Lectures, BD, cinéma, voyages, photos, chats, oiseaux, nature bref mon petit monde ! .................. " C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante" (Le petit prince)
Parution d'origine au Seuil en 1988, audiolib 2016
Mon pitch : Une biographie qui, à travers le prisme des souvenirs d'enfance, devient une fiction (très auto)... Quand "Patoche" se souvient d'une maison d'un étage, à la façade couverte de lierre, où ne vivaient que des femmes aux fréquentations interlopes... Là où, avec son petit frère, il a grandi quelque temps alors que sa comédienne de mère était partie en tournée, et que son père vaquait à ses occupations en Amérique du Sud ou à Brazzaville.
Tentation : Pour voir !
Fournisseur : Ma PAL audio (Bibs de Rennes)
Mon humble avis : C'est avec cet ouvrage que je pénètre pour la première fois dans l'univers de Patrick Modiano, prix Nobel de littérature en 2014.
Peut-être n'ai-je pas lu ce court roman dans les meilleures conditions pour l'apprécier à sa potentielle juste valeur, puisque ce fut pour moi une audiolecture en voiture...
Quoiqu'il en soit, je rédige ce billet quelques semaines après cette lecture et ... et bien pas grand-chose. Je me souviens de vagues souvenirs d'enfance, d'absence de parents, de l'ambiance d'une époque révolue, de personnages tellement multiples mais ne dépassant que rarement l'état d'esquisse améliorée que j'ai peiné à les situer, à les imaginer, à les suivre. Bref, cette tranche de vie, ancrée dans l'enfance de l'auteur, ne m'a pas émue ni passionnée plus que cela. Tout m'a semblé très opaque, notamment dans l'aspect interlope des occupations des personnages adultes. Il me reste si peu de cette remise de peine, de cette atmosphère de nostalgie poussiéreuse. Mais je reconnais que l'écriture et le choix des mots m'ont plu sur le moment.
Me voilà donc à court d'arguments pour m'étendre sur cette lecture... Aussi, si vous avez adoré un titre de Modiano, merci de me le conseiller en commentaire, histoire que je puisse entrevoir la raison d'une telle réputation.
Roman - Editions Audiolib - 8h18 d'écoute - 21.45 €
Parution Audiolib et Stock en 2019
Mon pitch : Iouri s'est exilé aux USA. Un jour il reçoit un message : son père est mourant... Il s'envole donc pour sa patrie d'origine, Mourmansk en Sibérie.... Au chevet de ce père terrible, qui n'a jamais su communiquer avec lui et qu'il a toujours craint, Iouri reçoit une mission : retrouver ce qu'il est advenu à Klara, la grand-mère qu'il n'a jamais connu et qui, par une nuit des années 50, fut emmenée de force par des hommes en noir... Sans jamais revenir, et marquer à jamais la destinée de sa famille, Rubin son fils, Iouri son petit fils.
Une quête commence pour Iouri, pour ne pas oublier Klara.
Tentation : Le pitch
Fournisseur : PAL audio (Bib de Dinard)
Mon humble avis : Y'a pas à dire, la célèbre navigatrice est une sacrée romancière, qui sait construire une histoire, et qui la sert d'une plume fort admirable et agréable.
Lire Oublier Klara, c'est replonger dans les années du stalinisme politique, du communisme implacable, d'une époque où la vie dépendait d'une simple délation ou de suspicion de traîtrise envers l'Etat. C'est donc le collectivisme, la pauvreté, les murmures, l'embrigadement etc... Nul doute qu'Isabelle Autissier s'est énormément documentée pour reproduire en mots les sensations, les odeurs, le froid, les tristes couleurs, la peur, l'alcool, l'isolement, l'effroi d'alors. Elle décrit avec un réalisme glaçant l'atmosphère et l'âme russe des années cinquante. En fait, ce livre est très visuel, on voit les images nettes dans notre cerveau, on a presque l'impression d'y être tant tout est parfaitement décrit.
L'enquête de Iouri sera surtout administrative, les survivants de l'époque étant rares. Elle sera guidée par le récit des souvenirs du père. Elle nous sera rapportée en alternance : des chapitres sur Klara, des chapitres sur Rubin, des chapitres sur Iouri... Avec les enfances et les jeunesses de ces deux derniers particulièrement bien développées... et là, j'ai eu ma petite pochette surprise : Iouri enfant est passionné d'oiseaux, et adulte, il est ornithologue professionnel. Je me suis donc régalée des quelques pages traitant de cette passion. Par contre, d'autres pages m'ont un peu perdue, longuettes pour moi : celles qui évoquent la vie de marin de Rubin, et de la tentative de Iouri à survivre sur un chalutier... Peut-être que le format audio n'aide pas, car pour ces passages là, l'interprète n'hésite pas à crier pour rendre compte des dialogues au milieu de l'enfer des mers. Mais ces détails maritimes de l'histoire permettent de bien cerner les personnages, la violence qu'ils subissent ou assènent, leur caractère, leur difficulté à se comprendre et s'apprécier, voire se supporter... Bref, Isabelle Autissier maitrise très bien l'art de construire des personnages et de brosser leur portait avec finesse.
Et Iouri découvrira la délation, la lâcheté familiale, le goulag, la torture, le reniement... Klara, éminente scientifique, a -t-elle vraiment trahi son pays ? Quoiqu'il en soit, en disparaissant ainsi, elle est aussi très vite bannie des conversations et de la mémoire familiale..., ce qui impacte les générations suivantes.... Son arrestation jette l'opprobre sur sa famille, soupçonnée de ce fait d'être antirévolutionnaire. Gamin puis ado, Rubin devra en quelque sorte se racheter pour être accepté des autres...
Vers la fin du roman, il est aussi question de la tribu indigènes des Nénettes et de l'oppression qu'elle subit.
Comme vous le voyez, ce roman est riche de nombre de sujets : le communisme, la mer, la filiation, la trahison, l'écologie, les conséquences de l'Histoire et du contexte sur la vie intime des personnages, les mensonges, et les silences destructeurs... Une immersion passionnante et bouleversante dans le pire de l'Union Soviétique.
Oublier Klara est aussi un hommage saisissant et nécessaire à toutes les Klara du monde qui, dans des régimes totalitaires, disparaissent pour leurs compétences, leurs opinions, ce qu'elles ont entendu ou non, ce qu'elles ont dit ou tu... Oublier Klara, c'est lire pour ne pas oublier l'Histoire à travers celle puissante de cette famille démolie par le régime soviétique.
Roman - Editions Audiolib - 9h09 d'écoute - 22.99 €
Parution La Manufacture de livres et Audiolib 2019
Le pitch : Dans le secret du confessionnal, on confie au père Gabriel une mission. Récupérer à l'asile voisin, sous la jupe d'une femme dont il doit bénir le corps, de mystérieux cahiers. C'est ainsi que sortent de l'ombre les carnets de la jeune Rose, ceux dans lesquels elle a conté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.
Tentation : La blogo
Fournisseur : La bib de Dinard
Mon humble avis : C'est curieux, à certaines périodes, on collectionne les lectures fades et à d'autres, on cultive les coups de coeur...
Né d'aucune femme, voilà quelques années que j'en repousse la lecture tant les avis lus sur la blogo à l'époque de sa sortie étaient unanimes. Superbe mais horrible. Aussi, j'avoue je m'attendais à un roman intolérable... Certes, l'histoire et la destinée de Rose sont vraiment terribles, abominables même, mais j'ai déja lu pire ou similaire.
On trouve un peu de tous les styles romanesques dans ce roman... Il y a l'aspect conte (avec le méchant chatelain et la jeune bonniche), on est aussi dans un thriller tant la tension et le suspense sont intenses...Avec Franck Bouysse, on n'est jamais très loin du terroir. Et on flirte parfois avec la philosophie et la spiritualité à travers les pensées de Rose.
L'introduction de l'histoire est originale et bien cherchée. Quant à la narration, elle est on ne peut plus maitrisée, tant dans le style aussi brillant que ciselé, que dans le rythme qui ne faiblit pas, sans cesse relancé par des rebondissements de plus en plus sombres.
Le sujet principal est la domination de la femme par l'homme, des pauvres par les riches etc. Le sort des jeunes femmes pauvres, le sort des femmes dont on attend un héritier, le sort des femmes qui ne répondent pas aux attentes.... En fait, Rose est issue d'une famille très pauvre... Et son père l'a vendue à un riche châtelain et à sa marâtre de mère, pensant bien faire tant pour Rose que pour assurer la survie de sa famille. Mais c'est en enfer qu'il envoie sa fille et plonge sa famille entière, hélas.
On imagine que l'histoire se déroule au XIXème siècle, pourtant, dans le fond, elle n'est en rien démodée. C'est la forme qui l'ancre dans son époque.
Franck Bouysse nous plonge dans ce que l'humain a de plus vil, de plus pervers, de plus violent, de plus abjecte et dans la culpabilité de toute une société au mépris des plus démunis de la part des bourgeois, médecins, religieux etc... Tout une domination qui est réelle et dont les médias nous en a révélé de nombreux exemples, pas si anciens que ça, en France, en Irlande, au Canada etc...
On comprend bien vite comment le curé a récupéré les journaux de Rose. Puis au fil des pages, alternent les moments très durs et les passages poétiques, à travers les voix des différents personnages. Et tout cela donne un roman vraiment grandiose, beau, triste, sombre, dur mais qui se termine sur une lueur des plus inattendues. Impossible d'en dire beaucoup plus sous peine de spoiler.
Un roman incontournable, bouleversant, terrible. Un chef d'oeuvre et une héroïne, Rose, de celle qu'on n'oublie pas.
Cette lecture est incluse dans mon Challenge Lisez votre chouchou... Dont je suis une bien piètre organisatrice et animatrice (et je m'en excuse) ! D'ailleurs, je réalise que celui-ci est censé être clos... Bon, comme j'ai encore un roman de Franck Bouysse sous le coude, je prolonge donc ce challenge de quelques semaines et un bilan sera publié en décembre.
Mon pitch : Wilde c'est son nom... Parce qu'enfant, il a été retrouvé après des semaines d'errance dans la forêt, et que personne ne s'est présenté en tant que parent. Trente ans plus tard, Wilde s'est inscrit sur un fichier internet ADN pour recherche de filiation... Il matche parfaitement avec un individu qui serait son père... Mais aussi partiellement avec Peter, qui serait un lointain cousin. Alors que Wilde cherche à rencontrer Peter, celui-ci est porté disparu... Peter était une véritable star de la téléréalité, suivie par la nation entière...
Tentation : Et bien pourquoi pas ?
Fournisseur : Bib de Dinard
Mon humble avis : Harlan Coben est un auteur prolifique et à ses débuts, il était pour moi incontournable. Le temps passe et les vents tournent, et voilà que je ne l'ai pas lu depuis 14 ans !!! Bref, une paie ! C'est cette possibilité de lecture audio qui m'a motivée à y retourner et franchement aucun regret !
Je me suis délectée de cette audiolecture terriblement addictive. J'ai retrouvé l'efficacité de Coben et ai particulièrement apprécié sa précision et sa clarté de narration. On n'est pas perdu dans cette histoire, on ne confond pas les personnages, tout se suit avec grande facilité et énorme intérêt malgré le format audio qui n'est pas toujours évident pour les thrillers.
J'ai beaucoup aimé suivre Wilde dans ces investigations qui, de personnelles, deviennent réellement policières, puisque quelques meurtres se succèdent. Avec Identités croisées, Harlan Coben nous plonge dans des milieux qui sont à mille lieux de moi et de mon intérêt : les sites de recherche ADN et la téléréalité. J'imagine que l'auteur s'est documenté et c'est effectivement hallucinant de découvrir jusqu'où vont toutes les déviances de ce milieu ultra scénarisé de la recherche de la célébrité à tout prix. Coben évoque aussi le "net bashing", enfin c'est le mot que je trouve... La destruction d'une personne et de sa réputation par des rumeurs sur internet, des fake news... Parfois dans un but précis et commandité par des professionnels ou des concurrents, parfois à titre gratuit, juste par ennui, méchanceté et débilité... Le net, cette zone de non droit ou tout le monde se croit tout permis, car impuni. Et Coben ne cache pas tous les dégâts humains que cela induit.
Donc Wilde enquête, avec l'aide de ses proches, se fait choper et passer à tabac par des agents du FBI, se fait approcher par une très secrète et puissante agence de vengeurs masqués etc... Et le mystère est profond, le suspense s'intensifie, la lecture, audio ou pas, devient frénétique. L'intrigue et son dénouement sont sacrément bien ficelés... Jamais je n'ai deviné qui était l'auteur de crimes qui s'accumulent, même si, de temps en temps, celui-ci prend la parole dans le texte. Le succès de l'auteur est donc toujours justifié !
Alors pourquoi pas un coup de coeur ? Pour quelques toutes petites raisons. J'ai découvert en fin de lecture qu'Identités croisées est la suite d'un premier opus : L'enfant de la forêt, que je n'ai évidemment pas lu ! Ca ne m'a pas empêchée de bien apprécier ma lecture, mais je me suis étonnée de ce que Wilde devienne ainsi un enquêteur qui semble chevronné ! Il y a aussi une certaine distance de narration. On est pris dans l'histoire, on est écoeuré du comportement autour de cette téléréalité, mais il manque un peu d'émotion pour s'attacher aux personnages du côté des gentils (peut-être parce que je n'ai pas lu le tome 1) !!! Enfin, sauf si c'est un défaut d'attention de ma part, je n'ai pas saisi l'issue de ce lien de parenté entre Peter et Wilde, comme s'il était devenu secondaire dans l'histoire. Si quelqu'un a lu ce livre et peut me le dire en MP, je veux bien !
Quoiqu'il en soit, je suis vraiment ravie de ce retour dans l'univers d'Harlan Coben, j'ai passé un excellent et divertissant moment de lecture. J'espère ne pas mettre de nouveau 14 ans à relire cet auteur... Que je replace dans mes valeurs sûres... Ca peut toujours servir, notamment en cas de panne de lecture.
Mon pitch : Et moi je vis toujours est l'histoire de l'Histoire, la Grande. Elle est le sujet de ce roman, depuis l'époque des chasseurs cueilleurs jusqu'aux dernières guerres mondiales. Elle en a vu défiler des époques, des gens, des grands qui font le monde, d'autres qui le pensent... Mais comme la science a démontré que l'Histoire avait un début, elle aura forcément une fin.
Tentation : Curiosité
Fournisseur : Ma PAL audio
Mon humble avis : Récemment, ma Médiathèque a fait ses cartons de déménagement. J'y ai participé et en empaquetant les livres "côtés" "O", je suis tombée sur Et moi je vis toujours. Cela m'a rappelé que ce titre dormait dans ma PAL audio depuis quelques années, voici donc l'occasion de l'en sortir.
Quelle belle, originale et facétieuse idée de Jean d'Ormesson de faire de l'Histoire le sujet actif de ce roman, à travers moult personnages ! Certes, c'est une lecture loin d'être aisée, j'ai parfois lâché le fil, d'autant que tout n'y est pas chronologique et que l'on passe parfois du coq à l'âne... Comme l'Histoire. Par moment, j'avais aussi l'impression d'être au milieu d'une litanie sans fin... Comme l'Histoire. Le tout, doublé d'un sentiment de vertige. Oui, ce roman est vertigineux, comme l'est l'Histoire de l'Humanité. En perpétuel mouvement, d'un continent à l'autre, d'une époque à l'autre, d'un régime à l'autre, d'une révolution à l'autre, d'une découverte à l'autre, d'un couronnement à l'autre, d'un échec à l'autre, d'une victoire à l'autre, d'une découverte, d'un progrès à un retour en arrière, à une destruction, à une reconstruction. C'est simple dans ce texte on côtoie aussi bien Alexandre le Grand que Napoléon, Platon que Molière, Copernic que Darwin, j'en passe et des meilleurs, la liste est longue comme ce livre ! On découvre le feu, on traverse les civilisations primaires, puis la Grèce, la Rome, l'Egypte de l'antiquité. L'Europe du Moyen Age, celle de la guerre des tranchées... Il y a des horreurs, il y a des grandeurs... En passant par l'invention de l'imprimerie... qui permettra la transmission du savoir et... les livres...
L'Histoire est la somme de mille et unes décisions personnelles et de choix collectifs. Chacun de nous participe à l'Histoire bien souvent sans s'en rendre compte. Mais l'Histoire nous forge aussi. Elle nous fait autant qu'on la fait. Au cours des siècles, les individus veulent la paix mais les peuples font la guerre. Il y a des Histoires locales et d'autres qui sont universelles. L'Histoire où rien n'est immuable mais où tout se répète. L'histoire où tout passe, tout s'écroule, tout recommence : les empires, les gloires, les amitiés, les amours. C'est comme ça qu'elle fonctionne l'Histoire, jamais là où on l'attend, jamais quand on l'attend... Elle est le juif errant qui nous survivra tous... Mais, un jour, elle s'arrêtera, puisqu'elle a commencé. Comme nous sommes nés pour mourir, l'Histoire va vers une fin. Et elle en aura vu passer ! Mais pour l'instant, elle vit toujours.
Alors oui, cette lecture est très exigeante car foisonnante et riche... Et peut-être faut-il l'appréhender par petites doses. Je ne sais pas si je serai venue à bout d'une version papier rapidement. Ce n'est pas toujours plaisant, il y a des longueurs mais c'est toujours ahurissant, fascinant et passionnant. C'est vertigineux, suffocant et sublime à la fois... Tout ce qui nous a précédé est globalement cité ici... Et au fil de la lecture, on se dit "Waou"... Effectivement, l'Histoire ne s'arrête jamais, même si parfois semble prendre quelque repos pour ressurgir plus loin, plus tard, quand on ne l'attend pas.
On ne peut qu'être admiratifs devant tant d'érudition, ce concentré de savoir qu'était Jean d'Ormesson. Et que dire de sa maîtrise de la langue française ! On dirait qu'il joue avec elle sans la gâcher en rien bien au contraire, en la sublimant. On n'est pas forcément surpris de tout cela car on connaît le personnage. En écoutant ce texte, on revoit les yeux bleus de Jean d'Ormesson, on se souvient de sa gestuelle, et de la fascination qu'il exerçait sur nous à chaque passage télévisé. Et on regrette une chose : que JDO ne soit plus là pour nous raconter la grande Histoire, et toutes les autres, plus petites, plus anecdotiques, mais toujours savoureusement narrées.
Et c'est bien aussi, parfois, de se poser avec un livre qui permet de prendre conscience de tout ce qui nous a précédé et qui fait ce que nous sommes. Car nous sommes au coeur d'une véritable épopée, c'est ce que nous dit l'immortel JDO, qui aimait tant les livres, qui aimait tant les hommes.... au point de leur dédier ce roman !
Roman - Edition Audiolib - 4h08 d'écoute - 19.45 €
Parution d'origine en 2017, Audiolib en 2020
La 4ème de couv :
"Ici, on a tous du sang indien et quand ce n'est pas dans les veines, c'est sur les mains."
Le 11 juin 1981, trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s'emparer des filets des Indiens mig'maq. Émeutes, répression et crise d'ampleur : le pays découvre son angle mort. Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l'immensité d'un territoire et toutes ses contradictions. Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source.
Tentation : La blogo à l'époque
Fournisseur : La bib de St Lunaire
Mon humble avis : Un roman Québécois dont la blogosphère s'était éprise lors de sa sortie... Et comme souvent, j'ai un train de retard. Et avec le temps écoulé, je ne savais plus trop à quoi m'attendre avec Taqawan. Ce roman m'a plus intéressée que bouleversée, même si les faits historiques récents et réels auxquels il se réfère sont évidemment révoltants. Le contexte m'a remuée, les personnages moins, sans doute parce que pas très fouillés. Ils sont surtout là pour illustrer un contexte et avoir une histoire à raconter, plutôt qu'être dans un récit de faits accomplis.
Il est question de l'Histoire plus ou moins récente du Québec, de ses grands espaces, de ses traditions et légendes. Mais surtout, de la guerre entre l'Etat du Québec et l'Etat fédéral d'Ottawa, et la tribu des micmacs autour des autorisations de la pêche au saumon accordées ou non, et ne respectant pas du tout les coutumes, la manière de vivre et de se nourrir de la tribu ancestrale, pire, détruisant l'environnement. L'importance du saumon dans l'économie locale est bien montrée. Il s'agit de la Guerre du saumon qui a eu en 1981 et des exactions policières. Bref, c'est l'impossible cohabitation des coutumes amérindiennes avec les lois du Nouveau Monde, et de la prise de pouvoir des blancs sur les populations autochtones parquées dans des réserves.
Des indiens, ce sont des Indiens. On les a appelés comme ça parce qu’on croyait être arrivé en Inde. Mais non, on était arrivé en Amérique. Avec le temps, on s’est mis à les appeler des Amérindiens. Plus tard, on dira des autochtones. Avant ça, on les a longtemps traités de sauvages. Il faut se méfier des mots. Ils commencent parfois par désigner et finissent par définir. Celui qu’on traite de bâtard toute sa vie pour lui signifier sa différence ne voit pas le monde du même œil que celui qui a connu son père. Quel monde pour un peuple qu’on traite de sauvage durant quatre siècles ?
Certes, on en apprend beaucoup sur le saumon, sur les techniques de pêches. Il est aussi question de notion de terre natale, de territoire, de culture, de langue, d'identité, et de force collective qui depuis des siècles, les peuples s'entretuent pour défendre les leurs.
Comme vous pouvez le voir, pas mal de choses intéressantes dans ce roman, malgré une impression fourretout et un peu désordonnée. Je ne regrette pas ma lecture, mais j'avoue que je ne me souviens déjà plus de la fin (mon audiolecture date de début octobre)
Explication du titre : le mot « taqawan » est un mot d’origine micmac qui désigne le saumon qui remonte la rivière vers l’endroit qui l’a vu naître... Et cela illustre bien les notions de terre natale, d'origine, et d'identité.
Roman - Editions Ecoutez Lire - 4h01 d'écoute- 14.99 €
Parution Flammarion 2018 - Gallimard 2019
L'histoire : "Voici venir l'hiver de notre mécontentement" sont les premiers mots de Richard III dans la pièce de Shakespeare, personnage que va jouer Candice au théâtre, dans une mise en scène cent pour cent féminine.
L'hiver du mécontentement fut aussi, en Angleterre, celui de 1978-1979, paralysé pendant des mois par un mouvement de grèves inédits...
Et pendant ce temps, au théâtre Warehouse, une femme prend des cours de diction, pour perdre son accent... Bien décidée à prendre le pouvoir, elle deviendra bientôt la Dame de fer.
Tentation : Envie de découvrir l'auteur
Fournisseur : La bib de St Lunaire
Mon humble avis : Je voulais découvrir cet auteur, et j'avoue sa plume m'a bien séduite, même si j'ai peiné à garder ma concentration tout au long de mon écoute... Peut-être aussi parce que le sujet est assez politique, lointain dans le temps et dans la culture punk qui m'est bien inconnue. Bref, j'ai sans doute été dépassée par le sujet.
Reverdy nous propose ici un retour vers le passé... Un passé peu glorieux, qui date maintenant de 47 ans... Une époque de grèves, de licenciements, de paupérisation et de lutte de pouvoir en Angleterre. Grèves, manifestations, répressions... Chute des travaillistes et retour des conservateurs.
Et curieusement, les mots et les descriptions de Thomas B. Reverdy m'ont semblé n'avoir pris aucune ride, tant l'époque d'alors m'a fait penser à l'actuelle en France.
Chaque chapitre s'ouvre sur le nom d'un groupe punk et l'une de ses chansons.
A travers le personnage de Candice, jeune étudiante, livreuse en vélo et actrice de théâtre qui interprète Richard III, Thomas B Reverdy nous emmène dans une réflexion sur le pouvoir, tant à l'époque de Richard III que dans le chaos de la fin des années 70 qui verront l'arrivée de Margaret Thatcher au pouvoir. L'auteur nous donne à examiner les réactions de différentes classes sociales face à ces mouvements de grèves et cette crise politique : nous avons les jeunes et leurs parents, les classes moyennes, le patronat, les artistes...
On a donc ici une chronique autant sociale que politique et historique intéressante à suivre, dans un pays malade au bord du gouffre et de la banqueroute. Un roman qui me fait fortement penser à la situation actuelle de la France, tant financière, sociale que politique... le tout, près de 50 ans après l'accession au pouvoir de Thatcher... A voir ce que cela donnera chez nous.
Cet hiver du mécontentement, j'ai été contente de le lire même s'il ne m'a pas ému. Je ne peux en dire beaucoup plus et je ne pense pas qu'il me restera longtemps en mémoire, malgré son intérêt indéniable.
Du même auteur, j'espère lire bientôt "Les évaporés".
Roman - Editions Audiolib - 8h18 d'écoute - 25.50 €
Parution Albin Michel & Audiolib en 2024
Mon pitch : Le narrateur est un français expatrié aux Etats Unis dans les années 80. Il travaille dans la finance et l'aéronautique, entretient une relation extraconjugale avec Julia, une de ses supérieurs... Il a deux enfants, et une épouse dépressive...
Le drame familial advient, le narrateur choisit de quitter l'Amérique pour un post à Genève ou il est chargé de développer les affaires avec la Russie communiste en fin de vie...
Il lie une amitié avec un oligarque Russe, est pressé par la CIA et sa maitresse de trahir celui-ci... Nouveau changement de vie, il devient romancier, journaliste, réalisateur de cinéma... Avec Julia qui reparaît régulièrement dans sa vie.
Tentation : Mon enthousiasme pour Tsunami de Dugain
Fournisseur : La bib de St Lunaire
Mon humble avis : Au tout début de mon audio lecture, j'ai eu peur qu'il ne s'agisse que de la finance sans scrupule et donc des montages financiers, monde ô combien opaque pour moi. Le tout, dans les années 80 et Reagan aux Etats-Unis.
« La finance, c'est faire à partir d'une richesse réelle beaucoup plus d'argent que ceux qui l'ont créée, grâce à une extrême créativité du vide et de la spéculation. Honnêtement, j'étais assez doué pour ça. »
Et puis, le roman s'oriente vers le narrateur lui-même, et le drame familial et ses conséquences qu'il va subir. Là, Dugain m'a embarqué à son bord même s'il ne m'a pas gardé tout au long du vol, oups, de roman.
Le narrateur est certainement le double de papier de Dugain, car son parcours professionnel ressemble beaucoup à celui de l'écrivain. On est sans doute dans un ouvrage hautement autobiographique même si romancé. Mais pas facile de démêler le vrai du faux.
Ce roman, à la fois thriller politique et d'espionnage, revient sur les relations Est-Ouest de ces cinquante dernières années, avec les manipulations géopolitiques des services secrets et ses enjeux aussi bien d'influence que commerciaux.... Forcément advient Poutine quelques années plus tard, la guerre en Ukraine. Entre temps, il y a eu la disparition du vol MH 370 de Malaysia Airlines, celui du sous-marin russe le Koursk et de la place de ces deux drames dans les enjeux internationaux énigmatiques... le tout dans une quête de vérité aussi chère au narrateur qu'à l'auteur qui a enquêté sur ces sujets. Mais cette recherche de la vérité dérange et les menaces tombent...
Le roman est très dense, d'autant qu'il évoque des faits réels dont tout le monde a entendu parler mais dont, au final personne ne sait rien... Donc intéressants. Marc Dugain propose ses hypothèses. Elles sont captivantes et étayées mais pas toujours évidentes à suivre, et surtout à retenir. L'avion, Poutine, l'Amérique et moi est donc bien plus exigeant et moins accessible que mes précédentes lectures de Dugain : Tsunami, Transparence et l'avenue des géants. Cette impression est certainement due au fait que je ne suis que moi, avec ma toute petite culture générale sur tout ce qui est évoqué ici, d'autant que ces milieux ne sont pas de ceux qui me passionnent le plus. Il n'empêche, il reste la plume de Dugain qui est toujours bien agréable et maîtrisée et qui embarque dans un rythme qui ne faiblit pas, au fil des rebondissements. Mais j'ai tout de même eu l'impression d'un bric à brac de multiples sujets cher à l'auteur mais à caser quelque part avec un fil rouge... le narrateur... Une audio lecture en demi-teinte donc. Le format papier est peut-être plus adapté à ce genre d'histoire si dense.
Mon pitch : On a une artiste mondialement célèbre qui lors de sa mort à léguer toutes ses oeuvres à une fondation. C'est Vanessa.
Vanessa vivait sur l'île d'Eris en Ecosse avec Grace, son amie médecin et exécutrice testamentaire.
Le mari de Vanessa est porté disparu depuis vingt ans...
Lors d'une exposition des oeuvres de Vanessa, un anthropologue remarque qu'une de ses sculptures contient un os... humain.
Bercker, conservateur d'art pour la fondation, va donc enquêter sur l'île d'Eris et rencontre Grace.
Tentation : Envie d'un bon thriller et bonne réputation de l'autrice
Fournisseur : La bib de St Lunaire
Mon humble avis : Paula Hawkins est l'autrice de l'excellent "La fille du train", dont j'ai vu l'adaptation ciné, et "Au fond de l'eau", thriller qui m'avait ravie il y a quelques années... Aussi me suis-je précipitée pour (audio)lire L'Heure bleue... Et bien je n'aurais pas dû !
Si je ne me trompe pas, l'heure bleue est aussi appelée entre chien et loup... Cette heure de la journée qui où tout manque de relief, où chiens et loups se confondent...
Et bien il en est de même de ce roman... Qui est sacrément dépourvu d'aspérités auxquelles s'accrocher pour l'apprécier, vibrer et voire même flipper, puisque c'est ce que l'on attend d'un thriller.
Rien n'est surprenant dans ces pages, dont on peut même regretter l'absence de rebondissement. Il y a là la recette classique du presque huit clos sur une île, mais sans nouvel assaisonnement, cela manque cruellement de saveur. D'autant que les comportements et réactions des personnages répondent à tous les poncifs du genre... Même le dénouement final n'a rien de surprenant et de révèle d'une platitude... Ce n'est pas compliquer, jusque dans l'usage de certains mots et expressions, j'ai eu l'impression d'avoir déjà lu ce livre dix fois... Bref, l'Heure bleue est à mes yeux une caricature de thriller. Paula Hawkins dilue cela dans des histoires de familles et d'amitié entre Becker et la fameuse fondation... Oui, il faut bien remplir 384 pages. Ah et puis tiens, rajoutons un mort pendant qu'on y est, histoire de faire durer un peu plus... Un personnage dont il est vaguement question au début, puis qui disparaît avant de revenir des décennies plus tard, sans qu'il y ait une motivation profonde et réaliste à ce retour.
L'ensemble, dont la narration, est froid, comme la couleur bleue. Et pourtant, un point pour le personnage de Grace qui a réussi à m'émouvoir un peu, dont j'ai compris la détresse. Mais cela n'enlève pas le sentiment de grosse déception. Paula Hawkins n'est plus gage de qualité pour moi désormais.
Roman - Editions Thélème - 7h57 d'écoute - 11.01 €
Parution d'origine en 1891
L'histoire : Alors qu'il rend visite à son ami peintre Basil Hallward, Lord Henry rencontre le jeune Dorian Gray. Emerveillé par sa jeune beauté et sa naïveté, il se lie rapidement d'amitié avec lui et dit, en plaisantant, qu'une fois le portrait terminé, seul celui-ci gardera à jamais cette beauté tandis que Dorian vieillira peu à peu. Le jeune homme déclare alors qu'il donnerait son âme pour que ce portrait vieillisse à sa place. A ces mots, tous rirent... sur le moment.
Tentation : allez, un gros effort, un classique !
Fournisseur : Ma PAL audio (Bib de Rennes)
Mon humble avis : Comme je passe à côté de nombreuses pépites en lisant si peu, vraiment peu, de classiques... Car il est indéniable que je me suis régalée à audiolire Le portrait de Dorian Gray (qui plus est interprété ici par Denis Podalydès.
Oui, ce texte est d'une irrévérence totale, mais on rit des dialogues autant que l'on réprouve, tant ils sont amoraux, prônent la décadence et adulent la beauté physique.
Je me suis régalée de l'esprit de Wilde et de des aphorismes tantôt cinglants, tantôt savoureux. On aimerait tous les retenir et pouvoir ainsi briller en société en les déclamant ! On adore détester l'ignoble Dorian Gray, même si, au début de l'histoire, sa jeunesse innocente son comportement arrogant de parfait dandy. Car au fil du temps, le jeune homme timide devient narcissique et cynique, perverti qu'il est par son mentor Lord Henry, et adoubé de tous pour sa beauté, qui lui assurera une ascension sociale tout en restant un parfait et odieux hédoniste. Dans ce texte parfaitement misogyne, les femmes, qui se retrouvent reléguées au rang
Il y a du fantastique dans ce texte (avec ce portrait qui vieillit à la place de Gray mais qui deviendra le miroir de son âme), et de la philosophie avec notamment, la beauté physique qui cache la laideur de l'esprit, et le narcissisme. Et même si ce roman a bien plus d'un siècle, il est toujours d'une grande actualité, avec cette recherche de l'éternelle jeunesse. Si à l'époque, celle-ci n'était que fantasme, on peut dire qu'aujourd'hui, nous sommes sous le joug du jeunisme bien soutenu par diverses médecines...
L'auteur irlandais nous entraîne dans les mondanités victoriennes, dans un rythme effréné sans aucun temps mort et nous repaît de son style ciselé, d'une élégance rare, d'une efficacité implacable... qui rend cette histoire impossible à lâcher La plume de Wilde est ici exquise même si diablement provocante !
Aucun doute, Le portrait de Dorian Gray est bien un chef d'oeuvre de la littérature. Incontournable autant que jubilatoire, qui ne laisse pas de place à l'ennui ou les longueurs. Si tous les écrits de Wilde sont aussi savoureux, alors je veux bien les lire tous !