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Publié le 6 Mars 2022

Film Compagnons, de François Favrat, Agnès Jaoui, Pio Marmaï, Najaa, avis, chronique

Film de François Frajat

Avec Najaa, Pio Marmaï et Agnès Jaoui

Synopsis : À 19 ans, passionnée de street art, Naëlle est contrainte de suivre avec d’autres jeunes un chantier de réinsertion, sa dernière chance pour éviter d’être séparée de ses proches. Touchée par la jeune fille, Hélène, la responsable du chantier, lui présente un jour la Maison des Compagnons de Nantes, un monde de traditions qui prône l’excellence artisanale et la transmission entre générations. Aux côtés de Paul, Compagnon vitrailliste qui accepte de la prendre en formation dans son atelier, Naëlle découvre un univers aux codes bien différents du sien... qui, malgré les difficultés, pourrait donner un nouveau sens à sa vie.

Mon humble avis : J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce film, et c'est difficilement que j'ai retenu ma petite larme à la fin... Larme de belle émotion et non de tristesse.

Compagnons s'ouvre sur la violence urbaine et sociale de la cité Bellevue à Nantes. On y suit Naëlle, l'héroïne du film, une jeune fille toute en violence, en révolte, mais au bon coeur. Une chouette nana avec les valeurs qu'elle peut se permettre dans le milieu dans lequel elle évolue. Elle s'évade dans le graff mais n'a d'autres choix pour survivre à la violence environnante que de répondre... par la violence...

Jusqu'au jour où elle reçoit une vraie main tendue... Celle d'Agnès Jaoui, "mère" dans une maison de Compagnons, mais aussi bénévole sur un chantier de réinsertion. C'est elle qui la fera rentrer dans Les Compagnons du devoir, dans l'espoir qu'elle y passe un CAP et trouve sa voie, mais surtout, pour qu'elle échappe à son milieu... Evidemment, le chemin de Naëlle au sein des Compagnons du devoir ne sera ni simple ni direct, mais il sera beau et portera ses fruits, de très beaux fruits.

J'ai aimé le pont créé entre différents arts... Naëlle aime le graff, ce qui l'aimera à aimer les vitraux. Deux arts aux antipodes sociales et pourtant, avec une apparence et une approche artistique très proche.

J'ai aimé découvrir en profondeur les Compagnons du devoir. Je n'avais qu'une vague idée de ce qu'ils étaient et ignoraient tout de leur mode de vie et leurs valeurs. Je ne connaissais que leur réputation d'excellence artisanale. Jusqu'à 2004, c'était un univers uniquement masculin. Le film montre bien que l'entrée des femmes dans ce milieu n'est pas encore tout à fait acquise pour tout le monde, que les préjugés sont encore là. Leur devise est : "Capable, digne, libre et généreux"

Et ces qualités, c'est à force de courage et de travail que Naëlle va les acquérir, mais aussi, grâce à l'aide et l'entraide prônée par les compagnons. Au long du film, Naëlle se transforme magnifiquement... parce qu'elle a trouvé des personnes auprès de qui déployer ce qui dormait à l'intérieur d'elle-même faute de place et conditions pour se manifester, s'épanouir.

Le film montre bien que nombre de jeunes de ces banlieues pourraient s'en sortir, s'ils rencontraient les bonnes personnes, si des mains solides se tendaient vers eux. Mais tendre la main n'est pas suffisant... Outre leur donner l'accès à un réel apprentissage et à une éducation sérieuse, il faut avant tout les débarrasser des boulets qu'ils trainent et qui les collent au sol. Connaître et comprendre avant de juger.

Les scènes de chants des compagnons sont particulièrement belles et émouvantes. Comme pour le personnage de Naëlle, quand on ne connait pas, au début, elles peuvent prêter à sourire et puis, on réalise leur puissance, leur symbolique et l'émotion nous gagne.

Un très beau film donc, qui met en lumière le travail manuel (les mains aussi peuvent être intelligente), un film qui fait du bien, de belles valeurs qu'il est bon de retrouver et de constater qu'elles ont quelque part des temples qui les protègent et les maintiennent en vie. Et surtout, une magnifique, puissante et bouleversante actrice, en la personne de Najaa... Je pense qu'avec un tel rôle à son actif, sa carrière va prendre un bel élan plus que mérité !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 9 Février 2022

Cinéma, film, Une jeune fille qui va bien, de Sandrine Kiberlain, avis, chronique

Film de Sandrine Kiberlain

Avec Rebecca Marder, André Marcon, Anthony Bajon

 

Synopsis : Irène, jeune fille juive, vit l’élan de ses 19 ans à Paris, l’été 1942. Sa famille la regarde découvrir le monde, ses amitiés, son nouvel amour, sa passion du théâtre… Irène veut devenir actrice et ses journées s’enchaînent dans l’insouciance de sa jeunesse.

Mon humble avis : Appréciant beaucoup Sandrine Kiberlain l'actrice, j'étais curieuse de découvrir ce qu'elle avait à nous raconter en tant que réalisatrice et scénariste.

C'est un film sobre, élégant, raffiné qu'elle nous propose ici. Et très lumineux malgré le contexte ombrageux.

Une jeune fille qui va bien est un beau portrait de la jeunesse parisienne sous l'Occupation. La jeunesse filmée ici et celle qui ne vit que par ou pour le théâtre, en préparant le concours du conservatoire. Une jeunesse qui semble insouciante de ce qui se passe autour d'eux, près d'eux, chez eux. Une jeunesse qui prépare son avenir. Et que leur famille tente de protéger. Mais l'antisémitisme se déploie. Les juifs doivent donner à l'"Etat" leurs téléphones, leurs radios, leurs vélos... La mention Juive doit être apposée en rouge sur leur carte d'Identité. Puis vient le port de l'étoile jaune sur la veste.

Malgré cela, Irène ne démord pas... Elle est une jeune fille française avant d'être juive et nie la réalité. Et elle croque sa jeunesse à pleines dents, découvre l'amour, répète inlassablement ses scènes de théâtres. On retrouve bien l'esprit Kiberlain dans ce film : la légèreté d'apparence ne cache pas la gravité.

Le casting est impeccable et ne fait pas d'ombre au sujet. Tout est filmé avec justesse, et de manière intemporelle. Les images, les décors font dire que cette histoire pourrait être aussi n'importe où et n'importe quand.... dans un contexte similaire. Par exemple, on ne voit pas d'Allemand et l'horreur de la situation est réellement exprimée que par la dernière image. J'ai juste regretté quelques longueurs / lenteurs. J'ai beaucoup aimé le personnage de Marceline, la grand-mère d'Irène.

L'histoire d'Irène, c'est celle d'un destin brisé, un parmi des centaines de milliers durant cette période.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 27 Janvier 2022

Cinéma - Film - Tendre et Saignant - Christopher Thompson - Arnaud Ducret - Avis - Chronique

Film de Christopher Thompson

Avec Arnaud Ducret, Géraldine Pailhas, Alison Wheeler

Synopsis : Rédactrice en chef d’un magazine de mode, Charly hérite de la boucherie familiale. Alors qu’elle s’apprête à la vendre, elle rencontre Martial, l’artisan-boucher de son père, bien décidé à se battre pour sauver le commerce. Séduite malgré elle par le charisme de Martial, Charly pourrait être amenée à changer d’avis…

Mon humble avis : Voici une comédie romantique et bien sympathique, mais pas que !

Déjà l'humour n'y ait pas lourd, en fait on ne rit pas tant que ça, mais on sourit de plaisir, et c'est déjà bien. Mais surtout, c'est un film qui met lumière les valeurs de l'artisanat, du commerce de proximité, des structures familiales, du bien manger, de la gastronomie française. Plus que le bien manger, c'est le consommer sain et équitable qui est prôner aussi, via de la viande issue d'élevages qui observe un cahier des charges stricte, tout comme la filière qui suit. Notre boucher va lui même dans les campagnes choisir ses bêtes etc. C'est aussi les coulisses d'une boucherie que nous montre ici Christopher Thompson et c'est franchement intéressant. La viande est ici élevée et filmée comme un produit de luxe, ce qu'elle est de toute façon pour une bonne partie de la société.

C'est aussi la confrontation de deux univers : celui des strasses, des paillettes, de l'hyper communication du monde de la mode, avec celui de la boucherie, du travail manuel, du terroir. Mais les compétences de l'un vont servir à l'autre... Et les rôles vont pour le peut s'échanger jusqu'à ce que chacun réalise que rien ne vaut le "bonnes vieilles racines" qui correspondent à nos valeurs et qui nous ont construits, et où les relations sont solides !

Le tout est filmé sur un bon rythme, avec une très jolie lumière qui rend le film résolument gai. Et le duo Arnaud Ducret / Géraldine Pailhas fonctionne à merveille.

A ne pas bouder, car film vraiment plaisant, charmant et bien cuisiné, assaisonné juste ce qu'il faut... Sauf si vous êtes végans ou végétariens, dans ce cas là, mieux vaut jeuner et ne pas s'aventurer dans ce menu !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 18 Janvier 2022

Film, cinéma, Virigine Efira, Romain Duris, en attendant bojangles, avis, chronique

Film de Régis Roinsard

Avec Virginie Efira, Romain Duris, Grégory Gadebois

Synopsis : Camille et Georges dansent tout le temps sur leur chanson préférée Mr Bojangles. Chez eux, il n'y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Jusqu'au jour où la mère va trop loin, contraignant Georges et leur fils Gary à tout faire pour éviter l'inéluctable coûte que coûte.

Mon humble avis : Ce film est l'adaptation ciné du roman éponyme En attendant Bojangles, que j'ai lu il y a quelques années. Pour savoir de quoi il retourne, je vous invite à lire ou relire mon avis de lecture d'alors... Car mon avis de cinéphile est exactement le même ! Un enthousiasme et une émotion sans borne. J'ai adoré cette histoire assez fidèle dans mon souvenir à celle d'origine.

Régis Roinsard c'est magnifiquement emparé de cette histoire pour la transposer dans les années 50-60, celles d'une certaine insouciance. La réalisation m'a semblé parfaite et idéale pour transposer en image la fantaisie délicieuse qui règne dans les pages du roman.

La première partie est nous enivre d'une allégresse dans un tourbillon bienvenu, tant dans les scènes, que dans les couleurs, les sourires affichés sur chaque visage, que dans des dialogues plus que délicieux, assez théâtraux (puisque fidèles aux personnages et à leur philosophie de vie). On aimerait en apprendre certains par coeur. On rit, on y croit, on se délecte utopie libératrice.

La deuxième partie annonce l'orage, qui finit par éclater... Et là, on est bouleversé au plus profond, même si l'on espère encore, que l'on a encore envie d'y croire.

Que dire de la distribution ? Romain Duris est toujours aussi talentueux, je suis fan. Son rôle ici fait penser au début à celui de "L'arnaqueur", mais avec bien plus de nuances, de profondeur, de saisissement. Mais je savais déjà qu'il savait faire. Virginie Efira, je suis fan aussi, mais elle m'a une fois de plus subjuguée et bluffée dans un rôle vraiment pas facile. Elle est bouleversante et j'imagine que pour elle, le rôle de Camille a dû être épuisant à interpréter, tant elle passe d'une minute à l'autre d'une émotion à son contraire. Quel chemin parcouru par cette comédienne qui a commencé dans des comédies romantiques. Quel talent ! Moi je dis : Un César et même un Oscar pour Virginie Efira !

Bref, un film à vraiment voir, une magnifique et originale histoire d'amour, un film sur la folie douce qui devient pathologique, source de souffrance pour celui qui en est atteint, comme pour ceux qui l'entourent. Mais ce que le film nous dit aussi, c'est que si le monde était plus doux et moins contraignant, il y aurait peut-être moins de folie...

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 14 Janvier 2022

Film de Fred Cavayé

Avec Gilles Lellouche, Daniel Auteuil, Sara Giraudeau

Synopsis : Paris 1941. François Mercier est un homme ordinaire qui n’aspire qu’à fonder une famille avec la femme qu’il aime, Blanche. Il est aussi l’employé d’un joaillier talentueux, M. Haffmann. Mais face à l’occupation allemande, les deux hommes n’auront d’autre choix que de conclure un accord dont les conséquences, au fil des mois, bouleverseront le destin de nos trois personnages.

Mon humble avis : 

Mon humble avis : Un très beau et bon film, de ceux qui sont indispensables pour ne pas oublier l'Histoire et que celle-ci ne se renouvelle pas.

Adieu Monsieur Haffman est un film intense où la tension va vraiment crescendo, jusqu'à certains moments où l'on retient sa respiration... Les coups de théâtre ne manquent pas ! Fred Cavayé nous y montre l'ambiguïté intrinsèque à nombre d'individu, qui se laissent hélas transformer par le pouvoir de l'argent... 

Car oui, au début, Gilles Lellouche, admirable dans cet étrange collabo qui se vante de bien faire pour protéger les siens, d'homme adorable et gentil devient un ignoble personnage... Parce qu'il a désormais l'argent... mais pas que, dans cet environnement de chasse aux juifs, il y a aussi la peur... et celle-ci semble lui donner droit à tout, et surtout à l'hypocrisie.  On se demande s'il bascule vraiment du mauvais côté, et les réponses arrivent... Fred Cavayé n'appelle pas forcément les spectateurs à juger, puisque l'Histoire s'en charge parfaitement... Mais il y a à réfléchir, et dans notre tête, la chanson bien connue qui résume tout de Jean-Jacques Goldman... Et si j'étais né en 1917 à Leidenstadt. La peur peut-elle tout expliquer, tout pardonner ? Sommes-nous tous à l'abri de devenir notre opposé ?

Face à lui, un Daniel Auteuil sobre et résolument intègre. Et dans ce presque huis-clos, Sara Giraudeau en bonne épouse de Lellouche, évolue discrètement pour ne pas mettre le feu aux poudres. Bref, un casting exceptionnel pour une mise en scène élégante et juste, qui n'en fait pas trop.

Ce film est l'adaptation ciné de la pièce de théâtre éponyme qui a reçu 4 Molière... C'est dire s'il est à voir, et à réfléchir.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 21 Décembre 2021

La panthère des neiges, film, Sylvain Tesson, Vincent Munier, avis, critique, chronique

Documentaire de Marie Amiguet et Vincent Munier

Avec Sylvain Tesson et Vincent Munier

 

Synopsis : Au coeur des hauts plateaux tibétains, le photographe Vincent Munier entraîne l’écrivain Sylvain Tesson dans sa quête de la panthère des neiges. Il l’initie à l’art délicat de l’affût, à la lecture des traces et à la patience nécessaire pour entrevoir les bêtes. En parcourant les sommets habités par des présences invisibles, les deux hommes tissent un dialogue sur notre place parmi les êtres vivants et célèbrent la beauté du monde.

 

Mon humble avis : Si je devais résumer ce film en un mot, serait-ce : "majestueux" ? Ou "grand" ? Ou encore "élégant" ? Les trois tout de même peut-être !

A mi-chemin entre le documentaire et le film qui pourrait être celui sur l'histoire de deux hommes qui partent à la recherche de la panthère des neiges au Tibet.

Pour celles et ceux qui comme moi ont lu le livre il y a deux ans... (Ici mon billet) C'est un plaisir de retrouver nos deux comparses (Munier et Tesson) dans leur quête, mais en images et en sons, cette fois-ci. La lecture m'avait permis de laisser libre cours à mon imagination pour l'habiller de paysages...  Ceux-ci se révèlent encore plus grandioses ici. Immenses, silencieux... Seuls les cris des bêtes résonnent parfois, ou le souffle du vent. Il y a la caméra qui les balaie, dans les pas de Munier et Tesson, ou à hauteur de leurs regards. Et la caméra qui s'arrête, lorsque paraît l'animal, et qui laisse place à l'appareil photo pour la saisie d'instants, via des photos qui sont à couper le souffle. Munier n'est pas un maître dans la photographie animale pour rien.

Le silence nous est offert, le vrai, le grand... C'est là que ce documentaire trouve toute son élégance... Très peu de commentaires (dans la voix de Sylvain Tesson) et ceux si sont tellement empreints de sa poésie qu'ils bercent et se mêlent au lieu... Mêmes les dialogues entre les deux hommes sont minimalistes et murmurés (mais tout à fait audibles), pour ne pas déranger la nature environnante. Ils sont loin d'être badins, et évoquent le rapport de l'homme à la nature, de l'homme au temps qui passe, la beauté du monde dans ces coins inaltérés par notre présence dévastatrice.

Evidemment "La panthère des neiges" est une formidable leçon de patience, d'obstination, d'humilité... Une très belle invitation à ralentir notre course folle et souvent vaine pour réapprendre à regarder le monde sauvage et sa beauté et à accueillir avec joie ce qu'il nous propose, ce qu'il nous offre ! Car malgré des apparences parfois âpres et désertes, ce monde sauvage est plein de vie, de ses vies animales qui nous regardent et que nous ne savons plus voir.

Un film plus que magnifique à voir, et pourquoi pas, un libre à relire !

Je profite de ce billet pour vous souhaiter de joyeuses fêtes de fin d'année, car je vais m'absenter quelques jours !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 9 Décembre 2021

Cinéma, Film, De son vivant, Emmanuelle Bercot, Benoît Magimel, Catherine Deneuve

Film d'Emmanuelle Bercot

Avec Benoît Magimel, Catherine Deneuve, Cécile de France, Gabriel Sara

Synopsis : Un homme condamné trop jeune par la maladie. La souffrance d’une mère face à l’inacceptable. Le dévouement d’un médecin (le docteur SARA dans son propre rôle) et d’une infirmière pour les accompagner sur l’impossible chemin. Une année, quatre saisons, pour « danser » avec la maladie, l’apprivoiser, et comprendre ce que ça signifie : mourir de son vivant.

Mon humble avis : Un très très beau film... Dur évidemment, mais pas horrible. Un film sur la vie, sur la mort... Que je ne conseille pas de voir si l'on est ou si l'on a été confronté récemment à ce genre de maladie et de décès... trop tôt.

La maladie ici, c'est le cancer du pancréas, sans espoir de guérison, pour Benjamin, 39 ans... Il ne lui reste que quelques mois à vivre... Mais le film n'est pas sur la maladie en elle-même. Evidemment, on constate une certaine dégradation physique sur Benoît Magimel... Non le film est sur l'annonce, la réception du diagnostic, par le patient, par ses proches... L'union sacrée qui se crée avec le personnel soignant et notamment l'oncologue, personnage ici plein de bonté, de douceur et de vérité, joué par Gabriel Sara, l'oncologue qui a inspiré cette histoire à Emmanuel Bercot.

Ce film nous met face aux décès de nos proches, à notre position de proche... Amis, épouse/époux, enfants... Nos réactions, nos révoltes, nos faux pas, nos regrets, notre maladresse, notre énergie de faire au mieux. C'est à travers le personnage de Catherine Deneuve, sublime et humble une fois de plus, qui nous permet ce regard, ces questionnements.

Mais nous sommes aussi face à notre fin certaine, à travers le personnage de Benoît Magimel... La douleur, la maladie, la peur, les regrets, le regard sur notre vie, réussie ou trop vide selon le goût et les rêves de chacun. Ce film s'attaque à un tabou et regarde la mort en face, avec beaucoup d'humanité.

Il y a la révolte de l'entourage et du patient... Et puis l'acceptation face à l'inéluctable, après un chemin parcouru main dans la main avec le personnel soignant, qui accompagne en phase terminale, qui soulage, faute de pouvoir soigner. Ce personnel qui souffre aussi de cette impuissance, de très belles scènes lui sont consacrées. La compassion du médecin est saisissante et sonne tellement juste, qu'on en viendrait à espérer la présence de celui-ci lorsque notre moment approchera. L'accompagnement est autant "spirituel" que médical et ce film offre de belles réflexions sur la vie... et sa fin...

Mon seul regret, c'est que quelques répliques sont murmurées. Murmures liés à la faiblesse du personnage de Benjamin, mais aussi parfois à l'intimité de la situation. Et dans ces cas-là, elles ont parfois été inaudibles pour moi, alors qu'elles étaient certainement très belles et pleines de sens, et semblaient advenir à des moments clés du chemin de Benjamin.  Dommage. Le murmure est réaliste, mais pour le spectateur, il serait mieux de les rendre plus audibles...

Evidemment, je ne peux clore ce billet sans manifester mon admiration pour Benoît Magimel qui porte ici un rôle aussi grand que lourd, et le tout, avec un réel brio et une sobriété bienvenue. Magimel a donné de sa personne pour interpréter Benjamin. Le tournage ayant été longuement interrompu par deux fois, (notamment à cause du Covid), c'est en tout 60 kg que Benoît Magimel a perdus, repris etc... Son interprétation est vraiment bouleversante et mériterait une belle récompense du milieu.

Je suis contente d'avoir vu ce film qui pour moi, a plutôt été comme apaisant, même s'il est triste, dur, bouleversant, remuant, comme la vie et son issue peuvent l'être. Je l'ai vu, mais je ne le reverrai pas s'il passait à la télé ou autre.... Aussi parce que ce film est inoubliable.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 24 Novembre 2021

Cinéma, Film, Aline, Valérie Lemercier, avis, critique, chronique

Film de Valérie Lemercier

Avec Valérie Lemercier, Sylvain Marcel, Danielle Fichaud

Synopsis : Québec, fin des années 60, Sylvette et Anglomard accueillent leur 14ème enfant : Aline. Dans la famille Dieu, la musique est reine et quand Aline grandit on lui découvre un don, elle a une voix en or. Lorsqu’il entend cette voix, le producteur de musique Guy-Claude n’a plus qu’une idée en tête… faire d’Aline la plus grande chanteuse au monde. Epaulée par sa famille et guidée par l’expérience puis l’amour naissant de Guy-Claude, ils vont ensemble écrire les pages d’un destin hors du commun.

Mon humble avis : Un an qu'on l'attendait Aline, et la voici enfin sur les écrans !

Un film français très ambitieux et tout à fait à la hauteur de ses ambitions !

Un (presque) biopic sur Céline Dion, où la scénariste réalisatrice comédienne Valérie Lemercier s'est inspirée de la vie de la star Canadienne internationale, en prenant quelques libertés et en inventant certaines anecdotes.  Céline Dion qui devient ici Aline Dieu.

La force de ce film, c'est de suivre la vie de la famille Dieu, puis celle d'Aline, depuis son plus jeune âge et de mettre en lumière la femme, l'amoureuse, l'épouse, la mère avant la chanteuse. C'est vraiment un bel hommage à la femme et la force et l'unité de la famille Dieu. Le film couvre plusieurs décennies avec de nombreux événements et l'ascension exponentielle de la carrière artistique d'Aline.  Il va vite, il est trépidant, comme l'est la vie de l'artiste, d'un concert à un autre, d'une ville à un autre continent, à renfort d'ellipses notamment. Parfois, j'aurais aimé que le film ralentisse pour profiter et savourer plus longtemps. Il y a pas mal de scènes de concerts, spectacles et chants, mais j'aurais aimé qu'il y en ait plus ! Mais dans ce cas-là, le film aurait duré cinq heures !!!

Chapeau à Valérie Lemercier, qui réalise ici un excellent faux biopic, aussi populaire et grand spectacle qu'intime, qui réussit à s'approcher de l'originale sans la copier ni la singer. Interprétation parfaite, Valérie Lemercier crève l'écran, comme le fait Céline Dion à chacune de ses apparitions. Elle réussit à émouvoir avec une histoire dont on pense tout savoir ! Un hymne à l'amour avant tout, respectueux des personnages et de ceux qui les ont inspirés ! Une sacrée réalisation, monumentale ! A voir vraiment !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 11 Novembre 2021

Cinéma, film albatros, Jérémie Renier, avis, chronique

Film de Xavier Beauvois

Avec Jérémie Renier, Marie-Julie Maille, Victor Belmondo

Synopsis : Laurent, un commandant de brigade de la gendarmerie d’Etretat, prévoit de se marier avec Marie, sa compagne, mère de sa fille surnommée Poulette. Il aime son métier malgré une confrontation quotidienne avec la misère sociale. En voulant sauver un agriculteur qui menace de se suicider, il le tue. Sa vie va alors basculer.

Mon humble avis : Un beau film, c'est certain. Juste, délicat, vrai... Qui ne cache rien ni n'enjolive. Albatros dit beaucoup sur l'état actuel de notre société et ses multiples détresses. Mais surtout, l'impuissance de tous, notamment de ceux qui sont censés pouvoir protéger, devant l'ampleur du désastre sociétal et individuel. Une scène très forte qui dit tout : devant son ami agriculteur ruiné et épuisé qui tient le canon de son fusil sous son menton, le gendarme ne trouve, et ne peut que dire : pose ton arme, on va parler, on va trouver une solution, ça va aller mieux... Juste des mots alors que les solutions sont perdues dans des kilomètres d'administrations, à Bruxelles etc...

Un film qui montre aussi que tout peut basculer pour n'importe quand, pour n'importe qui, même pour la meilleure et la plus consciencieuse des personnes.

Dans la première partie, on suit le quotidien d'une brigade de gendarmerie et on pénètre avec pudeur l'intimité de vie de couple de Laurent. La deuxième partie nous montre sa chute qui semble irrémédiable, avec sa famille comme passagère.

Albatros interpelle, est profond et bénéficie d'un casting impeccable, avec en autre, un Jérémie Renier brillant et terriblement émouvant, avec délicatesse, sans en faire trop... et qui nous emmène au large. Voilà un acteur qui prend ici une réelle épaisseur qu'il porte avec brio.

Le seul défaut du film est, à mes yeux, d'avoir quelques petites longueurs, mais rien d'insupportable !

Un beau film à voir, sur le sujet principal de la dignité.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 2 Novembre 2021

LUI, film de Guillaume Canet, avis, chronique

Film de Guillaume Canet

Avec Virginie Efira, Mathieu Kassovitz, Laetitia Casta et Guillaume Canet

 

Synopsis : Un compositeur en mal d’inspiration, qui vient de quitter femme et enfants, pense trouver refuge dans une vieille maison à flanc de falaise, sur une île bretonne déserte. Dans ce lieu étrange et isolé, il ne va trouver qu’un piano désaccordé et des visiteurs bien décidés à ne pas le laisser en paix.

Mon humble avis : Il est bien mitigé !

Les "plus" : un beau site de Belle île en mer, des comédiens que j'apprécie, dont Matthieu Kassovitz trop rare sur nos écrans. Des réflexions intéressantes, qui peuvent parler à tout le monde... sur cette petite voix, cet autre nous qui prend parfois trop de place, qui nous empêche d'avancer, nous fait tout voir en négatif, nous empêche de nous poser et de profiter de la vie. Une réalisation originale mais...

Les "moins" : une réalisation originale mais qui se retourne contre elle-même en se révélant très inégale, tantôt prenante, tantôt lassante et parfois "égarante"... Et puis on a l'impression de voir une suite de clichés, notamment sur îles bretonnes (que des habitants alcooliques ou bourrus). Le film n'est pas bien long (1h28) mais et paraît bien, et pourtant, on finit par s'agacer de l'auto apitoiement assez nombriliste du personnage Guillaume Canet. A la limite, je pense que sur ce thème Guillaume Canet aurait mieux fait de choisir la comédie plutôt que le "thriller-psycho-drame" plutôt dérangeant et en même temps, pas assez creusé... En même temps, scénario écrit rapidement, film réalisé tout aussi rapidement et sans grands moyens. Mais bon, la comédie Canet a déjà fait avec Rock'n roll, ça aurait sans doute paru redondant, puisque l'on est plus ou moins, mais moins que plus dans de l'autofiction.

Après on peut intellectualiser l'affaire avec quelques symboles (la maison d'hôte - et le double lui) et quelques références cinématographiques, mais ça ne saute pas aux et ne sauve pas le film pour autant. Bref, évitable !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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