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Publié le 16 Janvier 2023

Roman - Editions Audiolib - 9h44 d'écoute - 21.45 €

Parution d'origine Editions Grasset & Fasquelle en 2020

L'histoire : Paris 1950... Violet se cache dans un hôtel miteux. En vrai, elle s'appelle Elisabeth et elle a fui Chicago, sa vie dorée, un mari fortuné et Tim, son fils adoré. Pourquoi ? Quel est son passé, quelle sera sa vie d'étrangère dans une ville inconnue, et quel avenir l'attend ?

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de Rennes (ma PAL audio)

 

 

Mon humble avis : C'est l'histoire de Violet / Elisabeth qui m'a accompagné agréablement lors de mes déplacements de Noël dernier... Pile poil la bonne durée, à un quart d'heure près !

Un roman bien construit, qui tient en haleine. Nous ne connaitrons tout de la raison de la fuite de Chicago qu'en fin de première partie, même si, au fil des pages, des indices sont semés ici et là. Car le récit de la vie parisienne de Violet alterne présent et passé, par le biais de réminiscences. 

Cette première partie m'a beaucoup plu... Violet, son passé, ses rencontres parisiennes, la vie, les moeurs et coutumes des années 50 et la passion de l'héroïne pour la photographie (son appareil photo ne la quitte jamais ou presque). 

La deuxième partie se déroule environ vingt ans plus tard. Pour des raisons que je vous laisse découvrir, Violet / Elisabeth est de retour à Chicago. Là-bas, ce sont émeutes raciales et anti guerre du Vietnam qui font rage, le climat est très tendu. C'est très intéressant mais un peu plus ardu à suivre. En effet, ce roman est aussi bien documenté donc il détaille les tenants et les aboutissements de ces émeutes d'alors, les mouvements politiques et les meurtres des Kennedy, de Luther King etc, les mouvements hippies, les droits civiques etc... C'est vraiment une plongée dans l'Histoire, une Histoire à ne pas oublier et dont les conséquences sont encore très contemporaines. Mais ne maîtrisant pas bien cette période de l'Histoire américaine, j'ai dû "m'accrocher" un peu plus.

La femme révélée nous rappelle le drame du racisme, notamment aux Etats-Unis. Même si Chicago était sur la voie du "chemin de fer souterrain" et que les villes du Nord étaient censées être libératrices pour les esclaves du sud, il y régnait tout de même un racisme prégnant, et si la ségrégation n'y était pas officielle, elle officiait tout de même de façon très sournoise. Gaëlle Nohant nous révèle donc l'histoire des ghettos noirs de Chicago et de l'injustice qui en découlait.

Mais ce roman est avant tout un magnifique portrait d'une femme décidée, courageuse, fidèle à ses idéaux, résiliente, qui s'assume, qui affronte et qui s'affronte. Une femme moderne en fait. Elle est vraiment touchante cette héroïne. 

L'écriture de Gaëlle Nohant est soignée, lumineuse, poétique, émouvante sans mièvrerie.

Bref, une bonne pioche, et une lecture que je vous conseille !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 10 Janvier 2023

Roman SF - Editions Lizzie - 6h38 d'écoute - 19.99 €

Parution d'origine en 1898

L'histoire : 1894... Des météores venant de la Mars, la planète rouge, s'écrasent sur la terre, dans le Surrey anglais... Ce sont en fait des cylindres... habités par des énormes machines à trois énormes jambes, et des espèces de bras qui diffusent un "Rayon ardent" fatale et une fumée noire toxique. Les martiens ont débarqués.Les premiers anglais qui affluent par curiosité sont terrassés. Puis, tout n'est que destructions, mort, cahot, fuite et survie.... 

Tentation : curiosité et blogo

Fournisseur : Ma PAL audio (Bib de Rennes)

 

Mon humble avis : Plus qu'un réel plaisir, cette lecture fut vraiment expérimentale pour moi... Un classique de la Science-fiction écrit en 1898... 

Certes, le texte a vieilli, pour nous autres terriens qui au XXIème siècles sommes abreuvés depuis des décennies de telles histoires et surtout de films qui mettent tout cela en image mettant notre imagination au chômage. Quand on lit cela en 2022, il n'y a plus rien de novateur... mais tout au long de ma lecture, je me suis demandé comment un tel roman avait été reçu à son époque.

L'écriture m'a beaucoup plu, même si elle peut paraître désuète ! Mais elle est vraiment soignée, sans être ampoulée pour autant et très agréable à écouter. Une belle langue ! Mais une narration, celle d'un témoin qui rapporte son expérience puis celle de son frère, reste assez factuelle et froide. Les passages qui décrivent les martiens sont parfois rébarbatifs, car assez longs et récurrent dans le récit.

Le déroulement des faits et de l'histoire est assez peu intéressant. Mais c'est ce qui l'entoure qui est très parlant, qui était valable à l'époque et qui est encore très actuelle. C'est ce que Wells dit de nous humains qui donne la valeur de ce texte à mes yeux. La curiosité vers toute incongruité, les mouvements de panique désordonné face à tous nouveaux dangers (on l'a encore bien vu ces dernières années), les légendes qui se créent autour de l'incompréhensible, l'inconnu, la nouveauté. Le fait que l'Homme ne puisse imaginer qu'il existe d'autres êtres que lui dotés d'intelligence, la supposée suprématie humaine. Dans ces pages, le pire de l'Homme est représenté par ses martiens... qui dévastent tout là où ils débarquent... Il y est aussi question d'extermination d'une espèce... les martiens, victimes d'un microbe terrien contre lesquels ils ne sont pas immunisés... 

A l'époque, Wells dénonçait l'impérialisme et le colonialisme dans ce texte. En 2022, on peut aussi le lire dans un aspect très contemporain, d'autant que le dernier chapitre donne à réfléchir sur l'avenir d'alors, qui s'adapte très bien à notre siècle... Le changement climatique et les migrations qui en découlent, ainsi que les dégâts provoqués par l'humain partout où il passe, l'extinction d'espèces vivantes etc... Qui n'étaient peut-être pas les préoccupations de Wells en 1898, mais que ce roman illustre aussi à merveille.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Décembre 2022

Roman - Editions Audiolib - 5h13 mn d'écoute - 19.40 €

Parution d'origine aux Editions du Seuil en 2016

L'histoire : Un soir de Noël, alors qu'il rentre chez après un repas entre ami, Edouard rencontre dans la rue Reda. Ils discutent un peu puis Edouard lui propose de monter chez lui. Entre rapports consentis, confidences et rire, la nuit passe. Puis vers 6h00, Reda sort un révolver et le menace de mort. Il l'insulte Edouard, le vole, l'étrangle, le viole...

Le lendemain, pour Edouard, c'est le début des démarches médicales et judiciaires.

 

 

Tentation : Ma PAL audio

Fournisseur : Bib de Rennes

Mon humble avis : Il y a quelques années, le premier roman d'Edouard Louis ( En finir avec Eddy Bellegueule) m'avait tellement chamboulée et mise à mal que je n'avais pas réellement apprécié cette lecture, tant elle m'avait été inconfortable. Mais j'avais bien noté la justesse des mots et le talent de l'auteur. Voilà pourquoi j'ai mis tant de temps à me décider à audiolire ce titre ci : Histoire de la violence.

Mon sentiment est tout à fait différent mais plus net. Ce texte ne m'a pas violentée et remuée de façon déplaisante, car j'en suis restée extérieure. Il n'a provoqué en moi aucune émotion, et autant j'avais éprouvé une profonde empathie pour Eddy Bellegueulle, autant ici, rien... Peut-être que je suis trop vieux jeux parce qu'au fond de moi, je me dis "voilà ce qui arrive quand on fait monter un inconnu chez soi". Je ne dis pas que le narrateur mérite son sort, loin de là, mais j'estime qu'un minimum de bon sens et de prudence ne nuisent pas.

Bref, j'ai écouté cette autofiction sans y pénétrer. J'ai trouvé le style ainsi que l'interprétation qui en est ici faite d'une froideur médicale. Le choix de la narration alternée (entre le narrateur et sa soeur qui raconte ce qu'il lui a raconté) ne me semble pas judicieux, car l'alternance tombe à chaque fois comme un cheveux sur la soupe et alourdit le texte. De plus, le langage qu'emploie la soeur n'est pas maîtrisé : très populaire au point de faire d'énorme fautes de syntaxe,  (les si n'aiment pas les ré, que ça fait mal aux oreilles) elle en vient aussi à user d'un vocabulaire ou d'expressions châtiés peu crédibles au milieu du reste.

L'ensemble m'a paru plutôt désordonné, souvent redondant dans les propos, et la petite analyse sociale / raciale qui découle de cette agression ne mène pas bien loin, reste en surface. Quant au violeur qu'Edouard continue de penser victime à cause de la violence raciste ambiante, je n'adhère pas tout, même si cela reste de la littérature. Quelqu'un viole parce qu'il est mauvais ou fou, mais pas en fonction de ses origines raciales.

A mes yeux, Edouard Louis a ici oublié de sortir du nombrilisme de son propre vécu pour le mener à l'universel, ce qu'il était parvenu à faire avec son premier roman. On ne lâchait pas Eddy Bellegueule, on survole Histoire de la violence, dont le titre est franchement mal choisi. A la limite, Histoire d'une violence aurait déjà été plus adéquat.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 6 Décembre 2022

Roman - Editions Ecoutez lire - 3h10 d'écoute - 12.99 €

Parution aux Editions de la Table ronde en 2019

L'histoire : Le narrateur est éducateur spécialisé au chômage, près de Lorient. Mais il faut bien payer les factures. Alors, il va travailler à l'usine, en intérimaire. Celle du poisson, puis les abattoirs. En trois huit, à la chaîne, à la ligne... Et il raconte le bruit, la fatigue, l'usure du corps, la cadence infernale, le sang des bêtes, l'odeur qui s'immisce partout... Il pourrait devenir fou... Sauf que quand il travaille, c'est Charles Trainet, Appolinaire, Hugo, Dumas qui le sauve. Les longues études faites il y a des années ne sont pas vaines... Elles lui permettent d'avoir cette culture, cet échappatoire, et surtout d'écrire... à la ligne, comme il travail.

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de Rennes

Mon humble avis : Lors de sa sortie en 2019, ce roman a rencontré un énorme succès, tant en prix littéraires qu'en visibilité sur la blogosphère... Les billets que j'ai lus à cette époque précisaient que ce texte ne comportait aucune ponctuation, ni point, ni virgule.... Ecrit au kilomètre, à la ligne, comme le travail du narrateur. J'ai donc attendu pour audio lire "A la ligne" voulant être chez moi et non en voiture pour cette écoute... J'avais peur d'être perdue sans ponctuation... Et en fait, pas du tout ! En tous cas, l'interprétation qu'en fait Jacques Bonnaffé est excellente ! Certes, il est bien obligé de respirer ! Mais les tons, les modulations de voix ont été pour moi comme une ponctuation... et une cadence... Comme à la chaîne. Et de plus, le texte est tout de même découpé en courts chapitres. Donc aucun problème d'écoute sur la forme !

Quant au roman en lui-même, et bien il est magistral ! L'univers, le quotidien, la réalité racontés par le narrateur sont pourtant sombres, durs, limite glauques, et pourtant, il émane de ce texte une belle lumière, même si elle reste tamisée, on va dire qu'elle adoucit les moeurs ! Parce que même si le narrateur est colère, est triste, est douloureux, est épuisé, il n'est jamais aigri, ne manque vraiment pas d'humour - même si décalé ou noir, on ne se tord pas de rire, (ni de sarcasme pour dénoncer les injustices ou certaines situations ubuesques) et déborde de poésie. Quelle écriture, mais quelle écriture ! Décrire des usines, des machines, des tonnes de poissons ou des pièces de viandes et y mettre autant de poésie rend tout plus fort, tout plus percutant, voir transperçant. La douceur, la force et la joliesse des mots pour décrire la laideur, c'est assez inédit pour moi et tellement bien mené ! Un fond qui s'adapte à la forme, tous deux si bien maîtrisé. Il y aurait tant à dire sur ces lignes !

A la ligne est un formidable hommage aux invisibles qui triment en trois huit à l'usine pour que l'on puisse avoir notre crabe sur la table... Un hommage aux ouvriers qui subissent parce qu'ils n'ont pas le choix, et qui sont fiers d'avoir un travail, aussi dur et inhumain soit-il. C'est un texte sociétal, sur les rapports sociaux entre cols blancs et cols bleus, les absurdités du monde du travail, et la soumission "volontaire". C'est aussi une belle déclaration d'amitié, de respect, de fraternité et d'amour, envers les collègues d'infortunes et la femme du narrateur. Certains passages sont bouleversants d'humanité, d'humilité, de vérité sans fard. Lorsque le narrateur s'adresse à sa mère, ma gorge s'est nouée.

Lisez ce livre, point à la ligne !.

Fort possible qu'à la ligne soit fortement autobiographique puisque l'auteur à lui-même été ouvrier spécialisé dans l'industrie agroalimentaire. Hélas, cette plume talentueuse ne nous régalera et ne nous remuera plus... Joseph Ponthus est décédé il y aura bientôt deux ans. A la ligne est donc son premier et son dernier roman. Mais tellement unique ! Joseph Ponthus a tout de même assisté à l'énorme succès de son texte, cela me console... juste un peu.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 18 Novembre 2022

Roman - Editions audiolib - 3h48 d'écoute - 17.10  €

Parution Audiolib 2018 (L'iconoclaste 2017)

L'histoire : Eté 1965. Shell a 10 ans... et est différent. Il en a marre des moqueries, ou qu'on lui dise qu'il n'est pas assez grand, pas un homme etc... Alors, c'est décidé, il part faire la guerre ! Il s'enfuit donc de la station service où il vit avec ses parents. Ses pas ne le mèneront pas à la guerre, mais là-haut, sur le plateau... Là, il se battra contre le silence et le maquis, contre lui-même et grandira. Et surtout, il rencontre Viviane, une curieuse adolescente, qui apparaît et disparaît. Viviane devient sa meilleure amie, sa première amie, sa seule amie. Sa reine.

 

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : C'est un beau roman, une belle histoire, touchante. Shell est handicapé mental : il grandit dans son corps mais pas dans sa tête. Il est moqué à l'école, fait des bêtises qu'il ne comprend pas... Et ses parents songent à l'envoyer loin près de chez sa très grande soeur, mais dans un institut spécialisé. Alors Shell fugue de chez lui, dans l'idée d'aller faire la guerre pour montrer sa force, devenir un homme et mériter le respect. C'est là-haut, sur le plateau, qu'il rencontre Viviane. Viviane qui le prend tel qu'il est, qui le fait rêver, et à qui il a promis d'obéir et de ne pas poser de question, comme à une reine.

L'amitié décrite est belle et rend l'histoire onirique et poétique et puise ses ressources dans l'imagination sans borne de l'enfant... On s'attache évidemment au petit Shell, à ses défaillances, à ses rêves, à son entêtement. A travers lui, Jean-Baptiste Andréa raconte une histoire initiatique qui porte sur la différence. L'acception de celle des autres, de la sienne. La différence sous toutes ses formes, car également dans le mode de vie etc... Car la différence amène le rejet. C'est aussi le passage de l'enfance à l'adolescence, avec les premiers émois, que conte ici l'auteur.

Je n'ai pas totalement adhéré à ce roman et à son aspect un peu magique, peut-être parce qu'à la base, je ne suis pas adepte des livres dont les narrateurs sont des enfants. Et puis quelque chose dans les intentions de l'écrivain m'a peut-être échappé... En effet, il est sujet de l'acceptation des différences... Mais alors pourquoi Viviane est elle aussi cruelle (à mes yeux) avec Shell, l'obligeant à lui obéir au doigt et à l'oeil,  plus tard, en l'ignorant et enfin en lui demandant l'impossible... Ceci aurait dû être plus développé à mon goût, peut-être en donnant la parole à Viviane, ce qui aurait interrompu parfois le récit de Shell, que j'ai trouvé long par moment, et puis un peu répétitif. Mais la plume est belle et adaptée au sujet.

La fin m'a laissée très perplexe, voire désemparée.

Bref, comme je ne suis pas très sensible à ce genre roman, je vous laisse vous faire votre propre idée, votre lecture pourrait très bien vous enchanter.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Novembre 2022

Roman - Editions Audiolib - 10h44 d'écoute - 21.50 €

Parution Audiolib 2018 (Albin Michel 2017)

L'histoire : Mi XIXème siècle. Cora, 16 ans, est une esclave dans une plantation de coton en Géorgie. Sa mère s'est enfuie il y a des années, laissant sa fille seule affronter le pire... Cora rencontre Caesar, un jeune esclave qui lui propose de s'enfuir avec lui... Cora finit par accepter. Cette histoire est celle de leur fuite à travers les Etats du Sud, dans l'espoir de rejoindre les Etats abolitionniste du Nord.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib de Rennes

 

Mon humble avis : Un prix Pulitzer, le National Book Award et les éloges de la blogosphère... Voilà, j'ai audiolu ce roman... aussi captivant, qu'instructif, que bouleversant. Une histoire qui noue la gorge, révolte, indigne... Qui fait prendre une nouvelle fois conscience, si besoin était, de la chance d'être née blanche en France dans la 2ème partie du XXème siècle. Oh, on peut se dire, en cours de lecture, que c'est du passé... Pas tant que ça dans certains pays... Et comme l'Histoire est un éternel recommencement, méfiance...

Nous suivons donc Cora, jeune fille de couleur. Cora, une héroïne qui marque, qu'on n'oublie pas. Sa grand-mère fut arrachée aux terres Africaine pour atterrir dans une plantation de coton en Géorgie, donna naissance à Mabelle, qui elle-même mit Cora au monde... Une lignée de femmes esclaves de génération en génération.

Le roman s'ouvre sur la destinée de ses esclaves, leurs parcours (depuis la traversée de l'Atlantique jusqu'aux ventes et reventes entre différents propriétaires terriens blancs), leur (non) vie, faite de travail sous la menace, de privations, de maltraitance, de chaines, de viols, de tortures, de non droit, de non existence légale, de meurtres... Le tout, sous la bénédiction hypocrite de la Sainte Bible "réécrite" pour les blancs. Oui, c'est dur à lire ou à écouter, mais c'est la vérité. 

Puis l'histoire se concentre sur Cora, qui rencontre Caesar qui lui propose de s'enfuir de la plantation avec lui. Nous suivons donc les mésaventures de cette fuite depuis la Géorgie, en passant par la perfide Caroline du Sud (qui prétend accueillir les noirs pour les libérer, les instruire, tout en les incitant sournoisement à la stérilisation pour éviter l'explosion démographique noire), par la Caroline du Nord où un bon noir est un noir pendu, par le Tennessee et enfin dans l'Indiana. Le tout, poursuivis par un ignoble chasseur de prime, mandaté par le maître de Cora pour lui ramener "son bien". Cora et Caesar rencontreront tout de même des gens bien, qui risquent également leur vie pour leur venir en aide, d'étape en étape. C'est l'Underground Railraod. 

Colson Whitehead s'inspire de la réalité historique dans ce roman, même s'il lui donne une touche romanesque. En effet, l'Underground railroad a réellement existé et permit à plus de 100 000 esclaves fugitifs de rejoindre des Etats libres/ abolitionnistes. Il s'agissait d'un réseau de passeurs (en résumé) qui usait d'un vocabulaire ferroviaire.  Colson Whitehead en a fait un vrai train clandestin souterrain. Et il le fait si bien, que j'y ai cru, mais avec un léger doute, qui m'a conduite à une petite recherche rapide sur le net (ici si vous voulez en savoir plus)

J'ai été happée par ce roman, bouleversée par le destin tragique de Cora (et de tant d'autres), me demandant toujours quelle serait l'issue de son histoire, je l'ai finie la gorge nouée et comme terrassée... Underground railroad est servi magistralement tant par la plume (très agréable et fluide) de Colson Whitehead que par l'interprétation qu'en fait, dans cette version audio, l'actrice Aïssa Maïga. C'est simple, quand on monte dans ce train (ce livre), on n'en descend pas.... jusqu'au terminus.

Underground railroad est ma première incursion littéraire dans cette époque américaine. Aucun regret, j'ai beaucoup appris... et aussi, mon premier livre de Colson Whitehead... et certainement pas le dernier !

Un roman à lire absolument, qui donne un bon coup de pied dans le mythe américain et développe les questions raciales de façon aussi intelligente, que prenante, et surtout, rondement menée. Il y a, là aussi, un devoir de mémoire...

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 13 Octobre 2022

Policier - Editions Gallimard écoutez lire - 4 h d'écoute.

Publication d'origine en 1940.

L'histoire : N'ayant trouvé d'autre consolation que le vin depuis que sa femme l'a quitté, l'avocat Hector Loursat a cessé de plaider. Il vit à Moulins, dans une grande maison aux trois quarts inhabitée, avec sa fille Nicole qu'il n'aime pas. Un soir, tout son univers bascule : il découvre un inconnu qui vient d'être assassiné. C'est la révélation de toute la vie secrète de Nicole...

Tentation : Pourquoi pas ?!

Fournisseur : Bib de Rennes... Donc ma PAL audio !

 

Mon humble avis : Un Simenon sans Maigret. Un Simenon que j'affiche comme un policier mais qui n'en n'est pas vraiment un. On assiste à une succincte enquête d'un avocat, dont la plus grande partie nous reste cachée... et à son formidable retour sur scène lors du procès ! Mais l'aspect caché de l'enquête et donc du raisonnement et de déduction de l'avocat est un peu frustrant.

Les inconnus dans la maison est avant tout un roman atmosphérique. C'est la solitude, l'alcool, la province à la fin des années 30 que Simenon décrit à la perfection. On "sent' tout ! L'ennui, la gêne, l'alcool, l'odeur, le silence entre les personnages etc.

L'intrigue de fond ne m'a pas particulièrement passionnée, peut-être parce qu'elle date un peu. De plus, j'ai eu du mal à la suivre... Les personnages sont très nombreux, difficiles de se retrouver dans cette bande de jeunes, dont certains ont comme nom de famille un prénom, et que Simenon évoque tantôt par le nom, tantôt par le prénom... J'ai mis du temps à comprendre, donc j'ai dû louper certaines subtilités de l'histoire.  D'autant que j'ai lu ce titre dans son format audio... dans ma voiture. Et qu'en cours de lecture, j'ai eu un accrochage avec ladite voiture et un portail, et que ma clé USB est restée dans ma voiture, 4 semaines au garage... Donc contexte pas idéal j'en conviens.

Cependant, je dois avouer que cette version audio est bien sympa, qu'elle correspond parfaitement au côté un peu désuet de l'époque décrite. Douze comédiens se succèdent, il y a les bruitages, les tics tacs d'une vieille horloge, le volume de la voix des personnages varient en fonction de leur position supposée dans la pièce etc. J'ai eu comme l'agréable sensation d'être au théâtre en fait ! Mais un théâtre lent ! Si vous cherchez du rythme et des rebondissements, passez votre chemin !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 20 Août 2022

Roman - EditioAudio - 4h15 d'écoute

Parution d'origine en 2008 chez Julliard

L'histoire : Los Angeles, début des années 90... Un meurtre. D'un côté, le narrateur, un flic qui mène l'enquête. De l'autre, Jack, acteur réputé, est entendu comme témoin dans l'affaire. Entre eux, c'est un coup de foudre, et le début d'une passion dévastatrice.

 

 

Tentation : Ma PAL audio

Fournisseur : La bib de Rennes

Mon humble avis : Deux hommes qui n'auraient jamais dû se rencontrer, et qui mènent chacun de leur côté la vie qu'ils ont jusque-là choisie. L'un est policier et attend un premier enfant avec sa compagne, l'autre acteur célèbre. La passion sera fulgurante autant qu'elle devra rester secrète... Pour éviter de faire la une des tabloïds et protéger sa carrière, l'autre parce qu'il mène l'enquête sur le meurtre et qu'il est en couple hétérosexuel. Et aucun des deux n'imaginait l'ampleur que prendrait leur relation... Que jamais ils ne regretteront, quoiqu'il en coûte.

Philippe Besson nous conte ici l'histoire de deux hommes bousculés par leur vie, et révélés à eux même par une rencontre accidentelle, une rencontre qui chamboulera tout et une relation, qui les feront surfer sur le fil du rasoir, qu'ils seront prêts à tout pour la protéger, la nourrir.

J'aime Philippe Besson... J'aime le regarder, bel homme, j'aime l'écouter à la télé dans les émissions littéraires, et j'aime le lire, mais je ne suis pas friande des sujets de ses romans qui ne me touchent pas tant que cela... Sans doute parce que j'ai du mal à concevoir que l'on se mettre autant dans le pétrin par amour quand on est conscient des risques encourus... Et l'idée de double vie et de mensonges à ce point n'entre pas dans ma galaxie.

Mais il n'empêche, je bois les textes de Philippe Besson car ils sont toujours magistralement construits. Et surtout, j'aime ses mots, sa poésie, sa façon de dire les choses, de les taire ou de les suggérer. Une délicatesse, une précision d'une efficacité remarquable. Si vous êtes sensibles aux histoires de passions amoureuses, ce livre vous plaira encore plus qu'à moi. Sinon, plongez-y tout de même, pour le plaisir de nager dans une écriture raffinée, qui rend hommage à notre belle langue française.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 27 Juin 2022

Policier - Editions Sixtrid - 7h40 d'écoute - 19.95 €

Parution Sixtrid en 2019 (Editions du Seuil en 2018)

L'histoire : Le propriétaire d'un bar à chats lillois et retrouvé mort, gisant dans une mare de sang... une balle ayant eu raison de lui... La thèse du suicide est vite reboutée par le médecin légiste. De plus, Ruru, la star du bar à chats, un persan, est porté disparu... Une enquête où la commissaire Romano et son adjoint Tellier vont devoir faire preuve de finesse et de persévérance !

 

 

Tentation : Le titre et le pitch

Fournisseur : La bib de Rennes

Mon humble avis : Le titre m'a fait me saisir de ce livre et la 4ème de couv m'a décidée : l'enquête se déroule à Lille et ses environs, région où j'ai grandi jusqu'à mes 25 ans environ, même si j'avais arrêté de grandir depuis longtemps !

Voici une enquête vraiment sympa à lire ou à écouter... Elle est narrée avec une certaine nonchalance, nous épargne les horreurs qui peuvent être inhérentes au genre policier. Et Sophie Chabanel n'est pas avare d'humour et de quelques loufoqueries.

L'histoire laisse une place certaines à la vie privée des personnages, vie privée qui parfois rejoint le coeur du sujet, ce qui permet d'avoir des protagonistes consistants et bien croqués... Et de plus, bien sympathiques, chacun à sa manière. D'autant que la commissaire et son adjoint sont à l'opposé l'un de l'autre, mais moderne aussi chacun à sa manière : l'une en étant libérée, l'autre en refusant la modernité de notre époque... ce qui leur permet de former une équipe efficace qui surmonte les quiproquos et décalages qui amusent gentiment le lecteur

Les pistes se multiplient, qu'elles soient fausses ou bonnes et maintiennent l'intérêt tout au long de la lecture.

J'ai vivement apprécié parcourir ma région d'origine.  Et "les griffes du chat" s'attarde un peu mais pas trop sur l'Histoire vécue par la ville de Bailleul lors de la Grande Guerre, ce qui m'a intéressée vivement.

Internet me dit que la Commissaire Romano est devenue un personnage récurrent de la romancière ! A voir donc !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 24 Mai 2022

Roman - Editions Audiolib - 5h48 d'écoute - 18 €

Parution Grasset & Fasquelle en 2017, Audiolib en 2018

L'histoire : En 1949, Josef Mengele arrive en Argentine. L'ancien tortionnaire d'Auschwitz, cachés sous divers pseudonymes, pensent pouvoir y couler des jours heureux et paisibles... Il faut dire que l'Argentine de Peron y est propice... Mais cela ne durera qu'un temps... Jusqu'à ce que le monde sorte de sa torpeur et ôte les oeillères confortables de l'oubli. La traque aux SS nazis ne fait que commencer...

 

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Bib' de Dinard

Mon humble avis : Il y a quelque temps encore, le nom seul de Mengele ne me disait rien... Et puis, je l'ai rencontré dans un roman sur Auschwitz, et je l'ai retenu. Alors quand j'ai vu ce titre en bibliothèque, je me suis dit que c'était évidemment l'occasion de combler mon inculture...

C'est un roman biographique que nous présente ici Olivier Guez. Les faits sont vrais, même si mis en scène de façon à convenir à la forme romanesque. 

Nous suivons Josef Mengele durant les trente années où il a vécu plus ou moins (en fonction des périodes et des dirigeants en place) caché en Amérique du Sud. D'abord en Argentine, puis au Paraguay et enfin, au Brésil, où il mourut dans la misère, sur une plage, en 1979. Il n'aura été arrêté, n'aura jamais n'avoir payé les crimes odieux qu'il a commis contre l'humanité lors de la deuxième Guerre Mondiale. Mais la vie lui a assuré une fin minable...

Ce texte est extrêmement documenté. Il est donc très intéressant en ce sens... Nous vivons dans l'Argentine Péroniste (toujours bon d'avoir des piqûres de rappels géopolitiques sur ces temps qui deviennent lointains)... Et nous traversons trente ans de la vie du criminel de guerre... J'ai découvert qu'il a fallu un certain temps après la guerre pour que les nazis soient vraiment pourchassés de par le monde. Ces derniers avaient toute une ribambelle de soutiens et de réseaux qui organisaient leurs vies de planqués, avec aussi une aide financière magistrale de leurs familles, celle de Mengele était richissime.

Mengele aurait pu se faire prendre, c'était à deux doigts... Mais l'Histoire en a décidé autrement, envoyant le Mossad sur une autre traque.

Ce qui est effarant, c'est de constater que même que tout au long de ces années, Mengele et ses amis ne se sont jamais repentis, sont toujours restés sûrs de leurs convictions et de l'utilité et du bien-fondé des horreurs qu'ils ont perpétrées au nom du IIIème Reich.

Olivier Guez s'intéresse donc à l'homme Mengele, médecin tortionnaire de pouvoir malgré une parfaite médiocrité générale. Qu'est ce qui a fait de lui ce monstre sanguinaire ? D'où vient ce mal dont s'est fait la main. Aurait-il évolué différemment s'il était né à une autre époque, s'il n'avait pas croisé l'Histoire sur son chemin de vie ? Ne vous y méprenez pas, Olivier Guez ne nous invite à aucune empathie envers cet homme. Mais il s'interroge.

Un texte à lire bien évidemment, pour son intérêt historique et culturel, et la façon dont il est mené, comme un roman, avec son adrénaline, son suspense etc... mais je déconseille le format audio pour deux raisons : la lecture qu'en fait Olivier Guez est assez monotone... Et puis, il y a nombre de patronymes allemands d'ancien SS hauts gradés de l'entourage de Mengele, et franchement, je m'y perdais tellement entre eux tous que j'ai fini par ne plus faire l'effort de m'y retrouver. Sans doute la version papier permet la mémoire visuelle de ces patronymes.

Mengele n'était qu'un nazi parmi les autres, même si l'un des pires... Mais combien sont-ils comme lui, à avoir trouvé refuge en Amérique Latine et à n'avoir jamais été jugés pour les crimes qu'ils ont commis... Un devoir de mémoire aussi que ce roman.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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