tête... Souvent en vain.

Samuel Delany s'est appuyé sur le mythe de Morphée et d'Eurydice pour écrire son roman. Bon, déjà, je ne suis pas une pro de la mythologie. Ensuite, j'ai peut-être trop cherché de sens philosophique à l'histoire. Mais si celle-ci en est dépourvue, et bien j'ai encore moins compris je pense l'objectif du récit ! En résumé, ce roman, couronné du Prix Nébula, n'était pas pour moi. Et pourtant, la préface explique pas mal de choses, ces choses qui m'ont fait lire les premières pages avec engouement, engouement qui s'est vite dilapidé tant je me suis sentie perdue.

L'écriture est belle et soignée, mais le style dans la globalité m'a paru hermétique. Impossible pour moi d'y trouver une quelconque fluidité.

Je suis donc passé à côté du génie renommé de Delany et de son aspect très novateur dans la SF à son époque ! Mais je suis arrivée au bout... exsangue ! Et PAL - 1 :)

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 4 Mars 2022

Roman - Editions Audiolib - 9h40 d'écoute - 21.50 €

Parution Audiolib 2016 ( Payot & Rivages 2015)

L'histoire : En 1943, la guerre fait rage dans le monde et aux Etats-Unis, la mafia prospère. Après avoir régné sur le trafic d'alcool en Floride pendant la prohibition, Joe Coughlin s'est officiellement retiré et a cédé la direction des affaires à son frère d'armes Dion Bartolo. Un jour, pourtant, il apprend qu'un mystérieux commanditaire a mis sur sa tête un contrat dont l'exécution est prévue pour le mercredi des Cendres. Il a très peu de temps pour découvrir qui veut l'éliminer de l'équation et pourquoi.

 

Tentation : Curiosité

Fournisseur : Bib de Rennes

Mon humble avis : On a tous en tête le phénoménal et extraordinaire titre de Dennis Lahane " Shutter Island. Pour ma part, je n'ai pas lu ce roman mais j'ai vu son incroyable adaptation ciné avec Léonardo Di Caprio. Une histoire prenante, bluffante à tous points de vue. Alors, j'étais curieuse de découvrir ce que Dennis Lahane avait d'autre à raconter et je suis tombée sur cet audiolivre.

Me voilà partie un peu à l'aveugle et très loin de ma zone de confort, mais pourquoi pas ?!

Dennis Lahane nous propose ici une immersion dans la mafia américaine des années 40. Et qui plus est, en Floride... Ce qui m'a intéressée car j'ai vécu 5 mois dans cet Etat, aussi, j'ai apprécié de découvrir comment l'on y vivait et ce qui s'y passait à l'époque, et les noms des villes m'étaient familiers.

Les premiers temps d'écoute ont été très fastidieux et ont failli aboutir à mon abandon... Une multitude de personnages présentés, impossible pour moi de les retenir et de bien saisir les liens entre eux... Mais je pense que nombre d'entre eux disparaissent du récit et je suis parvenue à suivre à peu près l'intrigue et toutes ses ramifications.... Autant que la pieuvre a de bras !!!

Etrange sentiment de lecture... J'ai beaucoup aimé le style et la narration, tous deux soignés, assez rythmés, efficace malgré quelques longueurs à droite à gauche. Mais Dennis Lahane m'a tout de même happée dans cette histoire et mon envie de connaître le dénouement était réel. Une plongée au milieu des gangsters donc... Des hommes qui, à mes yeux, sont sans foi ni loi, même s'ils ont leurs propres valeurs et codes de fonctionnement. Donc évidemment, on ne s'attache pas à eux, même si parfois, on ose espérer que Joe parviendra à s'extraire sans trop de casse de ce milieu ou tout le monde veut devenir roi, bref à sauver sa peau... Oui, mais à quel prix, et pour combien de temps. Mais, droite comme je suis, je n'ai jamais oublié que Jo a eu beaucoup de sang sur les mains et qu'à une époque il était impitoyable. Peut-on se racheter et fuir réellement une telle vie ?

Les années 40, la Mafia, trahisons, pouvoir, vengeance, exécution, menace planante, voici le menu de ce roman à l'intrigue solide (avec quelques surprises et retournements de situations que je tais évidemment) qui s'est laissé lire, mais dont le genre ne deviendra pas pour autant une habitude pour moi. On va dire que j'ai fait une excursion au pays de la Mafia !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Février 2022

Nouvelles - Edition Audiolib - 5h12 d'écoute - 19.80 €

Parution Belfond et Audiolib en 2014 

Le sujet : L'amour et la solitude, la possibilité de changer de vie, le hasard des rencontres, les choix qui s'offrent à nous, l'art de la fuite... et les femmes. Douglas Kennedy explore encore plus avant ses obsessions pour nous livrer une variation en douze mouvements.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL audio / Bib de Rennes

 

 

Mon humble avis : Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins, je n'ai pas aimé du tout cette lecture (peu importe qu'elle fut audio ou pas)... Je n'y ai trouvé aucun intérêt.

OK, j'avoue ne pas être fan des histoires d'amour... Mais étant donné le titre, j'attendais de la douceur, de la beauté, de l'originalité, et pourquoi pas un peu de passion poétique...
Rien de tout cela... Que des histoires de couples à bout de souffles ou de relations plus ou moins extraconjugales toxiques où je ne peux concevoir qu'elles soient entretenues par le protagoniste victime consentante et plutôt clairvoyante dans le texte.

Les personnages sont tous très très stéréotypés... Ils ont tous "leur single mat" préféré, vont tous à l'opéra (ben oui, le ciné ou la petite pièce de théâtre de boulevard seraient sans doute trop communs), prennent tous l'avion Paris New York Londres , dinent tous dans de très très beaux restaurants (Le Crillon entre autres), et fréquentent tous ou presque (en extraconjugal ou en deuxième noce) des sopranos mondialement connues, et enfin travaillent tous haut placé dans la finance ou le juridique... Ou alors, ils sont écrivains en devenir, en panne sèche, ou en manque de reconnaissance. J'exagère à peine ! Bref, si vous cherchez dans ce livre Monsieur et Madame Toutlemonde, c'est peine perdue.

Si l'on en croit ces textes, tous les hommes finissent par regretter leur mariage (mais bon y'a les enfants tout de même), ils sont tous tombés sur ma mauvaise femme, qu'ils quittent tous pour vivre libre et se jetant immédiatement dans d'autres bras tout aussi contraignants ! Mise à part la dernière histoire, il semble n'y avoir aucune moralité là-dedans, mais des clichés américains et des poncifs français à la pelle. Bref, aucun murmure dans ces pages et beaucoup de répétitions dans ces destinées assez consternantes. Donc bref, on passe, on évite et on oublie vite !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Février 2022

roman, le tatoueur d'Auschwitz, Heather Harris,  avis, chronique, blog

Roman - Editions  J'ai Lu - 319 pages - 7.90 €

Parution City Editions en 2018, J'ai Lu en janv 2021 

L'histoire : 1942... Lale, juif slovaque, se retrouve prisonnier de l'enfer à Auschhwitz. Il découvre les codes et le fonctionnement du camp dans une seule optique : en sortir vivant. Peu de temps après, il est recruté par les SS pour devenir le tatoueur d'Auschwitz. Ce travail offre un Lale un statut privilégié : une chambre seule... et une relative protection : son sort dépend de Berlin. La plupart des nouveaux détenus d'Auschwitz et Birkenau passent devant lui et lui tendent le bras...  Un jour, c'est le bras de Gita, une jeune juive slovaque, que Lale tatoue. Et contrairement à l'habitude, il lève les yeux et croise son regard. Pendant près de trois ans, leur amour sera fait d'instants volés, de petits gestes, de promesses d'une autre vie, celle de la liberté, un jour.

Tentation : Le marketing : bon placement dans la librairie, bandeau, 4ème de couv'...

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : Ce roman est inspiré d'une histoire vécue. Celle de Lale, que l'auteure néo-zélandaise Heather Harris a rencontré durant trois années pour recueillir son témoignage, dans l'idée d'un écrire un scénario, qui est finalement devenu roman.

L'histoire est "belle", prenante, et bouleversante pour ce qu'elle représente, le lieu et le contexte dans lesquelles elle se déroule. On ne peut bien sûr pas rester insensible au terrible sort des prisonniers d'Auschwitz.

Mais j'ai ressenti comme un malaise, un décalage tout au long de ma lecture. Certes, certaines horreurs des camps sont bien présentes et partiellement narrées, mais j'ai eu la sensation de lire une version édulcorée d'Auschwitz et Birkenau, comme si la romancière voulait épargner ses lecteurs. Or, quand on se dirige vers ce genre de titre, on ne demande pas cela, nous qui avons la chance de ne pas l'avoir vécu. On veut l'Histoire, la vraie, pour apprendre, se souvenir, comprendre, ne pas oublier. Certes, pour cela, il vaudrait mieux choisir des témoignages, mais en lisant la 4ème de couv', je me disais que ce titre serait un juste mélange d'Histoire et de roman.

Certes, la façon dont Lale a traversé ces 3 années en camp de concentration est assez romanesque (la vie l'est parfois), et c'est avec intérêt que j'ai suivi les efforts qu'il déploie pour "alléger" la condition de tant de ses codétenus.  Certes, j'ai saisi son tiraillement... En effet, son travail (obligatoire) de tatoueur peut passer pour de la collaboration aux yeux des non avertis. Mais il y a tout le reste, toute l'énergie qu'il met pour récupérer une plaque de chocolat ou une portion alimentaire pour en faire don à d'autres.

Certes, dernier certes, la relation amoureuse qu'il vit avec Gita est très aussi romantique que le lieu le permet...

On a beau être dans une retranscription d'une histoire vraie, je n'y ai jamais vraiment cru... Peut-être parce que l'auteure semble avoir nié toutes ses émotions... En fait, le texte est quelque part assez froid. Il se lit facilement, tant l'écriture est à mes yeux assez pauvre, très académique... Un travail scolaire bien fait... Mais le pire est dans les dialogues entre nos deux amoureux... J'avais l'impression de lire du Barbara Cartland (que je n'ai d'ailleurs jamais lue !!!) ou du Harlequin soft... Peut-être ce ressenti est-il lié à la traduction, je n'en sais rien.

Mais Le tatoueur d'Auschwitz reste un bon témoignage de survivance, de résistance, de réflexe de survie. Et une belle histoire d'amour dans un lieu où ce dernier n'avait pas place.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 25 Janvier 2022

Roman - Editions Thélème - 5h09 d'écoute - 23 €

Parutions Thélème 2015 et d'origine 1818

L'histoire : Anne Elliot beauté fanée et effacée de vingt-sept ans, est la seconde fille de Sir Walter Elliot, un baronnet veuf et vaniteux. Sa mère, une femme intelligente, est morte quatorze ans auparavant, en 1800 ; sa sœur aînée, Elizabeth, tient de son père la vanité de sa position. Sa plus jeune sœur, Mary, encline à se plaindre sans cesse, a épousé Charles Musgrove de Uppercross Hall, l'héritier d'un riche propriétaire des environs. Encore célibataire, sans personne dans son entourage qui soit digne de son esprit raffiné, Anne est en passe de devenir une vieille fille sans avenir.

Tentation : Un peu de "vraie" culture !

Fournisseur : PAL Bib de Rennes

 

Mon humble avis : Il est très rare que je m'engage vers ce type de littérature, et je pense savoir pourquoi : il ne me convient pas ! Je ne suis pas formatée pour apprécier !

Mais j'ai pioché ce classique dans ma PAL audio en me disant qu'un peu de culture ne me ferait pas de mal. Hélas, je n'ai pas du tout apprécié mon audio lecture, sans que le support en soit la cause il me semble. Mais je n'ai pas accroché à l'histoire, et mon esprit s'est fait vagabond !

Certes, je reconnais l'extrême finesse de la plume et de certains échanges entre les protagonistes. Mais ces derniers m'ont paru tellement nombreux qu'il m'a été impossible, à deux ou trois exceptions près, de les relier entre eux et de suivre réellement leur cheminement. J'ai saisi la globalité de l'histoire, j'ai remarqué l'ironie avec laquelle Jane Austen dépeint l'aristocratie oisive made in England au début du 19ème siècle.  Mais à part cela, rien. Aucune émotion ne m'a étreinte, je ne me suis attachée à aucun personnage et mon intérêt s'est vite évaporé. Bref, je me suis ennuyée ferme ! Les cancanages de salon ne m'ont de toute façon jamais passionnée, que ce soit dans les livres ou dans ma vie !

Et pourtant, il y a quelques années, j'avais aimé Orgueil et préjugés, lu sous le même format.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 12 Janvier 2022

Henning Mankell, Un paradis trompeur, littérature suédoise, avis, chronique

Roman - Editions Sixtrid - 9h09 d'écoute - 21.95 €

Parution Sixtrid 2014 - Seuil 2013

L'histoire : En 1904, Hanna a 18 ans et vit dans un hameau au bord de la Suède, entre montagnes et rivière. La faim, le froid, elle est une "bouche" de trop à nourrir pour sa mère. Quelques mois plus tard, elle sera propriétaire d'un bordel au Mozambique et à la tête d'une fortune inestimable. Quelle a été sa destinée entre la Suède et l'Afrique... Et quel est son avenir dans cette contrée où tout lui est étranger ?

 

 

Tentation : Ma PAL audio

Fournisseur : Bib de Rennes

Mon humble avis : Feu Henning Mankell était très réputé pour ses polars et thrillers. Mais pas que... Rappelez-vous les fameuses Chaussures Italiennes... Un paradis trompeur est dans cette veine, ce n'est pas du tout un roman policier.

J'ai vivement apprécié cette histoire qui semble au long cours, même si elle ne se déroule en fait que sur deux petites années.

Hanna est une campagnarde timide et "mal dégrossie" qui ne connait rien du monde au-delà de son environnement proche... Et pourtant, elle connaîtra d'abord la vie chez un armateur en ville, où elle découvre un certain luxe, le fourmillement des gens etc...

Puis, en qualité de cuisinière, elle embarquera sur un bateau en direction de l'Australie. Pour des raisons que je ne dévoilerai point ici, son voyage s'arrête au Mozambique... Ou elle descend à l'hôtel le Paradis... Elle est malade, elle y est soignée. Mais derrière la pancarte "Hôtel" se cache un bordel, dont elle deviendra la propriétaire après encore d'autres mésaventures.

A travers le regard d'Hanna qui découvre le monde et particulièrement l'Afrique colonisée (Le Mozambique est alors une colonie portugaise, Henning Mankell nous plonge dans cette époque et ces lieux où les blancs, minoritaires, méprisent et dominent les noirs, qui sont sans droits (sauf ceux que leur donne leur propre culture) et qui oscillent entre crainte et haine envers leurs blancs de maîtres. Un protagoniste du roman dira : Dès qu'un blanc débarque ici, il devient un ignoble personnage. Un autre dira : Un jour, les blancs regretteront ce qu'ils nous ont fait, un jour les noirs se révolteront.

Mais Hanna ne deviendra jamais une blanche comme les autres... et butera toujours contre ce choc des cultures. De ce fait, elle ne pourra jamais se fier aux "siens" et les noirs ne lui accorderont que très peu de confiance. Et pourtant, elle se battra pour cela, envers et contre tout.

C'est donc un destin hors du commun que nous conte ici le grand Henning Mankell. Il nous accroche au personnage d'Hanna dans une époque qui officiellement est révolue, mais qui subsiste encore trop de par le monde. J'aurais aimé une fin moins ouverte et peut-être plus cartésienne. J'ai aussi tiqué un peu sur l'assurance qu'Hanna semble acquérir trop vite. Mais ces détails sont secondaires et c'est chaleureusement que je vous conseille ce roman qui ne manque pas de nous instruire.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 6 Janvier 2022

Recueil - Editions "Les arènes" - 268 pages - 15 € environ

Parution en septembre 2013

Le sujet : Trente-quatre auteurs américains réunis pour écrire chacun une histoire de librairie... la leur, en tant qu'enfant, adulte, lecteur, romanciers... Ces témoignages de quelques pages chacun forment un bel hymne à la lecture et un magnifique hommage au travail des libraires indépendantes !

Tentation : Couv et sujet

Fournisseur : Ma PAL et ma CB !

 

 

 

Mon humble avis : J'ai acheté ce livre la veille du 2ème confinement en 2020, dans une librairie indépendante qui venait tout juste d'ouvrir alors... Un tel lieu accessible à pieds depuis chez moi, quel bonheur... Mais j'ai déménagé quelques mois plus tard.

Il n'empêche qu'en vitrine trônait cet ouvrage dont la couverture est une réelle invitation à la prendre en mains.

Cette librairie de la pomme verte est vraiment agréable à lire. Trente-quatre visions différentes de ce qu'est et apporte une librairie, et autant de plumes différentes... Même si évidemment, nombre de points communs se retrouvent d'un témoignage à un autre. Les auteurs évoquent tantôt le premier livre qu'ils ont acheté enfant dans une librairie, tantôt les lectures et dédicacent qu'ils y font de leur roman devant une salle vide - ou comble, tantôt le réveil de toute une ville alors qu'ouvre une librairie, ou le contraire. Mais aussi le titre improbable qu'ils ont trouvé au fin fond d'un rayon. Mais tous abordent le travail dévoué, passionné et titanesque des libraires, qui sauve parfois un roman de l'oubli et en fait un énorme succès.  Le tout, grâce à une relation réelle et personnalisée avec les libraires.  Evidemment, cet ouvrage est conçu comme un fer de lance contre le grand méchant A et les grandes chaines de librairies impersonnelles qui parsèment l'Amérique.

La Librairie de la pomme verte est aussi une invitation au voyage à travers les USA, les librairies célébrées par ces plumes se situant aussi bien en Californie, qu'à New York ou dans le Minnesota en passant par le Vermont ou ailleurs. On en apprend aussi beaucoup sur le fonctionnement de l'édition aux Etats-Unis. A la fin de chaque témoignage, on trouve la liste des oeuvres écrites par les auteurs. Mais aussi, au fil des pages, en notes, les titres qu'ils évoquent comme étant incontournables, ou leurs préférés etc... C'est donc une mine d'idées de lectures et de belles découvertes qui se trouvent réunies ici. Mais à ouvrage américain, dit surtout littérature américaine, et il semble hélas que nombre de références ne soient jamais parues en France. De même, certains auteurs qui participent à ce collectif sont inconnus dans l'Hexagone. C'est un peu frustrant !

J'ignore si c'est déjà fait, mais ce serait bien qu'un éditeur français se lance dans un projet similaire, avec des auteurs que nous connaissons tous... et des lieux que nous avons peut-être déjà arpentés !

En tout cas, je me rappelle très bien du premier livre que j'ai acheté moi même, avec de l'argent de poche... C'était dans une librairie papeterie presse du quartier de mes grands parents maternels, le quartier du Quesne à Marcq-en-Baroeul (59), et c'était un Oui oui ! Sur la couverture, il y avait un gros chat en peluche rose !

Je rédige ce billet quelques jours après avoir entendu aux infos que la vente de livres a augmenté de 20% en 2021 ! La littérature a donc encore de beaux jours devant elle !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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