QUAND NOUS SERONS FRERE ET SOEUR, de Sophie ADRIANSEN

Publié le 6 Avril 2013

 http://actualitte.com/blog/sophielit/files/2013/01/Quand-nous-serons-frere-et-soeur.jpg Roman - Editions Myriapode - 217 pages - 18 €

 

 

 

Parution le 17 janvier 2013

 

 

 

L'histoire : Louisa est une jeune métisse parisienne qui ne ménage pas ses efforts pour "Réussir". De sa mère décédée, il lui reste une couleur et des origines inconnues. De son père absent depuis toujours, juste un nom de famille.

Jusqu'au jour où un courrier notarié lui apprend le décès de celui ci et l'existence d'un héritage conséquent. Mais pour le toucher, Louisa devra vivre un mois en compagnie de Matthias, son frère de sang, venu de nulle part, et dont elle ignorait même l'existence... Louisa imagine tout ce qui pourrait l'attendre, sauf la réalité.

 

 

 

 

 

Tentation : Le pitch et la curiosité, l'auteure étant une blogueuse

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

 

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 Mon humble avis : Avec un tel titre, je ne pouvais que lire ce livre... Quand nous serons frère et soeur... C'est souvent la question que je me pose avec des variantes... Sommes nous frère et soeur ? Quand nous étions frère et soeur avant que la vie nous mène dans 3 directions diamétralement opposées. Est-ce l'état civil qui fait de nous des frère et soeur, le sang qui coule dans nos veines, le temps que nous passons ensemble, l'éducation commune que nous avons reçue, l'obligation, l'envie, le désir, l'évidence, le partage, l'amour ? Bref, autant de questions que je me pose, moi qui suis la 2ème d'une famille de 3... Une soeur ainée très pratiquante et mère de 9 enfants... moi, athée, célibataire, sans enfant et en galère, et mon frère, qui a vécu 9 ans au Mexique et qui réussit maintenant en France sa vie personnelle et professionnelle. Pas de jalousie, mais des pourquoi. Et puis beaucoup de silence, une famille bavarde mais une famille de taiseux sitôt que l'on aborde l'intime...

Aussi, j'ai lu ce livre avec une émotion intense, parfois la gorge nouée. Non parce que nous nous empations dans le pathos, mais juste parce que cette histoire est belle. Belle et simple.

Louise va donc aller à la rencontre de son frère Matthias, au fin fond de la France, là où son portable ne capte pas... Une hérésie pour elle qui travaille dans la téléphonie mobile. Un mois à tenir avec cet être aux abords bourru. On se demande vraiment comment Sophie Adriansen va faire évoluer cette histoire, rien n'est écrit à l'avance, sauf peut-être la fin qui se devine avec les derniers rebondissements. On est tenu en haleine. Avec Louise, on écoute chaque mot et tous ces moments de silence que la fratrie partage. Car ces deux êtres que tout oppose sauf le sang vont devoir s'accepter, se découvrir, faire fi de leurs différences, s'apprivoiser. Et pour cela, il faudra compter sur le temps et remettre en cause les idées reçues. Et surtout, être curieux de l'autre, patient, à l'écoute. Recevoir le moindre mot comme une invitation ou un cadeau.

Sophie Adriansen nous emmène alors à Lougeac, en Haute Loire, pour 200 pages lumineuses et fraiches. L'écriture l'est sans aucun doute, même si j'ai parfois regretté l'usage trop récurrent des verbes auxiliaires. Mais les sons, les sensations, les couleurs, les odeurs, la lumière du soleil parfois écrasant sont là. Sans connaitre le village, on imagine parfaitement les scènes et les lieux. Oui, je réalise maintenant qu'il n'y a pas une page ni un lieu décrit (la maison, la place du village...), que j'ai lue sans m'en dessiner une idée précise dans la tête. Le personnage de Louisa n'y est pas étranger. On l'imagine féline, naturelle, l'urbaine qui devient belle des champs. Je me suis installée dans le hamac du jardin, et j'étais là sur le banc de pierre quand le frère et la soeur échangeaient 3 mots ou partageaient un silence.

C'est un roman sur deux mondes parallèles : Le Paris bruyant et excluant... contre le village où tout le monde se connait et où l'on prend le temps de ne rien faire.

C'est un monde sur deux époques opposées : Celle du XXI siècle à Paris où l'on panique sitôt que l'on n'est plus relié au monde par un fil ou une onde... et celle du XXI siècle dans un village où rien n'a changé depuis une éternité.

C'est un roman qui incite à réfléchir sur le sens que l'on donne à sa vie et à sa réussite. Qui prouve une fois de plus qu'en rencontrant l'autre, on se découvre soit même. C'est un roman centré sur l'essentiel, et qui vous invite à y retourner. Oui, un roman essentiel sur l'essentiel. Une très belle histoire, qui fait du bien...

 

 

PS 1 : Une lecture qui laisse présager que mes vacances de juillet dans un lieu aussi reculé mais dans le Cantal ne pourra que m'être bénéfique.

 

PS 2 : Un livre qui donne envie de réécouter la chanson "L'agriculteur" de Ridan

 

PS 3 : Un livre qui, par certains points, m'a fait pensé à la liste de mes envies de Grégoire Delacourt 

 

 

                                                                             5ème participation : Haute Loire

 

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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T

tentant ... comme d'habitude!! je devrais vous remettre le prix de la tentatrice!!!!!!!!!!!!!!!!!


 
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G


@ Titoulematou : Je pense que je ne suis pas la seule à pouvoir prétendre à ce prix, hélas !



M

Oh oui tout à fait d'accord on se contactera et je serai vraiment heureuse de te rencontrer enfin en vrai !!! bisous et à bientôt .
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G


@ Mary : De même !



L

Je suis sûre que celui ci me plairait énormément, je le note immédiatement  Ta soeur ainée à fait plus fort que
la mienne, elle n'a "que" cinq enfants, cinq filles !! A part ça la famille ça peut être plus toxique que portante (dans le sens du soutien) et ça peut être lourd parfois... Je te fais de gros
bisous Géraldine
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G


@ L'or des chambres : Effectivement, et pas facile de faire avec ou de faire sans... De mon côté, c'est 3 filles et 6 gars



L

Tu parles très bien de ce beau roman !


Bien vu, la chanson de Ridan (tout son album d'ailleurs !) Pour ma part, j'ai surtout entendu Maxime Le Forestier avec "Né quelque part" et "Mon frère".


Bonne soirée.
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G


@ Lili Galipette : Merci. En te lisant, j'ai effectivement pensé à "mon frère", par contre, je n'avais pas pensé à "Né quelque part", qui correspond très bien à ce livre comme tu le dis.



M

J'ai vérifié sur Google map. Figeac est à 153 km de St Amandin ( 2 h 15 de route )


Si tu as une voiture tu peux passer me rendre visite sinon je peux aller te voir .


ce serait SUPER !


 
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G


@ Mary : On pourrait tenter de se retrouver à mi route



A

Mais ? Comment as-tu su que c'était elle ?!
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G


@ Alex : PArce que je lis son blog pardit ? Et qu'elle en a parlé dessus et que j'ai été bien tentée !



M

Ce roman me tente, je me pose toujours beaucoup de questions sur la famille les liens qui nous unissent.Les amis parfois plus proches que des frères et soeurs. Quant à la vie à la campagne nous
l'avons choisie il y a 7 ans. Le Lot après la côte d'azur ! Si tu es dans le cantal ( de quel côté ? ) cet été on pourrait se voir . Nous serons voisines ! Bisous. 
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G


@ Mary : Je serai sur St Amandin ? Connais tu ? Est-ce proche de chez toi ?



A

Ça me plaît ça, l'idée de roman sur l'essentiel, de parallélisme entre deux mondes et époques. Si j'arrive à y voir plus clair dans ma PAL prochainement, pourquoi pas.
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G


@ AGFE : Roman sur l'essentiel, donc va droit à l'essentiel dans ta PAL puis files sur ce livre !



F

quelle chance tu as, en effet, de partir dans le Cantal tout juillet ...
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G


@ Fersenette : Pas tout juillet hélas, juste une semaine, mais cela me fera déjà du bien !



T

Je crois bien que j'vais le lire celui-là et tu en parles avec tant d'émotions!
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G


@ Tiphanie : Tu ne seras pas déçue !



D

Bon, je crois qu'il me faut ajouter ce titre à ma liste.


@Geraldine


en tous cas, il n'y avait aucune intention désobligeante dans mon post
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G


@ Droopyvert : J'ai bien compris qu'il n'y avait aucune intention désolbligeante, comme il n'y en avait pas dans ma réponse. Mais quand j'ai l'impression que mes billets sont mal interprêtés, je
corrige le tir !



L

ça a l'air très émouvant, maintenant c'est vrai que le sujet me parle peu, n'ayant ni frère ni soeur (en plus, j'ai vraiment un truc contre la Haute-Loire...)
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G


@ L'irrégulière : Le sujet peut parler à tout le monde, que l'on ait ou pas des frères et soeurs. Par contre, comme je te connais, je te le déconseille. Car il se déroule tellement dans un trou
paumé que, vu ton "amour" de la campagne, tu ferais une crise d'angoisse je pense !



S

Merci infiniment Géraldine pour ce très beau billet. Je suis vraiment heureuse que mon roman t'ait touchée... (et je vais surveiller mes verbes auxiliaires, promis !)
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G


@ Sophielit : Et encore, j'ai l'impression de m'être un peu retenue... Et oui, des membres de ma famille lisent mon blog, alors je ne voulais pas trop.... bref, tu comprends j'imagine !



M

Pas vraiment mon genre, mais on sent que ce roman t'a touchée.
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G


@ Manu : Oui, beaucoup. Cette histoire est très belle.



K

Comme je risque de rencontrer l'auteur à un salon (comme l'année dernière) je me tâte!!!
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G


@ Keisha : Il n'y a pas à se tâter m'enfin ! Il y a à prendre le livre dans la main et le ramener à la maison !



D

Bon, ça m'apprendra à faire des digressions !
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G


@ Droopuvert : ????



L

je ne connais ni la blogueuse, ni l'auteur !
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G


@ Lystig : La blogueuse, c'est Sophielit !



D

Merci Geraldine pour ce commentaire délicat et chaleureux, merci aussi pour ce tour sur ce si joli blog écrit à l'encre violette, comme à la communale...


Mais je ne crois pas que cette lecture patiente, lente, où l'on écoute le temps qui passe, soit pour moi, pas pour l'instant peut-être, j'aime trop que cela bouge, être surpris, séduit.


Cela dépend du moment, parfois j'ai besoin d'une mélodie triste et mélancolique, parfois c'est un rock endiablé qu'il me faut, tiens, comme "Geraldine" sur un 45t des années 60, je ne sais plus
pas quel groupe...


 
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G


@ Droopyvert : Attention, je n'ai pas dit que le livre était lent. Ma lecture s'est faite sans une minute d'ennui. ON guette, on observe, on écoute... c'est délicieux !