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Publié le 16 Janvier 2013

http://image4.archambault.ca/2/E/D/8/ACH003070118.1333374812.580x580.jpgRoman - Edition Audiolib - 2h41 d'écoute - 15.30 €

 

 

Parution d'origine en 1927... En audiolib en 2012

 

 

Lu par Marie Christine Barrault

 

 

 

L'histoire : Dans une pension sur la côte méditerranéenne Française, les clients sont en émois. Madame Henriette, femme mariée, mère de famille bien comme il faut a disparu... Elle est partie avec le Français, rencontrée la veille. Entre les pensionnaires, un débat s'installe... Certains vilipendent, d'autres défendent l'absente, trouvant quelques raisons à ce comportement subit... Parmi eux, la narrateur et une veille dame Anglaise, Mme C... Celle ci invite le narrateur et lui raconte comment, il y a 26 ans, elle a, elle aussi, succombé à une passion dévastatrice et mis en péril son honneur, sa vie. Comment, en 24 heure, elle a perdu tout retenue due à son rang, son éducation, sa situation et ses certitudes...

 

 

  Tentation ; Le nom de l'auteur

Fournisseur, Chloé d'Audiolib, merci pour l'envoi ! 

 

 

 

 

étoile3etdemi 

Mon humble avis : De Zweig, j'ai déjà écouté Lettre d'une inconnue et La peur. Deux textes qui m'ont subjuguée, fascinée et qui m'entraînaient dans une littérature inconnue de moi, celle du célèbre Autrichien.

Aussi, quand Chloé d'Audiolib me laissa choisir un "cadeau de Noël" dans le catalogue, c'est vers ce titre que je me suis immédiatement dirigée.

Vingt quatre heure de la vie d'une femme... Où il est question du coup de foudre, de ce que la passion peut vous conduire à étonner autant vous même que votre entourage, à ne plus vous reconnaître. La passion qui prend possession de votre être, de vos faits et gestes. Le tourbillon intérieur, souvent dévastateur quand le vent s'éloigne.

 La première demi heure fut pour moi un bonheur exaltant. La pension, l'arrivée du Français, la disparition de Mme Henriette avec lui le lendemain, et les discussions à bâtons rompus qui s'en suivent. Un débat, entre personne de la bonne bourgeoisie, sur comment il est bon de traiter une femme faisant preuve d'autant de faiblesse, de frivolité... Et le narrateur qui vient au secours de cette pauvre Mme Henriette. La passion, le coup de folie. Le tout avec les mots, les phrases, les sentences propres à l'auteur viennois et admirablement servis par la voix de Marie Christine Barrault, on savoure, vraiment. La douceur de la voix, qui se module en fonction du personnage interprété, est hypnotisante. Elle captive et berce à la fois. On est vraiment à l'écoute et au fil du récit, la détresse de Mme C nous pénètre par tous les pores de la peau. Le rythme de lecture est tout a fait fluide et adapté aux moments forts, aux émotions.  La voix ralentit, devient plus grave ou bien murmure.... La voix se tait même parfois pour vous laisser le temps de digérer, déguster, se remémorer, ressentir encore plus fort.

Néanmoins, mon intérêt ou mon attention se sont un peu altérés lors du passage ou Mme C décrit son entrée dans le casino et s'arrête sur chaque joueur, chaque paire de mains autour de la table de jeux. D'autres lecteur ont été fascinée par ce passage, moi, il m'a ennuyée. Mais, comme il ne dure pas 3 heures, je suis vite revenue au coeur de l'histoire, et même dans l'âme tourmentée même de Mme C alors qu'elle prend sous son aile, qu'elle sauve un jeune homme possédé par le jeu... et ruiné. On retrouve toute la splendeur de Zweig pour décrit les duels intérieurs, les affrontement entre raison et instincts des personnages découvrant qu'ils ne se maîtrisent plus, qu'ils sortent de leur rang, de leurs habitudes, de leur promesse... Et, le pire, la découverte de l'ivresse que cela procure. Sortir de soi.... L'écriture de l'auteur est toujours aussi forte et précise, jamais agressive,  mais sophistiquée et accessible.  Zweig est impitoyable de réalisme lorsqu'il décrit les méfaits et les conséquences de l'addiction aux jeux de hasard. Cette histoire a 80 ans, mais elle semble si contemporaine à la fois. Heureusement, il y a les petits détails qui nous font voyager dans le temps.... un temps ou une voiture était un fiacre menée par un cheval, où les femme se déplaçaient avec des malles...

Inutile de poursuivre, vous comprenez bien que je suis toujours conquise par l'univers de Zweig et le format de lecture. Toutes les voix de tous les livres audio que j'ai pu lire jusqu'à maintenant m'ont conquise, séduite, charmée, au point que j'en suis venue à tenir une liste des interprètes pour rechercher d'autres audiolivres lus par ces comédiens. Une voix qui rentre chez moi et en moi, qui me conte une histoire, c'est un délice.

Mais pourquoi pas 4 étoiles... Et bien juste parce que l'histoire de Mme C m'a un peu moins bouleversée et émue que celles des autres personnages Zweigiens que j'ai déjà rencontrés !

 

 

 

 

                                                             Chez Val

free-road-trip-games-audio-book

 

pett bac 2013

 

                                                                 Chez Enna,   Catégorie Nombre, chiffre

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 18 Novembre 2012

Roman - Christian Bourgeois Editeur - 153 pages - 17 €

     

Parution le 23 août 2012

 

Rentrée littéraire sept 2012

 

 

L'histoire : Lotus, village de Georgie que l'on ne veut que quitter... Ils seront 3 à s'engager pour la guerre de Corée. Seul Franck renvient. Mais dans quel état ? Il erre d'abord dans le nord américain, avant de recevoir une lettre : sa soeur va mourir. Comme quand ils étaient enfants, Franck a toujours protégé sa petite soeur. Un périple la mène jusqu'à Atlanta, puis jusqu'à Lotus, la maison finalement... et conduit le lecteur à travers l'Amérique Noire des années 50.

 

   

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Olivier et Priceminister dans le cadre du match de la rentrée littéraire. Merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Je ne pourrai vous dire, comme les autres, que ce livre regroupe tous les thèmes chers à l'auteure, puisque je n'ai jamais rien lu de cette grande dame d'outre-atlantique.

Home n'est pas un roman qui se laisse pénétrer. D'ailleurs, les premières pages m'ont quelque peu désarçonnée : polyphonie (le personnage en italique) et l'auteure,  en police habituelle ainsi que quelques aller-retour chronologiques.

Et puis au fil tu temps j'ai réalisé que c'était le roman qui me pénétrait peu à peu, de partout, autant en douceur qu'en violence. En douceur, par ce que l'écriture est si belle, poétique, naturelle. Elle suggère l'horreur sans la citer vraiment, sans un mot impétueux qui déborderait de rage. Je pense que Toni Morrison laisse ainsi à la discrétion de chaque lecteur le choix et l'interprétation des images qu'il peut supporter, ou imaginer.

Home s'insinue d'abord par les pores de la peau, car il est douceur dans le style et émerveillement de talent littéraire. Il est alors caresse. Puis il s'attaque à votre coeur devant les injustices pourtant maintes fois décriées dans la littérature, mais toujours aussi intolérables : la ségrégation dans l'Amérique des années 50. Notre coeur sera souvent adoucis par l'empathie que l'on développe pour les deux personnages principaux : Fanck et sa soeur Cee... Pour ce qu'ils sont, ont été et seront toujours l'un pour l'autre.

Notre cerveau est aussi sollicité, pour revenir sur des événements historiques et leurs dégâts tant sur les champs de bataille que sur chaque être qui y a participé et qui devient un champ de bataille à lui tout seul, avec ses parties mortes, vaguement survivantes ou celles vaguement apaisées par un sentiment de déni. Morrison nous parle alors d'une guerre si peut évoquée qu'on l'oublierait presque, nous autres européens à priori peu concernée par celle ci : la guerre de Corée. Autant les arts américains maintiennent en vie le souvenir de la guerre du Vietnam dans l'espoir sans doute que l'on dise "plus jamais ça". Mais qui parle encore la guerre de Corée. Toni Morrison justement.

Ensuite, le livre arrive jusqu'à nos entrailles, pire même, nos viscères. Le pire de chacun de nous, le plus écoeurant. En général, il s'agit ici de comment les blancs traitaient les noirs à cette époque là, pire que comme des chiens. Et puis il y a ce que le meilleur homme est capable de faire, dans une situation extrême, pour se sauver de lui même non pas des autres, mais de lui même...

Et enfin, c'est tout le corps qui frémit et s'émeut devant ces deux êtres qui restent Hommes, malgré l'inhumain qu'ils ont vécu ou ont fait vivre. Car le meilleur d'eux mêmes, leur force, leur disent que quoiqu'il en soit, il faut vivre avec ce que l'on est, ce que l'on a vécu, ce que l'on a subi. Notre liberté : être debout, triste ou heureux, mais être un homme debout et chez soi, même si l'on a tout fait pour fuir car c'est finalement chez soi que l'on est le plus protégé de ce que l'on n'est pas.

Le message peut paraître simpliste, mais quand il est transmit avec autant de talent, de pudeur et de grâce que le fait Mme Morrison, on ne peut que s'incliner, ne pas en dire plus, ni trop, sauf que c'est un livre... à lire...

 

Lu dans le cadre du challenge 1% Rentrée littéraire : 7/7

 

Lu aussi dans le cadre du Match de la Rentrée littéraire organisée par Price Minister

 

Rentrée Littérraire 2012

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 21 Septembre 2012

Polar littéraire - Editions La branche - 221 pages  15 €

 

  

Parution le jeudi 13 septembre 2012

Rentrée littéraire 2012

 

 

L'histoire : Julien Mabancko et José Montfort ne font qu'un. L'un, congolais, est arrivé en France sous l'identité du premier, soit disant né  Fort de France.

José s'intègre très vite dans la tribus, formée de compatriotes. Il devient même le bras droit de Pedro, le leader. Jusqu'à ce vendredi 13 où, sur le trottoir  de la rue du Canada, José voit une femme s'écraser devant lui. Elle vient du 5ème étage..

 

 

 

Tentation : Gilles Paris et envie de découvrir l'auteur

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Si j'occulte le fait que je m'attendais de ce roman un profil plus policier selon ma définition...

Et bien en fait, nous avons ici un roman noir. Noir parce qu'écrit par un Congolais, noir parce l'histoire se déroule dans la communauté noire de Paris... Et noir dans son style, malgré l'humour fin et discret dont ne manque pas Alain Mabanckou, qui profite d'ailleurs de l'occasion de railler le pur thriller à l'américaine.

Julien/José est dans sa cellule de prison, pour un séjour qui semble s'éterniser. Alors, il prend la plume et dans un journal, confie ce qui l'a mené là, depuis sa petite ville du Congo. (je suppose que toute ressemblance avec mon roman en court depuis 20 ans n'est que pure coïncidence ). La force de ce roman noir est qu'il est très coloré, coloré par cette communauté africaine que l'on découvre de l'intérieur, avec ses codes, ses traditions, ses dictons, ses restaurants, ses adresses, ses expressions. C'est une véritable immersion dans le quartier parisien de Chateau rouge que Mabanckou nous propose ici, avec ses leaders, ses vieux sages même si pas si sages, ses trafics de cartes de séjour, de chéquiers, les matronnes derrière leur comptoir de restaurant, les rivalités quand il le faut entre les Congolais Brazza et les Congolais Kinshasa qui redeviennent frères quand nécessaire. Il y a aussi l'aspect chic de certains africains pour qui revêtir les plus beaux vêtements de Paris pose leur position et pour qui, être reconnus comme l'un des plus grands "sappeur" de Paris est un honneur. J'ai vraiment aimé toute cette découverte d'un milieu qui m'est inconnu. Surtout que celle ci est parsemée de quelques moments jubilatoires... Tel le face à face entre José/Julien et un contrôleur RATP martiniquais. C'est cocasse et tragique à la fois. L'entraide, l'envoi de l'argent au pays, la débrouille.... José/Julien se débrouille plutôt bien jusqu'à ce qu'il soit embarqué dans une histoire bien plus grande que lui... Et si cette histoire était prévue depuis le début ? Si l'entraide avait été pure manipulation ? L'auteur laisse planer l'idée qui nous surprend tout à coup et puis fait plus ou moins son chemin en nous.

Le style est adapté au sujet : Julien s'exprime à la première personne, on sait qu'il a son baccalauréat et qu'il s'applique. Bien sûr, l'écrivain lui tient la main, mais l'écriture est agréable, fluide. Le personnage, dans son innocence et son isolement est attachant. Hélas, les situations se répètent et les lenteurs s'installent. Et puis j'attendais encore une fois un polar, des flics, une enquête. Notre Julien n'enquête pas, il est juste dépassés par une situation dont il saisit l'ampleur et les conséquences au fil de son récit. Il aurait du porter plus d'attention à la date. Pour lui, le vendredi 13 est une date maudite où son destin a basculé. En fait, j'avais besoin d'un peu plus de grandiloquence punchie alors que je tenais dans les mains un roman simplement sincère, sans grands effets, un roman d'un certain quotidien, certes à l'opposé du miens, mais...

C'est plus le portrait de cette communauté africaine que l'intrigue que je retiendrais, même si celle ci est savamment construite, sans doute, parce que ce n'est pas ce que j'attendais.

 

A savoir que ce roman a été écrit dans le cadre d'une collection instiguée par l'éditeur : réunir 13 auteurs de renom et leur demander de broder 13 romans musclés autour de cette date fétiche. 13 récits d'action, contemporains, où le héros, l'héroïne, met sa vie en jeu pour : un paquet de fric, l'amour, sa liberté, la gloire, la révolution, une utopie... à chaque auteur de choisir.

 

 

 

Livre lu dans le cadre du challenge 1% rentrée littéraire organisé par Hérisson et Mimipinson 

                                                                                                   3/7                                      

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 17 Septembre 2012

Roman - Editions Les escales - 429 pages - 22.50 €

 

  

Parution en mai 2012

 

 

L'histoire : En 2001, Alexis, jeune anglaise d'orgine Crétoise, passe quelques vacances en Crète. Elle rencontre Fotini, une ancienne amie de sa mère, qui selon les souhaits de cette dernière, livre enfin les clés de l'histoire familiale jusque là on ne peut plus tabou...

Tout a commencé en 1939 dans le petit village de Plaka.. Lorsque Eleni, arrière grand mère d'Alexis, remarque des tâches de dépigmentation sur sa peau. Le diagnostique tombe : c'est la lèpre. Giorgis, son pêcheur de mari, n'a d'autre choix que de conduire sa femme au delà du bras de mer, à quelques encablures de la côte... Sur l'île de Spinalonga, la léproserie Crétoise, l'île des Oubliés...

Le mauvais sort faisait ainsi son premier pas et certainement pas le dernier, dans cette famille modeste et courageuse. Ainsi s'ouvre l'histoire et ce livre, une véritable saga familiale sur plus de 60 ans et presque 4 générations.

 

 

Tentation : Cynthia et son billet

Fournisseur : L'éditeur et l'agence LP conseils. merci pour l'envoi.

 

 

 

étoile3etdemi

 

Mon humble avis : A y'est, j'ai enfin achevé ce livre après plus de deux semaines de lecture ! Et pourtant, comme il m'a plu et captivée ! Mais il a un côté pavé et surtout, je l'ai entamé lors d'une période de vacances qui ne m'offrait que peu de temps pour me plonger à corps perdu dans la lecture.

Alors, le livre... Et bien on pourrait aussi l'intitulé le livre des oubliés. Il rend un vibrant hommage aux victimes et aux soignants d'une maladie que l'on oublie sous nos contrées et dont on ne parle peu ou plus, même si c'est à tort : La lèpre. Un mot qui dégoûte, effraie, révulse et semble nous renvoyer en des temps anciens ou des contrées lointaines. Et bien non. La lèpre existe encore aujourd'hui avec des chiffres effarants.  Et en 1939, elle sévissait notamment en Crète, berceau de ce roman.

L'île des oubliés recelle deux atouts formidables. Sa lecture m'a tellement appris sur la Crête, son histoire, ses traditions dans les années 40 /70. La vie d'un village modeste, la guerre 39-45 qui a étendue sa haine et sa violence jusque sur cette ile.... mais qui a épargné celle de Spinalonga.... En effet, les Allemands ne cherchaient pas à se frotter à une colonie de lépreux...

La lèpre, sujet principal de cette histoire. Pour moi, elle ne représentait qu'un tronc que l'on remue chaque année et dans lequel on glisse une pièce de monnaie lors de la journée mondiale des lépreux. J'ai découvert la réalité de cette maladie ignoble même si devenue currable depuis 1957... Vitoria Hislop ne se répend pas en descriptions d'un délabrement physique abominable et insoutenable pour nos pauvres petits yeux de lecteurs confortablement installés dans un canapé avec des terminaisons nerveuses qui fonctionnent parfaitement et nous permettent de tourner les pages d'un livre. Deux ou trois cas sont un peu décrits, mais sinon, c'est aux conséquences psychologiques et sociales de la maladie que l'auteur s'intéresse. Et surtout, au courage des victimes et à leur organisation sur l'île qui fut un moment leur exil définitif et obligatoire : Spinalonga. Une île que j'ai visité lors de mon voyage en Crète il y a quelques années. Je me rappelle parfaitement de la beauté extraordinaire du site, mais n'avais gardé aucun souvenir des explications du guide. L'île des oubliés me donne furieusement envie de retourner à Spinalonga et de "visiter" cette île autrement qu'avec mon appareil photo. En général, on fustige les ghettos ou tout ce qui y ressemble. Spinalonga en était bien un... Et pourtant, il est surprenant de constater qu'après le premier choc de l'exil et de la séparation définitive d'avec la famille, nombre de lépreux s'estimaient plus heureux sur l'île qu'ailleurs. Là, ils étaient protégés du regard, du mépris, de la répulsion des autres. Ils n'avaient plus à se présenter comme impurs. Ils n'étaient plus la honte. Ils formaient une communauté, au lieu d'être des exclus. Au point même que lorsque les antibiotiques efficaces ont permis la fermeture de Spinalonga en tant que léproserie en 1957, certains malades redoudaient le retour à la vie "normale". Enfin, je n'en dis pas plus à ce sujet, le livre vous dira le reste.

Et le reste du livre d'ailleurs ? Oui, la saga familiale ? C'est une saga, sans doute comme de nombreuses autres, mais c'est un genre que je lis peu. L'histoire se déroule en Crète, donc nous sommes en pleine tragédie grecque ! D'ailleurs, il m'est arrivé de penser que Victoria Hislop s'acharnait un peu trop sur cette pauvre famille Pétrakis, que certains passages se répétaient et que des longueurs auraient pu , sans doute, être évitées. Je dis "sans doute", car j'imagine bien qu'il ne doit pas être aisé de rendre compte dans un roman d'un temps qui passe si lentement, saison après saison, mais tout de même sur plusieurs dizaines d'années ! Et l'on ne peut que saluer l'énorme travail de recherche et de reconstitution historique effectué !

Néanmoins, je me suis beaucoup attachée à 3 personnages et j'ai détestée Anna, mais c'est voulu par l'auteure. Et comme je ne suis pas aussi "sainte" que Maria, je ne pardonne pas à Anna... pas son écart de conduite, mais son caractère et sa manière d'être. Les rebondissements ne manquent pas, et même si par moment j'ai cru appercevoir la fin bien avant celle ci, et bien je dois renconnaitre que je me trompais bien !

L'erreur serait d'oublier de lire "L'île des oubliés", justement, pour ne pas oublier...

 

 

Livre lu dans le cadre de mon challenge... Pour les îles de Spinalonga et la Crète.

 

ILE-DESERTE2 

Plus d'infos sur Spinalonga sur ce site http://www.aly-abbara.com/voyages_personnels/Crete/page/spinalonga_lepresrie.html

 

Plus d'infos sur la lèpre ici http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A8pre

 

 

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Le fameux tunnel qu'empruntaient les lépreux en arrivant à Spinalonga.... en sens unique... Cela me fait un peu penser à la porte du voyage sans retour, sur l'île de Gorée au Sénégal.

 

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le golf d'Elounda, vu de Spinalonga

 

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L'île de Spinalonga

Ces 3 photos sont des photos personnelles, et non libres de droits.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 1 Août 2012

Roman - Editions Babel (Acte Sud)  253 pages - 7.70 €

 

 

 

Parution d'origine :  Avril 2009

 

 

 

L'histoire : Désirée est bibliothécaire. A 35 ans, elle est déjà veuve. Chaque jour ou presque, elle se rend sur la tombe de son époux défunt. Au pied de la tombe d'à côté, elle y voit souvent Benny qui lui, pleure sa mère. A part le cimetière, tout semble les séparer. Éleveur de vaches, il est plutôt bourru là ou elle serait sophistiquée. Et pourtant... Oui ou non ?

 

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib'

 

 

Lu en livre audio...avec les voix de Marielle Ostrowski et Michelangelo Marchese

 

 

 

Littérature suédoise 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Ne boudons pas notre plaisir : 4 étoiles pour un livre doudou. Drôle, savoureux, émouvant, sensible et léger à la fois, frais autant que profond, suivant le degré de lecture que vous choisirez d'y mettre.

C'est les écouteurs sur les oreilles, à 10 000 mètres d'altitude direction les Seychelles, que j'ai écouté ce livre superbement mis en valeur par ces lecteurs. Je pense que je me suis autant régalé du contenu que de la prestation d'interprétation. Bravo aux deux voix citées plus haut.

Bien sûr, il est question de deuil dans ce livre. Mais surtout de comment revivre et comment laisser entrer une autre personne dans sa vie, aussi différente soit elle. A quels efforts sommes nous prêts à concentir pour s'adapter au monde de l'autre, quelles concessions attendre de chacun et surtout, les concessions suffisent pour qu'un couple qui s'aime fonctionne avec harmonie. De même, deux coeurs en berne qui se rencontrent ne confondent ils pas amitié profonde et réconfortante et amour ? Autant de questions qui sont abordées dans cette histoire qui se veut légère d'apparence et qui est un véritable plaisir de lecture.

La rencontre entre Benny l'agriculteur, campagnard, obsédé à raison par son bétail et les obligations qui en relèvent et Désirée, la bibliothécaire citadine m'a fait un peu penser à une émission que je ne regarde pas parce que je lis : "l'amour est dans le pré". Au delà de l'histoire d'amour, c'est du choc des cultures et du milieu social dont il est principalement question.

Les deux personnages s'expriment chacun leur tour et sont aussi attachant l'un que l'autre. On ne tombe jamais dans la mièvrerie, même si on lit (ou écoute) ce livre avec un sourire béat de bien être, entrecoupé de rires, tant certains dialogues ou situations sont jubilatoires ! Même la fin réserve une belle pirouette inattendue et audacieuse !

L'auteure savait elle qu'elle écrirait une suite ? En tout cas, celle ci est sortie l'année dernière sous le titre du Caveau de famille, et cette suite, il va me la falloir très vite !

 

L'avis de Sylire, de Moka, de Stéphie, de Cynthia, de Saxaoul, d'Ennalit

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Juillet 2012

 Roman - Editions de l'Olivier - 410 pages - 24 €

 

 

 

Parution en janvier 2012

 

  

L'histoire : Lenny aime Eunice. Lenny a 39 ans et est moche , Eunice 15 de moins et est magnifique. Il est juif. Elle est coréenne. Dans une Amérique future où tout est fait pour rester jeune tout en gardant les préjugés d'en temps, c'est un amour difficile : entre les questions personnelles et le regard des autres. Surtout qu'en toile de fond, c'est tout l'empire Américain qui s'effondre.

Roman d'anticipation ? Pas si sûr. L'effondrement de l'occident n'a -t-il pas déjà commencé ?

 

 

 

 

Tentatrice : AGFE

Fournisseur : La bib'

 

 

 

 

  

  

étoile2.5

 

 

Mon humble avis : Ce livre peut être considéré comme un roman d'anticipation. Il est en tout cas une satire de haut vol de notre avenir proche... A moins qu'il soit une parodie de notre présent... Une super triste histoire d'amour évoque le déclin de l'empire américain, et pourquoi pas celui de notre bonne vieille Europe, mais surtout, la fin d'un monde, d'une époque, d'une humanité. Et honnêtement, à bien y regarder autour de nous, aux infos ou notre propre nombril, on peut dire que ce livre parle de demain et qu'il fait déjà nuit.

J'ai vraiment beaucoup aimé la façon qu'a l'auteur de décrire justement ce New York et cette Amérique de demain, ainsi que ses braves petits habitants, qui sont mi humain mi wifi, dont la vie n'est que bips et clignotements, qui considèrent le livre comme un objet obsolète qui PUE (!!!). D'ailleurs, l'un des personnages réponds "qui" quand on lui parle d'un livre et non "quoi" ! C'est une époque où quand on est pas geek on est déglingeek, ou lorsqu'on n'est pas branché sur Criseinfo H24 ont est out. Où le téléphone portable n'existe plus, remplacé par l'äpärät.... Petit appareil qui contient tous les avantages de l'Iphone actuel + une connexion à tout et partout pour vous renseigner et renseigner la planète entière sur votre degré de baisabilité, votre beauté ou votre laideur parmi les 30 personnes qui vous entourent, le contenu de votre compte en banque, votre récupérabilité devant la vieillesse : en quelques mots, avez vous les moyens de vous payer la jeunesse éternelle ? Sinon, vous ne servez à rien et l'on vous éjecte du centre ville pour vous parqueren extrême banlieue. Moi, je trouve que cela ressemble déjà bien à nos vies actuelles. Les hommes, en achetant la jeunesse éternelle, pense célèbrer la vie et critiquent les autres, qui veillissent naturellement et seraient donc obsédés par la mort. Hum.hum.

Si l'on ajoute à cela que les créanciers de l'Amérique sont la Chine, la Norvège et l'Arabie Saoudite, on se dit que l'auteur n'a pas eu besoin d'une boule de cristal pour inventer le futur dans ce livre.

En tout cas, j'ai "adoré" les idées de l'auteur quand à notre avenir et sa façon de les mettre en images comme en mot. On peut y voir du 2ème, voire du 3ème degré. Mais, comme l'Homme est déjà bien pathétique en 2012, moi j'y ai vu plutôt du 1er degré en fait, même si cela reste aussi amusant que déprimant à lire.

Voilà pour les bons côtés... Passons  de l'autre côté de la force...

Entre ces belles vagues de trouvailles, il y a eu pour moi, hélas, de longues plages d'ennui. Heureusement que ses trouvailles revenaient à rythme régulier pour maintenir mon intérêt et "m'obligeait" à poursuivre une lecture que je considérais parfois comme fastidieuse. Les moments qui évoquent la politique ou l'économie me sont plutôt passés au dessus de la tête. Le livre démontrant larelative superficialité d'une époque, et bien les dialogues suivent le mouvement et sont souvent inintéressants et vulgaires. Le personnage d'Eunice parvient tout de même à nous toucher mais ce n'est pas non plus un déferlement d'émotion.

Ce roman aurait mérité une coupe d'un tiers et, à mon humble avis, aurait du choisir  de se concentrer plus sur le couple Lenny/Eunice et leur époque matérialiste (mais où finalement chacun cherche l'amour et l'approbation des autres) plutôt que de s'embarquer dans des histoires de guerre et de bombardements où l'on ne sait plus trop qui est qui. Plutôt que "super triste histoire d'amour", je dirais super longue histoire d'amour qui n'est pas à PTDR !

Une lecture en demi teinte : cynique à souhait, originale mais bien trop longue, que je suis contente d'avoir lue, et surtout d'avoir fini. Donc comme souvent, à vous de voir !

 

 

L'avis de OreilleInterne; de AGFE, de Luocine

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 3 Juin 2012

Roman - Edition Belfond - 331 pages -20.50 €

 

 

 

Parution en juin 2010

 

 

Parution aussi chez Pocket en 2011 - 7.40 €

 

 

 

 

L'histoire : Au fin fond de la Tanzanie, Mara et John tiennent un lodge qui agonise.... les clients se font rares car à quelques heures de route, se trouve un hôtel de luxe. Et puis John a décidé de ne plus chasser avec ses clients, mais juste de leur apprendre à observer les animaux... Ce concept ne fonctionne pas encore alors John se trouve contraint d'accepter un safari qui l'emmène 5 semaines loin de chez lui.

Pendant ce temps, Mara reçoit une visite surprenante. Un producteur de cinéma américain cherche le lieu idéal pour tourner un film en décors naturel. Il semble que le lodge soit parfait. Toute une équipe de film débarque donc.... et sauve ainsi le lodge de la ruine. Oui, mais dans le film, il y a une actrice qui a ses caprices et ses malheurs et un acteur qui est forcément très... magnétique !

 

 

 

 

Tentation : La blogo et la terre africaine promise dans ce roman

Fournisseur : Keisha, merci pour le loooooong prêt, plus d'un an !

 

 

 

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Mon humble avis :C'est vraiment la promesse d'un voyage en Afrique qui m'a dirigée vers ce livre. Et ce voyage, je l'ai eu. Nous sommes en pleine brousse, dans la savane, non loin d'un point d'eau où le soir, viennent s'abreuver zèbres, Impalas et parfois éléphants. L'auteure est née en Tanzanie, alors on peut lui faire confiance pour décrire à merveille l'ambiance et l'atmosphère africaine de la fin des années 60. Les odeurs, les couleurs, les sons, l'espace, l'immensité, le danger animal, les fleurs, la chaleur, la touffeur africaine, tout y est. Katherine Scholes partage aussi sa connaissance de l'Afrique, de ses us et coutumes. Les relations entre blancs et Tanzaniens, (et la hiérarchie entre les tanzaniens eux mêmes) sont également bien décrites, expliquées.  L'histoire se déroule quelques années après l'union du Tanganika (indépendant depuis 1961) et de Zanzibar qui fit naître la Tanzanie en 1964. Le contexte géographique et historique tient donc une réelle importance dans les relations humaines. La fin des années 60, c'est aussi l'époque où les touristes venaient en safari en Tanzanie pour ramener un trophée : un pied d'éléphant, une corne d'ivoire... Bref, les touristes étaient des chasseurs et tuaient l'animal au lieu de le prendre en photo. Et dans ce livre, nous sommes à la période charnière où les chasseurs locaux commencent à s'interroger sur le bien-fondé de leur activité. Leur regard sur la richesse représentée par l'animal change.... mais le monde ne suit pas encore. On en est au balbutiement de la prise de conscience : les habitants de la savane sont bien plus intéressants vivants que morts et le côté ridicule et immoral de la chasse touristique apparaît. Toutes ces choses, auxquelles ont peu ajouter l'aspect plus léger des méthodes de tournage d'un film donnent à ce roman un aspect culturel, un intérêt indéniable.

Maintenant, il y a le reste... L'histoire en elle même n'est pas désagréable, elle apporte même un aspect récréatif entre deux lectures plus pesantes. Mais rien de très original non plus. L'écriture est élégante et soignée. Mais, mais... J'ai trouvé le style comme l'histoire d'une mièvrerie assez agaçante. Oui, il y a de superbes passages, mais d'autres traînent en longueur, même si, entre deux, quelques rebondissement relancent l'ensemble. Mais franchement, les états d'âmes de nos héros, les descriptions interminables et langoureuse de leurs hésitations, de leur jeu amoureux "je veux mais je ne peux pas, cela ne mènerait à rien", m'a plus fait penser à une série télévisée au savon... Le style devenait alors mielleux, trop affecté, répétitif, romantique à souhait, à un point où il ne me fait plus d'effet. Mêmes les états d'espritdes protagonistes devenait redondant (mais, m'aime-t-il? vais-je résister...), bref, cette "love affair" m'a plus souvent énervée que séduite.

Je n'ai pas retrouvé le côté épique, magistral, grandiose, fascinant, captivant, passionnant, brethtaking, amazing, page turner de ma toute première lecture de Katherine Scholes : La reine des pluies que je vous recommande plus que chaudement !

Et, alors que je lisais Les amants de la terre sauvage, je me demandais pourquoi l'éditeur français avait fait preuve d'un tel mauvais goût dans le choix du titre (même si le titre d'origine version Australie n'est guère mieux : La femme du chasseur). Mais au moins, il correspondait à l'histoire, puisque nous suivons tout de même l'évolution intéressante de cette femme de chasseur qui s'affranchit en l'absence de son époux, qui prend les choses en mains et découvre en elle des ressources insoupçonnées.

Ah oui, rions un peu. J'ai tout de même fantasmé pendant ma lecture en me faisant midinette et en mettant sur Peter, le bel acteur australien aux dents blanches et au pectoraux velus juste comme il faut et bombés sans déborder, le visage de son homologue Hugh Jackman. Ca, ça m'a vraiment aidé à mieux apprécier le roman ! Et je ne serais pas étonnéeque katherine Scholes se soit inspirée de lui...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les avis de Saxaoul, Catherine, Keisha, Joelle

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 21 Mai 2012

 Roman - Editions J'ai Lu - 191 pages - 4.80 €

 

 

 

Parution : Parution d'origine en 2003.

 

 

L'histoire : New York, avril 2000. Les pérégrinations d'Eric Parcker, golden boy millionnaire, dans sa grande limousine, dans les rues de la ville, au fil des aléas, des rencontres, des envies, des manifestations, des accidents, de la chute et de la montée du Yen.

L'homme assiste a sa ruine en direct et sa ruine n'est pas sans rappeler la dégénérescence de notre société, l'apocalypse humaine devant le roi capitaliste...

 

  

Tentateur : F.Beigbeder (dans Premier bilan après l'apocalypse

Fournisseur : Ma CB (et donc PAL récente)

 

 

 

 

 

 

 

 Attention, livre considéré aux yeux de "tous" comme culte !

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Je crois que je vais devoir me faire une raison, les livres "cultes" ne me conviennent pas ! Car j'ai vraiment l'impression que pour obtenir le label "culte", un roman doit cacher le sens derrière un maximum de couches de non sens. Quelle lecture fastidieuse ! Bon, en même temps, elle a pour qualité d'être économique (4.90 €) et écologique (191 pages) si l'on compare ces informations au ratio du temps passé pour ramper, exsangue, jusqu' à la dernière page. Pourtant, je suis entrée dans ce livre toute guillerette avec un très bon à priori, comme qui dirait la fleur au fusil ! Paf, 30 pages d'affiler. Sauf que la fleur a vite fané. Ensuite, j'ai lu les pages par tranche de 10 puis 5, puis par double pages. Même les 10 dernières pages ont été interrompue par une sieste, c'est dire si ce que je lisais me passionnait !

Bon, revenons en au livre lui même.... Eric Parker se réveille au sommet de sa tour d'argent un bon matin et décide qu'il a besoin d'une coupe de cheveux. Il descend, son chauffeur et ses gardes du corps l'attendent auprès de sa limousine. On est parti pour une journée (aussi longue que la limo) d'errance plus ou moins hasardeuse dans New York, malgré l'embouteillage géant qui paralyse la ville et la menace. Oui, manifestement, un homme veut abattre Eric. La voiture va rouler au ralenti toute la journée pour cause de fuite d'eau dans la ville, de manifestation, de cortège présidentiel, de cortège mortuaire d'une star du rap.... A droite à gauche, le jeune homme rencontre sa femme qu'il connaît à peine et il s'arrête chez diverses maîtresses. A chaque stop, une nouvelle personne le rejoint dans la limousine et constate avec lui que le Yen monte....

Bref, devant cette multitude de personnage, on ne sait jamais vraiment qui est qui, notamment dans les dialogues que j'ai du, à plusieurs reprise, reprendre à l'envers... (donc si c'est lui qui dit ça, c'est l'autre qui dit ça, donc c'est relui qui dit ça...). Bref, il m'a fallut une concentration énorme pour suivre les dialogues qui, qui plus est, vont souvent dans un non sens apparent, avec une ponctuation hasardeuse, les personnages passant eux mêmes du coq à l'âne.

Dans le fond, j'ai trouvé quelques ressemblances avec L'attrappe coeur de Salinger (pour le côté errance sans but réel dans New York). On n'a plus ici un ado pommé mais un richissime golden boy qui se posent des questions sur l'infiniment petit et l'infiniment grand, sur l'incontournable comme sur l'inutile. Sauf que toutes ses réflexions, qui à la base pourraient s'avérer intéressantes, ne m'ont jamais semblé abouties, achevées.

Certes, ce roman est une métaphore parfaite pour montrer et demontrer la dégénérescence de notre monde dirigé par un oeil invisible (la finance, l'argent) et le désenchantement général de l'Homme. Il y a quelques passages joliment écrits et séduisants. Mais très vite, j'ai été épuisée et lassée de chercher le subtil et le sens profond du livre à travers une épaisseur obscure, absurde, glauquissime et (sans doute au premier abord) superficielle. Alors qu'en fait, c'est juste du cynisme, limite même de la parodie, une moquerie magistrale de ces hommes d'en haut, qui d'un clic se ruinent ou s'enrichissent, entraînant le monde avec eux, un monde dont ils n'ont que faire et dans lequel ils meurent d'ennui et nous entraînent dans cette petite mort.

L'adaptation ciné, par David Cronenberg, qui fait partie de la sélection officielle du Festival de Cannes, sort ce mercredi 23 mai sur les écrans. J'ai prévu de longue date d'aller la voir, d'où cette lecture en "urgence". Certes, je suis maintenant un peu beaucoup moins motivée, c'est plus ma curiosité qui va me pousser dans la salle obscure. Car oui, je me demande ce que peut donner un tel livre au cinéma. Surtout que la bande annonce semble montrer un côté plutôt speed là où je n'y ai vu que longueurs interminables !!! Bref, ce livre en main, j'ai passé plus de temps à m'assoupir qu'à dévorer les pages. Logique que je sois donc passer totalement à côté de ce roman "culte".

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 15 Mai 2012

Roman - Editions Stock - 400 pages - 21.50 €

 

  

Parution le 24 août 2011, donc rentrée litt de sept 2011

  

L'histoire : Jack fête ses cinq ans. Cinq ans qu'il vit seul avec sa Maman, dans une chambre de quelques mètres carrés, complètement insonorisée. Tout ce qu'il sait, Jack le sait de sa maman et de Dame Télé. Mais il n'imagine pas qu'il y a un dehors.

Sa Maman a 26 ans, elle est retenue prisonnière par le grand méchant Nick depuis 7 ans...

Jack grandit, sa Maman comprend qu'elle ne peut plus longtemps entretenir l'illusion d'une vie ordinaire. S'organise alors "La Grande Evasion". Et dehors, comment cela va-t-il se passer ?

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Ce livre est une véritable claque ! Pire, un piège qui vous tient prisonnier tout le temps de votre lecture et pour le coup, vous regrettez de devoir quitter votre chambre pour mener votre vie et abandonnant le livre pas 143, puis 250.... Emma Donoghue nous parle de la captivité de la meilleure façon qui soit, en rendant son lecteur captif de ces pages.

La première partie se déroule dans la chambre. Jack y raconte son quotidien dans la chambre, quelques mètres carrés avec une lucarne. Parfois le soir, Grand Méchant Nick vient voir sa maman et fait grincer le lit, pendant que lui compte ses dents, caché dans le Dressing. C'est effroyable, attérrant et pourtant, plein de lumière. Nous sommes en plein dans l'enfance de Jack qui fête ses cinq ans. On ne peut que déborder d'admiration devant cette mère courageuse qui fait tout pour que son fils ait l'enfance la plus normale possible. Inimaginable l'ingéniosité de cette mère qui imagine plein de jeux, avec les moyens du bord, pour distraire son fils, pour l'instruire, mais aussi lui assurer un peu de sport et de dépense physique. Si la situation n'était dans le fond aussi tragique, on sourirait presque aux souvenirs de cette enfance où l'on fait tout avec rien et rien avec tout !

Puis, sans spoiler, on peut dire que vient le moment où la maman organise leur évasion. On se doute que ce moment va venir car la première partie peut durer 150 pages, mais pas 400, ou alors, elle lasserait le lecteur. L'Evasion, où l'apnée totale pour le lecteur, le livre est greffé aux mains.

Puis le retour à une certaine liberté, qui n'est pas si simple. Il faut se réadapter, y aller doucement avec l'aide d'une équipe médicale et protectrice devant l'appétit sans fin des paparazzi face à un tel événement. La mère et l'enfant passe donc quelques temps dans une clinique.... Et là, alors que la mère retrouve ce qui lui a tant manqué.... Et bien pour son fils ce n'est pas la même chose. C'est un véritable apprentissage qui l'attend à l'extérieur, lui qui ne sait pas ce qu'est le vent ou de ressentir une goutte de pluie, lui qui va devoir faire le deuil de "La chambre" où il se sentait en sécurité, à l'inverse de sa mère. Cette dernière partie est fascinante, passionnante, intéressante (au delà de l'aspect romanesque) et ne manque pas de rebondissement. Et l'on prend conscience alors de ce qu'un enfant élevé en liberté apprend naturellement durant les premières années de sa vie. On en profite pour redécouvrir certaines incongruités de la société à travers le regard neuf de Jack

Un livre parfait, presque. Le presque est si petit qu'il n'entame en rien mes quatre étoiles et mon véritable coup de coeur pour ce livre. C'est Jack qui raconte toute son histoire, dans un style enfantin mais agréable, auquel on s'habitue, même si au début, il m'a fallu un peu de temps à sa façon de nommer les choses : Monsieur Tapis, Madame Commode... Ce qui m'a dérangée, c'est que l'auteur parsème légèrement son texte d'erreurs de syntaxe volontaires pour 'faire plus enfantin encore. C'est cela qui m'a dérangée car inutile pour moi, et cela me freinait plutôt dans ma lecture. Du "très beaucoup" est justifié, mais du rechaudit....

Sinon, mon seul regret est de ne pas avoir lu ce livre avant. Sorti lors de la rentrée littéraire de septembre dernier.... heureusement que mes copines blogueuses se sont acharnées dessus, sinon, je serais passée à côté d'un livre incontournable et que l'on n'oublie pas du jour au lendemain. Un livre aussi sombre que lumineux, glaçant que mignon tout plein et surtout, un hymne à l'amour ! Un livre au suspens implacable... Je m'arrête là, il vous reste encore les 9/10èmes du livre à découvrir.

J'espère juste que l'auteur songera à nous donner des nouvelles de Jack et sa maman, car je suis sûre qu'une suite peut-être toute aussi intéressante.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 30 Mars 2012

Roman - Folio Edition - 271 pages - 6.80 €

 

 

 

Parution d'origine en 1953.

 

 

L'histoire : William Lee a la trentaine lorsqu'il touche à la drogue pour le première fois. Quelques semaines et le voilà accroc et forcément, installé dans une spirale sans fin : chercher de la came, se piquer, en vendre, de faire prendre, s'enfuir, en manquer, partir, se désintoxiquer,  recommencer... De New York à la Colombie, via New Orleans et Mexico, le parcours d'un Junky dans l'Amérique du début des années 50...

 

 

 

 

Tentation :Le sujet et le bandeau "Culte".

Fournisseur : Ma PAL récente, grâce à ma CB !!!

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Si l'objectif de ce roman était "zéro émotion", et bien objectif atteint, par ce que l'auteur le vaut bien !

Bon, alors, comment dire.... Le héros, ou plutôt l'antihéros du roman s'appelle William Lee. Iil est le double romanesque de William Burroughs. Nous sommes donc presque dans l'auto-fiction, mais romancée. Déjà, parce que la fin n'est pas réelle. Et oui, dans la vraie vie, l'auteur ne divorce pas de sa femme. Il la tue d'une balle dans la tête, en voulant jouer à Guillaume Tell. Aucun spoiler là dedans, c'est dans toutes mes biographies de Burroughs, et cela n'a aucune importance dans le livre où... rien n'a d'importance d'ailleurs.... sauf la came et ses dérivés plus ou moins légaux, tout dépend de façon dont on se les procure et de que l'on en fait....

Le style est cru mais pas pour autant choquant. Tout est brut de pomme, pas de panaché. De la description, des faits, on est toujours dans le factuel. Jamais l'auteur ne partage une émotion ou un ressenti. Jamais il ne se dit heureux ou  malheureux, ni pourquoi ni comment. Nous assistons à la descente au enfer d'un homme qui ne se plaint même pas, qui constate, c'est tout, qu'il est malade, en manque ou en début urémie. On ne sait pas de quoi il vit, on ignore son âge et ce n'est qu'à mi parcours qu'on lui découvre une femme qui ne fera que deux courtes apparitions... Le livre prend souvent la forme d'une liste de rencontre de camés, de revendeur, d'homosexuels, de vieux, de jeunes, de clients... Mes ces rencontres ne sont jamais approfondies ni détaillées. On ne sait rien sur ce que vivent intérieurement les personnages, ni ce qu'ils font dans la vie à part se shooter... Certes, pour nombre d'entre eux, la came devient aussi, voire plus vitale que la nourriture... Alors comme en Afrique une femme va pratiquement passer sa journée à chercher, à cultiver, et à cuisiner de quoi nourrir sa progéniture, en Amérique, le camé arpente les rues et les bars louches à la recherche d'une dose, d'une capsule, d'un grain, d'un once, d'un gramme, d'une ordonnance....

La lecture de Junky devient donc quelque peu lassante car répétitive. L'auteur ne cherche manifestement pas à intégrer le lecteur dans son trip et le lecteur lui, ne ressent aucune empathie pour le personnage ni d'envie de s'identifier à lui ne serait ce qu'une seconde lors d'une phrase touchante ou bouleversante. Non, rien. L'intérêt est dans le côté technique de l'utilisation de la came et de ses conséquences dans les années 50. Aussi, en arrière plan, l'époque, les mentalité et l'évolution de la législation au sujet des stupéfiants, législation qui n'avait pas fini d'être hypocrite et illogique... Mais c'est un autre sujet !

Au risque de me honnir devant les puristes de la littérature, j'avoue, j'ai du mal à comprendre ce que ce roman a de culte. Sans doute était-ce lié à l'époque de parution. Il n'empêche, même si la littérature doit jouer un rôle tant contestataire, que révélateur ou dénonciateur, je ne trouve pas là prétexte à faire de Junky un roman culte et de son auteur un héros ou presque. Car William Burroughs, avec Jack Kerouac, est l'un des membres fondateurs de la Beat generation. Expression que l'on voit souvent, sans savoir y mettre un concept réel derrière. Alors, j'ai enquêté pour vous... Oh, je ne suis pas allée bien loin... Jusque chez Wikipedia où vous trouverez tout le détail. Je me contente ici d'un petit résumé maison...

 

Qu'est-ce que la Beat Generation :C'est un mouvement littéraire et artistique né dans les années 50 aux USA. Le tout premier auteur de ce mouvement fut Jack Kerouac en 1948.  Les certitudes s'ébranlèrent mais il y eu une véritable contribution à l'enrichissement du mythe américain.

Les membres faisaient preuve d'une créativité débordante et libertaire et vouaient une fascination pour le milieu underground, tout en étant très attaché aux grands espaces, à la nature, aux spiritualités chamaniques.

Beat signifiait à l'origine "fatigué, cassé, au bout du rouleau, génération perdue, fin de siècle, exténué, vagabond. Kerouac l'a aussi approché de la signification du mot français Béat.  Et le Beat, c'est aussi la pulsation (le coeur) et le rythme, en musique...

Les oeuvres de la Beat Generation sont dominées par la spontanéité, un quasi automatisme dans l'écriture pour provoquer une prosodie.

La livre Beat Generation par excellence est Sur la route, de Jack Kerouac.

 

Une lecture qui s'est donc révélé plutôt expérimentale pour moi et j'aime assez ce concept d'expérimentation, ce qui élargie ma petit culture littéraire, même si celle ci n'a pas forcément la dimension pour apprécier pleinement tout cela. Si c'est comme l'estomac qu'il suffit d'élargir pour manger, je suppose que je finirais par apprécier ou du moins, par comprendre réellement et distinguer les différents mouvements et nuances littéraires. Car pour l'instant, j'ai plutôt tendance à considérer la littérature comme un panier à salade, avec pour toute classification les notions de romans, récits, essai, autofiction, classique, contemporain, thriller, polar et SF !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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