JOURS SANS FAIM, de Delphine DE VIGAN

Publié le 21 Juin 2011

 Roman - Edition J'ai lu (Grasset) - 125 pages - 5.60 €

 

 

Première parution en 2001, puis en 2009 

 

 

L'histoire : Laure a 19 ans, mesure 1.76 mètre et ne pèse que 38 kilos quand elle accepte enfin l'aide, l'hospitalisation. Il lui faut reprendre du poids non pour vivre mais pour survivre. Elle est anorexique. Elle entreprend alors le combat contre elle même avant de se battre pour elle même. Kilos après kilos, c'est une lente, difficile mais méritante résurrection que raconte ce livre.  

 

 

 

 

  Tentation : J'aime cette auteure + le sujet

Fournisseur : ma PAL

 

 

 

 

 

  

 

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  Mon humble avis : Jours sans faim est le premier roman de Delphine de Vigan, paru à l'époque sous un pseudonyme. Il est fortement autobiographique. Nulle descente aux enfers ici, mais un retour à la vie, même s'il est progressif, incertain fragile. Une reconstruction, malgré les moments de doute, de révolte, de dégoût. L'envie de vivre revient. Laure revient de loin.

L'anorexie. Là où toute publication médicale sur le sujet vous laisserait sur le quai, Delphine de Vigan emploie le roman et manie sa justesse des mots pour livrer ses clés de cette maladie.

Ce livre vous tiendra captif, le sort et le destin de Laure vous touchera, son combat vous bouleversera. La plume de Delphine de Vigan vous fera dire : Mais comment fait elle ?! Oui, si vous prenez ce livre en main, il vous parlera. Pourquoi le prendriez vous en main ? Après tout, l'anorexie ne vous concerne peut-être pas... Depuis quand faut il attendre d'être concerné pour s'intéresser, chercher à comprendre...

Lors d'un pique nique, alors que j'évoquais ma lecture, quelqu'un me demande : Pourquoi lis tu ce genre de livre ?

Parce que j'aime l'auteur !

Parce que les maladies psychiques, psychiatriques m'interpellent. Pourquoi, à un moment donné, le cerveau part dans la mauvaise direction ?

Parce que l'Autre me passionne, que ce soit dans ces joies, ses peines, ses passions et ses souffrances. Alors oui, je veux comprendre pourquoi on peut infliger de telles souffrances à son corps. Je veux appréhender ce qui me paraît irrationnel chez l'Autre, car pour l'Autre, c'est la vérité et la logique même.

Le regard de l'auteur affine le mien, voire ouvre mes yeux clos.

Ces romans, par quelques phrases qui me touchent tout particulièrement, me permettrent d'avancer dans ma propre problématique. Il y a dans ce livre des passages qui reflètent certains de mes maux et qui enfin y posent les mots appropriés, ces mots qui rendent évident, qui traduisent mon inexplicable. En apprenant sur l'autre, j'éclaircis mon ombre et dénoue quelques noeuds. Certains symptômes ou sentiments décrits dans ce livre ne s'attachent pas  qu'à l'anorexie...

Car j'aurais pu être Laure. A la différence que mon cerveau, à une époque, a décidé que je devais me taire et continuer à manger...

Parce que j'ai croisé des anorexiques durant mon cursus "médical". Hospitalisée pour des troubles du langage, j'ai sympathisé avec Amélie entre autre. Il y avait aussi Maria et Patou. L'une tirait sur sa cigarette, l'autre faisait le tour du parc à un rythme d'enfer avant chaque repas. L'une avait une sonde, l'autre pas. Alors que j'enflais à vue d'oeil grâce à mes "amis" les médocs, j'en venais stupidement parfois à envier leur silhouette. Alors que le coffre de ma chambre cachait ma réserve de chocolat et autres dérivés, les anorexiques flottaient dans leurs vêtements quand j'en débordais. Quand le repas était ma distraction tant attendue, il était le calvaire d'Amélie. Amélie se dissimulait sous son poncho noir, j'ignorais qu'elle avait froid alors que je bronzais au soleil. J'ai posé des questions en puzzlant (activité passionnante, surtout avec un puzzle de 1000 pièces noires et blanches). Je n'ai pas forcément posé les bonnes questions. Et même si j'ai eu des réponses, je n'ai pas tout compris. Dommage, j'aurais du lire ce livre avant. Cela m'aurait évité d'insiter, bêtement, devant Amélie en brandissant fièrement mon paquet de Mikado, persuadée que je la ferais fléchir. Cela m'aurait évité de lui dire "Allez, c'est pas grand chose un mikado, ce n'est pas une petite faiblesse qui te perdra".

Quand j'y pense, j'ai honte. Mais grâce à Jour sans faim, si d'aventure je rencontrais une autre Amélie, peut-être aurai-je le bon comportement.

Aussi, je vous invite à lire ce livre pour essayer de comprendre ce qui peut se passer dans un cerveau et un corps souffrants...  Lisez ce livre à titre préventif, vous serez plus prêts et moins maladroits le jour ou vous rencontrerez Laure ou Amélie ou toute autre personne souffrant de maladie psychiatrique. Et si vous les avez déjà rencontrées, si vous en connaissez, ce livre vous aidera à comprendre ce que l'autre ne sait pas dire et que vous êtes loin d'imaginer. 

 

 

 Et après demain, une interview exclusive de Delphine de Vigan ici ! 

  

 

L'avis de Gambadou, Esmeraldae, Cynthia, Mango

 

 

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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T


si certains livres que j'ai blogué t'intéresse.... n'hésite pas je peux peut être les faire voyager



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G


@ Titoulematou : C'est gentil mais j'ai une PAL immense, une bib à deux pas de chez moi et je reçois plein de livre par la poste pour différents partenariats;


Par contre, je t'encourage à lire mon billet d'hier,il y a une surprise pour toi !



T


je suis comme toi. Je lis beaucoup en espérant trouver les mots qui vont droit au coeur, qui touche, et qui m'aiderait à comprendre ce monde. Et ce que j'aime par dessus tout c'est découvrir de
nouveaux titres et faire partager ceux que j'aime!!!!!!!!!!!!!



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G


@ Titoutlematou : Nous avons donc pas mal de choses en commun alors ?!



T


j'aime beaucoup ta critique sur ce livre que j'ai adoré !!!!! Tu sembles très sensible et dans l'autocritique... je crosi que je vais poursuivre ma découverte de ton blog !!!!!!!!!!!!



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G


@ Titoulematou : Merci ! Certains livres sont lus pour me distraire, d'autres pour m'aider à avancer dans la vie, dans la compréhension complexe de la nature humaine !



D


"En apprenant sur l'autre j'éclaircis mon ombre et dénoue quelques noeuds "


J'aime beaucoup ce que tu dis et la lecture c'est aussi ça. Je n'ai pas encore lu Delphine de Vigan mais j'ai No et moi qui m'attends et aussi ton interview  d'elle !


Bises Géraldine


P.S : j'ai reçu ton livre voyageur Merci !



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G


@ Didi :  Merci, j'avais oublié que j'avais été capable d'écrire ça !



E


Dans ma PAL. C'est un thème qui m'intéresse beaucoup.



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G


@ Edelwe : Je te conseille donc de mettre ce livre en haut de la PAL !



C


Un livre qui ne doit pas manquer d'émouvoir je vais me le noter pour un peu plus tard.



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G


@ Christine : Emouvant oui, mais pas forcément plombant. Et une plume tellement juste !


Interview de l'auteure publiée sur mon blog depuis hier !



A


Certians écrivains savent tellement bien parler de ces maladies, aussi.



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G


@ Alex : Oui, mais je pense que pour aussi bien en parler, il faut être "passé "par là. Interview de delphine de vigan publiée depuis hier.



Y


Je n'ai lu que NO et moi de D. de Vigan que j'ai bien aimé d'ailleurs : elle brosse des portraits sensibles et réalistes.



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G


@ Yv : Et bien je t'encourage à lire les autres, surtout les heures souterraines je pense. Et puis à découvrir l'interview de l'auteur que j'ai publiée hier.



C


Ce livre a trouvé des échos en ma personne... Pour être passée par là...



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G


@ Clara : Et l'as tu trouvé bien écrit, avec assez de pudeur mais aussi assez de franchise ?



A


J'avoue ce n'est pas trop mon sujet de prédilection, surtout en livre. Je préfère bizarrement les témoignages et documentaires télévisés pour ces thèmes-là. Les livres, il faut vraiment qu'ils me
permettent de m'évader, de voyager dans ma tête, sinon ils me tomberaient des mains je pense... Mais je comprends qu'ils puissent parler et être utiles à des personnes qui pourraient s'y
retrouver.



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G


@ AGFE : Les documentaires font plus souvent appel au "poids des mots, chocs des photos"... Alors que là, c'est tout en finesse et en littérature. C'est évoqué, à toi de te représenter ceci avec
ton ressenti etc...



Z


A la base, je ne suis pas du tout tournée psycho et je ne suis généralement pas vraiment attirée par ce genre de récit mais l'anorexie est une maladie que je n'arrive vraiment pas à comprendre.
Du coup, je pourrais me laisser tenter par cette lecture, si c'est bien traité et sans pathos.



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G


@ Zarline : Essayer de comprendre l'imcompréhensible est toujours enrichissant, même si c'est une longue démarche. Ce livre , comme tous les autres de l'auteur est très agréable à lire,
l'écriture est percutante.


Interview de delphine de vigan publiée depuis hier sur mon blog !



C


Je garde un très bon souvenir de ce livre, lu au tout début de mon blog ! Un témoignage fort qui dépeint cette maladie avec justesse et sans pathos !


J'ai juste été étonnée que l'héroine ne soit pas suivie par psy lors de son séjour.



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G


@ Cynthia : Si tu savais comme il est difficile d'être suivi par un psy dans ce genre d'établissement...  Je veux dire un vrai psy qui écoute et qui ne passe pas que 3 mn dans ta chambre
pour augmenter ou baisser les médocs !


Interview de delphine de vigan publiée depuis hier.



L


je pense le lire à l'occasion!



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G


@ Lasardine : C'est vraiment intéressant. Si tu veux, j'ai publié l'interview de delphine de vigant hier. Elle y parle de la prochaine rentrée !



C


Cotoyant malgré moi (benevolat hopital) cette maladie , j'avoue que ce livre devrait m interesser


Merci Geraldine


Bonne journée


Bises



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G


@ Cannelle : Oui, ce livre donne un oeil intérieur tout en restant romancé. Très intéressant.