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Publié le 27 Septembre 2011

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Imaginez une telle soirée à deux pas de chez vous incontournables. Deux auteurs en un soir, en plus de auteurs qui figurent sur la liste du Goncourt, deux sacrément bonnes copines qui nous ont offert une soirée dynamique, drôle, pleine de bonne humeur, d'échange, de confidence, toujours sous le sceaux des livres et de l'amour de l'écriture.

Veronique Ovaldé qui publie son 7ème (?) roman, invite Carole Martinez, qui publie son 2 ème roman. Une soirée sous le signe de la complicité entre les deux femmes, qui a finalement laissé peu de place au conférencier... et je dirais tant mieux ! Du pur bonheur.... Extraits choisis (ceux que j'ai pu noter) pour vous !

 

 

Véronique Ovaldé face à la rentrée littéraire : "J'aime beaucoup ça en tant que lectrice... Que va t-til y avoir de nouveaux ?!!! Quand on en fait partie en tant qu'auteur, c'est excitant et compliqué... Si le roman tombe tout de suite au fond d'un trou, ce n'est pas très agréable. Puis avec le succès, il y a un enjeu et vient alors la pression des éditeurs, des gens...." Véronique Ovaldé travaille chez Albin Michel. A ce titre, elle s'occupe de Valentine Goby et de son roman Banquise qui attend aussi beaucoup d'elle.

" Tous les auteurs de la rentrée sont malheureux, il faut avoir le cuir épais. Ce n'est pas évident, mais c'est euphorisant".

 

Carole Martinez face à la rentrée littéraire : Pour Carole Martinez, c'est la première rentrée littéraire. Elle est ravie de ne pas avoir eu de rentrée littéraire pour Le coeur Cousu.

" Le coeur cousu est revenu comme un petit bouchon chez les libraires. Donc ce livre a eu une vie longue. Par transmission, d'une main à l'autre. Puis les invitations sont arrivées au fur et à mesure. Cette rentrée littéraire me laisse sur place, c'est incroyable."

Carole Martinez est très heureuse, ravie mais inquiète. Elle se demande où se trouve le mur. Elle navigue à vue.

 

 

Véronique Ovaldé face au Coeur Cousu : Véronique Ovaldé a été très enthousiaste suite à sa lecture du Coeur Cousu, livre qui lui fut conseillé par un ami libraire de Macon. "Un premier livre audacieux, flamboyant, un conte, qui n'est pas dans le naturalisme". Véronique Ovaldé a donc écrit à Carole Martinez. Pour Carole, ce fut le premier courrier d'un lecteur, un lecteur qui était aussi un auteur confirmé ! Imaginez vous ?!

 

Les deux auteurs se sont rencontrées lors d'une lecture croisée sur un salon puis ne se sont plus quittées.

"Nous partageons notre cuisine et notre angoisse d'écriture", même si, comme le fait remarquer Carole, Véronique écrit 2 fois plus vite !

 

 

 

Pour Véronique Ovaldé, "il ne faut pas trop penser à ses lecteurs et ce qu'ils ont aimé pendant l'écriture, pour ne pas être paralysée par leur attente par rapport à ce qui leur a plu dans le précédent roman."..." Avec Carole, on aime toutes les deux raconter de grandes histoires de libertés et d'émancipation."

 

Ce à quoi Carole répond : Tu ouvres la cage à tes personnages alors que j'encage mon personnage"

 

 

Pour Carole Martinez : "on a besoin d'une certaine distance pour parler de nos profondeurs. C'est plus facile quand on s'éloigne dans le temps ou en inventant un paysage (le roman de C.MArtinez se déroule au Moyen Age)/

 

Véronique Ovaldé : "C'est difficile d'écrire sur sa famille, pour ne pas blesser".

Carole Martinez : "Et puis nos familles ne sont peut-être pas intéressantes !"

 

Carole Martinez : "J'adore les personnages féminins. J'adore développer des portraits de femmes. J'avais envie,dans mon nouveau roman, de parler d'une femme contemporaine... Et puis, au fil de l'écriture, Esclarmonde et l'an 1187 se sont imposés !

 

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Alors que le conférencier évoque "des livres de femmes"... Véronique Ovaldé parle d'une scène essentielle de son roman qui n'a rien de féminin... "La scène de la chasse au bison, une scène très dure. C'est le coeur du roman sur la filiation et le rejet de ce que l'on veut vous imposer, sur le ressort que l'on a pour s'affranchir.

Les gens qui n'ont pas l'air d'être ce qu'ils sont, qui ont une une brisure m'intéressent. C'est plus facile d'être libre à 20 ans qu'à 40. Je suis toujours étonnée par les gens qui changent de vie, par ce sursaut d'une petite révolution possible".

 

Carole Martinez : "Alors que mon  personnage choisis de s'enfermer pour s'affranchir, elle rencontre plein de monde, dont les pélerins qui viennent voir cette femme qui commence à avoir la réputation d'une sainte. Esclarmonde accède alors aux autres, à l'humain. Au fur et à mesure qu'elle grandit dans tous les sens du terme, sa cellule devient trop petite.".

Au passage, Carole nous apprend que, comme lui a appris son professeur d'ancien français, le mot "Grand mère" n'existe pas en ancien français. Car à l'époque, soit les femmes étaient stériles, soit elles mourraient en couche à leur Xème accouchement, soit elle décédaient de "leur belle mort" avant d'avoir eu le temps de devenir grand mère.

 

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Pour Véronique Ovaldé,  ce qui est très présent dans ces livres," c'est la nécessité de s'émanciper, de rompre, de partir. Ce qui l'intéresse, c'est le cheminement qui mènent par exemple d'un milieu social à un autre, d'un lieu à un autre, d'une vie à une autre. Mais aussi la nécessité de réconciliation, d'un certain retour aux racines pour continuer son chemin en toute liberté. "Ce qui compte, ce n'est pas l'idée de se réinstaller dans le lieu mais de choisir son départ et non la fuite. J'aime l'histoire de la nécessité de l'autre qui va vous aider à vous réconcilier avec ce que vous étiez ou à devenir ce que vous n'êtes pas. Soit en amitié, soit en amour. Rencontrer quelqu'un pour se libérer de quelque chose.".

 

 

Quelques journalistes ont déjà demandé à Carole Martinez si elle voudrait s'enfermer comme son personnage : "Je suis déjà emmurée. L'écriture, c'est ma fenestrelle à moi. L'écriture, c'est génial pour s'achapper. Quand j'étais gamine, je passais 6h par jour à révasser éveillée. Chose que je me suis interdite à 17 ans. Tout ce temps "perdu" m'a permis d'écrire mes romans. Le roman est une clé ! On a accès à plein de choses !

 

 

Ensuite, j'étais trop captivée par ce que se déroulait devant moi que j'ai cessé de prendre mes notes, pour profiter  100% de mon privilège d'être là... Mais j'ai retenu tout de même les manies d"écriture de nos deux auteures...

Pour Véronique Ovaldé, c'est de nuit, dans mon mini bureau alors que la maison est endormie, avec de l'eau très froide, une lampe qui n'éclaire que le bureau et laisse le reste dans l'obscurité et une bonne réserve de chocolat....

 

Pour Carole Martinez... "Une fois un chapitre fini, je dois appeler quelqu'un (ami, père, mère...) quelque soit l'heure. Pour lui lire à haute voix mon chapitre. L'autre n'a qu'à écouter et dire que c'est bien !"

 

 

J'étais déjà une lectrice acquise pour Carole Martinez et le discours de Véroniqe Ovaldé m'a beaucoup parlé. Inutile de vous dire que je suis partie de là avec deux romans sous le bras !

 

Merci à ces deux charmantes auteures pour cette soirée exceptionnelle !... Et merci à ma collègue Julie d'avoir accepté d'échanger de planning pour me permettre d'assister à cette conférence !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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Publié le 27 Novembre 2010

JE PRECISE QUE CE BILLET N'EST PAS UNE INTERVIEW DE L'AUTEUR MAIS LE COMPTE RENDU DE LA CONFERENCE QU'IL  A DONNE A RENNES

 

Jeudi soir, dans le cadre de la Rentrée Littéraire, Les Champs Libres (centre culturel de Rennes) recevait l'auteur Philippe Claudel.

Philippe Claudel est l'auteur des Âmes grises(prix Renaudot 2003, Grand prix littéraire des lectrices de Elle en 2004, consacré meilleur livre de l'année 2003 par le magazine Lire), traduit dans plus de trente pays, de La Petite Fille de Monsieur Linh (Stock, 2005), et du Rapport de Brodeck(prix Goncourt des lycéens 2007). Son premier film, réalisé en 2008, Il y a longtemps que je t'aimeavec Elsa Zylberstein et Kristin Scott Thomas, a reçu deux César. Il a également écrit deux pièces de théâtre : Parle-moi d'amour (créée fin 2008) et Le Paquet (créée en janvier 2010).

 

Le sujet de la conférence était "dans les rouages de l'entreprise", thème principal de son dernier livre "L'enquête", paru pour cette rentrée.

Le pitch du livre : Un homme va enquêter dans une entreprise sur une vague de suicides...

Un sujet très... contemporain...

La conférence a donc porté sur le livre...sur ce qui l'a inspiré : l'actualité sociale l'importance de notre travail...

J'ai pris des notes. Voilà, pelle mèle, ce que ça donne. Je n'ai pas pu tout noter, mais j'ai bu chaque parole du romancier qui a vraiment captivé son auditoire. Conférence passionnante !

 

 

 

 

Tout d'abord, Philippe Claudel se souvient du prix Goncourt des Lycéens qu'il a reçu ici même en 2007

" J'ai l'impression de toujours venir à Rennes ! Les prix des lecteurs sont ceux qui me font le plus plaisir."  Pour le Goncourt des Lycéens, c'est en plus un lectorat très jeune, connu de l'auteur puisque celui ci est enseignant à l'université et éprouve un intérêt  pour le lien avec la jeune génération et une fascination pour la transmission. "La seule limite du Goncourt des Lycéens est que la liste dépende de celle du Goncourt, qui n'est pas choisie par des lecteurs. Mais dans leur choix, les lycéens ont suivi les critères de l'émotion, de l'engagement, de la passion, en se fichant du nom de l'auteur. Il il a donc une grande honnêteté intellectuelle et du coeur autour de ce prix... La capacité d'analyse du livre, la plongée, l'inspection du livre Le rapport de Brodeck faite par les lycéens était épatante et nombre de critiques professionnels devraient s'en inspirer"

 

"Il y a des livres qui nous construisent en profondeurs et qui nous orientent comme une boussole".

 

" Les lecteurs n'influencent jamais ce que j'écris. Je n'écris pas en fonction de mon public, car ce serait plus de la paralysie que de vouloir satisfaire le public".

 

 

Passons maintenant à L'enquête : Pourquoi ce livre ???

 

"Le principe du suicide me frappe beaucoup. Quand cela arrive dans l'entourage, on reste stupéfié devant cet acte violent tant pour le suicidé que pour ceux qui restent. C'est un acte qui va à l'encontre de l'esprit de l'humanité. C'est aussi une façon de pointer du doigt les autres et de dire sans mots "vous n'avez pas été là...". Il y a aussi un jugement de la société, un souhait peut-être de créer un électrochoc."

 

Philippe Claudel est aussi intrigué par les suicides collectifs au Japon "organisés" sur internet. Comment le suicide, acte solitaire et de solitude extrême, peut-il donner lieu à des rendez vous pour passer à un tel acte ensemble. Est-ce pour ce donner du courage ? Dans l'espoir que quelqu'un vous empêchera de commettre ce geste irréparable ???

 

Enfin, l'actualité n'est pas étrangère à ce livre avec les suicides médiatisés chez France Telecom, chez Renault ou dans la police.

 

"Le travail représente un part prépondérante de notre existence et de notre identité, il est donc normal qu'il intéresse un auteur, même si le sujet n'est pas nouveau" (cf Zola, Hugo...)

 

 

 

L'enquête, le livre de l'intérieur...

 

Les fidèles lecteurs de Philippe Claudel trouveront une ressemblance avec ces oeuvres précédentes, dans cette façon qu'il y a de vite quitter la réalité.

 

Ce roman nous interroge sur notre fonctionnement social et économique avec des personnages nommés uniquement par leur fonction et décrits de la même façon, puisque dans notre société, c'est la fonction qui prône. "Inutile de décrire ces personnages, ils se ressemblent tous. "

 

Beaucoup d'ironie et de cauchemars absurdes dans ce livre déroutant où le lecteur est amené à rire jaune ou noir. "Ce n'est pas un rire moqueur mais libératoire".

 

L'entreprise possède toute la ville, c'est une entreprise envahissante qui a pénétré dans tous les lieux urbains où pénètre cet enquêteur...

 

" Je me confronte à un fonctionnement économique que je ne parviens plus à comprendre. Avant, ce n'était pas mieux mais...

Avant, le capitalisme avait un visage, c'était une famille, un patron. Le capitalisme était incarné.

L'actionnariat et la mondialisation sont passés par là. Maintenant, celui qui dirige l'entreprise n'est plus celui qui la possède, ce ne sont même plus des personnes physiques qui détiennent l'entreprise et cette puissance à de plus en plus d'emprise sur nous. C'est de plus en plus nébuleux et c'est un sujet d'angoisse de plus en plus fort pour moi".

 

"Il y a comme un allègement du fais grave, une volonté de ne pas savoir, de ne pas se sentir responsable dans les grandes entreprises"

 

Le personnage de l'enquêteur se demande qui est au dessus de lui, qui le fait agir, qui le manipule ainsi. Philippe Claudel avoue avoir été pervers avec son personnage, c'était aussi une façon de réfléchir sur ce qu'un romancier fait de ses personnages. Le plaisir de l'auteur était de raconté une histoire qui peut se lire comme un thriller, de faire ressentir cette peur, cette oppression, que le lecteur ait l'impression de devenir l'enquêteur.

 

"Je me suis inspiré du mythe du labyrinthe. C'est un homme perdu dans un labyrinthe, mais qui ne cherche pas forcément la sortie mais le Minotaure pour l'interroger, même si le Minotaure se dérobe, même si peut-être, il n'existe pas."

 

"De plus en plus de lieux se protègent et quand on y entre, on a l'impression de pénétrer dans un secret absolu. C'est le monde de l'hyperprotection ou l'élément extérieur est synonyme de danger".

 

L'hypersurveillance est aussi sujet d'angoisse pour Philippe Claudel. "Le traçage par téléphone portable, internet, GPS, cartes de crédit, caméra... On sait ce que je fais, où je suis... Ces instruments de communication seraient des éléments de surveillance épouvantable si notre démocratie venait à disparaître, même si à la base, tout part d'un bon sentiment."

 

" Dans l'histoire, le mal être a toujours abouti a des pics de violence, à des pics révolutionnaires dirigés vers les autres. Maintenant, le mal être n'est plus extériorisé, il est dirigé vers soit même, d'où l'augmentation des suicides... maintenant, on ne peut plus forcément identifier le pouvoir donc on ne peut plus diriger la violence vers l'autre par exemple dans l'entreprise.

 

"La grêve maintenant est trop codifiée et ne sert donc plus à rien. Elle donne juste une illusion d'exister, une illusion de contre pouvoir."

 

L'écriture de L'enquête fur un grand plaisir, celui de jouer avec les mots, de construire une histoire, de faire son travail, de "jouer" avec ce paradoxe, ce dédoublement d'écrire des choses très dur mais de prendre plaisir à le faire le mieux possible.

 

Philippe Claudel aime voyager dans différentes formes littéraires ( fantastiques, burlesques, anticipation, classique...) dans l'espoir de trouver la meilleure forme, sans être sûr d'y arriver. Il aime changer d'outil artistique (roman, théâtre, cinéma) pour exprimer ce qu'il a en lui. Il a la chance de pouvoir aborder différents arts (projet de travailler par exemple avec une chorégraphe sur un ballet)

 

"Le langage est un espace de liberté absolu. On ne peut pas légiférer le langage. Le langage est notre ami et notre traître."

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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Publié le 8 Mars 2010

Il y a quelques jours, j'ai assisté à une conférence sur le thème "le plagiat en littérature". Cette conférence était menée par la romancière Marie Darrieussecq qui présentait son essai  sur ce sujet " Rapport de Police" paru récemment chez POL. Cette conférence fut l'occasion d'un échange entre l'écrivain et Hélène Maurel-Indart, professeur de littérature, spécialiste des questions de plagiat et d'originalité en littérature.

Petite présentation de la conférence :

Accusée à deux reprises de plagiat - une première fois par Marie NDiaye en 1998 et plus récemment par Camille Laurens - Marie Darrieussecq a voulu

comprendre ce qui lui était arrivé et, bien sûr, se défendre de cette accusation renouvelée. Elle s'est donc penchée sur la notion de plagiat, sur l'histoire de ce concept à travers la littérature universelle. Elle s'est aperçue que nombre d'écrivains, et pas des moindres, ont eu à subir cette accusation. Elle retrace la longue histoire du plagiat, de ses conséquences, de son échos, de Platon au goulag jusqu'à des écrivains plus récents.









J'ai bien entendu été captivée par cette conférence, mais surtout épatée par l'érudition et la facilité d'élocution des deux intervenantes. Et j'accorde une mention spéciale à Marie Darrieussecq pour son naturel et sa simplicité.
En bonne élève, j'ai pris quelques notes que je vais tenter de vous organiser en compte rendu plus ou moins ordonné ! J'espère être juste dans la reprise de ces propos, dans certains seront entourés de  guillemets : dans ces cas là, il s'agira de phrase citées telles quelles par l'écrivain.

Tout d'abord, il faut comprendre que la littérature est la sublimation de la réalité.

Marie Darrieussecq a été accusée de plagiat psychologique lors de la sortie de son livre "Tom est mort", par Camille Laurens, auteure de "Philippe".

Plagier, c'est déposséder quelqu'un de quelque chose. Le plagiat psychologique correspond à un vol des sentiments, un vol de l'affect. Ce qui n'a aucune valeur juridique. Depuis quand les sentiments seraient des propriétés privées et exclusives ? Plagiat n'étant pas un terme juridique, il n'y a donc pas de débat juridique sur le sujet. (Le mot juridique est contrefaçon).

"Tom est mort" et "Philippe" traitent tous deux de la mort d'un enfant, de l'absence, de la culpabilité de la souffrance. Mais sous deux perspectives et deux visées différentes. Camille Laurence a perdu un enfant, ce qui n'est pas le cas de Marie Darrieussecq. Camille Laurens a, en quelques sortes aussi critiquer la légitimité qu'avait Marie à écrire sur ce sujet !!! Comme s'il fallait avoir vécu une événement pour en faire un roman...

Marie Darrieussecq a voulu se délivrer de l'accusation en écrivant cet essai. Car accuser un écrivain de plagiat, c'est l'assassiner symboliquement. Et là, nous arrivons dans la notion de "plagiomnie", accusation calomnieuse de plagiat. Marie a évoqué l'aspect thérapeutique qu'ont  été pour elles ces deux années d'écriture de son "Rapport de Police". Bien sûr être accusé de plagiat est aussi violent qu'être plagié. Il y a injustice des deux côtés.

Des auteurs comme Jules Vernes ou Zola ont aussi été poursuivis pour plagiat. Zola, par un de ses documentalistes concernant une scène de Nana. Alexandre Dumas, qui fut aussi accusé, déclara : "Un homme de génie ne vole pas, il conquiert" !

Marie Darrieussecq s'interroge : Comment écrire sans être sous influencé car on écrit à partir de nos lectures. En effet, le plagiat va de l'emprunt servile à l'emprunt créatif. Nos lectures nous influencent, nous ont formés, voire nous ont incités à écrire. Toute écriture est donc réécriture.
Pour être dans l'emprunt créatif, il faut transformer suffisamment pour s'intégrer dans une oeuvre créative. La question est effectivement de savoir où se situe la limite entre le servile et le créatif. Le plagiat servile se contentera de changer des mots, de mettre des synonymes.

" Le roman ne serait qu'un plagiat de l'autobiographie ? D'après Platon, le roman ne serait qu'une copie de récit de faits vécus."

"Si je ne l'ai pas vécu, c'est donc que je l'aurais copié".

Puis la romancière s'est longuement exprimée sur ce que représente l'écriture pour elle, sur sa façon d'écrire...
" Mon corps est structuré comme un langage, les mots sont devenus ma chaire et mon sang, comme un goutte à goutte qui descend par les mains ou le clavier." MD

"Écrire, c'est devenir poreuse au monde, devenir un autre, surtout quand j'écris à la première personne du singulier". MD

"J'oublie mon quotidien et mon corps physique quand  ça se met à écrire. Je deviens le personnage" MD

"Écrire, c'est aussi un métier, un savoir faire, mettre les mots juste là où il y avait le silence, ne pas croire à l'indicible" MD

" Je n'écris pas la vie, j'écris des livres, en espérant qu'ils soient des fenêtres, une exploration de nouveaux territoires" MD

" Écrire, c'est voir ce qu'il y a sous les clichés et l'idéal est que les phrases que l'on écrit deviennent de nouveaux clichés !" MD

Marie Darrieussecq s'est méfiée de la "folie enfermante de l'écriture". Aussi, elle a eu besoin de faire autre chose avec la langue et est devenue psychanalyste.




Cette "rencontre" avec l'écrivain Marie Darrieussecq fut dont très enrichissante. J'espère ne pas avoir mal interprêté ou reporté ses propos. Vint ensuite 'une séance de dédice. Vous devez commencer à me connaître... Oui, Marie Darrieussecq m'a confié son adresse E.mail et un accord de principe pour une cyber interview. Je m'en réjouis d'avance. Mais, mais... Il me faut d'abord découvrir l'auteure puisqu'en effet, je n'ai encore lu aucun de ses romans. Ce sera chose faite bientôt, puisque Truisme a intégré ma PAL il y a quelques mois et qu'il figure dans mon challenge ABC 2010 pour la lettre D. Lecture prévue, si je ne reçois aucun livre "urgent actu littéraire" d'ici là et si je me suis "sortie" de toutes mes lectures communes prévues, pour fin mars début avril.

Donc bientôt sur ce blog, une chronique de

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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Publié le 12 Décembre 2008

Le Goncourt des Lycéens est organisé par la Fnac et le Ministère de l’Education nationale, de l'enseignement supérieur et de la Recherche, avec l’accord de l’académie Goncourt.

Les rencontres Goncourt des lycéens de Rennes sont organisées avec le soutien de la Ville de Rennes, de la Drac Bretagne, du Rectorat de Rennes et du Conseil régional de Bretagne.

 

L’association Rennaise Bruit de Lire est mandatée par l’Education nationale pour mettre en oeuvre la coordination du Prix Goncourt des Lycéens.

Dans ce cadre, l’association organise, depuis 1991, les Rencontres Goncourt des lycéens de Rennes.


C'est dans ce cadre que j'ai pu assister hier, avec Midola à la soirée "Une présence dans la ville." Une grande soirée autour de la littérature : Edmonde Charles-Roux et Didier Decoin, membres de l'Académie Goncourt, Catherine Cusset,Prix Goncourt des Lycéens 2008, et Atiq Rahimi, Prix Goncourt 2008, parlent de leurs livres et de leur passion pour la littérature.Cette rencontre se tenait dans la salle de conférence des Champs Libres.

Mais tout d'abord, la petite histoire... Les conférences aux Champs Libres sont gratuites et en accès libre. Mais il faut réserver ses places, l'amphithéâtre n'étant pas non plus Bercy ! Et nous nous y sommes prises trop tard. "C'est complet" m'a t-on répondu lors de mon appel. Ô rage, ô désespoir !  Une relation me propose une place, puis se rétracte. Alors, n'ayant plus rien à perdre, j'ai écrit un mail dimanche, aux éditions P.O.L, à l'attention de Monsieur Atiq Rahimi, prix Gongourt 2008 ! Je ne sais si c'est lui ou le web master qui a pris connaissance de ce mail... Toujours est il que 3 jours plus tard, l'association Rennaise Bruit de Lire me proposait le sésame ! J'en profite pour remercier vivement tous ces intermédiaires, et notamment Jean- Paul Hirsh de P.O.L qui a transmis mon mail à qui de droit. La morale de l'histoire... ne pas hésiter parfois à s'adresser à Dieu plutôt qu'à... !!!


 La soirée, animée par un journaliste du monde me semble -t-il, s'est déroulée dans une atmosphère détendue, bon enfant. Deux lycéennes ayant participé au Goncourt des Lycéens étaient présentes sur le plateau, ont partagé leurs sentiments sur les oeuvres des lauréats présents, ont lu les 2 critiques littéraires qui ont gagné le concours de critiques organisé parallèlement au Goncourt des Lycéens.
Les académiciens Didier Decoin et Edmonde Charles-Roux sont intervenus à plusieurs reprises et toujours avec une sacrée dose d'humour pour Madame Charles Roux.

Catherine Cusset et Atiq Rahimi ont évoqué la genèse de leurs romans couronnés.
Et surtout, il a été question de langue ! En effet, Atiq Rahimi est afghan, vit en France et reçoit le Goncourt pour sa première oeuvre écrite en Français. Catherine Cusset est française et vit aux Etats-Unis. Son roman "Un brillant avenir" a d'abord été écrit en anglais !

Ensuite, pour clore cette soirée littéraire, une petite séance dédicace était incontournable... et a forcément allongé ma PAL !




 













  Atiq Rahimi, prix Goncourt avec "Syngué Sabour"       Catherine Cusset,  Goncourt des Lycéens, avec.....                                                                                                  " Un brillant avenir"

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Rédigé par Géraldine

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