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Publié le 5 Août 2020

roman Fleur de Tonnerre, Jean Teulé, Hélène Jégado, histoire bretonne, bretagne, meutrière, empoisonneuse, avis lecture, blog, chronique

Roman - Editions Audiolib - 6h30 d'écoute - 20.90 €

Parution d'origine aux Editions Julliard en 2013

L'histoire : Celle d'Hélène Jégado, dans la première moitié du 19ème siècle. Celle qui se faisait appeler Fleur de Tonnerre était cuisinière dans le Morbihan puis sur Rennes. Au fil des foyers ou des cures où elle officia depuis son plus jeune âge, ce sont plus de 37 cadavres (connus qu'elle laissa derrière elle), de femmes, d'enfants, de nourrissons, de vieillards etc. Fleur de Tonnerre, fut la plus terrifiante empoisonneuse de tous les temps.

 

Tentation : Pourquoi pas ?!

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Une audiolecture intéressante mais que j'ai écouté avec une forme de distance. Distance due à la forme narrative très factuelle choisie par Jean Teulé dans ce roman biographique romancé. Donc à part l'effroi devant les actes d'Hélène Jégado, point d'émotion. En même temps, c'est assez logique puisque cette Fleur de Tonnerre en semble complètement démunie... Donc de l'effroi distancié, c'est déjà pas mal comme sentiment ! La Jégado finira par expliquer "sa folie" qu'elle ne reconnait pas comme telle bien sûr, par sa peur de la peur inculquée par ses parents. Aussi, est-elle devenue la peur pour ne pas la subir, et elle s'est transformée en l'être maléfique des croyances bretonnes : elle est devenue l'Ankou et semait la mort partout où elle passait. A part cela, la psychologie de Fleur de Tonnerre n'est pas du tout abordée, et cela est à mes yeux un peu dommage. Mais peut-être les archives ne l'ont pas permis.

Jean Teulé nous offre une plongée profonde dans une autre époque : la première moitié du 19ème siècle, dans une basse Bretagne. Cette fresque historique montre la pauvreté d'alors, l'ignorance, l'influence de traditions ancestrales qui aboutissent ici à une incroyable crédulité des habitants, crédulité aveuglante, d'autant qu'à l'époque, la médecine n'était pas non plus celle d'aujourd'hui. Voilà pourquoi la Jégado a pu mener son oeuvre quarante années durant sans être inquiétée.  C'est cet aspect-là qui m'a intéressée. Pour le reste, au fil des quelques heures, je me suis un peu lassée de la répétition des situations et des mots similaires usités par l'auteur pour les décrire. J'ai eu comme l'impression que j'écoutais un listing de meurtres, en sachant d'avance comment ceux-ci adviendraient, donc peu de surprise... Même si, l'on est d'accord, les tueurs en série suivent souvent le même procédé. Il n'empêche, j'ai trouvé cela un peu lassant.

Mais je suis contente de connaître désormais l'histoire d'Hélène Jégado, qui fait partie de celle de ma Bretagne d'adoption !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 3 Août 2020

Thriller, roman, Radgoll, enquête, Daniel Cole, avis, chronique, lecture, blog

Thriller - Editions Audiolib - 12h24 d'écoute - 21.05 €

Parution d'origine chez Robert Laffont en 2017

L'histoire : Un cadavre... mais 6 victimes... La police Londonienne découvre un corps cousu composé de membres et parties de corps de 6 personnes... Très vite, la presse nomme ce corps "Ragdoll". Pour la Metropolitan Police de Londres et l'inspecteur "Wolf", le temps presse... Il faut retrouver les propriétaires des membres de Ragdoll, et surtout, protéger 10 personnes dont le tueurs à dresser la liste... 10 personnes qui mourrons à des dates et heures précises... En fin de liste, l'inspecteur "Wolf" lui-même.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Que les lecteurs au coeur sensibles se rassurent : même si le crime principal de cette affaire est peu ragoûtant, et que les meurtres se multiplient dans cette histoire, Daniel Cole ne prend pas un malin plaisir dans des descriptions glauques interminables. Non, celles-ci sont réduites au minimum pour avoir tout de même un minimum d'effet.

Dès le début, nous sommes prévenus, ce crime est en rapport avec d'autres commis il y a des années et sur lesquels Wolf et son équipe avait enquêté en pur perte... puisque le procès avait reconnu le "Tueur crématiste" de 27 victimes non coupable... Cette histoire avait plongé Wolf près de la folie et conduit à son internement...

Quatre ans plus tard, Wolf a réintégré son poste lorsqu'arrive Ragdoll (poupée de chiffon en français, et race de chats aussi !)... La police découvre très vite que l'une des parties du corps appartient au Tueur Crématiste. Qui sont les autres, et quel lien avec la liste des  10 futures cibles du psychopathe ?

Une enquête qui tient en haleine, avec différentes ramifications, de vraies et de fausses pistes, les vraies étant plutôt méprisées par la police tant elles semblent incroyables, inconcevables. Heureusement, il y a Edmunds , un bleu qui vient de la brigade financière après une formation en "profilage". Il va remuer un peu une équipe embouée dans ses certitudes.

Dommage cependant que les indices comptant réellement dans l'enquête soient si peu développés et expliqués aux lecteurs pour que ceux-ci aient le temps de s'installer dans leur esprit et de gagner en clarté... Car cela rendrait peut-être la fin un peu moins grandiloquente et abracadabrantesque... Donc un peu décevante même si très surprenante.

Dans ce roman, Daniel Cole s'attache à dénoncer les usages et débordements de la presse lors d'affaires policières de cette ampleur... Les médias répondent-ils à l'attente du public ou créent-ils cette attente, cette fascination pour le morbide ? Quoiqu'il en soit, les meurtres deviennent des produits marketing...

Quant aux personnages policiers, ils ont des comportements qui paraissent assez improbables. Mais bon, nous sommes dans un roman, donc pourquoi pas, on tourne les pages pour se distraire et parce que l'on est pris par cette histoire.

Je déconseille la version audio... Certains personnages sont interprétés avec des voix insupportables et/ou caricaturales.

Bref, un thriller imparfait mais qui fait tout de même bien le job !

PS : Pour les volontaires, je viens d'apprendre qu'il y a une suite sous les titres de "l'appât"et de "Les loups".

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 22 Juillet 2020

roman "Au petit bonheur la chance' Aurélie Valognes, Littérature, avis, blog, chronique

Roman - Editions Audiolib - 7h40 d'écoute - 19.90 €

Parution d'origine aux éditions Fayard/Mazarine en mars 2019.

L'histoire : Eté 1968, à Grandville. Marie confie son fils Jean à sa mère "Mémé Lucette", pour quelques semaines, le temps de trouver un appartement parisien pour eux deux. Les semaines vont devenir mois puis années. Il semble que Marie ait oublié Jean. Mémé Lucette et Jean s'apprivoise dans une société en plein bouleversement.

 

Tentation : Curiosité

Fournisseur : bib N°3

 

Mon humble avis : Depuis quelques années que les couvertures colorées des romans d'Aurélie Valognes fleurissent sur les étals des libraires sans que le succès ne se démente. Alors, je me suis dit : "voyons de quoi il retourne !"

L'histoire en elle-même est mignonne (trop ?), les bons sentiments sont là (trop ?), la voix du lecteur est mielleuse (trop ?), les dialogues sont parfois caricaturaux et trop gnangnans pour moi. Certes, on s'attache aux personnages, le scénario tient la route, mais tout cela ne suffit pas à me rassasier. En même temps, Aurélie Valognes souhaite écrire des romans qui détendent et qui soient accessibles à tous, sans prétention. Je ne lui reproche pas, bien au contraire, je suis "pour" la pluralité et la diversité littéraire (n'en déplaise à certains). Mais il semble que je sois "tombée" sur son roman le plus sombre, donc l'aspect "feel good" ne m'a pas sauté aux yeux, enfin aux oreilles.

Pour écrire la vie de Jean, la romancière s'est inspirée de celle de son père. Et ce que j'ai vraiment apprécié dans cette lecture, c'est la reconstitution de la fin des années 60 et le début des années 70, celles qui m'ont vue naître... Et donc les changements décisifs ne m'ont pas frappée, puisque je suis née juste après, et que j'ai toujours tenue certaines choses comme ayant toujours existé, puisque toujours connus de moi... Comme les progrès ménagers (le luxe du frigidaire, du vide ordure dans un appartement (!!!)) mais aussi sociales, comme la mixité scolaire. A l'école, les gauchers étaient encore contrariés et considérés comme anormaux. Quant à l'éducation et la protection/considération des enfants, elles n'étaient pas celles d'aujourd'hui. C'est surtout une société en pleine mutation que décrit Aurélie Valognes, en se penchant particulièrement sur la condition féminine : le droit à l'avortement n'est pas encore voté, aussi les femmes n'ont d'autres choix que d'être "des poules pondeuses" ou des "poules" tout court. Avec l'émancipation vient la double charge : être mère et travailler, voire dans bien des cas, subvenir seules aux besoins de leur progéniture... Ce qui n'était guère facile à l'époque, et qui ne l'est d'ailleurs toujours pas. Et c'est ainsi qu'alors, de nombreuses grand-mères devaient élever certains de leurs petits-enfants, après avoir été elles-mêmes mères de famille nombreuse. Point de répits, pas de gros moyens, mais des valeurs et de l'amour. Aurélie Valognes rend ainsi un bel hommage aux femmes dans un roman au contexte historico-sociétal intéressant, dans un texte vraiment accessible à tous. Mais pour ce qui est de l'histoire a l'état pure, celle-ci ne m'a vraiment pas rassasiée et l'écriture frôlant parfois la mièvrerie (comme c'est parfois le cas dans des histoires relationnelles avec de jeunes enfants m'a agacée par moment.

Je tenterai un autre roman de la romancière (que j'ai en réserve) pour lire d'elle un livre moins sombre et voir si oui ou non son objectif "feel good" fonctionne sur moi ou pas !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 14 Juillet 2020

roman, Eric Vuillard, littérature, 14 juillet 1789, révolution, prise de la Bastille, avis, blog, chronique de lecture

Roman - Editions Le livre qui parle - 4h23 d'écoute -14.95 €

Parution d'origine chez Acte Sud en 2016

L'histoire :  23 Avril 1789 : Une phrase de Jean Baptiste Réveillon propriétaire de la Manufacture Royale de papiers peints va mettre le feu aux poudre : « Les ouvriers peuvent bien vivre avec quinze sols par jour au lieu de vingt, certains ont déjà la montre dans le gousset et seront bientôt plus riches que lui. » Le feu est mis au poudre, suit une insurrection qui fera 300 morts...et qui, trois mois plus tard, mènera à la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789. La Révolution Française !

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Un titre de livre qui tombe à point nommé pour aujourd'hui, jour de fête nationale française. Dans son roman, Eric Vuillard nous conte ce qui a conduit à cette prise de la Bastille. On pense connaître l'histoire et l'Histoire. Oui, celle que les livres scolaires et les cours nous ont inculqués, et que pour beaucoup, nous avons oublié au fils dans années et des décennies qui passent. 

C'est donc une autre version que nous propose l'auteur... La révolution vue par le peuple, vécue par le peuple, au coeur du peuple et de l'action. Vuillard plonge la main dans le bac des inconnus, des sans nom, des petits métiers, des petites gens, des parisiens qui subissent la famine quand on se roule dans l'or à Versailles, et même des étrangers qui parlent d'étranges dialectes, comme le bourguignon etc, mais qui se joignent au mouvement. Eric Vuillard évoquent ceux qui ont fait la prise de la Bastille, qui ont par une action qui ne dure parfois que quelques secondes, ont changé le cours de l'Histoire... Mais qui ensuite se sont enfuis pour éviter la corde, ce qui les a en même temps privés de la postérité dans les livres d'Histoire. 

Bref, Eric Vuillard nous emmène au coeur de la foule en colère, et loin, très loin de touts ces "grands hommes connus" dans cette époque révolutionnaire. Point question ici de Robespierre ou autre. Ce récit est passionnant qui débute par le premier événement qui mit le feu aux poudres jusqu'à la prise de la Bastille... Un grand industriel propose de travailler autant pour gagner moins... Une bonne partie du roman se déroule donc sur la journée du 14 juillet 1789. Certes, il y a quelques longueurs narrative dans la description des actes des uns et des autres, ou la liste des patronymes de ces "inconnus" mais si peu, comparé à l'importance du jour et le fait que le livre est bien court. Et ce roman nous propose une remémoration inédite de notre Histoire vraiment passionnante... Une fois de plus, on ne peut que constater que l'Histoire est un éternel recommencement.... Certes, les formes changent, les lois s'améliorent, la liberté et la démocratie semblent acquises (pourvu que cela dure, nul n'est à l'abri de rien) mais le fond reste le même : les pauvres, le peuple, contre les riches et le pouvoir, les inégalités etc. Et déjà, la mondialisation sévissait et ruinait certains commerces français...

Ce roman historique très bien documenté est donc passionnant, dommage qu'il soit interprété par une voix aussi morne. L'audiolecture aurait gagné en dynamisme avec une interprétation plus vivante, qui ressemble moins à un commentaire d'un reportage télévisé.

 

Les avis de Gambadou, Luocine et de Keisha qui sont bien complémentaires !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 10 Juillet 2020

Roman , Rose, littérature, tatiana de rosnay, Napoléon III, Haussmann, avis, blog, chronique

Roman - Editions Audiolib - 4h55 d'écoute - 21.90 €

Parution d'origine aux éditions Héloise d'Ormesson en 2011

L'histoire : Rose Bazelet, 59 ans, veuve, mène une vie paisible dans sa maison parisienne de la rue Childebert... Jusqu'au jour où elle reçoit une lettre qui a l'effet d'un couperet.... Sa maison, sa rue et bien d'autres vont être démolies au profit des grands boulevard Haussmaniens. Mais Rose n'a pas l'intention de se laisser faire.... Elle écrit alors de longue lettres à son défunt époux où elle lui narre son combat, et d'autres choses aussi... jusqu'aux secrets jamais avoués.

 

Tentation : La blogo lors de la sortie du roman (il y a donc 9 ans !)

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Je n'ai absolument rien à reprocher à ce roman. S'il ne m'a pas transportée, c'est juste parce que ce genre d'histoire n'a pas ma préférence.

Il s'agit d'un roman épistolaire. C'est Rose qui s'exprime le plus, mais l'on n'y trouve aussi des lettres de sa fille, de certaines de ses relations, et même un pli que son mari lui avait décrit dans leur jeunesse. Le style de Tatiana de Rosnay est très soigné, précis, agréable et correspond bien aux us et coutumes linguistiques d'alors.

Cette audiolecture fut tout de même agréable et intéressante... En effet, je savais bien qu'à une époque, Paris avait été transformée, modernisée pour ressembler au Paris que nous connaissons... Ceci, sous les ordres de l'empereur Napoléon III et du préfet de l'époque, le Baron Haussmann... D'où l'appellation "grands boulevards Haussmanniens". Mais je n'avais jamais approfondit le sujet. Dans mon esprit, Paris était passé de l'ile de Cité représentée dans Les misérables ou Notre Dame de Paris de Victor Hugo, bref, le Paris Médiéval, au Paris moderne comme par un claquement de doigt. Ce fut en fait plus de quinze année de travaux et des milliers de personnes dépossédées de leur bien, leur maison, leur histoire, leurs racines. Bref, je n'avais jamais réfléchi à toutes ces expropriations et leurs conséquences. Tatiana de Rosnay m'en a joliment donné l'occasion ici, en enrubannant la grande Histoire dans une très belle histoire d'amour, celle de Rose et de son mari, amour qui se prolonge post mortem.

Rose raconte donc la vie des petits contre les grands, de la vie face aux inéluctables évolutions et les dégâts intimes et personnels qu'ils provoquent. Une fois de plus, la littérature prouve qu'elle est atemporelle, car ce sujet est encore bien souvent d'actualité. Et je me dis alors que finalement, le Monde change peut-être dans la forme, mais dans le fond, les faits se répètent... Un roman que je vous conseille car intéressant, au delà de mes propres préférences.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 22 Juin 2020

Roman "Dans la forêt" de Jean Hegland, littérature américaine, nature writting, avis, blog, chronique, écologie

Roman - Editions Audiolib - 10h02 d'écoute - 23.90 €

Parution d'origine aux Editions Gallmeister en 2017

L'histoire :  Rien n'est plus comme avant : le monde tel qu'on le connaît semble avoir vacillé, plus d'électricité ni d'essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au coeur de la forêt. Quand la civilisation s'effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Tout arrive sur ce blog, même de la "nature writing" qui, à priori, n'est pas ma tasse de thé... Sauf que les feuilles de "dans la forêt" ont délicieusement bruissé sur la blogo et qu'un doux vent a conduit ce roman jusqu'à moi, dans sa version audio, très réussie. Le texte ne pouvait espérer meilleure interprète. 

Lors de sa sortie outre-Atlantique en 1996, ce roman a été perçu comme un choc littéraire. Vingt-quatre ans plus tard, je confirme, il est de ces livres magistralement écrits, narrés et d'une puissance telle qu'il est inoubliable. Si symbolique, si actuel, mais sans leçon de morale. Juste le destin de deux jeunes soeurs, dans le monde tel qu'il va, tel qu'il s'en va.

Curieusement, j'ai entamé cette audiolecture en début de déconfinement.... Et l'histoire fait une fois de plus écho à ce que nous venons de vivre, et que nous revivrons sans doute... Et même, que nous vivons un peu plus chaque jour sans nous en rendre vraiment compte, sans y prêter plus d'attention que ça pour la plus part d'entre nous.

De nos jours, le monde vacille. Plus d'électricité, plus d'essence, beaucoup de morts (on parle d'une étrange grippe), les villes se vident, et une migration se fait vers la côte Est qui semble se remettre plus vite. Une ruée vers l'origine en quelque sorte, une ruée en contre sens, quand on a tout usé de l'autre côté.

C'est Nell, l'aînée, qui raconte l'histoire, dans son dernier cahier... En ville, la vie n'est plus, ou presque plus. De la survie. Depuis toujours, Nell et Eva vivent dans une maison en pleine forêt. Avant que le monde ne vacille, Nell se préparait à intégrer Harvard et Eva, une grande école de danse. Leurs parents décèdent, elles ne sont plus que deux, l'une de 18 ans et l'autre de 17, en pleine forêt... Elles vont organiser leur survie, leur vie, avec les moyens du bord. S'aimer, se déchirer, se disputer, s'entraider, se sauver l'une et l'autre en faisant face aux imprévus. Ce roman est l'histoire de leur survie, sans pathos. Du quotidien, des petites choses qui deviennent grandes, des épreuves terribles qui grandissent et qui finalement, créent un avenir. Nell et Eva vont apprendre la forêt, qui est leur unique source de vie. Elles vont l'étudier, l'exploiter, la soigner, la comprendre, la vénérer, la respecter, l'utiliser à bon escient en pensant à l'avenir : il faut tenir, il faut durer. La forêt va devenir leur alliée et l'Homme le potentiel danger qui rode et peut toujours revenir. Oui, l'Homme est plus dangereux que la nature, même pour lui-même. Et tant que ma lecture a duré, j'ai été transportée, sans une minute d'ennui. Dans la forêt ressemble à un conte à l'ancienne, mais est pourtant tellement contemporain par les messages qu'il distille sans lourdeur, avec une finesse magnifique. Cependant, la tension ne manque pas, donc quelques coups de stress pour le lecteur entre des moments lumineux.

Dans la forêt est un roman très sensoriel... Tous nos sens sont en exergue, sollicités, aux aguets et nous apprennent à vivre avec le minimum, avec l'essentiel. Du courage, et la nature. Après tout, Eva conclut en disant : "Nous nous avons nous, la forêt et peut-être encore un peu de temps".  N'est-ce pas notre situation collective et planétaire ? Un peu de temps, si l'on réagit et que l'on sait prendre les bonnes décisions, utiliser nos meilleures ressources intérieures. Un retour aux sources, un retour à l'essentiel, un retour aux origines. Une lecture incontournable, qui, je crois laisse une empreinte indélébile.

L'avis de Sylire, de Gambadou

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 18 Juin 2020

Au château d'Argol, littérature, Julien Gracq, surréalisme, gothique, avis, blog, chronique

Roman - Editions Brumes de Mars - 3h55 d'écoute - 8.30 €

Parution d'origine aux éditions José Corti en 1938

L'histoire :  Albert, Herminien et Heide. Albert ayant acheté le mystérieux château d’Argol, en Bretagne, il y reçoit la visite de son meilleur ami Herminien, qui arrive accompagné de la belle Heide. Entre ces trois personnages se tissent des rapports d’amour et de haine.

Tentation : Curiosité littéraire et culturelle

Fournisseur : Bib N°1

Mon humble avis : Voici une (audio)lecture très expérimentale pour moi. Ma conclusion est limpide, je n'ai pas la culture littéraire nécessaire pour apprécier un tel roman dans toutes ses nuances, ses inspirations et les styles et courants littéraires dans lesquels il s'inscrit.

 Aussi, je me suis aidée de mon "ami google" pour en savoir plus et peut-être mieux comprendre et saisir ce qui fait de "Au Château" l'Argol un tel monument reconnu. Pour André Breton, "Au château d'Argol" est le premier roman surréaliste... Oui bon, j'ignore globalement à quoi cela correspond... C'est un concept littéraire et artistique français qui vise à transcender le réel à partir de l'impulsion psychique de l'imaginaire et de l'irrationnel. Pour cela, les écrivains surréalistes se basent sur l'utilisation des images pour exprimer l'émotion.

Au château d'Argol est aussi reconnu comme étant un roman gothique. Oui, il se déroule dans une atmosphère pesante et mystérieuse, dans un vieux château isolé aux allures et entourages assez terrifiant. 

Quelle étrange lecture pour moi qui ne suis pas habituée à fouiller dans ces styles et époques littéraire. Je me suis tout d'abord régalée des mots, de la douceur qui en émanent, surtout dans les descriptifs des lieux, des forêts, du château, d'une rivière, de l'océan. Oui, ces mots bien assortis et assemblés m'ont caressée, bercée, comme s'ils ouvraient et décuplaient tous mes sens... Il faut préciser que cette version audio est sublimée par d'excellents bruitages (la nature, le vent, les pas dans un hall désert...) Mais, sur la longueur, cette douceur m'est devenue plus ennuyeuse, voire soporifique.

J'ai donc aimé les mots, ce qu'ils évoquaient en moi, leur son et les images que je leur associais, mais je n'ai en rien saisi leur sens profond. En fait, je suis restée en surface, et imperméable à l'histoire que je n'ai pas entendue, même si, par moments, mon imperméabilité prenait tout de même un peu l'eau, mais trop peu pour partager les émotions et le déroulement de l'histoire des 3 personnages. Je suis restée dans mes émotions des mots, mais celles d'Albert, d'Herminien et de Heid me sont demeurées complètement étrangères. Je n'ai rien partagé de leurs relations (ni l'amour ni la haine), qui pourtant mènent à un viol et un meurtre. Mais oreilles ont dû entendre la description (surréaliste) d'un viol sans s'en rendre compte. C'est tout de même fort ! En fait, j'ai l'impression d'avoir lu un roman sans histoire. Expérimentale donc cette audiolecture de ce Château d'Argol qui attendait sur mon PC depuis plusieurs années. Expérimentale mais pas concluante, même si ma culture s'en trouve légèrement élargie. Mais que vaut une culture élargie quand on ne l'a pas saisie dans son entièreté ? Je l'ignore.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 29 Mai 2020

L'affaire cendrillon, polar, thriller, hollywood, Mary Higgins Clark, avis, blog, chronique, livre audio

Thriller -  Editions Audiolib - 9h11 d'écoute - 22.90 €

Parution d'origine chez Albin Michel en 2015

L'histoire : Laurie Mauran, productrice d'une émission de télévision que revient sur des meurtres jamais élucidés, se penche sur l'Affaire Cendrillon...

Ce cold case remonte à 20 ans. Suzanne, une belle étudiante est retrouvée morte à Hollywood alors qu'elle aurait du se trouver à un casting pour un premier rôle.

Laurie et ses collègues reprennent donc l'enquête à zéro, en s'appuyant sur l'entourage de l'époque de Suzanne. Ce qui va évidemment réveiller certaines personnes qu'il vaut mieux laisser dormir...

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib et donc ma PAL audio.

 

Mon humble avis : Depuis toujours, je préfère lire des auteurs vivants que morts. Et depuis des années, je les empile dans ma PAL. Sauf que les écrivains sont comme tout le monde, ils décèdent aussi... J'ai donc de plus en plus de livres orphelins dans mes PAL papier et audio... Voilà pourquoi j'en ai sorti ce thriller, écrit mains de Mary Higgins Clark 'décédée récemment) et d'Alafair Burke. Ce titre ne doit être que le 3ème que je lis de la reine du crime américain. Donc je ne suis pas grande connaisseuse de cette grande dame de la littérature à suspense.

Mon audiolecture fut très agréable et franchement réussie. Les décors sont bien plantés, les personnages variés et bien campés, le style agréable malgré quelques passages ou dialogues que j'ai perçus comme étant un peu "nunuches". Disons que ce roman est très classique dans le genre et par rapport à d'autres thrillers qui jouent horriblement (dans tous les sens) avec vos nerfs, celui-ci m'a paru comme un peu désuet, mais d'une désuétude agréable, reposante

Il n'empêche, cette intrigue est diablement efficace, rondement menée et construite avec maestria, jusqu'en ses moindres recoins. C'est vraiment une histoire à tiroirs et régulièrement, la suspicion du lecteur change de cible parmi les protagonistes de l'affaire, et ceci, quasiment dès le début. D'autant que l'écrivaine ne tarde pas à ajouter quelque nouveau cadavre dans l'équation.

Si quelqu'un découvre ou a découvert le nom du tueur avant la fin, et bien qu'il me le dise !

Un bon moment de lecture doté d'un excellent suspense, à ne pas bouder donc, surtout en cette période estivale approchante et propice aux lectures plus légères !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 21 Mai 2020

Récit - Editions Thélème - 5h38 d'écoute - 17 €

Parution d'origine chez Belfond en 2009

Le sujet: Haruki Murakami est très connu comme écrivain japonnais. Il l'est moins en tant que sportif amateur, coureur de fond... Murakami "collectionne" les marathons et triathlons (et même un ultra-marathon de 100 km ! ) depuis plusieurs décennies. Il nous livre ici ses réflexions de coureur de fond et d'auteur comme deux parallèles qui, à l'horizon, se rejoignent pour former sa vie.

Tentation : Curiosité

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : J'imagine que certaines de mes blogo copines doivent être très surprises de trouver ce titre sur mon blog... En effet, avec celui-ci, je suis aux antipodes de ma zone de confort.

Et pourtant, ce "récit, ouvrage, témoignage, autobiographie", bref, cet OVNI littéraire m'a plu. J'espérais y trouver un quelque chose... et victoire, ce quelque chose, je l'ai ressenti et entendu.

Peu importe que vous soyez sportifs ou non pour lire ou écouter ce texte... Puisque, même si Murakami se garde bien de donner des leçons de vie ou de bien être, la portée de ses lignes vont bien plus loin que les foulées d'un coureur. Et il me semble que rare sont les livres qui offrent autant de liberté d'interprétation individuelle que celui-ci. Chacun peut le lire en fonction de ce qu'il est.

J'avoue, le titre peut paraître rébarbatif, d'ailleurs quelques passages le sont mais cela ne m'a pas gênée. Je déteste courir... mais j'aime marcher... sans zèle ni acharnement cependant, pas au point de n'en plus pouvoir... Même s'il m'est arrivé dans la vie de surmonter de sacrés défis et de sacrés montagnes. Je marche pour le plaisir dans la nature, et pour l'activité physique régulière chez moi, sur mon tapis de marche. C'est donc évidemment en marchant que j'ai écouté ce texte de Murakami.

Avec humilité, il y détaille ses entraînements, ses courses, ses ressentis, ses douleurs, ses euphories, la place qu'il laisse dans sa vie à la course à pied et à l'écriture de romans... Deux activités qui demandent de la constance, de l'opiniâtreté, de la pratique, une certaine rigueur de vie, le tout sur le long terme. Bref, il est vraiment question d'endurance !

Voici comment j'ai interprété mon audio lecture : le course de fond, le plaisir de Murakami, même s'il y a douleurs, échecs... Mais cela n'a rien d'obligatoire dans sa vie. L'écriture, son travail et gagne-pain qu'il a eu la chance de choisir et de pratiquer avec plaisir. Deux activités pourtant solitaires, mais qui amènent à certaines rencontres et conduisent à une routine et obligent celui qui les pratiques à des choix.  Mais pour moi, ces deux activités sont comme des allégories de la vie de chacun, avec ses aléas, ses épreuves et ses succès etc... On marche ou on court dans sa vie, mais on avance. Comme dans le texte, il y a des moments qui semblent pénibles et répétitifs, mais dont on tire des leçons pour les prochaines fois. Murakami incite ici chacun à se questionner sur notre pourquoi. Pourquoi fait-on les choses, que celles-ci soient incontournables, obligatoires ou qu'elles restent un loisir ? Oui, pourquoi les fait on alors qu'elles nous demandent parfois tant d'efforts, nous infligent douleurs, doutes, parfois déception avant le plaisir, l'euphorie, la réussite. Qu'est-ce donc qui nous meut lorsque rien ne nous y oblige ?

Ce que l'on fait dit beaucoup de ce que nous sommes, aussi, effectivement, il y a un aspect autobiographique (autoportrait) dans ce texte, ou Murakami le discret met en lumière un pan inconnu de lui... et qui dit beaucoup de ce qu'il est.

En tout cas, si pour un coureur de fond l'essentiel est de ne pas marcher, pour un marcheur de la vie, le principal est de ne pas s'arrêter, de ne pas s'asseoir !

Quoiqu'il en soit cette étrange audiolecture cumulée à ma marche a été comme hypnotique et ma donné des ailes, de la force dans les mollets tout en activant ma spiritualité !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Mai 2020

Claudine à Paris, Colette, Littérature Française, avis, chronique, blog, édition thélème, Isabelle Carré, livre audio

Roman - Editions Thélème - 4h55 d'écoute - 19 €

Parution d'origine en 1901

L'histoire : Claudine et son père viennent de quitter la province de Montigny pour s'installer à Paris. La jeune fille de 17 ans, tout d'abord nostalgique de sa campagne s'habitue pas du tout à la vie de la capitale. Puis, avec son neveu Marcel et Renaud, le père de celui-ci, donc son oncle, elle va se créer un nouvel univers et quitter au fur et à mesure l'insouciance de l'adolescence.

Tentation : Curiosité culturelle et littéraire

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Une audiolecture plus par curiosité littéraire que par réelle envie... Mais je n'avais pas lu de "Colette" depuis le collège me semble-t-il, il me fallait donc remédier à cette lacune. Donc pourquoi pas "Claudine à Paris" pioché à la bib... Ce roman a d'abord paru signé par "Willy", l'époux d'alors de Colette, qui l'utilisait comme "nègre".

L'excellente interprétation qu'Isabelle Carré donne du texte de Colette m'a vraiment enchantée. Quelle vie et quelle énergie dans ces mots. Le style de Colette m'a plus qu'enthousiasmée : je me suis délectée de sa finesse, de ses facéties, de sa richesse, de sa musicalité, de son insolence qui n'empêche pas une subtile élégance. Pour ces raisons-là, je ne regrette pas mon excursion dans l'univers de Colette.

Claudine à Paris est la suite de Claudine à l'école, roman que je n'ai pas lu... puisque je ne savais pas. Dommage, mais tant pis ! Mais pour être honnête le contenu même de l'histoire ne m'a pas passionnée, parce qu'il n'est pas du genre de ceux qui m'extasient.  Mais il faut reconnaître que la description du Paris de 1900, de ses us, coutumes et moeurs reste intéressante comme cadre de fond. J'ai été étonnée que Colette évoque l'homosexualité si tôt dans son oeuvre et à cette époque.  Une audio lecture qui enrichit donc un peu culturellement mais qui pour moi, n'a rien eu de passionnant, ni d'émouvant ! Oui,  l'histoire Claudine à Paris m'a laissée tout à fait neutre émotionnellement.

La suite de la vie de Claudine est contée par d'autres romans. 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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