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Publié le 20 Décembre 2009

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/6/2/1/9782757800126.jpgNouvelles - Editions Points - 211 pages - 6.50 €

 

Note de l'éditeur : Un psychanalyste devient fou lorsque son patient le quitte ; un mari s'affuble de jupes pour séduire son beau-frère ; assis dans ses toilettes, un homme pense au temps qui manque toujours... Autant de nouvelles humaines et lumineuses, comme une invitation à ôter tous les masques, une promenade tendre et légère dans la folie ordinaire. 













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Mon humble avis :Je le savais déjà... Je n'aurais pas dû... Hum, j'avoue, je ne suis pas bon public pour le format "nouvelles". Mais j'ai voulu tenter au autre essai et surtout, approfondir l'oeuvre de Jean Paul Dubois après la lecture de l'excellentissime "Vous plaisantez Monsieur Tanner".
Ici, c'est un tout autre décors, ou plutôt 28 décors comme le nombre de nouvelles qui composent ce recueil. Histoires parfois très courtes (une page) ou un peu plus longues. De qualité inégale, elles oscillent entre pire et moins pire. Glauques, déviant parfois sur une sexualité malsaine, elles sont somme toutes assez sombres, limite déprimantes et rébarbatives. Le sujet : l'ennui, le temps qui passe, les relations homme/femme, le suicide, la tromperie, la vie qui ne tourne pas rond. Tout et rien en fait. Une salade décomposée. Il ne me reste qu'une impression de vide, de morosité et de non sens après avoir péniblement terminé ce livre. Je veux bien d'un univers maussade s'il y a de la beauté de sentiments ou matière à réflexion. Bref, un peu de noblesse. Mais là, ce n'est pas le cas. Ce livre ne m'a rien apporté, mis à part le sentiment de perdre mon temps, de lire des histoires inachevées... par manque d'inspiration ? Par manque d'intérêt ? Je ne sais pas... J'accepte même d'émettre l'hypothèse que je pourrais être coupable d'hermétisme buté face à ce livre dont le talent me serait passé complètement au dessus de la tête ! Tout de même... L'éditeur informe que "Vous aurez de mes nouvelles" a reçu le grand prix de l'humour noir en 1991. Hum, hum.... L'humour y est tellement bien dissimulé que je n'ai même pas trouvé le cynisme qui aurait pu provoquer chez moi rires ou sarcatisques sourires. Je n'ai pas ri noir, jaune à la limite devant mon peu d'en train à tourner les pages !


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Rédigé par Géraldine

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Publié le 13 Décembre 2009

Roman - Editions Points - 200 pages - 6 €

Résumé : Avant d'hériter de la maison familiale, Paul Tanner menait une existence paisible. Mais depuis qu'il a décidé de la restaurer, rien ne va plus! Maçons déments, couvreurs délinquants, électriciens fous, tous semblent s'être donné le mot pour lui rendre la vie impossible. Chronique d'un douloureux combat, galerie de portraits terriblement humains : le récit véridique d'un chantier infernal, coloré d'une bonne dose d'humour...noir ! 








                                
                                                              
                                        

Mon humble avis :Jubilatoire ! Hilarant ! 
Après mes deux précédentes lectures plutôt graves et sérieuses, un bon moment de détente s'imposait. Un peu de légèreté ne nuit pas dans ce triste monde ! Et dans ma bibliothèque côté PAL, Le Livre pour La circonstance, "Vous plaisantez Monsieur Tanner". Comme j'ai ri, au dépend bien sûr de ce pauvre Monsieur Tanner ! Celui-ci collectionne les catastrophes lors des travaux démentiels qu'il entreprend sur son héritage : une vieille demeure quasiment désaffectée. Le chantier tourne en enfer tant Monsieur Tanner a le chic pour s'entourer (à l'insu de son plein gré) de bras cassés, de guignols ou de roublards hors catégorie dans les artisans qu'il recrute. Du couvreur au poseur de moquette, il n'y en a pas un pour racheter l'autre ! Et chacun se retrouve alors héros malgré lui d'un ou plusieurs chapitres drôlissimes. Par respect et par énorme compassion pour la pauvre victime, on hésite entre la désespérance et le fou rire : entre soudeur qui oublie de souder, les inondations et l'électricien qui célèbre la messe entre deux interrupteurs, Tanner s'arrache les cheveux. Et le lecteur murmure : Une telle accumulation n'est pas possible, à moins de porter la poisse.... Et la poisse, Tanner en porte une sacrée benne car tout est vrai. ! Devinez qui se cache derrière Tanner ? L'auteur lui même par-dit ! Et oui, Jean Paul Dubois nous conte ici avec humilité, humour et autodérision ses moult déboires lors de la rénovation de sa maison : ou comment une aventure devient une mésaventure. Seule entorse à la réalité, le livre se déroule sur un an alors cette galère s'étala sur plusieurs années. L'écriture est directe, décapante, appropiée au sujet. Jean Paul Dubois dresse le portrait tantôt cynique, tantôt touchant de ses hommes qu'il a observés, subis ou appréciés malgré leurs maladresses ou leur mauvaise volonté flagrantes. L'Homme dans toute sa splendeur, oups dans tous ses travers ! Hum, hum. Certes, la corporation des artisans en prend pour son grade mais il semble que ce soit de bonne guerre. D'ailleurs, lorsque vous lirez ce livre, je suis sûre que vous vous retrouverez dans certaines situations. Si ce n'est pas encore le cas, vous n'aurez d'autre choix que d'y réfléchir à deux fois avant d'entreprendre des travaux dans votre home, sweet home ! En attendant, bonne lecture !


"Après plus d'un mois de chantier, je me retrouvais propriétaire d'une ruine"

"Souvent, je me suis posé la question de savoir s'il n'y avait pas quelque chose qui clochait chez moi. Il n'était pas normal d'attirer à ce point les ennuis et les canailles."

"N’importe qui doté d’un peu de raison aurait vu entre ces murs un paquebot de soucis, un porte-avions d’emmerdes."....
Voilà qui donne le ton !



                                                



L'avis de Reno, de Grominou, et Biblioblog

DAL PAL 86 - 10









                                                                                                         

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Décembre 2009

Roman - Editions Arléa - 90 pages - 13 €


Le mot de l'éditeur : Elle part. Elle fuit après avoir appris l'inacceptable.
Elle n'a pas peur, non, mais elle veut mettre de l'ordre dans sa vie.
C'est une lettre qu'elle choisit d'écrire, une seule lettre. Les mots coulent comme un torrent, emportant sur leur passage la vie d'avant, les secrets, les mensonges, les blessures non refermées.
Elle écrit et se délivre, fait place nette, se retrouve enfin et peut, apaisée, aller vers son destin.

Anne Révah a quarante et un ans. Elle vit à Paris. Manhattan est son premier roman.











                                      


Mon humble avis :  Une tâche à priori insignifiante, en forme de l'île de Manhattan, sur l'avant bras... Quelques examens médicaux et le couperet tombe : des tâches dans le cerveau, une très grave maladie. Dès lors, une seule issue s'impose à la narratrice. Fuir. Partir de chez elle, direction un hôtel parisien. Elle ne laisse même pas un mot qui rassurerait son mari et ses enfants. Puis,  le lendemain, au hasard des horaires de vols, elle décide de s'embarquer pour Madras. Sauf qu'au dernier moment, elle se ravise. Il lui reste à mettre de l'ordre dans sa vie, à avouer la mascarade que fut sa vie suite à une enfance bafouée. Elle écrit alors une lettre à sa mère qu'elle tient pour responsable de sa détresse, une lettre pour tourner la page. Elle s'enferme alors dans un appartement loué pour écrire cette lettre, cette lèvre qui doit la délivrer, lui permettre d'en finir.

Voici un magnifique premier roman. Bouleversant,  il m'a touchée en plein coeur et a trouvé une forte résonance en moi qui ai été récemment bousculée par une lourde maladie.  Ce livre est intimiste, il nous emmène très vite dans un tête à tête avec la narratrice. Au premier abord, sa réaction paraît égoïste et puis... Oui la maladie bouleverse les choses, l'idée de mort nécessite sûrement un ménage urgent de la vie. Même si celui ci est douloureux et déterre des secrets enfouis à jamais. Comme un tremblement de terre, le traumatisme de la maladie en réveille un plus ancien. Alors tout s'effondre : une vie bâti sur une ruine reste fragile. La narratrice s'est  construite sur l'horreur, sur une énorme dissimulation. Elle s'est inventé un personnage, elle s'est mariée, a eu des enfants, a réussi professionnellement. Aux yeux de tous, elle a mené une vie brillante. Mais elle portait un masque, le masque que la société attendait d'elle. Même envers sa famille, qu'elle aime sans plus. Maintenant que ce masque tombe, elle se sent vide et elle le dit.
Anne Revah nous écrit avec une sensibilité exacerbée les sentiments qui traversent la narratrice. Les réflexions sur le mensonge, la sensation de vacuité intérieure, la souffrance, les dégâts d'un traumatisme enfoui, le bouleversement de la maladie sont intelligemment introduites et menées. La double personnalité du personnage, celle qu'elle montre, celle qu'elle est réellement et le pourquoi de cela sont décrits et expliqués avec beaucoup de justesse. L'écriture est, limpide et fluide, presque distante. Elle ne s'immisce pas entre le lecteur et l'émotion. De très belles phrases m'ont fait mettre de nombreuses croix dans la marge. Manhattan est un livre poignant et subtil, émouvant sans être larmoyant. Et son auteur, Anne Révah, est à suivre assurément.


"Ce que j'ai construit était impeccable, un empaquetage pour me cacher. Il a fallu convaincre, me convaincre, j'y suis parvenue. J'ai pris la pose.... Je me suis déguisée. Les autres n'ont que peu compté dans l'affaire.... je me suis imposée à eux pour ne pas tomber dans le vide offensif en mon creux... Je me suis attachée à aménager une sorte de paroi. On en verrait pas derrière cette paroi. La façade était enviable, assurément efficace. Je m'installais sous le regard des autres. Mon aisance n'était pas feinte, elle était magistralement accomplie.....Le théâtre était impeccable, convaincant, vous y avez tous cru.... J'ai seulement réussi à arborer un mirage de moi même."

Les avis de
Leiloona , de Karine ; d'Antigone, d'Hélène et de Sylire


Merci à Anne Révah

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 30 Novembre 2009

Roman - éditions Acte Sud -  204 pages - 6,18 € en poche.

Résumé : Récit fabuleux inspiré des tragédies grecques et de légendes africaines, La Mort du roi Tsongor plante son fascinant décor au cœur d'une Afrique ancestrale. L'histoire ? Le vieux roi Tsongor, qui a depuis longtemps fait taire ses instincts guerriers, marie sa fille Samilia au fortuné prince Kouame. Mais voilà qu'un deuxième prétendant s'interpose, auquel Samilia avait jadis promis sa main. Tsongor refuse de choisir entre les deux hommes. Il se donne la mort avec l'aide de son serviteur. Une guerre sanguinaire éclate alors entre les deux parties. Le jeune dramaturge Laurent Gaudé quitte la scène le temps d'un très beau roman, où l'imaginaire romanesque embrasse les grands thèmes de la tragédie classique tels que l'héroïsme, la vengeance, la honte et le pardon. Un livre flamboyant.


Pour l'avis des ados, j'embauche mes nièces. C'est donc Iris qui a lu ce roman.






L'avis d'Iris (15 ans) :Ce livre raconte le division d'une fratrie pendant l'antiquité, après la mort de leur père, le roi Tsongor. La raison de cette querelle est le mariage de leur soeur Samilia car le jour de ses noces, un deuxième prétendants arrive.
Une longue Guerre éclate entre  les deux hommes. Les fils et la fille de Tsongor se répartissent alors dans les deux camps. Soumba le plus jeune enfant du roi défunt, quant à lui, est parti pour remplir sa mission...
C'est un livre rapportant les grand mythes gréco-latin, tel que celui des enfers ou des amazones.
J'ai apprécié ce livre par son originalité notamment celle du thème, et sa fin  énigmatique qui ouvre la porte à l'imagination de chacun.
Ce livre a reçu le prix Goncourt des Lycéens en 2002.
 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 11 Novembre 2009

Lettres - Plon Editions - 222 pages - 16 €

Rentrée littéraire 2009

Le mot de l'éditeur : A l'heure d'internet et des textos, Françoise Dorin résiste encore et toujours à l'envahisseur technologique et ne cesse d'écrire... des lettres.
A une amoureuse du 3e âge à qui elle donne des recettes...
A «l'abominable femme du mois d'août», qui nous agace toutes avec ses défilés de mode sur la plage...
A «l'obsédée des calories», beaucoup plus charmante avec quelques centaines de grammes en plus !
A une adorable Gramy torturée par sa petite-fille bien de son temps...
A son nombril, à son carnet d'adresses, à sa muse, aux «étoiles filantes» de la télévision, à l'autre face d'elle-même, sa moitié grognon qu'elle appelle «Paule Nord»...
Ses engueulades, son affection, son admiration, ses agacements, ses encouragements, sa compassion, Françoise Dorin nous les envoie aujourd'hui.



                                   

Mon humble avis : A n'en point douter, ce livre épistolaire a été écrit avec le sourire... pour en provoquer autant chez le lecteur ! Je me suis sincèrement régalée à la lecture de ces lettres singulières, toutes plus touchantes, affectueuses, drôles, malicieuses, ironiques ou réalistes les unes que les autres. Qu'elles soient légères ou plus graves, ces correspondances unilatérales comportent une bonne dose d'humour et d'autodérision. Ce sont là les meilleurs moyens pour captiver un lecteur, lui adresser certains messages, l'amener à réfléchir  sans le barber du tout. Françoise Dorin l'a bien compris, qui atteint sa cible avec tant de finesse et de fraîcheur. Je ne compte pas les bons mots, les expressions rigolotes, et les phrases a retenir, tant elles sont vraies ou cocasses. L'écriture est très élégante, soignée, presque désuète par moment car forcément, on en vient à penser : mais depuis combien de temps n'ai-je pas pris un stylo plume et un auguste papier à lettre pour écrire à un être cher... Cela pourrait ce compter en années...
Qu'évoquent ces missives me direz vous ? En autre, l'évolution de la société, les rapports d'un auteur avec sa création, l'optimisme, le pessimisme, la vanité, la chance, l'admiration Victor Hugo, etc... Françoise Dorin s'adresse ainsi à son bureau, à son nombril, à son carnet d'adresse, à son voisin, à l'autre partie d'elle même, aux répondeurs téléphoniques, à son QI,  aux hommes de maintenant... j'en passe et des meilleurs. Je vous assure, l'ensemble et le détail sont on ne peut plus savoureux. D'ailleurs, il est difficile de sélectionner quelques extraits sans passer à côté d'autres perles. Dans l'idéal, pour vous montrer à quel point j'ai aimé ce livre, il faudrait que je le cite en entier. Vous l'aurez compris, il ne vous reste plus qu'à le lire ! 


" Pour moi, la feuille blanche constitue l'interlocuteur idéal : elle ne m'interrompt pas, me répond toujours ce que j'ai envie d'entendre, me croit sur parole et ne répète que ce que je veux qui soit su"
 
Dans lettre à mon carnet d'adresse : un survivant
" Il m'est venu l'idée de créer, parallèlement aux faire-part de naissance, de mariage ou de décès, "un faire-part de part de présence" qui indiquerait à notre entourage plus ou moins lointain que nous sommes encore là et que nous pouvons recevoir du courrier, toujours à la même adresse, et des appels téléphoniques au même numéro."

" Nous suscitons en société beaucoup plus d'intérêt, de compassion et de rigolade avec le récit de nos emmerdes qu'avec celui de nos réussites et de nos joies".

" On ne devient pas forcément le héros que l'on a souhaité être. Pas d'avantage le raté que l'on a craint de devenir. Parfois, on rêve au-dessus de ses moyens. Parfois au-dessous. Parfois, on est le gagnant d'un grand concours de circonstances. Parfois le perdant. Parfois, on est un mauvais gagnant. Et un bon perdant."

                                                                       
                                                                     

Merci à Gilles Paris pour cette délicieuse lecture !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Novembre 2009

Roman - JC Lattes éditions - 300 pages - 17 €

Rentrée littéraire 2009

Résumé : Il est des personnages de roman qui nous marquent, que l'on ne peut pas oublier. Mathilde est l'un d'eux. On suit avec effroi sa descente aux enfers. Harcelée moralement par son supérieur hierarchique sous couvert de l'indifférence, elle est peu à peu exclue de son équipe, de son poste, du système, jusqu'à être reléguée dans une sorte de bureau cagibi. Mathilde résiste mais jusqu'à quand ? Mathilde n'en peut plus. Thibault, médecin des Urgences Parisiennes, est tout aussi usé qu'elle. Séparé de son indolente compagne, il est seul et soigne tant bien que mal la solitude de ses patients.
Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Autour d'eux, la ville se presse, se tend, jamais ne s'arrête. Autour d'eux s'agite un monde privé de douceur.
Au coeur d'une ville sans cesse en mouvement, multipliée, où l'on risque de se perdre sans aucun bruit.




                               




Mon humble avis :
On lit ce roman la gorge nouée, les points serrés et la rage au ventre. Et l'on en sort ébranlé. L'une atmosphère dure, très triste et maussade est rendue par une écriture directe, implacable, des phrases courtes qui ont la force d'un coup de poing pour dénoncer le monde impitoyable du travail, de la rentabilité à tout prix... Aucune concession, pas de romanesque feint pour plaire au lecteur. Du réalisme à l'état brut.
Delphine de Vigan nous renvoie en plein visage les travers de notre société égocentrique que nous feignons d'ignorer, ou devant lesquels nous baissons les yeux pour ne pas les affronter : l'enfer du quotidien répétitif, la machine à compression qu'est le monde du travail, et surtout "l'ultra moderne solitude" (cf Alain Souchon) dans ces villes où l'on croise sans rencontrer, où l'on vit seul parmi des millions de gens. Avec un talent admirable et discret à la fois, Delphine de Vigan ose nous parler, avec "Les heures souterraines", d'une violence qui nous touche tous plus ou moins, une violence silencieuse mais ô combien dévastatrice : l'indifférence, le silence lui même et l'ignorance.
Avec Mathilde, on voudrait crier à l'aide, à l'injustice. Et pourtant, Mathilde ne crie pas, elle ne peut plus crier, le mal la ronge de l'intérieur depuis trop longtemps. On la regarde s'effondrer, comme engloutie dans du sable mouvant. Chaque mouvement qu'elle fait l'enfonce un peu plus. Elle diminue aux yeux des autres jusqu'à devenir invisible. On reste là, paralysé, pétrifié d'effroi, et ne savoir quoi lui conseiller, comment la réconforter. Elle est prise dans une spirale infernale. Son histoire nous glace le sang, car il pourrait s'agir de nous. D'ailleurs, il s'est agit de moi à une époque (toutes proportions gardées). Quant à Thibaut, il se sent broyé et englouti par la ville, par l'inhumain de l'humanité, par la solitude. Et en Thibaut aussi l' on peut se reconnaître. Qui ne s'est jamais senti usé, fatigué et isolé devant le ryhtme incessant d'une grande ville. Les heures souterraines nous conduisent à une grande empathie envers ces personnages. D'ailleurs, à travers eux, Delphine de Vigan nous amène à nous poser certaines questions : Est on maître de notre destin ? Il semble que non, il semble que oui. Saisissons nous toutes les mains tendues, reconnaissons nous l'autre, celui qui nous ressemble ? Saurions nous prêt à tendre la main en pareil cas et à se mettre du mauvais camp ? Ne passons nous pas à côté de notre vie par peur de quoi... du ridicule ? Par peur d'être rejeté ? Par peur de perdre ce que l'on a, ce que l'on est et qu'on a eu tant de mal à devenir ?

Toutes des questions, Delphine de Vigan y apporte quelques éléments de réponse dans ce roman si fort, si juste, si touchant et subtile. Si actuel aussi. Les reportages et les informations ne nous informent ils pas des conséquences malheureuses et de plus en récurrentes du mal être au travail ? Je l'avoue, j'ai souvent trouvé dans le ressenti des Mathilde et de Thibaut l'écho de mes souffrances dues à la maladie et ma solitude involontaire. Merci, merci et bravo à Delphine de Vigan d'avoir su mettre des mots si appropriés et délicats sur les maux du siècles, sur ce qui ronge nombre d'entre nous de l'intérieur.


"Peut on à ce point être aveugle au désespoir de l'autre ?"

"Sa vie est au coeur de la ville. Et la ville, de son fracas, couvre les plaintes et les murmures, dissimule son indigence, exhibe ses poubelles et ses opulences, sans cesse augmente sa vitesse".

" Il regarde la ville, cette superposition de mouvements. Ce territoire infini d'intersections ou l'on ne se rencontre pas"

" Dans la vraie vie, les gens désespérés se croisent, s'effleurent, se percutent. Et souvent, ils se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants."

"Mais il arrive un moment où le prix est devenu trop élevé. Dépasse les ressources. Où il faut accepter de sortir du jeu, accepter d'avoir perdu. Il arrive un moment où l'on ne peut pas se baisser plus bas."

" Je crois que c'est votre capacité à résister qui vous désigne comme cible."


Du même auteur sur ce blog : No et moi


Les avis de Celsmoon; Edelwe



Je remercie alapage.com et Sabrina pour cette lecture !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 4 Novembre 2009

Roman - Editions Robert Laffont - 329 pages - 19 €

Rentrée Littéraire 2009

Le mot de l'éditeur : Hormis son job de présentatrice à la télévision, Manon a mis des barricades autour de tous ses rêves, fuyant une enfance dévastée par un père terrorisant et une mère terrorisée. Elle tient à distance l'amour, ce qui lui reste de famille, les souvenirs, et comme ça elle se croit heureuse, protégée par ses deux mères de substitution, Vic et Armelle, un couple aussi haut en couleur qu'attachant. Et puis arrive ce soir où, rentrant tranquillement chez elle, Manon trouve devant sa porte un tout petit garçon apeuré tandis que, sur son portable, une voix inconnue, masculine, la supplie : " Sauvez-le ! "... avant de raccrocher brutalement. Elle n'en a aucune envie. Mais l'enfant lève les yeux sur elle : ces yeux, d'un bleu rarissime, unique, ce sont ceux de sa propre soeur, il n'y a pas l'ombre d'un doute. Or cette dernière est morte quatre ans plus tôt dans un incendie, après avoir définitivement coupé les ponts avec Manon et leurs parents. Dès lors, Manon n'a plus le choix : cet enfant tombé du ciel comme un cadeau empoisonné va l'obliger à rouvrir les plaies du passé, à affronter tout ce qu'elle s'est évertuée à oblitérer pendant tant d'années. Et surtout à enquêter sur ce qui est réellement arrivé à sa soeur quatre ans plus tôt, devenant à son tour une cible de choix pour les responsables de cette mort tragique maquillée en accident. Heureusement, Manon n'est pas seule dans cette redoutable quête, dont l'amour va bientôt se mêler sous les traits de l'irrésistible Juan, baroudeur au grand coeur...



                                                      

Mon humble avis :  Jeune animatrice télé, Manon trouve un petit garçon abandonné devant sa porte. Il s'agirait du fils de sa soeur, décédée mystérieusement 4 ans plus tôt en Sicile. L'est il vraiment ? Pourquoi 4 ans après ? Pourquoi est il en danger ? Voilà beaucoup de question pour la jeune Manon. Elle sera aidée dans sa quête par ses amis : Vic et Armelle (ces anges gardiens), Maï, leur protégé Indonésien, Marc (ex de Manon et avocat) et enfin Juan (le charismatique enquêteur pour assurances).
C'est une sympathique histoire que nous livre ici la célèbre romancière Janine Boissard. C'est inéluctable, nous voici arrimés au destin peu ordinaire de Mano. Toutes les questions que l'on se pose à son sujet nous font garder le livre en mains. Les personnages, tous plus attachants les uns que les autres, riches en couleurs et forts en caractères assurent de la bonne humeur dans ce roman d'apparence légère... En apparence oui, car en profondeur, l'auteure étudie la force des relations fraternelles et les dégâts causés par une éducation tyrannique et injuste. Le style est limpide et le ton intimiste. En effet, dès les premières pages écrites à la première personne du singulier, le lecteur est chaleureusement invité dans cette histoire et dans ses dialogues. On a l'impression d'y être et de compter parmi les amis de Manon. Et avec elle, nous allons de rebondissement en rebondissement.
"Loup y es tu" renferme donc de belles qualités, mais aussi, hélas, certains défauts à mes yeux : quelques incohérences ou invraisemblances, un élément (pour moi majeur) qui ne s'explique pas et qui n'est même pas évoqué... peut-être ai-je mal lu certains passages... Enfin, mon dernier reproche concerne une romance un peu trop fleur bleue et qui s'installe un peu trop vite à mon goût. La vraie vie se passe hélas rarement ainsi ! Mais nous sommes ici dans un roman alors pourquoi pas, surtout que ce livre remplit parfaitement sa mission première : divertir.

 

 

Je remercie une nouvelle fois Gilles Paris pour cette lecture !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 20 Octobre 2009

Roman jeunesse - Pocket Junior - 262 pages -


Résumé : Dans la Hollande du XIXème siècle, deux enfants à la poursuite de fabuleux patins. Réédition très attendue d’un best-seller international, texte intégral annoté par des enseignants. À partir de 11 ans.
À l’origine, en 1865, l’auteur des Patins d’argent est Mary Dodge, une jeune américaine spécialiste des magazines pour l’enfance aux Etats-Unis. La version donnée par Pocket Junior est celle de P.J. Stahl, traducteur adaptateur, pseudonyme derrière lequel se cache le plus grand éditeur du XIXème : Hetzel



Pour la littérature jeunesse et l'avis des ados, je fais appel à mes nièces.




L'avis de Camélia, 13 ans : Hans et Gretel Brinker sont frère et soeur. Ils vivent en Hollande au XIXème siècle. Pauvres, ils vivent seul avec leur mère, leur Père étant malade depuis 10 ans. Le plus grand rêve de Gretel est d'avoir un jour de beau patin afin de remplacer les siens que son frère lui a fait tout en bois ne pouvant lui en offrir des vrais. Un jour, Hans rencontre sur le canal le plus célèbre docteur d'Amsterdam qui guérira son père. Ce dernier permet à la famille brinker de retrouver la richesse en dévoilant l'emplacement de l'argent qu'il avait caché avant l'accident fatal qui lui fit perdre la mémoire.
Grace à son frère qui lui offre de vrais patins Gretel participe à une course sur le canal gelé. Le vainqueur remportera une merveilleuse  paire de patins d'argents. La fillette sort victorieuse du concours. Monsieur Brinker, ayant recouvrer la mémoire permet au docteur de retrouver son fils perdu il y a bien longtemps.
 
Cette roman m'a plu mais l'histoire est longue et très détaillée. Ce livre permet de découvrir l'univers qu'est la Hollande et de comprendre les problèmes auxquels le pays devait faire face à cette époque.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 18 Octobre 2009

Roman - Editions Yago - 247 pages - 18 €

Rentrée littéraire


Résumé : Un coup de foudre, et commence la plus vieille histoire du monde. Entre Alicia et Joris, c'est d'emblée l'amour fou, absolu, évident. Mais Joris est marié... Se noue alors une relation difficile mais passionnante, faite d'avances timides et de ruades d'impatience, ponctuée de mensonges inévitables. Mais faut-il consentir à la dissimulation ? Ce roman aux scansions poétiques et aux dialogues incisifs, met à nu les joies et les blessures de l'amour adultère avec un talent d'orfèvre.
















 

                                        
Mon humble avis :Voici un très beau roman, inhabituel dans mes lectures, puisqu'il s'agit ici du récit d'un adultère. Alicia, qui s'était promis de ne jamais briser un couple, entame une relation avec Joris qui lui cache son mariage dans un premier temps. La passion s'enflamme et l'attente ne fait que commencer. Alicia attend que Joris quitte sa femme comme il le lui promet. Cette expectative va durer tout au long du roman, entrecoupée d'incessants " Je t'aime moi non plus". Vous me direz, n'est- ce pas hardi de décliner ce sujet sur plusieurs centaines de page ? Si, ça l'est, indubitablement. Au début, j'ai craint de me lasser, voire de m'ennuyer. Et bien non, car cette histoire adultérine est admirablement bien traitée et analysée. L'auteur écrit avec un réalisme saisissant. Et pour cela, la répétition des promesses déçues étaient incontournables, car nul ne doute que cela se passe ainsi dans la vie. On aime passionnément avec Alicia, on espère, on souffre, on jalouse, on croit, on doute, on enrage, on déteste pour ne plus aimer. Certes, on ressent souvent l'envie de saisir Alicia et de la secouer comme un prunier pour lui dire : "Hé, réveille toi ma fille, cet homme se paie ta tête depuis le début". Mais pourtant, on replonge avec elle. Car quiconque a déjà aimé sait que l'on ne sort ni facilement, ni indemne d'une passion aussi obsessionnelle. Les conséquences dévastatrices d'une telle relation sont mises en scène et en mots avec brio. L'écriture est soignée, minutieuse, habillée d'envolées lyriques et poétiques. Oui, ce livre est aussi un hymne à l'amour, même si celui ci est défendu. Les personnes en manque d'idées pour écrire une lettre enflammée à leur dulciné(e) trouveront ici une source d'inspiration d'une émouvante valeur.
Je me suis souvent identifiée à l'héroïne dans ses élans comme dans ces désespérances. En toute immoralité, j'ai plus d'une fois pensé qu'il valait mieux avoir un amant qu'être la maîtresse. Car celui qui "a" semble plus souvent maître du jeu que celui qui "est".
J'ai aussi perçu dans ce récit comme un tango entre la lâcheté des hommes et la bêtise des femmes. Ma remarque est elle sexiste ? Sans doute, je me demande comment aurait évolué l'histoire si Alicia avait été un homme. Il faudrait poser la question à l'auteur ! Ca me donne une idée... A suivre !


" Si vous voulez vous débarasser de votre maîtresse, épousez la."


Je remercie
Gilles Paris pour cette agréable lecture.



                                                                            

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 10 Octobre 2009

Roman - Albin Michel - 131 pages - 15 €

Rentrée littéraire 2009

Résumé : « Il n’y a pas d’échec amoureux. »Amélie Nothomb
Amélie poursuit avec humour et auto-dérision l’inventaire des personnages « extraordinaires » qui hantent ses romans.






                                                                   
                                      

Mon humble avis : Un homme est dans un aéroport. Il s'apprête à monter dans un avion qu'il prévoit de détourner et de mener au crash. Quelle tragédie amoureuse lui a inspiré un tel acte ? C'est par écrit qu'il se confesse...
Dès les premières pages, il n'y a pas de doute, nous y sommes. Où ça ? Mais dans un roman d'Amélie Nothomb pardi ! Oui, tout y est... L'univers clos et décalé de quelques personnages. L'absurde qui devient possible. L'humour qui s'entremêle avec le cynisme et la cruauté. Les mots si insolites qu'ils vous font utiliser avec jouissance votre dictionnaire. Des prénoms improbables qui nous étonnent et nous amusent toujours - ici Zoïle et Astrolabe, mais où va-t-elle chercher tout cela ??- Et bien sûr, une bonne dose d'autodérision - Nothomb ne se moque-t'elle pas des ces éditeurs qui placardent la photo des auteurs en pleine couverture ?!!! Enfin, il n'y a que notre auteur belge préférée pour oser user d'une "madame pipi d'aéroport" comme d'un argument.
Une fois de plus, Amélie Nothomb nous captive par l'atypie de son histoire et l'anormalité de ses personnages qui ne connaissent pas de limite dans l'excentricité. Le génie de l'auteur est là : d'un personnage banal éprouvant un sentiment commun, elle fait du fantaisiste et de l'extraordinaire, au sens littéral du terme. Et, c'est en exagérant les travers de ces personnages qu'Amélie Nothomb dresse à nouveau un portrait pragmatique du genre humain et de son immoralité. Voilà pour le fond...
Pour la forme, je dirais que l'écriture est, comme d'habitude, ciselée. Le style est clair et  efficace. Amélie Nothomb va droit au but et ne nous encombre pas de détails inutiles dans le seul objectif d'écrire un pavé pour coller à l'époque. Ses livres ne sont jamais épais. Mais celui ci aurait gagné en qualité avec quelques pages supplémentaires. Certaines réflexions auraient mérité plus de développement. Et, une fois de plus, j'ai trouvé la fin un peu expédiée... Amélie, pour être complètement à ma cause acquise - vous n'en êtes pas loin d'ailleurs- s'il vous plaît, soigner un brin plus vos chutes !
Vous l'aurez compris, j'ai bien aimé ce livre, j'y ai trouvé mes repères... et ce que je cherchais, ni plus, ni moins.

Morceaux choisis :

" A quinze ans, il y a une ardeur de l'intelligence qu'il importe d'attraper : comme certaines comètes, elle ne repassera plus".

"On en veut jamais autant aux gens que quand ils n'y sont pour rien".

"On est vraiment indulgent que quand on est amoureux fou ; dès qu'on aime moins, la vacherie naturelle reprend le dessus".


Je remercie 
 de m'avoir permis de découvrir Le Nothomb de l'année en temps réel, et non un an et demi après dans son format poche !

 Les avis de :
 Bibliza (pas aimé) , de Cuné  (a aimé), d'Albertine (mitigé)


Ce blog a décidé de s'associer à un projet ambitieux : chroniquer l'ensemble des 659 livres de la rentrée littéraire ! 
Vous retrouverez donc aussi cette chronique sur le site Chroniques de la rentrée littéraire qui regroupe l'ensemble des chroniques réalisées dans le cadre de l'opération. Pour en savoir plus c'est ici.



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Rédigé par Géraldine

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