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Publié le 11 Avril 2020

Roman - Editions Audiolib - 3h49 d'écoute - 17 €

Parution d'origine aux éditions du Seuil en août 2017

L'histoire :  En 1935, Edmond Charlot, 20 ans, ouvre une librairie à Alger avec la volonté de promouvoir de jeunes écrivains de la Méditerranée sans distinction de langue ou de religion.
En 2017, Ryad, 20 ans, étudiant à Paris, n'éprouve qu'indifférence pour la littérature. De passage à Alger, il doit vider de ses livres un local, tâche qui est étrangement compliquée par la surveillance du vieil Abdallah.

 

Tentation : La blogo à l'époque de sa sortie

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Aie, j'attendais beaucoup de ce roman... Et finalement, je n'ai pas accroché, il ne m'a pas captée et donc pas captivée non plus.

Pourtant, "Nos richesses" a vraiment trouvé un lectorat charmé et ému par ses pages et éblouis par le style de l'auteure lors de sa sortie il y a un peu plus de deux ans. Ce livre doit être bien, mais pas pour moi, pas en ce moment, ou pas en format audio. Je n'ai pas la réponse.

Nos richesses revient dans l'Histoire, à l'époque ou Edmond Charlot, petit libraire éditeur d'Alger, publie les premiers textes de celui qui deviendra si grand que presque mythique : Albert Camus. Alors oui, j'ai apprécié que mes oreilles soient caressées à l'évocation de telles pointures : Camus, Giono, Gide, Vercors etc. Ce furent-là mes seules émotions de lectrice. Il y avait aussi des noms qui ne m'évoquaient rien.

Certains passages m'ont intéressée et parvenaient à contenir mon attention. Comme les conditions de vie et de l'édition à Alger durant la deuxième Guerre Mondiale, la montée de la gronde, puis la guerre d'indépendance de l'Algérie.Le tout, via le journal imaginaire de Charlot. Mais problème pour moi, j'ai souvent eu l'impression d'écouter une longue liste de dates et d'événements locaux ou internationaux, donnés dans le désordre, entrecoupés par le roman mais qui, au final, me semblait ressemblait à une longue litanie. Je n'ai pas saisi l'utilité ni le rôle réel de certains personnages. L'aspect romanesque de ce livre n'est pas assez approfondi. Ce roman est certainement un bel hommage aux pionniers de l'édition à certaines époques et à ces hommes liés à la résistance. Mais je me suis ennuyée, je ne suis pas le bon public pour ce style littéraire. Bon j'avoue, la toute fin, voire la dernière phrase, m'a surprise en bien et m'a marquée. Une belle pirouette de l'écrivaine.

 

l'avis de Sylire

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 3 Avril 2020

La disparition de Stéphanie Mailer, roman, Joël Dicker, avis, blog, chronique

Roman - Editions Audiolib - 18h21 d'écoute - 25.90 €

Parution d'origine aux Editions de Fallois en juin 2018

L'histoire : 2014, dans les Hamptons, Jesse, policier surnommé "100%" (d'affaires résolues), se prépare à une retraite anticipée, pour vaquer à d'autres projets. Sauf qu'une journaliste, Stéphanie Mailer, lui dit qu'il n'est que 99%. Celle-ci enquête en effet sur le quadruple meurtre qui eut lieu 20 ans plus tôt dans la station balnéaire tranquille Orphéa. A l'époque, le maire de la ville, son épouse, son fils et une joggueuse qui passait par là ont été froidement assassinés. L'enquête avait alors été bouclée par Jesse et son collègue Derek. Le lendemain, Stéphanie Mailer est portée disparu... Son corps retrouvé noyé dans un lac quelques jours plus tard. Jesse reporte sa retraite, et avec Derek et Anna, nouvelle recrue policière de la commune, rouvre le dossier empoussiéré... Il y a 20 ans, ils n'auraient pas vu ce qui étaient devant eux, assurait Stéphanie Mailer. Le trio d'enquêteur n'est pas au bout de ses surprises dans cette enquête si mystérieuse qui n'est pas sans danger.

 

Tentation : J'aime beaucoup cet auteur

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Depuis son premier roman (couronné Goncourt), La vérité sur l'affaire Harry Quebert, le succès de Joël Dicker ne se dément pas et chacun de ses nouveaux ouvrages sont des phénomènes éditoriaux (le dernier en date devait sortit le 25 mars dernier (mais vu les circonstances.... on ne sait plus quand), oui, j'ai toujours un livre de retard avec Dicker !)

Je ne suis pas du fan des romans pavés, mais pour Dicker, je fais une exception toujours en format audio... parce qu'il le vaut bien.

Une fois de plus, l'histoire que nous raconte Joël Dicker est passionnante, captivante, addictive. Diablement efficace et magistralement construite et bien pensée. Les personnages sont très nombreux, mais ne conduisent à aucune confusion. Très différents les uns des autres, on ne peine ni à les reconnaître ni à les situer dans le déroulement des faits, d'autant que l'auteur n'hésite pas à faire de courts rappels de temps en temps. Très bon point pour Dicker, le lecteur n'est jamais perdu dans les méandres de l'investigation ! Les pistes foisonnent, parfois n'aboutissant nulle part, se contredisant ou se recoupant à d'autres pour aboutir à la vérité après une enquête tortueuse que l'on suit avec grand intérêt. A de multiples reprises, je me suis envisagée "plus intelligente" ou plus "intuitive" que notre trio d'enquêteurs bien attachant, mais en fait, non. De toutes les solutions que j'avais envisagées, aucune n'était la bonne ! Bref, sur le fond, cette audio lecture m'a enchantée. Oui, mais alors pourquoi pas un coup de coeur ?

Parce qu'avec ce roman ci, j'ai vraiment senti des longueurs inutiles et quelque part lassantes, au point que dans la dernière ligne droite, j'avais hâte d'en finir avec cette disparition de Stéphanie Mailer... Certes, pour en connaître l'issue, mais aussi pour passer à autre chose. Joël Dicker recourt beaucoup aux digressions. D'accord, celles-ci permettent d'étoffer les personnages, en leur donnant véritable passé et destin personnels (etc.), mais est-ce vraiment utile dans cette enquête ? Non. De même, des descriptions comme "elle ferma la portière de sa voiture de la main droite, car dans la gauche, elle portait son gobelet de café encore fumant", m'ont un peu saoulée. 

Revenons sur la profusion des personnages et le style littéraire de l'auteur... Sujets sur lesquels je me suis "interrogée". Les romans de Dicker, tous aussi événementiels les uns que les autres, sont des enquêtes... Et pourtant, ils ne sont pas rangés dans les rayons polars/thrillers des librairies ? Je me demande pourquoi ? Parce que les thrillers sont un genre moins reconnu du monde littéraire, qui attire donc moins l'attention des médias, des Prix ? Ou est-ce la présence de nombreux protagonistes (et leurs histoires personnelles) qui ne sont pas liés à l'enquête qui permet à Dicker de placer son oeuvre au milieu de celles de ses confrères de littérature générale ? Si vous avez votre idée sur la question, je la veux bien.

Quoiqu'il en soit, malgré mes petites réserves sur des longueurs et digressions inutiles, La disparition de Stéphanie Mailer reste un grand roman, excellent... A lire ou à écouter, au choix !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 18 Mars 2020

Roman, Eléphant, Martin Suter, Littérature suisse, avis, blog, chronique, livre audio, lecture audio

Roman - Editions Audiolib - 8h07 d'écoute - 22.90 €

Parution d'origine chez Christian Bourgeois Editeur en août 2017

 

L'histoire : Dans la grotte où il dort près de Zurich, Schoch, un sans abris, découvre un jour un minuscule éléphant rose, luminescent dans la nuit. Croyant d'abord à un mauvais tour de l'alcool, Schoch pense ensuite qu'il s'agit d'un jouet. Mais non, l'animal est bien vivant... mais malade. Schoch emmène l'éléphant à la clinique vétérinaire de la rue. Valérie, la véto, va aider Shcoch a protéger l'étrange animal de ceux qui le cherchent, de ceux qui l'ont génétiquement produit, et qui sont prêts à tout pour le récupérer...

Tentation : La 4ème de couv

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Je ne suis que partiellement emballée par cette lecture, qui ne manque pas d'intérêt mais qui déçoit tout de même un peu lorsque l'on a pris connaissance de la véritable 4ème de couv qui évoque "un conte aussi fantastique que réaliste".

Aussi, j'espérais plus de fantastique, de fantaisie, de situations rocambolesques. Je m'attendais même à rire. Erreur, c'est un roman sérieux même si le point de départ est, acceptons le, tout de même fantasque.

Le monde s'accorde pour donner à l'éléphant rose un rôle de fantasme collectif et aussi celui du symbole lorsque quelqu'un perd la tête, que ce soit sous emprise de l'alcool ou par enthousiasme... "Mais oui, tu vois des éléphants roses" !

C'est par cet animal, mais en miniature, que Martin Suter rend bien réel, que l'auteur alerte sur les dangers et les abus des manipulations génétiques sur les animaux. L'intention est bonne, la réalisation pêche un peu pour moi. Déjà, par manque de rythme (bon, nous sommes en Suisse et l'auteur est helvétique, ceci explique peut-être cela), et l'interprétation assez monotone de Samuel Labarthe ne donne pas beaucoup de vie à l'histoire.

En fait, une partie du roman m'a barbée... Celle où il est question justement de l'équipe de chercheurs véreux, soutenue par un grand groupe chinois tout aussi véreux, de l'insémination artificiel d'un foetus modifié dans une éléphante, de la suite de la gestation... Et toute l'enquête de ce méchant Mr Roux aidé d'un mercenaire chinois dans la recherche du petit éléphant... Ceci m'a semblé long, répétitif et qui plus est, dans un désordre chronologique fatiguant.

Par contre, j'ai été émue par les portraits que dresse Martin Suter de ses hommes et femmes sans domicile fixe, de leurs sensations et philosophie de vie. Je pense que l'auteur est juste dans ses descriptions et qu'il parle avec le coeur.

Et, évidemment, vous vous en doutez, j'ai beaucoup aimé la relation qui se noue entre Schoch et le petit éléphant rose, sous la houlette de la vétérinaire Valérie. Car quand il est question d'animaux à sauver de méchantes griffes ou de vils intérêts, vient toujours la question de savoir, au final, qui de l'animal ou de l'homme, sauve vraiment l'autre ? Car lorsque l'animal entre dans une vie... Il en modifie la perspective. 

Donc, à prendre dans ce roman : de belles relations humaines et animales, et la dénonciation de la modification génétique sur les animaux, de même que leur commerce illicite ou de la maltraitance dont ils peuvent être victimes. Pour le reste, donc surtout la forme peut-être, je manque un peu d'enthousiasme !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature d'ailleurs

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Publié le 12 Mars 2020

jim harisson , péchés capitaux, littérature américaine, avis, chronique, blog, livre audio

Roman - Editions Thélème - 9h57 d'écoute - 23 €

Parution d'origine chez Flammarion en 2015

 

L'histoire :  L'inspecteur Sunderson, désormais à la retraite, n'aspire qu'à se mettre au vert dans un bungalow du Nord Michigan. Aussitôt installé, il découvre que ses voisins, la famille Ames, sèment la terreur dans toute la région. Les autorités locales avouent leur impuissance face à ce clan qui vit en dehors des lois et commet les crimes les plus crapuleux. Quand une série de meurtres éclate en pleine saison de pêche à la truite, Sunderson est contraint de reprendre du service.

 

Tentation : Curiosité

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Cette lecture était pour moi expérimentale... une incursion dans la grande littérature américaine que je méconnais et néglige. Donc je me suis dit "pourquoi pas ?" Le titre et le sous-titre (faux roman policier) me tentaient plus que les autres oeuvres de Jim Harrison.

Je ne vais pas y aller par quatre chemin ni m'étendre très longtemps sur le sujet, quitte à faire bondir le Harrison Fan's club... j'ai détesté cette lecture, qui du coup, traîna en longueur pour moi... comme une corvée. Et pourtant, le style est agréable et le roman ne manquent pas de réflexions intéressantes, notamment autour des 7 péchés capitaux, et le huitième selon Harrison : la violence.  Et je reconnais qu'Harrison décrit très bien une certaine Amérique... Mais celle qui me rebute et me dégoûte... Celle qui vit avec un flingue dans une main et un bidon de Vodka dans l'autre. Celle où tout est violence, brutalité, ignorance, inculture. La plupart des personnages, dont surtout Sunderson m'ont répugnée... Un homme de 65 ans qui couche avec sa fille adoptive, puis avec une gamine de 19 ans, fantasme sur tout ce qui bouge et qui porte un cul surtout si c'est bien jeune. Le roman laisse grande place à la libido très libidineuse, obsessionnelle et les détails ne manquent pas. Bref, les beuveries et les coucheries sont trop présentes dans ce texte pour que je puisse apprécier l'éventuelle subtilité du reste.

Je sors de ce livre avec une sensation profonde d'ennui, de dégoût et de temps perdu, tant celui-ci ne m'a rien apporté. Manifestement, ce genre de littérature n'est pas fait pour me plaire. On verra dans quelque temps (quand je serai remise de cette lecture) pour une autre tentative, pour ne pas fixer un avis sur un auteur de cette trempe via un seul roman.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 6 Mars 2020

Roman - Editions Gallimard - 5h30 d'écoute - 17.99 €

Parution d'origine aux Editions de Minuit en septembre 2016

L'histoire : Sybille, divorcée, vit avec son fils Samuel à Bordeaux. Infirmière au travail, dépressive chez elle. Jusqu'au jour où Samuel, parti à la dérive se retrouve en garde à vue... Sybille réalise qu'elle n'a pas vu son fils grandir et virer d'un mauvais coton, parce que depuis les premières disputes avec son ex mari, Samuel est devenu secondaire. Consciente qu'il lui faut sauver son fils d'un avenir sombre et le reprendre en main, elle met sur pied le projet fou de partir avec lui, durant 3 mois à cheval dans les montagnes du Kirghizistan.

Tentation : La blogo a l'époque de la sortie du roman

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Ce livre est une pépite ! Nous accompagnons Sybille et Samuel dans les montagnes et les plaines de l'Asie Centrale, au grès des rencontres, des dangers, des silences, des quelques mots échangés entre mère et fils, des peurs et de petits miracles, qui n'en sont pas pour autant très symboliques et encourageants. 

De temps en temps, des flash-back, via la narration ou via les souvenirs qui tournent dans l'esprit de Sybille, nous apprennent à la connaitre et à comprendre les raisons qui ont conduit à ce qu'elle considère comme une collection d'échecs et d'actes manqués. Sybille en devient bouleversante de fragilité, de force, de courage et de persévérance.

Le lecteur comprend en même temps que Sybille que si elle veut "reconstruire" et retrouver son fils, il lui faut commencer par elle-même.

Ainsi, les voilà tous les deux dans les grands espaces du Kirghizistan, livrés à eux-mêmes. C'est un retour à l'essentiel, au minimum, aux valeurs de la vie, à la survie qui ne dépend que de nous, à l'origine. Ce roman d'aventure initiatique est une magnifique histoire qui met en valeur les difficultés des relations parents/enfants, notamment lors de l'adolescence. La mère se bat contre elle-même pour son fils, son fils lui livre bataille. Pas à pas, la mère et le fils se retrouvent, comme au fil des montagnes traversées, avec des hauts et des bas. Mais les barrières entre ces deux êtres vont peu à peu tomber, dans des petits détails, qui sont pour le lecteur des moments de grâce au milieu de l'âpreté de cette expédition qui peut paraître insensée.

Parmi les sujets qui importent à Sybille de faire comprendre à son fils : l'aberration de la peur et du rejet de l'autre, de l'inconnu, le respect des différences et l'enrichissement que celles-ci procurent.

Continuer est avant tout une magnifique histoire d'amour maternel sur fond de splendides chevauchées dans un décor naturel extraordinaire... Certes, la fin n'est pas celle que l'on imaginait, mais elle reste dans l'optimisme... Il faut continuer !

Ce roman a été librement adapté au cinéma en 2019, sous le même titre, avec Virginie Efira dans le rôle de Sybille.

 

L'avis de Sylire

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 21 Février 2020

Ulysse from Bagdad, littérature, livre audio, Eric Emmanuel Schmitt, migrants, Irak, avis, blog, chronique

Roman - Editions Audiolib - 7h10 d'écoute - 18 €

Parution d'origine chez Albin Michel en 2008

 

L'histoire : Il s'appelle Saad Saad, ce qui signifie Espoir Espoir en français ou Triste Triste en Anglais. Il est Irakien. La dictature a pris fin, remplacée par le chaos total dans le pays. Sa petite amie est morte sous les bombes et Saad Saad devient le seul homme vivant de sa famille. A lui seule, il doit assumer la vie de sa mère, de ses soeurs et ses neveux nièces. Saad Saad n'a plus le choix, il doit quitter l'Irak et rejoindre l'Angleterre, où il pourra travailler et envoyer de l'argent au pays, argent nécessaire à la survie de ses proches. Saad se met en route. Ce roman est l'histoire de son voyage, envers et contre tout.

Tentation : le sujet et le nom de l'auteur

Fournisseur : Bib°3

 

 

Mon humble avis : Eric Emmanuel Schmitt, un de mes auteurs chouchou, donc une valeur sûre... Et ce roman ne fait que confirmer cela.

Ulysse from Bagdad a paru en 2008, et ce qui est terrifiant et déprimant à la fois, c'est de constater qu'il est encore on ne peut plus d'actualité, peut-être même encore plus encore qu'à l'époque, puisque le nombre de migrants tentant la traversée de la Méditerranée par tous les moyens ne cesse d'augmenter.

L'histoire s'ouvre sur l'enfance de Saad, sous la dictature de Saddam Hussein, dans un pays emprunt entre autre à la paranoïa, la censure et la délation etc. Très vite, nous parvenons à son adolescence puis à ses études de droit. Entre temps, Saddam est tombé sous les américains... Puis le chaos s'est installé autant dans le pays que dans la famille de Saad, avec nombre de décès.

Commence alors ce projet de voyage vers l'Europe, via des moyens insensés, que l'on n'imagine même pas. Cette odyssée terrible nous emmène jusqu'en Egypte, en Libye, puis à travers la Méditerranée. Pour aller jusqu'où ? Pour y trouver quoi ? Durant ce périple, Saad rencontrera ce que l'Homme peut être de meilleur, comme de pire.

Eric Emmanuel Schmitt fait encore merveille et miracle dans ce roman au sujet si tragique et douloureux, et éloigné de notre confort d'Européens protégés. On est au plus près de ces migrants, presque dans leurs âmes et leurs coeurs. Dans leurs jambes, leurs fatigues, leurs peurs, leurs faims, leur décès, leurs espoirs parfois vains parfois récompensés... Et surtout, les conditions inhumaines, pire que bestiales dans lesquelles certains tronçons de ce voyage interminable se font.  On ne peut qu'être admiratif devant la pugnacité, le courage, la persévérance de ces hommes, ces femmes et enfants qui sont prêts à perdre la vie pour la gagner. Gagner la vie, la vraie, la vie libre, loin des bombes, loin de la pensée unique, loin d'un désert infertile.

Bien sûr, avec Eric Emmanuel Schmitt, on attend, on espère et on trouve des réflexions à portées philosophiques accessibles à tous. Schmitt, avec des mots simples, avec une clarté déconcertante, conduit son lecteur à réfléchir sur des idées que son l'humanité, les migrations, la domination, la liberté, la démocratie, la guerre, la notion d'ennemie, les frontières, les nations, l'échelle de valeurs attribués aux hommes surtout par les occidentaux qui prônent pourtant haut et fort des valeurs comme "liberté, égalité, fraternité", valeurs qui ne sont en fait réservées qu'à leurs égaux et leurs semblables. Et ce qui est génial avec Schmitt, c'est que de situations à priori complexes ou difficiles à verbaliser, il donne une explication simple, limpide, nette... Toujours servie par une écriture très agréable, emprunte de tendresse, d'empathie et non dénuée d'humour, malgré un sujet tragique.

Ce roman qui est hélas loin d'être périmé est à lire et à faire lire, absolument, à toute personne de 15 à 99 ans... Pour que les mentalités, les coeurs, les lois, les âmes, s'élargissent... Et que l'Humanité soit partagée.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 18 Janvier 2020

Roman - Editions Ecoutez lire - 6h05 d'écoute - 18.99 €

Parution d'origine chez Gallimard en 2015

L'histoire : Fiona Maye est juge spécialisée dans le droit des familles à la Haute Cours de Londres. Une nouvelle affaire se présente et attend son jugement impartial : Adam, un adolescent de 17 ans, atteint d'une grave leucémie, doit absolument recevoir des transfusion pour survivre. Mais Adam et ses parents sont témoins de Jéhovah, et suivant les principes de leurs croyances religieuses, refusent toutes transfusions. L'hôpital fait donc appel, à Fiona Maye de trancher.

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : J'attendais beaucoup plus de ce roman, et notamment de l'émotion. Or, j'ai trouvé celui-ci d'une froideur rare. De ce froid que l'on imagine très bien régner dans salles et couloirs où se déroulent toutes les magistratures protocolaires qui décident de l'avenir d'un être humain.

Et pourtant, le sujet a tout pour être intéressant, et certains passages le sont effectivement. Mais eux aussi sont rares, et courts. Dommage, car il y avait moyen de les développer et ainsi d'inviter le lecteur à être moins spectateur et plus acteur (de par ses réflexions personnelles) dans cette histoire au sujet poignant et révoltant pour toute personne vivant dans un milieu "équilibré", loin de tout fanatisme. Car via le jugement rendu par Fiona Maye, on ne peut nier qu'il y a effectivement sujet à débattre, même si cela ne paraît pas au premier abord... Si l'on considère la liberté individuelle. Oui mais... Il y a "l'intérêt de l'enfant" pour lequel toute cours de justice doit se battre... Et lorsque l'enfant est presque adulte, cela se complique.

Dommage que les digressions prennent tant de place dans ce roman... Des digressions qui portent sur d'autres affaires familiales jugées par Fiona Maye, affaires qui certes méritent de l'attention, mais éloigne celle-ci du sujet principal et "vendu" sur la quatrième de couverture. Et surtout les déboires conjugaux de la juge Maye sont envahissants dans l'histoire et d'une réelle morosité... De ce fait, j'ai eu la sensation d'écouter un livre très monotone et à l'intérêt ponctuel. Je me suis donc ennuyée.

Néanmoins, on ne peut que saluer la morale de ce roman. "L'intérêt de l'enfant", pour tout adulte, qu'il soit magistrat ou pas, ne devrait pas se limiter au jugement rendu en cours de justice. Car en effet, lorsque l'on réveille un enfant, ou tout autre être de sa foi aveuglante, il faut être là pour lui proposer autre chose. Car le monde est soudain si vaste pour lui qu'il est nécessaire d'être à ses côté, pour l'aider à trouver un nouveau sens... à la vie, à SA vie.

 

PS : Pour info, ce roman a été adapté au cinéma en 2018 sous le titre de "My lady", avec Emma Thompson dans le rôle phare.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 16 Janvier 2020

Thriller - Editions Lizzie - 9h56 d'écoute - 21 €

Parution d'origine chez Sonatine en octobre 2018

L'histoire : Callie et Tilda sont soeurs jumelles sans ressemblance. Londoniennes toutes les deux. Callie, libraire à temps partiel, vit depuis toujours dans l'ombre de Tilda, actrice qui commence à être réputée. Les deux soeurs sont proches, presque fusionnelles, jusqu'à ce que Tilda rencontre Félix, un riche banquier. Le comportement de Tilda se métamorphose alors que Félix pourrait paraître violent et dominant... Callie voit cela de l'extérieur, s'inquiète et se renseigne sur forums spécialisés dans la violence domestique... Quelques mois plus tard, Félix est retrouvé mort, à priori d'une crise cardiaque...

 

Tentation : Envie d'un bon thriller

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Voici un bon thriller british très psychologique, qui, sans être vraiment palpitant, reste très captivant. Pas de nuit blanche ni de suée, mais de l'observation, de l'attention, la recherche du détail... Pas non plus de grande originalité dans le postulat de base : deux soeurs jumelles... le sujet est bien exploité en littérature. La richesse de ce roman tient d'abord dans l'extraordinaire psychologie des personnages, vraiment travaillées, approfondie, maîtrisée et évidemment à sa construction et son dénouement !

Le suspense est toujours latent, même si l'on sait dès le premier chapitre que Félix va mourir. Cette mort limpide pour la police mais suspecte pour nous lecteurs advient presque aux deux tiers du roman, ce qui, quelque part, donne relance l'histoire. Cette mort tardive n'enlève rien à l'intérêt de l'oeuvre. Certes, j'y ai trouvé quelques petites longueurs - mais celles-ci sont peut-être nécessaires pour bien poser le caractère paradoxal des deux héroïnes - et à la fin, il m'a semblé qu'il me manquait deux ou trois petites explications finales, à moins que ce ne soit ma mémoire qui me fasse défaut.

En tous cas, cette histoire machiavélique est sacrément bien construite. Le doute est PERMANENT et change à chaque fois de cible, ou de victime. Callie est la narratrice, alors on est en droit de se demander si elle est objective et libre à elle d'éventuellement nous balader comme elle le veut. Donc méfiance, faut-il croire tout ce qu'elle dit ? Mystère. Régulièrement, Jane Robins lâche détails, informations ou anecdotes qui ne font que renforcer ou relancer notre incertitude.

Il faut tout de même dire que l'on se rend bien compte que chacune des soeurs est bien particulière (je ne spolierai pas !) et aucune ne semble être vraiment équilibrée. Manipulation ? Paranoïa ? Harcèlement ? Jalousie ? Obsession ? Vous le saurez en lisant ce livre... En vous méfiant des illusions. On peut avoir des illusions, se faire des illusions ou encore donner l'illusion de...  

Tentez de garder la tête claire pour découvrir qui, des deux soeurs, est la plus folle quelque part !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 27 Décembre 2019

Anatomie d'un scandale, littérature anglaise, thriller psychologique, Sarah Vaughan

Thriller - Editions Audiolib - 11h40 d'écoute - 20.60 €

Parution d'origine aux éditions Préludes en janvier 2019

L'histoire : James Withhouse, homme politique connu, député et meilleur ami du premier ministre, est accusé de viol. Kate, avocate (conseillère de la Reine), se voit confier la mission d'obtenir la condamnation de l'homme devant la cours. Kate y mettre tout son coeur, toute sa force, toute sa personne.

De l'autre côté, il y a Sophie, l'épouse de WhiteHouse avec qui elle forme ce si beau couple parfait, chouchous des médias etc... Va t-elle soutenir son mari ? Et si oui, jusqu'à quand ? Qu'est-ce qu'une épouse peut accepter de son mari sans se renier ? Et derrière cette accusation, y a-t-il d'autres secrets enfouis ?

Tentation : Pourquoi pas, envie d'un thriller psychologique !

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Quatrième de couv et description de l'oeuvre évoquent un bestseller international, un thriller psychologique et domestique sulfureux, ténébreux et puissant.

Mouais, après lecture (ou écoute) je dirai ce que ce "thriller" est un peu survendu. Certes, il est intéressant et agréable à écouter, mais on ne peut pas dire que l'adrénaline monte beaucoup. Par contre, le blabla prend pas mal de place, et qui dit blabla, dit longueurs et répétitions. En même temps, le blabla est difficilement contournable quand presque un tiers du roman se déroule dans une salle d'audience anglaise, dans un procès retentissant, qui fait couler beaucoup d'encre et ou deux avocates bataillent pour leur objectif : accuser ou innocenter. Et évidemment, le lecteur est pris dans l'histoire, puisqu'il veut "savoir".

Ce roman surfe sur l'époque #meetoo en se penchant avec justesse et profondeur sur la question, qui peut être délicate et très ténue, du consentement dans une relation sexuel. Oui, la marge qui peut faire basculer un acte sexuel en viol est très fine, comme le fil d'un rasoir. Autre sujet important que Sarah Vaughan développe dans cette histoire : la vérité, ce qu'on en fait, l'idée que l'on en a, comment on la transforme, sciemment ou inconsciemment.

Que dire d'autre, sinon que le récit nous emmène régulièrement dans le passé, en 1993 exactement, où certains des protagonistes de l'affaire étaient alors des étudiants d'Oxford, jeunesse dorée, née avec une cuillère en argent dans la bouche, et promise à un bel avenir. Et pour garantir cet avenir, il semble que tous les coups sont permis. Cette immersion Oxfordienne m'a intéressée, même si elle m'a souvent répugnée. A part cela, Sarah Vaughan nous plonge dans le coeur d'un couple, autant ordinaire qu'extraordinaire, puisque nous sommes dans les hautes sphères politiques, où la jeunesse d'Oxford a pris quelques rides mais beaucoup de pouvoirs. A-t-elle pour autant gagné en sagesse ?

Un roman intéressant mais pas aussi captivant et transcendant que l'on peut l'espérer d'une oeuvre estampillée thriller psychologique.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 11 Décembre 2019

Polar - Editions Audiolib - 5h20 d'écoute - 19.50 €

Parution d'origine en 1994 chez Viviane Hamy

L'histoire : A Rome... Des dessins de Michel Ange sont volés à la bibliothèque du Vatican. Henri Vallubert, grand expert d'art parisien, meurt empoisonné en pleine fête devant le palais Farnèse. Son fils Claude et deux de ses amis avec qui il forment le groupe des empereurs (Claude, Néron et Tibère, comme ils se nomment entre eux), traînent leur résidence dans la ville entre nonchalance mais avis bien précis. Ajoutez à cela une veuve envoûtante, une bibliothécaire aussi rigide que dévouée, et un cardinal qui connaît tout le monde, il y a assez pour que l'inspecteur Valence, envoyé spécial du gouvernement français pour éclaircir, voire étouffer l'affaire si besoin, y perde son latin !

 

 

Mon humble avis : Ce roman est le troisième publié par Fred Vargas, même s'il a été rédigé bien des années avant sa parution. Aussi, celui-ci ne date pas d'hier !

Ceux qui vont mourir te saluent est donc un bon polar à l'ancienne... mais à la sauce Vargas, donc avec un petit plus et une signature que l'on retrouve avec plaisir. A savoir, des personnages hors du commun, haut en couleur, fantasques qui donnent à cette enquête relativement classique dans le fond une forme très fantaisiste et donc particulièrement divertissante, voire même parfois amusante. En effet, les trois protagonistes qui se font appeler par des noms d'empereurs ne sont pas sans surprises, depuis leur caractère, leur manière de déclamer des évidences avec un faste désuet ou encore, de voir monde et choses. Aussi, avec eux, certains dialogues valent leur pesant de caramels mous comme on dit !

Avec les personnages, nous déambulons avec ravissement dans les rues de Rome, dans l'enceinte du Vatican, et dans les entrailles de la Vaticane, la bibliothèque si riche et particulière de ce dernier. L'auteure laisse toute liberté à notre imagination pour habiller les lieux. Donc pas de descriptifs interminables. L'inspecteur Valence, dont le portrait n'a rien à envier célèbre Adamsberger, fait plus ou moins équipe avec la police italienne menée par Ruggeri. Les pistes, bonnes comme fausses, se multiplient, se divisent, forment parfois de sacrés carrefours avec moult directions possibles, voir des demi tours... et de ce fait, les rebondissements abondent et démontrent qu'il ne faut pas se fier aux apparences. Aussi simple et limpide puisse paraître en enquête, celle-ci réserve toujours son lot de surprise et ici, jusqu'aux toutes dernières pages.

Bref, un polar bien agréable à lire ou à écouter, qui divertit et balade son lecteur sans stresse, ni litres d'hémoglobine !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français, #Livres audio, lectures audio

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