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Publié le 22 Octobre 2019

Roman - Editions Audiolib - 4h42 d'écoute - 19 €

Parution d'origine aux éditions Le Seuil en 2014

L'histoire : C'est celle d'Eddy Bellegueule, un enfant né dans un milieu très populaire en Picardie. Eddy n'aura de cesse de quitter ses parents, la pauvreté, sa classe sociale faite de racisme et de violence. Il s'insurge contre tout cela, mais surtout contre le monde qui s'est insurgé contre lui depuis toujours, le voyant comme une source de honte. Car Eddy est différent d'eux et pour eux, différent tout court.

 

 

Tentation : La blogo en son temps (et oui déjà 5 ans, je suis parfois longue à la détente !)

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Edouard Louis raconte son enfance. Il aurait pu, pour cela, choisir la forme d'un essai, d'une enquête ou d'un témoignage. Il a préféré donné un espace littéraire à la violence qu'il a subi, la littérature étant un travail de langage. Et il a ainsi eu plus de liberté pour montrer dans ce livre comment la violence est située dans un langage, et qu'elle s'exprime par des mots. La forme du roman lui a donc permis de restituer la violence d'un langage et des mots qui aurait eu un moins d'impact via un autre support d'écriture. Edouard Louis superpose donc deux langages qui s'entrechoquent : celui d'Eddy enfant et de son milieu, et le sien devenu adulte et romancier. C'est comme cela qu'il peut rendre cet aspect si réel et compréhensible.

Le travail de l'auteur est donc admirable et terriblement abouti. Ce livre, on ne le lâche pas. Alors pourquoi seulement trois pattes de chats ? Parce que ce roman n'en n'est pas un, mais une histoire vraie. Et ce genre d'histoire vraie me met très mal à l'aise, tant la violence réelle m'est insoutenable. Ce type de lecture n'est pas du tout confortable pour mon âme sensible et révoltée face aux injustices, face à l'acharnement envers les plus faibles (en apparence) et sans défense, surtout dans un milieu où plaidoyer restera toujours vain. Eddy est différent, efféminé, délicat, curieux de culture dans un monde de brutes enfermé dans des codes, qui n'a pas été ouvert à la culture et aux différences. Un monde où un garçon doit devenir un homme, un vrai, un dur. D'où un racisme très présent dans les propos de la famille d'Eddy... Bien que ce racisme primaire se trouve aussi couramment dans des CSP +++ hélas.

Edouard Louis décrit la violence verbale, les moqueries, l'humiliation, l'incompréhension subit par Eddy, que ce soit par les siens ou par l'extérieur (l'école ou autre), cette violence insidieuse qui est souvent invisible de l'extérieur du foyer familial et qui évolue dans l'indifférence générale.  Celle-ci m'a trop chamboulée pour que je puisse sauter d'enthousiasme envers cet ouvrage sur les dominés qui a pourtant tout de remarquable dans sa finesse, sa construction, son écriture, les émotions qu'il dégage et qui appelle à devenir autre chose que ce que notre condition a fait de nous.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Septembre 2019

Roman - Editions Audiolib - 6h44 d'écoute - 21.50 €

Parution d'origine aux Editions Robert Laffont en août 2016

L'histoire : Juan Del Monte Jonova, plus connu sous le nom de Don Fuego, mais le feu sur la scène du Buena Vista Cafe depuis des années. Il ne vit que pour chanter. Mais le castrisme évolue vers une autre économie plus libérale et du jour au lendemain, Don Juan se retrouve licencié. A soixante ans, le voilà misérable à courir le cachet dans les rues de la Havane. Sa vie n'a plus de saveur, jusqu'à ce qu'il rencontre Mayensi, mystérieuse jeune femme de quarante ans sa cadette.

Tentation : Envie d'un petit tour à La Havane !

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Je n'ai pas vraiment adhéré à ce roman, même si j'ai apprécié de me retrouver dans les rues de La Havane et d'en apprendre un peu plus sur la vie cubaine sous le régime Castriste.

La plume, très soignée, trop sans doute, m'a parue mielleuse, limite "violons" parfois. Peut-être un peu éculée par rapport au sujet. Ceci se prolongeant jusque dans les dialogues souvent caricaturaux et presque dignes d'un théâtre antique où l'acteur déclame son texte.

Mon coeur fut incapable d'éprouver la moindre empathie envers le personnage de Don Fuego, que j'ai trouvé pédant, autocentré, prétentieux et assez naïf en même temps. Le premier tiers du livre déploie ses apitoiements sur son sort, aussi injuste soit-il.

Puis vient sa rencontre avec la mystérieuse Mayensi, âgée d'à peine vingt ans. Et c'est surtout là que le bât blesse dans ma mentalité. Des histoires de "vieux" qui s'émeuvent devant la jeunesse, ça me déplaît. C'est si facile de tomber en amour et dévotion devant la beauté que le temps n'a pas encore abîmée. Et le sujet de "l'amour rend aveugle", j'ai la sensation d'avoir tout lu sur lui, ou presque. Certes, Mayensi semble détruite de l'intérieur. Mais je n'ai pas vraiment cru à cette romance débordante de bons sentiments et de pseudo leçons de vie. Certes, dans le dernier tiers, des explications éclairent le personnage de Mayensi et relancent un peu le rythme et/ou l'intérêt, mais qui, chez moi, sont vite retombés.

Bref, les quelques qualités ne cet ouvrage n'ont pas suffi à me convaincre. Comme ils me semblent loin les uppercuts de "L'attentat" ou de "L'équation Africaine" de Yasmina Khadra.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 5 Septembre 2019

Roman - Editions Audiolib - 14h10 d'écoute - 24 €

 

Parution d'origine chez Albin Michel en janvier 2018

L'histoire : Février 2017, le tout Paris assiste aux obsèques de feu Marcel Péricourt, qui laisse ainsi sa fille Madeleine à la tête de son empire financier. Et le même jour, Paul, jeune fils de Madeleine, fait une tentative de suicide qui le laissera lourdement handicapé à vie.

Cupide et pensant être bien entourée et conseillée, Madeleine consacre donc beaucoup plus de temps à son fils qu'aux affaires... Quelque temps plus tard, Madeleine est ruinée. Mais Madeleine n'a pas dit son dernier mot. Au fil des années, elle va bâtir une revanche implacable contre ceux qui l'ont trahie.

Tentation : Ma lecture d'Au revoir là-haut

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Ce roman est comme une suite d'Au revoir là-haut. "Comme" car pas vraiment. Au cinéma, on dirait que c'est un spin off. Un personnage est repris et développé. Aussi, nul besoin, je vous assure, d'avoir lu le premier roman pour apprécier celui-ci à sa juste valeur.

Sa juste valeur d'ailleurs, qu'elle est-elle ? Génialissime ! Quel régal de lecture ! Quelle succulence ! J'ai adoré vraiment, et même, j'ai préféré ce tome-ci au précédent. Couleurs d'incendie est moins grave et dur, il est même souvent drôle. En effet, ce livre ne commence pas en pleine guerre des tranchées et n'évoque pas le douloureux sujet des gueules cassées.

Nous sommes à Paris, entre les années 1927 et le début des années 40. Pierre Lemaitre déroule pour nous plus d'une décennie de vie parisienne très documentée, dans différents milieux : bourgeois, populaire, financier, politique, industriel. Il est d'ailleurs assez étonnant de constater que presque un siècle plus tard, les préoccupations, les revendications, les mécontentements, les fonctionnements et dysfonctionnement politiques sont toujours les mêmes. A croire que personne n'apprend rien du passé. C'est donc un réel kaléidoscope de toute une époque, et l'époque joue autant son rôle dans l'histoire que les personnages réels. Vous vous demandez sans doute la signification du titre : couleurs d'incendie ? C'est qu'au fil des années, les gens et le Monde changent de couleurs, des couleurs qui s'intensifient et qui deviendront l'énorme incendie que fut la deuxième Guerre Mondiale.

Certes, le livre est épais (contraire à mes principes et mes goûts), mais vraiment, je n'ai pas vu le temps passer. J'adore la façon subtile, fine mais limpide qu'a Pierre Lemaitre de  se moquer de ses personnages et de leurs travers, voire de leurs vices. C'est souvent drôle et toujours délectable !

Quant à Madeleine, elle offre un magnifique portrait d'une femme des années 30, car la condition des femmes de cette époque est bien entendu un des sujets en toile de fond de ce roman. Elle est très attachante et devient réellement admirable d'intelligence, de finesse, de détermination, d'esprit et d'imagination pour mener à bien sa terrible vengeance. Quatre personnes, qui l'ont plus ou moins directement menée à la ruine, pour des raisons que vous découvrirez avec plaisir lors de votre lecture, en feront les frais, et quels frais ! Dans l'épreuve, Madeleine est devenue une femme implacable.

Bonus de la formule audio, comme pour "Au revoir là-haut", le texte est lu par Pierre Lemaitre lui-même, avec brio et une vivacité telle que le livre semble vivre réellement ! Captivant !

Vous l'aurez compris, ce roman est INCONTOURNABLE !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Août 2019

Roman - Editions Audiolib - 3h09 d'écoute - 20.90 €

 

Parution d'origine chez Albin Michel en 2015

L'histoire : Une femme est assise sur un banc, en pleine nuit, en gare de l'Est. Elle confie ce qui l'a amenée sur ce banc. Quelques heures avant, Nelly était sur la scène d'un théâtre et jouait une pièce de Pirandello... lors que dans la salle, elle a aperçu un homme qu'elle pensait avoir oublié.... C'est alors la crise de panique attaque, et la comédienne s'effondre.

 

 

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Ce roman n'est pas du tout un coup de coeur, et je ne pense pas qu'il me restera longtemps en mémoire. Et pourtant, j'ai pris énormément de plaisir à l'écouter. Parce que la lecture qu''en fait Véronique Olmi est magistrale, très habitée mais aussi très enveloppante. J'ai appris via l'interview de Véronique Olmi en fin d'enregistrement qu'elle est aussi auteure de pièces de théâtre et comédienne, ceci explique cela. L'interprétation du texte vaut à elle-seule cette écoute.

L'écriture aussi est magnifique, soignée, ciselée, chaque mot semble choisi avec précision. Le style est pénétrant, envoûtant. L'ensemble m'a paru... voluptueux... Oui, c'est le mot qui me vient à l'esprit.

J'ai aimé me sentir comme la confidente de Nelly, cette femme de 47 ans, qui se raconte sur un banc de la gare de l'Est, en pleine nuit. J'ai aimé la façon dont elle fait dérouler ses réflexions, ses observations sur la vie, la sienne, celle de ses proches... ou des inconnus. Nelly nous parle aussi de théâtre, son métier qui l'habite entièrement, jour et nuit, sauf le lundi. Chaque jour de la semaine est vécu par Nelly la comédienne comme un cheminement vers LE moment extrême, celui du lever de rideau, où tout disparaît, même le trac...

Mais ce soir-là, elle l'a aperçu, l'homme qu'elle avait enfoui au fond d'elle pour l'oublier, au point de ne même plus jamais prononcer son prénom. Et là voilà qui s'effondre, qui ne peut plus jouer... La panique attaque, le cauchemar de tout acteur de théâtre. La pièce s'interrompt.

Ce court roman est donc un bel hommage au théâtre et à celles et ceux qui le font. Il se concentre sur le fameux moment de "la bascule", ce moment et ses ingrédients qui font que plus rien n'est possible comme avant. J'aimais mieux quand c'était toi plonge dans l'âme et le corps, car il s'interroge sur la question : que faisons-nous de ceux que nous avons aimé après la rupture. Jusqu'à quelle profondeur les enfouissons-nous, et que faut-il pour les faire re surgir ? Cette deuxième partie, qui touche à l'amour passionnel, m'a moins beaucoup parlé que la première. Mais le style et l'interprétation étaient toujours aussi délicats et agréables à écouter.

J'aimais mieux quand c'était toi fait donc partie pour moi des romans agréables, mais qui ne me marquent pas au fer rouge, que l'on peut lire sans le regretter, et que l'on peut ignorer sans s'en mordre les doigts !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Août 2019

Roman - Editions Audiolib - 6h39 d'écoute - 15.81 €

Parution d'origine aux éditions de Minuit en janvier 2016

L'histoire :  Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s'occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l'empêcher d'accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n'est pas toujours très bien organisé.

 

Tentation : Envie de relire Jean Echenoz

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Il y a quelques années, je m'étais pris un réel coup de poing (et de coeur) avec 14, de Jean Echenoz. En piochant "Envoyée spéciale" dans ma PAL audio, j'étais à la recherche de la même sensation, de mots qui frappent comme des uppercuts, d'histoire qui vous vrillent autant le ventre que la gorge.

Et là, échec totale. A plusieurs reprises, je suis retournée sur un site internet relire 4ème de couv, pour être sûr que je ne n'étais pas trompée d'enregistrement, que l'histoire que j'écoutais correspondait bien à celle plus ou moins annoncée.

Dans mon immense déception suite à cette écoute, je pense qu'une erreur d'agenda/programmation de lecture n'est pas étrangère à cela... En effet, j'ai entamé "Envoyée spéciale) juste après avoir écouté  "L'extraordinaire voyage du fakir qui voyageait enfermé dans une armoire ikéa", roman burlesque lu par Dominique Pinon... Or, Envoyée Spéciale est aussi interprété par Dominique Pinon, sur les mêmes tons et rythmes, cette histoire est tout aussi ubuesque.... Aussi, pendant un temps, je me demandais si je n'étais pas encore en compagnie du fameux fakir... Perturbant... et surtout, saturation.

En fait, de la part d'Echenoz dont ma seule connaissance était le roman 14, je ne m'attendais pas à une histoire aussi déjantée. Tout semble n'avoir ni queue ni tête, être décousu, nébuleux. Je n'ai absolument pas vu où l'auteur voulait en venir, ni compris l'objectif de ce roman qui se veut drôle et sarcastique... Si je voyais ce genre d'histoire au ciné, je dirais "comédie série B". Evoluent une multitude de personnages farfelus, absolument pas attachants et que même en fin de lecture, je n'avais pas réussi à fixer dans un rôle précis pour certains. Certes, l'écriture est relativement soignée, mais le rythme m'a semblé exécrable et insupportables tant il y est bâti sur des digressions de digressions sensées être drôles mais qui à force, exaspèrent... même si j'avoue avoir souri 2 ou 3 fois. Bref, je n'ai pas accroché du tout à ce genre de parodie d'espionnage, on ne peut plus confuse, sans suspens ni émotion où rien ne semble dépasser le niveau de superficiel. A éviter !

P.S : si vous avez dans vos têtes des titres d'Echenoz qui ne me vaudront pas une telle déception, je suis preneuse, car désormais, je suis méfiante... Chat échaudé craint l'eau froide... Idem pour une lectrice ! 

 

L'avis enthousiaste de Keisha

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 2 Août 2019

Livre audio, Catherine Cusset, L'autre qu'on adorait, critique, chronique, avis de lecture

Roman - Editions Gallimard - 7h31 d'écoute - 14.13 €

Parution d'origine chez Gallimard en août 2016

L'histoire : Catherine, la narratrice, fait revivre Thomas en déroulant son histoire. Thomas fut son amant, puis son proche amis. Entre la France et les Etats-Unis, cet homme d'une vitalité exubérante, des projets plein la tête, survécu d'échec en espoir de réussite dans le monde universitaire américain jusqu'à mettre fin à ses jours à l'aube de ses quarante ans.

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Cette lecture me laisse un peu mitigée malgré la qualité certaine de l'oeuvre et de style. 

Le roman de Catherine Cusset, qui parle évidemment d'un personnage réel est donc partiellement autobiographique. Catherine Cusset raconte la vie de Thomas, telle qu'elle l'a perçue, telle que sans doute les témoignages de l'entourage l'ont décrite. Mais parler à la place d'un mort n'est pas aisé, surtout quand il s'agit d'un suicidé et que l'issue fatale est liée à une pathologie. Ici la bipolarité. Car il est impossible de se mettre dans la tête d'un bipolaire et de saisir pleinement ses souffrances, ses doutes, ses angoisses, ses excès d'énergie, d'enthousiasme débordant suivant des angoisses les plus profondes, de procrastination, des périodes de lassitude et d'inactivité, tout ceci prenant racine dans l'invisible et l'impalpable. Déjà un bipolaire a beaucoup de mal à expliquer cela, alors pour une plume extérieure, l'exercice est périlleux. Et je parle en connaissance de cause car bipolaire, je le suis. Et c'est là que le bât blesse dans ce roman... Il y manque l'émotion, la puissance dévastatrice de la douleur, l'intériorité. Thomas est décrit de l'extérieur, malgré ses confidences à la narratrice.

D'autant que le mot bipolarité et le diagnostic n'interviennent qu'aux trois quart de l'histoire, voire plus loin encore. Et c'est à ce moment que la lecture devient plus prenante et émouvante, quand on sent que la descente aux enfers de Thomas n'en finira jamais.

Nous suivons Thomas sur plus de vingt ans... Depuis globalement sa première crise maniaco-dépressive lors de vacances entre copains à l'étranger. Nous suivons toutes ses études, parsemées d'échecs et de petites réussites, et toute sa vie professionnelle sur le modèle de ses études. Au début, j'ai trouvé cela intéressant de découvrir le fonctionnement du système universitaire américain (thèse, doctorat, publication etc... )Mais comme cela se poursuit sur plus d'une décennie, j'ai fini par avoir l'impression d'écouter une longue litanie... Candidature, rentrée universitaire, cours, rédaction de thèse etc... Le tout couplé aux émois amoureux régulièrement enthousiastes puis désespérés de Thomas.

J'imagine que peut-être, les lecteurs qui méconnaissent les maladies bipolaires peuvent être déconcertés par cette lecture très chronologique et donc répétitive, où les indices de la pathologie peuvent presque paraître invisibles si l'on n'est pas un minimum informé sur la maladie... Et de ce fait, le personnage de Thomas peut paraître bien souvent fainéant, prétentieux, orgueilleux, irresponsable, bref, pas forcément attachant pour le lecteur, même si dans sa vie, Thomas est aimé et ne manque ni d'amis ni de connaissances. Alors que lorsque le diagnostic tombe, on souffre avec lui. Si j'avais été Catherine Cusset, j'aurais ouvert le roman sur le diagnostic, pour ensuite dérouler la vie de Thomas qui aurait été ainsi éclaircie et expliquée par cette maladie qui est, rappelons-le, classée par l'O.M.S comme l'une des 10 maladies les plus invalidantes du monde. Et là, et alors seulement là, "l'autre qu'on adorait" aurait été un roman utile pour que les maladies bipolaires soient mieux connues et mieux comprises par un plus grand nombre.

Je n'ai pas les mots exactes de Catherine Cusset, mais sur la fin, elle dit : "Lorsqu'un bipolaire meurt, c'est un rire qui disparaît de la terre". Et oui, en public, les bipolaires sont souvent très drôles, bout en train, débordants d'énergie. Ils apprennent à s'imiter eux-mêmes lors des moments difficiles, pour donner ce que l'on attend d'eux : humour et énergie.

L'avis de Sylire

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 25 Juillet 2019

Roman - Editions Audiolib - 5h42 d'écoute - 19.90 €

Parution d'origine aux éditions Le dilettante en mars 2014

L'histoire : Un fakir indien débarque à Roissy et prend directement un taxi pour Ikéa. L'objectif de son voyage payé chèrement par les gens de son village, acheter le dernier lit à clous du géant Suédois. Dès lors, commence alors pour lui un périple rocambolesque, qui le mènera en Angleterre, en Espagne, en Italie, en Libye. Le tout par des moyens de transport étonnants, dont cette fameuse armoire... En chemin, il fera des rencontres enrichissantes, amicales ou très menaçantes qui le changeront à jamais.

Tentation : La renommée de ce roman... Curiosité

Fournisseur : Bib N° 3

 

 

Mon humble avis : Je devais être l'une des dernières lectrices à avoir fait l'impasse sur ce fameux bestseller au titre intriguant, paru il y a quelques années, et qui a déjà été transposé au cinéma (Pas vu).

Ce roman est vraiment agréable à découvrir car très innovent. Le rythme y est trépident, rien ne s'arrête jamais. Pour le fakir comme pour le lecteur, point de repos, une péripétie suit une autre. On est toujours souvent dans le burlesques, une fait même des incursions dans l'ubuesque et puis soudain, l'auteur nous ramène à la triste réalité du monde... Car certes, notre fakir indien, aussi naïf qu'arnaqueur de métier, découvre un monde qui lui était tout à fait inconnu dans son désert des Tartares... Mais il croise la route de ces hommes et femmes qui fuient leur pays dans l'espoir d'un monde meilleur... Qu'ils fuient une famine, un régime totalitaire... Ils sont déterminés et sont en fait les nouveaux aventuriers du XXIème siècle... Ce qu'en dit Romain Puértolas est vraiment touchant.

Aussi, au delà de l'aspect comédie XXL, l'auteur nous touche avec le destin de ses migrants, via notamment le personnage de Virage. Il y a donc du sérieux et le sujet de l'exil, des sensations des exilés est justement développé. Et la morale de l'histoire est qu'il n'y a pas de bonheur plus intense que de donner, d'offrir, d'aider l'autre. Ce qui fait que ce roman est très proche du conte.

J'ai beaucoup aimé l'apparition de personnages réels dont l'identité est à peine camouflée par un pseudonyme (ex : Sophie Morceaux) et franchement, j'ai trouvé jouissive l'imagination débordante et débridée de l'auteur. Romain Puértolas joue énormément avec les mots et donc les jeux de mots. Au début, je m'en suis beaucoup amusée, pour finir par m'en lasser, cela apportant quelques longueurs inutiles au texte.

Pour conclure, ce roman est effectivement à découvrir si ce n'est déjà fait, c'est une lecture parfaite pour l'époque estivale. Une lecture plaisante et originale, qui détend le cerveau et change les idées, sans vous faire oublier les oubliés du monde pour autant.

 

PS : Une suite de ce roman est paru... je l'ai dans ma PAL audio, aussi, je vous en dirai plus dans quelque temps !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 11 Juillet 2019

Yasmina Khadra, Roman, Khalil, terrorisme, littérature

Roman - Edition Lizzie - 6h d'écoute - 19 €

 

Parution d'origine chez Julliard en août 2018

L'histoire : 13 novembre 2015. Des hommes venant de Belgique approchent en voiture de Paris. Dotés d'une ceinture d'explosifs, certains sont déposés  au stade de France et un autre près d'une station RER au centre de la capitale. Lui c'est Khalil. A l'instant fatidique, sa ceinture ne fonctionne pas. La voilà vivant malgré lui, seul etc... Ce roman se penche sur ce personnage. Qui est- il, d'où vient-il ? Comment en est-il arrivé là ?

Tentation : J'aime bien Khadra

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Un sujet très difficile, et si proche de la réalité... Tant de façon temporelle que dans le déroulé. 2015, c'est encore comme si c'était hier dans la mémoire collective. Aussi dans un premier temps, je me suis demandé si l'écriture d'un tel livre était adéquate, acceptable même au nom de la littérature. Et puis oui, tout à fait, même si cette lecture met vraiment à mal le lecteur, en le replongeant dans l'horreur de 2015, même si j'ai eu la chance d'en être géographiquement éloignée. Je me demandais même si j'avais envie d'en savoir plus sur mon pire ennemis, mon plus insidieux et lâche ennemi, quel que soit le prénom qu'il porte. Et encore une fois, oui.

Car Yasmina Khadra nous plonge entièrement dans l'âme, l'esprit, la vie, les convictions d'un kamikaze et au coeur d'une organisation terroriste islamiste. Il explique ce qui parait inexplicable. Après, comprenons-nous bien, expliquer et comprendre n'ont rien à voir avec justifier, excuser et/ou pardonner. Mais comprendre pourrait peut-être permettre d'éradiquer, de tuer le mal à la racine. Comme le dit l'auteur dans ces pages, l'important n'est pas comment cela finit, mais où cela commence.

Nous suivons donc le processus de radicalisation à travers les mots de Khalil le narrateur. Radicalisation pour appartenir à un groupe, être accepté, reconnu, apprécié, admiré de ses pairs "Les frères". Jusqu'au lavage de cerveau total, l'embrigadement qui ne laisse plus une place à la liberté de pensée ni au moindre discernement. Malgré l'explication, ce Khalil reste détestable d'aveuglement et d'obstination. Il donne froid dans le dos et des envies de baffes magistrales et de seaux d'eau glaciale sur la tête. Malgré son histoire, je n'ai eu aucune empathie pour lui. Même si, au cours du livre et d'un autre attentat en Belgique, il devient une victime collatérale par la perte d'un être cher, ce qui va un peu réveiller sa conscience.

Ce roman est évidemment prenant et très intéressant car il donne une des explications possible sur l'une des guerres qui n'épargne personne. Maintenant, j'avoue que le style m'a gêné. La belle plume soignée de Yasmina Khadra est évidemment là, mais est-elle adaptée au niveau socio culturel du narrateur ? Cette question m'a taraudée tout au long de mon audio lecture (d'où mes 3 pattes et non 4)

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 27 Juin 2019

Roman littérature avis de lecture, blog
Trois jours et une vie, de Pierre Lemaître

Roman - Editions Audiolib - 6h21 d'écoute - 19.40 €

Parution d'origine chez Albin Michel en mars 2016.

L'histoire : Un village de province entouré de forêts. Un jeune garçon isolé des autres. Lui aime construire des cabanes dans les bois alors que les autres sont sur leur play station. Et puis il y a la mort du chien des voisins, renversé par une voiture et que le maître achève d'un coup de fusil, sous le regard traumatisé d'Antoine.

C'est alors que l'enfant du voisin disparaît et ne réapparaîtra jamais. Stupeur dans tous le village, qui y voit l'annonce de catastrophes à venir...

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : Partenariat avec Audible

 

Mon humble avis : Ce qui m'épate avec Pierre Lemaitre, c'est le brio avec lequel il passe d'un genre littéraire à l'autre avec ce qui semble être une facilité déconcertante.... Le thriller, c'est avec Robe de marié que j'ai découvert Lemaître. Puis le roman historique avec "Au revoir là-haut". Et ici, un roman noir sur un fait divers, mais qui n'est ni historique ni thriller. Pas de rythme haletant, ce n'est pas le but, et pourtant, nous voici prisonniers de cette atmosphère pesante, sombre, de cette histoire et de ses personnages. De l'étude que fait l'auteur de chacun des protagonistes, jusqu'à leur profondeur la plus sombre. Les protagonistes individuellement, mais aussi collectivement, puisqu'ils forment un village où certains parlent beaucoup quand d'autres se taisent pour mieux observer. De l'attente, du secret que nous connaissons... Sera ou ne sera pas dévoilé ? Est-il connu d'un autre que nous et du principal intéressé ?

En tout cas, le drame, la situation de culpabilité pesante, un coupable involontaire tellement innocent que l'on partage ses peurs, son désarroi, sur plusieurs époques et donc jusqu'à l'âge adulte. Mais évidemment vient la question de la justice.

Un drame qui dure trois jours mais qui hante toute une vie... Le tout écrit avec justesse et délicatesse par un auteur qui n'a plus à faire ses preuves.  L'émotion est là sans être sur-exploitée. Je pense qu'ouvrir un Lemaitre est une garantie de qualité, et ce, quel que soit le genre littéraire. J'aimerais être une petite souris pour voir sur quoi ce Monsieur travaille actuellement !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 19 Juin 2019

Thriller - Editions Sixtrid - 12h00 d'écoute - 19.90 €

Parution d'origine aux éditions Point en 2006.

 

l'histoire :  Mpayipheli, véritable force de la nature, est un ancien tueur a gage du MK,  et du bloc de l'Est où il a été formé. Depuis deux ans, il s'est racheté une conscience et une vie tranquille, loin de toute brutalité : un job tranquille, une compagne et l'enfant de celle-ci. Un jour, il reçoit la visite de la fille d'un vieille ami, qui lui demande de porter un disque empli de  "secrets d'états" jusqu'à Lusaka pour sauver son père, retenu en otage là-bas. Mpayiphéli , par dette envers son ami, accepte la mission et se retrouve alors victime d'une véritable course poursuite entre lui et divers services secrets, à travers toute l'Afrique du Sud.

Tentation : Afrique du Sud

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Je poursuis ma découverte de la littérature sud-africaine. Certes, je choisis pour l'instant la facilité et le distrayant avec le genre thriller. Déon Meyer étant l'auteur sud-africain le plus réputé dans les polars, me voici donc à entrer dans cette "âme du chasseur".

Et bien pour que ce qui est de la facilité, avec l'âme du chasseur, je peux aller me rhabiller. Grosse erreur, ce roman est tout sauf aisé à lire ou à écouter... Je pense même que le format audio n'a pas facilité mon appréciation... Ne pouvant pas enregistrer visuellement les noms (et l'orthographe) des personnages ultra nombreux. Les premiers chapitres ont failli mener à mon abandon, tant je ne saisissais rien ni n'imprimais personne.

En fait, plus qu'un thriller, cette histoire est plutôt de l'espionnage, avec différents services mêlés, officiels ou non. Même la CIA est présente. En fait c'est bien simple, je n'ai rien compris à cette opération d'espionnage, ni le pourquoi ni le comment... Aussi, j'ai envie de dire... Tout ça pour ça...

Certes, il y a, comme dans tous bouquins du genre, un suspense qui conduit à poursuivre la lecture. Certes, le personnage de Mpayiphéli est attachant et intéressant. Certes, il y a l'Afrique du sud et sa complexité post apartheid en toile de fond, mais ça ne m'a pas suffi du tout. Car il y a ce méli-mélo d'opération d'espionnage. Et les moult répétitions dans les monologues intérieurs des personnages. Et de longs passages qui se résument à des descriptions dignes d'une carte routière (genre sur la N1, à l'embranchement, une route à droite, une route à gauche etc...

Pourtant, ce roman reçoit beaucoup d'éloges, dont ceux des grands maîtres du thriller made in USA. Mais il faut que je me fasse une raison, ma rencontre avec Déon Meyer frôle l'échec total.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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