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Publié le 5 Octobre 2012

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 Dans le cadre des Rencontres de la rentrée littéraire, la romancière américaine est venue à Rennes, aux Champs Libres, pour une conférence.

Le sujet de celle ci était plus tourné sur l'identité (Louise Erdrich est en effet amérindienne par sa mère). Son dernier roman, le jeu des ombres, a tout juste été évoqué mais cela n'a pas empêché cette conférence d'être très enrichissante !

 

 

 Le jeu des ombres

 

 

 

 

 

 

   

La mère de Louise Erdrich est une Ojibwa (famille des Chippewa), donc amérindienne, et son père est germano-américain. Louise Erdrich grandit dans le Dakota du Nord, où ses parents travaillaient au Bureau des Affaires Indiennes. Elle vit désormais dans le Minnesota avec ses filles et est la propriétaire d'une petite librairie indépendante appelée Birchbark Books, "birchbark" signifiant "écorce de bouleau" en anglais.

L'objectif de cette conférence était de distinguer comment la notion d'identité traverse son oeuvre sans réduire celle ci à cette seule notion.

 

 

Intervenante : Louise Erdrich, quelle a été votre vie, quel parcours avez vous suivi ?

L.E : Voulez vous que je commence à l'époque où j'étais bébé ?! C'est une longue histoire. Mais d'abord, merci à tous ceux qui sont venus ce soir. Ma mère est Obijwa et mon père est allemand. J'ai grandi entre une réserve et l'Allemagne. J'ai donc reçu 2 héritages. C'est douloureux mais aussi extrêmement enrichissant. Ma vie a vraiment été une culture mixte car jai aussi vécu dans une communauté germanophone.

 

 

Intervenante : Où se trouvent les Ojibwés ?

L.E : Les Ojibwés ont rencontré les Français au début de la colonisation, à l'époque où l'Homme commence d'Est en Ouest une longue migration. Puis la communauté s'est divisée entre le Canada et le Dakota du Nord, là où vit ma famille qui a des origines bien plus au Nord, au Canada. Les deux langues se sont rapprochées. Ma famille sont des gens qui ont fait du commerce avec des voyageurs français. A l'époque, souvent, pour progresser dans les affaires, pour des raisons de commerces, des Français épousaient des Amérindiennes, plus que l'inverse.

 

 

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 Intervenante : Comment avez vous intégré l'idée que vous étiez d'origine amérindienne ?

L.E : J'ai eu une mère très forte qui m'a appris les valeurs de la nation Ojibwé : bonté, générosité, mais surtout, se tenir debout. Elle était mon modèle. Mais j'étais aussi autodestructrice.

 

 

Intervenante : On dit souvent que la femme amérindienne est une femme forte, créative, matriarcale.... Est-ce un cliché ou y a-t-il un courage qu'ont mieux assumé les femmes ?

L.E : Le dicton dit : " Un peuple n'est jamais brisé tant que l'on a pas brisé le coeur de ses femmes". Je ne peux pas dire que les femmes soient plus fortes, car il y a aussi tant d'hommes forts. Mon grand-père a combattu de toutes ses forces aux Congrès de Washington DC pour qu'un traité qui reconnaissait certains droits aux Améridiens soit respecté par les deux parties. J'ai des exemples de sacrifices des deux côtés.

 

 

Intervenante : Avec l'éducation, est que le regard sur notre société change en consultant les anciens et en créant des oeuvres ? Quelles sont les valeurs de votre communauté que vous voudriez nous montrer ?

L.E : Vous voulez dire par rapport à la société blanche ? Comme vous le dites, l'une de nos plus grande valeur est la bonté. Chez nous, personne n'est jamais abandonné sur le bas côté de la route. Mais cela va plus loin dans un sens plus universel... Si l'on regarde loin derrière, les gens qui vivaient près de cet esprit dépendaient de la nature et ne la détruisaient pas. Il faudrait que le monde entier retrouve cette valeur avant que tout soit détruit. Notre place sur terre devrait être très humble. Même notre communauté a perdu cette valeur. Un dicton dit que la septième génération sera contrainte de revenir à cette valeur sinon la race humaine de disparaître. La terre se débarassera de nous.

 

 

  

 

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Intervenante :  La dépossession des biens et des terres amérindiens a été facilité par le nomadisme, puisqu'un peuple nomade n'a pas de titre de propriété, d'où la lutte territoriale. Votre travail d'écrivain est il traversé par un sentiment d'amertume ?

L.E : Pas d'amertume, mais de profonde injustice oui. Mon oeuvre témoigne aussi de mon énergie pour que ma communauté comprenne l'injustice qu'elle a subi. Mon objectif est de mettre la réalité humaine comme une langue universelle pour que nous puissions tous partager les erreurs.

Mon écriture est aussi un couteau sans lame et sans manche pour combattre le désespoir. Mais il y a aussi beaucoup d'humour ! Si je vous racontais nos réunions de famille ! C'est plein de rire et d'autodérision. C'est un rire culturel de liberté. On est loin de l'image de l'indien stoïque. Quand vous pouvez rire, il y a une culture de la liberté.

 

 

Intervenante : L'humour est il un outil littéraire ?

L.E : Je dois écrire du drôle sous peine de m'effondrer, même si c'est difficile. Sans le rire, la vérité ne serait pas là puisqu'il y a tant d'humour dans notre culture. J'en ai besoin et serais très triste si je ne faisais pas rire.

 

 

Intervenante : La vanité est elle très malvenue dans les communautés amérindiennes ?

L.E : Effectivement, les vaniteux sont les gens qui, à leur insu, deviennent les plus drôles, tout le monde se moque d'eux. Mais chez nous, cela remonte à loin, même dans nos contes ancestraux. Chez nous, le trickster (le corbeau, le renard...) est le "Nadabaju" (orthographe très incertaine, phonétique...) et il prend plein de formes différentes : une vache, un coyote, un corbeau, ou même une condition climatique comme le vent. Il est trop grand pour être contenu dans une seule forme car les gens qui se vantent puis qui s'effondrent regroupent toute la nature humaine. C'est aussi un grand éducateur et un soigneur qui apportent différents remèdes aux maux des hommes.

 

Intervenante : Vous retrouvez vous dans le label littéraire "realist magic" ?

L.E : Je n'en avais pas conscience quand j'ai commencé à écrire. J'écrivais juste la vérité. Au fil du temps, je me suis rendue compte que l'on me mettait cette étiquette qui remonte pour moi à Faulkner. La vérité que je pensais incroyable est l'Histoire qui s'est vraiment passée... même si parfois, la vérité est aussi magique.

Parfois j'écris, et par moment j'ai l'impression de traduire quelqu'un, le personnage en fait.

 

 

Intervenante : A l'époque où l'on est immergés sous les images, la littérature et la langue ne sont elles pas les moyens les plus vrais pour communiquer et échanger ?

L.E : Tout le monde dit que les romans sont mourants et pourtant, ils rejoingnent toujours les gens. La littérature me touche dans mon être. Ce sont l'écriture et la littérature qui sont venues me chercher. Un roman est un concentré d'énergie qui n'en nécessite pas. Nul besoin d'électricité ou autre... Un roman s'écrit et se lit partout...où l'on veut !

 

 

 

 

  Et je reprends ma collection de photos d'effets de mains !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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Publié le 6 Avril 2012

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C'était il y a quelques semaines à Rennes, toujours à l'Espace Ouest France et sous l'invitation de la Librairie Lefailler... Un invité de marque supplémentaire et non des moindres. Un immortel ! Monsieur Erik Orsenna, de l'académie Française.

Saviez vous qu'Orsenna est un pseudonyme,  tiré d'un roman de Julien Gracq : c'est le nom de la vieille ville du Rivage des Syrtes.

Le vrai nom de ce grand Monsieur est Arnoult. A une époque  il devient chercheur et enseignant, dans le domaine de la finance internationale et de l'économie du développement puis conseiller au ministère de la Coopération, en 1981 auprès de Jean-Pierre Cot, s'occupant des matières premières et des négociations multilatérales. Pas étonnant que ce romancier, académicien, se soit lancé dans une série d'essais "Petits précis de la mondialisation", qui évoque l'histoire, l'usage et l'avenir de certaines matières premières avec :

Voyage aux pays du coton, l'avenir de l'eau etc....

Ce jour là, Erik Orsennaprésentait son dernier né :

Sur la route du papier.

 

 

L'homme est d'un dynamisme rare, très volubile, éloquent, loquace. Un parfait orateur qui captive son publique, l'instruit tout en le divertissant et l'amusant beaucoup. Ce fut une conférence que je qualifierais "d'euphorisante". Alors, j'ai noté ce que j'ai pu, comme j'ai pu.... Extraits !

 

 

 

100_0336.JPGLe conférencier : Pourquoi vous intéresser aujourd'hui à la mondialisation du papier vous qui, justement écrivez sur papier ?

E.O : Bonjour ! Je suis ici à la maison (la Bretagne), alors tout va bien ! Je veux dire merci au papier, qui est mon plus vieux compagnon. La lecture puis l'écriture sont dans ma vie depuis mes 10 ans ! Je me suis dit que je ne savais pas vraiment ce qu'était le papier. J'ai découvert un support d'histoires, mais surtout une formidable histoire !

On ne prête pas attention à ce qu'il y a de plus proche de nous. Et le papier, plus je le connaissais, plus je l'aimais.

Grâce au succès imprévu de mon livre sur le coton, mon éditeur m'a dit : "tu vas où tu veux, je paie" ! J'ai donc cette chance immense de pouvoir prendre un temps infini pour aller où je veux, réveiller mes réseaux ), partager, préparer les voyages, rencontrer. Ce qui amène parfois des dialogues surréalistes au fin fond de l'Australie, du Brésil ou de Sumatra avec un Breton, car il y a des Bretons partout dans le monde, donc on a toujours un copain quelque part.

Ce qui est sûr, c'est que ce livre aurait été impossible sans internet ni Bretons !

 

 

 

 

 

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  Le conférencier : Il y a le papierd'hier et d'aujourd'hui qui apparaît en Chine. Pourquoi les chinois sont passés de la soie au papier pour l'écriture ?

E.O : Tout à commencé pour moi dans le Finistère. Je m'informe grâce aux deux avantages d'être académicien. 1/ Plus il y a de fauteuils libres, plus on est gentil avec vous. 2/ On a bien plus facilement des contacts avec les autres académies.

 

Erik Orsenna y rencontre Jean Pierre Grevet (ortho aléatoire!), grand spécialiste du papier chinois et qui vit près de Quimper.

La première leçon  de papier a donc lieu à Plogonnec. La relation entre la pâte à crêpes et la pâte à papier est très proche.Il suffit de rajouter de l'amidon à l'une pour obtenir l'autre !

Les plus vieux papiers ont été trouvé sur la route de la soie car on y trouve aussi les endroits les plus secs !

Erik Orsenna est donc parti faire la route de la soie avec Catherine Despeux (ortho incertaine aussi).

 

 

E.O : Les matières premières sont l'occasion de rencontrer des gens qui me parlent d'eux, des lieux, de leurs métiers.

A Samarcande, au 8ème siècle (dans l'actuel Ouzbékistan), les Arabes battent les Chinois et découvrent ainsi le papier. Le papierest très fragile donc se révèle très utile contre l'usage des faux (difficile de gratter, d'imiter des signatures...). Le papier est une surface travaillée qui peut accueillir des feuilles d'or... et donc la parole divine. Les Arabes vont y calligraphier le Coran.

De ce fait, les Chrétiens ne veulent pas utiliser le papier jusqu'en 1260 ou en fin, en Italie, via des moulins, l'Europe va enfin fabriquer du papier. Les moulins fabriquent la farine en été et le papier, farine de l'esprit, en hiver.

Le rôle du papier va plus loin qu'on ne l'imagine... Le 1er vol habité (en Montgolfière) doit beaucoup au papier.

 

 

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  Le papier a beau être très romantique à nos yeux, il a un impact économique énorme. La CA du papier est supérieur à celui de l'aéronautique.

 

Le conférencier : Quelle est la santé du papier aujourd'hui ?

E.O : La papier graphique décline plutôt face à l'émergence de l'électronique.

Par contre, l'usage de papier d'emballage, de kleenex, de papiers toilette explose.

Les containers qui repartent par mer vers la chine après avoir livré textiles ou autres ne voguent pas vides ; ils sont pleins de papierà recycler.

 

 

Erik Orsennaa été très amusé de rencontrer des fabricants de papiertoilette qui demandaient à leurs ingénieurs : "Pouvez vous objectiver la douceur ?". L'auteur s'est prêté de bonne grâce à quelques expérience d'objectivation !

Le papier a un côté très traditionnel mais en même temps, il y a de la haute technologie ce qui génère de l'espionnage industriel.

 

 

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  Le conférencier : Qu'en est il de l'écologie, de l'usage massif du bois pour la fabrication du papier ?

E.O : Il y a une bataille entre le Nord et le Sud. ll y a plus de forêt dans le Nord - froide - boréale- mais qui pousse moins vite que dans le Sud.

Dans le Nord, un pin va mettre 40 à 50 ans à grandir et donnera de longues fibres pour du papier solide.

Dans le Sud, un Eucalyptus poussera en 5 ans et donnera des fibres courtes pour du papier plus fragile.

Il y a une différence de rentabilité à l'hectare. Il y a des forêt très bien gérées et d'autres, comme à Sumatra, qui subissent de véritables massacres !

 

 

 

Le conférencier : Quelle est la position d'Erik Orsenna face au numérique ?

E.O : Si tout se passe en numérique, il n'y aura plus de manuscrit, ni différentes versions. J'écris sur papier et au crayon.

"Ce que nous allons apprendre vaudra-t-il ce que nous allons oublier ?" avec le livre numérique. C'est un nouveau monde qui commence et qui peut entraîner des disparitions. Le libraire doit être un lieu de conseil et de compagnie. Le vrai libraire est celui chez qui vous entrez pour un livre, et vous en repartez peut-être avec ce livre, mais sûrement beaucoup d'autres. La librairie, c'est la tentation. Vous allez dans un sujet et une autre porte s'ouvre etc....

 

 

Et bien moi j'en conclus que les blogueuses que nous sommes sont donc souvent de bonnes libraires en puissance !!! 

 

Et maintenant, le moment tant attendu, mes effets de mains d'auteurs et j'avoue qu'avez Erik Orsenna, j'ai été très gâtée, ma collection s'agrandit bien au point que je ne peux choisir et vous les mets toutes les photos qui entrent dans cette dite collection.  

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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Publié le 28 Janvier 2012

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C'était il n'y a pas très longtemps, le 18 janvier....4 ans jour pour jour après mon AVC que Yasmina Khadra est venu à Rennes. De ce fait, je ne me suis aperçu que le lendemain que j'avais oublié ce "triste anniversaire", que j'étais peu être enfin en train de passer à autre chose, en tout cas de plus en plus...

Cette fois ci, le directeur de la librairie Le failler m'avait prévenu sacrément à l'avance de la venue de cette éminence littéraire.... Alors, j'ai eu bien le temps de m'y préparer. En décembre, je lisais "L'écrivain" et en janvier, j'empruntais à la bib "L'équation africaine", dernier roman de l'auteur et sujet de cette conférence.

Sinon, de Yasmina Khadra, j'avais été bouleversé comme rarement avec le célèbre L'Attentat, dont personne ne sort indemne...

 

De Yasmina Khadra; on peut aussi lire, dans l'ordre ou le désordre : Ce que le jour doit à la nuit, les sirènes de Bagdad, l'imposture des mots, Les hirondelles de Kaboul, La part du mort, Cousine K....

Yasmina Khadra est traduit dans 41 pays...

 

 

Allez, je vous emmène avec moi au premier rang de cette conférence passionnante, d'un auteur talentueux doublé d'un grand homme, un humaniste comme on n'en fait pas assez !

 Comme d'habitude, ce petit compte rendu n'est pas exhaustif, puisque je ne suis ni secrétaire ni sténo dactylo !

 

 

 

 

Le conférencier  a demandé à Yasmina Khadra si, pour l'Equation Africaine (qui traite de la prise d'otage en Afrique), s'il s'était inspiré de la télé et de l'actualité...

Y.K : Si l'on se fie à la télé, on ne sort pas de l'auberge. Ce que l'on voit nous hante dans notre subconcient, mais cela ne livre pas le secret.

Par contre, j'ai été profondément choqué par les multiples suicides chez France Télécom, pendant que ma soeur luttait pour sa vie contre un cancer. La question, la vision de la mort m'a interpelé, tant en Afrique qu'en Occident. En Afrique, il y a une philosophie de la vie que je n'ai pas retrouvé dans le personnage de Kurt (le personnage principal de l'Equation Africaine). Kurt avait toutes les possibilités en mains alors qu'en Afrique, on a parfois même pas le droit d'avoir du talent...100_0260.JPG Le personnage de Kurt s'enferme dans sa bulle, comme le poisson dans son bocal qui ne se sent pas concerné par l'océan.

 

Le conférencier : Pourquoi avoir fait de votre personnage principal un allemand ?

Y.K  : Pour moi, l'allemand est celui qui connait le moins l'Afrique en Europe. Les allemands ont vécu la colonisation de façon superficielle. Certains allemands ne savent même pas qu'ils ont eu deux colonies en Afrique. J'ai donc choisi cette virginité devant le sujet.

 

 

Puis il fut sujet des pirates, responsable de l'enlèvement de Kurt et de son compagnon...

Y.K"Les pirates  sont des jeunes de la corne de l'Afrique, des pêcheurs, des tailleurs.... livrés à eux mêmes... Ils sont interpellés par la piraterie dans ce lieu du monde  où il ne se passe jamais rien et où les histoires d'otages et de pirates deviennent comme des feuilletons TV.... Et puis, ils s'y essaient....

 

Au départ, les enlèvements étaient liés au terrorisme. Mais comme des gouvernements ont payés, n'importe qui devient pirates. On n'est plus dans l'idéologie, on est purement dans l'atmosphère crapuleuse...

 

Le conférencier évoqua Joma, l'un des pirates... Je tais ici ce qui a été dit sur lui, car pour moi, cela tient du spoiler tant une révélation à mi roman a eu pour moi l'effet d'u coup de théâtre, m'a fait voir le roman complètement différement (voir mon billet sur le roman pour cela)

 

 

Le conférencier : on se rend compte que même dans un bourreau, il reste un peu d'humanité...

Y.K : N'importe quel bourreau garde toujours son humanité. On devient juste l'instrument d'une impulsion. On reste conscient mais emporté par une tempête, comme un grain de sable. On vit alors comme dans un autisme qui nous fait oublier ce que nous avons commis.

 

 

Le co100_0271.JPGnférencier : L'un des grands sujets du livre est aussi le choc des cultures...

Y.K : Ce que nous sommes aujourd'hui, nous le devons à la rencontre de toutes les civilisations. Nous sommes une syntèse, il n'y a donc pas de choc de civilisations, mais il y a bien un choc des cultures. Nos différences sont une maturité pour nous enrichir. Mon personnage Kurt est dans ce que la télé lui a imposé et il n'est pas dans la caricature.Le personnage de Bruno de Bordeaux existe réellement.

 

 

moi : L'histoire et la rencontre de Bruno et Yasmina Khadra est un peu longue à raconter. Mais à une époque, au Mali, Yasmina Khadra était membre d'une association de "médiateurs" qui aidaient dans la gestion des conflits dans des régions comme le Mali, en cas d'enlèvements entre autre. C'est là que yasmina Khadra a découvert qu'il y avait de la soutraitance dans les otages, que les otages étaient source d'un véritable commerce. (ce sont là mes mots, de ce que j'ai retenu de ce moment de la conférence, sans pouvoir le noter sur le moment avec précision)

 

 Une tite photo prise par moi, dans le Sud du pays de

Yasmina Khadra.... un lieu unique au monde, un lever de soleil

innoubliable.

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Y.K ; quand je vais en Afrique, je m'instuis tous les jours en écoutant le berger, le griot, je suis un buvard.

 

 

 

Le conférencier : Vous êtes vous approché de conditions humaines similaire pour écrire ce livre ?

Y.K : Non, je vis dans mes livres et dans mes personnages qui l'inspirent plus que le monde. Je m'efface devant mes personnages, je deviens leur nègre.

j'ai écrit un téléfilm pour la TV algérienne, un téléfilm intégralement payé par cette TV algérienne qui finalement est censuré par cette même chaine. Nous sommes saoules de mensonges.

 

 

Le conférencier : Les 50 ans de de l'indépendance de l'Algérie approchent. Allez vous participer aux événements ?

Y.K . Non, je vais éviter les événements autour de ça. Nul n'est prophète en son pays. Depuis 15 ans, il y a toujours une suspicion autour de moi. Mes pires énemis dans le monde sont les intellectuels Algériens. Par frustration ? Par implication dans les rouages politiques ????

 Alors, j'écris pour mes lecteurs. C'est l'auteur qui fait le livre mais les lecteurs qui font l'écrivain.

 

Il a été question aussi de l'islamisation "qui a le vent en poupe. C'est une gangrenne a qui tout réussi en ce moment, même les élections...." 

 

Avec l'Equation Africaine, Yasmina Khadra poursuit sa trilogie sur "le Grand Malentendu". Question de moi...

Vous allez continuer à écrire jusqu'à ce que ce malentendu soit dissipé ? Mais combien de tomes seront nécessaires alors ?

Y.K : Le malentendu est hélas vital maintenant par paresse intellectuelle devant la télé. Quand il n'y a pas d'ennemi, il faut en inventer un. Il y aura un malentendu tant que l'homme ne saura pas comprendre par lui même.

 

 

 

Le conférencier : Comment êtes vous venus à l'écriture ?

Y.K : Par effraction ! Non, je suis né pour écrire ! L'armée n'a fait que consolider cette vocation ! L'armée est aux antipodes de l'univers de l'écriture. Dans l'armée, on a une tête pour 2 raisons : pour porter un casque  ou pour se la faire couper... L'écriture n'était pas mon refuge mais mon royaume...

 

 

Et maintenant, passons à mes fameuses photos de ma non moins fameuse collections de photos "effets de main d'auteurs". Comme j'ai raté la plupart de mes photos ce soir là, je n'ai que l'embarras du choix qui se porte donc sur ces trois ci :

 

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Et ma PAL, que dit elle ?  Bienvenue à

 

       

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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Publié le 16 Janvier 2012

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  C'est à croire que Rennes devient The place to be !

C'est vrai nous avons été tellement gâtés ces derniers temps par les visites de nombreux auteurs. Cette fois ci, c'est Didier Van Cauwelart qui a répondu "présent" à l'invitation de la Libriairie Le Failler. C'était il y a un petit moment déjà, le 7 décembre ! L'occasion pour l'auteur d'évoquer son 26ème roman publié  : Le journal intime d'un arbre.

 

Pour mémoire, Didier Van Cauwelaert a écrit, entre autre :

Le père adopté

L'évangile selon Jimmy

L'éducation d'une fée

La maison des lumières

Cheyenne

Aller simple (prix Goncourt 1994)

Rencontre sous X

Attirances

Les témoins de la mariée.

Etc. Etc...

 

  

 

Voici donc mon petit compte rendu de cette rencontre menée par un journaliste pêchu et un auteur charismatique, dynamique et souriant !

 

 

  Le journaliste : A t-on toujours le même plaisir à écrire quand on a publié déjà 25 livres ?

DVC : Oui ! Sinon, je ferais autre chose. Ecrire, c'est ma respiration. C'est le résultat de mon insatisfaction de la réalité qui me pousse à vouloir modifier le réel. Mais chaque livre est une nouvelle aventure. On ne sait jamais d'où viendra la jubilation ou le doute. On ne sait jamais si on va aller jusqu'au bout. Et, même si j'ai un plan, je vais souvent plus loin.

 

 

 

Le journaliste : D'où vous est venue l'idée de faire de d'un poirier de 300 ans, tout juste déraciné, le narrateur de votre nouveau roman ?

DVC : Cet arbre existait vraiment. Ce livre est venu d'un manque, c'est un arbre qui faisait partie de ma vie depuis 25 ans. Mon privilège de romancier a été de pouvoir redonner vie à un arbre planté sous Louis XV et à tout ce qu'il a vécu.... depuis la venue de soldats jusqu'à la présence d'amoureux.

 

 

Le journaliste : Ce livre est une formidable déclaration d'amour. Il paraîtrait que vous auriez fait une dépression végétale ?

DVC : Oui, même si cela fait sourire. On est nombreux à avoir des histoires avec des arbres : amour, famille, guérison... Cela a correspondu avec le moment de "la peine du livre", le moment où je vais plonger dans l'écriture. Quelque chose en moi réclame suite à une insatisfaction. C'est simple et magique à chaque fois. Le romancier a la chance de pouvoir faire quelque chose de sa dépression. Mais ce livre est aussi une déclaration d'amour d'un arbre aux humains, avec lucidité, indulgence et intelligence.

Je me suis donc mis dans l'écorce de l'arbre. Quand j'enlace un arbre, je me mets sur son mode vibratoire, je reçois des petits picotements différents suivant la forme et l'âge de l'arbre.

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Le journaliste : Ce livre est aussi une porte ouverte sur l'Histoire et sur des personnages. La lecture est fluide, l'écriture semble avoir été si simple...

DVC : Plus cela paraît simple, plus c'est difficile en fait ! La facilité n'est pas naturelle pour un auteur. C'est comme pour un cuisinier, on affine, on dégraisse... J'écris à voix haute pour avoir le retour son du livre. Le bonheur de l'écriture ne tomble pas du ciel, il se travaille. J'ai du me "déshumaniser" pour entrer dans l'écorce d'un arbre, car un  arbre n'a pas la même échelle temps que l'humain et il sait faire des choses que nous ne savons pas faire. Un arbre attaqué par des chenilles va par exemple prévenir les autres. Il peut aussi fabriquer l'équivalent d'une pillule contraceptive contre les punaises. Ainsi, il les stérylise et se protège. L'arbre fonctionne ainsi ; réception / traitement / analyse / action.

 

Je traite de la même manière ce qui est totale invention de ma part et la réalité. Car parfois, la réalité dépasse l'imagination et d'autres fois, c'est l'imagination qui paraît inimaginable !

J'ai eu beaucoup de mal à sortir de ce livre, à redevenir humain, à me réinsérer dans la condition humaine, dans le virtuel, dans la course effrenée de l'homme, dans la sinistrose

 

 

Le journaliste : Entrer dans l'écorce de l'arbre a-t-il représenter une certaine liberté d'écriture pour l'auteur que vous êtes ?

000 0059 DVC : Oui, on échappe à une grille habituelle de perception, de compréhension. C'est comme si ce livre parlait à travers moi. Mon arbre n'a pas la connaissance de son origine car il a été replanté. Ce livre est aussi la psychanalyse d'un arbre déraciné, allongé comme un patient chez le psy. Je n'avais pas pensé à cela, c'est un journaliste qui me l'a fait remarqué. J'apprends des choses en écoutant mes lecteurs !

 

 

 

Le journaliste : Est-ce un livre écologiste ?

DVC ; C'est un livre humaniste qui raconte l'homme et bien sûr écologiste car on prend conscience de l'importance de la vie d'un arbre. Il faut laisser aux arbres le temps de s'habituer à ses nouveaux ennemis, l'arbre s'adaptera. La nature est une maison qui vit et qui donne vie. (Le terme écologie vient du grecoikos et logos : c'est la science de la maison)

 

 

Question du public : Combien de temps avez vous mis pour écrire ce livre ?

DVC : Ce livre représente un an d'écriture précédé de  5 ans de réflexions, de notes... J'écris dès le début, histoire de voir si le projet est viable, si je m'en sors en quelque sorte, pour voir s'il y a du répondant et matière à poursuivre. J'invente, et je vérifie après.

J'ai toujours terminé un livre, sauf le premier, que j'ai écris à 8 ans et que j'ai abandonné à la 15ème page. je n'ai pas tout publié. Il reste un roman dans mes tiroirs, mais un roman qui ne me satisfait pas. Il y a un sourire en moi qui est le moteur de tout le reste !

 

 

 

  Et les deux photos incontournables pour compléter ma collection de mains et d'effets de mains d'auteurs !

 

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  Bien sûr, ma PAL s'est enrichie de :

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Décembre 2011

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Vraiment, j'adore les auteurs, ils me fascinent, je pourrais les écouter pendant des heures en plus de les lire !

Je suis comblée, depuis quelques temps, j'ai pu assister à pas mal de rencontre/conférence/dédicace d'auteurs que j'apprécie ou que j'apprends à connaître, en jonglant entre deux villes : Rennes et Bordeaux.

Le 30 novembre, Eric Emmanuel Schmitt nous faisait le plaisir de venir dans notre capitale bretonne, honorant l'invitation de la librairie Le Failler.

 

 

Si vous ne connaissez pas Eric Emmanuel Schmitt (est-ce possible ), sachez qu'en quelques années, il est devenu un des auteurs francophones les plus lus et représenter dans le monde. Dans la bibliographie ci dessous, non exhaustive (et de loin:!) on trouve

 

- la secte des égoïste

- l'évangile selon Pilate

- Oscar et la dame rose

- le sumo qui ne pouvait pas grossir

- la part de l'autre

- la tectonique des sentiments

- l'enfant de Noé...... de nombreuses pièces de théâtre

Et le tout récent "La femme au miroir", sujet de cette conférence.

Résumé du livre : Anne vit à Brugesau temps de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale du début du siècle, Anny Lee à Los Angeles de nos jours. Trois destins, trois aventures singulières, trois femmes infiniment proches tant elles se ressemblent par leur sentiment de différence et leur volonté d'échapper à l'image d'elles-mêmes que leur tend le miroir de leur époque.

Voilà le personnage situé. Maintenant, voici le compte rendu de mes petites notes !

 

 

 

 

 

Le conférencier : Qui êtes vous E.E. Schmitt, comment vous présenter ?

EES : Je suis un raconteur d'histoires dans des romans, au théâtre, sur scène, sur écran...

Lors d'une dépression, j'ai été sauvé par Mozart (d'où l'écriture du livre "Ma vie avec Mozart"). J'essaie de mettre la musique là où elle est dans nos vies, donc pas dans un musée, là où elle est capable de nous toucher, quand elle nous aide à vivre, quand elle nous émeut. Mozart m'aide à être plus intelligent, à aimer la vie même quand elle est dure. Être heureux, ce n'est pas se protéger du malheur mais savoir l'accepter.

 

 

Le conférencier : Dans votre carrière, y a-t-il un avant et un après "Oscar et la dame rose" ?

EES : Oui. J'avais trouvé le ton que je voulais pour ce livre en écrivant Ibrahim et les fleurs du coran. Oscar et la dame rose, c'est le livre qui m'a rendu populaire. Ce sont les lecteurs qui font les auteurs. Je ne savais pas que ce livre pouvait être particulièrement utile, je l'ai découvert après, lorsque j'ai rencontrer des infirmières, des malades, des parents de malade qui me disaient lire ce roman ou le conseiller, tant la vision de la courte vie y est décrite avec une relative douceur.

 

 

Le conférencier : Dans la femme au miroir, les sujets sont multiples. On y trouve l'identité, l'amour, la femme...

EES : Oui, pour moi, c'était un peu comme l'étude de la condition humaine à travers la condition féminine. Pour un homme, c'est passionnant. Pendant l'écriture, j'avais un autre corps, je n'avais jamais eu autant de corps !!!

L'homme peut plus facilement vivre dans l'oubli de son corps (jusqu'à la cinquantaine, après le corps vous rattrape tout de même !). C'est ce qui fait aussi souvent sa bêtise, ses ivresses et lui donne son esprit conquérant !

Si la nature est aussi généreuse avec les femmes, la société est assez avare.

 

L'un de mes personnages se marie dans un calcul désespéré. Elle n'arrive pas à quitter l'enfance, à se sexuer, elle se sent déguisée quand elle s'habille le matin, elle se sent toujours moins femme que les autres. Elle ne se sent pas en adéquation à ce qu'elle doit faire, au rôle que la société lui donne. Elle a même honte de sa souffrance, elle qui a officiellement tout pour être heureuse...

 

Mes 3 personnages vivent tous dans un environnement oppressant. Les femmes sont plus oppressées que les hommes car le dictât de la société pèse sur toutes les parties de sa vie, jusqu'à son corps.

 

 

100_0242.JPGEric Emmanuel Schmitt est fasciné par ce moment où les femmes se regardent dans le miroir, où elles essayent en fait de voir ce que les autres voient, ou alors juste un détail. Ce moment d'intimité est un fait un moment de souffrance, car si des dieux sortaient du miroir, ils diraient : "tu n'es pas dans la conformité". 

Les 3 femmes du roman vont savoir briser le miroir, vivre leur propre vie et non le destin que les autres ont décidé pour elles. Les 2 héroïnes les plus modernes sont aussi les plus coincées dans les miroirs, surtout la comédienne qui, par la gloire, appartient aux autres. Mais les 3 femmes vont devenir rebelles malgré elles, malgré les obstacles.

 

 

EES : Chaque siècle propose des clés aux individus  pour se comprendre, des clés différentes à chaque fois. A l'époque d'Anne de Bruge, c'est la religion. Pour Hanna, à Viennes au 19è et 20è siècle, c'est la psychologie, les romans psycho quand la psychologie de l'inconscient arrive avec Freud. Aujourd'hui, au 21ème siècle, c'est l'âge chimique. On se débarrasse de la souffrance avec des pilules ou on en retrouve d'autres avec la drogue, qui conduit à une autre camisole chimique pour se libérer, se désintoxiquer de la première.

Ce sont souvent des systèmes d'explication unique et les systèmes d'explication unique tuent.

 

 

Le conférencier : La culpabilité est très présente dans ce roman...

EES : c'est le point commun de 3 siècles de culture judéo chrétienne, la pression sur la repentance.

 

 

Le conférencier : C'est un livre féministe ? (question et message personnel pour Viviane !!!)

EES : oui. Mais qu'est-ce qu'être féministe ? C'est vouloir l'égalité entre l'homme et la femme. C'est une évidence psychologique mais pas encore citoyenne. j'espère qu'un jour, cette cause pourra disparaitre.

 

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Le conférencier : D'où vous est venue l'idée de ce livre ?

EES : J'ai eu l'idée de la 1ère et de la 3ème femme il y a 14 ans... Mais c'était un piège car avec seulement 2 personnage, le livre aurait eu un aspect trop manichéen. La solution était dans un 3ème personnage, donc ma 2ème héroïne, pour qu'il y ait un jeu de miroir et pour retirer le risque manichéen.

 

A propos d'autres livres...

EES : Je cherche toujours l'universel, même dans mes rapports aux religions. Je m'intéresse à la culture de l'autre en cherchant les portes d'accès, donc les points communs avec ma culture. Même sous les différences, je cherche l'universel, sans doute parce que je suis philosophe et français ! Il faut consentir au mystère, à l'ignorance. Je n'aime pas quand on retire les peut-être.

 

 

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Moi, au micro : Que seriez vous devenu si vous aviez été une femme, auriez vous été écrivain ?

EES : Alors là, je ne sais pas. Je dirais que je n'aurais pas été moi et que de toute façon, je suis un homme et ne peut rien y changer. Ce que je serais devenu, je n'en sais rien du tout. Mais comme je suis un homme, je suis sans doute devenu créateur par défaut de pouvoir donner physiquement la vie. Oui, il y a une intense frustration dans ma créativité, d'où ce désir de rajouter des êtres aux êtres.

 

 

 

Passons maintenant à ma collection de photos "Effets de mains d'auteurs". J'ai tellement de photos ratées que je n'ai que l'embarras du choix.... Sauf qu'une photo ratée est rarement à l'avantage du photographié. Alors, je vais me censurer, voire recadrer complètement !!!!

 

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Et bien sûr, ma PAL s'est enrichi de :

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Novembre 2011

100 0219C'était il y a quelques jours à Rennes, dans le Salon Ouest France et à l'initiative de la librairie Le Failler: la rencontre / dédicace avec l'auteur Américain Douglas Kennedy.

Depuis quelques années, cet écrivain a la particularité de collectionner les best sellers dont certains sont adaptés au cinéma.  Douglas Kennedy est surtout plus célèbre en Europe qu'aux USA.

 

Un petite liste non exhaustive : Piège nuptial (ex cul de sac), Une relation dangereuse, la femme du Vème, l'homme qui voulait vivre sa vie, quitter le monde, derrière les pyramides....

 

Douglas Kennedy nous a présenté son dernier roman "Cet instant là".  À la fois drame psychologique, roman d’idées, roman d’espionnage mais surtout histoire d’amour aussi tragique que passionnée.

 

Douglas Kennedy vit un peu à Londres, un peu à Paris, un peu à Berlin. En tous cas, il parle français et c'est donc dans la langue de Molière qu'il s'est adressé à son public. Déjà, chapeau !

 

Voici le compte rendu de mes petites notes, sans doutes moins fourni qu'habituellement. Beaucoup de monde dans la salle, donc pas facile de se concentrer et de saisir quelques nuances d'accent !

Parfois il y a les questions, parfois non parce que les réponses ont largement dépassé l'ampleur des questions justement.

 

 

 

 

 

 

 

DK : En France, tous les écrivains sont importants.

Aux Etats Unis, tous les écrivains à succès sont importants.

En Angleterre, vous êtes écrivain, et alors ?!!!

Souvent, on me demande comment on devient Douglas Kennedy ? Je réponds que les carrières créatives sont des montagnes russes. Pour être Douglas Kennedy, il faut aimer la solitude, supporter la déception et le rejet et avoir 20 ans. Mon succès a été tardif : 41 ans, 16 ans après mes premiers écrits. Le succès est fragile, j'ai des doutes tous les jours.

 

De même, on m'interroge souvent sur la part d'autobiographie dans mes romans. Dans "Cet instant là", j'évoque un écrivain américain divorcé de 50 ans. Ce pourrait être moi. Ce n'est pas autobiographique même s'il y a beaucoup de choses personnelles. L'histoire est complètement inventée. Par exemple, je n'ai jamais assassiné mon ex femme avec une bouteille de vin  !

Le coup de foudre ? Au début, tout est magnifique, et puis après, selon mon expérience, les choses changent quand 2 camions de déménagement stationnent sur le même trottoir.. Tout change avec la vie quotidienne, surtout avec les enfants.

 

 

Le conférencier : le personnage principal du roman n'a pas voulu poser ses racines...

DK : Je suis un homme voyageur. La fuite est dans tous mes romans. C'est la fascination que la vie puisse être ailleurs. Le plus ironique, c'est que c'est comme cela qu'on se crée ses propres pièges.

 

Le conférencier : Le roman se situe là où était le mur de Berlin qui est omniprésent...

DK : J'ai voyagé à Berlin au début des années 80, pendant la Guerre Froide qui était très très froide, avant Gorbatchev. A l'époque, Berlin était noir et blanc, très gloque. C'était aussi un nid d'espions. En 2006, j'ai commencé à  vivre une semaine par mois à Berlin. L'idée de ce roman a commencé à naître, car on a tendance à déjà bien oublier cette époque. Alors, je me suis documenté, j'ai fait beaucoup de recherche sur la stasi etc...

Ce roman est construit comme une poupée russe, ou une boite chinoise. Il y a plusieurs histoires parallèles car c'est comme cela dans la vraie vie, il n'y a pas qu'une seule vérité.

Quand on écrit, on peut contrôler le destin des autres, des personnages. Dans la vie, c'est impossible car il y a le hasard. Cela me passionne l'idée qu'on vive dans une musique de hasard, que tout puisse basculer d'un moment  à l'autre. J'accepte l'idée que le tragique fasse partie de la vie, c'est le prix à payer. "Cet instant là" parle aussi de cela, de comment l'on vit après la tragédie.

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Mes romans sont très structurés. Mais au début, je n'ai aucune idée du récit. J'aime l'idée que l'on puisse écrire contre le cliché, par exemple écrire sur une droguée qui serait propre, organisée etc..

A l'époque de "La femme du Vème", on me demandait : "Mais comment avez vous fait pour découvrir et décrire aussi bien Paris : La réponse était " A pieds !"

 

Douglas Kennedy a étudié l'histoire à l'université. "L'Histoire me fascine, surtout les grands événements. C'est pour cela que je les utilise beaucoup dans mes livres."

 

"Même si l'on n'écrit pas sur l'Amérique, quand on est un écrivain américain, il y a toujours de l'Amérique sous le vernis de ce que l'on écrit. "

 

 

Le conférencier : Votre écriture est elle visuelle ?

DK : Oui, parce que j'écris des classiques, mais je reste en dehors du processus cinématographique.

Le cinéma, pour le romancier, c'est comme le casino. De temps en temps, on gagne et des fois, c'est risqué ! J'ai bien aimé l'adaptation française de "L'homme qui voulait vivre sa vie". J'ai assisté à une demi journée de tournage à Paris car ma fille voulait rencontrer Romain Duris !

Le film "La femme du Vème" qui va sortir prochainement sur les écrans est assez différent du roman.

 

 

Une question du public : Vous avez vécu 11 ans en Irlande, est-ce que l'Irlande est devenu votre pays ?

DK : Son pays, c'est comme sa famille, c'est sa dispute perpétuelle. L'Irlande n'est pas ma dispute !

 

 

Pour info, Douglas Kennedy écrit environ 2000 mots par jour. Mais cela dépend de "comment le roman glisse entre les mains du romancier !"

 

 

 

Et maintenant, pour compléter ma collection de photo "Mains et effet de mains d'auteurs"

 

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Enfin, j'avoue que cette fois ci, j'ai fait comme tout le monde (oh, l'excuse !!!), j'ai joué à la groupie !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 2 Novembre 2011

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Il y a quelques jours, à l'Espace Ouest France de Rennes, c'était rencontre avec Frédéric Beigbeder, à l'initiative de la librairie Le Failler.

Frédéric Beigbder est : auteur, éditeur, critique littéraire, chroniqueur radio, TV, presse écrite, animateur TV, dandy, people, (ex ?) noceur, trublion et (ex ?) provocateur. Il laisse rarement indifférent, on aime ou on déteste. Moi, j'aime.

 

Cette rencontre fut sous le signe de la détente. C'est un auteur détendu, souriant, accessible, drôle, volubile qui est apparu. Ce fut vraiment un chouette moment dans la lus pure tradition Beigbedienne, ponctué par les rires d'un public en délire. La salle débordait !!! Je me suis régalée !

 

 

D'ailleurs, en s'asseyant tout en regardant la salle, s'est exclamé :

"c'est cool, ce serait tellement flippant si la salle était vide !"

 

 

 

 

 

 

Voici donc mon compte rendu de cette rencontre qui, sous le signe de la bonne humeur, était pour l'auteur l'occasion de présenter son nouveau livre : "Premier bilan après l'apocalypse", dans lequel il dresse la liste de SES cent romans incontournables !

 

 

 

 

FB : Cela fait 20 ans, même un peu plus malheureusement, que j'écris. Mon premier roman est paru en 1990. Ce ne nous rajeunit pas.

 

Le journaliste : Votre oeuvre est un cri d'amour pour une centaine de livres...

FB : Qui suis-je ? Je ne suis qu'amour, je suis Jésus, je suis là pour toi, mon corps livré pour toi, complètement mégalo !

En fait, pour moi, ce livre est une reconnaissance de dette envers les écrivains qui m'ont formé et sans qui je n'écrirais pas. Comme en critique avec le "Je", je m'engage personnellement. C'est donc un livre profondément narcissique, égoïste et intime. C'est ainsi que je l'ai voulu ! "

 

 

Le journaliste : Quel est l'origine de l'idée de cette bibliothèque idéale ?

FB : Il y a dix ans, suite à un sondage, est paru la liste des 50 livres du siècle. Dix ans plus tard, j'ai voulu faire ma propre liste, plus personnelle, avec des livres peut-être moins essentiels. Même si cette fameuse première liste des 50 était bonne, ce n'était pas la mienne.

 

 

Le journaliste : Vivons nous la mort du livre ?

FB : J'en ai bien l'impression. J'espère me tromper dans mes propos paranoïaques. Je suis un passéiste, j'aime les choses très démodées, je suis passé dans le camps des anciens combattants, même si j'ai été un progressiste !

Croire que la littérature peut être dématérialisée en passant au livre numérique, (téléchargeable.... copiable....), c'est lui faire du mal, c'est faire disparaître notre histoire, notre humanité. Aux USA, les livres numériques représentent déjà 25% du marché. On prend le chemin de la musique, de la disparition d'une industrie. Regardez la taille minuscule du rayon disques à la Fnac... Je ne suis pas un prophète, mais je ne veux pas voir disparaître les librairies, les bibliothèques, les éditeurs, même si ces derniers sont insupportables !!!

Un certain nombre des livres de ma liste n'est déjà plus disponible sur papier.

 

 

Le journaliste : Comment s'est fait le choix des 100 titres ?

FB : Ce fut un casse tête très douloureux pour choisir. Je suis du signe de la vierge, et les vierges font beaucoup de listes ! On m'a reproché d'avoir mis des copains dans ma liste. Mais ce sont des gens que j'ai rencontrer d'abord comme auteur avant de devenir pote avec eux.

Mais trop d'auteurs sont absents de ma liste. D'ailleurs, j'aimerais déjà la modifier et j'envisage de devenir le guide Michelin de la littérature ! Avec une édition chaque année sur la nourriture spirituelle !

Il est urgent de dire que la littérature est d'abord un plaisir. On peut lire un auteur parce qu'on le trouve beau ! Ça peut être plus excitant de lire un auteur beau que de compter les pieds et les allitérations dans un autre livre.

Il y a beaucoup d'auteurs vivants dans ma liste. Car il faut défendre ceux qui travaillent aujourd'hui et présentent une littérature qui est parfois insolente. Les auteurs vivants, on peut les rencontrer, les aimer, les interroger, les détester, coucher avec, ce qui est impossible avec Sagan ou Colette !

 

 

Le journaliste : Etes vous plus amoureux des auteurs que des livres ?

FB : Je ne dissocie pas le livre de l'auteur.

 

 

Le journaliste : Vous êtes attirés par des auteurs qui ont des failures fortes, plutôt trash ? Est-ce une fascination ?

FB : " Les gens heureux me font chier" (citation de... Je ne sais plus, ça c'est moi, géraldine qui le dit !). j'ai un goût pour les gens à problème, les drogués, les alcooliques, les malades mentaux... On écrit mieux quand on va mal.

J'ai commencé à lire des auteurs comme Bukowski pour des mauvaises raisons, par ce qu'il y a là dedans de la désobéissance..

Maintenant, on est pas obligé de lire mon livre en entier !

 

 

Le journaliste : Vous transmettez le goût que vous avez des livres ?

FB : J'essaie d'agir par contagion, alors je n'y vais pas par le dos de la cuillère.


 

Le journaliste : Plus le livre est connu, plus vous êtes sobre... Comme avec Hemingway par exemple...

FB : Sobre avec Hemingway, pas évident vu tout ce qu'il a bu !

Mais par exemple, la place de San Antonio n'est pas un hasard. Sa place logique était la 69 ème !

Avec l'humour, on désacralise et on peut partager un goût pour un écrivain sérieux. Si cette approche ludique peut nous guérir de notre timidité envers les grands chefs d'oeuvre, ce serait bien. Les classiques, les chefs d'oeuvre, il faut les traiter comme s'ils étaient sortis hier matin !

 

 

Le journaliste : L'auteur est il toujours aussi libre qu'avant ?

FB : J'ai toujours eu des problèmes quand j'ai publié des livres : censure, licenciement, problèmes avec des proches...

Dans les années 60, la liberté croissait, maintenant, elle a tendance à diminuer. C'est en tous cas mon impression. On ne peut plus lire et vivre aussi librement qu'avant.

 

 

Le journaliste : Votre prochain roman ?

FB : J'ai tourné un film que je suis en train de monter (L'amour dure 3 ans, de son roman éponyme, sortie prévue en janvier NDLR). C'est une autre langue, c'est comme ci j'avais écrit en Japonnais. D'un seul coup, je n'étais plus seul, j'avais une équipe autour de moi ! Au niveau livre, pas la moindre idée pour l'instant. D'ailleurs, toute idée est la bienvenue !

 

 

Question du public : Préférez vous lire ou écrire ?

FB : Lire ! Je n'aime pas trop écrire ! Je suis tellement fainéant ! Je me mets à écrire quand j'en ai marre de lire les livres des autres ou quand je ne trouve pas le livre que je veux en me disant : "il faut encore que je fasse le boulot "!

 

 

Ma question : Combien de livres lisez vous par mois ou par an ?

FB : Je lis déjà un livre par semaine pour ma chronique au figaro par "obligation". j'ai le luxe d'être payé pour lire. Mais je dirais entre 80 et 100 livres par ans.

 

 

Je continue ici ma collection de photos "effets de mains d'auteurs"...

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Octobre 2011

100_0172.JPGIl y a quelques jours, alors que j'étais encore à Bordeaux, je suis retournée une nouvelle fois dans le salon de la Librairie Mollat. Cette fois ci, c'était pour écouter l'écrivain Emmanuel Carrère, venu présenter son dernier ouvrage intitulé "Limonov". A priori, le sujet de celui ci ne me tentait pas trop, mais l'auteur a une fois de plus été captivant alors pourquoi pas prévoir un emprunt en librairie :

 

 Extrait 4ème de  couv « Limonov n’est pas un personnage de fiction... Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement. C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».

 

 

La salle était bondée, j'ai eu la chance d'avoir une place assise et ainsi de pouvoir prendre des notes... Voici un aperçu du principal, de ce que je parviens à relire et à replacer dans le contexte avec assez d'assurance pour ne pas trahir les propos d'Emmanuel Carrère.

 

 

Qu'est-ce qui a conduit Emmanuel Carrère a écrire ce livre ?

EC " Lorsqu'on écrit sur des faits réels, on écrit sur des choses qui s'imposent, qui arrivent à vous. Parfois, c'est vous qui allez vers quelque chose ou quelqu'un qui ne vous a rien demandé. Ce livre est venu vers moi par circonstances accidentelles. Limonov a vécu environ 10 ans à Paris et j'ai eu l'occasion de le rencontrer à quelques reprises en tant que journaliste. Limonov est un écrivain baroudeur, c'est un peu un Jack London Russe"

 

http://enfinlivre.blog.lemonde.fr/files/2011/08/Edouard-Limonov1.jpg

Limonov a aujourd'hui 68 ans. Dans les années 90, horrifié par la chute du communisme, il est rentré en Russie pour créer le Parti National Bolchevique. Il est alors devenu "infréquentable". Dans les années 2000, Limonov a été emprisonné. En 2006, l'assassinat d'une opposante au régime pousse Emmanuel Carrère le journaliste à se rendre en Russie. Lors de son reportage, il découvre que dans le milieu des opposant, Limonov était en sainteté et ses milices considérées comme l'avenir du pays...

 

Emmanuel Carrère s'est dit ne rien comprendre au pays. Il est alors retourné en Russie 15 jours, afin d'effectuer un reportage sur Limonov lui même.

 

"Je suis rentrée intrigué par ce personnage. Je me suis dit que cela valait la peine de continuer, d'où l'existence de ce livre à présent. Je voulais que ce livre soit comme un roman d'aventure et aussi un livre d'histoire. Limonov était un très bon fil conducteur avec une trajectoire personnelle qui traverse 50 ans d'Histoire".

 

Limonov, c'est un tas de vies successives. Il a traversé 7 ou 8 univers à priori complètement différents, qui n'ont pas de raisons de communiquer. Un exemple fou : Emprisonné dans un camp de travail à régime dur, Limonov y a reconnu les WC d'un  hôtel de luxe qu'il avait fréquenté à New York, sanitaires dessinés par un certain Philippe Stark. A ce jour, Limonov n'est plus un écrivain, mais un homme politique qui voudrait redevenir Lénine.  C'est un peu tout cela qui m'a donné envie d'écrire ce livre.

 

 

Comment Emmanuel Carrère a t-il procédé pour rédiger ce livre ? http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/9/5/0/9782818014059.jpg

Il  s'est basé sur les livres de Limonov et son autobiographie qui comporte une dizaine de volumes. "J'ai pris partie de faire confiance en Limonov, sur la véracité de ses écrits, Limonov étant un auteur assez dépourvu d'imagination."

 

L'arrière plan historique a été l'objet de nombreuses lectures, rencontres, et s'est enrichi d'ancien et de nouveaux voyages. Puis il y a eu des recherches sur des points précis. Parfois, il y a eu des témoignages lorsque c'était possible, mais pas d'enquête systématique.

 

"Je voulais faire quelque chose d'accessible au lecteur pas forcément passionné par le sujet. Donc il m'a fallu concilier un travail de pédagogie et un travail de littérature. Je ne souhaitais pas de notes en bas de page par exemple."

 

"C'était un livre amusant à écrire mais avec tout de même de sérieuses difficultés, concernant les traits déplaisants du personnage, son fascisme. Ses années 90, qu'elles soient politiques ou guerrières, étaient difficile à avaler pour moi et ne pouvaient donc pas être traitées avec désinvolture. D'où l'arrêt de l'écriture de ce livre pendant un an..."


 

100 0163Quelle est la position d'Emmanuel Carrère et la présence de l'auteur dans ce livre ?

Dans ces 4 derniers ouvrages, Emmanuel Carrère est présent dans ses livres de façon assez naturelle. (excepté pour le Roman Russe). Il est important de préciser que depuis 10 ans, l'auteur a abandonné la forme romanesque pour choisir de décrire le réel. Pour l'instant, ce choix lui convient et, toujours pour l'instant, il n'a pas l'intention de revenir au roman).

Emmanuel Carrère juge important qu'il explique dans son livre la raison du choix du sujet et surtout, sa position et ses doutes face aux comportements de Limonov. La présence de l'auteur lui même dans son livre met les choses en perspective. "Pendant que Limonov faisait cela, qu'est-ce que je faisais, moi, qui suis plutôt un écrivain bourgeois, pas du tout du même bord que Limonov. Notre seul point commun est notre passion pour Alexandre Dumas que nous avons lus tous les deux dans notre jeunesse."

 

 

Emmanuel Carrère est il un écrivain engagé ?

"Je n'ai pas d'engagement politique direct dans mes livres et suis même à l'écart de toute vision politique, même si la politique prend une place importante dans l'histoire. Les livres posent des questions de valeurs politiques".

 

"Mon engagement qui va de soi est celui ci : Démocratie et droits de l'homme que l'on aimerait étendre partout. Pour Limonov, cela est de la fantaisie. Pour lui, la démocratie et les droits de l'homme relèvent du même système que le colonialisme catholique des siècles précédents. Pour moi, voir ces valeurs et notre monde à travers les lunettes d'un étranger était intéressant."

 

 

Comment Emmanuel Carrère définit son livre Limonov ?

"Un livre écrit avec plaisir car il n'y avait pas d'enjeu personnel, excepté que le fait que je réprouvais Limonov. Ce livre n'est ni un roman, ni un essai. C'est de la narration.

C'est un livre sur le problème universel : les valeurs que nous considérons et voulons comme universelles ne sont justement pas universelles."

 

 

Limonov a -t-il lu Limonov ?!

Oui, Limonov a lu le livre. Mais comme il est très orgueilleux, il garde une espèce de réserve. Mais il est tout de même content. De plus, ce livre remet les siens en lumière qui sont d'ailleurs réédités, notamment chez Albin Michel.

 

 

Limonov s'appelle t-t-il vraiment Limonov ?

Non, son vrai nom est Savenko. Limonov est donc un pseudonyme inspiré de...

Lemon en anglais, acidité

Et Limonka (orthographe hasardeuse de ma part) qui signifie en ??? : grenade (l'arme, pas le fruit ni l'île tropicale !)

 

 

Quand à moi... Il est des mains que l'on admire pour le pouvoir, leur savoir... Celle d'un chirurgien, d'une couturière, d'un boulanger, d'un peintre.... Et pour moi, il y a aussi les mains des écrivains, ces mains qui écrivent ces livres, mais pas que... Je réalise que les auteurs parlent aussi beaucoup avec leurs mains et qu'en photo, cela donne de drôles de résultats... Aussi, ai-je décidé de commencer une collection de photo de mains d'écrivain.

1ère photo :

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Octobre 2011

 

Je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien". (Socrate). Voici l'essentiel de la naissance de la philosophie, une recherche de la vérité.

 

 

Il y a quelques jours, je me "plaignais" d'avoir pris un coup de vieux devant mon peu d'enthousiasme face à un film américain ultra formaté.

Le 4 octobre, je faisais une cure de jouvence ! Et je récupérais mes 18 ans alors que, devant moi, Raphael Enthoven partait dans des démonstrations philosophiques avec une énergie et un enthousiasme captivants, fascinants. J'étais 20 ans en arrière, en cours de philo au lycée, avec certes, un côté charismatique non négligeable chez ce professeur du jour ! Et franchement, c'était jouissif. Finalement, la philo, ça rajeunit. C'est même je dirais un truc de jeunes capables encore d'une certaine gymnastique de l'esprit. Bon, manifestement, Raphael Enthoven a encore la jeunesse et un sacré entraînement.

 

 

 

Tout d'abord, qui est cet homme inconnu du grand public :

 

Raphaël Enthoven, né le 9 novembre 1975, est un professeur agrégé de philosophie (agreg obtenue en 1999) , sur Lyon, Caen et Paris 7, Science Po et polytechnique. Il est (ou été) aussi animateur de radio et de télévision (sur Arte), chroniqueur à l'Express, pour le magazine Philosophie et enfin, producteur de plusieurs émissions TV où l'esprit de conversation est mis en avant, "la conversation, premier de tous les arts' d'après le philosophe Alain.

 

Auprès du grand public, il est aussi l'ex de Justine Levy et de Carla, devenue première dame de France....

 

Raphael Enthoven a fait un rapide passage à la librairie Mollat de Bordeaux. J'y étais, j'ai écouté, j'ai oublié des choses, ai été dépassée par d'autres et en ai noté certaines. Le motif de cette conférence était la promotion d'un coffret de DVD reprenant certaines de ces émissions "Philosophie" sur Arté le dimanche à 13h30.

 

Voici donc un compte rendu ( que j'espère le plus fidèle possible) désordonné et de miettes de cette rencontre vitalisante :

 

R.E voulait faire de la télé pour démontrer qu'il était possible d'y faire de la philosophie en étant détaché de l'actualité et des impératifs télévisuels. Son émission ne bénéficie pas de montages savantsou de multiples prises. C'est dans une certaine improvisation que se déroule les tournages.

 

"Quand on fait de la télé, on parle aux yeux et le chemin est plus long. La télé est un outil formidable mais mal employé, car on a oublié que c'était juste un outil et non une finalité. Je préfère la radio, média socratique par excellence. Il n'y a pas de plaisir comparable à la radio. On parle directement aux oreilles, donc au coeur. Pas besoin de passer par le fltre du cerveau et on supprime l'inconvénient de l'image qui sature l'imagination. Je me méfie du média internet, qui est l'occasion pour chacun de brandir son expérience comme une norme, ce qui est contraire à la philosophie."

 

Nietzsche disait à Flaubert "Les bonnes idées sont celles qui viennent en marchant".

 

R.E se dit apprenti "Nietzschéen". "J'ai toujours fait cours en marchand, donc là, j'ai du mal à rester assis ! (A savoir que lors de son émission, R.E marche avec son invité). Lorsque l'on marche, on s'endort moins sur ce que l'on pense, la possibilité d'un dialogue sur un objet commun est plus forte, cela  facilite l'improvisation, qui elle même est possible quand on a confiance au problème et à son infinité. Tout cela est moins évident sur un plateau de télévision statique.

 

"La confiance repose sur le doute. Moins on a de certitudes, plus on a la possibilité de faire confiance"

 

"On ne connaît pas la vérité, on ne la détient pas. En revanche, on peut être sincère"

                                                                                                                                              Portrait de Flaubert

"Je suis un immanentiste. (extrait wikipédia :Immanentisme provient de immanence, mot qui signifie : « qui réside dans le sujet agissant », contenu dans la nature d'un être. L'immanentisme est, à partir de là, une doctrine philosophique qui affirme l'immanence de Dieu à la nature. L'antithèse de l'immanence est l'idée que la nature est bénévolement soumise à Dieu ), on ne peut pas être et être au delà. J'ai tendance à croire que le monde est un être entier, unique et sans miroir. Ce qui a été ne peut pas ne pas être. Le fait de vivre précède les raisons qu'on lui donne".

 

Pour R.E, une des façons de s'étonner est de s'intéresser au monde au delà du besoin que l'on en a. Comme un objet peut être très intéressant quand il devient inutile.

 

"Un pouvoir démocratique est un pouvoir qui peut faire l'économie de l'apparat. Pas besoin de sceptre. Alors que Sarkozi peut apparaître en short et baskets après un jogging sur le perron de l'Elysée, Fidel Castro ne peut apparaître en pyjama... Sans son treillis militaire, Castro se dépouille de son pouvoir, ce qui est impossible dans un régime tyrannique."

 

" Le but de la philosophie, si but il y a, c'est le réel, dans sa nudité qu'il faut aimer tout de même. C'est ce que nous savons sur ce que nous ne voulons pas savoir. D'ailleurs, nombreux Dieux et dogmes naissent de ce savoir que nous refusons. Pour savoir ce que l'on sait, il faut se vaincre soit même, ce qui est très difficile. Alors que quand on ne sait pas, on peut toujours apprendre. Philosopher, c'est inviter les gens à savoir ce qu'ils savent, c'est aussi penser au delà de soi même. C'est la conversion d'un savoir en interrogation. C'est une démarche vers... Plus on avance, plus les interprétations du monde sont multiples.

 

Ensuite, il fut sujet des romans...

" Les romans ne sont que des bras armés et pacifistes de ce passage à la connaissance du réel. On ne s'éloigne pas du monde quand on en donne une traduction littéraire, au contraire, on opère à des rapprochements, on serre l'objet, la réalité, l'art difficile de faire simple". La littérature a une vitesse d'exécussion supérieure à la philosophie. Un récit explore ce que le monde a de singulier, dans sa dureté."

 

" To be or not, that's the question ? (Etre ou pas, c'est la question) (et non pas to be or not to be...) C'est l'émerveillement face au monde tel qu'il est, c'est ainsi qu'Orson Welles traduit Hamlet."

 

Je me suis souvent demandé pourquoi,  à la TV, animateurs, journalistes et stars, qui manifestement se connaissent bien ne se vouvoient pas... Voici la réponse de RE :

" Le tutoiement à la télévision est excluant"

 

A propos de l'enseignement :

R.E : Le droit d'être préremptoire et arrogant est aussi une façon d'enseigner, cela permet parfois de gagner du temps.

 

Enfin, je ne sais plus par quel chemin, mais nous en sommes venus aux scarifications. Une collègue de R.E voit autant de scarification dans un tatouage que dans les veines saillantes d'un alterophile (ici, Schwarzy pris comme exemple)...

R.E : "Le tatouage, c'est la fixité dans un élément mouvant, une revendication d'identité. Le tatouage tiendrait plus de l'orphisme (mouvement de la Grèce antique qui se rattache à Orphée et qui a affirme que le salut dépend de la vie sur terre. Seule une vie ascétique peut sauvegarder la pureté de l'âme de l'impureté du corps). D'où le goût de la performance.

Alors que les veine saillante de Terminator sont plus issue de l'idéal de la perfection et du Prométhéisme (croyance en l'homme et en l'action; Prométhée était un Titan Grec)

 

 

 Et voilà, je n'ai pu hélas noter "les délires et démonstrations philosophiques" , tant Raphaël Enthoven s'emballait pendant que je m'emmêlais et réfléchissait. J'en étais encore à la deuxième inconnue de l'équation quand il concluait par un brillant CQFD !

 

Alors pour celles et ceux qui sont arrivés au bout de ce billet, une récompense : 'Une tête bien faite dans une tête bien pleine" et j'ajoute, pas vilaine, contrairement  celle de Socarte qui lui était très laid parait il.

 

 (vous pourrez revisionner le podcast complet de cette conférence ici http://www.mollat.com/ecoutervoir/index.html

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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Publié le 3 Octobre 2011

Il y a quelques jours, ma présence à Bordeaux (pour raison médicale) m'a permis d'assister à la rencontre littéraire, dans le salon de la librairie Mollat, de l'auteur Alexis Jenni.

Alexis Jenni publie cette année, pour la rentrée, son premier roman : L'art Français de la guerre...

Un premier roman qui le mène directement sur la première liste du prix Goncourt. A suivre donc...
Je sais que "l'art français de la guerre" n'est pas un livre pour moi... Trop épais, relativement historique....

Mais ce qui me passionne avant tout, c''est l'homme qui devient auteur, qui parle de son livre et de son processus de création. Et ça, je ne résiste pas à l'envie de le partage avec vous...

 

 

L'homme apparaît décontracté, dégage un capital sympathie non négligeable et fait preuve d'une culture historique qui me cloue sur place, comme d'habitude. Je ne sais pas si mon admiration est infinie et inaltérable, en tous cas, je ne cesse de l'attribuer à bon escient, et j'en trouve toujours au fond de moi.

 

 

Allez, compte rendu de cette rencontre !

 

 

Alexis Jenni est professeur de biologie au lycée. Comment un prof de science devient écrivain ???

AJ : "Je suis un grand maniaque très organisé dans une régularité qui finit par être productive. Cela fait une vingtaine d'années que j'essaie d'écrire quelque chose. Il y a 20 ans, en une matinée de libre, je n'arrivais à rien faire. Et maintenant, avec une discipline qui s'apprend, de 8h à 10 h, j'écris deux pages. J'écris vite et j'y pense tout le temps.

La littérature est ma passion profonde depuis toujours. Je ne suis pas prof de lettres car je ne suis pas technicien des lettres. Pour moi, la littérature se fait et se lit, mais je ne me vois pas l'enseigner."

 

Alexis Jenni a écrit d'autres choses avant, refusées partout," parce qu'elles étaient vraiment moins bien !" L'auteur était un peu désenchanté et a voulu écrire un livre pour lui, qui lui fasse plaisir, sans prêter attention à la contingence de la littérature contemporaine, mais avec un grand aspect romanesque.

Alexis Jenni souhaitait que son livre soit une aventure Française, genre trop souvent réservé à l'Amérique.

 

L'art français de la guerre...." Les histoires de ces époques (guerre d'Indochine, d'Algérie...) circulent toujours. Les gens qui l'ont vécu ou leurs descendants vivent toujours... Je voulais recoudre le temps, réparer le temps. Dans l'histoire de France, on ne sait pas bien raconter ces 50 dernières années. Il y avait donc un enjeu littéraire, impossible à faire, mais peu m'importait puisque ce livre ne pouvait pas marcher ! J'ai ramassé l'information là où elle se trouvait, chez les gens... je n'ai pas forcément écumé les bibliothèques..

 

Pourquoi un tel titre ?

AJ " L'art de la guerre est théorisé en France, on aurait inventé un art national, celui de l'échec.  Dans la violence sociale actuelle, c'est le même art qui est utilisé, celui de la force qui mène à l'échec, d'après le traité de Sun Tzu (l'art de la guerre) (lien wikipédia forcément très intéressant). La France aurait une passion romantique de l'échec.

Ce roman offre un regard sur la société occidentale d'aujourd'hui d'après le passé ainsi qu'un parcours militaire, dans deux histoires imbriquées, dans un jeu de miroir.

 

Comment écrit Alexis Jenni...

Au stylo plume puis sur ordinateur. "J'écris, j'accumule une matière, ça se structure au fur et à mesure, c'est une construction romanesque malgré l'usage de faits historiques. Parfois, l'exactitude historique a été un peu modifiée pour que la justesse humaine et romanesque fonctionne. Je suis très touché par l'amitié transgénérationnelle et par le fait de savoir ce qu'est une lignée d'hommes, ce que les hommes se racontent, sujet plutôt peu abordé par la littérature".

 

AJ : " Ce 'est pas forcément les gens qui ont vécu les choses qui la racontent le mieux. La littérature permet de raconter ce qui n'est pas là, ou de raconter l'histoire de gens qui ne peuvent pas ou ne savent pas la raconter de façon cohérente. La littérature,  c'est aussi raconter "pour" (à la place de) ceux qui ne peuvent pas raconter. Elle permet le saut impossible : raconter des choses que je n'ai pas vécues, des personnages que je n'ai pas connus".

 

Dans ce roman, il est aussi fortement question de dessin et de peinture...

AJ  : "J'aime beaucoup la peinture. J'en connais assez pour savoir ce que ce serait si je le faisais bien ! Le dessin sauve la vie et l'âme de mon personnage car le dessin, c'est aussi ne pas être là".

 

Ensuite, il a était question de guerres dysimétriques. Ce qui frappe l'auteur, c'est que les européens ont tous droit à leur mort individuelle quand dans les pays pauvres, le nombre de morts n'est même pas connu avec précision. C'est le fameux rapport 1 - 10. Dans "La chute du faucon noir", film de Ridley Scott qui a marqué Alexis Jenni, chaque mort américain a droit à 10 mn de plan de film, quand les décès ennemies sont groupés sous les tires d'une mitraillette qui dégommes tout.

 

Enfin, ce sont les mémoires du Général de Gaulle qui ont été évoquées. Pour Alexis Jenni, "il s'agit d'une leçon de stratégie littéraire talentueuse. De Gaulle est le plus grand menteur de tous les temps, comme un romancier. De Gaulle était un grand romancier, il a réussi à faire croire que la France faisait partie  des vainqueurs de la Guerre 39-45, il a réussi à ce que la France soit présente à Yalta alors qu'elle était occupée peu de temps avant...."

 

 

Ensuite, j'ai arrêté de prendre des notes. Pendant les dédicaces, j'ai traîné dans le coin pour poser quelques questions à Alexis Jenni. C'est ainsi que j'ai appris que ce roman avait été tout d'abord écrit au stylo plume avant d'être mis a propre sur ordi. Ce roman n'a été envoyé que chez Gallimard. Pourquoi Gallimard ? Parce ce que ce sont les meilleurs, dixit Alexis Jenni que je remercie pour  ce moment inoubliable et fort intéressant... d'où je suis sortie toute petite... J'ai suis vraiment nulle en histoire...

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Rédigé par Géraldine

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