TOURISTE, de Julien BLANC-GRAS

Publié le 30 Août 2011

Récit - Editions Au diable Vauvert 259 pages - 17 €

 

 

 

Parution en mai 2011

 

 

Le sujet : "Certains veulent faire le leur vie une oeuvre d'art, je compte en faire un long voyage. Je n'ai pas l'intention de me proclamer explorateur. Je ne veux ni conquérir les sommets vertigineux, ni braver des déserts infernaux. Je ne suis pas aussi exigeant. Touriste, ça me suffit. S'adonner à des activités non productives mais enrichissantes. Le touriste inspire le dédain j'en suis bien conscient. C'est un cliché qui résulte d'une honte de soi, car on est toujours le touriste de quelqu'un."

Des favelas colombiennes aux hôtels clubs tunisiens, en passant par les karaokés du Yang-tsé-Kiang, les villages oubliés du Mozambique, les vagues polynésiennes, les plateaux de Bollywood, le tumulte du Proche-Orient et même par la Suisse, ce promeneur globalisé nous guide à travers l’inépuisable diversité des mondes.

  

 

Tentatrice : Keisha

Fournisseur : Keisha et son son livre voyageur, merci livre voyageur

 

 

 

 

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Mon humble avis : Là où Vincent Noyon, dans son Touriste professionnel, voyageait dans un but précis : écrire des guides de voyage, Julien Blanc Gras erre sur la planète au gré de ses envies, de sa curiosité, pour faire de sa vie ce qu'il a choisit d'en faire : un long voyage. Un rêve qu'il nourrit depuis tout petit, à l'époque où son doudou était une planisphère gonflable. On assiste donc à la réalisation de ce rêve. On suit pas à pas Julien qui s'affranchit de plus en plus. Des débuts timides à Londres, un coup d'essai en quelque sorte. Et 250 pages plus loin, nous voici au Mozambique sur un lieu qu'aucun pied humain n'a encore foulé. Entre temps, nous sommes allés au Népal, en Colombie au fin fond des favelas, on a risqué la crise de nerf dans un aéroport Suisse, on a discuté avec des Israéliens et des palestiniens qui veulent tous la paix mais ne voient pas comment y parvenir, et pour cause de plage paradisiaque, on a manqué "la vague".... Notre jeune voyageur s'est un peu professionnalisé au fil de ses voyages (via l'écriture et le reportage). Et oui, il faut bien gagner sa vie pour s'offrir la vie que l'on s'est choisi. Mais pas à n'importe quel prix...

Ces récits sont passionnants, pertinents, caustiques, parfois très drôles mais aussi désespérants, voire exaspérants.... et pourtant, que peut on faire ? Avec bon sens, Julien Blanc Gras met le doigt sur les non sens de notre monde, que ce soit en terme de mondialisation ou en mode local fond du monde.... Où, au fin fond de Madagascar, le gendarme du village est aussi corrompu que toute une classe politique, même si, au bout du monde, cela se compte en quelques litres d'essences transformés en litres de vin mais qui, de ce fait, ont laissé périr 18 personnes en mer. On constate aussi avec effroi les envers de la médaille de certaines missions botanistes ou autre... Bref, partout où il y a de l'homme, il y a de" l'hommerie" pour le pire, comme pour le meilleur. Car sur son chemin, Julien Blanc Gras nous fait rencontrer de sacrées personnes et rien que pour cela, on aimerait le suivre et voir le soleil se lever... ailleurs.

 

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Ce livre est un excellent témoignage de voyages, qui amène à réfléchir sur les motivations qui poussent justement certains à partir ou pas, sur le fonctionnement et les dysfonctionnement du monde, sur les préjugés qui conduisent souvent notre route au bout de la rue, sur notre place dans le monde et la réussite de l'objectif de notre vie. Et pour ma part, ce récit me prouve qu'en réunissant ma volonté, mes capacités, mes envies et mes rêves, je ne saurais jamais atteindre cette dimension du voyage, même si, par moment, j'ai bien eu l'impression de la frôler ! Mais l'essentiel est de voyager à sa dimension, tout en respectant celle des autres et en n'oubliant jamais que voyager, c'est faire un pas dans l'infini.

 

 

J'ai relevé nombre de citations.... D'ailleurs tellement nombreuses que je ne peux y faire un choix. Elles feront donc l'objet d'un autre billet pour ne pas trop allonger celui ci et ne pas perdre votre attention !

 

 

Lecture commune avec A Girl From Earth

Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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M


Comme tu dis  "chacun doit voyager à sa dimension" Qui n'a pas rêvé de parcourir le monde de découvrir d'autres gens d'autres manieres de vivre de prendre la route? Mais il y a la vie, les
études, le travail, on tombe amoureux, on vit à deux, on a des enfants...Plus le temps plus les moyens de voyager loin. C'est pour ça qu'il nous faudrait plusieurs vies ! le monde est si vaste et
on n'en connait dans une vie qu'une si petite partie ! ce livre semble intéressant mais je n'aime pas trop ce titre  "touriste". 



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G


@ Mary : et pourtant, ce livre remet le mot touriste à sa place. Un touriste n'est pas forcément quelqu'un qui s'affale dans un club une semaine. C'est juste aller voir ailleurs. Et ailleurs, des
fois, c'est juste son voison !



A


Ce livre a dû te parler particulièrement, toi qui voyage souvent.



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G


@ Alex : oui, mais il peut parler à quiconque est curieux de se qui se passe un peu plus loin de chez lui. A lire, du pur bonheur !



*


J'ai beaucoup aimé cette lecture aussi !



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G


@ fleur : Oui, dommage qu'il existe si peu d'ouvrage de ce style ! Je ne sais même pas s'ils seraient répétitifs à la longue, tant les anecdotes à raconter doivent être infinies !!!



J


Il est dans ma PAL ... l'auteur était au salon du livre de Vannes en juin et je lui ai fait dédicacer 2 romans dont celui-ci :) Il était vraiment très gentil (et mignon, ce qui ne gâte rien ! mdr
!) 



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G


@ Joelle : J'aurais vraiment du venir à Vannes... Où étais-je ? Ah oui, il me semble que j'étais au mariage de mon frère. L'année prochaine, je viendrais bien. Si tu peux songer à me rappeler la
date !!!



A


J'ai beaucoup aimé cet ouvrage aussi !



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G


@ Akialam : Alors je t'encourage à lire aussi Touriste professionnel, dans la même veine, mais plus drôle !



A


Et alors, finalement, lequel préfères-tu?



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G


@ AGFE / Touriste pro, je me suis plus marrée ! mais touriste va plus en profondeur sur les pays traversés quelque part ! Donc complémentaire et incontournables tous les deux !



P


Moi qui adore voyager, je m'identifierais sans doute sans problèmes au héros. Si j'avais de l'argent, je partirais beaucoup plus. Découvrir le monde est une passion (encore une).


Bonne nuit.



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G


@ Philippe : Et bien ce genre de livre permet de voyager à moindre coût, je te le conseille vivement !!!



M


Une blogueuse me l'a gentiment envoyé et ce sera une prochaine lecture !



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G


@ Manu : Une lecture à mettre vraiment en haut de ta PAL, tu va te régaler !!!



B


la dernière phrase de ton billet est en tout cas bien belle "Voyager c'est faire un pas dans l'infini"



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G


@ Bénédicte : Merci, des fois, je me demande comment je fais écrire des trucs pareils ! je dois avoir des instants de grâce !



C


Babelio me l'avait proposé mais, sans remettre en cause la qualité du livre, je crois qu'il n'est pas pour moi (je préfère faire les voyages moi-meme que de baver^^).



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G


@ Cynthia : Ce n'est pas forcément un livre qui fait baver, mais un livre qui instruit et qui informe sur tous type de voyage. Perso, je ne me vois pas aller dormir chez l'habitant dans les
favellas de bogota, mais j'aime livre ce genre de récit sur des voyages pour lesquels je ne suis pas faites, car trop aventureux pour moi !



S


Toi aussi tu as aimé : génial !



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G


@ Saxaoul : Oui , au point que j'en fais deux billets !!!!



K


Trop contente de ton billet! j'attends les citations...



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G


@ Keisha : Mon billet est rédigé depuis un petit moment. je l'ai relu hier soir et suis assez contente de sa tournure, notamment, de sa fin. Des fois, je me demande comment j'ai pu écrire des
trucs pareils. je dois avoir des instants de grâce.... Je précise que j'écris toujours sobre de toutes substances !!!