L'AFRICAIN, de J.M.G LE CLEZIO

Publié le 4 Novembre 2021

L'Africain, J.M.G Le Clézio, livre, littérature, Afrique, avis, chronique

(Auto)Biographie - Editions Folio - 124 pages - 6.90 €

Publication d'origine : Mercure de France en 2004

L'histoire : JMG Le Clézio revient sur son enfance africaine d'après guerre, où il retrouve un père qu'il n'a jamais connu, le conflit international et les distances les ayant séparés. Le père, médecin chirurgien en Guyane  britannique, puis en Cameroun britannique et enfin au Nigéria... Vingt ans d'Afrique qui ont transformé ce père à jamais et qui ont forgé le romancier.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : C'est simple, cet ouvrage était dans mes étagères depuis que J.M.G Le Clézio a reçu le Prix Nobel de Littérature, c'est à dire 2018, soit 13 ans. Hum Hum...

Et pourtant, quel beau texte. Simple en apparence mais consciencieux, sans fioriture, avec juste les faits et leur analyses permises par le temps, il en ressort une belle loyauté, envers ce que la vie a pris et donné, envers cette enfance ailleurs, pas comme les autres et cet inconnu que fut le père. La concision induit la pudeur et la pureté de ce récit.

JMG Le Clézio nous parle de son enfance en Afrique, et à travers elle, de son père, ce héros. Le Clézio n'a connu son père qu'à 8 ans, en arrivant en Afrique avec sa mère et son frère pour le rejoindre. C'était après la Seconde Guerre Mondiale, que les enfants et leur mère ont vécu confinés à Nice et que le père a affronté isolé, sans aucune nouvelle des siens, en Afrique occidentale.

C'est l'histoire d'une rencontre entre un père et ses enfants, mais une rencontre manquée, ratée, qui n'eut réellement lieu que bien plus tard, lorsqu'adulte, JMG Le Clézio a été en âge et en maturité pour comprendre qui était son père, ce qu'il avait vécu, ce qui l'avait transformé en père rigide, stricte et parfois violent. 

C'était vingt années d'Afrique en tant que seul médecin chirurgien dans une immensité, avec peu de moyens matériels, si loin des colons huppés et ridicules des côtes que Le Clézio père, farouchement anticolonialiste, abhorrait. Vingt années à côtoyer le pire comme le meilleur, les plus belles merveilles comme de monstrueuses horreurs. L'humain et le profondément inhumain, ou en tout cas l'insupportable... Toutes les maladies, les pandémies, le manque d'hygiène et de médicaments et souvent l'impuissance. Et puis il y eu la décolonisation, des guerres, notamment celle du Biafra dévastatrice et scandaleusement entretenue par l'Occident... Comment ingurgité cette actualité quand on voit dépérir le pays où l'on a tant vécu, qui a fait de vous ce que vous êtes.

Ces vingt années d'Afrique ont fait de Le Clézio père l'africain....

L'Africain est donc un magnifique hommage à l'homme qu'il était brillement, au père qu'il n'a pas su être mais qui a tellement transmis. C'est aussi portrait de ce que fut l'Afrique de l'Ouest à différentes époques, dans une période finalement historiquement très restreinte.

C'est une ode aussi à la liberté retrouvée de l'enfance, aux grands espaces, à l'insouciance et à l'indifférence face aux différences dont sont capables les enfants.

Un très beau texte, instructif qui plus est. Elle belle leçon de mémoire... pour ne rien oublier.

 

 

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0
Commenter cet article
A
Tu m'as donné envie !
Répondre
A
Je ne garde pas un très bon souvenir du seul Le Clézio que j'ai lu, Le désert, aussi je n'ose plus m'aventurer dans ses oeuvres. Peut-être à tort...
Répondre
E
mon auteur préféré parmi les contemporains...
Je n'ai pas encore lu celui-ci (il m'en reste encore quelques uns, je fais durer le plaisir :-)
Répondre
L
Un auteur que j'aime beaucoup, j'ai certainement lu ce livre mais un peu oublié je vais le remettre à mon programme.
Répondre
P
Je connais l'auteur, bien sûr, mais je ne sais pas si j'ai déjà lu de ses ouvrages. Un jour, celui-ci peut-être...
Répondre
K
J'ai dû vérifier, oui c'est bien le seul que j'aie lu de l'auteur, en 2009!
https://enlisantenvoyageant.blogspot.com/2009/02/lafricain.html
Répondre