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Publié le 15 Février 2016

Afficher l'image d'origineRoman - Editions Audiolib - 4h d'écoute - 18 €

 

Parution en Audiolib en 2013. Existe aussi en poche.

 

L'histoire : Début XXème siècle, de jeunes et pures japonnaises embarquent sur un paquebot. Direction l'Amérique et le mariage. Elles ont en effet été choisies sur "catalogue" par des futurs époux dont elles ne connaissent rien, sauf une photo truquée, une profession et un statut social surestimés..

A l'arrivée, c'est la désillusion, l'emprisonnement d'une vie qu'elles n'imaginaient pas, la violence des hommes, l'esclavage dans les champs, le racisme, les efforts pour s'intégrer...

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Sylire, merci pour le prêt !

 

 

Mon humble avis :  Ce roman, magnifiquement lu par la comédienne Irène Jacob, a reçu le prix Fémina Etranger en 2012.

Même s'il est imparfait, "Certaines n'avaient jamais vu la mer" m'a beaucoup plus, ou devrais-je dire pour être plus précise, beaucoup intéressée. 

En effet, il traite d'un fait méconnu, rarement évoqué en littérature comme au cinéma ou dans les livres d'Histoire : L'immigration des japonais aux Etats-Unis. En général, quand on parle de l'immigration outre-Atlantique, il s'agit plutôt de celles des Européens, et notamment des Irlandais. Ou encore, de celle des Mexicains, des Cubains... Cela rend ce court roman particulièrement instructif. 

La narration est originale. En effet, une japonaise narre son histoire mais en usant de la première personne du pluriel : ce "Nous" qui permet de témoigner de son propre vécu, mais aussi de celui de ses paires. Ce "Je" en tant qu'individu devient nous, parce que ces femmes ont été pour la plupart dépossédées de leur identité. Que de même origine, elles ont vécu le même destin mais de façons différentes. Une voix pour toutes les voix, pour toutes les voies.

A plusieurs reprises d'ailleurs, Julie Otsuka énumère, en usant comme d'une longue litanie, les mille et une façons que ces femmes ont vécu les grandes étapes de leur vie. Oui, car il y a mille et une façons de perdre sa virginité (entre la douceur et la violence), d'accoucher (entre le fossé et le lit de soie), de rêver (entre une belle récolte et une vie de luxe), de quitter de force un endroit (sans se retourner, avec des regrets, une valise, les mains vides...) . Ces passages, qui pourraient paraître comme lassant, ont au contraire été pour moi très touchants, prenants, émouvants. Car malgré le "Nous" utilisé par l'auteure, il y a bien mille et une âmes, réactions, désir, désespoirs... Malgré la ressemblance, le monde est bien multiple.

Puis, en cours de narration, le "Nous" reste, mais c'est alors une américaine qui s'exprime en son nom propre et en celui de ces concitoyens. Nous avons donc eu la vision japonaise, puis la vision américaine. Ce qui permet sans doute à l'auteure, Américaine d'origine nippone, d'exprimer et d'explorer ses deux cultures.

J'ai regretté cependant  ce qui m'est paru comme un  saut dans le temps. En effet, à moins que mon attention ait été moindre à un moment donné, nous accompagnons ces femmes aux champs où elles travaillent comme des forcenées pour presque rien. Et quelque temps plus tard, nous les trouvons tenancière d'un hôtel, d'une boutique, avec des enfants étudiants dans de grandes universités. J'aurais aimé suivre le chemin qui les a menées de la pauvreté et la soumission à la propriété et un certain accès à la culture et l'éducation.

Enfin, même si ce roman se déroule il y a plus de 100 ans, il est hélas encore bien actuel. Que ce soit pour les filles de l'Est, d'Asie du sud Est à qui l'on promet une vie de reine au bout du monde pour les mettre sur un trottoir, ou tous ces migrants qui prennent la mer pour entrer en Europe, il y a la désillusion, les sales et basses besognes, la précarité, le racisme, le rejet, la difficile intégration. Sauf que dans ce roman, cela s'achève par la deuxième Guerre Mondiale, qui, aux Etats-Unis, a fait de chaque japonais un espion potentiel, donc un danger pour la sécurité nationale. Là, encore, on n'est pas si loin de notre époque.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 16 Janvier 2016

 

Afficher l'image d'origineRoman - Editions Audiolib - 14h30 d'écoute -  23.30 €

 

Parution en 2010, existe en format poche

 

L'histoire : Qui a tué le richissime et sans scrupule industriel Viky Rai lors de sa garden-party ? Six personnes présentes et possédant une arme sont suspectées ! Une actrice glamour de Bollywood, un texan barré, un jeune indigène, un bureaucrate habité par l'esprit de Gandhi, un gamin qui vit de petits larcins et le père de la victime. Et par derrière, un journaliste qui tente de démêler tout cela.

 

 

 

Tentation : La réputation du roman et de son auteur

Fournisseur : Sylire, merci pour le prêt !

 

 

 

Mon humble avis : Première incursion pour moi dans la littérature indienne.

Me voici bien partagée par ce livre, présenté comme un roman policier, mais qui ne ressemble en presque rien de tel, sauf qu'il y a bien un crime et un coupable. Mais pas réellement d'enquête. Une succession de chapitres qui décrivent la vie de personnages (les suspects) d'origines très différentes et à mes yeux, d'intérêt inégal. Certains de ses personnages se croisent, d'autres non. 

Ce qui fait que par moment, je n'avais plus trop l'impression de "lire" un unique roman, mais juste différentes histoires à peine reliées par l'issue finale, bien surprenante. Seule la situation géographique de l'Inde me confirmait que j'étais bien au coeur d'une seule et même intrigue. Cette narration m'a donc un peu perdue, tout comme la multiplicité des personnages secondaires aux noms improbables et tous similaires pour moi puisqu'indiens ! Qui plus est, j'ai vraiment trouvé ce roman trop long, avec moult détails pas toujours indispensables.

Néanmoins, ce meurtre dans un jardin indien vaut le détour pour son intérêt culturel indéniable ! Vikas Swarup dresse un portrait sans concession de la société indienne très complexe, depuis les castes, les bidonvilles, le cinéma de Bollywood, la justice à deux vitesses, les grands palais, et la corruption inouïe de son gouvernement et de sa police. La découverte et le dépaysement sont garantis !

Le style est très agréable, et certains destins de ces curieux suspects ne laissent pas indifférent. Le texan barré m'a bien fait rire, celui-là pourrait sortir d'un roman complètement loufoque que l'on ne s'en étonnerait pas ! Le pauvre n'est ni gâté ni épargné par l'auteur. L'indigène est émouvant, le jeune des bidonvilles touchant et les désillusions de la star de Bollywood sont assez amusantes, même si peu surprenantes.

Le coup de théâtre final est aussi sympathique qu'inattendu.

Bref, vous l'aurez compris, je suis vraiment partagée par ce roman de bonne qualité. Je pense qu'à mes yeux, son principal défaut est la longueur. Moitié moins long, je l'aurais sans doute apprécié entièrement !

 

 

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L'avis de Sylire

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Décembre 2015

La Vie en sourdine, de David Lodge, lu par Daniel NicodèmeRoman - Editions Audiolib - 11h30 d'écoute - 21.90 €

 

Parution en audiolib en 2009

 

L'histoire : Desmond est un universitaire réputé, spécialiste de la linguistique, à la retraite. Il s'ennuie d'autant plus qu'il souffre de gros problèmes d'ouïe qui l'isolent de plus en plus. Il s'occupe de son père, un Londonnien acariâtre qui s'enfonce inconsciemment dans la sénilité, à moins que ce ne soit Alzeimer. Lors d'un vernissage, il fait la connaissance d'une étudiante américaine qui lui demande de l'aider à rédiger sa thèse. Desmond accepte, sauf qu'il n'a pas entendu un traitre mot de la question. Il n'est donc pas au bout de sa peine, ni des surprises.

 

 

tentation : Le pitch et Sylire

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Cette lecture /écoute ne m'a pas procuré grand plaisir ni frisson, même si je reconnais qu'elle est loin d'être dénuée d'intérêt et de qualité. Disons que je m'attendais à un livre drôle, hors je n'ai pas ri malgré quelques situations cocasses. En fait, les sujets sont plutôt tragiques, même si David Lodge traite ceux-ci avec une certaine légèreté, un humour assez  british et une autodérision bienvenue.

Il faut savoir que ce roman est hautement autobiographique, c'est d'ailleurs ce qui l'a rendu tout de même intéressant à mes yeux, ou plutôt à mes oreilles. Car La vie en sourdine est un sacré témoignage sur le quotidien des personnes en déficience auditive, sur les obstacles qu'elles rencontrent dans la vie courante et relationnelle. Sans oublier les déboires liés aux prothèses auditives. En ce sens, ce roman est un formidable outil de sensibilisation sur la surdité.

Ensuite, il est aussi sujet de la fin de vie et de l'accompagnement du malade, à savoir ici dans le lien Père/fils. Le ton, jusqu'alors mélancolique joyeux, devient plus sombre et le texte très touchant, mais dur en même temps. Je n'y étais pas préparée, ce n'est pas ce que j'attendais de cette "vie en sourdine".

David Lodge se penche également sur les joies et les peines des familles recomposées, avec ici des enfants déjà adultes, puisque Desmond est grand-père. Est évoqué aussi la différence d'âge dans un couple, surtout qu'ici, elle donne lieu à des rythmes de vie bien différents : Desmond est à la retraite alors que sa femme est encore bien active dans sa boutique de décoration.

La vie en sourdine est très joliment écrit, d'un style très soigné (normal sans doute quand le narrateur est spécialiste en linguistique. Les détails sont foisonnants, sans doute trop pour moi. J'ai trouvé ce récit trop linéaire, trop contemplatif pour le lecteur. Disons qu'il manque un peu d'éclat dans cette histoire qui s'est, au fil du temps, transformée pour moi en litanie... qui me suis "trompée de lecture pour ce moment là".

 

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l'avis de Sylire

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Novembre 2015

Afficher l'image d'origineRoman - Editions Audiolib - 21h15 d'écoute - 24.90 €

 

Parution en livre audio : mars 2013 (existe en poche)

 

L'histoire : Quelques mois après avoir écrit un énorme Best-Seller, Marcus Goldman se retrouve devant une page blanche. Rien n'y fait, il ne parvient plus à écrire alors que son éditeur le presse.

Soudaint, son meilleur ami, ancien professeur et écrivain réputé Harry Quebert se retrouve accusé du meurtre de Nora Kellergan, jeune fille de 15 ans, disparue en 1975. Sa dépouille est retrouvée dans le jardin de Québert et celui-ci aurait eu une relation avec Nora.

Persuadé de l'innocence de Quebert, Marcus se rend sur place et mène l'enquête. Son but est d'innocenter son ami, sans oublier de relancer sa carrière littéraire.

 

 

Tentation : La réputation du livre

Fournisseur : Sylire, merci pour le prêt !

 

 

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Mon humble avis : Quel roman ! Un coup de coeur XXL à tous les niveaux ! Déjà par ce qu'il m'a pris 21 heures d'écoute qui sont passées très vite et que j'aurais bien prolongées tant je me sentais bien dans cette histoire. Ensuite, et ça ne va pas être simple à expliquer... et bien La vérité sur l'affaire Harry Quebert a eu un effet hypnotique sur moi, une fascination totale !

Et pourtant, à première vue, j'aurais tendance à dire :"rien d'exceptionnel dans le fond" ! C'est sans doute ce qui, à mes yeux (et aux yeux de nombre de personnes) fait que ce roman est un pur chef d'oeuvre ! La construction romanesque et littéraire, le style et l'écriture, le déroulement de l'enquête, le ou plutôt les dénouements, tout y est captivant, parfaitement rendu et pourtant rien de grandiloquent !

L'histoire se déroule à Aurora, bourgade du Nord des Etats-Unis, entre la démission de Nixon et l'avènement proche d'Obama, puisque les flashbacks sont nombreux. C'est pour l'auteur l'occasion de dresser un portrait de l'Amérique profonde moyenne, des antagonismes et des contradictions du pays, et de l'évolution des mentalités au fil des décennies.

L'enquête à proprement parler est extrêmement bien ficelée et on ne peut plus captivante. Fausses pistes (pourtant très convaincantes avant de se révéler érronées), silences des uns, menaces des autres, secrets personnels, corruption, vengeance, rebondissements multiples on ne peut plus inattendus. Et partout, à chaque page, le doute est là, mais qui se déplace constamment.

Chaque chapitre commence par un conseil donné par Harry à son élève Marcus pour répondre à la question suivante : comment écrit-on en grand roman, comment devient-on écrivain ? Car la littérature et le monde de l'édition (et ses méthodes parfois très peu orthodoxes) sont aussi un des sujets majeurs de cette histoire, la rendant ainsi très foisonnante. Et sans révéler l'essentiel, mais juste pour attiser votre curiosité sachez qu'il y a 2 autres romans dans celui-ci.

J'ai rarement lu de livre à la construction et à la narration aussi originales et maîtrisées ! Joël Dicker a vraiment rédigé cette histoire d'une main de maître. Je fuis en général les pavés, mais, en espérant que le jeune auteur suisse ait pu renouveler son exploit, je pense bien lire son nouveau roman : Le livre des Baltimore.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Septembre 2015

Roman - Editions VDB - 11h d'écoute

 

Parution en audio en 2012

 

L'histoire : Fin du XIVème siècle, en Flandre française. Insbette est abandonnée dès le plus jeune âge par sa mère, qui fut victime d'un viol 9 mois plus tôt, commis par un Seigneur. Considérée comme la batarde tout au long de sa vie, la jeune Insbette tracera son chemin dans une époque violente. Elle deviendra la dame de compagnie de la grande Yolande de Cassel, puis dans d'autres circonstances, apprendra la caligraphie. Mais toujours, elle voudra retrouver ses racines.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : La bib

 

 

 

Mon humble avis : Ce livre, je ne l'ai pas pioché au hasard. En fait, l'histoire se déroule en Flandre Française et plus précisément, autour du Cassel, berceau de ma famille paternelle. Mon grand-père y est né et y a vécu etc... Alors, je suis allée aussi, avec ce livre, à la rencontre de mes aïeuls.

Il faut savoir que ce livre audio (dont on ne trouve que très peu d'info sur le net, d'où l'absence sur ce billet du nom de la lectrice, du prix...) est d'une incroyable qualité. Quel enregistrement ! Vivant, extrêmement bien interprété par une voix modulée en fonction des personnages mais toujours agréable. De plus, des bruitages, jamais envahissants, ont été ajoutés. Le clapotis de l'eau lors d'une averse, le bruissement du vent dans les arbres, le son reconnaissable entre mille d'un cheval au galop. Tout ceci rend l'atmosphère de cette histoire encore plus forte et dense.

Je répète assez souvent que je ne suis pas fan des romans historiques, et je trouve de plus en plus souvent que j'ai tort ! Car je me suis régalée de l'histoire passionnante de cette jeune Insbette, personnage si attachant et en avance pour son temps. Sa vie sera parsemée de multiples épreuves et rebondissement, mais cette jeune fille restera toujours vaillante et ne visera que la Connaissance. De bâtarde orpheline, elle finira très instruite et maitrisant un art réservé aux hommes de l'époque.

Les racines du temps, c'est aussi un roman très riche en informations historiques, très instruit et par définition, instructif sans jamais être barbant. Comme j'en ai appris des choses ! Finalement presque tout puisque ma culture sur l'époque médiévale dans ma région natale était bien maigre. Les moeurs, les us et coutumes, le commerce, la noblesse, les duchés, mais aussi les buchés qui brulaient à l'époque autant les hérétiques que les juifs (déjà persécutés au Moyen Age, j'ignorais cela), Annie Degroote nous régale de toute une culture, sur fond de Guerre de cent ans, de chiisme de la papauté, d'évolution de l'astronomie (refusée alors évidemment car scandaleuse) et d'astrologie. Bref, ce roman est une mine d'informations insoupçonnables et captivantes.

Maintenant, mon petit bémol. Les racines du temps alternent des passages narrant la vie d'Insbette au XIVème siècle, et d'autres impliquant Nina, journaliste parisienne, elle aussi originaire de Cassel, qui débarque dans la Flandre pour y écrire un article sur les femmes du Moyen Age dans les années 2010. Nina enquêtera sur Insbette et Yolande de Flandres. Jusque-là, tout va bien. Mais Annie Degroote a ajouté des liens possibles entre les 2 héroïnes que 6 siècles séparent. Même date de naissance, même père inconnu, même signe astrologique, même attirances envers les mêmes personnes. Bref, un lien qui aurait traversé les siècles et qui, pour le coup, ne m'a pas convaincu. Mais peu importe, cela ne m'a pas empêché d'apprécier ma lecture au-delà de mes espérances. Alors, que vous ayez vos racines en Flandre ou pas, plongez vous dans cette histoire enrichissante.


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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Juillet 2015

Roman - Editions Audiolib - 2h30 d'écoute - 18 €

 

Parution en Audiolib en mars 2013

 

L'histoire : Le jour de la grande mobilisation, cinq jeunes vendéens prennent l'uniforme. Celle qui deviendra la Grande Guerre commence, mais elle ne devrait durer qu'une quizaine de jours. Du moins, c'est ce qu'on leur a dit. Alors Blanche va les attendre.

 

Tentation : La blogo et pourquoi pas !

Fournisseur : Sylire, merci pour le prêt

 

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Mon humble avis : Sans la possibilité du format audio, je ne me serais jamais tournée vers ce roman qui a tout pour me déplaire : le sujet ! Je ne suis pas fan des récits qui touchent à la guerre, que ce soit la 1ère ou la 2ème. Bien à tort d'ailleurs, car chaque fois que je m'y frotte, je ressors comblée de ma lecture.

C'est une nouvelle fois le cas avec 14, ce roman de Jean Echenoz, auteur que je découvre avec ce titre. Et je dois dire qu'Echenoz est doté d'un double talent : l'écriture et la lecture. La lecture articulée qu'il fait de sa propre oeuvre est parfaite, le ton on ne peut plus adéquat pour servir ce récit. Et à la fin, petit bonus de ce format, un entretien très instructif avec Echenoz lui-même.

Revenons au roman, qui tient presque plus du récit de guerre d'ailleurs. L'auteur s'est en effet inspiré de journaux de guerre pour créer son histoire et ses personnages.

Le récit est très sobre, très factuel. C'est sans doute cela qui le rend si puissant, si fort, si pénétrant. Point d'envolée littéraire, philosophique, poétique ou psychologique. On sait très peu des personnages, mais l'on assiste à ce qu'ils vivent, à leur quotidien depuis la mobilisation jusqu'au retour pour certains d'entre eux. C'est court, direct, ça va droit au but.

Et pour le lecteur, c'est l'effroi devant le vécu des générations du siècle dernier, celles qui ont vécu la guerre, celles qui y ont participé sans vraiment savoir où ils partaient, ni combien de temps.

C'est l'affaire de 15 jours leur a-t-on dit..... Et puis à la guerre, ce ne sont pas les armes qui tuent mais le manque d'hygiène, alors lavez vous, rasez vous...

Echenoz, montre sans le dire l'ambivalence, la connerie et l'hypocrisie qu'est une guerre. Depuis la route pour arriver au front, aux premiers affrontements avec l'ennemi qu'on ne voit pas mais qui est partout, Echenoz nous donne une photo parfaite de la guerre, photo faite de mots, mots qui se transforment en photos dans votre tête.

Les armes s'approchent, il y a les bayonnettes, les balles qui sifflent et percent, au mieux votre képi. Puis les armes se font plus lointaines mais tout aussi criminelles : les canons, les gaz. Et les aéroplanes aussi, que certains voient pour la première fois et qui deviennent aussi, pour la première fois, des armes de guerre dont personne ne se méfiait jusqu'alors.

Et l'envie d'en finir parfois, seule solution pour s'échapper à cet enfer, si vous n'avez pas la chance d'avoir une blessure invalidante.

Et tout au long du récit, il y a les objets, seuls témoins de cette époque : les galoches, le sac qui passe de 60 grammes à 35 kilos, les gamelles.

14, un livre coup de poing, qui vaut une fois de plus tous les livres et cours d'Histoire. Paru en poche également. Vous savez ce qu'il vous reste à faire !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Juin 2015

Thriller - Editions Thélème - 6h30 d'écoute - 23 €

 

Parution en 2012

 

L'histoire : Dans une banlieue tranquille de Boston, une jeune mère de famille, Sandra Jones, disparait une pleine nuit sans laisser de trace. A son retour de son travail de nuit, son époux ne trouve que leur petite fille endormie dans son lit. Alors que le commandant DD. Warren mène l'enquête, les médias se passionnent pour cette histoire.

 

Lu par Elodie Huber

 

Tentation : La promesse d'un bon thriller

Fournisseur : Sylire, merci pour le prêt.

 

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Mon humble avis : Un super bon thriller comme je les aime : pas de description sanguinolente, pas non plus de cauchermar pour le lecteur, juste pour les protagonistes ! La maison d'à côté est un pur thriller psychologique ou l'on se fait des noeuds au cerveau pour tenter de démêler l'énigme avant tout le monde, en vain !

Impossible (enfin, presque, y'a la vie quoi) d'interrompre cette lecture, du coup, j'ai poursuivi comme une acharnée à détapisser ma chambre en écoutant ce roman pour avoir le fin mot de l'histoire au plus vite.

L'interprétation d'Elodie Huber est une fois de plus magistrale. Qu'elle incarne une femme, un homme ou juste "la narration", Elodie Huber module à peine sa voix, mais l'on sait parfaitement quel personnage s'exprime. Ici, pas de fausse grosse voix d'hommes ni de voix de femmes aux timbre d'ados en pleine mue. Elodie Huber possède vraiment un talent hors norme pour nous raconter une histoire et nous garder captifs !

Certes, l'interprète ne suffit pas, il faut aussi un bon auteur derrière. Avec Lisa Gardner, nous l'avons sans aucun doute. Celle-ci profite de cette oeuvre pour mettre en question le fameux fichier des délinquants sexuels aux USA, dont les conséquences sont en effet bien ambigües. Vous comprendrez dans ces pages qu'un violeur (ou un pervers...) sera fiché toute sa vie, alors que si celui-ci tue sa victime, il ne figurera pas dans ce fameux fichier accessible à tous.

Ce thriller bénéficie d'une extraordinaire construction narrative. Tour à tour, 2 personnages s'expriment à la première personne du singulier. Entre deux, la romancière fait son travail de descriptions, de mise en place, d'action. Cela donne vraiment une ambiance particulière, déjà trouvée dans un de ces romans précédents : Derniers adieux. D'ailleurs, Lisa Gardner a eu ici l'idée de génie de reprendre un personnage de ce titre.... Ce qui rend vraiment cette histoire ci captivante. J'ai lu Derniers adieux l'an dernier, j'en gardais assez de souvenirs pour frissonner à l'idée de la présence de ce Jason. Cependant, la lecture de Derniers adieux n'est absolument pas indispensable pour apprécier "La maison d'à côté" à sa juste valeur.

Ce Jason, on comprend bien qu'il ne puisse avoir des réactions normales comme n'importe quel commun des mortels. Il n'empêche, son comportement est plus que perturbant tant pour les flics que pour le lecteur qui oscille sans cesse entre envie d'empathie et panique totale devant certaines hypothèses.

Bref, on peut supposer que Lisa Gardner s'est bien amusée à nous emmêler les pinceaux, à laisser tant de place aux doutes dans cette histoire. Objectifs atteints !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 20 Juin 2015

Roman - Editions Audiolib - 7h01 d'écoute - 22.90 €

 

Parution le 13 mai 2015

 

L'histoire : Lui est écrivain américain vivant à Paris, et qui connait le succès en Corée du sud.

Elle est une actrice anglaise reconnue, qui vient faire le point chez une amie parisienne et se fait passer pour chef cuisinière.

Lui a des amis un peu trop intrusifs. Cette intrusion mènera Elle et Lui a un premier rendez-vous un peu cahotique... mais qui ne compte pas...

 

Lu par Hervé Bernard Omnès

 

 

Tentation : Audiolib

Fournisseur : Audiolib, merci pour l'envoi.

 

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Mon humble avis : Voici le cru 2015 du prolifique Marc Levy !

Elle et Lui, c'est aussi le titre d'un roman hautement biographique de George Sand. J'ignore si c'est un pur hasard ou une réelle volonté de Marc Levy... Mais je pense que cet opus est aussi en partie biographique, même si biographique inversé !

Je m'explique... Paul (Lui) est un auteur américain, architecte de profession, qui a fui San Francisco pour Paris après le succès de son premier roman (c'est d'ailleurs un personnage que l'on a déjà rencontré dans d'autres titres de Marc Levy). Ceci, pour échapper à la soudaine célébrité. Marc Levy était aussi architecte et suite à l'immense succès de "Et si cétait vrai" a quitté la France pour s'installer à Londres puis à New York.

Autre point commun entre Paul et Marc Levy... Paul écrit des romances légères, des livres anti-sinistroses et subit ainsi souvent les foudres des médias élististes. Ceci donne lieu, dans ce roman, à quelques dialogues qui remetten critiques, médias, mauvaises langues etc à leur place tout en expliquant une bonne fois pour toutes qu'il y a de la place pour tout type d'écrivain, pour tout type de lecteur. Moi, ce genre de discours, j'approuve ! J'aime lire de tout, mais de moins en moins les romans sinistres qui sont plus plombants encore que ma vie.

A part ça, et bien Elle & Lui est un bon Marc Levy, même si je ne m'en suis pas rendue compte immédiatement, déplorant quelques longueurs dans la partie dédiée à la naissance de la romance, qui d'ailleurs n'en sera pas forcément une.

Mais Marc Levy réussit un joli tour de passe passe et profite de ce roman pour dénoncer la dictature qui sévit en Corée du Nord. Le retournement de situation, pour Paul notre auteur, est presque comique, en tout cas, indédit et très orginal. Et cela permet à Marc Levy d'aborder suffisament le sujet de la Corée du Nord pour informer ou intriguer sur la situation de ce pays, mais pas trop non plus pour ne pas tomber dans le pathos et la déprime. Un peu comme dans ma dernière lecture de Levy ("Et si c'était à refaire) qui évoquait la gunte militaire d'Argentine et les disparus de cette dictature.

La toute fin de cette histoire se déroule sur le plateau d'une certaine "Grande Bibliothèque" et d'un coup de théâtre qu'un certain François n'a encore jamais vécu !

Un bon cru pour cet été !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 16 Juin 2015

Une vie entre deux océans, de M.L. Stedman, lu par Martin SpinhayerRoman - Editions Audiolib - 12h27 d'écoute - 23.60 €

 

Parution en 2014

 

L'histoire : Après avoir connu les horreurs de la Grande Guerre, Tom Sherbourne revient en Australie. Aspirant à la tranquillité, il accepte un poste de gardien de phare sur l île de Janus, un bout de terre sauvage et reculé. Là, il coule des jours heureux avec sa femme, Isabel. Un bonheur peu à peu contrarié par leurs échecs répétés pour avoir un enfant. Jusqu à ce jour où un canot vient s échouer sur le rivage. À son bord, le cadavre d un homme, ainsi qu un bébé, sain et sauf.

 

Lu par Martin Spinayer

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Sylire, merci pour le prêt !

 

 

 

Mon humble avis : Malgré sa qualité indéniable, ce roman me laisse plutôt mitigée. Peut-être ne suis-je pas le meilleur public pour ce type d'histoire.

Mais cette lecture/écoute m'a paru interminable. Bien des longueurs auraient pu être évitées, même si celles ci permettent de rendre compte du temps qui passe lentement sur une île dont les seuls habitants sont le couple gardien de phare.

Autre bémol pour moi, l'interprétation de Martin Spinayer. Elle est nickelle dans la narration, les dialogues entre personnages masculins. Mais cela "déraille", c'est le cas de le dire quand il interprête les voix de femmes, de grand-mère ou de petite fille. On a alors la désagréable impression d'écouter un adolescent en pleine mue et en colère !

Mais si je passe outre mes bémols, je reconnais sans peine qu' Une vie entre deux océans est un roman très intéressant et bien ficelé.

Les personnages sont attachants, bien creusés. Tom Sherbourne, le personnage centrale, reviens de la guerre des tranchées. Même si celle-ci fut mondiale, j'ignorais que des soldats australiens y avaient participé. Il ne se remettra jamais tout à fait de cet enfer.

Les véritables sujets de cette oeuvre sont la limite parfois infime entre le bien et le mal, les conséquences de nos actes (même si justifiés) sur les autres. On peut être responsable mais si peu coupable en même temps, même si c'est la culpabilité qui nous ronge. Mais surtout, quelle maternité doit prédominer : la maternité biologique ou la maternité d'adoption, de coeur, d'éducation. J'avoue avoir peiner à trouver la réponse à cette question durant toute cette histoire, sauf à la fin, puisqu'à la fin... Stop je ne vous le dirais pas !

A noter aussi qu'une vie entre deux océans est aussi une histoire d'amour puissante, malgré le tiraillement de Tom Sherbourne. Et une chouette incursion dans l'Australie des années 20. Et puis rassurez vous, la deuxième partie est bien plus haletante que la première et l'histoire devient poignante. Notre coeur se sert, on tremble et on ne sait ce que l'on souhaite pour la jeune enfant, que deux mères se déchirent.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Mai 2015

Le Voyage dans le passé, de Stefan Zweig, lu par Thibault Montalembert (de)Roman - Editions Audiolib - 1h50 d'écoute - 13.20 €

 

Parution en Audiolib en 2009

 

L'histoire : Un homme et une femme se retrouvent sur un quai de gare, neuf ans après s'être aimés passionnément. S'aimeront-ils encore ou l'usure du temps aura-t-elle fait son travail d'érosion ?

 

Tentation : Un petit Zweig ne se refuse pas !

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Lu par Thibault de Montalembert

 

 

 

Mon humble avis : Deux excellentes raisons de se précipiter vers cette version audio de ce voyage dans le passé... L'interprêtation magistrale de Thibault de Montalembert. La passion qu'il met dans les passages en nécessitant est tout simplement frissonnante, donne par moment la chaire de poule, comprime le coeur et c'est tout juste si la respiration du lecteur n'accélère pas en même temps que sa lecture passionnée !

La deuxième raison est Zweig lui même, qui n'a pas son pareil pour décrire les affres de la passion amoureuse. Les mots semblent tellement choisis, l'écriture est si élégante que l'on ne peut être que saisi par ce tourbillon tant amoureux que littéraire.

Ici, c'est la vulnérabilité de l'amour face au temps le véritable sujet de cette courte histoire. Le livre s'ouvre sur des retrouvailles d'un homme et d'une femme sur un quai de gare. Ils s'étaient aimés platoniquement mais passionnément il y a 9 ans, jusqu'à ce que l'homme soit envoyé pour une mission de 2 ans au Mexique. Avant son départ, elle avait promis de se donner à lui à son retour. Mais durant le séjour Mexicain, la 2ème Guerre Mondiale a explosé, prolongeant celui ci de 7 années supplémentaires.

Il y a donc 2 voyages dans le passé dans ce texte. L'aspect flash-back qui nous explique le pourquoi de ces retrouvailles sur un quai de gare. Puis le voyage dans le passé qu'effectue, au présent, les deux personnages, en sillonnant les lieux marquants de leur passion, certains ainsi qu'ils y remplongeraient, avant de dire : "tu te souviens".... Ce "tu te souviens" marque bien l'usure du temps. En neuf ans, tout change, en commençant par les cheveux qui grisonnent,

Maintenant, j'ai trouvé que ce court roman répétait un peu ce que j'ai déjà lu de l'auteur et la fin m'a semblait vraiment trop abrupte, comme si l'auteur avait oublié de conclure cette histoire.

Il n'en reste pas moins le plaisir de se laisser bercer par le style unique et gracieux de Stefan Zweig !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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