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Publié le 21 Mai 2012

 Roman - Editions J'ai Lu - 191 pages - 4.80 €

 

 

 

Parution : Parution d'origine en 2003.

 

 

L'histoire : New York, avril 2000. Les pérégrinations d'Eric Parcker, golden boy millionnaire, dans sa grande limousine, dans les rues de la ville, au fil des aléas, des rencontres, des envies, des manifestations, des accidents, de la chute et de la montée du Yen.

L'homme assiste a sa ruine en direct et sa ruine n'est pas sans rappeler la dégénérescence de notre société, l'apocalypse humaine devant le roi capitaliste...

 

  

Tentateur : F.Beigbeder (dans Premier bilan après l'apocalypse

Fournisseur : Ma CB (et donc PAL récente)

 

 

 

 

 

 

 

 Attention, livre considéré aux yeux de "tous" comme culte !

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Je crois que je vais devoir me faire une raison, les livres "cultes" ne me conviennent pas ! Car j'ai vraiment l'impression que pour obtenir le label "culte", un roman doit cacher le sens derrière un maximum de couches de non sens. Quelle lecture fastidieuse ! Bon, en même temps, elle a pour qualité d'être économique (4.90 €) et écologique (191 pages) si l'on compare ces informations au ratio du temps passé pour ramper, exsangue, jusqu' à la dernière page. Pourtant, je suis entrée dans ce livre toute guillerette avec un très bon à priori, comme qui dirait la fleur au fusil ! Paf, 30 pages d'affiler. Sauf que la fleur a vite fané. Ensuite, j'ai lu les pages par tranche de 10 puis 5, puis par double pages. Même les 10 dernières pages ont été interrompue par une sieste, c'est dire si ce que je lisais me passionnait !

Bon, revenons en au livre lui même.... Eric Parker se réveille au sommet de sa tour d'argent un bon matin et décide qu'il a besoin d'une coupe de cheveux. Il descend, son chauffeur et ses gardes du corps l'attendent auprès de sa limousine. On est parti pour une journée (aussi longue que la limo) d'errance plus ou moins hasardeuse dans New York, malgré l'embouteillage géant qui paralyse la ville et la menace. Oui, manifestement, un homme veut abattre Eric. La voiture va rouler au ralenti toute la journée pour cause de fuite d'eau dans la ville, de manifestation, de cortège présidentiel, de cortège mortuaire d'une star du rap.... A droite à gauche, le jeune homme rencontre sa femme qu'il connaît à peine et il s'arrête chez diverses maîtresses. A chaque stop, une nouvelle personne le rejoint dans la limousine et constate avec lui que le Yen monte....

Bref, devant cette multitude de personnage, on ne sait jamais vraiment qui est qui, notamment dans les dialogues que j'ai du, à plusieurs reprise, reprendre à l'envers... (donc si c'est lui qui dit ça, c'est l'autre qui dit ça, donc c'est relui qui dit ça...). Bref, il m'a fallut une concentration énorme pour suivre les dialogues qui, qui plus est, vont souvent dans un non sens apparent, avec une ponctuation hasardeuse, les personnages passant eux mêmes du coq à l'âne.

Dans le fond, j'ai trouvé quelques ressemblances avec L'attrappe coeur de Salinger (pour le côté errance sans but réel dans New York). On n'a plus ici un ado pommé mais un richissime golden boy qui se posent des questions sur l'infiniment petit et l'infiniment grand, sur l'incontournable comme sur l'inutile. Sauf que toutes ses réflexions, qui à la base pourraient s'avérer intéressantes, ne m'ont jamais semblé abouties, achevées.

Certes, ce roman est une métaphore parfaite pour montrer et demontrer la dégénérescence de notre monde dirigé par un oeil invisible (la finance, l'argent) et le désenchantement général de l'Homme. Il y a quelques passages joliment écrits et séduisants. Mais très vite, j'ai été épuisée et lassée de chercher le subtil et le sens profond du livre à travers une épaisseur obscure, absurde, glauquissime et (sans doute au premier abord) superficielle. Alors qu'en fait, c'est juste du cynisme, limite même de la parodie, une moquerie magistrale de ces hommes d'en haut, qui d'un clic se ruinent ou s'enrichissent, entraînant le monde avec eux, un monde dont ils n'ont que faire et dans lequel ils meurent d'ennui et nous entraînent dans cette petite mort.

L'adaptation ciné, par David Cronenberg, qui fait partie de la sélection officielle du Festival de Cannes, sort ce mercredi 23 mai sur les écrans. J'ai prévu de longue date d'aller la voir, d'où cette lecture en "urgence". Certes, je suis maintenant un peu beaucoup moins motivée, c'est plus ma curiosité qui va me pousser dans la salle obscure. Car oui, je me demande ce que peut donner un tel livre au cinéma. Surtout que la bande annonce semble montrer un côté plutôt speed là où je n'y ai vu que longueurs interminables !!! Bref, ce livre en main, j'ai passé plus de temps à m'assoupir qu'à dévorer les pages. Logique que je sois donc passer totalement à côté de ce roman "culte".

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 15 Mai 2012

Roman - Editions Stock - 400 pages - 21.50 €

 

  

Parution le 24 août 2011, donc rentrée litt de sept 2011

  

L'histoire : Jack fête ses cinq ans. Cinq ans qu'il vit seul avec sa Maman, dans une chambre de quelques mètres carrés, complètement insonorisée. Tout ce qu'il sait, Jack le sait de sa maman et de Dame Télé. Mais il n'imagine pas qu'il y a un dehors.

Sa Maman a 26 ans, elle est retenue prisonnière par le grand méchant Nick depuis 7 ans...

Jack grandit, sa Maman comprend qu'elle ne peut plus longtemps entretenir l'illusion d'une vie ordinaire. S'organise alors "La Grande Evasion". Et dehors, comment cela va-t-il se passer ?

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Ce livre est une véritable claque ! Pire, un piège qui vous tient prisonnier tout le temps de votre lecture et pour le coup, vous regrettez de devoir quitter votre chambre pour mener votre vie et abandonnant le livre pas 143, puis 250.... Emma Donoghue nous parle de la captivité de la meilleure façon qui soit, en rendant son lecteur captif de ces pages.

La première partie se déroule dans la chambre. Jack y raconte son quotidien dans la chambre, quelques mètres carrés avec une lucarne. Parfois le soir, Grand Méchant Nick vient voir sa maman et fait grincer le lit, pendant que lui compte ses dents, caché dans le Dressing. C'est effroyable, attérrant et pourtant, plein de lumière. Nous sommes en plein dans l'enfance de Jack qui fête ses cinq ans. On ne peut que déborder d'admiration devant cette mère courageuse qui fait tout pour que son fils ait l'enfance la plus normale possible. Inimaginable l'ingéniosité de cette mère qui imagine plein de jeux, avec les moyens du bord, pour distraire son fils, pour l'instruire, mais aussi lui assurer un peu de sport et de dépense physique. Si la situation n'était dans le fond aussi tragique, on sourirait presque aux souvenirs de cette enfance où l'on fait tout avec rien et rien avec tout !

Puis, sans spoiler, on peut dire que vient le moment où la maman organise leur évasion. On se doute que ce moment va venir car la première partie peut durer 150 pages, mais pas 400, ou alors, elle lasserait le lecteur. L'Evasion, où l'apnée totale pour le lecteur, le livre est greffé aux mains.

Puis le retour à une certaine liberté, qui n'est pas si simple. Il faut se réadapter, y aller doucement avec l'aide d'une équipe médicale et protectrice devant l'appétit sans fin des paparazzi face à un tel événement. La mère et l'enfant passe donc quelques temps dans une clinique.... Et là, alors que la mère retrouve ce qui lui a tant manqué.... Et bien pour son fils ce n'est pas la même chose. C'est un véritable apprentissage qui l'attend à l'extérieur, lui qui ne sait pas ce qu'est le vent ou de ressentir une goutte de pluie, lui qui va devoir faire le deuil de "La chambre" où il se sentait en sécurité, à l'inverse de sa mère. Cette dernière partie est fascinante, passionnante, intéressante (au delà de l'aspect romanesque) et ne manque pas de rebondissement. Et l'on prend conscience alors de ce qu'un enfant élevé en liberté apprend naturellement durant les premières années de sa vie. On en profite pour redécouvrir certaines incongruités de la société à travers le regard neuf de Jack

Un livre parfait, presque. Le presque est si petit qu'il n'entame en rien mes quatre étoiles et mon véritable coup de coeur pour ce livre. C'est Jack qui raconte toute son histoire, dans un style enfantin mais agréable, auquel on s'habitue, même si au début, il m'a fallu un peu de temps à sa façon de nommer les choses : Monsieur Tapis, Madame Commode... Ce qui m'a dérangée, c'est que l'auteur parsème légèrement son texte d'erreurs de syntaxe volontaires pour 'faire plus enfantin encore. C'est cela qui m'a dérangée car inutile pour moi, et cela me freinait plutôt dans ma lecture. Du "très beaucoup" est justifié, mais du rechaudit....

Sinon, mon seul regret est de ne pas avoir lu ce livre avant. Sorti lors de la rentrée littéraire de septembre dernier.... heureusement que mes copines blogueuses se sont acharnées dessus, sinon, je serais passée à côté d'un livre incontournable et que l'on n'oublie pas du jour au lendemain. Un livre aussi sombre que lumineux, glaçant que mignon tout plein et surtout, un hymne à l'amour ! Un livre au suspens implacable... Je m'arrête là, il vous reste encore les 9/10èmes du livre à découvrir.

J'espère juste que l'auteur songera à nous donner des nouvelles de Jack et sa maman, car je suis sûre qu'une suite peut-être toute aussi intéressante.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 30 Mars 2012

Roman - Folio Edition - 271 pages - 6.80 €

 

 

 

Parution d'origine en 1953.

 

 

L'histoire : William Lee a la trentaine lorsqu'il touche à la drogue pour le première fois. Quelques semaines et le voilà accroc et forcément, installé dans une spirale sans fin : chercher de la came, se piquer, en vendre, de faire prendre, s'enfuir, en manquer, partir, se désintoxiquer,  recommencer... De New York à la Colombie, via New Orleans et Mexico, le parcours d'un Junky dans l'Amérique du début des années 50...

 

 

 

 

Tentation :Le sujet et le bandeau "Culte".

Fournisseur : Ma PAL récente, grâce à ma CB !!!

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Si l'objectif de ce roman était "zéro émotion", et bien objectif atteint, par ce que l'auteur le vaut bien !

Bon, alors, comment dire.... Le héros, ou plutôt l'antihéros du roman s'appelle William Lee. Iil est le double romanesque de William Burroughs. Nous sommes donc presque dans l'auto-fiction, mais romancée. Déjà, parce que la fin n'est pas réelle. Et oui, dans la vraie vie, l'auteur ne divorce pas de sa femme. Il la tue d'une balle dans la tête, en voulant jouer à Guillaume Tell. Aucun spoiler là dedans, c'est dans toutes mes biographies de Burroughs, et cela n'a aucune importance dans le livre où... rien n'a d'importance d'ailleurs.... sauf la came et ses dérivés plus ou moins légaux, tout dépend de façon dont on se les procure et de que l'on en fait....

Le style est cru mais pas pour autant choquant. Tout est brut de pomme, pas de panaché. De la description, des faits, on est toujours dans le factuel. Jamais l'auteur ne partage une émotion ou un ressenti. Jamais il ne se dit heureux ou  malheureux, ni pourquoi ni comment. Nous assistons à la descente au enfer d'un homme qui ne se plaint même pas, qui constate, c'est tout, qu'il est malade, en manque ou en début urémie. On ne sait pas de quoi il vit, on ignore son âge et ce n'est qu'à mi parcours qu'on lui découvre une femme qui ne fera que deux courtes apparitions... Le livre prend souvent la forme d'une liste de rencontre de camés, de revendeur, d'homosexuels, de vieux, de jeunes, de clients... Mes ces rencontres ne sont jamais approfondies ni détaillées. On ne sait rien sur ce que vivent intérieurement les personnages, ni ce qu'ils font dans la vie à part se shooter... Certes, pour nombre d'entre eux, la came devient aussi, voire plus vitale que la nourriture... Alors comme en Afrique une femme va pratiquement passer sa journée à chercher, à cultiver, et à cuisiner de quoi nourrir sa progéniture, en Amérique, le camé arpente les rues et les bars louches à la recherche d'une dose, d'une capsule, d'un grain, d'un once, d'un gramme, d'une ordonnance....

La lecture de Junky devient donc quelque peu lassante car répétitive. L'auteur ne cherche manifestement pas à intégrer le lecteur dans son trip et le lecteur lui, ne ressent aucune empathie pour le personnage ni d'envie de s'identifier à lui ne serait ce qu'une seconde lors d'une phrase touchante ou bouleversante. Non, rien. L'intérêt est dans le côté technique de l'utilisation de la came et de ses conséquences dans les années 50. Aussi, en arrière plan, l'époque, les mentalité et l'évolution de la législation au sujet des stupéfiants, législation qui n'avait pas fini d'être hypocrite et illogique... Mais c'est un autre sujet !

Au risque de me honnir devant les puristes de la littérature, j'avoue, j'ai du mal à comprendre ce que ce roman a de culte. Sans doute était-ce lié à l'époque de parution. Il n'empêche, même si la littérature doit jouer un rôle tant contestataire, que révélateur ou dénonciateur, je ne trouve pas là prétexte à faire de Junky un roman culte et de son auteur un héros ou presque. Car William Burroughs, avec Jack Kerouac, est l'un des membres fondateurs de la Beat generation. Expression que l'on voit souvent, sans savoir y mettre un concept réel derrière. Alors, j'ai enquêté pour vous... Oh, je ne suis pas allée bien loin... Jusque chez Wikipedia où vous trouverez tout le détail. Je me contente ici d'un petit résumé maison...

 

Qu'est-ce que la Beat Generation :C'est un mouvement littéraire et artistique né dans les années 50 aux USA. Le tout premier auteur de ce mouvement fut Jack Kerouac en 1948.  Les certitudes s'ébranlèrent mais il y eu une véritable contribution à l'enrichissement du mythe américain.

Les membres faisaient preuve d'une créativité débordante et libertaire et vouaient une fascination pour le milieu underground, tout en étant très attaché aux grands espaces, à la nature, aux spiritualités chamaniques.

Beat signifiait à l'origine "fatigué, cassé, au bout du rouleau, génération perdue, fin de siècle, exténué, vagabond. Kerouac l'a aussi approché de la signification du mot français Béat.  Et le Beat, c'est aussi la pulsation (le coeur) et le rythme, en musique...

Les oeuvres de la Beat Generation sont dominées par la spontanéité, un quasi automatisme dans l'écriture pour provoquer une prosodie.

La livre Beat Generation par excellence est Sur la route, de Jack Kerouac.

 

Une lecture qui s'est donc révélé plutôt expérimentale pour moi et j'aime assez ce concept d'expérimentation, ce qui élargie ma petit culture littéraire, même si celle ci n'a pas forcément la dimension pour apprécier pleinement tout cela. Si c'est comme l'estomac qu'il suffit d'élargir pour manger, je suppose que je finirais par apprécier ou du moins, par comprendre réellement et distinguer les différents mouvements et nuances littéraires. Car pour l'instant, j'ai plutôt tendance à considérer la littérature comme un panier à salade, avec pour toute classification les notions de romans, récits, essai, autofiction, classique, contemporain, thriller, polar et SF !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 24 Mars 2012

Roman - Editions Points -273 pages - 7 €

 

 

 

Parution dans ce format en mars 2001

 

 

L'histoire : Kiev, Ukraine, dans les années 90. Victor est un journaliste écrivain sans avenir qui mène une vie plutôt terne. Peu d'amis etc... Sa particularité : il a adopté un pingouin qui partage donc son appartement.

Victor décroche enfin un poste de journaliste un peu spécial... Sa mission, écrire les nécrologies de personnes encore vivantes.... Sauf que Victor va réaliser que ces personnes meurent soudain très vite... Mafia ou règlements de comptes politiques ?

 

 

 

tentation : Ce livre est dans ma PAL, l'auteur vient à Rennes !

Fournisseur : Livre offert lors d'une opé 2 livres = 3 !

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Russissime ! Bon, en même temps, c'est la première fois que je me trempe les doigts dans la littérature russe, enfin, Ukrainienne pour être exacte... Mais l'ambiance qui règne dans ce livre colle parfaitement aux clichés que l'on a de la Russie. Une vie terne, un hiver glacial, des appartements tristes et spartiates....Limite, je me serais cru en Roumanie.

Bon, si vous lisez le résumé de l'histoire, vous vous dites, chouette, cela promet une lecture déjantée et pleine d'action, de suspens et de danger. Oui dans un sens, non dans l'autre...

Commençons par l'autre sens : le côté déjanté est là avec la présence du pingouin. Mais le pingouin déprime autant que son maître et finalement, à part des situations incongrues, il n'apporte rien de cocasse et de drôle. Voilà, c'est dit, je n'ai pas ri une seconde ! L'action, qui n'en n'est pas vraiment une puisqu'il ne se passe en fait pas grand chose, est très répétitive. Le petit déjeuner, la vodka, il retire sa parka.... On a donc là un roman sur la routine du quotidien et sur la solitude à son comble. Mais le sujet que l'on espère principal (les morts et le danger), est finalement secondaire, comme un arrière plan. On en sait d'ailleurs très peu, l'auteur nous maintient dans un brouillard total à coup de situations décalées qui n'aboutissent pas vraiment, et qui s'éclaircissent à peine à la fin. Une multitude de personnages entrent et sortent dans ce roman, avec des noms (Russes bien sûr)  imprononçables par moi (donc lecture pas très fluide) et qui se ressemblent souvent, d'où ma difficulté à différencier tout ce petit monde.

Oui, je pourrais développer sur le symbole du pingouin dans l'histoire, sur la façon dont on peut ou non prendre les rênes de sa vie... Mais il faut bien que vous ayez encore quelques découvertes si vous lisez ce roman... que j'ai lu avant tout parce qu'il parait que c'est un "classique" du genre,les avis sont le plus souvent très élogieux.... Et bien moi, je me suis plutôt ennuyée et suis passée à côté de ce chef d'oeuvre et de sa dénonciation de l'anarchie post indépendance qui régnait dans l'ex république russe...

Mais dans le sens premier, le sens oui, rappelez vous, j'ai commencé par l'autre sens... Et bien oui, il y a tout de même du suspens dans ce livre intriguant et original, puisque je l'ai terminé !. Mais en plus, j'ai même envie de lire la suite, sans savoir vraiment pourquoi en fait ! Si, pour savoir ! Peut-être qu'il y aura la solution à l'énigme des serrures... Bon, à livre déjanté, billet désordonné ! Si vous m'avez suivi, vous êtes prêts pour le Pingouin !

 

Nouvel edit quelques jours plus tard... j'ai lu ce livre "en urgence" parce que l'auteur venait en conférence à Rennes... La conférence fut passionnante et l'auteur aussi jovial que polyglotte. Et ce qui est sûr, c'est que je manquais vraiment de culture, de connaissances sur le sujet pour apprécier "Le pingouin" à sa juste valeur !

Conférence passionnante où j'allais en touriste, donc je n'ai pas pris de note, mais j'avais tout de même mon appareil photo pour compléter ma collection de photo d'auteurs et leurs effets de mains !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Février 2012

Roman - Edition J'ai Lu (Actes Sud) - 223 pages - 6 €

 

 

Parution chez J'ai lu en octobre 2011, chez Actes Sud en 2009

 

 

 

L'histoire : Il y a Anna et Paul, deux enfants inséparables et bien remués par la vie. Dès son plus jeune âge, Anna, de famille Vietnamienne, se révèle prodige au piano, au point de fasciner Paul qui jamais ne l'oubliera. D'ailleurs, Anna deviendra la plus grande pianiste méconnue, selon les médias, après la paruion de 102 CD, qui lui apporte enfin le reconnaissance qu'elle mérite...

C'est cette histoire que Paul raconte.

Et des coupures de presse interromptent son récit. Des articles qui crient au génie, puis à l'imposture. Anna ne serait pas l'interprête de ses chefs d'oeuvre...

 

   

Tentatrice : Silvana, des Editions J'ai Lu

Fournisseur : Silvana, un millier de Merciiiii !

 

 

 

  

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Mon humble avis : Ces douze derniers mois, je me souviens avoir ressenti une terrible sensation de bluff parfait avec deux romans (hors thrillers, dont c'est le rôle) : Dans le scriptorium de Paul Auster et Tuer le père d'Amélie Nothomb. Et bien ajoutons un troisième titre à cette liste : La double vie d'Anna Song ! Je n'ai rien vu venir, j'ai été baladée, bref, je suis bluffée !

Ce roman est très librement inspirée d'une histoire vraie, celle de la pianiste Joyce Hatto, dont j'ai sans doute entendu parler, à moins que je la confonde avec celle de ce livre, déjà aperçue à sa sortie sur quelques blogs.

Ce roman se touche, se sent, se déguste, se regarde, s'écoute. Il fait appel à vos cinq sens, n'est-ce pas magique ?

Il se touche comme on touche un livre, comme des doigts se posent  sur les touches noires et blanches d'un piano et s'envolent dans une symphonie. L'héroïne est effectivement une pianiste virtuose, même si la vie va la malmener. Les scènes musicales sont fréquentes, aussi, ce roman s'écoute.  Nombres de grands compositeurs (Mozart, Beethoven, Chopin et d'autres moins connus du public profane sont cités, ainsi que leurs oeuvres). D'ailleurs, à un moment, j'ai voulu écouter Chopin durant ma lecture. Comme ce n'est pas trop le style de ma discothèque, je me suis rendue sur Deezer, qui m'a octroyé 15 mn avant de me dire : c'est 4.50 € pour continuer

La double vie d'Anna Song nous mène aussi au bout du monde, dans des contrées qui nous sont méconnues et exotiques. Même s'il y est plus question de misère, il y a aussi la sagesse, la bravoure, les souffrances historiques du peuple Vietnamien. Et là, on voit, on imagine des paysages et des villages où les femmes portent des saris, des hommes des sarongs, les chapeaux coniques, les bicyclettes, les maisons coloniales de Saïgon, la Baie D'Along. Les parents de notre héroine ont vécu le Vietnam des plantations, des deux guerres, du communisme, des boat people mais surtout des traditions qu'ils ont transmis à Anna, née en France. Celle ci fera un voyage touristique et familial au pays de ses racines. Et puis j'ai donné les traits et la classe de l'actrice Michèle Yeo (The Lady) à Anna... (petit message sublimal pour tout prochain producteur ciné qui se pencherait sur ce livre !)

Passons à un autre sens, l'odorat, qui rejoint presque le goût et la dégustation. La grand mère d'Anna cuisine beaucoup, et le descriptif des recettes, des odeurs de cuisine met l'eau à la bouche. Nous goûtons à des mets exotiques et nous régalons rien qu'avec les yeux qui parcourrent ces lignes. Vous voyez, ce livre est très riche ! Et encore, je n'ai même pas encore évoqué ses sujets principaux que sont l'amitié, l'amour fou, l'illusion, le mensonge, la tromperie, l'hommage, le talent et les difficultés d'un artiste qui se retrouve privé de son talent...mais qui se bat. Inutile de développer plus cela, Minh Tran Hui le fait bien mieux que moi dans ce roman éblouissant. Car nul doute que vous le lirez... La double vie d'Anna Song s'adresse aux mélomanes, aux fins gourmets, aux amateurs d'exotisme et de voyages, aux passionnés d'Histoire, aux friands d'écriture soignée et gracieuse, aux avides de livres que l'on ne peut poser, et aux amoureux de la mer qui aiment être menés en bateau, comme je le fus lors de ma lecture. Je suis sûre que vous vous retrouvez forcément dans cette galerie d'aficionados, sinon, c'est que vous êtes arrivés sur cette page par erreur et là, je ne peux plus rien pour vous

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Janvier 2012

 

Roman -  Edition Julliard - 327 pages - 19 €

 

Parution en Août 2011

Rentrée littéraire de Septembre 2011.

 L'histoire : En plein deuill, Kurt, médecin Allemand, accepte d'accompagner Hans, un ami aux Comores, à des fins humanitaires. Le trajet se déroule lentement à bord du voilier personnel d'Hans, jusqu'au large des côte somaliennes. Là, des pirates s'emparent du bateau et font des deux amis des otages. C'est donc un voyage au bout de l'enfer qui les attend, au coeur d'une Afrique aux multiples visages...

 

 

Tentation : La venue prochaine de l'auteur à Rennes + projet

Fournisseur : La bib

  

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Mon humble avis :Wahou, wahou, wahou... Et pourtant, ce n'était pas gagné d'avance, malgré mes deux précédentes lectures irréprochables de l'auteur. J'avoue, je suis rentrée dans ce livre peu encouragée par des avis mitigés dela blogo, mais motivée par la venue prochaine de l'auteur dans ma ville, et l'envie, cette fois ci, d'avoir lu LE livre en question avant... histoire de savoir ce dont il retourne pendant la conférence... J'ai sacrément bien fait d'écouter ma motivation...

Les premières pages, qui se déroulent à Franckfurt, se lisent très bien. On est heureux de retrouver l'écriture soignée de Khadra et l'émotion toujours juste, même si le drame s'annonce. Ensuite, je me suis heurtée à une cinquantaine de pages moins accessibles et pourtant accaparantes : les débuts de la détention des deux otages, la peur, la violence, l'humiliation, les doutes, la rébellion, la brutalité et et la violences des geôliers. Oui, j'ai été surprise, voire destabilisée par le style bien souvent distingué de ces brutes. Un langage inapproprié à ce genre de personnages. Certaines chroniques lues de ci delà m'avaient prévenue.... Oui, mais cela s'explique plus tard de façon magistrale. Le lecteur est pris dans le piège que lui a tendu l'auteur, il est les deux pieds dans le vif du sujet sans le savoir.... Dois-je en conclure que certains chroniqueurs n'ont pas achevé leur lecture.... Et c'est la où la tendance s'inverse totalement et où l'on comprend où l'auteur veut en venir.... Il ne faut pas se fier aux apparences. Un message principalqui paraît simpliste et pourtant, en prenant l'exemple de l'Afrique pour démontrer cet adage universel, Yasmina Khadra montre à merveille à quel point ceci n'est pas si simpliste. En Afrique, c'est même si compliqué de comprendre ce qui se passe, de ce faire une opinion, que cela devient une équation à multiples inconnues. Du moins, c'est ainsi que j'ai perçu le roman, et le titre. Oui, une équation aux résolutions aussi nombreuses qu'il peut y avoir d'inconnues. Dans ce livre, les inconnus sont noirs, blancs, européens habitués au confort, kidnappés,  européennes dévoués aux autres, français devenu Africain à force de déambuler à droite à gauche depuis des années, pirates ou survivants de massacres. Il y a tous ces regards dans ce livre, on peut y ajouter celui de l'auteur et enfin le vôtre ou le mien, celui de lecteur. Et chacun aura une vision différente de ce qu'il constate, juge, aime ou méprise. Oui, l'équation sera différente suivant les A et les B, le X et les XY, les croyances, la résistance, le courage, l'espoir et la définition du bonheur. Et de la valeur que l'on donne à la vie.

Il y a tout cela dans ce roman, dont le sujet est tristement d'actualité, qui prend tantôt des allures de roman intiatique, puis de roman d'aventure, voire de road moovie. On cotoye le pire des horreurs inhumaines, les charniers, la déchéance, mais on assiste aussi et surtout à ce que l'Homme peut faire de plus beau. Outre le portrait de 3 hommes retenus en otage, de l'amitié et du respect qui s'installent entre eux malgré une différence de longueur d'ondes, Yasmina Khadra parle avant tout de cette formidable Afrique où l'Homme fait preuve d'un instinct de survie, d'une envie de vivre inégalée dans nos contrées sûres et douillettes.
Dans l'équation Africaine, Yasmina Khadra vous offre deux miroirs.... Un premier pour voir ce que vous voulez voir, votre avis et vous dans le monde tel que vous l'avez défini. Et un autre miroir montre l'envers du précédent, celui que l'on ne veut pas voir, celui que l'on ne peut pas voir et peut-être pas forcément comprendre parce que notre culture nous en empêche, parce qu'il y a trop d'inconnu dans tout cela.

Ce n'est pas un livre qui apporte des réponses. C'est un livre qui incite à se poser des questions. Et Yasmina Khadra est là devant vous à changer l'orientation du miroir face au soleil cuisant de l'Afrique.... Le reflet est alors différent... A nous aussi de modifier notre point de vue, pour le rendre plus riche de celui des autres, plus juste, plus tolérant ou, au contraire, moins sûr encore ou on ne peut plus révolté. Un livre qui n'impose rien mais qui s'impose, qui accapare, malgré une fin un peu convenue (mais sans doute inévitable !). Ue histoire qui propose juste le regard des autres sur l'autre, ou de l'autre sur les autres.

Un livre où j'ai déposé des dizaines de post it !

 

 

L'avis de Gambadou 

 

-" Le poisson rouge ne peut ramener la complexité des océans à la quiétude de son bocal..."

- "Je ne vis pas sur une autre planète."

- "Le poisson rouge non plus, mais que connait il des tempêtes".

 

" Qui voit l'Afrique une seule fois dans sa vie mourra borgne".

 

"Il n'y a d'issue que pour celui qui sait où il va."

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 12 Janvier 2012

  Roman - Pocket Editions - 286 pages - 6.60 €

 

 

Parution d'origine en janvier 2001.

 

 

L'histoire : Mohammed a tout juste 9 ans quand son père le conduit à l'école des cadets, près d'Oran, en Algérie. Il devient alors le matricule 129. L'école des cadets est une école militaire, au règlement stricte, sévère... qui n'hésite pas à faire régner l'ordre dans les rangs avec des châtiments corporels... Mohammed y suivra toute sa scolarité, puis à l'adolescence, changera pour une autre école militaire pour adolescent se dirigeant vers le bac...

Tous les moyens sont bons le jeune Mohammed pour s'échapper de sa vie, de son environnement. La lecture, puis l'écriture... Mohammed sera officier supérieur de l'armée algérienne. Et surtout, quelques décennies plus tard, il deviendra Yasmina Khadra, l'auteur que nous connaissons. Ce livre est donc la genèse d'un auteur....

 

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Yasmina Khadra annoncé en conférence à Rennes en janvier ! Voici une bonne raison de sortir d'urgence ce livre qui repose depuis trop longtemps dans ma PAL. Et pourtant, j'avais été bouleversée comme rarement par "l'attentat", livre que j'avais acheté et fait dédicacer en même temps que celui ci.

L'écrivain, je l'ai dévoré.  Atterrée autant par ce que je lisais que hypnotisée et charmée par cette magnifique langue qui dit pourtant l'indicible. Comment ne pas être choquée par le traitement infligé à ces jeunes cadets, traitement déjà inhumains pour des adultes, alors pour des enfants de 7 ans, qui ne comprennent même pas ce qu'ils font là...

Et puis il y a aussi ce père tant adoré et admiré qui abandonne les siens, prends d'autres épouses et laisse la mère de l'auteur vivre dans des conditions déplorables.... Entre la rigueur militaire et les déceptions familiales, l'auteur grandit, et même si ce n'est pas un nénuphar qui pousse dans son coeur, ce n'est ni haine ni vengeance. Mais sagesse et pardon. L'auteur n'accuse personne et trouve même des bons côtés dans cette éducation militaire qu'il relate de moult anecdotes, tantôt touchantes, tantôt révoltantes, mais jamais neutres. Bien sûr, la violence psychologique de la première partie du livre s'atténue au fur et à mesure que les enfants grandissent, deviennent des hommes, même si beaucoup trop jeunes, mais qui supportent plus facilement et qui ont le caractère qui s'affirme, parfois au grand dam de l'équipe d'encadrement scolaire ou militaire. En plus, c'est au début de l'adolescence que les aspirations littéraires du jeune Mohammed se font de plus en plus précises, qui oscillent entre doutes et certitudes, certitudes qui paraîtraient presque par moment prétention. Mais non, c'est un rêve et une ambition. Et pour que ces choses se réalisent, elles doivent être menées avec une motivation hors du commun. Pour Khadra, c'est une vocation ! Cet apprentissage de l'écriture de l'élève Mohammed, aidé par certains professeurs et découragé, voire brimé par d'autres, et passionnant et touchant. Comme est surprenante la raison qui amène l'adolescent à choisir le français comme langue d'écriture et non l'arabe... Cela tient des fois à peu de chose.

Enfin, en toile de fond, "L'écrivain" offre un portrait de l'Algérie des années 60, de l'Algérie post coloniale. A noter que le narrateur est issu d'un milieu plutôt favorisé.

Ce livre n'aura pas le billet qu'il mérite car à l'heure où j'écris ces lignes, je l'ai terminé depuis déjà 10 jours. Si j'avais pu écrire ce billet dans la foulée de ma lecture, il aurait eu un autre ton, il aurait mieux retranscrit l'atmosphère et l'émotion qui se dégage de cette oeuvre. L'importance et l'intérêt du regard du narrateur sur son pays, sur la vie, sur la liberté, l'amitié, l'écriture.Je ne peux que vous conseiller chaleureusement de le lire. Car ce n'est pas tout les jours que l'on assiste à la naissance, pas à pas, d'un auteur. Et pas de n'importe quel auteur. Un grand. Yasmina Khadra !

 

 

".... J'aurais, jusqu'au bout, la patience titanesque de toujours laisser venir ce que je n'avais pas les moyens d'aller chercher."

 

"Mes moyens du bords étaient dérisoires. Normal, j'étais un enfant et les enfants n'ont pas assez d'espace derrière eux pour reculer. Ils sont condamnés à avancer".

 

'Tu as un grave défaut et dois t'en débarasser : tu cherches à intimider. Un écrivain n'intimide pas, il impressionne. Il ne s'impose pas, il séduit ou convainc. Sa grandeur, c'est sa générosité et son humilité, pas sa complexité

 

"L'esprit, c'est ce que l'armée considère  comme la plus grande atteinte à son équilibre et à sa longévité."

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 21 Novembre 2011

 Roman - Editions Flammarion - 536 pages- 21 €

 

  

Parution en août 2011

 

RENTREE LITTERAIRE SEPT 2011

 

  

L'histoire : Deux histoires en fait. Celle de Donya, en Iran, dans les années 80 et début 90. Une jeune femme révoltée contre l'oppression du régime Islamique des Mollahs, rêveuse, battante, étudiante. Coûte que coûte, elle veut quitter l'Iran jusqu'au jour où...

Celle d'une autre femme, jamais nommée, à Paris dans en 1994, dans le cabinet d'un psychanalyste. Elle se débat contre elle même, contre son passé enfoui, contre celle qu'elle est, qu'elle n'est pas, qu'elle ne veut pas être. Elle se rappelle son père, sa famille, son enfance, toujours sous la peur et les menaces d'un régime en place...

 

  

Tentatrice : Silvana Bergonzi

Fournisseur : Silvana et les éditions Flammarion, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Quel roman poignant, captivant, bouleversant et révoltant. Un véritable coup de point qui transforme ce livre en coup de coeur pour moi !

Un roman à lire en cette période préélectorale en France, où l'on s'énerve des défauts de nos dirigeants et où l'on s'insurge devant certaines décisions injustes, en ces temps où des pays comme la Tunisie et la Libye vont se choisir une nouvelle orientation politique... inquiétante à nos yeux.... Car avec "Je ne suis pas celle que je suis", nous reprenons conscience de la base : notre chance de vivre en démocratie, de jouir de la liberté, de notre corps, de notre esprit, de notre droit, de notre identité... Notre gouvernement est hypocrite, le régime théocratique des Mollahs en Iran est barbare et contradictoire. Au nom de la religion, au nom d'Allah, on torture, on viole, que vous soyez étudiantes ou à peine sorties de l'enfance pour un nom, un code non respecté. Les gardiens de la révolution vous surprennent avec du rouge sur les ongles, c'est dans un sac rempli de cafards qu'on vous glisse les mains. Vous êtes violées, vous méritez la peine de mort puisque vous n'êtes plus vierges. Vous reposez et massez vos pieds après une marche éprouvante, vous vous retrouvez dans une cave, à la merci d'hommes tout puissants. Oui, l'homme est tout puissant et la femme n'est rien. Elle est considérée comme mineur à vie, n'a aucun  droit.

C'est cette vie là que nous raconte le récit de Donya, cette jeune étudiante Iranienne qui, part tous les moyens, veut quitter son pays. Chahdortt Djavann dresse ainsi deux portraits. Celui de cette jeune femme qui se rêve un destin héroïque, cette femme courageuse, qui garde la tête haute, qui ne renonce pas malgré toutes les épreuves, les obstacles et la peur qui noue le ventre. Portrait aussi sans concession d'un pays, l'Iran, de ses dirigeants de l'époque, les Mollah, d'une loi, la Charia et d'une religion extrémiste : L'islamisme. C'est fascinant et c'est déjà de l'Histoire, de l'Histoire à ne pas oublier. Moi, petite française protégée que je suis, j'ai grandi en voyant Khomeini à la télé. Mes neveux ne connaissent sans déjà doute pas cet homme.

Alors rien que pour ce témoignage de la vie des femmes en Iran suite à la Révolution, ce roman est incontournable. A lire maintenant tout en étant ravie de porter une jupe en sortant de chez vous et de sentir le vent dans vos cheveux...

Et il y a l'autre récit, celui de la psychanalyse d'une jeune iranienne à Paris, quelques années plus tard. Une iranienne qui ne trouve pas sa place en France et qui n'a plus la sienne en Iran. On déduit très vite que cette analysante est Donya. Au fil des séances, on va découvrir d'autres pans de sa vie. Il est alors il est plus question de l'enfance, du rapport au père, à la mère, à la violence. Ces séances sont extrêmement bien décrites, dans un style qui peut perturber un peu toute personne étrangère à cet environnement : l'hyperréalisme, transfert et contre transfert, trouble de la personnalité... On y sent le débat intérieur de la patiente envers elle même, mais également ses doutes envers cette analyse qui la ruine et qui semble lui causer plus de douleur que de réconfort.  On est atterrée devant les dégats psychologiques d'un régime totalitaire. Ces deux récits nous conte la vie entière de Donya... moins ces trois dernières années. Comment a-t-elle réussi à quitter l'Iran, c'est dans un autre tome que nous le découvrirons.... avec impatience.

Car on est accroché à ce destin peut ordinaire, partiellement autobiographique. L'histoire de Donya est un hymne à la femme, à sa force et à la liberté. C'est aussi une belle déclaration d'amour à la langue française... Puisque c'est dans notre langue que ce livre a été écrit, une langue apprise patiemment, avec persévérance en récitant par coeur le Robert pour s'enrichir de nouveaux mots. Une langue qui est moins douloureuse que le Persan, qui n'évoque pour la jeune analysante que cauchemar et enfer.

Devant une telle histoire si puissante, une si belle maîtrise de l'exercice littéraire et du rythme, on ne peut que s'incliner par respect pour l'auteure et pour que nos yeux rencontrent les pages de ce livre saisissant et sublime. Un livre trop fort et trop riche pour être enfermé et limité à un billet sur un blog. Et, en me relisant, je me trouve peu capable dans transcrire toute la grandeur. Alors libérez le, entrez dans ses pages et tournez les, même s'il y a de grandes chances pour qu'elles se tournent toutes seules, très vite, sans que vous vous en rendiez compte.

 

 

"J'avais l'impression qu'avec la vie, je dansais un tango : quand j'avançais, elle reculait et quand j'avançais, elle reculait"

 

"Ce n'est pas étonnant que la réalité se déforme sous mes yeux. J'ai dû tellement manipuler et annuler psychiquement la réalité que tout a été  déréglé dans mon cerveau. Il disjoncte de temps en temps; comme un compteur éléctrique qui ne peut supporter la charge'

 

"Sa vie lui était une prison, elle voulait s'en évader à tout prix. Elle ne savait pas pourquoi elle était dans l'incapacité à vivre une vie semblable à celle de ses camarades, elle ne savait d'où lui venait son inaptitude à se situer dans le monde des humains."

 

"Les gens se résignaient au régime comme à une catastrophe naturelle contre laquelle nul ne pouvait rien, qui suivait son cours et se terminerait d'elle même"

 

 

LIVRE COUP DE COEUR.... DEMAIN, DEUX EXEMPLAIRES DE CE LIVRE A GAGNER ICI SUR CE BLOG... CONTRE GARANTIE DE PUBLICATION D'UN BILLET SUR VOTRE BLOG ! ALORS A DEMAIN !

 

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                                                                                   12ème / 14....

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 29 Septembre 2011

Roman - Editions Vents d'Ailleurs - 190 pages - 16 €

 

 

 

Parution en mars 2007

 

 

L'histoire : Celle de Gara, teinturier et spécialiste du temps, dans un village reculé du Burkina Faso. Il n'a pas de père, ne peut donc pas prendre d'épouse, est toujours à part dans le village. Survient des évènements, puis une guerre et l'exil....

Une bonne vingtaine d'années plus tard, nous retrouvons sa fille, dans la capitale. Elle est "inépousable" selon la tradition, à cause des origines inconnues de son père....

Didier est amoureux et contournera, à sa façon,   tabous et traditions pour aimer Marguerite. Oui, pour ça, il est prêt à tout...

 

 

Tentation : L'auteur + Gambadou au salon de Rennes

Fournisseur : MA CB au salon de Rennes

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : "On"  m'a dit que je ne lisais pas beaucoup de littérature étrangère hormis celle anglosaxone.... Voilà l'exception qui confirme la règle, où la preuve qu'il suffit d'être patient(e!) Car ce roman, écrit par un burkinabé (donc du Burkina Faso, État du centre ouest de l'afrique)se déroule au Burkina Faso également. Au début, au fin fond de la brousse, dans un bled et à la capitale, dans la deuxième partie. Donc littérature 100% burkinabé (euh, est-ce bien comme ça qu'on dit ?)

 

Tout voyage nécessite un temps d'adaptation et ce livre est sans conteste une invitation à l'ailleurs, un ailleurs qui pourrait être intemporel, voire presque encore plus loin que là-bas, dans un pays presque imaginaire, tant les premières pages de ce roman ressemblent à un conte. Il m'a fallu du temps pour m'adapter à cet environnement si dépaysant, si inhabituel. Le temps.... Situer les personnages tant dans l'histoire que dans leur position hiérarchique au village. Ne pas les confondre... Et puis l'histoire a commencé et je me suis régalée.

 

Sous un soleil de plomb, assise dans le parc en bas de chez moi, j'étais au coeur d'une Afrique que je ne connaîtrais sans doute jamais. Une Afrique aux traditions ancestrales, l'Afrique des griots, l'Afrique où le village a un roi et des ministres, où il faut respecter les règles, où l'on se salue suivant un protocole interminable, où l'on veille à respecter son aîné dans la parole comme dans les gestes.L'Afrique où les coutumes assurent l'équilibre social. L'Afrique et l'art de la rhétorique, où finalement, rien n'est dit par hasard. Tout est dans la maîtrise de la parole.... Obtenir tout en ayant l'air de recevoir. Donner à l'autre l'impression d'être grand, intelligent.... quand celui ci est juste venu là où vous l'avez conduit à son insu par votre brillant discourt. C'est cette Afrique là que Sayouba Traoré nous raconte, celle où la famille vient de la mère et le clan vient du père.... Celle où l'on fait la guerre au village qui se trouve de l'autre côté de la rivière. Et de cette immersion dans cette Afrique atemporelle, on se délecte.

Et puis, il y a une deuxième partie, un bon dans le temps et dans l'espace. Nous voici en ville, avec la génération suivante. Il y a alors dans ce roman comme une ambiance "Aya de Yopougon". D'ailleurs, les bons dictons africains ne manquent pas.

On découvre avec intérêt  et attendrissement la tradition du naam, où un jeune garçon se voit déclaré "enfant roi" de son quartier (ce qui ne veut pas dire enfant gâté!)... Pendant un an, il devra se comporter comme un adulte, sous la surveillance de ses parents justement. Mais on voit là un bel apprentissage des responsabilités auprès de la jeunesse.....

Et puis il y a le quatrième quart de cette histoire, et là, l'auteur m'a laissée sur le carreau. Tout y devient militaire, politique, manoeuvre, corruption du pouvoir... Bref, Sayouba Traoré nous emmène alors dans la plus contemporaine Afrique, celle des dictateurs et des push qui les menacent. Pour moi, le charme s'est rompu car le déroulement de tout cela manque réellement de clareté (peut-être pour être au plus proche de la réalité d'ailleurs), mais j'étais perdue.... Surtout sur les motivations de ces insurrections.... que j'ai trouvé vraiment trop romanesques (je sais, c'est le comble quand on lit un roman - genre, je ne sais pas ce que je veux !)

 Malgré un début difficile et une fin déplaisante, je pense que ce livre ne manquent pas d'arguments. Culturellement et linguistiquement (très belle écriture), ce livre mérite vraiment votre intérêt.

 

 

"Quand le travail n'avance pas, on peut trouver deux explications. Soit l'artisan est incompétent. Soit les outils ne sont pas bons."

 

"Celui qui te conseille d'acheter un cheval ventru, celui là ne sera pas là quand il s'agira de le nourrir".

 

"On est en démocratie. On a donc le choix. S'exiler à l'intérieur de soi même ou quitter le pays".

 

"Le singe dit que le fruit qu'il ne peut atteindre est pourri".

 

"Il ne sert à rien d'agiter la langue quand la tête ne sait pas".

 

"Si la causerie était la preuve d'une mauvaise éducation, les hommes ne naîtraient pas avec une langue."

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 3 Septembre 2011

Roman en V.O - Editions Faber & Faber - 320 pages - 9.05 €

 

 

Parution en format poche Juin 2011

 

 

Ce roman sort en version Française chez Acte Sud le 7 septembre 2011

 

Rentrée littéraire

 

 

 

L'histoire : Depuis 7 ans, Miles fuit son passé New Yorkais à travers les Etats-Unis. Son passé : Peut-être qu'il a tué son frère, ou pas. Il ne sait pas si le geste était intentionnel, ou pas.

Là, il est en Floride. Sa petite amie est mineure de quelques mois. Devant les menaces de dénonciation, il fuit à nouveau, mes vers le nord, vers l'origine de l'histoire. Juste pour quelques mois. Invité par son ami Bing, il les passera dans un squat d'un quartier de  Brooklyne : Sunset Park

 

 

 

 

 

Tentation : Envie de connaitre mieux l'auteur, la 4ème et l'occasion de relire en V.O

Fournisseur : Achat dans la gare Eurostar de Bruxelles !

 

 

 

 

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Mon humble avis : De Paul Auster, je n'ai lu que "Dans le Scriptorium", roman étrange que j'avais adoré. D'où mon envie d'approfondir l'oeuvre de l'auteur et pourquoi pas en Version Originale, histoire de lire le vrai, le pur, le célèbre, le presque légendaire Paul Auster, grand représentant s'il en est de la littérature contemporaire Américaine.

Autant dire que je ne suis pas très initiée à l'univers de l'auteur, et que je suis donc mal placée pour dire si Sunset Park est un roman typiquement Austérien or not !

Les anglosaxons sont encore plus doués que nous pour parsemer couvertures et 4èmes de couverture de phrases  et de slogans tous plus accrocheurs, tous plus prometteurs les uns que les autres (ici : wonderfully, unpredictable, fascinatingly enjoyable....) Comme j'aimerais qu'il n'en soit rien, que la couv me montre une belle photo, un titre, mais soit vierge de tout le reste... Cela, pour n'attendre rien qu'une histoire sans idée préconçue.

Car de ce fait, cette lecture m'a relativement déçue. Je la qualifierais même de lecture yoyo, qui oscille entre le captivant et l'ennuyeux au possible. Cela partait pourtant très bien, j'aimais ce personnage dont le métier est de photographier les maisons et les objets qui y sont abandonnés par des propriétaires ruinés par la crise et expropriés. Là, j'ai lu de très belles pages sur ce que notre monde peut montrer de plus laid, les limites et l'inhumanité du système et ses conséquences.

Puis les lenteurs se sont installées et j'ai regretté de ne pas avoir passé de Master en histoire du base ball Américain.... Car les résultats des matchs et le destins des grands joueurs de la deuxième moitié du 20ème siècle occupent plusieurs dizaines de pages ! (dans mon souvenir en tout cas !)

Puis l'histoire reprends, Paul Auster nous présente de nouveaux personnages,  qui parfois sont intéressants, banals mais uniques dans leur individualité et leur détresse. Le problème est que tout semble survolé et surtout les relations qui se nouent ou se renouent entre les protagonistes. Je me demandais où Auster m'emmenait, j'attendais avec impatience que Miles affronte enfin son passé.... Et bien affrontement n'occupe finalement que quelques lignes. Il y avait de quoi livrer un roman "really appealing" alors que les émotions peinent vraiment à coming through ! Une accroche disait donc vrai sur la 4ème : This is Auster, nothing turns out as ou expect. ... Oui, j'attendais vraiment autre chose, même si j'ai tout de même eu l'impression, par moments, de lire de très bons passages.

L'impression qui règne lors de la lecture de ce roman, depuis son début jusqu'à sa toute fin, est celle d'un gâchis, un gâchis de vies brisées ou jamais écloses. Un gâchis de manque de communication. Le désastre de notre époque qui s'immisce dans l'économie et dans l'intimité de chacun. Bref, rien de très optimistic ici !

Et la lecture en VO dans tout cela ! Ca c'est positif ! Bientôt dix ans que je n'avais rien lu dans la langue de shakespeare et, malgré mes craintes.... Et bien, c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas. A part quelques mots purement descriptifs qui n'apportent rien à l'intrigue et bien j'ai tout compris ! Enfin, je pense. J'ai lu ce livre avec presque autant de fluidité que s'il avait été en français. Ce qui me fait dire que : soit mon anglais est super top, soit le style d'Auster est super simple ? Je pense qu'il y a une bonne dose des deux, dit elle avec modestie... non, c'est que franchement, dans ma manière de vaguement traduire (lire en anglais ne demande pas une traduction littérale, mot à mot, qui ne signifierait rien. On traduit sans traduire vraiment en fait !), où plutôt de penser certains passages, je trouvais même l'écriture à la limite de la mièvrerie. Je sais, je vais me faire plein d'ennemies, on va se demander pour qui je me prends pour écrire de telles sornettes à propos d'un écrivain si adulé... Et bien ce n'est que mon humble avis. Je suis passé en grande partie à côté de cette oeuvre; J'ai la sensation d'avoir lu un projet de livre, et non un livre abouti au potentiel développé. Ce qui ne m'empêchera pas de lire d'autres livres d'Auster, un écrivain que j'ai envie d'aimer ! Il est réputé pour posséder son propre univers. J'y suis entrée avec Dans le scriptorium, et j'aimerais y rester. Ce ne sera pas avec Sunset Park, un titre pourtant assez onirique non ?

 

 

 

Ceci est une lecture commune avec Keisha.... So, have a look !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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