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Publié le 15 Juin 2012

Roman - Editions Flammarion - 336 pages - 19.90 €

 

 

Parution : 16 mai 2012

 

 

 L'histoire : Noam n'a pas 5 ans lorsque sa mère est renversée par une voiture, devant lui qui courrait pour traverser le passage piéton. Un témoin dira "C'est la faute de l'enfant".

Cette culpabilité rongera l'enfant, l'ado et l'adulte qui, même s'il réussit sa vie professionnelle, lutte contre les cauchemars et son obsession de la mort, ne s'attache à personne, ou presque. Une vie sans but, sans sens, vécu ou plutôt subie au jour le jour

Jusqu'au jour où sa petite nièce lui glisse à l'oreille qu'il mourra du coeur en même temps que 5 autres personnes. Aidé de sa psychothérapeute et d'autres personnages qui feront leur entrée dans cette histoire, Noam se lance à coeur perdu dans une quête qui le mènera à Jérusalem, en Hongrie, aux Pays Bas... Pour trouver une réponse qui était si près...

 

 

 

 

 

Tentation : L'auteur of course

Fournisseur : Gilles Paris et Flammarion, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Pas si simple que cela. Le pitch, la quatrième de couv et les hautes études que j'ai faites sur l'auteur (3 livres lus et 3 interviews), m'ont incitée à réserver ce livre pour mes vacances, me persuadant que ce serait la période idéale pour me glisser dans ces pages. Vacances, oui, mais tout dépend du style de vacances. Et là, je plaide coupable, j'ai réalisé qu'une croisière en catamaran aux Seychelles ne s'accordait pas du tout avec la lecture. De ce fait, je n'ai lu "Si tu existes ailleurs" qu'en dilettante, 10 pages par ici, 5 pages par là et n'ai pu alors en apprécier la substantifique moelle à sa juste valeur. Dans le train, dans le bus, dans l'avion ou sur le bateau, me manquait toujours le crayon à papier pour apporter mes petites croix dans la marge, ces croix qui me permettent de revenir sur les passages que je juge essentiel dans un livre. L'auteur m'excusera, car en contre partie, je lui ramène une bonne vingtaine de photos de son livre prises sur les plus belles plages du monde !

Toujours est il que sous une couv et un ptich d'apparence plutôt légère (que l'on peut trouver dans le livre si on le souhaite), se cache un livre profond qui amène le lecteur à de multiples réflexions sur sa façon de penser sa vie, de la mener aussi et surtout, d'appréhender la mort. Pour cela, l'auteur a recourt à différentes philosophies, croyances, religions, méthodes thérapeutiques officielles ou... parallèles. Des explications très enrichissantes mais jamais envahissantes sont données sur tout ceci. Et c'est là que je pêche, car passionnée par tous ces domaines, mon dilettantisme exceptionnel ne m'a pas permis de suivre correctement la cohérence et l'évolution du parcours de Noam.

C'est donc un livre à emporter en vacances, oui, mais en prévoyant le lire quasiment d'une traite !

Bien sûr, le personnage de Noam m'a touchée car il me ressemble. Heu non, c'est moi qui me trouve des similitudes en lui. Il a 35 ans, ne s'est remis ni d'un grave accident ni d'une rupture amoureuse, il travaille mais sa vie sentimentale, voire relationnelle se révèle désertique... Sans compter son obsession et sa peur viscérale de la mort. C'est à peu près tout moi sauf que j'ai 5 ans de plus et qu'à priori, je crains plus la souffrance que la mort (je parle par expérience de la première). Il s'agit d'être à un carrefour de sa vie, et de devoir prendre une nouvelle direction sans se renier afin d'accepter de vivre et d'aimer pleinement, sans peur et "sans reproche"

Thierry Cohen nous emmène donc dans une quête qui se déroulera dans une Jérusalem merveilleusement décrite, dans une famille hongroise où l'amour domine et à Amsterdam où... Mysticisme, logique, manipulation, où se trouve la vérité quand tout semble dépasser la raison ?

La romance est secondaire dans ce roman dont la question principale est presque : voudrions nous connaitre notre heure, et que ferions nous si nous la connaissions. Question presque aussi bateau que "Et si je gagnais au loto", sauf que Noam est véritablement confronté à cette situation et que cela change tout. Surtout que la prophétie de sa nièce lui annonce cinq morts simultanées, et qu'une jeune autiste désignera ces personnes... que Noam ira rencontrer. Le temps pressera-t-il ou pas ? Réponse en fin du livre !

On retrouve le sujet fétiche que l'auteur décline au fil de ces romans avec un certain degré de mysticisme. L'Amour. Universel, personnel, conjugal, filial, parental, amical. L'Amour comme solution. L'Amour comme évidence nécessaire.

Si tu existes ailleurs.... n'a pas bénéficié de ma concentration. Néanmoins, pour être honnête, je dirais qu'une lecture plus suivie m'aurait tout de même fait préférer les 3 premiers romans de Thierry Cohen.

 

 

 

TC Félicité 1

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 11 Juin 2012

Roman - Folio Editions - 111 pages - 4.60 €

 

 

Parution sous format poche : Décembre 2002

 

 

  L'histoire : Le narrateur est l'homme. L'homme qui sombre. Qui fait naufrage et qui dit pourquoi. Il le dit à sa fille d'à peine deux ans. Il lui explique la mort de sa mère, son travail, le monde, la société. Non, vraiment il n'en peut plus. Il a baissé le bras. Et si la lueur venait de l'inattendu ?

 

 

 

 

Tentation : Le sujet et l'auteur

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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Mon humble avis : Non, ce n'est pas un énième livre sur la dépression. Comme il y a 10 000 raisons de tomber en dépression, il y a moult façons de la vivre et d'y survivre et donc autant de manières de traiter le sujet. Philippe Claudel a choisi une version aussi bien intérieure qu'extérieure, presque factuelle et surtout le moment fatidique de l'abandon : plus envie de se battre. Le narrateur explique les raisons qui lui font baisser les bras, mais ne détaille pas la douleur. Il constate ce qui le rend étranger à lui même et aux autres. Comme s'il laissait au lecteur le soin de l'interpréter, de la ressentir, de l'imaginer en fonction de son être profond. D'ailleurs, il me semble qu'aucun personnage n'est prénommé dans le texte, ce qui permet à chacun de se l'approprier où d'y voir qui il veut.

Notre homme subit la vie comme un rouleau compresseur. Sa femme est décédée d'un accident de voiture, lui laissant leur fillette encore bébé à élever. L'extérieur l'agresse, que ce soit la vulgarité gratuite de notre société, la bêtise humaine, l'indifférence, et pire que tout la haine qui semble le caractère le plus naturel de l'Homme. Et son travail... Il supporte toute la sainte journée un collègue que l'on pourrait qualifier de bourrin. A eux deux, ils sont des hyennes. A l'hopital, lors d'un accident mortel ou d'un décès, ils appellent la famille. Leur rôle, par un procédé bien rodé : pousser la famille dans la douleur de la nouvelle a accepter le don d'organe. "Nous sommes là pour prendre aux morts et donner aux vivants" Notre narrateur est donc chaque jour en contact avec la mort. Pas de mort, pas de travail... Concept pas facile à vivre, surtout quand son collègue bâcle la mission pour aller supporter, en déguisement de supporter de foot, le PSG lors d'un match.

C'est un texte aussi violent que doux. Violent car presque froid dans ce constat incompris. J'ai lu sur certain blog que le narrateur était psychotique. Je ne le crois pas. Il est bien conscient de ce qu'il vit, il cherche juste une branche à laquelle se retenir.

Et doux car l'homme parle à sa fille, lui parle de ses caresses, de ses nuits de veille quand elle est malade, de ses premiers mots, de ses cuisses potelées, de ses rires. Mais elle est tellement trop jeune pour l'aider.

Cette confession se déroule presque en temps réel, même si l'esprit du narrateur voyage entre son appartement, un couloir de métro ou un bar pour revenir dans "le confessionnal". Où pendant 3 heures, son collègue et lui tentent de conduire "une cliente" effondrée par la mort de sa fille d'accepter le don d'organe. Notre narrateur sort du protocole, lâche prise, pète les plombs et alors, peut-être trouvera-t-il la main qui le relèvera.

Tout est dit avec un ton extrêmement juste. Mon seul bémol irait au personnage de la babysitter que je trouve bien trop déjanté et peu crédible. Car si j'étais parent, même usée jusqu'à la corde, je crois que jamais je ne confierais mon enfant à une fille aussi vulgaire, disjonctée, très peu clean et pas concernée du tout par son rôle.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 7 Juin 2012

Roman- Editions Livre de Poche - 272 pages - 6.50 €

 

 

Parution en poche en avril 2009

 

 

L'histoire : Mercredi 23 mai, Justine reçoit un appel. Malcom, son fils de 13 ans est à l'hôpital, dans le coma. Sur un passage piéton, il a été fauché par une voiture qui ne s'est pas arrêtée. Des témoins ont relevé une plaque d'immatriculation incomplète.... Alors que le coma de Malcom se prolonge, Justine n'a plus qu'une idée en tête.... Retrouver celle qui a fait ça (un témoin : elle avait les cheveux blonds) et comprendre pourquoi, pourquoi et comment elle a pu ne pas s'arrêter...

 

 

 

Tentation : L'auteur + ma PAL

Fournisseur : Ma PAL !!!

 

 

 

 

 

 

 

  

 

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Mon humble avis : Et bien il est mitigé. Bien sûr, le sujet est prenant et révoltant. La lâcheté des uns, la douleur d'une mère atteinte dans la propre chair par l'intermédiaire de son adolescent de fils, plongé sans un profond coma.

La souffrance de la mère, Justine est extrêmement bien décrite, tout comme celle de son mari, Andrew et la différence dans laquelle celles ci s'expriment, créant un espace de plus en plus béant entre eux. Chacun s'enferme dans son cauchemar qui est pourtant commun à l'autre. Et puis il y a l'entourage aussi... Celui qui réagit "comme il faut", et l'autre qui baisse les yeux pour ne pas affronter la détresse des blessés. Il y a la vie quotidienne, professionnelle qui prend tantôt l'aspect d'un refuge, tantôt celui d'un envahissement secondaire.

J'ai apprécié aussi la double nationalité francobritanique de cette famille, qui amène de l'espace, une autre langue pour dire l'indicible et qui explique encore un peu plus la disparité des réactions. Et puis cela donne quelques expressions anglaises bien placées (et dieu sait que cette langue m'est savoureuse) et des traductions de chanson que l'on fredonne souvent phonétiquement. Enfin, le personnage de la belle mère Anglaise m'a bien plu.

Pour l'instant, j'encense.... Alors... Alors voilà, c'est la mère, Justine, qui m'a agacée. Ses plaintes, ses doutes, ses révoltes, ses questions, même si légitimes, sont bien trop récurrentes dans le roman que j'ai donc trouvé très redondant dans son ensemble. Son lymphatisme a lâché mon intérêt. Non que je ne le comprenne pas, non que je le juge (toujours l'éternelle question de qu'aurais-je fait à sa place).... Mais la quatrième de couv, décidément souvent coupable m'annonçait "Seule contre tous ou presque, Justine veut découvrir la vérité, jusqu'au bout et à n'importe quel prix"..."Tatiana de Rosnay entraîne son lecteur dans un étourdissant suspens psychologique...". Et bien tout cela, je ne l'ai pas vu, pas ressenti, ce qui fait que je suis un peu restée extérieure à cette histoire, même si, évidemment, je n'étais pas insensible à la fin que l'auteur allait me proposer. D'ailleurs, là aussi... Il y a un coup de théâtre... Je l'ai vu tout de suite, ses conséquences me sont apparues clairement en une seconde, bien avant que les protagonistes ne saisissent l'ampleur de ce qui se passe devant eux. Cela n'ôte rien à l'horreur de la situation, mais cela n'a pas apporté pas beaucoup de frémissements à la lectrice que j'étais et qui reste partagée par cette sensation d'impatience, d'ennui malgré toutes les qualités que ce roman renferme.

Tatiana de Rosnay a fait bien mieux et refera bien mieux, j'en suis sûre. 

 

L'avis d'Esmeraldae, de Stéphie, de Lasardine

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 29 Mai 2012

Roman - Editions Pocket - 292 pages - 7 €

 

 

Parution en pocket en mai 2011

 

 

4ème de couv : Et si l'adulte que vous êtes devenu rencontrait l'enfant que vous étiez ? Enfant, il vole les ombres de ceux qu'il croise... et chacune de ces ombres lui confie un secret. Malgré lui, il entend les rêves, les espoirs et les chagrins de deux qu'il aime. Que faire de cet étrange pouvoir... ? Quelques années plus tard, le « voleur d'ombres » est devenu étudiant en médecine... Est-il encore capable de deviner ce qui pourrait rentre heureux ses proches, comme Sophie avec laquelle il étudie la médecine, ou Luc, son meilleur ami, qui voudrait changer de vie ? Et lui, sait-il où le bonheur l'attend ? Amour d'une mère. Inoubliable premier amour. Amour qui s'achève... Amitié longue comme la vie... Le voleur d'ombres est une histoire d'amour au pluriel.

 

 

 

 

Tentation : La 4ème + envie de légèreté

Fournisseur : Achat compulsif de moi même !

 

 

 

 

 

étoile1etdemi

 

 

Mon humble avis :La douceur de la couverture, la 4ème de couv, l'approche des vacances et l'envie d'un livre doudou furent autant d'arguments pour acheter ce livre et vite le glisser dans mes valises.

"Et si l'adulte que vous êtes devenu rencontrait l'enfant que vous étiez ? Enfant, il vole les ombres de ceux qu'il croise"...

L'introduction de cette 4ème était si prometteuse de rêve, d'un soupçon de paranormal, de rencontre entre l'adulte et l'enfant.... Je pensais retrouver l'originalité, l'onirisme, la fantaisie et le suspens des premiers Levy qui avaient été vraiment source de plaisir pour moi.

Comme vous le voyez, je m'exprime à l'imparfait.... A quelques passages près, ma lecture ne m'a pas captivée. Il y avait pourtant matière à une chouette histoire et bien non. Rien n'est exploité, approfondi, abouti. Aussi, j'ai lu une histoire d'une platitude assez agaçante, sans rebondissement, ni coup de théâtre final. Rien. Au point que la 4ème de couv m'est parue publicité mensongère (vous me direz, ce n'est pas une première). A part pléthore de bons sentiments, je n'ai pas trouvé beaucoup de vraies émotions, ni même la légèreté recherchée. Quelques jours après, j'ai l'impression que même l'auteur ne croyait pas plus que ça à son histoire pour ne pas l'avoir plus travaillée. C'est une suite d'ingrédients sensés efficaces (ceux de Marc Levy sont tout de même reconnus), sans sauce ni cuisson. Bref, je suis déçue et je pense que je vais reprendre ma distance envers Marc Levy. Autant en lisant le Musso de l'an dernier, j'avais décelé le véritable respect et le plaisir de l'auteur d'écrire pour ses lecteurs, autant ce voleur d'âmes me fait l'effet d'une imposture. En tout cas, il m'a franchement volé mon temps !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Mai 2012

Roman - Editions J.C Lattès - 186 pages - 16 €

 

 

Parution le 1er février 2012

 

 

L'histoire : Jocelyne est une femme simple qui mène une vie modeste à Arras. Elle est mercière, tient un blog de couture, son mari travail à l'usine, ses deux grands enfants ont quitté le nids familial. Et il y a les jumelles, ses deux copines coiffeuses qui la tannent pour qu'elle joue, comme elles, au loto.  Jocelyne cède... Et la voici à la tête d'une fortune de 18 millions d'Euros. Jocelyne garde la tête froide, fait la liste de ses besoins, de ses envies, de ce qu'elle a à gagner, de ce qu'elle a à perdre...

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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Mon humble avis : Un véritable coup de coeur ! Comme j'aime ces livres très bien écrits, assez courts, qui pourraient presque nous parler de nous et nous faire changer d'avis sur nos certitudes !

Au début, l'histoire semble légère et Jocelyne nous est tout de suite sympathique. Son mari, Jocelyn, n'a pas toujours l'art et la manière, mais tous deux sont amoureux, même si la vie ne les a pas épargnés.

Et puis arrive les fameux 18 millions d'Euros gagné au loto. Et là, quelle intelligence de la part de l'auteur, car rien ne se déroule comme la logique le laissait deviner, même si un drame est difficilement évitable. Mais Jocelyne est une femme si intelligente, si sensée, si aimante, heureuse de ce qu'elle a. Une femme normale direz vous ? Je ne sais pas, en tous cas, une héroïne à priori banale de roman qui se déroule dans le Pas de Calais... C'est en fait une femme bien plus fine que la majeure partie d'entre nous, une femme d'esprit, mais une femme discrète et modeste.

Elle dresse tout d'abord la liste de ses besoins : un tapis de douche, deux poêles Tefal, un couteau économe, bref, que des petites choses dérisoires quand on est millionnaire sans y être habitué. Puis la liste des envies : une nouvelle couette, un billet pour aller voir sa fille à Londres, un petit poste radio.... Des petites choses toutes aussi dérisoires devant une telle fortune.

Que fera Jocelyne de cet argent, et que fera l'entourage de Jocelyne pourtant très discrète sur son gain ? Tout cela, vous le saurez en lisant ce livre magnifique qui rappelle que le plus important dans la viene s'achète pas : la santé, l'Amour.

Ce livre prévient des dangers de la richesse inattendue, du changement dans la vie, remet l'argent à sa place et les valeurs humaines au centre. Bien sûr, il n'empêche pas d'ouvrir la porte au rêve car quiconque lira ce livre dressera ses listes pourtant mille fois dressées dans des songes ou des conversations entre copines. Mais peut-être que ce livre modifiera un peu la teneur de la liste de chacun. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que l'argent, même s'il peut soulager les épaules, il ne remplit pas le coeur.

La liste de mes envies : un livre intelligent, parsemé d'humour et de drames, touchant, subtil et écrit d'une très belle écriture. Etonnant d'ailleurs qu'un homme ait pu se glisser autant dans le corps d'une femme rondelette qui se regarde dans le miroir... Une lecture bien plus qu'agréable, un petit bijoux d'émotions pour moi ! Et Jocelyne, un personnage qui restera en moi très très longtemps  !

 

 

 « Être riche, c'est voir tout ce qui est laid puisqu'on a l'arrogance de penser qu'on peut changer les choses. Qu'il suffit de payer pour ça."

 

"Détruire la liste des besoins et se dire ça y'est, je n'ai plus que des envies maintenant. Que des envies. Mais ça n'arrivera jamais. Car nos besoins sont nos petits rêves quotidiens"

 

"J'ai rêvé d'une histoire d'amour absolu, j'ai rêvé d'innocence, j'ai rêvé que j'avais des ailes, j'ai rêvé d'être aimée pour moi sans que j'aie besoin d'être bienveillante"

 

"Réaliser les rêves des autres, c'est prendre le risques de les détruire".

 

"Je possédais ce que l'argent ne pouvait pas acheter mais juste détruire"

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 3 Mai 2012

 

 

Roman - Editions Gallimard - 219 pages - 16.90 €

 

  

Parution en septembre 2011. Rrentrée littéraire

 

  

L'histoire : Fadila fait le ménage quelques heures par semaine chez Edith, dans le Paris huppé. Edith réalise que Fadila ne se sait ni lire ni écrire et entrevoit à quel point le quotidien de Fadila est compliqué dans ces conditions. Comment prendre le métro quand on ne lit pas le nom des stations, comment connaître le prix d'un aliment au marché, et comment remplir les papiers administratifs.... Alors Edith entreprend d'apprendre la lecture et l'écriture à la vieille marocaine. Elle s'arme de courage et de patience mais n'imagine pas un instant l'ampleur de la tâche qui l'attend. Et entre les deux femmes, c'est une toute autre relation qui va naitre, un relation où chacun rencontre l'autre et apprend à la connaitre, voire à la comprendre jusque dans un système de pensée on ne peut plus opposé.

 

   

Tentation : la blogo

Fournisseur : La bib

 

 

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 Mon humble avis : A force de lire, on en oublie que l'on sait lire. Et que ce n'est pas le cas pour tout le monde. Nous avons la chance de pouvoir lire pour le plaisir, quand d'autres n'ont pas ce don qui permet la liberté, l'indépendance et une vie quotidienne qui ne s'arrête pas au premier panneau routier incompréhensible. Le personnage du livre, Fadila, ne peut prendre le métro : elle ne sait lire ni les directions, ni le nom des stations. "Avec le bus, c'est mieux, j'reconnais mieux les chiffres"

Les amandes amères m'ont passionnée, captivée, touchée et interrogée sur par mal de choses.

Edith entreprend d'apprendre la lecture et l'écriture à Fadila, sa femme de ménage marocaine de 65 ans, dont le français est déjà parfois à peine compréhensible. Les démarches entreprises par Edith sont extrémement bien décrites et expliquées et son investissement force le respect. Elle recherche la bonne méthode, se renseigne, tente de trouver des cours d'alphabétisation. Finalement, c'est chez elle et entre elles deux que l'apprentissage se fera. Il sera long, laborieux, et même décourageant. Le résultat au bout de 18 mois est hallucinant. Et pourtant, Edith ne se décourage pas, ne perd pas patience. Car Edith découvre surtout Fadila et son histoire. Mariée de force à 14 ans au Maroc, battue, puis vendue à un autre mari etc... Et une vie en France dans une chambre de 4m² où tout est si étroit que Fadila a des crises d'angoisse. Edith apprend aussi les us et coutumes des relations familiales dans les familles maghrébines. Car Fadila n'est pas seule, elle a 3 enfants en France avec elle. Et pourtant, elle souffre d'une solitude effroyable. Fadila en vient même à surprendre Edith par des propos butés, extrémiste, intolérants qui la poseraient plus dans les rangs de la droite très à droite quand dans les rangs de gauche. Et pourtant, beaucoup de clairvoyance aussi de la part de Fadila sur "l'eden" que représente la France pour les prétendants à l'immigration. Les Amandes amères offrent donc un oeil et la parole à une de ces femmes émigrées, un regard sans complaisance mais très surprenant. La relation entre les deux femmes est donc très intéressante, même si je ne la qualifierais pas d'amicale comme le fait la 4ème de couv. Elle est faite de respect, d'attachement, de curiosité, d'apport mutuel.

Mais revenons en au sujet principal du livre : l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Fadila est très peu réceptive car elle n'a jamais été à l'école de sa vie, donc ne s'est jamais trouvée en situation de répétition, d'apprentissage, de récitation, de recopier. Alors d'une semaine sur l'autre, Fadila oublie ce qu'elle a appris. Elle ne reconnait pas les lettres. Ecrire son prénom lui prend des semaines. Alors oui, dans le livres les situations se répètent beaucoup. Certains pourraient y voir des longueurs. Et bien non, ces répétitions sont juste du réalisme nécessaire, pour faire comprendre au lecteur le temps, les semaines, les mois nécessaires pour apprendre quelques mots à quelqu'un.

Je suis sortie de ce livre bien sûr bouleversée et bien remuée mais surtout, admirative pour 4 personnes.... L'auteur pour son talent.... Edith pour sa patience.... Fadila pour son courage tout au long de sa vie difficile.... Et pour mon petit cerveau qui, il y a longtemps, a réussi a apprendre à lire et à écrire et qui me permet de partager tout cela avec vous !

 

 

 

L'avis de Gambadou, Clara, Antigone

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 21 Avril 2012

 Roman - Livre de poche Editions - 253 pages - 6 €

 

 

Parution en poche en août 2007

 

 

 

L'histoire : Dans les années 50, Jacques, écolier de 12 ans, n'est pas comme les autres. Il est bègue. Des mots se refusent à lui, sont trop violents à prononcer... Avec son ami de coeur Bonzi, il cherche par tous les moyens à guerir. Quitte à goutter toutes les herbes des environs, à croire son père disparu, à inventer des mensonges qui le dépasseront, qui l'obligeront à se dépasser avec l'aide bienveillante d'un instituteur lui aussi, pas comme les autres.

 

 

 

Tentation : Un auteur et une histoire qui ne pouvaient que me toucher

Fournisseur : Ma CB, au salon de Rennes, avec une dédicace magnifique, mais que je garde pour moi !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

étoile3etdemi

 

 

Mon humble avis :Parfois, quand on lit un livre, on ne visualise rien ou l'on se crée un univers de toutes pièces, mais au plus proche des descriptions données par l'auteur sur les paysages, les personnages... Dans le Petit Bonzi, celles ci n'affluent pas, où restent discrètes. Mais dans mes yeux, je voyais des clichés de Doisneau et dans mon coeur, il régnait une atmosphère "à la guerre des boutons".

Le Petit Bonzi est le premier roman de Sorj Chalandon, un premier roman qui annonce déjà le sublime de la suite. Une histoire qui raconte déjà de l'homme lui même, celui qui s'est dissimulé dans Retour à Killibegs, pas là où il s'y est posé officiellement. L'auteur s'est inspiré de sa jeunesse : le bègue, c'est lui. Le père violent, c'est le sien. Le reste est littérature. Et quelle littérature ! Pas comme les autres. Poétique déjà ! Une littérature où les mots ont une importance capitale, où le style mêle adroitement les pensées et les ressentis d'un enfant et le talent d'un adulte pour rendre ce récit cohérent, rythmé. L'auteur est là pour montrer ce que l'enfant ne voit pas, pour aider le lecteur à déduire sans forcément prendre la parole et sans trahir l'enfant qu'il était. Oui, une écriture singulière où il m'a fallu prendre mes marques : ce n'est pas l'enfant qui parle et pourtant l'auteur homme semble tout de même s'effacer devant l'enfant... En fait, ça y'est, j'ai les mots de mon impression. L'auteur met en scène (il ouvrit la porte etc...) et l'enfant parle à travers le stylo de Sorj Chalandon quand il pense, regarde, craint, espère. Suis-je plus claire ? Si non, lisez le livre, si oui, lisez le aussi !

Le sujet maintenant.... Jacques est bègue. Les mots ne veulent pas sortir. Il n'y a qu'avec son copain Bonzi qu'il ne bégaie pas. Ces parents ne semblent pas s'en préoccuper plus que ça. Alors, on suit Jacques et Bonzi dans leurs rêves, leur quête de l'herbe qui guérit. Et l'on découvre avec émotions les efforts secrets que réalise ce petit gamin. Il s'exerce devant la glace à prononcer des mots compliqués. Il tient un cahier qu'il complète avec des mots de rechange qui contiennent moins de Pppp, bbll, ttttrrrr. Moi, ça m'a remuée tout au fond. Car il y a 3 ans, j'ai souffert soudainement de gros troubles de langage et parfois, ou systématiquement suivant les situations, ceux ci me reprennent, avec moins d'intensité bien sûr, mais tout de même. Et je sais quand ils vont venir pour dire sans doute "fragile, à manier avec délicatesse", ou " A peur", ou "n'en peut plus, panique à bord".

Autre intérêt de ce roman : une plongée dans les années 50, dans le monde de l'enfance (ses rêves, ses rivalités, ses bêtises, ses mensonges, son imagination), et de l'école d'alors. Une école de garçon. Et un instituteur qui aime tout ses élèves, ne montre aucune préférence, mais garde un oeil prévenant et protecteur sur les plus faibles, sur Jacques, entre autres. Et son salut, Jacques finira par lui devoir dans un final haletant, qui noue le coeur, tant on craint pour l'un, tant l'autre nous éblouit par sa hardiesse et altruisme, sa bonté, son sens du devoir...

Un livre qui vient du coeur, qui dit sans doute tout ce que l'enfant n'a pu dire à l'époque, mais avec pudeur et délicatesse. Un ancien bègue qui a sans doute appris de ce fait à dire l'essentiel, à ne pas dire les mots de trop, à ne pas mettre de mots sur ce qui se devine. Alors faisons comme lui, n'en disons pas plus...

Un livre très encourageant aussi. L'auteur était cet enfant bègue. Quand on voit l'homme, le journaliste et l'auteur qu'il est devenu, il peut être un exemple très convaincant de victoire contre les troubles du langage qui emprisonnent tant d'enfants et leur famille.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 17 Avril 2012

Roman - Editions Arléa - 189 pages - 18 €

 

 

Parution le 5 avril 2012 - Nouveauté.

 

 

 

L'histoire : Clarisse se retrouve dans un avion, direction Houston puis Tucson en Arizona. C'est la première fois qu'elle s'éloigne de son mari et de son fils pour des raisons autres que professionnelles. Elle doit régler, pour son père, une histoire d'héritage d'un membre lointain de la famille. Pour tromper sa peur et son ennui, Clarisse parle de tout, de rien, à son voisin : Léonard. A l'arrivée à Tucson, il fait si chaud, tout lui est inconnu, il fait si chaud, et tout autour, ce désert....Ailleurs, on est autre. Va-t-elle rester debout et solide ou fondre et devenir poussière.

 

 

 

Tentatrice : L'auteure (Auteure également de Manhattan)

Fournisseur : L'auteure et les éditions Arléa, merci pour l'envoi

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Cette fois ci, Anne Révah raconte une histoire à la 3ème personne du singulier. Elle n'est plus la narratrice qui ressent, mais l'oeil extérieur qui observe, déduit, décrit. De ce fait, ce roman est moins intimiste que son précédent (Manhattan).  D'ailleurs, je dirais que l'histoire en elle même est relativement secondaire et assez fréquente dans le fond. Elle est en fait prétexte à étudier minutieusement l'intime, donc l'unique, de personnages ordinaires. Et comme dans Manhattan, Anne Révah s'intéresse à la fragilité derrière la force apparente. Est-ce son sujet de prédilection ??? Nous verrons, deux romans, c'est trop peu pour encore pour qualifier et "classifier" oeuvre et sujets chez un auteur.

Clarisse est dans l'avion lorsqu'elle réalise qu'elle a perdu (comme à son habitude) son téléphone portable, son cordon ombilical avec son fils et son mari. Son mari qui est son tout, son repère, son assurance, son miroir, son rocher... Alors pour combler ce vide soudain et ce vide aérien de 10 km sous ses pieds et qui l'angoisse, Clarisse fait tout pour entrer en contact avec son voisin de siège, Léonard. Comme moi, sauf que quand je prends l'avion, c'est par curiosité, pour savoir qui j'ai à côté de moi et quel enrichissement je peux en espérer. Et j'avoue que dans les premiers temps, Clarisse m'a plutôt exaspérée à toujours se plaindre d'être loin des siens, de la chaleur, de ne pas pardonner à son mari de ne pas être frais comme un gardon quand elle l'appelle à 1h du matin heure de Paris. Je l'ai trouvé plutôt capricieuse. Et puis.... Et puis il y a l'Arizona, le bout du monde, la chaleur, le décalage horaire, l'ailleurs, le bouleversement climatique qui vous change autant un homme qu'une femme....

Anne Révah développe alors tous ses talents et force est de constatée que son héroïne me ressemble de plus en plus dans ses angoisses, ses interrogations, ses craintes, ses réflexions. En fait, on a l'impression que Anne Révah s'est saisi d'une loupe et étudie un grain de sable du désert, deux ou trois même. Elle décrit admirablement l'infiniment petit, le minuscule, l'invisible mais qui pourtant est, qui pourtant nait. L'attraction entre deux êtres qui n'en sont pas conscients. La genèse, le primitif d'une évidence. Et pour qu'il y ait naissance et épanouissement d'une évidence, et bien ici, c'est au détriment d'une autre certitude, abîmée par la distance, par un autre regard... Clarisse en veut à son mari... C'est ainsi que l'auteur commence son analyse de la fin d'un tout, de l'immense : L'amour. Anne Révah relève les premières fissures de la forteresse qui vont peu à peu mener à l'écroulement de l'édifice. Et pour cet aspect là du livre, Anne Révah utilise de nouveau l'écrit... Pas le livre ! Mais l'écrit que Léornard, écrivain à ses heures libres, a tendu à Clarisse en quittant l'avion. Presqu'une lettre en fait (point commun avec Mahattan)Dans ce texte, Léonard y écrit une histoire d'amour ou plutôt le détricotage d'un amour, dès son premier indice.

Ce n'est pas tant l'histoire qui m'a touchée dans ce roman, mais  l'exploration de l'infiniment petit en amour comme en désamour et finalement, le personnage de Clarisse qui s'était attaché à son mari comme à un rocher, pour ne pas dériver. L'écriture est sublime et soignée, pas si éloignée m'a-t-il semblé de celle de Régine Détambel ou Carole Martinez. On y sent en tout cas la même qualité de travail, le même soin, la même obsession de ce mot et pas un autre malgré moult essais. La justesse des émotions et les détails dans leurs descritptions sont admirables. Je suis très peu douée pour décrire et détailler le ressenti d'un personnage et ses interprétations, aussi, j'aime ce don trouvé chez les auteurs que je lis.

Pour le reste, je ne vous en dit pas plus, sinon, je raconterai le livre. Par contre, je peux dire la fin, puisqu'elle vous appartient. Oui, Anne Révah tend la plume au lecteur qui choisira la direction !

En tout cas, si Anne Révah garde le même cap et la même qualité d'écriture, nul doute que son nom se faufilera de plus en plus dans vos lectures (livres, magazines, articles). Je pense qu'Anne Revah est un pôle magnétique pour celles et ceux qui aiment la belle littérature.

 

 

"Gabriel devait tout entendre. S'il lui prenait de faire remarquer à Clarisse, même affectueusement, qu'elle était en train de se plaindre, elle ne comprenait pas ce qu'il voulait dire, ce n'étaient pas des plaintes. C'était son état, la vie en elle, ses détours, et toutes ses sensations dont elle ne savait que faire..."

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 12 Avril 2012

Autofiction ? - Editions du Seuil - 140 pages - 15 €

 

 

 

Parution en janvier 2012

 

 

L'histoire : Point de départ... Une lectrice se suicide. Au téléphone, la mère de celle ci accuse Chloé Delaume d'être responsable de cette mort. "Pourquoi est elle morte et pas vous" ?

Parce qu'un auteure qui devient l'héroïne et la narratrice de ses livres serait un corps vide, avec personne dedans, une place à prendre.... Jusqu'où va l'identification, le danger de l'autofiction et la liberté de chacun de mener sa propre vie, voire de la choisir...

 

 

Tentation : Curiosité

Fournisseur : La bib

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Chloé Delaume est passée récemment à La Grande Librairie. Je ne la connaissais pas, même de nom. Et voilà que sa venue pour une conférence à Rennes est annoncée... Alors lisons !

Et bien voici un billet qui ne va pas être facile car je ne saurais dire si j'ai vraiment aimé ce livre, même si je l'ai lu d'une traite.

Disons que ce fut une lecture très expérimentale, déconcertante, déroutante...

Au premier abord, le style m'est apparu comme impénétrable. Syntaxe particulière, phrases très courtes, ponctuation plus que généreuse, rythme saccadé... Puis parfois, des envolées presque lyriques. Et là j'ai ouvert les vannes pour me laisser pénétrer par le texte et je me suis pris sa poésie en pleine figure. Ce texte est en fait hautement poétique, alors je pense que chacun peut par moments l'interpréter à sa façon, le survoler, le saisir dans le creux de ses mains, même si, comme du sable, il s'enfuit l'instant d'après et redevient insaisissable. J'ai trouvé des passages incompréhensibles pour l'instant d'après jubiler devant l'humour, l'ironie et le cynisme dont ne manque pas l'auteure.

Quand est il du sujet... Traité de façon... je dirais décousue dans l'ensemble. Le sujet qui ouvre le livre ne semble qu'être qu'un prétexte pour annoncer l'apocalypse personnelle de Chloé Delaume et donc, pour ne pas échapper au cliché de l'autofiction il en ressort plutôt un aspect nombriliste, que j'appelle "'automasturbation cérébrale". C'est souvent gloque, macabre, sanglant dans les métaphores et les obsessions morbides, inconvenant. Un livre pour répondre à une question : qui suis-je ? Chloé Delaume n'est manifestement pas en paix avec elle même ni avec son identité...Bref, nous partageons nombre de ses tourments. Voici une réponse à celle qui s'est tuée parce qu'elle voulait devenir " à son tour" Chloé Delaume.

Et puis surprise, l'auteure nous propose de répondre à un QCM de 12 questions sur la vie, son livre, notre lecture, elle, afin de choisir, en quelque sorte, la fin du livre selon le nombre de A, B ou C obtenus. Cela m'a franchement amusée car on ne peut plus indédit ! (pour info, j'ai eu autant de A que de B et peu de C)

J'ai tout de même mis quelques post it au fil des pages, car j'y ai retrouvé des affirmations, des ressentis qui font partie de ma vérité et me permettnt une certaine identification à l'auteure / héroïne/ narratrice. Car il y a en Chloé Delaume une lucidité certaine, notamment dans son rapport à l'écriture et le rôle de celle ci qui ne peut jamais être thérapeutique selon ses propres mots.

Ce n'est pas un livre que je conseillerai, à moins qu'être dérangé et remué dans votre confort de vie bien équilibrée d'où transpire le bonheur ne vous déplait pas. Si vous êtes une jeune maman épanouie, une grand mère heureuse de l'être, que pour vous le couple est la plus belle des réussites, que vous êtes sûre que jamais dans votre vie vous n'avalerez d'anxiolitiques, je ne penses pas que ce livre vous plaise un temps soit peu.

Pour ma part, j'ai été surprise, dérangée, je me serai passée de certains détails, mais j'ai retrouvé quelques parties de moi et surtout, malgré mes rétissences du début, j'ai apprécié la poésie de cette plume et me suis amusée du culot de Chloé Delaume. Lecture expérimentale donc, tortueuse à souhait, pas adoré, pas détesté, disons que je n'en ferais pas mon pain quotidien, ni même occasionnel.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 4 Avril 2012

Roman - Editions Livre de Poche - 184 pages - 5.50 €

 

 

Parution en poche en 2007 (sinon, 2005 chez Stock)

 

 

 

L'histoire : Monsieur Linh est un vieille homme qui débarque en France après un long périple en bateau. Il n'a qu'une simple valise et il sert très fort, dans ses  bras, sa petite fille, seule survivante du bombardement qui a décimé son village à l'autre bout du monde. Il est alors recueilli dans un dortoir pour réfugiers... Il ne parle pas un mot de Français quand il s'aventure, avec sa petite fille, dans les rues où rien ne ressemble ni ne sent comme dans son village. Il s'assoit sur un banc. Un grand et gros homme vient s'assoir prêt de lui. Avec deux mots qu'ils ne comprennent même pas de la même façon, les deux hommes font, au fil du temps, tisser une amitié très forte. Une amitié où les mots sont superflus.

 

 

Tentation : La blogo et la réputation du livre

Fournisseur : Ma PAL !

 

 

 

 

  Billet spécial dédicace for... Viviane !

 

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Mon humble avis : Dans la série bluff total, j'avais cité récemment Tuer le père de Nothomb, le Scriptorium d'Auster, La double vie d'Anna Song de Minh Tran Hui. Et bien ajoutons sans hésitation "La petite fille de Monsieur Linh" à cette liste méritante. Bien sûr, tout au long du livre, on trouve nombre d'anormalités, on se doute bien que quelque chose nous échappe mais jamais ô grand jamais, on imagine cette vérité. Une vérité, une fin qui ne laisse pas de marbre, qui bouleverse, qui peut paraître abrupte et peu développée, mais qui laisse surtout je pense au lecteur la possibilité d'y trouver sa propre interprétation. Et de se poser les bonnes questions. En effet, on s'accorde à dire que la littérature n'est pas là pour donner des réponses mais pour conduire à s'interroger sur d'autres chemins. En tout cas, cette fin m'a estomaquée et je ne saurais dire s'il elle m'a "convenue" ou non. Mais elle m'a bien chamboulée.

Mais avant la fin, il y a le roman entier... Prenant, mélancolique, juste, très juste et qui ne se perd pas dans des détails. Même le pays d'origine de Mr Linh et sa ville d'accueil ne sont pas nommés, donnant ainsi une universalité à cette histoire. Moi j'y ai mis les noms Vietnam et Marseille, vous choisirez les vôtres.

On s'attache terriblement à ce vieillard qu'est Monsieur Linh, qui, pour que survive sa petit fille, a entrepris la grande traversée, pour lui assurer un avenir meilleur, sur une terre moins hostile... où tout lui est hostile à lui. Car il ne reconnaît rien, pas une odeur, pas un paysage, pas un mot. Et là, on peut entrer dans la peau de ses hommes et femmes qui, fuyant leurs pays pour X raisons, se retrouvent dans un univers et une culture qui leur sont étrangers, pour lesquels ils n"ont même pas été préparés. Un pays où ils dépendent des quelques mots qu'on veut bien leur traduire et qui sont insuffisants pour leur permettre de comprendre ce qui se passe autour d'eux, ce qu'ils deviennent eux mêmes.

Mais heureusement, dans cette âpreté environnante, il y a l'amitié que crée Monsieur Linh avec Monsieur Bark, le gros homme. Ils se rencontrent sur un banc de parc. L'un parle, l'autre écoute sans comprendre. Une amitié faite de présence, de regards, d'attentions, d'intonations dans la voix. Une amitié qui brise toute les barrières et qui reporte au second plan l'importance de la compréhension linguistique. L'amitié est donc au delà de ça. Et cela m'a fait penser à mon père qui, il y a 25 ans, avait des conversations à bâtons rompus avec un ami espagnol. Aucun ne parlait la langue de l'autre, mais à force de geste et quelques similitudes phonétiques entre deux langues latines, ils parvenaient à refaire le monde. Monsieur Bark et Monsieur Linh ne refont pas le monde, mais à eux seuls ils comblent celui de l'autre. Et tout cela est dit, écrit, décrit magistralement, avec une justesse remarquable. Une très belle histoire, mais bien plus que cela, étant donné la fin qui vous attend !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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