Articles avec #livres audio, lectures audio tag

Publié le 16 Janvier 2020

Thriller - Editions Lizzie - 9h56 d'écoute - 21 €

Parution d'origine chez Sonatine en octobre 2018

L'histoire : Callie et Tilda sont soeurs jumelles sans ressemblance. Londoniennes toutes les deux. Callie, libraire à temps partiel, vit depuis toujours dans l'ombre de Tilda, actrice qui commence à être réputée. Les deux soeurs sont proches, presque fusionnelles, jusqu'à ce que Tilda rencontre Félix, un riche banquier. Le comportement de Tilda se métamorphose alors que Félix pourrait paraître violent et dominant... Callie voit cela de l'extérieur, s'inquiète et se renseigne sur forums spécialisés dans la violence domestique... Quelques mois plus tard, Félix est retrouvé mort, à priori d'une crise cardiaque...

 

Tentation : Envie d'un bon thriller

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Voici un bon thriller british très psychologique, qui, sans être vraiment palpitant, reste très captivant. Pas de nuit blanche ni de suée, mais de l'observation, de l'attention, la recherche du détail... Pas non plus de grande originalité dans le postulat de base : deux soeurs jumelles... le sujet est bien exploité en littérature. La richesse de ce roman tient d'abord dans l'extraordinaire psychologie des personnages, vraiment travaillées, approfondie, maîtrisée et évidemment à sa construction et son dénouement !

Le suspense est toujours latent, même si l'on sait dès le premier chapitre que Félix va mourir. Cette mort limpide pour la police mais suspecte pour nous lecteurs advient presque aux deux tiers du roman, ce qui, quelque part, donne relance l'histoire. Cette mort tardive n'enlève rien à l'intérêt de l'oeuvre. Certes, j'y ai trouvé quelques petites longueurs - mais celles-ci sont peut-être nécessaires pour bien poser le caractère paradoxal des deux héroïnes - et à la fin, il m'a semblé qu'il me manquait deux ou trois petites explications finales, à moins que ce ne soit ma mémoire qui me fasse défaut.

En tous cas, cette histoire machiavélique est sacrément bien construite. Le doute est PERMANENT et change à chaque fois de cible, ou de victime. Callie est la narratrice, alors on est en droit de se demander si elle est objective et libre à elle d'éventuellement nous balader comme elle le veut. Donc méfiance, faut-il croire tout ce qu'elle dit ? Mystère. Régulièrement, Jane Robins lâche détails, informations ou anecdotes qui ne font que renforcer ou relancer notre incertitude.

Il faut tout de même dire que l'on se rend bien compte que chacune des soeurs est bien particulière (je ne spolierai pas !) et aucune ne semble être vraiment équilibrée. Manipulation ? Paranoïa ? Harcèlement ? Jalousie ? Obsession ? Vous le saurez en lisant ce livre... En vous méfiant des illusions. On peut avoir des illusions, se faire des illusions ou encore donner l'illusion de...  

Tentez de garder la tête claire pour découvrir qui, des deux soeurs, est la plus folle quelque part !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 27 Décembre 2019

Anatomie d'un scandale, littérature anglaise, thriller psychologique, Sarah Vaughan

Thriller - Editions Audiolib - 11h40 d'écoute - 20.60 €

Parution d'origine aux éditions Préludes en janvier 2019

L'histoire : James Withhouse, homme politique connu, député et meilleur ami du premier ministre, est accusé de viol. Kate, avocate (conseillère de la Reine), se voit confier la mission d'obtenir la condamnation de l'homme devant la cours. Kate y mettre tout son coeur, toute sa force, toute sa personne.

De l'autre côté, il y a Sophie, l'épouse de WhiteHouse avec qui elle forme ce si beau couple parfait, chouchous des médias etc... Va t-elle soutenir son mari ? Et si oui, jusqu'à quand ? Qu'est-ce qu'une épouse peut accepter de son mari sans se renier ? Et derrière cette accusation, y a-t-il d'autres secrets enfouis ?

Tentation : Pourquoi pas, envie d'un thriller psychologique !

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Quatrième de couv et description de l'oeuvre évoquent un bestseller international, un thriller psychologique et domestique sulfureux, ténébreux et puissant.

Mouais, après lecture (ou écoute) je dirai ce que ce "thriller" est un peu survendu. Certes, il est intéressant et agréable à écouter, mais on ne peut pas dire que l'adrénaline monte beaucoup. Par contre, le blabla prend pas mal de place, et qui dit blabla, dit longueurs et répétitions. En même temps, le blabla est difficilement contournable quand presque un tiers du roman se déroule dans une salle d'audience anglaise, dans un procès retentissant, qui fait couler beaucoup d'encre et ou deux avocates bataillent pour leur objectif : accuser ou innocenter. Et évidemment, le lecteur est pris dans l'histoire, puisqu'il veut "savoir".

Ce roman surfe sur l'époque #meetoo en se penchant avec justesse et profondeur sur la question, qui peut être délicate et très ténue, du consentement dans une relation sexuel. Oui, la marge qui peut faire basculer un acte sexuel en viol est très fine, comme le fil d'un rasoir. Autre sujet important que Sarah Vaughan développe dans cette histoire : la vérité, ce qu'on en fait, l'idée que l'on en a, comment on la transforme, sciemment ou inconsciemment.

Que dire d'autre, sinon que le récit nous emmène régulièrement dans le passé, en 1993 exactement, où certains des protagonistes de l'affaire étaient alors des étudiants d'Oxford, jeunesse dorée, née avec une cuillère en argent dans la bouche, et promise à un bel avenir. Et pour garantir cet avenir, il semble que tous les coups sont permis. Cette immersion Oxfordienne m'a intéressée, même si elle m'a souvent répugnée. A part cela, Sarah Vaughan nous plonge dans le coeur d'un couple, autant ordinaire qu'extraordinaire, puisque nous sommes dans les hautes sphères politiques, où la jeunesse d'Oxford a pris quelques rides mais beaucoup de pouvoirs. A-t-elle pour autant gagné en sagesse ?

Un roman intéressant mais pas aussi captivant et transcendant que l'on peut l'espérer d'une oeuvre estampillée thriller psychologique.

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 11 Décembre 2019

Polar - Editions Audiolib - 5h20 d'écoute - 19.50 €

Parution d'origine en 1994 chez Viviane Hamy

L'histoire : A Rome... Des dessins de Michel Ange sont volés à la bibliothèque du Vatican. Henri Vallubert, grand expert d'art parisien, meurt empoisonné en pleine fête devant le palais Farnèse. Son fils Claude et deux de ses amis avec qui il forment le groupe des empereurs (Claude, Néron et Tibère, comme ils se nomment entre eux), traînent leur résidence dans la ville entre nonchalance mais avis bien précis. Ajoutez à cela une veuve envoûtante, une bibliothécaire aussi rigide que dévouée, et un cardinal qui connaît tout le monde, il y a assez pour que l'inspecteur Valence, envoyé spécial du gouvernement français pour éclaircir, voire étouffer l'affaire si besoin, y perde son latin !

 

 

Mon humble avis : Ce roman est le troisième publié par Fred Vargas, même s'il a été rédigé bien des années avant sa parution. Aussi, celui-ci ne date pas d'hier !

Ceux qui vont mourir te saluent est donc un bon polar à l'ancienne... mais à la sauce Vargas, donc avec un petit plus et une signature que l'on retrouve avec plaisir. A savoir, des personnages hors du commun, haut en couleur, fantasques qui donnent à cette enquête relativement classique dans le fond une forme très fantaisiste et donc particulièrement divertissante, voire même parfois amusante. En effet, les trois protagonistes qui se font appeler par des noms d'empereurs ne sont pas sans surprises, depuis leur caractère, leur manière de déclamer des évidences avec un faste désuet ou encore, de voir monde et choses. Aussi, avec eux, certains dialogues valent leur pesant de caramels mous comme on dit !

Avec les personnages, nous déambulons avec ravissement dans les rues de Rome, dans l'enceinte du Vatican, et dans les entrailles de la Vaticane, la bibliothèque si riche et particulière de ce dernier. L'auteure laisse toute liberté à notre imagination pour habiller les lieux. Donc pas de descriptifs interminables. L'inspecteur Valence, dont le portrait n'a rien à envier célèbre Adamsberger, fait plus ou moins équipe avec la police italienne menée par Ruggeri. Les pistes, bonnes comme fausses, se multiplient, se divisent, forment parfois de sacrés carrefours avec moult directions possibles, voir des demi tours... et de ce fait, les rebondissements abondent et démontrent qu'il ne faut pas se fier aux apparences. Aussi simple et limpide puisse paraître en enquête, celle-ci réserve toujours son lot de surprise et ici, jusqu'aux toutes dernières pages.

Bref, un polar bien agréable à lire ou à écouter, qui divertit et balade son lecteur sans stresse, ni litres d'hémoglobine !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 7 Décembre 2019

Le lièvre de Vatanen, littérature, finlande

Roman - Editions Ecoutez lire - 4h52 d'écoute - 16.99 €

Parution d'origine en 1975

L'histoire : Vatanen est journaliste désabusé d'Helsinki. Alors qu'il revient de la campagne avec un confrère, leur voiture heurte un lièvre. Vatanen descend, s'enfonce dans les fourrés, récupère le lièvre blessé. Il lui fabrique une attelle de fortune et avec lui, s'enfonce toujours plus dans la forêt et en Finlande. Il ne reviendra jamais.

Tentation : A force de voir ce roman dans toutes les librairies... curiosité

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Un roman finlandais culte !

Mon humble avis : En commençant mon écoute, j'ignorais que j'entrais dans une oeuvre devenue culte en Scandinavie et de par le monde, qui a même trouvé place en 1994 dans la collection UNESCO d'œuvres représentatives

Je savais qu'il ne datait pas d'hier mais ignorais  qu'il est presque aussi âgé que moi. C'est la mention de la monnaie "mark" qui m'a mis la puce à l'oreille. L'Euro était encore loin de pointer le bout de son nez !

Le lièvre de Vatanen n'est pas le genre d'histoire que je lis souvent... puisque l'on est presque dans la nature writting. Et pourtant, la magie qui y règne m'a gagné. Chose curieuse, la narration m'a paru assez factuelle. Comme si l'auteur laissait soin et plaisir au lecteur d'y mettre ses propres émotions, celles qu'il pourrait vivre dans de telles situations, celle qu'il ressent à la description des faits et des paysages.

Lorsque l'animal paraît dans une vie... C'est un peu ce qui pourrait résumer ces pages. Oui, lorsque l'animal entre dans une vie, il la modifie, parfois la bouleverse totalement. Ici, c'est un lièvre, mais cela pourrait être un chat, un chien, un loup, un mouton... n'importe quel animal qui a quelque chose à nous dire sur le monde et sur nous si nous sommes prêts à l'écouter. Et souvent, celui-ci arrive au bon moment dans une vie. Vatanen va donc vivre au rythme du lièvre, le soigner, le nourrir, s'en occuper et s'en préoccuper, l'emmener partout avec lui, le protéger, le défendre bec et ongle. Grâce à ce lièvre, qui ne sera jamais prénommé, il va considérer la vie et la nature d'un nouvel oeil, il va s'ouvrir sur la nature qu'il va faire sienne. Au cours de son périple dans toute la Finlande et même un peu plus (trop) loin, il vivra des aventures drôles, touchantes, violentes et même abracadabrantes. Le tout, avec des personnages hauts en couleurs !  Il rencontrera la diversité de l'humanité, pour le meilleur et pour le pire... Car oui, lorsque l'animal paraît, l'Homme est autant capable du meilleur comme du pire. L'histoire montre même que parfois "très loin" n'est pas forcément suffisant pour avoir la paix et la tranquillité !

Le lièvre de Vatanen est donc un merveilleux hommage à la nature et ses bienfaits et déjà un appel à son respect. Récit à connotation initiatique, picaresque, il divertit cependant son lecteur, en alternant passages vraiment comiques, d'autres oniriques ou tendres et des plages de silences que le lecteur habitera comme il le voudra. C'est un magnifique roman qui montre le talent de l'Homme pour s'illustrer autant dans  la grandeur que dans le ridicule. Culte, donc à lire !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 25 Novembre 2019

Roman - Editions Ecoutez Lire - 3h13 d'écoute - 12.99 €

Parution d'origine en 1945

L'histoire : Dans la ferme anglaise de Mr Jones, le vieux cochon Sage l'ancien reçoit un rêve comme une prophétie... Il s'en ouvre aux autres animaux de la ferme. C'est décidé, les animaux se rebelleront contre Mr Jones et les humains, prendront le pouvoir dans la ferme, bénéficieront de la liberté et de rations alimentaires à leur guise, et géreront par eux-mêmes l'exploitation. C'est vite chose faite et les sept commandements de la ferme des animaux voient le jour : tous les animaux sont égaux. Et le chant des animaux est scandé : Oui aux quatre pattes, non aux deux pattes (sauf s'ils ont des plumes !). Quelques années plus tard, il semble que seul le vieil âne se souviennent de ces fameux sept commandements, bien modifiés au fil du temps.

 

Tentation : le début du pitch

Fournisseur : bib N°3

 

 

Mon humble avis : Telle est prise qui croyait prendre ! Lorsque j'ai saisi ce livre audio à la bib' et lu les premières lignes, j'ai cru qu'il s'agissait d'une histoire à la gloire des animaux et de leur sagesse ! Hum hum, ce n'est pas tout à fait ça.

Tout commence comme une fable enfantine, admirablement interprétée par la voix jeune et enjouée de Jennifer Deker, de celle que l'on peut entendre dans les dessins animés qui n'exagèrent pas sur l'aspect enfantin. Comme une fable toute mignonnette  donc, que l'on pourrait lire le soir à des bambins et que l'on s'étonne de ne pas en avoir encore vu l'adaptation ciné par Disney le monde est beau !

Sauf que les faits évoluent si étrangement qu'à un moment, on s'interroge sur la direction que George Wells nous fait prendre. A quoi tout cela rime-t-il ? Et, soudainement, c'est l'étincelle, il m'a semblé apercevoir l'intention de l'auteur, mais je n'osais trop y croire, me disant que cela frôlait le génie... de l'auteur ! Et pourquoi pas du mien qui a décelé le subterfuge pardi !

Car très vite, dans cette ferme libérée de l'homme et promise à la liberté, à l'égalité, aux 3 jours de travail et 4 de repos, les choses déraillent. Les serments de la révolution des animaux tombent en lambeaux au fur et à mesure que les cochons s'installent prennent les rennes de la ferme, s'installent au pouvoir et gagnent en confort au détriment des autres.

La ferme des animaux (qui fut censuré en Angleterre lors de sa parution) est en fin une satire sans pardon des systèmes totalitaires et de leur mise en place... Une rêve utopique, une révolte, des promesses, la vie de rêve quelque temps puis le revers de la médaille... Quelques éléments qui prennent plus de place jusqu'au pouvoir total, le mensonge, le lavage de cerveaux, la manipulation, chosification,  les travaux forcés, les exécutions sommaires, le bagne pour les perturbateurs, le culte de la personnalité... jusqu'au moment où plus personne ne se souvient pourquoi il y eut révolte et comment était la vie avant celle-ci  !

Cette dystopie (pleine d'allégories à découvrir et à approfondir) a clairement dans son viseur la révolution bolchevique, et régimes autoritaires qui ont suivi sous Lénine et Staline... allant jusqu'à dénoncer l'hypocrisie internationale des grands dirigeants qui finalement, n'hésitent pas, quand il y a un intérêt géopolitique ou économique, à partager un déjeuner avec ces cochons. Inutile de dire qu'au fil des chapitres, les cochons prennent de plus en plus allure humaine.

Ce court roman est vraiment un tour de force. Mais je me demande si George Wells aurait pu l'écrire avec autant d'impact aujourd'hui, dans une époque où nous rendons enfin aux animaux leur noblesse au point de vouloir de plus en plus les mener à l'égalité des hommes ! Etre comparé à un animal aujourd'hui étant de moins en moins perçu comme une injure.

En tout cas, l'homme est un loup pour l'homme et comme disait mon grand-père, "partout où il y a de l'homme, il y a de l'hommerie".

Lecture archi recommandée donc !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 7 Novembre 2019

Roman, livre audio, La révolte, Aliénor d'Aquitaine, Histoire

Roman - Editions Audiolib- 5h43 d'écoute - 19.90 €

Parution d'origine chez Stock en août 2018

 

L'histoire : Celle d'Aliénor d'Aquitaine, de ses 30 à 82 ans, qui fut reine de France puis d'Angleterre narrée par son fils, Richard Coeur de Lion, par sa voix et ses échanges épistolaires avec elle.

 

Tentation : La culture ne nuit jamais

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Avec ce roman, je suis très loin de mes terres et de mes époques de prédilection en lecture. Me voici dans un roman historique et en plein Moyen-Age ! Mais c'est ce genre de petit miracle que permet la littérature.

Et oui, quand un roman peut vous apprendre (ou réapprendre) l'Histoire, autant sauter sur l'occasion de joindre l'utile à l'agréable. D'autant que le style soigné de Clara Dupont-Monod, adapté au sujet et à l'époque reste fluide, doux ou cruel en fonction des événements, mais toujours facile à suivre.

D'Aliénor d'Aquitaine, je ne savais que le nom et une situation géographique évidemment, je connais mon pays. J'ignorais qu'elle avait été reine de France en épousant Louis VII qu'elle quitta, pour se marier à Henri II, roi d'Angleterre, surnommé le Plantagenet. De lui, elle aura 10 enfants qu'elle enterrera tous sauf le dernier, Jean Sans Terre. Une grande partie de cette fratrie se haïra, se fera la guerre. Mais à une époque, elle s'unira contre son père le Plantagenet, et ce sera La Révolte.

Ici, c'est Richard Coeur de Lion qui raconte la vie mouvementée de sa mère Aliénor, femme implacable autant que remarquable. C'est tantôt la voix de Richard qui parle, puis elle laisse à place à celle d'Aliénor ou du Plantagenet, via certains échanges épistolaires.

Ce roman est très dense. Dans la première partie, ce sont surtout des "affaires familiales et territoriales" dont il est question. En effet, à l'époque dans la vie d'Aliénor et de son entourage, il est très souvent question de stratèges géopolitiques et guerriers divers, notamment pour protéger et préserver l'indépendance de l'Aquitaine (entre autre). La deuxième partie fut plus complexe et perdit mon attention par moment. Nous sommes avec Richard dans les croisades, alors qu'il rencontre Saladin qui évoque déjà le jihad. Etonnamment, l'on apprend que ce terme existait déjà à l'époque, alors que celui des croisades n'était pas usité. Là, notre Richard au coeur de lion m'a un peu lassée avec ses tactiques purement militaires sur le terrain, avec quelques détails pas toujours délicats (les têtes coupées ou autres réjouissances de la barbarie et de la guerre).

Dans ce roman, Clara Dupont-Monod admet avoir pris quelques libertés avec l'Histoire, du genre, en plaçant un donjon là où il n'y en avait pas. Mais les faits et gestes des protagonistes et le déroulement de l'histoire est bien réel.

Une lecture enrichissante, qui m'a permis de (re) découvrir le décor et les us du Moyen-Age, et de resituer quelques personnages historiques dans leur généalogie et leur époque... En espérant que cette culture acquise ne me quitte pas trop vite ! Ah mémoire, quand tu nous fais défaut !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 26 Octobre 2019

Roman - Editions Audiolib - 10h56 d'écoute - 20€56.

Parution d'origine aux éditions Cherche midi en 2013

L'histoire : Quelques jours après le décès d'Elisabeth Bohlinger, ses enfants se retrouvent chez le notaire, exécuteur testamentaire de feu leur mère. Un véritable empire est un jeu : l'entreprise réputée "Bolhlinger cosmétiques". Les deux fils héritent immédiatement de leur part. Brett, quant à elle, a la surprise de recevoir une enveloppe qui contient... Un liste de vingt objectifs précis qu'elle doit réaliser en un an pour que s'ouvre son droit au lègue égal à celui de ses frères.... La vie de Brett promet d'être bien mouvementée !

Tentation : Pourquoi pas, à force de voir ce livre un peu partout.

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Fin d'été, envie d'une lecture facile sans prise de tête, donc c'est parti pour Demain est un autre jour, lecture un peu feel good, même très feel good. Surtout que la narration est à la première personne du singulier, faite donc par Brett, dont nous suivons aussi bien les péripéties que les états d'âme. Ces derniers amènent des passages un peu gnangnans et minaudiers. Mais c'est ainsi, c'est féminin et américain, plein de bons sentiments : tout pour toucher un max de lecteur.

Néanmoins la lecture (ou l'écoute) ne manque ni d'intérêt ni de suspens, le récit étant bien construit à cet effet. Le divertissement reste agréable.

Quid de cette fameuse liste de vingt objectifs.... Elle correspond à une série d'objectifs (choses à faire et à réussir dans la vie) que Brett avait rédigée adolescente, avant de jeter la feuille en boule dans une corbeille. La mère, passée derrière, avait récupéré et gardé précieusement cet écrit. Et force est de constater que la vie actuelle de Brett ne ressemble en rien à ce qu'elle avait imaginé enfant. Brett n'a donc d'autre choix que de s'atteler à cette liste, pour le meilleur et pour le pire et va découvrir les motivations de sa mère : rendre Brett à elle-même, à ce qu'elle est vraiment. Brett va donc aller de surprises en découvertes et se rendre compte qu'en fait, le nouveau chemin qu'elle emprunte la conduit doucement mais sûrement vers un bonheur vrai, sincère et sain.

Bon, évidemment, le récit se déroule comme il faut pour que Brett réalise ces objectifs, avec quelques ficelles bien tendues et des situations qui en induisent d'autres, à grand renfort de coup de doutes, d'erreurs, d'émotions et d'un peu de pathos tout de même. Mais l'histoire tient debout et ne nuit pas à la santé. Maintenant, Demain est un autre jour n'apporte rien de bien nouveau non plus sur l'accession au "nirvana" : la solution est en toi, il faut croire en toi, il faut faire confiance au destin ou au contraire, savoir le bousculer, ouvrir ton coeur, d'une action en découle une autre (genre l'effet papillon), ne pas oublier l'enfant que tu as en toi et blablabla et blablabla. Bref, ne pas se tromper de vie ! Ah oui, et j'allais oublier l'essentiel : évidemment, l'argent ne fait pas le bonheur !

Bref, un divertissement féminin et estival sympa, mais qui ne révolutionne pas l'univers !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 22 Octobre 2019

Roman - Editions Audiolib - 4h42 d'écoute - 19 €

Parution d'origine aux éditions Le Seuil en 2014

L'histoire : C'est celle d'Eddy Bellegueule, un enfant né dans un milieu très populaire en Picardie. Eddy n'aura de cesse de quitter ses parents, la pauvreté, sa classe sociale faite de racisme et de violence. Il s'insurge contre tout cela, mais surtout contre le monde qui s'est insurgé contre lui depuis toujours, le voyant comme une source de honte. Car Eddy est différent d'eux et pour eux, différent tout court.

 

 

Tentation : La blogo en son temps (et oui déjà 5 ans, je suis parfois longue à la détente !)

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Edouard Louis raconte son enfance. Il aurait pu, pour cela, choisir la forme d'un essai, d'une enquête ou d'un témoignage. Il a préféré donné un espace littéraire à la violence qu'il a subi, la littérature étant un travail de langage. Et il a ainsi eu plus de liberté pour montrer dans ce livre comment la violence est située dans un langage, et qu'elle s'exprime par des mots. La forme du roman lui a donc permis de restituer la violence d'un langage et des mots qui aurait eu un moins d'impact via un autre support d'écriture. Edouard Louis superpose donc deux langages qui s'entrechoquent : celui d'Eddy enfant et de son milieu, et le sien devenu adulte et romancier. C'est comme cela qu'il peut rendre cet aspect si réel et compréhensible.

Le travail de l'auteur est donc admirable et terriblement abouti. Ce livre, on ne le lâche pas. Alors pourquoi seulement trois pattes de chats ? Parce que ce roman n'en n'est pas un, mais une histoire vraie. Et ce genre d'histoire vraie me met très mal à l'aise, tant la violence réelle m'est insoutenable. Ce type de lecture n'est pas du tout confortable pour mon âme sensible et révoltée face aux injustices, face à l'acharnement envers les plus faibles (en apparence) et sans défense, surtout dans un milieu où plaidoyer restera toujours vain. Eddy est différent, efféminé, délicat, curieux de culture dans un monde de brutes enfermé dans des codes, qui n'a pas été ouvert à la culture et aux différences. Un monde où un garçon doit devenir un homme, un vrai, un dur. D'où un racisme très présent dans les propos de la famille d'Eddy... Bien que ce racisme primaire se trouve aussi couramment dans des CSP +++ hélas.

Edouard Louis décrit la violence verbale, les moqueries, l'humiliation, l'incompréhension subit par Eddy, que ce soit par les siens ou par l'extérieur (l'école ou autre), cette violence insidieuse qui est souvent invisible de l'extérieur du foyer familial et qui évolue dans l'indifférence générale.  Celle-ci m'a trop chamboulée pour que je puisse sauter d'enthousiasme envers cet ouvrage sur les dominés qui a pourtant tout de remarquable dans sa finesse, sa construction, son écriture, les émotions qu'il dégage et qui appelle à devenir autre chose que ce que notre condition a fait de nous.

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 26 Septembre 2019

Roman - Editions Audiolib - 6h44 d'écoute - 21.50 €

Parution d'origine aux Editions Robert Laffont en août 2016

L'histoire : Juan Del Monte Jonova, plus connu sous le nom de Don Fuego, mais le feu sur la scène du Buena Vista Cafe depuis des années. Il ne vit que pour chanter. Mais le castrisme évolue vers une autre économie plus libérale et du jour au lendemain, Don Juan se retrouve licencié. A soixante ans, le voilà misérable à courir le cachet dans les rues de la Havane. Sa vie n'a plus de saveur, jusqu'à ce qu'il rencontre Mayensi, mystérieuse jeune femme de quarante ans sa cadette.

Tentation : Envie d'un petit tour à La Havane !

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Je n'ai pas vraiment adhéré à ce roman, même si j'ai apprécié de me retrouver dans les rues de La Havane et d'en apprendre un peu plus sur la vie cubaine sous le régime Castriste.

La plume, très soignée, trop sans doute, m'a parue mielleuse, limite "violons" parfois. Peut-être un peu éculée par rapport au sujet. Ceci se prolongeant jusque dans les dialogues souvent caricaturaux et presque dignes d'un théâtre antique où l'acteur déclame son texte.

Mon coeur fut incapable d'éprouver la moindre empathie envers le personnage de Don Fuego, que j'ai trouvé pédant, autocentré, prétentieux et assez naïf en même temps. Le premier tiers du livre déploie ses apitoiements sur son sort, aussi injuste soit-il.

Puis vient sa rencontre avec la mystérieuse Mayensi, âgée d'à peine vingt ans. Et c'est surtout là que le bât blesse dans ma mentalité. Des histoires de "vieux" qui s'émeuvent devant la jeunesse, ça me déplaît. C'est si facile de tomber en amour et dévotion devant la beauté que le temps n'a pas encore abîmée. Et le sujet de "l'amour rend aveugle", j'ai la sensation d'avoir tout lu sur lui, ou presque. Certes, Mayensi semble détruite de l'intérieur. Mais je n'ai pas vraiment cru à cette romance débordante de bons sentiments et de pseudo leçons de vie. Certes, dans le dernier tiers, des explications éclairent le personnage de Mayensi et relancent un peu le rythme et/ou l'intérêt, mais qui, chez moi, sont vite retombés.

Bref, les quelques qualités ne cet ouvrage n'ont pas suffi à me convaincre. Comme ils me semblent loin les uppercuts de "L'attentat" ou de "L'équation Africaine" de Yasmina Khadra.

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 5 Septembre 2019

Roman - Editions Audiolib - 14h10 d'écoute - 24 €

 

Parution d'origine chez Albin Michel en janvier 2018

L'histoire : Février 2017, le tout Paris assiste aux obsèques de feu Marcel Péricourt, qui laisse ainsi sa fille Madeleine à la tête de son empire financier. Et le même jour, Paul, jeune fils de Madeleine, fait une tentative de suicide qui le laissera lourdement handicapé à vie.

Cupide et pensant être bien entourée et conseillée, Madeleine consacre donc beaucoup plus de temps à son fils qu'aux affaires... Quelque temps plus tard, Madeleine est ruinée. Mais Madeleine n'a pas dit son dernier mot. Au fil des années, elle va bâtir une revanche implacable contre ceux qui l'ont trahie.

Tentation : Ma lecture d'Au revoir là-haut

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Ce roman est comme une suite d'Au revoir là-haut. "Comme" car pas vraiment. Au cinéma, on dirait que c'est un spin off. Un personnage est repris et développé. Aussi, nul besoin, je vous assure, d'avoir lu le premier roman pour apprécier celui-ci à sa juste valeur.

Sa juste valeur d'ailleurs, qu'elle est-elle ? Génialissime ! Quel régal de lecture ! Quelle succulence ! J'ai adoré vraiment, et même, j'ai préféré ce tome-ci au précédent. Couleurs d'incendie est moins grave et dur, il est même souvent drôle. En effet, ce livre ne commence pas en pleine guerre des tranchées et n'évoque pas le douloureux sujet des gueules cassées.

Nous sommes à Paris, entre les années 1927 et le début des années 40. Pierre Lemaitre déroule pour nous plus d'une décennie de vie parisienne très documentée, dans différents milieux : bourgeois, populaire, financier, politique, industriel. Il est d'ailleurs assez étonnant de constater que presque un siècle plus tard, les préoccupations, les revendications, les mécontentements, les fonctionnements et dysfonctionnement politiques sont toujours les mêmes. A croire que personne n'apprend rien du passé. C'est donc un réel kaléidoscope de toute une époque, et l'époque joue autant son rôle dans l'histoire que les personnages réels. Vous vous demandez sans doute la signification du titre : couleurs d'incendie ? C'est qu'au fil des années, les gens et le Monde changent de couleurs, des couleurs qui s'intensifient et qui deviendront l'énorme incendie que fut la deuxième Guerre Mondiale.

Certes, le livre est épais (contraire à mes principes et mes goûts), mais vraiment, je n'ai pas vu le temps passer. J'adore la façon subtile, fine mais limpide qu'a Pierre Lemaitre de  se moquer de ses personnages et de leurs travers, voire de leurs vices. C'est souvent drôle et toujours délectable !

Quant à Madeleine, elle offre un magnifique portrait d'une femme des années 30, car la condition des femmes de cette époque est bien entendu un des sujets en toile de fond de ce roman. Elle est très attachante et devient réellement admirable d'intelligence, de finesse, de détermination, d'esprit et d'imagination pour mener à bien sa terrible vengeance. Quatre personnes, qui l'ont plus ou moins directement menée à la ruine, pour des raisons que vous découvrirez avec plaisir lors de votre lecture, en feront les frais, et quels frais ! Dans l'épreuve, Madeleine est devenue une femme implacable.

Bonus de la formule audio, comme pour "Au revoir là-haut", le texte est lu par Pierre Lemaitre lui-même, avec brio et une vivacité telle que le livre semble vivre réellement ! Captivant !

Vous l'aurez compris, ce roman est INCONTOURNABLE !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0