UN JEU SANS FIN, de Richard POWERS
Publié le 26 Août 2025
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Roman - Editions Actes sud - 416 pages - 23.80 €
Parution en février 2025
L'histoire : Fille d’un ingénieur canadien collaborant avec le commandant Cousteau, Evie a douze ans lorsqu’elle attrape le virus de la plongée et décide de consacrer sa vie à l’exploration des fonds marins.
Ina, une artiste polynésienne, compose des sculptures avec des déchets plastiques qu’elle glane sur les plages. Peu à peu, une étrange créature prend forme.
Todd et Rafi, deux lycéens américains que tout oppose, cimentent une intense amitié autour du jeu de go ; l’un se perdra dans la littérature, l’autre révolutionnera l’intelligence artificielle.
Des décennies plus tard, ils se retrouvent tous sur l'île de Makaeta, où se joue la prochaine grande aventure de l’humanité : la construction de villes flottantes.
Tentation : Blogo + couv
Fournisseur : La bib de St Lunaire
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Mon humble avis : J'ai voulu découvrir l'univers du romancier américain Richard Powers à travers son dernier titre à la si jolie couverture... Un jeu sans fin m'a paru vraiment sans fin et j'en suis sortie comme abrutie après plus d'un mois d'emprunt à la médiathèque. Je n'ai pas adoré, je n'ai pas détesté, mais pour moi, ce n'est pas le genre de livre que l'on dévore... On lit une vingtaine de pages à la fois, parfois moins. Mais l'on va jusqu'au bout pour savoir ce qu'il advient des protagonistes et comment tout se rejoint.
Ce roman est très dense, notamment dans les sujets qu'il aborde (amitié, trahison, lutte des classes, féminisme, écologie, littérature, science du progrès, les réseaux sociaux et l'addiction engendrée et bien prévue, l'avènement de l'IA avec ses conséquences).
J'ai aimé suivre l'amitié de Todd et Rafi depuis leurs jeunes années, et leur besoin commun de stimulations cérébrales, qui devient un défi entre eux, que ce soit par la culture littéraire pour l'un, la curiosité informatique pour l'autre, et les jeux d'échec et de Go pour tous les deux. L'arrivée d'Ina dans ce duo est également intéressant.
J'ai aimé être dans les profondeurs océaniques avec Evelyne, à la découverte et en observation scientifique des mille merveilles subaquatiques... Ah ces moments passés avec les raies Manta, avec les baleines ou dans les stations de nettoyage, ou chaque individu s'active de façon communautaire, dans une organisation sans faille. Oui, à la base notre planète est très bien foutue pour que chaque être soit complémentaire. Lire la vie d'Evelyne m'a plu, d'autant que son personnage est inspiré d'une océanographe réputée.
J'ai aimé aussi être sur l'île de Makaeté, en Polynésie Française, parmi ses quelques 80 habitants. L'organisation et le déroulement d'une fameuse élection, dans un tel microcosme, est en fait assez représentative et humainement/socialement passionnante à suivre.
J'ai aimé la plume de l'auteur, empreinte de poésie, élégante sans être ampoulée.
Les longues logorrhées (de plus en italique) de Todd m'ont lassée, puis vraiment saoulée lorsqu'il n'évoque quasiment plus que l'avènement des différentes IA auquel il a participé. C'est vraiment scientifique et du coup, pénible pour moi, d'autant que c'est interminable.
La construction non chronologique du roman m'a dérangée, on ne sait pas toujours dans quelle époque on se trouve, et des événements ultérieurs se trouvent narrés bien avant leurs prédécesseurs. Bref, j'ai été quelque peu perdue par moments.
Enfin... la fin... Dont je ne sais que penser... Réelle ou pas ? Conte ou dystopie ? Rafi est-il là ou juste son souvenir ? Après 400 pages globalement terre à terre, cette évolution-là m'a surprise et pour le coup, laissée sur ma faim. Et pour finir le message global ne tire pas vers l'originalité absolue... Il faut protéger les océans et se méfier de l'IA qui dépasse ses inventeurs... Mais ça, je le savais déjà. Bref, je m'attendais à être bien plus emportée par Richard Powers, j'espérais une révélation littéraire qui n'est pas venue. Où alors le génie potentiel de cet ouvrage m'a échappé, ce qui est toujours possible.
Un jeu sans fin c'est... Les échecs et le go... C'est aussi le cycle de la nature résiliente, cette nature qui se remet en place malgré les dégâts, qui se réinstalle et recrée un biotope nécessaire à quelques espèces. C'est aussi l'Histoire qui est un éternel recommencement...Avec les puissances colonisatrices qui exploitent jusqu'à la moelle un lieu, un peuple, une île ici, qui s'en vont quand elles ont tout dévasté et qui reviennent des décennies plus tard avec un nouveau projet en développement. Un jeu sans fin, c'est aussi la cupidité de l'Homme, à qui il faut toujours plus quelques soient les conséquences. Enfin, un jeu sans fin, c'est le caractère intrinsèque de l'Humain qui veut toujours jouer, prendre des risques, jouer, jouer, sans forcément gagner, mais juste continuer à jouer.
Mais tout de même, lorsque l'on comprend à qui Todd se confie tout au long du roman, ça fait froid dans le dos, et l'on trouve cela très triste.
Qui d'autre ici a lu ce livre ? Je me souviens avoir lu un billet sur un blog que je suis, mais je ne sais plus lequel ? Je veux bien qu'on me décrypte la fin (même si discrètement en MP ;)
L'avis de Keisha
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