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Publié le 7 Juin 2025

Thriller - Editions Lizzie - 10h39 d'écoute - 22.99 €

Parution Fleuve noir et Lizzie en 2022

Mon pitch : Dans un coin reculé des Vosges où vivent des HES, une jeune femme est retrouvée en hypothermie, à moitié nue, dans un chalet. A côté d'elle, un homme dont la tête a été réduite en bouillie à l'aide d'un tisonnier. Quel lien entre eux ? C'est ce que dois découvrir l'enquêtrice Camille. Mais problème, la suspecte a complètement perdu la mémoire... Mais juste avant, elle a pu raconter son histoire au psychiatre qui l'a prise en charge. Et celui-ci n'avait jamais rien vu de pareil tout au long de sa carrière... Il y a 5 protagonistes... Cinq femmes... "La Kidnappée", "La journaliste", "La romancière" et "La psychiatre"...La 5ème apparaîtra juste à la fin, pour sans doute tirer le fil et sans doute sortir de ces véritables labyrinthes.

 

Tentation : Thilliez, pas lu depuis trop longtemps

Fournisseur : La bib de Dinard

 

 

Mon humble avis : Labyrinthes de Thilliez en audio, c'est pile poil pour faire un Saint Malo/ Avignon - Avignon/ Saint Malo, en stoppant l'écoute lors des correspondances ! Je ne le savais pas, mais Labyrinthes fait partie d'une trilogie... "Le manuscrit inachevé" et "Il était deux fois" précèdent Labyrinthes... Cette impasse ne m'a pas empêchée de bien apprécié ma lecture.

Labyrinthes est une histoire tordue à souhait, franchement bien ficelée. Dans ce texte en trompe l'oeil, Franck Thilliez manipule autant ses personnages que ses lecteurs. J'ai apprécié la facilité à suivre le texte, dont la narration est vraiment fluide et ne nous égare pas "physiquement" (on ne se mélange pas dans les personnages etc). Car psychologiquement, c'est autre chose, et notre cerveau fonctionne sans cesse à tenter de découvrir le lien entre les personnages, mis à part les dessins de labyrinthes et la maîtrise des échecs. Chacune de ces femmes occupent un chapitre après l'autre.

Il est question de plusieurs sujets dans ce roman. Le plus "insupportables" est celui de la violence dans l'art, dont le body art. Là, il faut avoir le coeur bien accroché pour imaginer qu'autant d'horreurs puissent être issue de cerveaux humains et élevées au rang de l'art pour quelques happy few... (On parle entre autres ici de snuff movies etc). Là, Thilliez nous emmène dans le tréfond très sombre, machiavélique et sadique de l'âme humaine. Ce n'est pas ce qui me passionne le plus, mais cela fonctionne. Là où l'auteur attire toute mon attention, c'est lorsqu'il traite de pathologies psychiatriques, psychiques ou neurologiques, qui peuvent un jour devenir le lot de quiconque, jusqu'à la plus équilibrée des personnes. Cela Thilliez le fait toujours à merveille. Ici, c'est l'amnésie, la paramnésie, la fugue dissociative, le stress post traumatique. Il est aussi question des électro-hypersensibles (les HES) et de leurs conditions de vie, à l'écart dans des zones blanches. Tout cela m'a franchement intéressée.

Quand le lien entre les cinq femmes nous est enfin révélé...Et bien on hallucine pour deux raisons... On n'a rien vu venir et on ne peut être qu'admiratif devant la construction de ce roman et l'imagination sans limite de son auteur. La version audio offre une plage d'écoute à Franck Thilliez, qui explique sa démarche narrative et les recherches qu'il a faite pour mener à bien ces Labyrinthes. Et oui, cela fait froid dans le dos... tout cela existe...

Mon seul petit bémol... Un truc qui m'a paru bizarre dans le dénouement, comme s'il me manquait une explication... Réalité ou manque d'attention lors de mon écoute... Je ne pourrais dire, puisque j'ai effacé mon ficher audio.

Un sacré thriller psychologique, franchement original, étourdissant, de plus en plus oppressant !.... Qui clos une trilogie.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 13 Mai 2025

Roman - Editions Ecoutez lire - 6h19 d'écoute - 17.99 €

Parution chez Gallimard en 2018

Mon pitch : Un dimanche de décembre, Lina, une femme âgée livre à ses trois fils le secret qui l'étouffe. En révélant une souffrance insoupçonnée, cette mère niée par les siens depuis l'adolescence se révèle dans toute son humanité et son obstination à vivre libre, bien qu'à jamais blessée. Eric part alors sur les traces de sa propre naissance en 1960 pour comprendre... Ce qui lui permettra de renaître enfin et de créer le véritable lien filial avec sa mère.

Tentation : Pourquoi pas ?!

Fournisseur : Bib de Dinard

 

Mon humble avis : J'ai opté pour cette audio lecture sur le seul prétexte que je ne connaissais pas Eric Fottorino. C'était donc l'occasion de découvrir sa plume. Et bien aucun regret car franchement, son écriture est juste sublime, précise, élégante sans être ampoulée, et surtout très émouvante. Quel talent dans le choix des mots, quelle finesse la description des émotions ! C'est juste admirable et déjà une très bonne raison d'ouvrir ce livre... qui malgré la dureté de certains faits et souvenirs évoqués, reste très caressant.

Et puis il y a ce que le texte nous dit... Il y a certainement beaucoup d'autobiographie dans ces pages qui sont bouleversantes. Dix-sept ans, c'est l'âge qu'avait Lina lorsqu'elle a donné naissance à Eric... A l'époque et sans ce genre de famille, on peut vite en imaginer les conséquences. 

Nous suivons donc Eric, qui quitte quelques jours femme et enfants pour retourner sur le lieu de sa naissance... Une quête sur sa mère, sur ses deux pères (le père biologique et le père adoptif), et sur cette petite soeur qu'il n'a jamais connu et qui l'a tenu éloigné de sa propre mère... Eric comprends alors pourquoi il a tant chéri sa grand-mère et pourquoi sa mère lui paraissait si inconnue. Quand il découvre la vérité, c'est c'est la terre qui tremble sous ses pieds, dans ces veines et jusqu'au plus profond de son être. Voici venu le temps de tous les pardons et regrets. La mise à jour de tous ces drames familiaux va permettre de renouer le dialogue et de laisser l'affection réelle, l'amour, et même l'admiration pour sa mère s'infiltrer peu à peu.

Ce texte est une reconstruction identitaire bien tardive sur les décombres d'une époque... Une époque où l'on disait "fille mère" et qu'on éloignait la fautive le temps de la grossesse avant de confier l'enfant encombrant, une époque où la décolonisation attisait le racisme et où avoir un gendre juif marocain ou pied noir tunisien n'était pas pensable... Et tout cela, sous la bénédiction de Dieu, de la religion, et avec la complicité de l'Eglise etc... Une époque où les belles histoires d'amour étaient gâchées, des vies brisées, et qui portent encore à conséquences des décennies plus tard.

Un récit intime et sobre bouleversant sur le drame des non-dits et un formidable hommage, une déclaration d'amour à Lina, la mère d'Eric. Sa petite Maman qui s'est tant battue pour recouvrer sa liberté, malgré cette absence inconsolable.

Et moi, je suis tombée en pamoison pour une plume... Eric Fottorino, je n'en n'ai pas fini avec vous !

 

"Être abandonné, avoir abandonné, qui peut dire ce qui fait le plus mal ?"

La mémoire voit les choses en grand. L’enfance les repeint en bleu.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 5 Mai 2025

Récit de voyages - Editions Ecoutez lire - 4h06 d'écoute -16.99

Parution en 2024

Mon pitch : Un voyage entre terre et mer sur l'Atlantique...  Depuis la Galice jusqu'à l'Irlande, en passant par la Bretagne et l'Ecosse, sur les traces de la culture et de la civilisation celtes. Un bateau pour relier les points et de la marche, du vélo, du bivouac face à la mer, sur les GR, sur les îles.  Un voyage aussi et surtout, à la recherche des fées...

 

 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Voici une audio lecture exigeante en concentration, mais dont je me suis régalée...

Point question de Fantaisie ou de fantasmagorie malgré l'évocation des fées... Car les fées dans cet ouvrage, c'est la capacité à s'émerveiller, "une qualité du réel révélée par une disposition du regard". C'est cet aspect-là du texte qui m'a embarquée, tellement loin par moment que je n'étais plus dans l'écoute mais dans la divagation dans mes émerveillements. Aussi, je n'ai certainement pas prêté attention à tout, notamment aux aspects historiques de la culture celtique par ce que j'étais souvent ailleurs... Dans mes chemins, dans ma nature, à chaque fois que mon regard se pose sur quelque chose, qu'il y devine la propension aux merveilleux, que je porte mon viseur d'appareil photo à mes yeux, que j'appuie sur le bouton, que je me dis "waouh", comme traversée d'une fulgurance... Et encore, quand chez moi, j'observe mes photos et que je découvre encore de plus près la finesse, le détail ou la beauté d'une fleur, d'un oiseau... Cette lecture, pour moi, a été l'occasion d'un retour sur mes fées.... C'est aussi cela la littérature, une invitation à la divagation.

Les fées, c'est ralentir, s'arrêter, retourner en arrière, regarder, scruter, vivre un moment simple, et s'émerveiller de ce que l'on voit, de ce que l'on vit. Vivre avec ces fées, c'est une façon d'habiter le monde, d'être ouvert et prêt au merveilleux.

Evidemment, je me suis régalée de la poésie et de la philosophie spirituelle de Sylvain Tesson, de sa belle maîtrise de la langue Française, de son humour, de son sarcasme lucide sur l'état du Monde et de la plupart de ses habitants. Les références historiques ou littéraire m'ont beaucoup moins accrochée, puisque comme dit plus haut, j'étais souvent ailleurs.

On passe du voilier aux landes, des landes aux calvaires, des calvaires aux côtes déchiquetées, de ces côtes qui mène du Sud au Nord à celles qui cerclent une île battue par les vents... Avec les fées, c'est un livre d'accompagnement vers le jaillissement de la beauté fulgurante, jamais certains, qui dépend du regard et de l'ouverture du coeur de chacun, du merveilleux... Des Fées... Des instants de grâce. Ce livre est une invitation à s'arrêter et à regarder, à ouvrir les yeux, à se déployer jusqu'à l'ivresse dans l'observation de la beauté qui nous entoure et qui embellit notre vie ! C'est comme être à la recherche d'un graal, on cherche sans savoir vraiment quoi, et l'on ne veut pas que cela s'arrête.

Avec les fées m'a donc beaucoup parlé. Mais je le répète, c'est une lecture exigeante et érudite. 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #récits ou romans de voyages

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Publié le 29 Avril 2025

Roman - Editions Audiolib - 11h56 d'écoute - 24.95 €

Parution Gallmeister et Audiolib en 2023

Mon pitch : Cet été-là, en 1984 à Breathed dans l'Ohio, règne une chaleur infernale et très localisée...

Hanté par la lutte entre le bien et le mal, le procureur Autopsy Bliss invite le diable à lui rendre visite... Et le lendemain, c'est un jeune garçon noir aux yeux verts qui se présente comme étant le diable. Personne n'y croit, mais une grande amitié naît entre ce garçon Sal, et Fielding, le fils du procureur. Peu à peu, garçon s'intègre dans la famille, espérant toujours un pot de crème glacée... Sauf qu'il faudra plus d'un été à la petite ville suintante pour être livrée en crème glacée, et que pendant ce temps-là, il se passe des choses bien étrange, qui affectent chaque habitant de la ville.

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Il m'a fallu du temps pour entrer dans cette lecture, au point, au bout du premier tiers, d'aller voir quelques avis sur Babelio qui justifieraient de la poursuivre, ou de la cesser... J'ai donc persévéré et c'est un grand bien... J'ai finalement adoré ce que cette histoire m'a dit sur l'Homme, et là où elle m'a menée.

Le diable n'est pas forcément là où l'on pense... Il peut aussi avoir l'apparence d'un ange...  ou ne pas être remarquable du tout, juste tapi dans un coin, au fond d'un homme, près à jaillir dès que l'occasion se présentera... Et le diable... il est contagieux... Comme la folie, comme la liesse, comme tout ce qui se vit en communauté, en groupe... Et le diable est dangereux et très très mauvais...

C'est Fielding qui raconte cette histoire, bien longtemps après qu'elle ait eu lieu, puisqu'il est à l'aube de sa mort, vieilli, rongé, usé... Il y a donc des allers-retours entre la vie "actuelle" de Fielding et ce qui s'est déroulé en 1984. Ces allers-retours au début, m'ont quelque peu perturbé. 1984, une année qui n'est pas un hasard dans ce roman de Tiffany Mc Daniel... Elle rappelle évidemment, et à dessin, le célèbre titre de George Orwell. Et les eighties, c'est aussi le début des années Sida, et de la honte et de la peur qui l'accompagnaient. 

L'écriture est magnifique, vraiment, on aimerait retenir tant et tant de phrases sur ce qui devrait être la sagesse humaine et qui se fait piétiner par le mal, l'aveuglement. L'écrivaine aborde de nombreux sujets à travers ce roman, jamais de façon purement frontale, mais de biais, par le mystère, avec beaucoup de justesse, de délicatesse, d'originalité, d'inventivité, de philosophie, et bien sûr de cynisme. Il est avant tout question de la perte d'une innocence, celle de Fielding... Qui en quelques semaines, voire en quelques minutes même, passera de l'enfance à l'âge adulte, parce qu'il a tenu une arme, et qu'il a fait feu, au milieu du feu... Certains passages sont d'une rare puissance. Toute l'analyse psychologique des tréfonds de l'âme humaine, que ce soit du côté obscur ou du côté lumineux est judicieusement écrit et mis en place dans cette histoire métaphorique qui aurait pu être belle, et qui est finalement atroce, dramatique, bouleversante mais d'une force inouïe.

Finalement, le diable, où se cache-t-il ? Dans la peur... la peur de l'autre, de la différence, de l'étranger, de l'inexplicable, dans la perte du libre arbitre. Le diable est dans l'intolérance, dans le fanatisme, l'effet de meute aliénant. Le diable est aussi dans celui qui sème et ne fait que passer, pas dans celui qui reste là où on sait l'aimer. Et si le diable était aussi dans la Justice... Ce sera à chacun d'entre vous d'en décider...  Qui de Fielding ou de son procureur de père a raison, dans ce regard porté sur ces événements de l'été 1984, l'été où tout a fondu, même la famille de Fielding...

Sal, un petit diable que l'on n'oublie pas.

Fielding où la douleur jamais surmontée, une vie et une famille qui s'est délitée.

Tiffany Mc Daniel nous parle du Diable en se penchant sur les démons de l'Amérique... Et la tension monte jusqu'à devenir intenable quand l'Homme commet l'inconcevable

A découvrir, vraiment ! 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 22 Avril 2025

Roman - Editions Audiolib - 7h22 d'écoute - 21.95 €

Parution Albin Michel et Audiolib en 2024

Mon pitch : Breton, Alexis revient de 8 ans sur divers fronts en tant que médecin humanitaire urgentiste... Il revient avec de lourds traumatismes, tant physiques que psychologiques. Pour lui, la médecine, c'est terminé. Après quelques semaines de flottement et de récupération chez sa soeur à Brest, un de ces amis lui fait une proposition inattendue : remplacer son père, médecin généraliste sur l'ïle de Groix quelques semaines, le temps pour ce dernier de subir une opération chirurgicale. Peut-être l'occasion pour Alexis de se réparer, loin des violences du monde dans ce cocon que peut-être une île...

 

Tentation : Le titre... Quand il y a le mot "Ile" ça me fait des choses !!!

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Il y a deux ans, en pleine convalescence de ma Névrite vestibulaire, je lisais "Entre ciel et Lou" de Lorraine Fouchet, roman se déroulant à Groix et que j'élevais au rang de coup de coeur. En janvier dernier, lors de mon agression par le Berger allemand de mes voisins, je venais d'emprunter "L'écriture est une île, de la même autrice, une histoire que prend aussi place à l'île de Groix. Je me faisais alors la promesse que sitôt que je pourrais de nouveau gambader par les chemins, je m'offrirai quelques jours sur cette île... Et ce genre de promesse tombe souvent dans l'oubli... Jusqu'à ce que je pioche par hasard, dans ma PAL audio, ce titre de Sophie TalMen, juste parce qu'il me fallait une audiolecture facile pour trier et traiter mes photos en même temps... Et paf, encore l'île de Groix !!! Du coup, un petit tour sur Google, une ou deux coups de fil... Me voici avec une traversée en bateau et un hôtel réservés pour deux nuits, à Groix...

Et le tout, c'est aujourd'hui ! Quand vous lirais ce billet, je serai en route, ou sur le pont d'un bateau, ou à sillonner les chemins de cette île, seule mais pas vraiment : avec mon appareil photo. Comme Alexis, je vais poursuivre ma réparation sur Groix... Comme quoi la littérature, c'est aussi cela, vous donner follement envie, comme une évidence incontournable d'aller quelque part, sur les lieux des livres. Bon là, je m'en sors bien, heureusement que mes lectures en ces moments difficiles ne se déroulaient pas en Australie ou en Sibérie !!!

Bon quid de "La promesse d'une île" puisque ce roman est tout de même le sujet de ce billet ? Une audiolecture plaisante comme il en fleurit beaucoup sur les étals des librairies. On n'évite pas les clichés et les issues sont toujours plus ou moins attendues. Le but de ces romans est de se faire du bien, et j'aime l'aspect vivre en micro société comme l'induit l'insularité... Peu d'habitants, tout le monde se connaît, s'entre aide, on est loin de la société de consommation et de ses travers, et il semble encore régner dans ces lieux un certain civisme et un art de vivre. Ca me suffit pour passer un agréable moment de lecture, quelque part loin du monde, un peu dans une famille à laquelle on finit par appartenir. Même si le personnage d'Alexis a quelques fantômes traumatisants issus la pire violence de notre monde : la guerre.

Ce livre est aussi l'occasion de mettre en avant l'importance de la médecine de campagne, à une époque où la désertification médicale s'étend de plus en plus. D'ailleurs, hier aux infos, petit reportage sur le médecin de l'île de Bréhat qui après douze ans de bons et loyaux services, quitte l'archipel, sans être remplacé pour l'instant...  La promesse d'une île est aussi une ode à la Bretagne, à la solidarité des îliens, au cocon que peut représenter une île. Et moi, j'ai besoin de cocons... Donc Groix, me voilà !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 4 Avril 2025

Roman - Editions Audiolib - 4h d'écoute - 19.45 €

Parution chez Jean-Claude Lattès en 2022

Mon pitch : Quand Liam rentre de sa chasse dans les forêts montagneuses, il trouve le corps de sa femme morte, tué par un ours. A côté, son fils, Aru est vivant. L'univers de Liam s'effondre et sa seule certitude, est que ce monde sauvage dans lequel il vit n'est pas fait pour un gamin de 5 ans. Alors, il selle deux de ses chevaux et se prépare à un long voyage, pour trouver quelqu'un à qui confier l'enfant...

Tentation : Mon club de lecture

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Ce qui est sûr, c'est que Sandrine Collette sait nous embarquer... Dans la tête d'un homme, sur sa monture, dans la nature. Même si tout cela est malaisé. Car l'homme est un abrupt taiseux, un homme de bois. Même si l'on écoute avec attention ses monologues intérieurs d'une sincérité absolue, si on les entend, on a du mal à les digérer, tant ils semblent loin de nous... Liam n'a eu cet enfant que parce que sa femme le désirait. Mais lui, un enfant, il ne sait pas y faire, il ne s'en est jamais occupé et le considère à peine comme sien. Un môme seul avec lui n'est qu'encombrement, empêcheur de vivre. Irait-il jusqu'à commettre l'irréparable ? Notre coeur se sert d'effroi en pensant que oui, et l'on se dit : "non pas possible, Sandrine Collette ne peut tout de même pas écrire ça". Non elle ne le peut pas, mais on y a cru. Et pas à pas, cet homme que l'on apprend à aimer aussi, va commencer à devenir père. Liam et Aru vont s'apprivoiser par quelques mots, quelques regards, puis quelques rires. Jusqu'à avoir peur l'un pour l'autre au lieu d'avoir peur l'un de l'autre, pour des motifs différents. Et c'est ensemble qu'ils vont faire face au danger, et celui-ci ne vient pas que de la nature alentour, bien au contraire.

Dans cette immersion en pleine nature, au rythme des pas des chevaux, sous les étoiles, avec pour seul son le bruissement des feuilles, le chants des oiseaux ou celui des loups lointains, Sandrine Collette nous invite à ralentir, à écouter, à regarder, à sentir, le tout dans une langue délicieusement forte, douce, fluide ou rustre selon les moments, poétique souvent, et pourtant épurée. En tout cas, très agréable. Elle interroge la part sauvage et primitive qui reste tapie en chacun de nous, souvent à notre insu, cet insu qui nous fait vite juger l'autre.

Une seule fois il est fait allusion à une téléphone portable, que notre homme des bois ne possède pas évidemment. Sinon, aucun indice n'est donner pour situer cette histoire, ni dans le temps, ni le planisphère... Mais dans ma tête les paysages ont pris un air de Canada profond.

La puissance émotionnelle (mais loin, très loin de toute mièvrerie) de ce roman est intense, tant tout peut basculer à chaque instant.  Elle nous ferre, nous terrasse puis nous apaise enfin. Une histoire puissante sur l'humanité, sa force et sa fragilité, sur la naissance d'un père qui prend aux tripes ! A lire !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 26 Mars 2025

Roman - Editions Audiolib- 6h15 d'écoute -18.45€

Parution d'origine chez Albin Michel en 2019

Mon pitch : Ancien libraire, Monsieur Picquier vit maintenant en Ehpad...

Dans sa petite chambre, les 3000 livres qu'il a pu sauver de sa librairie, ce qui ne laissent pas grand place pour le reste. Mais atteint de la maladie de Parkinson qui le rend incapable de lire, Monsieur Picquier ne peut plus que regarder ces livres prendre la poussière. Jusqu'à ce qu'il lie connaissance avec Grégoire, aide cuisinier de l'Ehpad... qui deviendra son lecteur particulier tout d'abord, avant d'étendre ses séances de lectures à d'autres pensionnaires et bien plus loin encore.

 

 

Tentation : Le titre, par-dit un libraire !

Fournisseur : La bib de St Lunaire 

Mon humble avis : D'origine modeste, Grégoire n'a jamais aimé lire et l'école et les études, ce n'était pas pour lui. Aussi trouve-t-il en emploi dans un emploi dans un Ehpad, et devient le larbin du chef cuisinier, jusqu'à ce qu'en servant les repas dans les chambres, il rencontre Mr Picquier, et s'étonne de ces milliers de livres qui "encombrent" sa chambre. Pas à pas, Mr Picquier va initier Grégoire au plaisir de lecture, tout simplement en lui demandant de lui faire la lecture à voix haute.  Ces séances de lectures deviennent une réelle amitié et vont s'étendre à tout l'Ehpad, qui reprend vie, mu par ses rendez-vous et l'impatience de connaître la suite des histoires lues. Dans l'emploi du temps de Grégoire, la directrice de l'Ehpad accepte même d'y inclure ces séances de lectures, vu le bien qu'elles font à tous.

Pour Grégoire, tout cela est une véritable révélation, une ouverture sur un monde immense. Il découvre sa valeur et sa place. Il rencontre et de s'attache à toutes ces personnes qui ont eu une vie avant celle d'un fauteuil dans l'Ehpad.

Pour Monsieur Picquier, c'est l'occasion pour lui de transmettre de nouveau, de, quelque part, poursuivre son métier de libraire... Donner envie de lire, conseiller etc. Il donne, mais reçoit tellement, et retrouve l'étincelle dans ces yeux... Sa fin de vie n'en sera que plus douce... et jusqu'à son dernier souffle il aura été utile.

J'ai un peu décroché dans le dernier tiers, lorsque Grégoire entreprend un certain pèlerinage, peut-être parce que ma vie au moment de cette lecture, ma concentration était mise à mal par la grave agression canine dont j'ai été victime.

Il n'empêche, ce roman humaniste est très agréable à lire et une belle invitation à (re)découvrir certaines oeuvres. C'est un hymne à la lecture, au partage et au respect intergénérationnel, à la transmission. 

Une ode aux vertus de la littérature lue par Marc Roger lui-même, qui dans la vie est aussi lecteur à voix haute professionnel.

Grégoire et le vieux libraire est un livre qui fait du bien.

Par contre, pourquoi ce chat sur la couverture, alors qu'il n'est nullement question de félin dans cette histoire ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 17 Mars 2025

Roman - Editions Ecoutez lire - 3h38 d'écoute - 14.99 €

Parution d'origine chez Gallimard en 2016

Mon pitch : L'année 1958 d'Annie, et les deux autres qui ont suivi, car qui en ont découlé...

1958, c'est les 18 ans, le bac, la première colo en tant que monitrice, et la première nuit avec un homme... Les premiers pas en dehors du milieu familial...

 

Tentation : Poursuivre ma découverte d'Annie Ernaux

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : J'aime définitivement l'écriture d'Annie Ernaux, sa précision, le choix des mots, la netteté sans fioritures inutiles.

Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux dit : "il existe deux genres de littérature. La littérature qui représente, et la littérature qui cherche".

Je dirai qu'il en existe une troisième... La littérature miroir... Celle dans laquelle on peut se regarder, se retrouver, se souvenir, se comprendre, revivre des instants de notre vie à travers les mots de l'écrivaine... Même si le miroir peut-être un peu déformant. Car Annie Ernaux narre ici son émancipation progressive, familiale et sociale, en tant que jeune fille bachelière. Les événements qu'elle partage ici, les émotions, les doutes, les découvertes, les hontes, les fausses joies, les solitudes dans les multitudes, la confusion des sentiments ou la méprise dans l'interprétation de ceux des autres, nous les avons tous vécus, quel que soit notre sexe. Pour certains d'entre nous, ce fut plus tôt ou plus tard dans notre vie. Et suivant notre année de naissance, ce fut aussi plus tôt ou plus tard dans l'Histoire, dans le contexte social ou politique. 

Mais en écoutant ces mots, on ne peut que se demander : "Et moi, comment ai-je vécu ou survécu à tout cela ? Que suis-je devenue de tout cela... Ce texte invite à l'introspection, à la réminiscence de nos propres souvenirs. Et j'aime cela.

Par contre, je me serais passée de la crudité de certains passages, qui, même si elle dénote du ressenti ou l'intention des protagonistes.  Le dernier tiers m'a un peu égarée car moins intéressant à mes yeux. La narration devient plus une succession de faits moins approfondis. Sans doute est-ce aussi à la manière qu'a Annie Ernaux de ne désigner personnes et lieux que par l'initiale... Personnellement, cela m'empêche de mémoriser clairement de qui il est question et de me rappeler de l'intervention précédente de R ou de S etc.

Que le titre ne vous trompe pas... Ce livre s'adresse à tous, hommes ou femmes.

Quant à moi, malgré quelques bémols, je poursuivrai ma découverte de la foisonnante oeuvre d'Annie Ernaux, pas à pas, lecture après lecture.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 16 Janvier 2025

Recueil de nouvelles - Editions le livre qui parle - 1h d'écoute -9 €

Parution d'origine fin 19ème siècle

Mon pitch : 4 nouvelles qui ont en commun de se dérouler aux alentours d'Etretat, dans cette Normandie qui a tant inspiré Guy de Maupassant, et dans lesquels il livre une description de la multitude que forment ses contemporains en un lieu précis.

Tentation : Mon écrivain classique préféré + le challenge de Jelisjeblogue

Fournisseur : Ma PAL audio

 

Mon humble avis : Quelles sont savoureuses ces quatre histoires courtes ! Elles me rappellent pourquoi j'ai tant dévoré les oeuvres de Maupassant à une époque de ma vie et ont été écrites entre 1880 et 1882.

La première nouvelle présente Etretat et sa fréquentation bigarrée, depuis les indigènes jusqu'au estivaux en passant par des célébrités, le lieu ayant inspiré nombre de poètes, écrivains, peintres. Il y question des habitudes des uns et des autres, mais surtout, des cancans et des on-dit, et de quelques personnes qui se tournent en ridicule. Tout cela est finement observé et narré.

La deuxième histoire traite d'une paysanne haute en couleurs et caractère, qui tient une pension de famille dans la campagne cauchoise. Même Victor Hugo a évoqué La belle Ernestine dans ces écrits. Alors des curieux viennent dans le coin pour voir la belle... qui avec les années, s'est fanée. Cela donne lieu à des situations cocasses qui disent beaucoup sur les petites et les grands de ce monde.

Vient ensuite une chronique sur un poète Anglais excentrique qui vivait alors à Etretat avec un singe. Ce texte ci m'a moins séduite.

Enfin ce recueil se clôt sur un récit plus mélancolique, mais qui m'a beaucoup plus et m'a beaucoup parlé. Maupassant y évoque l'aspect "tourisme de masse" dans une station balnéaire. Et comme je vis dans une station balnéaire 150 ans plus tard, forcément, cela m'évoque des choses qui n'ont pas tant changé que cela en fait.  En septembre, les riches repartent, ce sont les plus pauvres qui restent. Chaque année, c'est le retour immuable aux mêmes dates des mêmes qui sont partis quelques mois plus tôt... Il y a les célèbres parce qu'ils sont académiciens, et il y a ceux qui tirent leur renommée de leur bain de mer quotidien. Il y a les parisiens qui fuit la chaleur estivale de la ville, qui viennent sur la côte et y retrouvent... Paris... Avec les élégantes etc... Et lorsque le gratin est parti, alors peuvent se nouer les mariages "pauvres", ceux de fin de saison...

On retrouve dans ces textes la finesse psychologique, l'ironie, le thème de l'obsession de paraître cher à Maupassant et son style simple et élégant, qui va droit au but, sans grandiloquence ni fioriture inutile, bref, toutes les qualités qui ont mené Maupassant au Panthéon des écrivain du 19ème siècle, et tout ce que j'aime. A (re)découvrir !

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 8 Janvier 2025

Recueil de nouvelles - Editions Thélème - 7h55 d'écoute - 20 €

Parution d'origine en 2017 aux Editions Belfond

Mon pitch : 7 nouvelles... Qui traitent toutes d'une certaine solitude, d'une certaine mélancolie, d'une certaine recherche de soi-même, d'une certaine peur de soi, de l'autre, de l'amour.

7 nouvelles qui mettent en lumière des hommes sans femmes... Parce qu'ils sont veufs, parce qu'ils ont été quitté ou vont l'être. Des récits d'isolement.

Tentation : Le challenge Bonnes nouvelles

Fournisseur : Ma PAL audio (bib)

 

Mon humble avis : Si je mets quatre pattes à ces Hommes sans femmes, c'est parce que j'ai pris grand plaisir à écouter ce livre audio. L'interprète Etienne Beydon, de sa voix chaude, y met une douceur bien agréable, qui invite vraiment à écouter, à se laisser bercer.  Mais Murakami n'est pas innocent non plus dans mon plaisir de lecture. Car sa plume, sans esbrouffe et précise est d'une beauté exceptionnelle. La narration est simple mais le rythme est bien présent alors que le ton est très intimiste.

Jamais plus de deux ou trois personnages par nouvelles. Ce sont des hommes ordinaires que nous côtoyons ici. De tous âges et de toutes classes sociales... Un étudiant, un barman, un médecin, un comédien de théâtre... Ils ont tous besoin de confier leur histoire, un abandon, une trahison, un décès... Parfois les trois à la fois. Ces femmes qui ont quitté leur vie d'une façon ou d'une autre étaient épouses, maitresses, amoureuses aussi transi que silencieuses. Certains de ces hommes sont sans femmes, d'autres ont une relation particulière avec elles. Ils cherchent des explications à cela et Murakami aborde ainsi de multiples thèmes, dans l'incompréhension mutuelle qui unit les êtres, et dont découle une certaine détresse. Que devient on la suite d'un bonheur perdu, quelles sont les conséquences émotionnelles. Et dans ces textes, il ressort que l'homme a besoin d'une femme à ses côtés, sans elle, il n'est plus vraiment. Ce faisant, Murakami dresse un bel hommage à la place des femmes dans la vie de chacun, dans des situations assez communes, dans d'autres moins fréquentes, voire étranges.

La nouvelle qui m'a le plus émue et marquée est la première. Drive my car, qui a d'ailleurs inspiré en 2021 un film au titre éponyme. Les autres, je pense que je les oublierai vite, malgré le réel plaisir de lecture/écoute et de découverte..

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature d'ailleurs

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