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Publié le 7 Décembre 2019

Le lièvre de Vatanen, littérature, finlande

Roman - Editions Ecoutez lire - 4h52 d'écoute - 16.99 €

Parution d'origine en 1975

L'histoire : Vatanen est journaliste désabusé d'Helsinki. Alors qu'il revient de la campagne avec un confrère, leur voiture heurte un lièvre. Vatanen descend, s'enfonce dans les fourrés, récupère le lièvre blessé. Il lui fabrique une attelle de fortune et avec lui, s'enfonce toujours plus dans la forêt et en Finlande. Il ne reviendra jamais.

Tentation : A force de voir ce roman dans toutes les librairies... curiosité

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Un roman finlandais culte !

Mon humble avis : En commençant mon écoute, j'ignorais que j'entrais dans une oeuvre devenue culte en Scandinavie et de par le monde, qui a même trouvé place en 1994 dans la collection UNESCO d'œuvres représentatives

Je savais qu'il ne datait pas d'hier mais ignorais  qu'il est presque aussi âgé que moi. C'est la mention de la monnaie "mark" qui m'a mis la puce à l'oreille. L'Euro était encore loin de pointer le bout de son nez !

Le lièvre de Vatanen n'est pas le genre d'histoire que je lis souvent... puisque l'on est presque dans la nature writting. Et pourtant, la magie qui y règne m'a gagné. Chose curieuse, la narration m'a paru assez factuelle. Comme si l'auteur laissait soin et plaisir au lecteur d'y mettre ses propres émotions, celles qu'il pourrait vivre dans de telles situations, celle qu'il ressent à la description des faits et des paysages.

Lorsque l'animal paraît dans une vie... C'est un peu ce qui pourrait résumer ces pages. Oui, lorsque l'animal entre dans une vie, il la modifie, parfois la bouleverse totalement. Ici, c'est un lièvre, mais cela pourrait être un chat, un chien, un loup, un mouton... n'importe quel animal qui a quelque chose à nous dire sur le monde et sur nous si nous sommes prêts à l'écouter. Et souvent, celui-ci arrive au bon moment dans une vie. Vatanen va donc vivre au rythme du lièvre, le soigner, le nourrir, s'en occuper et s'en préoccuper, l'emmener partout avec lui, le protéger, le défendre bec et ongle. Grâce à ce lièvre, qui ne sera jamais prénommé, il va considérer la vie et la nature d'un nouvel oeil, il va s'ouvrir sur la nature qu'il va faire sienne. Au cours de son périple dans toute la Finlande et même un peu plus (trop) loin, il vivra des aventures drôles, touchantes, violentes et même abracadabrantes. Le tout, avec des personnages hauts en couleurs !  Il rencontrera la diversité de l'humanité, pour le meilleur et pour le pire... Car oui, lorsque l'animal paraît, l'Homme est autant capable du meilleur comme du pire. L'histoire montre même que parfois "très loin" n'est pas forcément suffisant pour avoir la paix et la tranquillité !

Le lièvre de Vatanen est donc un merveilleux hommage à la nature et ses bienfaits et déjà un appel à son respect. Récit à connotation initiatique, picaresque, il divertit cependant son lecteur, en alternant passages vraiment comiques, d'autres oniriques ou tendres et des plages de silences que le lecteur habitera comme il le voudra. C'est un magnifique roman qui montre le talent de l'Homme pour s'illustrer autant dans  la grandeur que dans le ridicule. Culte, donc à lire !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 25 Novembre 2019

Roman - Editions Ecoutez Lire - 3h13 d'écoute - 12.99 €

Parution d'origine en 1945

L'histoire : Dans la ferme anglaise de Mr Jones, le vieux cochon Sage l'ancien reçoit un rêve comme une prophétie... Il s'en ouvre aux autres animaux de la ferme. C'est décidé, les animaux se rebelleront contre Mr Jones et les humains, prendront le pouvoir dans la ferme, bénéficieront de la liberté et de rations alimentaires à leur guise, et géreront par eux-mêmes l'exploitation. C'est vite chose faite et les sept commandements de la ferme des animaux voient le jour : tous les animaux sont égaux. Et le chant des animaux est scandé : Oui aux quatre pattes, non aux deux pattes (sauf s'ils ont des plumes !). Quelques années plus tard, il semble que seul le vieil âne se souviennent de ces fameux sept commandements, bien modifiés au fil du temps.

 

Tentation : le début du pitch

Fournisseur : bib N°3

 

 

Mon humble avis : Telle est prise qui croyait prendre ! Lorsque j'ai saisi ce livre audio à la bib' et lu les premières lignes, j'ai cru qu'il s'agissait d'une histoire à la gloire des animaux et de leur sagesse ! Hum hum, ce n'est pas tout à fait ça.

Tout commence comme une fable enfantine, admirablement interprétée par la voix jeune et enjouée de Jennifer Deker, de celle que l'on peut entendre dans les dessins animés qui n'exagèrent pas sur l'aspect enfantin. Comme une fable toute mignonnette  donc, que l'on pourrait lire le soir à des bambins et que l'on s'étonne de ne pas en avoir encore vu l'adaptation ciné par Disney le monde est beau !

Sauf que les faits évoluent si étrangement qu'à un moment, on s'interroge sur la direction que George Wells nous fait prendre. A quoi tout cela rime-t-il ? Et, soudainement, c'est l'étincelle, il m'a semblé apercevoir l'intention de l'auteur, mais je n'osais trop y croire, me disant que cela frôlait le génie... de l'auteur ! Et pourquoi pas du mien qui a décelé le subterfuge pardi !

Car très vite, dans cette ferme libérée de l'homme et promise à la liberté, à l'égalité, aux 3 jours de travail et 4 de repos, les choses déraillent. Les serments de la révolution des animaux tombent en lambeaux au fur et à mesure que les cochons s'installent prennent les rennes de la ferme, s'installent au pouvoir et gagnent en confort au détriment des autres.

La ferme des animaux (qui fut censuré en Angleterre lors de sa parution) est en fin une satire sans pardon des systèmes totalitaires et de leur mise en place... Une rêve utopique, une révolte, des promesses, la vie de rêve quelque temps puis le revers de la médaille... Quelques éléments qui prennent plus de place jusqu'au pouvoir total, le mensonge, le lavage de cerveaux, la manipulation, chosification,  les travaux forcés, les exécutions sommaires, le bagne pour les perturbateurs, le culte de la personnalité... jusqu'au moment où plus personne ne se souvient pourquoi il y eut révolte et comment était la vie avant celle-ci  !

Cette dystopie (pleine d'allégories à découvrir et à approfondir) a clairement dans son viseur la révolution bolchevique, et régimes autoritaires qui ont suivi sous Lénine et Staline... allant jusqu'à dénoncer l'hypocrisie internationale des grands dirigeants qui finalement, n'hésitent pas, quand il y a un intérêt géopolitique ou économique, à partager un déjeuner avec ces cochons. Inutile de dire qu'au fil des chapitres, les cochons prennent de plus en plus allure humaine.

Ce court roman est vraiment un tour de force. Mais je me demande si George Wells aurait pu l'écrire avec autant d'impact aujourd'hui, dans une époque où nous rendons enfin aux animaux leur noblesse au point de vouloir de plus en plus les mener à l'égalité des hommes ! Etre comparé à un animal aujourd'hui étant de moins en moins perçu comme une injure.

En tout cas, l'homme est un loup pour l'homme et comme disait mon grand-père, "partout où il y a de l'homme, il y a de l'hommerie".

Lecture archi recommandée donc !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 7 Novembre 2019

Roman, livre audio, La révolte, Aliénor d'Aquitaine, Histoire

Roman - Editions Audiolib- 5h43 d'écoute - 19.90 €

Parution d'origine chez Stock en août 2018

 

L'histoire : Celle d'Aliénor d'Aquitaine, de ses 30 à 82 ans, qui fut reine de France puis d'Angleterre narrée par son fils, Richard Coeur de Lion, par sa voix et ses échanges épistolaires avec elle.

 

Tentation : La culture ne nuit jamais

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Avec ce roman, je suis très loin de mes terres et de mes époques de prédilection en lecture. Me voici dans un roman historique et en plein Moyen-Age ! Mais c'est ce genre de petit miracle que permet la littérature.

Et oui, quand un roman peut vous apprendre (ou réapprendre) l'Histoire, autant sauter sur l'occasion de joindre l'utile à l'agréable. D'autant que le style soigné de Clara Dupont-Monod, adapté au sujet et à l'époque reste fluide, doux ou cruel en fonction des événements, mais toujours facile à suivre.

D'Aliénor d'Aquitaine, je ne savais que le nom et une situation géographique évidemment, je connais mon pays. J'ignorais qu'elle avait été reine de France en épousant Louis VII qu'elle quitta, pour se marier à Henri II, roi d'Angleterre, surnommé le Plantagenet. De lui, elle aura 10 enfants qu'elle enterrera tous sauf le dernier, Jean Sans Terre. Une grande partie de cette fratrie se haïra, se fera la guerre. Mais à une époque, elle s'unira contre son père le Plantagenet, et ce sera La Révolte.

Ici, c'est Richard Coeur de Lion qui raconte la vie mouvementée de sa mère Aliénor, femme implacable autant que remarquable. C'est tantôt la voix de Richard qui parle, puis elle laisse à place à celle d'Aliénor ou du Plantagenet, via certains échanges épistolaires.

Ce roman est très dense. Dans la première partie, ce sont surtout des "affaires familiales et territoriales" dont il est question. En effet, à l'époque dans la vie d'Aliénor et de son entourage, il est très souvent question de stratèges géopolitiques et guerriers divers, notamment pour protéger et préserver l'indépendance de l'Aquitaine (entre autre). La deuxième partie fut plus complexe et perdit mon attention par moment. Nous sommes avec Richard dans les croisades, alors qu'il rencontre Saladin qui évoque déjà le jihad. Etonnamment, l'on apprend que ce terme existait déjà à l'époque, alors que celui des croisades n'était pas usité. Là, notre Richard au coeur de lion m'a un peu lassée avec ses tactiques purement militaires sur le terrain, avec quelques détails pas toujours délicats (les têtes coupées ou autres réjouissances de la barbarie et de la guerre).

Dans ce roman, Clara Dupont-Monod admet avoir pris quelques libertés avec l'Histoire, du genre, en plaçant un donjon là où il n'y en avait pas. Mais les faits et gestes des protagonistes et le déroulement de l'histoire est bien réel.

Une lecture enrichissante, qui m'a permis de (re) découvrir le décor et les us du Moyen-Age, et de resituer quelques personnages historiques dans leur généalogie et leur époque... En espérant que cette culture acquise ne me quitte pas trop vite ! Ah mémoire, quand tu nous fais défaut !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Octobre 2019

Roman - Editions Audiolib - 10h56 d'écoute - 20€56.

Parution d'origine aux éditions Cherche midi en 2013

L'histoire : Quelques jours après le décès d'Elisabeth Bohlinger, ses enfants se retrouvent chez le notaire, exécuteur testamentaire de feu leur mère. Un véritable empire est un jeu : l'entreprise réputée "Bolhlinger cosmétiques". Les deux fils héritent immédiatement de leur part. Brett, quant à elle, a la surprise de recevoir une enveloppe qui contient... Un liste de vingt objectifs précis qu'elle doit réaliser en un an pour que s'ouvre son droit au lègue égal à celui de ses frères.... La vie de Brett promet d'être bien mouvementée !

Tentation : Pourquoi pas, à force de voir ce livre un peu partout.

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Fin d'été, envie d'une lecture facile sans prise de tête, donc c'est parti pour Demain est un autre jour, lecture un peu feel good, même très feel good. Surtout que la narration est à la première personne du singulier, faite donc par Brett, dont nous suivons aussi bien les péripéties que les états d'âme. Ces derniers amènent des passages un peu gnangnans et minaudiers. Mais c'est ainsi, c'est féminin et américain, plein de bons sentiments : tout pour toucher un max de lecteur.

Néanmoins la lecture (ou l'écoute) ne manque ni d'intérêt ni de suspens, le récit étant bien construit à cet effet. Le divertissement reste agréable.

Quid de cette fameuse liste de vingt objectifs.... Elle correspond à une série d'objectifs (choses à faire et à réussir dans la vie) que Brett avait rédigée adolescente, avant de jeter la feuille en boule dans une corbeille. La mère, passée derrière, avait récupéré et gardé précieusement cet écrit. Et force est de constater que la vie actuelle de Brett ne ressemble en rien à ce qu'elle avait imaginé enfant. Brett n'a donc d'autre choix que de s'atteler à cette liste, pour le meilleur et pour le pire et va découvrir les motivations de sa mère : rendre Brett à elle-même, à ce qu'elle est vraiment. Brett va donc aller de surprises en découvertes et se rendre compte qu'en fait, le nouveau chemin qu'elle emprunte la conduit doucement mais sûrement vers un bonheur vrai, sincère et sain.

Bon, évidemment, le récit se déroule comme il faut pour que Brett réalise ces objectifs, avec quelques ficelles bien tendues et des situations qui en induisent d'autres, à grand renfort de coup de doutes, d'erreurs, d'émotions et d'un peu de pathos tout de même. Mais l'histoire tient debout et ne nuit pas à la santé. Maintenant, Demain est un autre jour n'apporte rien de bien nouveau non plus sur l'accession au "nirvana" : la solution est en toi, il faut croire en toi, il faut faire confiance au destin ou au contraire, savoir le bousculer, ouvrir ton coeur, d'une action en découle une autre (genre l'effet papillon), ne pas oublier l'enfant que tu as en toi et blablabla et blablabla. Bref, ne pas se tromper de vie ! Ah oui, et j'allais oublier l'essentiel : évidemment, l'argent ne fait pas le bonheur !

Bref, un divertissement féminin et estival sympa, mais qui ne révolutionne pas l'univers !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Octobre 2019

Roman - Editions Audiolib - 4h42 d'écoute - 19 €

Parution d'origine aux éditions Le Seuil en 2014

L'histoire : C'est celle d'Eddy Bellegueule, un enfant né dans un milieu très populaire en Picardie. Eddy n'aura de cesse de quitter ses parents, la pauvreté, sa classe sociale faite de racisme et de violence. Il s'insurge contre tout cela, mais surtout contre le monde qui s'est insurgé contre lui depuis toujours, le voyant comme une source de honte. Car Eddy est différent d'eux et pour eux, différent tout court.

 

 

Tentation : La blogo en son temps (et oui déjà 5 ans, je suis parfois longue à la détente !)

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Edouard Louis raconte son enfance. Il aurait pu, pour cela, choisir la forme d'un essai, d'une enquête ou d'un témoignage. Il a préféré donné un espace littéraire à la violence qu'il a subi, la littérature étant un travail de langage. Et il a ainsi eu plus de liberté pour montrer dans ce livre comment la violence est située dans un langage, et qu'elle s'exprime par des mots. La forme du roman lui a donc permis de restituer la violence d'un langage et des mots qui aurait eu un moins d'impact via un autre support d'écriture. Edouard Louis superpose donc deux langages qui s'entrechoquent : celui d'Eddy enfant et de son milieu, et le sien devenu adulte et romancier. C'est comme cela qu'il peut rendre cet aspect si réel et compréhensible.

Le travail de l'auteur est donc admirable et terriblement abouti. Ce livre, on ne le lâche pas. Alors pourquoi seulement trois pattes de chats ? Parce que ce roman n'en n'est pas un, mais une histoire vraie. Et ce genre d'histoire vraie me met très mal à l'aise, tant la violence réelle m'est insoutenable. Ce type de lecture n'est pas du tout confortable pour mon âme sensible et révoltée face aux injustices, face à l'acharnement envers les plus faibles (en apparence) et sans défense, surtout dans un milieu où plaidoyer restera toujours vain. Eddy est différent, efféminé, délicat, curieux de culture dans un monde de brutes enfermé dans des codes, qui n'a pas été ouvert à la culture et aux différences. Un monde où un garçon doit devenir un homme, un vrai, un dur. D'où un racisme très présent dans les propos de la famille d'Eddy... Bien que ce racisme primaire se trouve aussi couramment dans des CSP +++ hélas.

Edouard Louis décrit la violence verbale, les moqueries, l'humiliation, l'incompréhension subit par Eddy, que ce soit par les siens ou par l'extérieur (l'école ou autre), cette violence insidieuse qui est souvent invisible de l'extérieur du foyer familial et qui évolue dans l'indifférence générale.  Celle-ci m'a trop chamboulée pour que je puisse sauter d'enthousiasme envers cet ouvrage sur les dominés qui a pourtant tout de remarquable dans sa finesse, sa construction, son écriture, les émotions qu'il dégage et qui appelle à devenir autre chose que ce que notre condition a fait de nous.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Septembre 2019

Roman - Editions Audiolib - 6h44 d'écoute - 21.50 €

Parution d'origine aux Editions Robert Laffont en août 2016

L'histoire : Juan Del Monte Jonova, plus connu sous le nom de Don Fuego, mais le feu sur la scène du Buena Vista Cafe depuis des années. Il ne vit que pour chanter. Mais le castrisme évolue vers une autre économie plus libérale et du jour au lendemain, Don Juan se retrouve licencié. A soixante ans, le voilà misérable à courir le cachet dans les rues de la Havane. Sa vie n'a plus de saveur, jusqu'à ce qu'il rencontre Mayensi, mystérieuse jeune femme de quarante ans sa cadette.

Tentation : Envie d'un petit tour à La Havane !

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Je n'ai pas vraiment adhéré à ce roman, même si j'ai apprécié de me retrouver dans les rues de La Havane et d'en apprendre un peu plus sur la vie cubaine sous le régime Castriste.

La plume, très soignée, trop sans doute, m'a parue mielleuse, limite "violons" parfois. Peut-être un peu éculée par rapport au sujet. Ceci se prolongeant jusque dans les dialogues souvent caricaturaux et presque dignes d'un théâtre antique où l'acteur déclame son texte.

Mon coeur fut incapable d'éprouver la moindre empathie envers le personnage de Don Fuego, que j'ai trouvé pédant, autocentré, prétentieux et assez naïf en même temps. Le premier tiers du livre déploie ses apitoiements sur son sort, aussi injuste soit-il.

Puis vient sa rencontre avec la mystérieuse Mayensi, âgée d'à peine vingt ans. Et c'est surtout là que le bât blesse dans ma mentalité. Des histoires de "vieux" qui s'émeuvent devant la jeunesse, ça me déplaît. C'est si facile de tomber en amour et dévotion devant la beauté que le temps n'a pas encore abîmée. Et le sujet de "l'amour rend aveugle", j'ai la sensation d'avoir tout lu sur lui, ou presque. Certes, Mayensi semble détruite de l'intérieur. Mais je n'ai pas vraiment cru à cette romance débordante de bons sentiments et de pseudo leçons de vie. Certes, dans le dernier tiers, des explications éclairent le personnage de Mayensi et relancent un peu le rythme et/ou l'intérêt, mais qui, chez moi, sont vite retombés.

Bref, les quelques qualités ne cet ouvrage n'ont pas suffi à me convaincre. Comme ils me semblent loin les uppercuts de "L'attentat" ou de "L'équation Africaine" de Yasmina Khadra.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 5 Septembre 2019

Roman - Editions Audiolib - 14h10 d'écoute - 24 €

 

Parution d'origine chez Albin Michel en janvier 2018

L'histoire : Février 2017, le tout Paris assiste aux obsèques de feu Marcel Péricourt, qui laisse ainsi sa fille Madeleine à la tête de son empire financier. Et le même jour, Paul, jeune fils de Madeleine, fait une tentative de suicide qui le laissera lourdement handicapé à vie.

Cupide et pensant être bien entourée et conseillée, Madeleine consacre donc beaucoup plus de temps à son fils qu'aux affaires... Quelque temps plus tard, Madeleine est ruinée. Mais Madeleine n'a pas dit son dernier mot. Au fil des années, elle va bâtir une revanche implacable contre ceux qui l'ont trahie.

Tentation : Ma lecture d'Au revoir là-haut

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Ce roman est comme une suite d'Au revoir là-haut. "Comme" car pas vraiment. Au cinéma, on dirait que c'est un spin off. Un personnage est repris et développé. Aussi, nul besoin, je vous assure, d'avoir lu le premier roman pour apprécier celui-ci à sa juste valeur.

Sa juste valeur d'ailleurs, qu'elle est-elle ? Génialissime ! Quel régal de lecture ! Quelle succulence ! J'ai adoré vraiment, et même, j'ai préféré ce tome-ci au précédent. Couleurs d'incendie est moins grave et dur, il est même souvent drôle. En effet, ce livre ne commence pas en pleine guerre des tranchées et n'évoque pas le douloureux sujet des gueules cassées.

Nous sommes à Paris, entre les années 1927 et le début des années 40. Pierre Lemaitre déroule pour nous plus d'une décennie de vie parisienne très documentée, dans différents milieux : bourgeois, populaire, financier, politique, industriel. Il est d'ailleurs assez étonnant de constater que presque un siècle plus tard, les préoccupations, les revendications, les mécontentements, les fonctionnements et dysfonctionnement politiques sont toujours les mêmes. A croire que personne n'apprend rien du passé. C'est donc un réel kaléidoscope de toute une époque, et l'époque joue autant son rôle dans l'histoire que les personnages réels. Vous vous demandez sans doute la signification du titre : couleurs d'incendie ? C'est qu'au fil des années, les gens et le Monde changent de couleurs, des couleurs qui s'intensifient et qui deviendront l'énorme incendie que fut la deuxième Guerre Mondiale.

Certes, le livre est épais (contraire à mes principes et mes goûts), mais vraiment, je n'ai pas vu le temps passer. J'adore la façon subtile, fine mais limpide qu'a Pierre Lemaitre de  se moquer de ses personnages et de leurs travers, voire de leurs vices. C'est souvent drôle et toujours délectable !

Quant à Madeleine, elle offre un magnifique portrait d'une femme des années 30, car la condition des femmes de cette époque est bien entendu un des sujets en toile de fond de ce roman. Elle est très attachante et devient réellement admirable d'intelligence, de finesse, de détermination, d'esprit et d'imagination pour mener à bien sa terrible vengeance. Quatre personnes, qui l'ont plus ou moins directement menée à la ruine, pour des raisons que vous découvrirez avec plaisir lors de votre lecture, en feront les frais, et quels frais ! Dans l'épreuve, Madeleine est devenue une femme implacable.

Bonus de la formule audio, comme pour "Au revoir là-haut", le texte est lu par Pierre Lemaitre lui-même, avec brio et une vivacité telle que le livre semble vivre réellement ! Captivant !

Vous l'aurez compris, ce roman est INCONTOURNABLE !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Août 2019

Roman - Editions Audiolib - 3h09 d'écoute - 20.90 €

 

Parution d'origine chez Albin Michel en 2015

L'histoire : Une femme est assise sur un banc, en pleine nuit, en gare de l'Est. Elle confie ce qui l'a amenée sur ce banc. Quelques heures avant, Nelly était sur la scène d'un théâtre et jouait une pièce de Pirandello... lors que dans la salle, elle a aperçu un homme qu'elle pensait avoir oublié.... C'est alors la crise de panique attaque, et la comédienne s'effondre.

 

 

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Ce roman n'est pas du tout un coup de coeur, et je ne pense pas qu'il me restera longtemps en mémoire. Et pourtant, j'ai pris énormément de plaisir à l'écouter. Parce que la lecture qu''en fait Véronique Olmi est magistrale, très habitée mais aussi très enveloppante. J'ai appris via l'interview de Véronique Olmi en fin d'enregistrement qu'elle est aussi auteure de pièces de théâtre et comédienne, ceci explique cela. L'interprétation du texte vaut à elle-seule cette écoute.

L'écriture aussi est magnifique, soignée, ciselée, chaque mot semble choisi avec précision. Le style est pénétrant, envoûtant. L'ensemble m'a paru... voluptueux... Oui, c'est le mot qui me vient à l'esprit.

J'ai aimé me sentir comme la confidente de Nelly, cette femme de 47 ans, qui se raconte sur un banc de la gare de l'Est, en pleine nuit. J'ai aimé la façon dont elle fait dérouler ses réflexions, ses observations sur la vie, la sienne, celle de ses proches... ou des inconnus. Nelly nous parle aussi de théâtre, son métier qui l'habite entièrement, jour et nuit, sauf le lundi. Chaque jour de la semaine est vécu par Nelly la comédienne comme un cheminement vers LE moment extrême, celui du lever de rideau, où tout disparaît, même le trac...

Mais ce soir-là, elle l'a aperçu, l'homme qu'elle avait enfoui au fond d'elle pour l'oublier, au point de ne même plus jamais prononcer son prénom. Et là voilà qui s'effondre, qui ne peut plus jouer... La panique attaque, le cauchemar de tout acteur de théâtre. La pièce s'interrompt.

Ce court roman est donc un bel hommage au théâtre et à celles et ceux qui le font. Il se concentre sur le fameux moment de "la bascule", ce moment et ses ingrédients qui font que plus rien n'est possible comme avant. J'aimais mieux quand c'était toi plonge dans l'âme et le corps, car il s'interroge sur la question : que faisons-nous de ceux que nous avons aimé après la rupture. Jusqu'à quelle profondeur les enfouissons-nous, et que faut-il pour les faire re surgir ? Cette deuxième partie, qui touche à l'amour passionnel, m'a moins beaucoup parlé que la première. Mais le style et l'interprétation étaient toujours aussi délicats et agréables à écouter.

J'aimais mieux quand c'était toi fait donc partie pour moi des romans agréables, mais qui ne me marquent pas au fer rouge, que l'on peut lire sans le regretter, et que l'on peut ignorer sans s'en mordre les doigts !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Août 2019

Roman - Editions Audiolib - 6h39 d'écoute - 15.81 €

Parution d'origine aux éditions de Minuit en janvier 2016

L'histoire :  Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s'occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l'empêcher d'accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n'est pas toujours très bien organisé.

 

Tentation : Envie de relire Jean Echenoz

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Il y a quelques années, je m'étais pris un réel coup de poing (et de coeur) avec 14, de Jean Echenoz. En piochant "Envoyée spéciale" dans ma PAL audio, j'étais à la recherche de la même sensation, de mots qui frappent comme des uppercuts, d'histoire qui vous vrillent autant le ventre que la gorge.

Et là, échec totale. A plusieurs reprises, je suis retournée sur un site internet relire 4ème de couv, pour être sûr que je ne n'étais pas trompée d'enregistrement, que l'histoire que j'écoutais correspondait bien à celle plus ou moins annoncée.

Dans mon immense déception suite à cette écoute, je pense qu'une erreur d'agenda/programmation de lecture n'est pas étrangère à cela... En effet, j'ai entamé "Envoyée spéciale) juste après avoir écouté  "L'extraordinaire voyage du fakir qui voyageait enfermé dans une armoire ikéa", roman burlesque lu par Dominique Pinon... Or, Envoyée Spéciale est aussi interprété par Dominique Pinon, sur les mêmes tons et rythmes, cette histoire est tout aussi ubuesque.... Aussi, pendant un temps, je me demandais si je n'étais pas encore en compagnie du fameux fakir... Perturbant... et surtout, saturation.

En fait, de la part d'Echenoz dont ma seule connaissance était le roman 14, je ne m'attendais pas à une histoire aussi déjantée. Tout semble n'avoir ni queue ni tête, être décousu, nébuleux. Je n'ai absolument pas vu où l'auteur voulait en venir, ni compris l'objectif de ce roman qui se veut drôle et sarcastique... Si je voyais ce genre d'histoire au ciné, je dirais "comédie série B". Evoluent une multitude de personnages farfelus, absolument pas attachants et que même en fin de lecture, je n'avais pas réussi à fixer dans un rôle précis pour certains. Certes, l'écriture est relativement soignée, mais le rythme m'a semblé exécrable et insupportables tant il y est bâti sur des digressions de digressions sensées être drôles mais qui à force, exaspèrent... même si j'avoue avoir souri 2 ou 3 fois. Bref, je n'ai pas accroché du tout à ce genre de parodie d'espionnage, on ne peut plus confuse, sans suspens ni émotion où rien ne semble dépasser le niveau de superficiel. A éviter !

P.S : si vous avez dans vos têtes des titres d'Echenoz qui ne me vaudront pas une telle déception, je suis preneuse, car désormais, je suis méfiante... Chat échaudé craint l'eau froide... Idem pour une lectrice ! 

 

L'avis enthousiaste de Keisha

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 2 Août 2019

Livre audio, Catherine Cusset, L'autre qu'on adorait, critique, chronique, avis de lecture

Roman - Editions Gallimard - 7h31 d'écoute - 14.13 €

Parution d'origine chez Gallimard en août 2016

L'histoire : Catherine, la narratrice, fait revivre Thomas en déroulant son histoire. Thomas fut son amant, puis son proche amis. Entre la France et les Etats-Unis, cet homme d'une vitalité exubérante, des projets plein la tête, survécu d'échec en espoir de réussite dans le monde universitaire américain jusqu'à mettre fin à ses jours à l'aube de ses quarante ans.

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Cette lecture me laisse un peu mitigée malgré la qualité certaine de l'oeuvre et de style. 

Le roman de Catherine Cusset, qui parle évidemment d'un personnage réel est donc partiellement autobiographique. Catherine Cusset raconte la vie de Thomas, telle qu'elle l'a perçue, telle que sans doute les témoignages de l'entourage l'ont décrite. Mais parler à la place d'un mort n'est pas aisé, surtout quand il s'agit d'un suicidé et que l'issue fatale est liée à une pathologie. Ici la bipolarité. Car il est impossible de se mettre dans la tête d'un bipolaire et de saisir pleinement ses souffrances, ses doutes, ses angoisses, ses excès d'énergie, d'enthousiasme débordant suivant des angoisses les plus profondes, de procrastination, des périodes de lassitude et d'inactivité, tout ceci prenant racine dans l'invisible et l'impalpable. Déjà un bipolaire a beaucoup de mal à expliquer cela, alors pour une plume extérieure, l'exercice est périlleux. Et je parle en connaissance de cause car bipolaire, je le suis. Et c'est là que le bât blesse dans ce roman... Il y manque l'émotion, la puissance dévastatrice de la douleur, l'intériorité. Thomas est décrit de l'extérieur, malgré ses confidences à la narratrice.

D'autant que le mot bipolarité et le diagnostic n'interviennent qu'aux trois quart de l'histoire, voire plus loin encore. Et c'est à ce moment que la lecture devient plus prenante et émouvante, quand on sent que la descente aux enfers de Thomas n'en finira jamais.

Nous suivons Thomas sur plus de vingt ans... Depuis globalement sa première crise maniaco-dépressive lors de vacances entre copains à l'étranger. Nous suivons toutes ses études, parsemées d'échecs et de petites réussites, et toute sa vie professionnelle sur le modèle de ses études. Au début, j'ai trouvé cela intéressant de découvrir le fonctionnement du système universitaire américain (thèse, doctorat, publication etc... )Mais comme cela se poursuit sur plus d'une décennie, j'ai fini par avoir l'impression d'écouter une longue litanie... Candidature, rentrée universitaire, cours, rédaction de thèse etc... Le tout couplé aux émois amoureux régulièrement enthousiastes puis désespérés de Thomas.

J'imagine que peut-être, les lecteurs qui méconnaissent les maladies bipolaires peuvent être déconcertés par cette lecture très chronologique et donc répétitive, où les indices de la pathologie peuvent presque paraître invisibles si l'on n'est pas un minimum informé sur la maladie... Et de ce fait, le personnage de Thomas peut paraître bien souvent fainéant, prétentieux, orgueilleux, irresponsable, bref, pas forcément attachant pour le lecteur, même si dans sa vie, Thomas est aimé et ne manque ni d'amis ni de connaissances. Alors que lorsque le diagnostic tombe, on souffre avec lui. Si j'avais été Catherine Cusset, j'aurais ouvert le roman sur le diagnostic, pour ensuite dérouler la vie de Thomas qui aurait été ainsi éclaircie et expliquée par cette maladie qui est, rappelons-le, classée par l'O.M.S comme l'une des 10 maladies les plus invalidantes du monde. Et là, et alors seulement là, "l'autre qu'on adorait" aurait été un roman utile pour que les maladies bipolaires soient mieux connues et mieux comprises par un plus grand nombre.

Je n'ai pas les mots exactes de Catherine Cusset, mais sur la fin, elle dit : "Lorsqu'un bipolaire meurt, c'est un rire qui disparaît de la terre". Et oui, en public, les bipolaires sont souvent très drôles, bout en train, débordants d'énergie. Ils apprennent à s'imiter eux-mêmes lors des moments difficiles, pour donner ce que l'on attend d'eux : humour et énergie.

L'avis de Sylire

 

 

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Rédigé par Géraldine

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