Articles avec #livres audio, lectures audio tag

Publié le 3 Février 2024

Roman - Editions Ecoutez lire - 6h41 d'écoute - 23.15 €

Parution d'origine Gallimard en 2008

Le sujet : Au travers de photos et de souvenirs laissés par les événements, les mots et les choses, Annie Ernaux nous fait ressentir le passage des années, de l'après-guerre à aujourd'hui. En même temps, elle inscrit l'existence dans une forme nouvelle d'autobiographie, impersonnelle et collective.

 

Tentation : Curiosité

Fournisseur : Bib de Dinard

 

Mon humble avis : Suis entrée dans ce livre à l'aveugle, sans trop savoir ce que j'en attendais... Et là, dès le début, j'ai su que "Les années" serait une claque littéraire et un énorme coup de coeur !

L'écrivaine, Nobelisée depuis, dépeint le fil les années, depuis la 2ème Guerre Mondiale jusqu'au milieu des années 2000. Elle y décrit le collectif, le mondial, le local, et le personnel, mais toujours par rapport à l'ensemble. D'ailleurs, ce personnel est comme observé de l'extérieur, et passe à travers le "elle" ou le "nous", jamais le "je". C'est une frise chronologique, où peu de dates sont citées, mais les événements situent chacun des faits précisément, ou dans une époque plus large. 

C'est vraiment un tour d'horizon complet sur plus de 60 ans que dresse ici Annie Ernaux, à travers un regard lucide, réaliste, étudié. Le temps qui passe parfois subtilement, sans qu'on le remarque, et l'on se dit alors, tiens, c'était comme ci avant, ou tiens, on ne fait plus cela. Et il y a les changement brusques, radicaux, comme avec le 11 septembre 2001, où il y a un avant et un après.

Tout y passe ou presque... Les guerres, les indépendances, l'évolution des mentalités, des moeurs, le progrès, le confort, le social, la politique, les élections, les fléaux qui changent mentalités et comportement (le sida), la culture, la société de consommation, le féminisme, la mondialisation, j'en passe et des meilleurs, la liste pourrait être longue. Et en filigrane dans tout cela, les années qui passent dans la vie d'une femme, les étapes traversées ou surmontées : l'enfance, l'adolescence, les études, le mariage, la parentalité, le divorce, la maladie, la grand-parentalité, la retraite... Petites ou grandes, fondamentales ou anecdotiques, histoires collectives et individuelles se répondent, prennent le devant de la scène ou se mettent en retrait, mais n'oublient pas de côtoyer l'Histoire.

Sur le papier "Les années" d'Annie Ernaux pourraient passer pour une longue litanie ennuyeuse à mourir. Et bien c'est tout le contraire. Cette lecture m'a passionnée, émue, bouleversée aussi. Mais surtout sidérée. Ce fut vraiment vertigineux. Déjà parce que l'écriture est sublime. La précision langagière est époustouflante et délicieuse, qui révèle tant de la beauté et de la richesse de notre langue. Et pourtant le style reste très fluide et agréable. Je suis profondément admirative devant le travail "monstre" que la rédaction de ce roman a dû demander... Réunir tous ces faits, trouver et choisir les termes idoines. Pfff, ça me parait aussi vertigineux !

En tant que jeune quinquagénaire... J'ai lu "Les années" en me disant... Voilà ce qu'ont vécu les générations de mes parents et de mes grands-parents. Voilà ce que j'ai eu la chance de ne pas vivre. Voilà les libertés pour lesquelles je n'ai pas eu à me battre. Voilà le confort dans lequel je suis venue au monde. Voilà tout ce qui s'est passé, ces évolutions matérielles, scientifiques, sociales, politiques, idéales qui m'ont entourée, depuis que je suis née française.  Voilà ce que j'ai vécu sans m'en rendre compte, sans y prêter attention, en l'oubliant, ou au contraire, en me rebellant, en m'investissant. Voilà ce que l'on a gagné, ce que l'on a perdu, ce qui est là mais loin d'être acquis. Voilà le monde de fou dans lequel je vis (ex les aliments sont soit allégés, soit renforcés), avec ses contradictions, ses non-sens, sa rapidité, qui est même devenu frénétique... Oui, le monde est de plus en plus grand, les possibilités se multiplient de façon exponentielle, et les années passent au même rythme mais tout va de plus en plus vite.

Les années d'Annie Ernaux, pour moi, c'est une oeuvre magistrale, essentielle, et je le redis car c'est vraiment le mot qui résonne en moi : vertigineuse ! Très très heureuse je suis d'avoir lu ce livre... qui serait peut-être bien à relire... ou à parcourir de temps en temps.

Bon, ben c'est pas encore aujourd'hui que j'aurais fait un billet plus court 😁 Ce qui est dans l'absolu mon objectif !😅

D'Annie Ernaux, je vous conseille également le roman "La place"

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 22 Janvier 2024

Roman - Editions Audiolib - 5h24 d'écoute - 20.45 €

Parution Payot & Rivages en 2022

L'histoire : Celle de la famille Lonsonnier, sur plusieurs générations, à Santiago du Chili. Le patriarche y est arrivé à la fin du XIXème, avec un pied de vigne et quelques sous en poche. Nous suivrons le destin de son fils Lazare (qui passera par les tranchées en France), de Thérèse, l'épouse de ce dernier, de leur fille Margot (aviatrice) et de son fils illégitime Ilario Da. Ce dernier, révolutionnaire, subira de plein fouet la violence de la dictature.

Tentation : Miguel Bonnefoy

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : En 2019, j'avais eu un tel coup de coeur pour Sucre Noir, de Miguel Bonnefoy que depuis, quand je peux, j'essaie de lire ses autres ouvrages... Mais je ne retrouve jamais le même enthousiasme hélas, malgré les qualités romanesques, stylistiques et narratives de l'auteur.

Mon audio lecture d'Héritage fut très inégale... Avec des passages flamboyants et jubilatoires et d'autres très longs et qui m'ont paru bien confus... Impression peut-être liée au format de lecture... La profusion de personnages secondaires n'est peut-être pas étrangère à cela.

J'apprécie toujours l'allégresse avec laquelle Miguel Bonnefoy présente la fantaisie de ses personnages, fantaisie qui apporte de la légèreté à des situations qui peuvent être tragiques, ainsi que le talent de conteur incontestable de l'auteur. Avec lui, on a toujours l'impression d'être plus dans un conte, une fable ancienne, que dans un roman pur et dur. C'est que sa plume est belle, dynamique, et à nulle autre comparable.

Cette fois ci, les personnages sont confrontés à l'Histoire et à son absurdité.  Chacun fera son choix, toujours dans le libre arbitre. Le vingtième siècle se déroule en filigrane, mais les deux conflits mondiaux viennent par contre au premier plan... Tout comme l'avènement de Pinochet au pouvoir au Chili et les conséquences terribles (pour des pages qui le sont tout autant) pour Ilario Da.

C'est une Saga familiale, qui prend racine sur un malentendu, avec ses aventures, ses mésaventures, ses péripéties, ses drames, son exil, ses retours. Mais autant d'années parcourues en si peu de pages, forcément il y a recours à l'ellipse. Et une impression pour moi de survol, avec des personnages qui pourraient être plus creusés et de ce fait, plus attachants. J'ai un peu l'impression d'être resté sur le factuel, une succession de faits, et de n'être point entrée dans l'émotion (exceptées les pages consacrées à l'emprisonnement d'Ilario da). Peut-être que tout passe trop vite pour digérer et se figurer cette histoire et ses protagonistes dans le cerveau.

Soit je n'ai pas la culture littéraire nécessaire, soit je n'ai pas saisi tous les aspects du réalisme magique contenu dans ce roman, soit le support de lecture ne convenait pas, mais il m'a manqué trop de choses pour apprécier ce roman à sa juste valeur, et pour justement voir nettement cette notion d'Héritage.

Malgré une lecture en demi-teinte et un billet complètement brouillon, j'attends tout de même le prochain roman de Miguel Bonnefoy !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 18 Janvier 2024

Polar - Editions Sixtrid - 11h38 d'écoute - 20.95 €

Parution Sixtrid 2015 (Editions du Seuil 2014)

L'histoire : Paul Anthony Moriss, ressortissant britannique, est porté disparu alors que ces 3 gardes du corps, parmi les meilleurs d'Afrique du Sud ont été abattus dans un domaine viticole guesthouse.

Benny Grissel mène l'enquête avec ses collègues, mais il semble que hiérarchie et consulats ne souhaitent pas trop qu'elle aboutisse...

Pendant ce temps, au Cape, Tyron, pickpocket, vole le sac à main d'une touriste... Peu de temps après, sa soeur est enlevée... Qui avait-il dans ce sac ? Et quel lien avec Paul Anthony Moriss ou qui que ce soit qui se cache derrière ce pseudonyme ?

 

Tentation : Une envie d'ailleurs, d'Afrique du Sud

Fournisseur : Ma PAL Audio, bib de Rennes

Mon humble avis : Manifestement, il s'agit du quatrième roman de Deon Meyer mettant en scène le policier Benny Grissel. Je n'ai pas lu les précédents, cela ne m'a gêné en rien pour apprécier celui-ci.

Certes, au début, j'ai été un peu perdue... mais plus par l'affluence des personnages et des acronymes et autres initiales des différents services policiers et diplomatiques d'Afrique du Sud, ainsi que de quelques services secrets. Et puis, j'ai décidé que cela était secondaire à la compréhension générale de l'intrigue, aussi, je me suis laissée aller au plaisir simple de l'enquête, ses rebondissements, son suspens grandissant (certains passages sont vraiment palpitants), son originalité, et ce qu'elle dit du monde actuel, de la dépravation de la finance, qu'elle soit commerciale ou étatique et du crime organisé.

Kobra, c'est le nom du tueur à gage diablement efficace et implacable, qui laisse des douilles gravées d'un cobra sur les lieux de ses crimes. Manifestement pas ces premiers, puisqu'Interpole le recherche activement. (Précision pour les âmes sensibles : certes il y a quelques cadavres, mais aucune description gore et insoutenable)... Et pas non plus de serpent livrés au petit déjeuner  !

On est bien dans la nation arc en ciel, en témoignent les mentalités, les traumatismes racistes encore prégnants, et les expressions Zoulous ou afrikaans qui parsèment le texte, garantissant aux lecteurs français une dose d'exotisme sans être incompréhensibles.

Benny Grissel découvrira vite que derrière le disparu se cache un mathématicien de renommée internationale, inventeur d'un algorithme financier qui permettrait de lutter contre les délits bancaires etc. Autant dire que tombé dans les mauvaises mains, il peut franchement déranger cet algorithme. D'ailleurs, de nombreux Etats fichés par le mathématicien seraient sans doute aussi prêts à tout pour le récupérer. Et ce Kobra, il semble bien en fait qu'il ne soit pas seul, mais finalement, une poignée d'hommes sur entrainés...

Quant à pickpocket Tyron, pas de chance pour lui, il a vraiment piqué le mauvais sac au mauvais moment. Parviendra-t-il à sauver sa soeur des griffes des Kobras, le mathématicien sera -t-il retrouvé mort ou vif ? Vous le saurez en lisant cette intrigue bien intéressante et bien menée, dont le rythme s'accélère au point de devenir trépidant, et dont le dénouement éclaircit vraiment tout, avec une explication complète, ne laissant pas le lecteur sur le carreau.  Un polar de très bonne facture.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 14 Décembre 2023

Thriller - Editions Audiolib - 10h43 d'écoute - 22.95 €

Parution d'origine Calmann-Levy 2023

L'histoire : En Suède 8 ans plus tôt... Lykke, éditrice, et Gabriel, son mari mais aussi auteur très renommé, organise une petite fête dans leur maison. Y assistent Harry et David, leurs fils jumeaux de 17 ans, leur amie Bonnie. Les trois adolescents dorment dans la Stuga, petite maisonnette sur le terrain de la propriété. Le lendemain matin, Bonnie est retrouvée morte. La stuga est fermée à clé de l'intérieur, et toutes les fenêtres sont closes. Evidemment, les jumeaux sont accusés, et Manfred mène l'enquête.

De nos jours, Lykke, couverte de sang, est accueillie dans un hôpital en même temps que débute sa garde à vue. Elle ne parlera qu'à Manfred...

Tentation : Envie d'un bon thriller

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : Je découvre cette romancière prolifique avec ce titre. Moi qui espérais un thriller bien "thrillant" et addictif, j'en suis pour mes frais encore une fois. 

Point de page turner ici pour moi, et au contraire, une lenteur, mais mon Dieu, comment peut-on faire aussi lent ?! Il faut dire que le moindre détail inintéressant nous est donné, nous participons même au début du montage d'un meuble Ikéa dont bien sûr il manque une visse ! Pour tout dire, j'étais à deux doigts de l'abandon.

C'eut été dommage, car l'histoire tient vraiment la route, la fin m'a assurément bluffée, même si quelque part on peut s'y attendre, mais sans se l'expliquer. Car ce n'est que dans la toute dernière partie que l'on découvre pourquoi Lykke est en garde à vue. Et le dénouement de l'affaire d'il y a 8 ans fait vraiment froid dans le dos. J'ai l'impression de n'avoir jamais eu affaire à un coupable aussi inhumain (psychologiquement parlant, puisqu'il n'y a pas ou que très peu de sang dans ce livre). On n'est pas du tout dans le gore insoutenable ici.

Les personnages sont bien creusés, et l'imagination et l'analyse de leurs réactions m'ont semblé fines et subtiles, très intéressantes à suivre. Sauf que le choix narratif peut perdre en route... On alterne entre présent et passé, et c'est tantôt Lykke qui prend la parole, tantôt Manfred... De ce fait, les récits de l'un et de l'autres sont toujours interrompus, ce qui ralentit fort le rythme et personnellement, à ce point-là, ça m'agace. D'autant qu'on en sait autant sur la vie de Manfred que sur la vie de la famille de Lykke. Perso encore, l'intimité et les déboires des enquêteurs ne m'intéressent pas, j'ai toujours l'impression qu'ils sont narrés pour remplir... le vide... et aboutir à un nombre de pages conséquent.

Je trouve cela regrettable, car le milieu dans lequel se déroule l'histoire est intéressant (l'édition, l'écriture !) et l'Enigme de la Stuga est un bel hommage à la littérature du genre : le mystère de la chambre close / de la chambre jaune.

Si vous aimez les livres lents, qui prennent vraiment leur temps, vous serez sans doute plus emballés que moi, je pense même que ce roman vous comblera. Si vous aimez les page turners, et bien visez un autre titre ! D'ailleurs, si vous avez un titre vraiment addictif de Camilla Greber à me conseiller, je suis preneuse !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 8 Décembre 2023

Roman - Editions Audiolib - 3h35 d'écoute - 17.95 €

Parution Audiolib janvier 2022 - Editions de Minuit 2021

L'histoire : Max Le Corre est boxeur à ses heures (ancien champion de France), mais surtout le chauffeur de Quentin Le Bars, maire d'une commune bretonne.

Sa fille de 20 ans, Laura, revient s'installer dans la commune. Max demande au maire s'il pouvait aider Laura à trouver un logement et un travail... Laura est très belle, et Le Bars, 48 est au pouvoir et a les dents longues... D'ailleurs, il ne tardera pas à être nommé ministre. C'est le début d'un engrenage.

 

 

tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : De Tanguy Viel, j'avais beaucoup aimé "Article 353 du code pénal". Mon enthousiasme est moindre pour La fille qu'on appelle, qui est une chronique d'un drame annoncé, et dont la réelle victime à mes yeux n'est pas forcément celle à laquelle on pense...

Pourtant l'histoire est prenante et très contemporaine, et le suspense s'installe. Tanguy Viel la mène dans le bon sens, sous un format relativement original... Le roman s'ouvre sur le dépôt de plainte de Laura dans un commissariat. On en ignore le motif mais on le devine assez vite, et c'est en flash-back qu'est narré le déroulement de l'affaire, entre les questions des policiers et les réponses de Laura.

J'ai eu plus de mal avec l'écriture... Les phrases sont longues, on s'y perd un peu, il faut se concentrer pour en saisir le sens profond. Bref, pour moi, le texte manque de fluidité. 

Difficile pour moi aussi de cerner Laura et à ne pas la juger. Est-elle naïve à ce point, ou intéressée mine de rien par la position du maire et les possibilités que cela ouvre, et ce qu'elle a obtenu. Aucune des relations sexuelles qu'elle a eu avec le Bars ne lui a été imposée. Laura se dit consentante., il n'y a pas eu viol, ni harcèlement. Elle dit qu'il y a eu emprise suite aux services rendus par Mr le maire... Mais cette emprise, je ne l'ai pas vraiment ressentie... Et sans agression, pour moi le libre arbitre demeure. (Quand j'étais jeune, 23 ans environ, mon patron de l'époque a commencé à tenter quelque chose envers moi dans une voiture lors d'un déplacement pro... Grand resto, des mains baladeuses et insistantes... Je l'ai remis ni une ni deux en place, sans réfléchir au fait que je pouvais perdre mon travail. En jeu : ce que je ne voulais pas et ma dignité). Laura a accepté une situation dans laquelle elle s'est enlisée. Et quand le maire (certes, un type à la mentalité bien répugnante soit dit en passant) refuse d'accéder à l'une de ses requêtes (service justifié), alors Laura porte plainte... comme par vengeance à mes yeux. Evidemment, vu la position médiatique du maire, l'affaire devient nationale et fait la une des journaux. Et Le Bars se défend, nie avec la force du discours et des petits arrangements de l'entourage politiques. Bien sûr, la fin fait froid dans le dos, parce qu'évidemment, face au pouvoir, on ne peut pas grand-chose. Et c'est dans les petits arrangement judicio-politiques que j'ai vu l'abus de pouvoir.

Certes, l'intention prédatrice du maire est claire dans le texte, mais Laura est majeure et vaccinée, et logiquement responsables de ses actes et de ses décisions. Même sans diplôme d'Harvard, elle ne semble pourtant pas née de la dernière pluie. Manque de caractère ? Opportunisme ? Faiblesse de perception ? Tel que c'est présenté, je n'ai pas su me faire d'idée précise. J'avoue, quitte à subir la critique, j'ai du mal avec ce comportement et n'ai pas ressenti d'empathie pour cette jeune femme. Cela me met mal à l'aise, tant je semble à contre courant des X billets que j'ai lu sur ce roman.

J'ai bien compris que les sujets étaient l'abus de pouvoir et surtout la domination sociale, mais ce qu'a vraiment voulu dire Tanguy Viel, en fonction de mon regard et ma perception, et bien je ne suis pas sûre de l'avoir saisi.

 

L'avis de Gambadou, de Luocine , de Krol

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 29 Novembre 2023

Roman - Editions Sixtrid - 10h d'écoute - 19.95 €

Parution d'origine éditions du Seuil 2012

L'histoire : En Suède, fin des années 50, Hans Olofson est adolescent. Elevé par un père frustré par sa destinée et alcoolique dans une bourgade plutôt isolée. Hans va perdre ses deux meilleurs amis, Stur et Janine, de façon brutale. Quelques années plus tard, toujours plus ou moins désoeuvré, il part pour l'Afrique, réalisant ainsi le rêve de Janine. 

Il débarque alors en Zambie, indépendante depuis quelques années. Ce qu'il voit de l'Afrique le questionne et l'effraie. C'est sûr, il va repartir très vite, ce continent n'est pas pour lui. Et pourtant, 18 ans plus tard, Hans est toujours là, même si sa vie est devenue un vrai cauchemar.

tentation : ma PAL audio

Fournisseur : La bib de Rennes

Mon humble avis : En fait, Hans restera 18 ans en Zambie car peu de temps après son arrivée, il rencontre Judith, grande propriétaire terrienne, qui n'arrive plus à gérer seule sa production d'oeufs. Hans l'aidera donc à régir la ferme et quand Judith, épuisée, décide de quitter l'Afrique pour rentrer en Europe, elle cède à Hans son exploitation, avec quelques arrangements financiers.

Les chapitres s'alternent... La jeunesse d'Hans en Suède, les déboires qui le mèneront au grand départ pour la Zambie. J'avoue, ces chapitres-là ne m'ont pas fascinée, et j'ai plutôt subi leur longueur. Par contre les chapitres se déroulant en Zambie m'ont captivée. Donc j'aurais aussi bien pu mettre 2 pattes que 5 pattes de chat ! J'ai coupé la poire en deux !

Car évidemment, lors Hans débarque en Afrique, il est choqué par le comportement raciste et suprémaciste des blancs envers les noirs, découvre tous les dysfonctionnent du pays, et le gouffre qui sépare les deux mentalités en place : noire et blanche.

Lorsqu'il prend la tête de la ferme de Judith, il se jure qu'avec lui, ce sera différent. Il mettra en place des idéaux de justice sociale et humaine... Meilleurs salaires, respect, construction d'école, responsabilisation, formation des noirs aux postes à responsabilités etc... Toute sa vie durant là-bas, il essaiera de répondre à cette question : les noirs ont-ils besoin des blancs. Il se confrontera à mille difficultés (dont la corruption qui gangrène le pays), et surtout à la superstition ancestrale, donc le poids est tel qu'elle devient réalité. Au bout de 18 ans, Hans constatera avec dépit : Je ne les comprends toujours pas, je ne comprends toujours pas ce pays... Le problème est que je n'ai pas appris à penser comme un noir, un noir pour qui la lenteur est synonyme d'intelligence et de réflexion, là où le blanc ne cherche qu'efficacité etc...

Il vit donc 18 ans, sans jamais se sentir en sécurité, dans ce pays où les blancs méprisent les noirs qui, en retour, les haïssent. Et puis il y a la politique du gouvernement, et l'opposition... Les léopards, qui mènent des exactions que l'on qualifierait de terrorisme intérieur maintenant. De félin, Hans n'en verra pas en 18 ans. Mais Hans se retrouve bel et bien dans l'oeil du léopard, menaçant, violent.

Henning Mankell, conteur et narrateur par excellence, sans manichéisme, nous parle de cette Afrique là, qu'il connaissait si bien pour y avoir passé une bonne partie de sa vie...

"Ce continent blessé, sa superstition, sa sagesse, sa misère et la souffrance que les blancs lui ont imposé. De l'avenir de l'Afrique, de l'opposition digne et admirable qui arrive toujours à survivre dans les parties les plus piétinées du monde. De cette Afrique qui a été sacrifiée sur l'autel occidental, qui a été dépossédée de son avenir pour une ou deux générations. Un pays meurtri par l'avidité du gain. Il y a ceux qui cherchent à comprendre le monde pour en profiter, d'autres pour le transformer, sans forcément utiliser la bonne arme et le bon moment".

Moult dialogues (offrant les différents points de vue et opinions) entre les protagonistes de ce roman, qu'ils soient noirs ou blancs, mériteraient d'être lus et relus, tant ils permettent de mieux comprendre le monde et ses distorsions.  

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 23 Novembre 2023

Roman - Editions Audiolib - 11h52 d'écoute - 25.45 €

Parution d'origine chez Gallmeister  en 2018

L'histoire : Celle de Turtle, jeune fille de 14 ans, dans le Nord de la Californie. Elle arpente les bois avec son fusils et son pistolet, qu'elle manie à la perfection. Elle vit seule avec son père, un être instable, charismatique et abusif. Elle n'y voit rien d'anormal, jusqu'à ce qu'elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qui lui offre son amitié. Dès lors, Turtle n'aura de cesse que d'échapper à son père.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Ma PAL (Bib de Rennes)

 

 

Mon humble avis : Lors de sa parution il y a quelques années, ce roman est vite devenu un véritable phénomène littéraire de par le monde. Je m'y suis enfin confrontée... Et confrontée est vraiment le terme idoine. Car cette lecture est tout sauf confortable, même si bien sûr, elle reste captivante et témoigne d'un talent narratif extraordinaire.

Turtle est de ces héroïnes qu'on ne lâche pas, pour qui l'on développe une empathie tellement forte qu'elle devient en douloureuse puisqu'impuissante. Turtle, je pense que lorsqu'on l'a rencontrée, on ne peut plus jamais l'oublier. C'est à vie qu'elle reste dans un coin de notre mémoire.

Turtle vit seul avec son père. Martin est autoritaire, érudit, misogyne, violent, à tendance survivaliste et surtout possessif. D'où le titre d'ailleurs, qui parait tendresse (Mon amour absolu), alors qu'il est exclusif. Jamais Martin ne laissera Turtle partir. Et par-dessus tout, Martin est abusif et maintient, sous forme de différents chantages, sa fille dans une relation incestueuse qui oscille entre l'amour et la haine. Turtle subit donc une violence physique, psychologique et morale atroce, et qui malmène le lecteur... Pour Martin, mieux vaut savoir utiliser une arme qu'apprendre les leçons de l'école, et donc du système américain. Turtle est donc sous l'emprise malsaine de Martin, et comme ils vivent en vase clos (à part l'école), elle ne connaît que cela, et n'y voit à priori rien de répréhensible.

Jusqu'à ce qu'elle rencontre Jabob et ses amis... Là, elle ouvre peu à peu les yeux... Et nous suivrons son évolution psychologique et son combat pour se libérer de son abominable père, pour rester digne, pour devenir la bonne personne qu'elle souhaite être... C'est un combat physique, mais aussi terriblement intérieur, qu'elle doit mener avec elle-même pour préserver son âme de la tentation du mal qui l'entoure.

La tension monte au fur et à mesure, devient intolérable comme l'est tout ce que Turtle subit, et pourtant, on ne peut être qu'admiratif devant tout ce qu'elle est capable d'encaisser, et toute l'énergie du désespoir et la puissance expérimentée qui émane d'elle, tant dans la force, que dans l'esprit.

Malgré quelques longueurs (et oui, incontournables dans les romans US) et l'aspect assez glauque de cette histoire, on s'accroche, on va au bout, incapable de laisser Turtle en chemin. L'auteur ne juge pas ses personnages, même les pires, car ils ont tous leurs bagages. Ce roman est très américain, puisque les armes à feu y sont très présentes.

C'est une titanesque émancipation de l'enfer que Gabriel Tallent nous conte là, et je vous la conseille, si vous vous sentez prêts. Oui, je pense que pour un tel roman, il faut trouver le bon moment. Car c'est un coup de poing !

 

Le billet de Sylire 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 14 Novembre 2023

Roman - Editions Audiolib - 5h d'écoute - 20.45 €

Parution d'origine Grasset & Fasquelle en 2021

L'histoire : Léna séjourne en Inde pour tenter de se relever d'un drame personnel. Un matin, alors qu'elle se baigne dans le Golfe du Bengale, elle manque de se noyait. Tout près, une petite fille qui jouait au cerf-volant court chercher de l'aide et lui sauve la vie. Léna voudra contacter cette fillette pour la remercier... Cette rencontre bouleversera sa vie, leur vie, et celles de bien d'autres personnes...

 

Tentation : La popularité du roman

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : De Laetitia Colombani, j'avais beaucoup aimé "La Tresse" (qui sort bientôt au cinéma), un peu mois "Les victorieuses" ... Son 3ème roman, Le Cerf-volant, me tentait bien (un peu aussi dans l'objectif "lecture facile"). Nous voici de retour en Inde, avec Léna, professeur d'anglais, qui se repose en Inde. Une noyade évitée de justesse par une fillette indienne, une rencontre puis une autre.... Lena décidera de rester en Inde, et d'y créer une école, pour que puisse être scolarisées toutes ces jeunes indiennes, encore dédiées aux basses tâches et promises à un mariage à peine pubère... Non seulement elle devra combattre les lenteurs et les empêchements administratifs, la corruption qui gangrène le pays, mais surtout, elle devra faire face aux traditions ancestrales... Convaincre les familles que l'école et l'éducation sont une chance pour leur enfant, voilà ce qui lui demandera le plus d'énergie.

L'histoire est prenante, très bien narrée,  rythmée, on s'attache de plus en plus aux personnages, même les plus revêches. On ne peut être qu'atterré et bouleversé par la destinées de ces fillettes indiennes de la castes des intouchables qui vivent dans une pauvreté innommable. D'ailleurs, le petite fille s'appelle Lalita, elle était présente dans "La Tresse". Cette fois-ci, comme nous ne restons qu'en Inde, les sujets sont plus approfondis que dans la Tresse.  Laetitia Colombani a à coeur de dénoncer (ou au moins d'informer) sur le sort de toute une partie de la population indienne oubliée par le gouvernement, les institutions etc, et même des indiens eux même... C'est vraiment l'injustice que subissent les femmes qui est mis en avant dans ce livre... Qu'elles soient enfants, adolescentes, adultes. Et la violence, et les agressions aussi qui ne les épargnent. Les viols sont "monnaie courante" là-bas... Et si une fillette tombe enceinte suite l'un d'eux, nombre de famille n'hésite pas à offrir la fille en mariage à l'agresseur, pour éviter la honte d'avoir une "fille mère"... Aussi, des jeunes femmes se regroupent en brigades formées en art martiaux et self défense pour se protéger elle-même, entre elles. Bref, dans notre petit confort occidental, cette lecture remue, émeut, et révolte... malgré le sentiment d'impuissance qui nous étreint.

Le deuil, la résilience, la sororité, l'entraide, l'ouverture à l'autre sont aussi les sujets phares de cette belle histoire qui nous montre la face cachée de l'Inde, et notamment la conditions des femmes. Un livre qui rend hommage aux femmes qui ont décidé de ne plus subir, et qui se battent. A l'heure où en France, l'éducation est accessible et obligatoire pour tous, mais où les élèves ont de moins en moins conscience de leur chance, et de moins en moins de respect pour leur professeur et l'institution, ce roman pourrait être un bel exemple s'il était lu dans les classes. Très beau et agréable à lire... et surtout, utile !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 3 Novembre 2023

Roman - Editions Audiolib - 4h13 d'écoute - 19.45 €

Parution d'origine Christian Bourgois éditeur en 2020

L'histoire : Le narrateur est enfant et passe des vacances en Normandie avec sa grand-mère et sa tante, folle et repoussante. Il s'ennuie... Jusqu'au jour où, sur la plage, il rencontre Baptiste, un garçon du même âge que lui. Une amitié nait entre eux, qui va permettre au narrateur d'être invité dans la famille si parfaite de Baptiste à partager quelques repas et nuits, et l'affection de la mère.

 

 

Tentation : La réputation du roman

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : Hélas, je n'ai pas du tout accroché à ce roman, qui pourtant, avait reçu mille éloges lors de sa parution et quelques prix... Et l'auteur était l'un de ceux attendus lors de la Rentrée Littéraire 2023...

C'est un récit à hauteur d'enfant... de moins de 10 ans à priori, dont on ne sait pas grand-chose. Tellement peu que j'ai cru que c'était un garçon... Or, sur un avis Babelio, une lectrice dit que c'est une fille, en raison de quelques accords grammaticaux. Du coup, une attirance entre les deux enfants, qui pouvait mettre mal à l'aise doit être perçue différemment. D'ailleurs, l'enfant en a une de différence... Mais elle n'est pas nommée... Handicap physique, mental, où est-ce juste la honte sociale qu'il ressent et qu'il évoque grandement ? Quid de sa mère qui semble décédée ? Quid des origines juives de la famille, dont il est rapidement question ? Quid de l'histoire de la grand-mère, qui en a forcément une avec son accent roulant qui pourrait venir de Pologne par exemple ?

Bref, c'est le regard de cet enfant que nous avons ici, son regard sur sa grand-mère, sur sa tante répugnante, sur le glauque voisin, sur les autres familles qui semblent normales, sur sa solitude avant la rencontre de Baptiste... avant qu'ils ne s'amusent tous les deux à tuer froidement et avec une méthode acharnée un maximum de méduses... L'enfant analyse son entourage et les répercussions de celui-ci sur lui-même. Il nous livre ses rêves, ses cauchemars, ses émotions.

J'ai trouvé l'ensemble lisse, sans grand intérêt, ni grandes aspérités auxquelles m'accrocher.  Les personnages semblent être de simples figurants. De plus récit à hauteur d'enfant mais c'est là que le bât blesse le plus, le texte est bien trop mature dans les réflexions et ciselé dans l'écriture pour être celui d'un enfant, même si la littérature biaise toujours cet effet-là. La présence de l'auteur adulte est bien trop forte et empêche l'émotion à mes yeux. Qui plus est, j'ai lu ce roman sous son format audio et l'interprétation qui en est faite est tellement maniérée et lente que cela agace et dessert le sujet. L'aspect trop littéraire du roman en ôte l'âme à les yeux. Rencontre ratée, où alors je suis passée à côté et n'ai rien saisi des intentions de l'auteur.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 24 Octobre 2023

Roman - Editions Audiolib - 5h18 d'écoute - 13.50 €

Parution Audiolib 2008 - Liana Levi 2003

L'histoire : Parce que des actionnaires à Wall Street ont décidé qu'une usine fermerait ses portes, c'est toute une petite ville américaine qui se retrouve ravagée par le chômage. Jake a donc perdu son boulot, sa télé, son aspirateur, et sa copine... Il est prêt à tout pour retrouver l'estime de soi-même et un peu de confort. Aussi, quand un bookmaker mafioso lui propose un petit boulot, il accepte...

 

 

Tentation : L'avis de Sylire 

Fournisseur : Sylire, y'a super longtemps !!!

Mon humble avis : Un petit boulot... ou comment devenir tueur à gages... Car voilà le fameux petit boulot que Jake accepte : tuer quelqu'un. Et puis il y prend goût et déborde un peu de ses prérogatives !

Une plume cynique, caustique, humoristique (du jaune au noir) , un style enlevé et ici une narration bien dynamique, voilà pour la forme de ce roman qui s'écoute, et sans doute se lit, de façon bien agréable. 

Nous suivons Jake dans son déclin, ses galères puis dans sa reconversion professionnelle, qui ne se fait pas sans imprévus ni improvisations ni contretemps, ce qui mène parfois à des situations bien burlesques. Et malgré ce job répréhensible et à la morale bien contestable, on l'aime bien ce Jake, qui partage tout avec nous via son monologue intérieur qui forme cette histoire.

Ce roman démontre à merveille que la violence psychologique et économique de notre société capitaliste engendre sa propre violence physique. Et en même temps, il interroge entre les lignes... Les violences économiques ne sont pas punies par la loi, ni même par une échelle de valeurs... Et pour autant, sont elles moins violentes que les agressions physiques quand il s'agit de se débarrasser de quelqu'un pour une histoire de profit à tout prix. Il s'agit toujours de liquider ce(ux) qui encombre(nt) sans se soucier des conséquences indirectes et collatérales.

C'est un roman noir et drôle en même temps, qui nous dit bien qu'une fois que les "choses" s'arrangent, le citoyen moyen ne rêve que d'une vie bien tranquille : un boulot, un toit et de l'amour !

Un livre pas tout récent, mais à ne pas négliger !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

Repost0