DEJA L'AUTOMNE, d'Astrid ELIARD

Publié le 6 Novembre 2012

Roman - Edition J'ai Lu (Mercure de France) - 159 pages - 5.60 €

 

 

 

 

Parution chez J'ai lu en Mai 2012

 

 

L'histoire : Michel, éminent chirurgien plasticien, emmène sa femme Eva passer un weekend de luxe chez un non moins éminent client : un acteur célèbre qui côtoie les plus grand. Arrivés sur place, le luxe n'est pas là, mais une atmosphère étrange, oppressante. Le passé d'Eva va remonter en surface : le remettra t-elle sur le devant de la scène ou dilapidera -t-il un présent déjà bien abîmé ?

 

   

 

 

Tentateur : Le pitch

Fournisseur : Les éditions J'ai lu et Silvana, merci

 

 

 

 

 

 

 

 

  étoile2.5

 

Mon humble avis :  Tout d'abord, mise en garde : ne pas lire la quatrième de couv qui, comme bien souvent, en raconte beaucoup trop !

Ensuite, ce roman me laisse perplexe. Son sujet est bien plus ambitieux que les apparences ne le laissent entendre. Point de légèreté people ou autre,  mais une atmosphère oppressante. Nous voici dans un huit clos. On ignore s'il va se passer quelque chose ou s'il s'est passé quelque chose (si l'on ne lit pas la 4ème bien sûr). Dans l'absolu, on est plus dans l'observation des personnages, de leurs gestes, de leur gène, de leurs faux semblants, que dans l'action. Ce qui se passe sous nos yeux serait presque dans le non dit, comme si l'auteure laissait à son lecteur le choix de "l'action", même si, bien sûr il s'agit ici d'une action... disons... contemplative.

Astrid Eliard décrit très bien ces petits rien qui trahissent un malaise, une fragilité, un aveuglement, ces manipulations... Le verbe et la langue sont étudiés, de belles envolées littéraires, même si les souvenirs d'Eva revêtent parfois un vocabulaire plus cru. Car les souvenirs d'Eva sont là, qui occupent quelques chapitres.

Dès le début, on devine un problème chez ce personnage, qui semble comme apathique, obéissant au doigt et à l'oeil à son pédant de mari, fier de se montrer avec une aussi jolie femme au bras. Car Eva a sa réputation : elle serait de toute beauté. Elle agace d'abord quand elle accepte même que ce soit son mari qui la maquille, lui mette son rouge à lèvres, lui dise de se couvrir... Au fil des pages et des souvenirs, c'est une autre femme qui se dévoile, d'une extrême fragilité. La question du roman sera donc : quelle traumatisme a-t-elle vécu pour ne devenir même plus l'ombre d'elle même, mais l'ombre de son mari épousé pour se protéger, pour qu'il ne lui arrive plus rien.... Le plus rien sera total.

Comme je le disais plus haut, le livre est une réussite au sujet du style, des très belles phrases et des métaphores qui parsèment le livre, des descriptions des objets, des lieux qui font appels aux cinq sens. Eva m'a touchée et toutes proportions gardées, m'a rappelé de douloureux souvenirs...

Mais les personnages sont un peu trop survolés (donc peu attachants, à part Eva), le sujet pas assez creusé. Pour une fois, je regrette le petit nombre de pages qui fait que même la fin, semble arriver là parce qu'il en fallait bien une. Il faut toujours sortir les personnages de la situation dans laquelle ils se trouvent et hélas, quelques soient les moyens.

Bref, un roman prometteur qui aurait mérité mieux et plus, un petit supplément d'âme en fait. Voilà mon impression de lectrice qui n'a pas été happée par cet automne précoce !

 

L'avis de Nanet, Natiora, Antigone

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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T

Entre quatrième de couverture / bande annonces et critiques qui déflore les 3/4 des oeuvres, il faut être une approche prudente! Lorsque je lis une critique avant de lire le livre je parcours les
introductions et les conclusions. Je relis la critique complète après avoir terminé ou abandonné le livre.
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G


@ Tioufout : Au ciné, je me contente des BA et pour les livres, le titre, l'auteur et quelques avis de blogs, mais de moins en moins la 4ème de couv !



S

J'ai lu son dernier "sacrée marie" et je n'ai pas apprécié plus que cela non plus.
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G


@ Sylire : Oui, je me souviens de ton billet, j'espérais être plus emballée par mon titre que tu ne l'étais par le tiens...



A

Ce que tu dis est assez juste... j'avais cependant bien aimé quand même. Et puis, je suis contente pour l'auteure, très sympathique, que j'avais rencontrée lors d'un salon du livre, de voir que
son livre est sorti en poche !
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G


@ Antigone : L'auteur a manifestement un fort potentiel, mais on sent comme un manque de maturité dans la constrution du roman. Mais je pense qu'elle est jeune, elle a donc encore le temps pour
s'améliorer !



I

J'avais lu Nuits de noces de cette auteure et je n'avais pas du tout accroché. Je passe donc mon tour pour celui-ci.
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G


@ Isa : Je pense qu'il faut laisser à l'auteure le temps d'exprimer tout son talent, car c'est sur qu'elle en a.



L

Je suis très intriguée, quand même...
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G


@ L'irrégulière : euh, au fait, attention, cela se passe en huit clos à la CAMPAGNE !!!!



A

Précoce et pas abouti, alors.
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G


@ ALex : C'est tout à fait ça !



N

En répondant à ton commentaire, je me susi apperçu que ce livre s'était effacé de ma mémoire. Totalement. j'ai dû relire la 4° de couverture (qui dit tout) pour que les traces, les fils de
l'histoire se renouent. Une sensation d'humidité, de froid, des senteurs d'automne. Il me semble me souvenir d'une foret. C'est si loin... 


Un livre lu rapidement, et tout aussi vite oublié. Tournons la page. 


Biz, nanet


 


 
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G


@ Nanet :Je pense que notre ressenti est le même. Il y a effectivement une forêt, beaucoup d'humidité, peu de lumière...